Editorial 

L'Edito du 3 août 2020

Repentance

Le tic-tac, tac-tic est reparti entre l'Algérie et la France, 58 ans après l'indépendance. On en finira donc jamais, alors que dix-huit ans après la seconde guerre mondiale, trois agressions prusso-allemandes (1870-1914-1940) des millions de morts, des destructions immenses sur le territoire français, De Gaulle et Adenauer signaient le traité de l'Elysée pour marquer la réconciliation voire l'amitié franco-allemande. L'Allemagne avait-elle auparavant présenté des excuses ? s'était-elle repentie ? Pas à notre connaissance en tous cas.

Alors pourquoi ce contentieux permanent et rampant entre l'Algérie et la France sur l'aspect mémoriel d'un divorce violent (1954-1962) aujourd'hui réactivé côté officiel algérien, car il y a longtemps qu'en France les partisans de l'Algérie française sont tombés dans les oubliettes de l'Histoire. Même Marine Le Pen se prétend désormais sans la moindre pudeur « gaulliste »

Le président de la République française, Emmanuel Macron ferait cependant une faute impardonnable s'il poursuivait sa tendance à culpabiliser son pays, en révisant l'Histoire et en la revisitant à la lumière des critères actuels (comme les imbéciles qui renversent les statues de Victor Schœlcher, père de la seconde abolition de l'esclavage).

Oui, il a raison, la colonisation est un « crime contre l'humanité », vue quatre siècles après. Mais que serait le monde sans la rencontre des peuples qu'elle signifiait ? Où en serait l'Afrique, la globalisation du monde, les échanges culturels qui font la richesse de la planète ?

Le choix par l'Elysée de Benjamin Stora, grand spécialiste de l'histoire algérienne pour établir une réflexion sur la mémoire franco-algérienne est un excellent choix car ce natif d'outre Méditerranée ne parle pas à tort et à travers. C'est avant tout un intellectuel sage, expérimenté. Et, puisqu'on parle de « mémoire » franco-algérienne, il fera entendre que la mémoire ne doit pas être courte. Car il faut « en même temps » (concept macronien s'il en est) convoquer les autres colonisations de l'Algérie, bien plus longues que la colonisation française et surtout qui, elles, ont imposé une religion en éradiquant la précédente, pacifique. Celle de saint Augustin que tout le monde révère de nos jours.

Mettons donc sur un pied d'égalité la colonisation arabe, la colonisation ottomane et la colonisation française. Les guerres d'expansion musulmane jusqu'à Vienne et jusqu'à Poitiers étaient-elles des « guerres justes » ? Non l'inverse ? Les razzias en Méditerranée à l'époque de Philippe II (relire le grand Fernand Braudel) pour fournir en femmes les bordels d'Alger (pardon, les harems) ; le rachat des prisonniers n'aurait jamais existé ? Pas plus que l'esclavage arabe, qui perdure en Mauritanie ? ...

Si Messali Hadj, le premier promoteur de l'indépendance de l'Algérie avait été suivi, dès les années trente, par les Algériens eux-mêmes, par des moyens pacifiques, tel un Gandhi, nous n'en serions pas là actuellement. La France, avec ou sans de Gaulle, avec un Mendès-France, un Edgar Faure aurait reculé aux Nations Unies jusqu'à lâcher l'indépendance.

On juge un arbre à ses fruits. La façon de procéder du FLN a suscité une guerre en rétorsion. Après l'indépendance, en juillet 1962, la suite logique en fut une dictature déguisée, corrompue, qui ne vit que de la rente pétrolière et pousse des cris d'orfraie dès que la France émet une opinion sur l'Algérie. Mais si l'ancienne puissance coloniale est aussi horrible que cela (car la mémoire en est encore très fraîche) pourquoi des millions d'Algériens veulent-ils venir, ou sont venus vivre dans l'Hexagone ? seraient-ils masochistes ?

Bref, soyons enfin clairs et objectifs. Ou bien l'Algérie convoque à des fins d'expiation ses trois derniers colonisateurs (arabes, turcs, français) ou bien elle s'assume enfin en en profitant pour instaurer un régime démocratique et laïque selon les critères des Nations Unies. Soyons en sûr le roi d'Arabie et l'ottoman Erdogan seront d'accord pour battre leur coulpe colonialiste passée comme la France du XXIe siècle.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 27 juillet 2020

Violences 

Le « droit à la paix » est un droit de l'Homme qui n'a hélas jamais été reconnu, ni en 1789 ni en 1948 par le vote de la Déclaration universelle des droits de l'Homme des Nations Unies, réunies à Paris, au Trocadéro. Il faut dire que nous sortions alors d'une seconde guerre mondiale. Il n'empêche...

Sans un tel droit fondamental à quoi bon tous les autres droits officiellement reconnus ? C'est pourquoi NDH se bat pour sa reconnaissance par la France qui devrait ensuite « l'exporter » à l'Europe et au monde. Non que ce soit une formule magique mais comme les autres droits, il serait un but qui pourrait sans cesse être invoqué, revendiqué, non seulement à l'extérieur de l'Hexagone mais également à l'intérieur de nos frontières où la violence, longtemps endémique devient de plus en plus flagrante.

Autrefois monopole de la l'Armée et de la Police, pour raison d'État, aujourd'hui n'importe qui, sous n'importe quel prétexte (voire sans prétexte du tout) a recours « gratuitement... » à la violence.

Même les services publics de première nécessité : pompiers, médecins, gardiens de la paix... sont attaqués au risque de leur vie quand ils en sauvent d'autres. Bref, l'anarchie gagne les démocraties comme un cancer. Le « mal » pour reprendre une vieille terminologie l'emporte sur le « bien ». Nous sommes en pleine confusion des valeurs. Le droit « théorique » à la paix s'estompe et appelle inévitablement à la répression, seul moyen de rétablir ou de maintenir l'ordre républicain qui porte avec lui la paix.

Dans les siècles passés, « le sabre et le goupillon » entretenaient une vie en société relativement organisée. Mais un certain discrédit jeté sur les forces de l'ordre ; la perte d'influence des Eglises, souvent remplacée par une philosophie religieuse fondée sur l'inégalité, le primum de la violence, un rejet universel de la liberté, engendre un nouveau contexte auquel la gauche, par intérêt électoral et laxisme, après un anti-clericalisme justifié, a ouvert un champ très large, soutenue par les « psy » qui expliquent soi-disant tout, c'est-à-dire justifient tout ou à peu près tout.

Faut-il, dès lors, devenir « réactionnaire » et en appeler à la répression, accuser les « étrangers » globalement, eux qui, Italiens, Portugais, Polonais... se sont intégrés pacifiquement et ont enrichi la France depuis longtemps ? Il faut savoir raison garder, « séparer le bon grain de l'ivraie » comme dit l'Évangile

On l'a vu, la justice sociale mise en œuvre depuis plus d'un siècle, en particulier en 1936 et 1945 ne suffit plus. D'ailleurs ceux qui massacrent un chauffeur de bus innocent, foncent « à tombeau ouvert » sur une jeune policière, imposent leur « loi » afin de poursuivre leurs trafics de drogue, ne sont pas issus du « lumpen prolétariat ». Les ouvriers de 1900, 1936 ; les paysans aux revenus de survie n'avaient (ou n'ont) aucun de leurs avantages sociaux. Et pourtant ils ne dégradaient pas la démocratie, fruit des droits de l'Homme de 1789. Il y avait une convivialité, des règles communes respectées.

