Editorial 

L'Edito du président

11 avril 2017

Arrêter François Fillon

François Fillon, en qui beaucoup croyaient à droite et avait toutes les chances de conquérir la présidence de la République, a été plombé, du jour au lendemain par les révélations du Canard Enchaîné puis du Journal du Dimanche.

Emplois fictifs, avec ou sans argent public, attribution d'une Légion d'honneur de complaisance, prêt non déclaré, costumes de luxe offerts etc. Même si la Justice ne l'a pas condamné ; qu'il bénéficie donc de la présomption d'innocence (pas si innocent que cela) ; et qu'il ne sera peut-être jamais condamné, les faits sont têtus, incontestables et incontestés y compris par l'intéressé en personne. Or qu'est-ce qui importe dans une élection politique démocratique qui se doit avant tout d'être transparente, sinon la probité, les faits, surtout établis, reconnus par tous ? C'est ce qui permet à chaque électeur de se forger un jugement objectif. Car si les dits faits avaient été portés à sa connaissance une fois l'élection passée, c'eût été une plus ample révolte encore contre le « système » qui « ment » et le discrédit de la fonction présidentielle.

François Fillon, par conséquent, ne nie aucunement ce qui a posé question et lui a valu le retrait de nombre de ses soutiens. Malgré tout, feuille de vigne, alors qu'il est nu, il proclame que l'objet du scandale est parfaitement légal (à défaut d'être légitime) après s'être auto-proclamé « candidat de la rigueur »...pour les autres. Comme si le comportement personnel d'un candidat à la magistrature suprême ne comptait pas et que seul son programme valait. Surtout après avoir déclaré afin d'abattre ses rivaux : «imagine t'on le général de Gaulle mis en examen ? » voire « si je suis mis en examen je me retirerai » puis s'être réfugié abusivement derrière les mânes du regretté Pierre Bérégovoy, à l'honnêteté non contestée avant, comble de la bassesse, de s'enferrer dans le mensonge en affirmant que la presse avait évoqué le suicide de son épouse Pénélope...

François Hollande en accusé

On pensait alors que François Fillon en resterait là pour se contenter enfin de développer son programme, bien que devenu inaudible, surtout chez ceux qui vivotent avec un revenu de misère (petits agriculteurs, smicards, chômeurs ...).

C'était sans compter avec une rancune bileuse. Après avoir multiplié les sous-entendus contre Nicolas Sarkozy (dont un appel à Jean-Pierre Jouyet à hâter des poursuites) contre Alain Juppé, s'être caché derrière le général de Gaulle et Pierre Bérégovoy, avoir mis en cause la Justice (dont il aurait pu être le garant) puis s'en prendre aux médias, ne lui restait dès lors qu'à attaquer le président de la République François Hollande comme preuve d'un complot généralisé contre lui. Même si celui-ci n'a jamais été impliqué dans le moindre scandale ni même soupçonné de délit par ses pires ennemis pourtant si nombreux.

Seul François Fillon, afin de tenter de détourner les regards de ses turpitudes, accuse le Président sortant d'avoir installé un « cabinet noir », a osé parler de « forfaiture » ( ce qui est un crime) dont il prétend avoir la preuve en se gardant bien de l'apporter... réclamant, à cor et à cri une commission d'enquête, sinon une saisine de la Justice. La même qu'il avait mise en cause .

Là, cette fois, derrière l'écran de fumée artificiel, la coupe déborde...Non que François Hollande, pas plus que ses prédécesseurs à l'Elysée soit au dessus des lois. Mais tout simplement parce qu'il ne peut se défendre contre la diffamation publique. Le candidat de la droite sait pertinemment que depuis longtemps, le chef de l'Etat, en France n'intente plus de procès à quiconque. Donc il joue gagnant-gagnant à tous les coups, surtout auprès du noyau dur, réactionnaire de son électorat que ses calomnies remobilisent. « Plus c'est gros, mieux çà passe » disait Goebbels. A fortiori parce que personne dans la majorité sortante comme dans l'opposition ne viendra au secours d'un Président déjà dissuadé de se représenter en raison de son impopularité conjoncturelle.

La Justice, montrée du doigt a réagi ; les médias, stigmatisés, ne s'en sont pas non plus laissé compter. Mais le président de la République, lui, est paralysé, contraint de subir les crachats d'un homme aux abois, avec interdiction de poursuivre leur auteur, candidat à sa succession, même frappé d'indignité par l'opinion.

On doit, dès lors, poser la question publiquement : Comment arrêter François Fillon dans sa dérive outrancière qui le déshonore encore un peu plus, qui fait de François Hollande le seul Français sans défense « juridique » de fait et, qui plus est, entache la République elle-même ? Par des concerts de casseroles comme font certains (avec une amende de 68 Euros) ? Ce n'est pas à la hauteur de l'enjeu. En revanche, puisque François Hollande est pieds et poings liés, il revient par devoir moral aux responsables de la droite et du centre de donner de la voix contre l'auteur de ces attaques ad hominem, indignes d'une démocratie respectueuse de tous. Ne serait-ce, en l'occurrence que pour préserver la fonction présidentielle dont nous sommes tous, individuellement et collectivement les garants en tant que républicains. Beaucoup d'entre eux se sont retirés par pudeur sur l'Aventin, certes, et ne veulent pas redescendre sur le champ de ruines de Monsieur Fillon après les révélations de la presse avant le 23 avril. Pourtant ce serait tout à leur honneur avant que celui-ci ne soit renvoyé avec son délire calculé à nouveau devant les magistrats instructeurs auxquels cette fois il devra répondre, sauf miracle.

Pierre Bercis

Président de Nouveaux Droits de l'Homme

www. ndh-France.org


L'Edito du Président

6 février 2017


François Fillon a menti puis démenti

Il ne faut jamais hurler avec les loups ni attaquer un homme à terre. On ne doit donc pas tirer sur François Fillon après les révélations soigneusement dissimulées par le Canard Enchainé. Souvenons-nous de nos amis Chaban-Delmas et Bérégovoy, deux hommes particulièrement honnêtes ‟ morts au champ d'honneur ″, l'un politiquement l'autre physiquement alors que tous deux avaient scrupuleusement respecté la loi. Rappelons-nous aussi le discours historique de François Mitterrand à Nevers lors des obsèques de Pierre, l'ancien ouvrier tourneur.

Cependant, même si le dossier ‟ Pénélope″ est dans les clous d'un point de vue légal, l'affaire doit cependant être examinée d'un autre point de vue, purement politique.

En effet, François Fillon n'est pas un citoyen ordinaire. Il postule à la magistrature suprême. Qui plus est, investi démocratiquement par son parti. Mais ce n'est pas tout. Son programme est fondé sur la rigueur. Donc en parfaite contradiction avec sa pratique et celle de sa famille. Même s'il n'y avait aucun problème légal, il y a, à l'évidence, un problème politique, moral, intellectuel puisqu'il a menti au moins par omission...

A la veille de l'élection présidentielle, après avoir battu Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, ce n'est pas qu'aux Français que François Fillon pose question. C'est déjà à son parti. Car on imagine mal Sarkozy ou Juppé revenir dans la campagne électorale en remplacement d'un Fillon moralement exclu de la course à l'Elysée. D'ailleurs, comment seraient-ils désignés et pourquoi ?

Dans la Rome antique il y avait adage alors célèbre : ‟La roche tarpéienne est proche du Capitole″. Tous ceux qui aujourd'hui se précipitent pour être Vizir à la place au Vizir, à seule fin de publicité pour leur ego surdimensionné devraient s'en souvenir.

Pierre Bercis, Président de NDH


L'Edito du Président

9 janvier 2017

Êtes-vous candidat à la prochaine élection présidentielle ?

Les jours passent, la liste des candidats à l'élection présidentielle française de 2017 s'allonge. Pourquoi n'êtes-vous pas vous-même candidat ? Cela vous ferait de la pub et vous permettrait de montrer votre trombine partout, dans tous les médias ... Comme on le dit désormais ce serait l'occasion de satisfaire votre « ego ».