Face à la dégradation actuelle, à la disparition lente du « vivre ensemble », le gouvernement Castex, comme celui de Manuel Valls auparavant, veut durcir la législation punitive. Soit, c'est quasiment inévitable. La « tolérance zéro » est à la mode. Mais une telle politique ne devrait-elle pas être doublée par un enseignement du Droit, et des droits de l'Homme en particulier, dans l'enseignement secondaire, tel que nous le revendiquons depuis trente ans, ce qui nous a toujours été refusé ? Comment également prôner la paix nationale (et internationale) quand tous les écrans de cinéma et de télévision sont remplis de meurtres « en veux-tu en voilà » ? Comme si on exigeait le respect des droits de la femme et ceux des enfants en continuant de promouvoir les films sexistes, une littérature sexiste (à la Matzneff !)

Le nouveau ministre de la Justice, Eric Dupont-Moretti a dit qu'il s'engageait sur les droits de l'Homme. Chiche ! Excellente idée. Avec Blanquer, son collègue de l'Education nationale. Cela fera moins de travail pour Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur qui a déjà fort à faire avec ses propres affaires.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 21 juillet 2020

 La folie éolienne

Le « droit au respect de l'environnement » est le premier des nouveaux droits de l'Homme que nous avions demandé à Jacques Chirac, maire de Paris, avant son élection à la présidence, de faire reconnaître avec le « droit à la paix ». C'était en 1992, ce qu'il avait tenu le jour même à nous confirmer par lettre, puis qu'il a fait inscrire dans la Constitution de la France. Pour ces deux droits du futur, l'homme ne nous a pas déçu, ne serait-ce qu'en refusant de s'engager dans la guerre américaine en Irak.

Nos écologistes, eux, pour leur part, pendant ce quart de siècle, n'ont cessé de contester l'énergie nucléaire, qui fournit plus de 50 % de notre électricité, sans polluer, à la différence des autres moyens (charbon, pétrole) à l'exception de l'hydraulique mais dont tous les sites possibles sont désormais construits depuis des années. On notera cependant que depuis que les écolos flirtent avec le pouvoir, ils ont mis une sourdine sur le nucléaire car s'ils y accèdent un jour, plus qu'avec Nicolas Hulot, de Rugy ou Barbara Pompili, il faudra qu'ils ferment alors les centrales nucléaires, comme ils l'ont obtenu pour Fessenheim, au grand désarroi des populations locales.

A moins qu'ils n'optent pour une solution « à l'allemande » en renonçant totalement au nucléaire pour ouvrir des centrales à charbon qui polluent dix fois plus.

Certes, EDF a montré une perte de ses capacités techniques en ce domaine et peine à achever la réalisation de ses nouveaux projets à La Hague, au Royaume Uni ou ailleurs dans le monde, ajoutant au retard des coûts faramineux que vient d'épingler la Cour des Comptes. Et donc on devrait faire surenchérir les écolos « à l'ancienne », devenus « vieux sans être adultes » comme chantait Jacques Brel.

Ne reste, dès lors, que l'électricité d'origine éolienne, très peu requise jusqu'à présent en France mais que les groupes de pression (lobbies) poussent en avant au maximum actuellement pour les bénéfices qu'ils ont tireront. Si l'on ose le dire « ils ont le vent en poupe » parés de toutes les vertus « vertes », paraît-il... Et seuls quelques politiques courageux comme l'ancien président Giscard d'Estaing ou Dominique Bussereau, président du Conseil départemental de Charente-Maritime, ancien ministre (et président des départements de France) osent s'y opposer frontalement. Avec succès, on l'espère, car ce mode de production d'énergie électrique et tout, sauf non polluant.

En effet, le premier grief contre ces moulins est la défiguration des paysages, lesquels sont le B-A-BA en matière d'environnement. Imagine t'on ces engins, qui doivent être en grand nombre, au large des côtes de Bretagne, de Nice ou de Cannes, à portée des îles d'Oléron et de Ré, dans la chaîne des volcans d'Auvergne ... comme certains en caressent l'idée avec gourmandise ?

Il faut savoir, en outre, que faute de vent, les dites « gentilles» éoliennes ne fonctionnent en moyenne qu'à 23 % de leur capacité ; qu'elles engendrent une pollution sonore et attente à la biodiversité, que des vaches à proximité, à l'intérieur des terres sont victimes de « mort subite », ce qui ne manquera pas de se produire aussi pour les humains eux-mêmes. Vite, que L214, cette remarquable organisation qui dénonce, preuves à l'appui les souffrances animales intervienne avant que Brigitte Bardot et sa fondation ne pointent du doigt des éoliennes au large de Saint-Tropez !

On le sait, pour convaincre, les promoteurs font miroiter jusqu'à 15 000 €uros de revenus annuels aux propriétaires qui cèdent leur terrain pour y installer leurs engins de malheur. Mais quid de leurs voisins qui résistent à cette corruption et devront cependant en subir les méfaits ?

N'ayons crainte, les riches propriétaires des zones menacées sauront se faire entendre de leurs élus de terrain (ou des territoires, selon le Premier ministre Jean Castex). Par contre, pour les « salauds de pauvres » comme disait Marcel Aymé ils devront subir sans broncher et accepter ce soi-disant « pain béni » - au propre comme au figuré.

Conclusion : la solution pour le futur, si l'on observe la solution allemande, ne serait-elle pas plutôt de secouer un peu EDF, endormie sur ses lauriers, et que les dirigeants politiques de la France actuelle reprennent le chemin ouvert avec prémonition par De Gaulle, Pompidou et Giscard d'Estaing, que François Mitterrand a suivis malgré les réticences affichées par le parti socialiste version années 70 ?

Parodions un des slogans de Mai 68 « Ce n'est qu'un début, continuons le débat ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 13 juillet 2020

Le viol de Sainte Sophie

Depuis 1934, la basilique Sainte Sophie, construite à Constantinople par l'empire romain d'Orient, convertie en mosquée après la conquête ottomane, était devenue un musée que tout le monde venait visiter. Telle était la volonté de Kemal Atatürk fondateur de la république laïque de Turquie, annulée par le président turc cette semaine.

Cet acte provocateur d'Erdogan a été condamné par les pays à majorité orthodoxe (Russie, Grèce) mais aussi par la France, les Etats-Unis, le pape François en raison du symbole qu'il représente, car d'autres églises ont déjà été reconverties en mosquée, de force, par la bande qui dirige la Turquie dans un silence assourdissant.

Mais qui s'en étonnera ? On l'a oublié : la Turquie occupe militairement une partie de Chypre, Etat indépendant, ce sur quoi les Nations Unies, l'Europe ont jeté un voile pudique dans le même temps où le pays agresseur d'un des membres futur de l'Union européenne prétendait cependant adhérer à la dite Union ... Aucun honneur, aucune dignité, aucune solidarité.

Au-delà du viol de Sainte Sophie à Istanbul, de l'occupation de Chypre, nos « braves » Européens, auxquels les Turcs ont voulu se joindre pendant des années, ont aussi oublié qu'ils avaient tenté de s'installer de force en Europe au XVIIe siècle, arrêtés après un long siège à Vienne, en Autriche ...

Là n'est pas le pire cependant. Ce pays héritier de l'ancien empire ottoman continue à nier le génocide, en 1915 de plus d'un million d'Arméniens chrétiens, comme la déportation des survivants vers l'Irak et la Syrie. Bref avant Erdogan, comme avec Erdogan, l'empire ottoman devenu Turquie après sa défaite à l'issue de la première guerre mondiale durant laquelle les Turcs ont soutenu les empires germano-autrichiens agresseurs des démocraties, était et demeure un fauteur de troubles ; un défi à l'ordre démocratique qu'incarnent l'Europe et les Nations - Unies. L'islam était et reste son étendard. C'est une faiblesse du grand Clémenceau, lors des traités mettant fin à la guerre, en 1919, de ne pas avoir restitué à l'Europe la capitale de l'empire byzantin en fixant la nouvelle frontière de la Turquie au Bosphore. Le viol de Sainte Sophie ne serait pas poursuivi.

La Turquie ottomane a encore une autre chance dans ses aventures expansionnistes et impérialistes : l'Algérie, qu'elle a longtemps colonisé, et qui, au jour d'aujourd'hui, ne dénonce pas le colonialisme arabe, puis turque pendant onze siècles. L'Algérie ne connait et ne dénonce qu'un seul colonisateur qui n'a jamais imposé, lui, sa religion aux habitants berbères durant ses cent trente années d'occupation : la France.

A quand le mea culpa de ces odieux Français que l'on a rejetés en 1962 ... avant de rêver, par centaines de milliers, de venir s'installer dans l'Hexagone ? On dit que l'actuel président de la République y serait prêt ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 29 juin 2020

Colonisation - décolonisation

La France vivait avec ses problèmes économiques et d'environnement, au sortir des « trente glorieuses » après la crise pétrolière de 1973. Puis, ce furent la crise financière de 2015, la longue crise sociale des gilets jaunes en 2019... avant que n'arrive le redoutable pandémie qui a fini par créer un véritable « tribunal » pour juger « les coupables » dans la Santé, bien qu'ils aient réalisé une performance par rapport à la plupart des pays avancés.

On croyait donc la barque assez chargée lorsque « coucou » ! les adeptes du système communautariste étatsunien, venus librement en France (et non « déportés » comme les afro-américains dans les futurs États-Unis d'Amérique où ils furent tenus en esclavage) ont trouvé opportun pour leur promotion personnelle, de s'estimer « victimes » d'un racisme imaginaire et de la colonisation. Grâce à cette accusation ignoble, voir débile, ils ont pu, comme « victimes » passer dans tous les médias et faire croire à l'étranger que la France n'était pas cette terre de Cocagne que le monde entier était venu rechercher. Bonne pioche ! La victimisation est devenue très porteur et peut rapporter gros, surtout si on accuse les forces de l'ordre, parfois coupables de bavures dans le cadre de leur difficile mission face à de vrais délinquants.

La colonisation est le nouveau vecteur de la contestation en cours de la part des communautaristes hostiles à l'unité de la nation dans sa diversité bretonne, auvergnate, alsacienne... à laquelle se sont joints les Polonais, les Portugais, les Italiens...

Soit. La colonisation n'est pas une page glorieuse de l'Histoire de l'humanité. Mais est-ce que la vente de prisonniers africains par les Africains aux négriers européens l'était davantage ? Imaginons un instant ce que serait l'Afrique subsaharienne, au début de ce siècle ou du siècle dernier sans la colonisation ? Pas de commerce, de moyens de transport automobiles, ferroviaires ou aériens ; pas de téléphone et autres moyens de communication. Un continent laissé à l'écart du monde, figé comme dans une sorte de réserve naturelle.

Nous-même, Gaulois, colonisés par les Romains, avons-nous craché sur ceux qui, tout en dominant nos tribus nous ont apporté routes, ponts, édifices qui souvent subsistent de nos jours ; sans même compter l'écriture, la littérature, les mathématiques etc. Bref « un plus » indéniable.

Il ne sert à rien de se leurrer, de se mentir et de mentir aux peuples pour les monter les uns contre les autres. Le métissage est l'avenir dans le respect et la fraternité. Pas le communautarisme qui divise ou accentue les divisions.

Mais ces récriminations qui conduisent à renverser des statues, comme l'ont fait les talibans ne sont pas nouvelles. Au siècle dernier, un célèbre penseur sénégalais Cheikh Anta Diop expliquait dans ses ouvrages (dont « Antériorité des civilisations nègres ») que l'Égypte pharaonique était issue de l'univers « négro-africain » (sic). Rien de moins. Ce serait donc des peuples du sud du Sahara qui auraient inventé des hiéroglyphes, les pyramides, même s'ils se sont bien rencontrés aux sources du Nil. Et après il y aurait eu une régression au cœur de l'Afrique ?

Écoutons aussi ceux qui dénoncent l'occupation française en Algérie. Dont acte. A condition d'occulter les colonisations antérieures : arabe et turque qui ont imposé une religion aux Kabyles ce que n'a pas fait la France issue des Lumières. L'une, la française serait un crime contre l'humanité ; les autres l'avènement de la liberté (notamment de conscience). On hallucine ...

Le grand écrivain et journaliste Kamel Daoud (l'auteur du célèbre « Meursault, contre-enquête » (Actes Sud 2014) lui, n'est pas dupe lorsqu'il écrit (Le Monde du 23 juin) « Faut-il détruire l'Occi- dent? Le mettre à feu et à sang pour mieux le reconstruire ou mieux le piétiner dans ses ruines ». Et de poursuivre : « L'Occident étant coupable par définition selon certains, on se retrouve non dans la revendication du changement mais, peu à peu, dans celle de la destruction, la restauration d'une barbarie de la revanche ».

Merci à vous pour ce courage, cette lucidité qui vous place face à ceux qui ont pignon sur rue (médiatique) pour s'autopromouvoir victimes du racisme systémique - anti-noir ou anti-musulman, (comme si on n'avait pas déjà scandaleusement inventé la « discrimination positive » qui permet à des minorités activistes d'être favorisées, là où le fils, la fille d'ouvriers ou de paysans français de souche, sans bibliothèque à sa disposition, doit travailler dix fois plus que les enfants de bourgeois pour un même résultat).