En effet, pourquoi des femmes et hommes politiques expérimentés comme Hubert Vedrine, Bertrand Delanoë, Christine Lagarde, Louis Gallois etc. ne sont-ils pas candidats quand tant de petits politiciens de série B ou C se portent aux avant-postes, voire que le président de la République sortant, par décence, ne postule pas à nouveau ?

Quel monde étrange après les de Gaulle, Mitterrand, Chirac, Jospin ... Tout le monde avait, auparavant, « blanchi sous le harnois ». Bref, fait ses preuves devant son peuple.

Place aux jeunes, dirait Emmanuel Macron, pressé d'arriver hors des partis traditionnels, ces vieux appareils sclérosés, à bout de souffle.

« Avant la recomposition, la décomposition doit aller jusqu'à son terme » disait Raymond Barre, pur produit de l'établissement lui-même.

Nous y sommes ... presque.

Les six mois qui viennent vont donc être le tamis à travers lequel les aspirants « Vizir à la place du Vizir » vont tenter de passer sans philosophie et sans projet. A seule fin d'être le premier d'entre nous.

Ceux qui ont fait leur preuve, eux, se taisent, sinon, peut être, du bout des lèvres. Ils n'aspirent pas à la notoriété, car ils l'ont déjà par leurs actes. Encore jeunes pour la plupart, ils pourraient eux-mêmes être candidat. Mais voilà, ils ont choisi une autre voie, loin de la vanité.

Si les deux derniers mandats présidentiels ont été des échecs, au moins en apparence, la France, elle, survit grâce à ses entrepreneurs, ses travailleurs qui étaient en masse pour le dernier adieu à François Chérèque. Elle survivra et surmontera ses épreuves, comme celle de l'islamisme qui nous gangrène. La France en a vécu d'autres en ce centenaire de Verdun. Alors, parlons vrai ; ne faisons pas les autruches. Ecoutons les discours dont on nous abreuve avec la distance qui s'impose. Soyons lucides et non défaitistes ...

Après la pluie vient le soleil.

Pierre Bercis, Président de NDH


L'Edito du Président

19 décembre 2016

Juger El Assad

On est criminel de père en fils dans la famille El Assad. Le père Hafez, après son coup d'Etat, avait régné en tyran absolu, étendant son règne sur le Liban voisin. Puis ce fut le fils, l'héritier, comme en Corée du Nord, avec les mêmes méthodes sadiques.

Bachar, sous des aspects modernes, avec une jeune femme moderne, sans obligation, elle, d'être voilée et bigote, est pire que son père, si tant qu'on puisse l'être ... car, au moins, Hafez El Assad, lui, n'a pas détruit son propre pays.

Jamais Assad père ne pourra payer pour ses crimes. En revanche, Bachar, lui le peut encore. Et c'est le devoir des nations civilisées, qu'elles soient unies ou non de s'en charger.

Certes, pour l'heure, il est encore intouchable, protégé par ceux qui l'ont maintenu de force au pouvoir contre son peuple : Russes et Iraniens, bien connus pour leur esprit démocratique. Mais cela ne durera pas éternellement. Un jour viendra où les alliés « naturels » auront évolué ; lui-même sera peut être renversé de l'intérieur. Dès lors, c'est immédiatement qu'il faut dresser l'acte d'accusation, en le réactualisant au fil des années.

La France peut et doit proposer aux gouvernements démocratiques qui l'accepteront de tenir une conférence internationale à Paris pour lister la totalité de ses crimes afin de les rendre publics solennellement, sans rien oublier.

Ce sont d'abord les emprisonnements arbitraires et les tortures dont il faut avoir le courage de n'omettre aucun détail ; cela doit être aussi l'usage d'armes chimiques contre des populations civiles ; ce sera en outre les bombardements massifs qui ont visé des femmes et des enfants sans arme ; le bombardement des hôpitaux en violation des conventions de Genève etc.

Au XXIe siècle, ce procès sans tribunal et sans l'accusé pourrait paraître dérisoire. Mais ce ne sera qu'une apparence d'inefficacité car cette somme exhaustive, rendue publique, à l'ère de la communication planétaire marquera les opinions publiques mondiales. Elle pourra être transmise à la Cour Pénale Internationale (dont les Américains ne font pas partie) afin d'y donner suite lorsque le « fauve » sera capturé, s'il l'est un jour par une chance de l'Histoire.