Comme l'écrivait Pascal Bruckner (« Les sanglots de l'homme blanc ») les Occidentaux, en raison de leurs vieux complexe judéo-chrétien, céderont toujours au chantage... ou bien, sinon une minorité, jusque-là honteuse, s'affichera raciste et fasciste. Est-ce ce que veulent les paltoquets qui sèment la confusion dans l'opinion ? Probablement.

Il est loin le temps où Bernard Stasi, notre Vice-président, député-maire d'Épernay pouvait écrire  « Ma France je l'aime parce que je l'ai choisie. Ou plutôt, je l'ai choisie parce que je l'aime. J'ai pleuré le jour où me fut remise ma première carte d'identité ». Bernard, cher Bernard, reviens ils sont devenus fous ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 15 juin 2020

Revisiter l'Histoire ou la reviser ?

La boule est lancée dans les quilles depuis l'horrible mort de George Floyd aux Etats-Unis, assassiné par un policier raciste à Minneapolis. Toute minorité politique, sociale, raciale, syndicale ... peut, sinon doit, exiger d'obtenir satisfaction devant sa moindre revendication. Le rapport démocratique majorité-minorité n'existe plus. La Res-publica (la République : littéralement la chose de tous) est menacée par quelques uns d'autant plus arrogants qu'ils sont minoritaires. 

Le communautarisme a le vent en poupe. Comme disait Goebbels : « plus c'est gros, mieux ça passe ... »

Chaque jour apporte son attaque contre la démocratie républicaine, donc laïque. Jusqu'à quand cette dérive ? Il n'est que d'attendre.

Aujourd'hui ce sont les forces de l'ordre (police-gendarmerie) - les mêmes qui n'osent plus rentrer dans certaines cités, comme les pompiers, les médecins parce qu'ils sont menacés, caillassés. C'est la loi de la minorité qui règne. Il suffit de dire que « les flics » sont racistes et le tour est joué. Le débat est clos. Il suffit de se victimiser et l'on peut continuer à saper les fondements d'une culture pacifique et démocratique.

Certes il y a nombre de policiers racistes, ni plus ni moins que chez d'autres fonctionnaires (comme il nous a été donné de constater durant des décennies) et ils ne peuvent honnêtement le nier. De là à pratiquer l'amalgame afin de continuer ses fraudes à la loi, pourrir la vie dans certaines banlieues il y a un pas à ne pas franchir.

Dans l'affaire Adama Traoré, qui vaut à la France des comparaisons ignobles avec les États-Unis, le président de la République François Hollande était socialiste, le ministre de l'intérieur, premier flic de France Bernard Cazeneuve aussi ; le premier ministre Manuel Valls était né en Espagne ; la ministre de la justice Christiane Taubira noire de peau... il faut donc les poursuivre pour complicité de racisme puisque tout, désormais est judiciarisé. Finalement ne sont-ils pas semblables à l'abominable Trump ? Comme on veut poursuivre ceux qui ont géré la crise pandémique dont nul ne connaissait à l'avance la solution et qui, finalement, ont obtenu un résultat honorable, seulement devancés par l'Allemagne.

Ah ce racisme français ! Demandez à tous les Polonais, Italiens, Espagnols, Asiatiques, Africains si ce n'est pas par masochisme qu'ils ont émigré en France et s'ils n'ont pas songé à repartir en courant ; demandez à ceux qui traversent la Méditerranée au péril de leur vie ce qui les motive ?

La pauvreté diront naturellement les bienveillants. A leur arrivée en France, ils sont victimes de discriminations, comme en Seine-Saint-Denis, où nombre de maires sont communistes ou socialistes. Peu de Front national.

Où est la faute ? N'ont-ils pas droit à l'éducation, accès à tous les moyens de formation, d'ascension sociale auxquels, sauf dans la bourgeoisie, nul Français de souche n'avait pratiquement pas droit il y a peu. Expliquez comment nombre de professeurs de médecine que la télévision a révélés lors de la crise du covid-19 étaient d'origine maghrébine malgré les obstacles que l'Ordre des médecins (vichyste) a mis sur leur route ?

En se prétendant « victime », on peut ainsi « monter » avec moins d'efforts que les autres. Notre président d'honneur, Léopold Sédar Senghor a-t-il été avant-guerre condamné à végéter dans la société raciste française ? Tous les artistes Étatsuniens noirs qui choisissaient la France comme Joséphine Baker, Sidney Bechet... Fuyaient-ils le racisme pour un autre racisme ?

Aujourd'hui, même les enseignants, nos fameux « hussards de la République » sont contrés dans leur travail éducatif. Nombre d'entre eux ne peuvent plus enseigner l'Histoire de France sans être agressés, insultés. Pourtant, l'Histoire est notre saga commune, que l'on descende ou non des Gaulois (les victimes du colonialisme romain !)

Le communautarisme, qu'il soit islamiste ou étatsuniens est, et sera toujours, une forme plus ou moins grande de totalitarisme, de volonté de domination d'une majorité par une minorité.

Dès lors, au lieu de revisiter l'Histoire, révisons là ! Tolérance zéro ! Abattons la statue de Victor Schoelcher (et même sortons - le du Panthéon) bien qu'il ait obtenu l'abolition de l'esclavage. Débaptisons les rues Jules Ferry « le Tonkinois » (la formule est de Clémenceau) lui qui a rendu l'école laïque et obligatoire. Coupons la tête de la statue de Colbert, un grand ministre qui a fait rationaliser les horreurs de l'esclavage - qu'il n'avait pas inventé - dans un « code noir », qui, quatre siècles après fait frémir.

Mais, au fait, que fait aussi le gouverneur Félix Éboué compagnon de la libération au Panthéon ? Encore un « salaud », comme ce policier noir insulté par des excités, récemment, lors d'une manifestation « anti blanc » alors que l'on embrassait un autre policier noir, en 2015 après l'attentat du Bataclan.

Les islamistes, en Afghanistan ont détruit les célèbres Bouddha de Bâmiyân. Les premiers chrétiens, jetés dans la fosse aux lions, crucifiés, décapités auraient dû eux aussi songer, après Constantin, à détruire les temples, les théâtres de leurs persécuteurs et surtout pas, comme il l'on fait, perpétuer à travers les millénaires la langue latine, la culture latine qui avait entretenu l'esclavage, ce fléau qui revient comme le monstre du Loch Ness.

La statue de Winston Churchill vient d'être profanée en Grande Bretagne. Une grande victoire des forces de l'intelligence. A quand celle de Nelson Mandela coupable de n'avoir pas vengé des décennies d'apartheid ? Un traître, comme les policiers noirs en France : il a collaboré avec le pouvoir blanc de Frederik De Klerk. Bientôt ce sera à notre ami le préfet de Police Maurice Grimaud que l'on cherchera des poux dans la tête alors qu'il a maintenu l'ordre sans un mort en mai 68 quand les manifestants scandaient « CRS - SS ». Oser dire cela est forcément « raciste », de droite et ne pas avoir oublié que nos compatriotes, blancs ou non blancs, d'origine étrangère, à la différence des noirs étatsuniens, n'ont pas été, eux, expatriés de force en France.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 8 juin 2020

Courir, encore et toujours, derrière les Etatsuniens

L'affaire George Floyd, fort heureusement, fait le tour de la terre, tout en continuant de ravager les Etats-Unis déjà doublement impactés par la crise sanitaire et la crise économique. Le « modèle » étatsunien fait eau de toutes parts. Est-ce pour autant que les esprits colonisés par nos medias, la publicité, les institutions européennes qui ne s'expriment plus qu'en anglais, même après le Brexit, vont se ressaisir, ne serait-ce que par dignité ? On en doute.