Mais, dira-t'on, « quid de ses complices et protecteurs, russes et iraniens ? »

Chacun des deux est différent. La Russie de Poutine n'est pas illégitime. En revanche la dictature islamique de Téhéran aura à répondre de ses crimes devant son propre peuple, le jour où elle sera renversée à son tour par une opposition démocratique. Et ce peut être demain.

Pour l'heure, les pays démocratiques sont impuissants, ce qui est une occasion pour certains de les moquer. Comme s'ils voulaient que les occidentaux interviennent militairement contre Bassar El Assad - ce que les mêmes auraient d'ailleurs contesté pareillement si tel avait été le cas. Instruire par avance le procès du tyran est donc la seule chose qu'il est possible en attendant. Dérisoire ? Pas tant que cela. On connait l'Histoire.

Dans le court terme, les dictateurs l'emportent toujours sur les démocraties car ils n'ont à rendre de compte à personne et peuvent commettre leurs forfaits au jour le jour. Par contre, si les démocraties mettent du temps à réagir, puisqu'elles doivent convaincre leur parlement et leur opinion, elles sont ensuite un rouleau compresseur que rien n'arrête. Le temps joue en leur faveur.

Bachar El Assad n'échappera pas à la règle. Rendre publics solennellement ses crimes ne changera peut-être rien dans l'immédiat. Mais cela peut tout de même contribuer à détacher de lui Vladimir Poutine dont on sent bien qu'au-delà de sa raideur apparente, il n'est pas insensible à tous les arguments. Ne nous faisons pas d'illusion, il ne livrera pas Bachar. Par contre, il peut très bien le lâcher. D'autant que désormais, il va falloir payer le relèvement des ruines de Syrie alors que la Russie n'en a pas les moyens. L'ogre de Damas peut se proclamer « vainqueur », sourire aux lèvres. Mais où est sa victoire ? On la cherchera en vain.

Pierre Bercis, Président de NDH


L'Edito du Président
5 décembre 2016

« La roche tarpéienne est proche du Capitole »

La roche tarpéienne, par François DUBOIS (1790-1871)

Le vieil adage romain, trop souvent oublié garde pourtant toute sa valeur ... Rappelons-en la signification à ceux qui croiraient que nous vivons des temps extraordinaires avec le brexit, l'élection de Trump, la « sortie de route » de Renzi, l'échec de Cécile Duflot, Nicolas Sarkozy puis celui d'Alain Juppé, voire celui potentiel de François Hollande ...

Il signifiait qu'au moment de leur gloire (au Capitole) la chute du haut de la roche tarpéienne, toute proche, pouvait survenir très rapidement pour les notables, dans le temps et par sa proximité. Et même si « Rome n'est plus dans Rome » autre dicton, l'Histoire se répète à travers les siècles sinon les millénaires. De quoi rendre les hommes politiques modestes, « hic et nunc », ici et maintenant quand, en France à gauche comme à droite tout le monde se précipite pour être le futur président de la République.

Les électeurs de France et d'ailleurs eux, par contre sont bien conscients de leur pouvoir et se plaisent à démentir les sondages aux prétentions scientifiques. Ils ne votent plus de manière grégaire, en bloc, à gauche comme à droite. Des gens de gauche vont voter à la primaire de droite comme des gens de droite iront voter à la primaire de gauche, sans compter les milieux populaires qui votaient communiste et n'hésitent plus désormais à voter Front National.

Les peuples sont lassés d'une certaine hypocrisie politicienne dont les soi-disant « centristes » devraient être les prochaines victimes.

En effet, que signifie être « centriste » lorsque l'on est toujours « collé » à la droite, depuis des décennies, sinon que l'on est, en fait, « de droite ».

François Mitterrand, déjà en son temps, (mais cette fois pour les socialistes) avait déjà stigmatisé ces mensonges de positionnement lorsqu'il avait dénoncé au congrès de Grenoble « ce curieux oiseau qu'était le parti socialiste, qui prétend n'avoir que des ailes gauche et donc ne peut que tourner en rond ».

L'année qui vient va donc être pleine de surprises tant en France qu'à l'étranger. Plus que jamais, « la roche tarpéienne sera proche du Capitole ». De quoi donner à réfléchir à tous ceux qui se précipitent pour, sans la moindre sincérité, entrer dans la gloire, comme s'ils prenaient un billet de loterie uniquement pour « paraître sans être ». Idem pour les médias qui depuis quelques décennies font preuve d'arrogance et auxquels les citoyens de bien des pays ne font plus la moindre confiance ...

Faut-il se réjouir de tous ces bouleversements qui rebattent les cartes pour l'avenir ? Sans doute mais peut être n'est-ce qu'un début car, comme le disait Raymond Barre, « Avant la recomposition, il faut que la décomposition aille jusqu'à son terme ». De quoi donner à réfléchir à tous ceux qui veulent être « Vizir à la place du Vizir » ...

Pierre Bercis, Président de NDH



L'Edito du Président
21 novembre 2016

Avec Obama, de Canossa à Berlin


Imagine-t-on le Président de Gaulle se rendre à Berlin à l'invitation d'un président des Etats-Unis qui veut faire ses adieux à l'Europe ? Imagine-t-on François Mitterrand lui-même accepter cet abaissement de la France devant un Président américain qui a laché in extremis notre pays au moment de bombarder la Syrie du tyran Bachar El Assad, bourreau de son propre peuple ?

Une telle réunion aurait pu se tenir à Paris ou à Bruxelles ... mais à Berlin, on hallucine.

C'est renforcer les propositions d'Angela Merkel à imposer à l'Union européenne une rigueur financière excessive, voire à diriger purement et simplement l'Europe dans le même temps où l'Allemagne ouvre à nouveau ses centrales à charbon qui polluent l'atmosphère au-delà de ses frontières sans la moindre protestation française.

Nombre de dirigeants européens (Italie, Espagne, Royaume Uni ...) ont cru, eux aussi, devoir accepter cette invitation qui établit une hiérarchie de facto entre l'Europe et les Etats-Unis, puis à l'intérieur de l'Europe. Une preuve qu'Obama est un naïf qui ne connait rien à l'Histoire du monde et de notre continent.

On comprend mieux, dès lors, la réaction des Américains qui ont préféré Trump à des démocrates loin des réalités. Le milliardaire est peut-être « à risque » mais il traduit, comme en France, un rejet de la classe politique dominante.

Jacques Chirac, Président, a prouvé aussi qu'il n'irait ni à Canossa ni à Berlin en contestant la politique hégémonique des USA en Irak, au mépris de la communauté internationale. Avec succès car seul Tony Blair, son « caniche » et Barroso, alors à la tête du Portugal étaient venus rencontrer Bush avant de déclencher une guerre illégale.

François Hollande, lui, n'a pas endossé le costume présidentiel de ses prédécesseurs. Il a laissé humilier la France. Car qu'aurait coûté à Obama de faire étape à Paris, Rome et Londres quand il a perdu des journées entières à soutenir Hillary Clinton et n'a plus à gouverner les Etats-Unis dans l'attente de la passation de pouvoir à Donald Trump ?

Il voulait rencontrer tous les dirigeants ensemble ? Soit. Mais alors pas à Berlin, au mépris de l'Histoire. Le général de Gaulle, même dans une situation précaire, avait su dire « non » à Roosevelt qui voulait le marginaliser au profit de Giraud, puis nommer en 1944 les préfets d'une France sous tutelle. Il n'avait pas non plus, hésité à rencontrer le criminel Staline pour maintenir les rapports de force quand, aujourd'hui, on « punit » Vladimir Poutine, seulement coupable de mégalomanie populiste, soucieux de restaurer le rang de la Russie.

Jadis, c'est l'empereur d'Allemagne qui s'est rendu à Canossa. De nos jours, c'est l'inverse : ce sont les sept nains qui se rendent en Allemagne chez Blanche neige Merkel, la favorite de Barack Obama. Autant dire que c'est elle qui porte la culotte ... de peau, bien sûr.