Un seul exemple : le racisme des forces de l'ordre.

Certes, il y a des brebis galeuses en France, comme dans tous les pays. Mais de là à mettre un signe « égal » entre le système d'outre Atlantique et le système français, il y a un pas que seuls les gens de mauvaise foi n'hésitent pas à franchir en instrumentalisant quelques rares affaires sombres. On pratique l'amalgame sans scrupule.

« Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ». Non qu'il ne faille avec rigueur améliorer les procédures de contrôle (notamment en instituant un organisme d'enquête indépendant, qui comprendrait des médecins, ce que n'est pas l'IGPN actuel). Tout propos raciste comme tout acte raciste doit être condamné dans la police, la gendarmerie, comme chez n'importe quel individu.

À entendre nos manifestants français (auxquels partis et syndicats ne se sont pas joints) notre vieux pays serait, au-delà de la Police, lui-même « raciste », discriminant noirs et arabes en particulier. Bref, du grain à moudre pour certaines organisations de droits de l'Homme en sommeil et en quête de scandales. S'ils avaient connu l'avant-guerre, quand être juif rendait soupçonneux... Qu'ont dit les mêmes lorsque, dans les années récentes, nos compatriotes asiatiques ont été attaqués, voire ostracisés durant l'épidémie venue de Chine ? Que ne protestent-ils quand les médecins étrangers hors Union Européenne n'ont pas le droit d'exercer en France malgré leur compétence attestée et les déserts médicaux ?

Deux poids, deux mesures lorsqu'il s'agit de s'autopromouvoir comme gardien de toutes les vertus. Combien des personnes d'origine étrangère, de tous les continents, en 43 ans, NDH n'a t'il pas aidées à mettre le pied à l'étrier pour intégrer ce pays où ils sont venus librement. Certains, même sans parler notre langue à l'arrivée, ont réussi en une génération. D'autres ...

Mais l'essentiel, pour nos protestataires est d'abord de faire croire que la France est raciste (sa Police en particulier). Adama Traoré = Georges Floyd. Point barre. C'est parce qu'il était noir ! même si un jeune « blanc de blanc », de quatorze ans, a été inutilement frappé par des policiers, il y a peu, lorsqu'il dérobait un scooter en banlieue.

L'acteur Omar Sy, d'ailleurs né à Trappes (Yvelines) promu par le cinéma français avant de s'installer en Californie, lui, n'en doute pas un instant. Selon ses déclarations, la Police française est raciste. Notre ami Guy Malandain, maire socialiste de Trappes a donc échoué : Guy le républicain laïque n'a réussi, malgré des années d'efforts qu'à renforcer le communautarisme dans sa commune, comme aux « USA » (ou en Afrique du Sud d'avant Nelson Mandela) : séparés mais égaux.

Conclusion, soyons « américains » à tout prix. Ne changeons surtout pas de modèle, pour le meilleur et pour le pire donc. Comme chez nos chers alliés, faisons figurer sur nos papiers d'identité la couleur de peau de chacun ; brandissons place de la Concorde ou au Champ de Mars nos pancartes en anglais en agitant notre vertu autoproclamée au bout d'une pique. Voilà ce qu'il nous faut : un esprit paresseusement colonisé sous couvert de modernité. Pour la dignité on verra demain ...

Tout ceci, bien sûr, en hommage à notre premier Président d'honneur, Léopold Sédar Senghor, ancien président du Sénégal, agrégé de grammaire, membre de l'Académie française, poète marié à une normande auquel quelque imbécile disait un jour : « y'a bon Banania ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 1 juin 2020

George Floyd, martyr du racisme

Ainsi, un homme jeune, noir, sans problème, est-il mort, asphyxié par un policier de Minneapolis. Un scandale qui révolte des milliers de ses concitoyens, noirs ou blancs, sinon le monde entier.

George Floyd était son nom. Il ne sera pas oublié car son calvaire « légal » a été filmé et fera date, à la différence de celui de nombreux noirs, lynchés dans le Sud des Etats-Unis, sans la moindre poursuite, même après la guerre de Sécession, même après l'abolition de l'esclavage. Un arbre, une corde et ce que bien des gens ne feraient pas subir à un animal était immédiatement exécuté, hors la loi ...

Mais cela vous étonnera-t-il dans un pays où les pères fondateurs : Washington, Jefferson possédaient des centaines d'esclaves ? Dans un pays où les indigènes, dits « peaux rouges » furent chassés de leurs terres, exterminés dans des conditions atroces. Leur tort ? Vivre dans leur domaine pluri-centenaire.

Malgré tout, l'intoxication publicitaire donna lieu à une légende filmographique : le mythe du Far West dans lequel le « blanc » incarnait le bien et la civilisation contre la sauvagerie autochtone.

Et c'est ce pays qui prétend aujourd'hui mener le monde, dicter sa loi à tous les peuples de la terre ; le seul pays où les armes soient en vente libre avant qu'elles ne soient déchargées par n'importe quel malade dans une école, une université ou un centre commercial, au prix de dizaines de morts innocents.

On dit que ce pays est une démocratie, l'exemple que tous les autres pays d'Europe, d'Afrique ou d'Asie doivent suivre, en commençant par la colonisation culturelle (pas de pub sans anglais ; pas d'Eurovision sans Français qui ne chante en anglais ; pas de France Inter sans matrage jour et nuit à base d'idoles anglo-saxonnes fabriquées de toutes pièces etc.). Tout affichage est «by, since ...».  Les pompes à fric préparent les esprits à la civilisation globale, donc « anglo-saxonne ». Même l'Union Européenne, que les Britanniques ont snobée, méprisée par le Brexit, continue à s'exprimer en anglais, alignée sur le seigneur et maître de Washington.

En élisant un mégalo-maniaque à la Maison Blanche - bien que minoritaire en voix - les Etats-Unis ont fait un choix : celui du pire. Et c'est ce choix déshonorant qui s'imposerait au reste du monde ? On hallucine.

Des élections se profilent avant la fin de l'année ? Si Trump est réélu grâce à sa propagande, à ses milliards de dollars, c'en est fini de l'équilibre planétaire. Il faudra alors entrer en résistance à l'échelle mondiale.

Après tout, comme lors des accords de Paris sur le climat (qu'il a quittés) l'UNESCO et l'OMS qu'il refuse de financer, le reste des peuples, des Etats peuvent se réunir et avancer sans ce pays devenu voyou.

Paix à l'âme de George Floyd. Il sera pour le futur l'un des nombreux martyrs de la cause des droits de l'Homme avec le pasteur Martin Luther King. Que leur sang n'ait pas été répandu en vain.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 25 mai 2020

« Heureux comme Dieu en France ? »

« Heureux comme Dieu en France » est un vieux dicton allemand que ce peuple n'a jamais oublié, au point de s'inviter souvent dans notre pays, botté et armé, de manière inopportune, sans y chercher Dieu.

Le temps a passé et, à l'initiative de Robert Schuman, comme il a été rappelé récemment, à l'occasion du soixante dixième de son appel à fonder une communauté européenne du charbon et de l'acier, la France, l'Allemagne et quatre autres pays (Italie, Pays-Bas, Belgique, Luxembourg) ont jeté les bases de la future Union Européenne.

Aujourd'hui, après moult épreuves, dont la dernière est celle de la pandémie du Covid 19, les pays de l'Union sont étreints par la peur du lendemain : des milliers de morts, une industrie à l'arrêt, des moyens de transports paralysés ... Comme dans la fable de La Fontaine « Les animaux malades de la peste » : « Ils n'en mourraient pas tous mais tous étaient frappés »

La France, pays de cocagne, le plus visité au monde pour ses attraits naturels, culturels voire gastronomiques est de plus le premier des 27 membres actuels à frôler la dépression et à s'autoflageller, selon son habitude.

Comme la chante Alain Souchon : « carrément méchant, jamais content ». « Heureux comme Dieu en France ». D'accord. Sauf que les Français ne le savent pas, toujours prêts à jouer, une nouvelle fois, au « chamboule-tout » avec leurs dirigeants (au plus bas selon les sondages) alors que ce fou de Boris Johnson, vecteur du Brexit, victime du coronavirus qu'il a négligé au point de le contracter lui-même et de provoquer bien plus de morts qu'en France est, lui en revanche, porté au pinacle par son opinion publique. Dans l'Hexagone, tout est prétexte à dénigrement, à la culture du pessimisme, à la division, même si la mobilisation extraordinaire des soignants (négligés il y a peu encore) a permis de limiter les dégâts. Quelques balbutiements initiaux, notamment sur les masques - des fautes imputables à plusieurs gouvernements successifs - ne valent tout de même pas la mort du pêcheur.

Ce que l'on pourrait appeler le « syndrome Louis XVI » est une constante dans ce pays : il faut résoudre les problèmes, soigner le mal, en coupant la tête du chef, victime expiatoire de tous les maux.

En 1793 physiquement ; désormais par la guillotine électorale, soigneusement huilée auparavant par des sondages « sur mesure » mais bientôt « en prêt-à-porter », en série.

Finies les élections, les sondages les remplacent. Vive le populisme ; à bas la « gueuse » et la démocratie républicaine démonétisée par les polémiques pour tout et pour rien. Les élus sont responsables et coupables. D'ailleurs on les traine devant la Cour de Justice de la République. Foin du Parlement pour contrôler selon la Constitution.

Les medias, évidemment, n'y sont pas pour rien qui se valorisent eux-mêmes en recherchant toujours ce qui est négatif dans tous les sujets abordés, tentant par-là de montrer qu'ils sont  « objectifs ». Ils font mine d'être « au-dessus » de la mêlée. Donc au-dessus des élus sans avoir, eux, à assumer la moindre part de responsabilité ; à rendre des comptes au peuple souverain. Seul le taux d'audience vaut.

Comme désormais ils sont omniprésents dans la vie de nos concitoyens, le résultat ne se fait pas attendre. Tous les cinq ans, on change de président de la République. Bon ou mauvais chef de l'Etat, le « dégagisme » est ... une constante. Aucun n'y échappe ou n'y échappera.

Durant la dernière guerre, la radio de la France libre dirigée par Schumann (Maurice) ne cessait de diffuser : « Radio Paris ment, Radio Paris est allemand ». Peut-être faudrait-il recréer une telle antenne pour à nouveau appeler à la résistance face au défaitisme ambiant, façon 1940. Et que son slogan permanent soit ... « Heureux comme Dieu en France » !

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 11 mai 2020

« L'Europe, l'Europe, l'Europe ... »

Ainsi s'exclamait le Président de Gaulle lors d'une conférence de presse célèbre, où on le pressait d'accélérer sa politique vers une Union Européenne renforcée. Ce qu'il traduisait en faisant quelques bonds sur son fauteuil. Chacun s'en souvient. Comme on se souvient qu'il avait refusé l'adhésion de la Grande Bretagne, suspectée d'être le loup dans la bergerie. Rétrospectivement, après le Brexit, qui oserait dire qu'il n'était pas prophétique ?

Aujourd'hui, l'heure est plutôt au rappel de l'appel de Robert Schumann, au nom du gouvernement français, de jeter les bases d'une union pour le charbon et l'acier, qui devait aboutir à la CECA (Communauté Européenne pour le charbon et l'acier). C'était il y a 70 ans ... après un colloque très discret, voire secret, tenu dans l'Est de la France par quelques responsables politiques catholiques européens soucieux d'effacer les séquelles de la guerre. Seul le journal Le Monde l'a rappelé dans un article peu suivi par les autres medias. Pas plus pour les origines du drapeau européen, bleu étoilé, repris de la représentation traditionnelle du voile marial. Il faut bien entretenir le mystère, ou l'ignorance.

Vient ensuite le débat sur les « racines chrétiennes de l'Europe ». Ah, là, ce n'était plus pareil ! Chacun put s'en donner à cœur joie et contester cette vision historique de la construction, européenne, jusqu'à la faire repousser. L'Europe était laïque, nom de Zeus ! Oublié non seulement les cathédrales, les monastères, le chemin de Saint Jacques de Compostelle, Charlemagne, Jeanne d'Arc... Mais oublié aussi Robert Schumann, qui dut changer trois fois de nationalité avant de poser la première pierre de l'Europe contemporaine ; oublié aussi les autres pères de l'Europe actuelle : les Konrad Adenauer, les Alcide de Gasperi, tous démocrates chrétiens ... D'ailleurs, rendez-vous devant la maison de Robert Schumann, rue de Verneuil à Paris. Vous n'y verrez qu'une plaque que les touristes ignorent superbement alors qu'en face, dans la même rue, la maison de Serge Gainsbourg est, elle, couverte de dédicaces louangeuses.

« Sic transit gloria mundi »

Il faut dire qu'entre temps, les socialistes s'étaient ralliés au panache bleu étoilé et, avec le zèle des néophytes, entendaient bien couper ces racines « chrétiennes » pour faire oublier leur absence initiale. Comment on réécrit l'Histoire ... Seul un Jacques Delors, militant syndical chrétien, initiateur d'une nouvelle société avec Jacques Chaban-Delmas rallié au Parti Socialiste d'Epinay avant de présider la Commission européenne, aurait pu rappeler les fondements du projet européen. Hélas, trois fois hélas, sa modestie l'empêcha même d'être candidat à la présidence de la République française.