Pierre Bercis, Président de NDH


L'Edito du Président 

9 novembre 2016


Election de Donald Trump : Un avertissement pour la France

L'élection du 8 novembre aux Etats-Unis de Donald Trump constitue un avertissement pour les Français qui seraient tentés, en 2017, de soutenir Marine Le Pen. Après le Brexit en Grande Bretagne, ce vote d'un second pays démocratique pour un choix extrême doit nous alerter contre les risques de déstabilisation des institutions et des relations internationales.

On ne saurait cependant se cacher derrière son petit doigt. Il faut accepter l'évidence : il s'agit d'un rejet global, dans de nombreux pays de la classe politique nationale. Des classes politiques incapables de parler avec sincérité à leur peuple. Pas seulement outre-Manche, outre Atlantique mais aussi en Espagne, en Grèce, en Italie, en Hongrie etc.

La France n'échappera à ce tsunami car les six mois qui viennent ne suffiront pas au système à se réformer. L'autisme généralisé qui atteint la gouvernance du pays ira probablement jusqu'à son terme ultime.

Mais ce ne sera pas la première fois dans notre histoire : en 1958 déjà le peuple français avait balayé les élus sortants. Le Général de Gaulle avait récupéré un pouvoir incapable de diriger la France en raison de ses querelles intestines.

Un bémol toutefois : si Hillary Clinton a été battue, c'est plus par les règles constitutionnelles américaines que par le vote populaire. En effet, la candidate démocrate a obtenu davantage de voix que son rival. Une telle déformation du vote, heureusement, ne peut se produire en France. En cela notre pays est plus démocratique que les Etats-Unis.

Pierre Bercis, Président de NDH


L'Edito du Président 

  31 octobre 2016


Police - Justice : un nœud gordien

A l'heure où s'inverse la courbe du chômage, où la jungle de Calais est résorbée dans l'ordre et la dignité, la France est confrontée à une mobilisation de sa police inconnue dans notre histoire à ce jour.

Les esprits malveillants enchaîneront sur une mise en cause de François Hollande ... sauf que ce sera une erreur totale de leur part.

En effet, contre qui manifestent par milliers les policiers, adulés après les attentats, puis après par un Renaud ressuscité ? Pas contre le gouvernement : François Hollande, Manuel Valls ou leur ministre (de l'Intérieur) Bernard Cazeneuve, un des meilleurs du gouvernement.

Non, ils manifestent contre la Justice, laxiste selon eux ...

Les policiers, contre leurs propres syndicats qu'ils débordent spontanément, affirment haut et fort qu'ils sont las de faire la chasse aux voyous de tout poil que les juges relâchent ensuite, ce qui est une invite à la récidive peu après. Ces mêmes voyous narguent alors davantage les policiers, accusés de plus de violence alors que, comme les pompiers, les médecins ...ils sont victime de caillassage, tentative de meurtres, incendie de leurs véhicules...

Une expression caractérise leur révolte : « Ras le Bol ».

Alors, la justice est-elle intouchable, incontestable, au nom de son indépendance affirmée depuis Montesquieu et nos constitutions successives ?

Depuis 1968 et la révolution médiatico-numérique, tous les tabous sautent les uns après les autres (le premier ayant été contre l'Eglise avant 1905). Pourquoi pas celui de la Justice largement compromise sous Vichy ?

Observons : Nicolas Sarkozy a qualifié les juges de « petits pois ». François Hollande, lui après avoir respecté l'indépendance de la Justice s'est tiré une balle dans le pied en parlant de leur « lâcheté » ...

Donc les détenteur du pouvoir exécutif depuis deux mandats présidentiels, droite et gauche confondues, rejoignent la révolte policière contre une Justice, soi-disant au dessus de tout soupçon.

Serait-ce la fin du tabou qui, même après Vichy n'avait pas sauté ?

On peut le souhaiter. Mais alors il faut un consensus national. Assez de querelles politiciennes sinon ce sera l'échec.

Cela est possible. En premier lieu que les policiers, sans tomber dans les excès des policiers américains, aient les mêmes droits que les gendarmes quant à leur droit de riposter aux armes à feu.