Qu'à cela ne tienne, l'Histoire sera écrite pas d'autres, moins sectaires sans doute. Pour l'heure, il faut regarder vers l'avant et écrire l'Histoire de demain : brasser l'Europe du Nord et celle du Sud ; celle de l'Est et celle de l'Ouest ; exiger de la nouvelle présidente de la Commission Ursula von der Leyen et des fonctionnaires européens qu'ils cessent de s'exprimer en anglais puisque ce n'est la langue d'aucun des 27 membres ; rééquilibrer les rapports diplomatiques et économiques avec les Etats-Unis et la Chine. Bref, replacer l'Europe au centre du monde pour faire prévaloir sa philosophie démocratique, fondée sur le respect des droits de l'Homme. Et mieux encore, sur l'extension des droits de l'Homme, dont le premier à reconnaître serait le « droit à la paix » que la Chine, confucéenne plus que maoïste, ne pourra qu'accepter après un dialogue culturel approfondi. Ne serait-ce que pour éviter que le monde de demain soit uniforme, ne parlant qu'une seule langue : celle de l'impérialisme. Après tout l'Europe a été historiquement grande alors qu'elle parlait des dizaines de langues ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 4 mai 2020

France, prends garde

S'il est hors de question de se joindre à la meute des éternels râleurs pour lesquels il suffit de dire « blanc » pour qu'ils disent « noir » et réciproquement, en revanche il est plus que jamais nécessaire que la France veille sur son capital « libertés » autant que sur son capital économique.

Certains juristes, constitutionalistes éminents, peu suspects de sectarisme comme Jean-Philippe Derosier nous ont mis en garde plusieurs fois sur l'effritement de nos droits sous divers prétextes : pandémie, environnement, finances publiques ... Sans « gueuler » comme les Le Pen et autres Mélenchon, la sonnette d'alarme doit cependant être entendue de tous. C'est la qualité du propos et non le bruit médiatique qui compte avant tout.

Mais il n'y a pas qu'au sommet du Droit que l'alerte doit être sonnée. Dans la vie de tous les jours, la cascade du recul de nos libertés arrive, polluant à sa base notre vie quotidienne.

Ainsi, nous qui réclamons en vain l'enseignement du Droit dans le secondaire afin de former de véritables citoyens, devons aussi désormais exiger que les forces publiques soient formées à autre chose que la répression aveugle, comme cela se pratique de plus en plus. Non pour affaiblir mais pour renforcer l'Etat de Droit, le civisme de tous, citoyens comme policiers. Or on constate malheureusement que nombre de ces hommes (peu de femmes) chargés de la sécurité pratiquent allègrement l'arbitraire ne serait-ce que pour marquer leur supériorité par rapport aux autres Français.

Certes, un droit de recours judiciaire existe toujours, contre eux mais il sera tout aussi aveugle, borné, six mois plus tard, de la part d'un fonctionnaire qui ne connaîtra rien du contexte, de la situation. Ecrivez donc à l'officier du ministère public installé à 500 kilomètres pour réclamer ...

Présentement, après avoir vu un homme interdit de rendre visite à son père mourant sur l'île de Ré, une infirmière revenant de soigner les contaminés verbalisée, quand Anne Hidalgo réclame en vain des renforts à Paris, on voit, dans un village côtier de Charente de mille habitants, un véhicule de police toutes les dix minutes « en ballade » pour griller de l'essence, pas chère désormais, et surtout, pour réprimer les promeneurs alors qu'il n'y a aucun contaminé. Idem en zone de montagne où, là, les ballades se font en hélicoptère pour traquer les randonneurs.

Question subsidiaire : un simple recours hiérarchique, immédiat, ne serait-il pas possible, obligatoirement, pour, avant le recours judiciaire limiter les abus « du bon plaisir » de gens en uniforme pressés de s'affirmer ?

« Les temps sont flous, les gens sont fous » chantait Jacques Dutronc. Même la laïcité en prend pour son grade. Et pas de la part du pouvoir national... C'est ainsi que des maires communistes de banlieue parisienne, qui ont déjà laissé se développer le communautarisme à des fins électorales cèdent aux revendications d'extension des « carrés musulmans » dans les cimetières sous leur responsabilité pour enterrer leurs défunts contaminés. Pensez : être mis en terre à côté d'un juif, d'un chrétien ou d'un non croyant, quelle horreur ! Post mortem l'égalité citoyenne n'existe pas. A bas la loi de 1905 ! Comme autrefois les protestants ne pouvaient être inhumés dans les cimetières communs ...

En définitive, la pandémie a bon dos. La réaction « réactionnaire », même affublée d'un masque rouge resurgit de partout.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 27 avril 2020

Covid-19 : Pour une union des Fautqu'on-Yacca

Depuis le début de la crise pandémique la plus étrange de l'histoire de l'humanité, puisqu'à la différence de tous les autres fléaux précédents (peste noire, grippe soi- disant espagnole ...) les trois quarts de la population mondiale est plus ou moins confinée, les gouvernants de tous les pays cherchent dans le noir, avec une lanterne, la meilleure solution, pour le court terme déjà ; puis dans une perspective à long terme. Usines fermées, transports arrêtés, personnel soignant sur tous les fronts, comme dans les grandes guerres. Nul n'a vu venir le cataclysme. Et pourtant comme dans le fin fond de la Gaule, du temps d'Astérix et Obélix, il y en a qui ont de la potion magique ...

Les premiers fiers à bras ont été l'inénarrable Trump, toujours « sûr de lui et dominateur » ; le clown Boris Johnson, après avoir vaincu dans le Brexit ; le fringant Bolsonaro au Brésil, paradant après avoir fait emprisonner le populaire Lula ... sans compter l'arrogant Erdogan en Turquie et les barbus de Téhéran qui testent des satellites militaires, après l'accord de Vienne de 2015, plutôt que de combattre « coran-avirus ... » Du grand n'importe quoi qui fait douter, non seulement, de ces tristes individus mais d'abord des peuples qui les ont, peu ou prou, portés au pouvoir quand ils ne l'ont pas pris de force comme en Iran.

Ailleurs, les pays démocratiques plus sérieux tatonnent toujours à juste titre, comme en Suède, au Danemark, à Taïwan, en Corée du Sud, en Allemagne, en Italie, en Espagne avec plus ou moins de succès ...

La Chine, première atteinte, a, elle, réussi au moins provisoirement, par des méthodes radicales qui ne tiennent pas à son régime mais à sa culture confucéenne, trois fois millénaire, d'encadrement de son peuple dont on pourrait parfois s'inspirer si ce n'était la vieille arrogance occidentale qui se prétend supérieure ; maîtresse du monde.

Mais qu'en est-il en France, qui a joué au « Chamboule-tout » avec ses dirigeants depuis près d'un demi-siècle ?

En France, contre ceux qui ont conquis le pouvoir en 2017 après l'effondrement des partis traditionnels, il y a les « Fautqu'on » et les « Yacca », surgis de ce qu'ils croient être les décombres du pays, tandis que les dirigeants élus se démènent, comme partout, au mieux, soutenus par des soignants qui révèlent leur courage, les humbles éboueurs, les caissières et autres sans grades ... Alors ? Ce serait l'union nationale, ou presque ? Que nenni. Le peuple, le vrai, le seul, ce sont eux, ceux qui n'ont pas réussi à se faire élire et détiennent toujours la solution à tout.