Sommations d'usage et droit de riposte car les règles actuelles sont obsolètes face à une violence généralisée. Trop de policiers - à la différence des Etats-Unis - se retrouvent dans le box des accusés ...

Ensuite, les peines prononcées, trop faibles et, qui plus est, souvent inexécutées...

Il y a matière à dialoguer et consensus national sur le fonctionnement de la justice française. Mais de grâce, pas de querelles politiciennes stériles. Les policiers ne s'y sont pas trompés ... même s'ils sont stupidement accusés de jouer pour le Front National : leur engagement individuel par dizaine de milliers est de salubrité publique. Le gouvernement, qui n'est pas mis en cause, doit les entendre.

Pierre Bercis, Président de NDH


L'Edito du Président 

6 octobre 2016


Elections présidentielles à la godille

Curieusement, les candidatures sont pléthoriques au moment même où les Français rejettent la classe politique dans son ensemble. Mais ce paradoxe s'explique, comme en matière économique : l'inflation de prétentions à la magistrature suprême correspond à une dévaluation généralisée, ce qu'avait bien prévu François Mitterrand lorsqu'il disait qu'il serait probablement le dernier grand Président de la République.

Avec cette multiplication des candidatures on ne peut que constater également l'indigence, la banalité des programmes proposés. Cela va d'ailleurs de pair. Car imagine-t-on un programme hors du commun de la part de tous ces prétendants qui se bousculent sur la ligne de départ, à droite comme à gauche.

On connait l'adage économique et monétaire selon lequel « la mauvaise monnaie chasse la bonne ». Idem au plan politique. Les femmes et les hommes les plus capables en France fuient le forum présidentiel où le commun se précipite. Avec le risque pour notre pays de se retrouver avec un Président banal, gris, terne comme le disait François Mauriac de Joseph Laniel sous la IVème République : « une dictature à tête de bœuf ».

Chacun y va de ses « mesurettes » pour la galerie sans projet d'envergure, sans politique, sans aura.

Tout dans ces multiples programmes peut être contesté...et rien ne peut l'être en raison du flou qui prévaut, dans les propositions affichées.

Pour notre part, philosophiquement, idéologiquement, idéalement nous aurions préféré, comme NDH le répète, textes à l'appui, depuis 40 ans, que les prétendants à l'Elysée tracent comme en 1789 leur projet de société à moyen et long terme. Un projet qui montre la direction, l'horizon de demain. Et puisque qui n'avance recule, en même temps que l'on combat le terrorisme islamique, que chacun dise quels sont pour lui les grands axes vers lesquels il tendra, sans se perdre dans les méandres d'un programme.

Selon nous, avec constance depuis quatre décennies, le soutien de nombreuses personnalités et de parlementaires de tous bords, il s'agit d'acter dans le quinquennat qui vient :

  • Le droit à la paix (fondamental quoique jamais reconnu)
  • Le droit à un Etat laïque (qui garantit l'égalité entre tous les citoyens)
  • Le droit à l'intégrité physique, psychique et génétique face aux risques de la Sciences
  • Le droit des salariés à la participation (sous toutes ses formes)

Ces droits, mis bout à bout, comme dans la Déclaration de 1789, et en complément des droits historiques, s'ils sont adoptés, seront le fer lance de notre diplomatie, à nouveau porteuse d'inspiration dans le monde.

Pour l'heure, seule Nathalie Kosciusko-Morizet parle, comme Jacques Chaban Delmas en son temps, de « nouvelle société ». Chiche ! Qu'elle exige de ses concurrents la même chose afin d'éviter l'enlisement, une avancée à la godille sans ambition nationale. Mais n'est-ce pas tout d'abord au Président sortant, s'il se représente, de dégager ces lignes de force ?

De Gaulle avait raison lorsqu'il fustigeait les politiciens uniquement occupés « à faire leur petite cuisine dans leurs petite casseroles dans leur petit coin ». A quand le fond de la piscine pour être sûr de remonter ? Car comme disait Raymond Barre « avant la recomposition, il faut que la décomposition aille jusqu'à son terme ».

Pierre Bercis, Président de NDH