Une partie d'entre eux clament partout, en ces temps nouveaux où les medias sont rois : « on avait prévenu, on vous l'avait bien dit » parce que « nul n'est prophète en son pays ». Heureusement pour eux, le ridicule ne tue plus depuis longtemps.

Il y en a d'autres, plus modestes, qui avancent leurs solutions, toutes préparées à l'avance : on verrouille les frontières, on éjecte les étrangers, on distribue des millions de masques (qu'ils n'avaient pas songé à commander à l'avance). Pour certains, le Président, le Premier Ministre parlent trop. Pour d'autres pas assez. L'essentiel est de jouer les mouches du coche ; de se montrer le plus souvent possible en recours, comme Pétain en 40.

Extrême droite ? Extrême gauche ? tout naturellement. Mais aussi la bonne vieille droite qui a tout fait auparavant pour réduire notre système de santé. Même le MEDEF, l'organisation patronale s'en mêle, n'oubliant jamais les profits dont elle est la gardienne suprême.

Haro sur le baudet ! comme l'âne succombant sous trop de poids, chanté par Brassens, sur un poème de Francis James.

« I have a dream » clamait le pasteur Martin Luther king. « I have a dream » ...

Il faut donc qu'ils continuent leur travail de sape quand la population française se serre les coudes. Cela ne marche pas trop mal, après tout, puisque la côte de confiance à l'Exécutif s'étiole.

« Macron démission ». Vite, un gouvernement de salut public sur les ruines de la nation. Le Pen - Mélenchon, même combat ! Et la France est sauvée. Même le modéré Bruno Retailleau, depuis les ors du Sénat, y va de son couplet, en parallèle avec ces syndicats « constructifs » que sont la CGT version Martinez, FO et Sud ...

Mais le PS direz-vous ? Le PS ? Il fronde, en lisière, plus occupé à gérer ses propres ruines, oublieux de la gestion calamiteuse de Marisol Touraine. Olivier Faure distille ses petites phrases qui veulent tout dire et rien dire. Le gris est à la mode ... La formule est connue depuis longtemps : « A défaut d'être à l'origine de la victoire future, faisons semblant d'en être les inspirateurs ». Le grand Charles aurait dit, lui : « il fait sa petite soupe sur son petit feu ».

En définitive, si Emmanuel Macron était ce que ces bonnes âmes en disent, il leur donnerait satisfaction. Il démissionnerait. Après tout, à quarante ans, il a des années devant lui pour profiter de ses titres universitaires, de sa carrière professionnelle puis politique. Aidons-le avec les fautqu'on-yacca à lui savonner la planche. Cherchons, dans toutes les mesures que lui et son équipe prennent (en expérimentant au jour le jour), où est la faille, le défaut. S'ils disent blanc, il faut dire noir. S'ils disent noir il faut dire blanc. Harcelons les nuit et jour. On devient ainsi ce que les medias appellent 'un bon client ». « Vanitas vanitatis ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 20 avril 2020

La sécurité sanitaire n'est pas l'arbitraire

La France, comme de multiples pays au monde, est en confinement et nul ne saurait le reprocher à ses gouvernants. Il ne faut cependant pas que les mesures décidées fort opportunément d'en haut deviennent une punition à géométrie variable selon le lieu et l'heure. Car les « Gaulois réfractaires » ne sont pas devenus pour autant des enfants qui tombent sous le coup de l'arbitraire policier ou gendarmesque.

Que l'on sache, l'article 16 de la Constitution n'a pas été mis en œuvre et l'état de Droit demeure la règle, même s'il va falloir faire rentrer beaucoup d'argent. Le pays de droits de l'Homme reste celui de la résistance à l'oppression.

Ainsi, qu'une infirmière travaillant dans un hôpital à la frontière suisse soit verbalisée lorsqu'elle revient de remplir une tâche que les Français applaudissent tous les soirs parce qu'elle a oublié son attestation réglementaire, est minable et n'honore pas les forces de l'ordre.

Qu'un homme muni d'une autorisation officielle soit arrêté à l'entrée de l'île de Ré après avoir parcouru 300 kilomètres pour rendre visite à son père nonagénaire mourant dans sa maison est abject.

Quand deux promeneurs solitaires se promènent dans les marais, sans interdiction à l'entrée, munis de leurs « ausweis » (comme dit Daniel Cohn-Bendit) mais trouvent une barrière à la sortie ... et un policier municipal qui verbalise - sans avertissement - l'un et pas l'autre, sans doute au nom de l'égalité, c'est du délire. D'autant que dans ces lieux encore naturels, il n'y a pas âme qui vive, sinon quelques oiseaux en quête de subsistance. La hiérarchie municipale, saisie, couvre lâchement son policier qui risquait d'être bredouille, trois minutes avant de rentrer chez lui pour déjeuner.

Autre cas ? Muni de l'autorisation de sortie d'une heure pour retirer de l'argent liquide et acheter un quotidien, des gendarmes, expédiés en renfort dans une région maritime sans coronavirus, se permettent de verbaliser, séance tenante, quand leurs collègues, la veille, dans des circonstances rigoureusement identiques, se contentent de contrôler les identités avec bienveillance, voire plaisantent avec les « délinquants » présumés.

L'absurdité, c'est que, dans le même temps, à Paris (entre autres) des centaines de personnes se côtoient dans le 18e, le 19e arrondissement, rue Montorgueil ou rue Mouffetard, sans la moindre sanction alors que le nombre de contaminés explose et que l'on affrète des TGV pour transférer, ailleurs dans l'Hexagone, les victimes de la pandémie. Cherchez l'erreur ...

Reste que vous pouvez cependant refuser de payer en écrivant à un « officier du ministère public » basé à plus de 400 kilomètres qui, à son tour, tranchera, sans rien connaître des circonstances et des lieux. Encore « le bon plaisir », l'arbitraire d'avant 1789. Et, naturellement, la balance penchera, quasi automatiquement, vers la « punition ». Ah, mais alors ! On est tous égaux quoique certains sont plus égaux que d'autres. Question de chance, non de Droit. D'ailleurs qu'est-ce que la Justice a à voir désormais dans ce pays puisqu'en outre, les tribunaux sont fermés depuis des semaines pour le commun des mortels.

Comme il y a encore quelques décennies, quand les Français ignoraient tout du Droit, il faut  « avoir peur du gendarme ». C'est lui le maître absolu.

Brassens, au secours, ils sont devenus fous ... fous de pouvoir et d'abus de pouvoir. Gare aux gorilles comme tu chantais, cher Georges.

En France, on n'a pas de masques, de gants, de gels hydroalcooliques mais on a des gendarmes, nom de Zeus ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 13 avril 2020

Un monde plus petit

Le coronavirus est passé par là, se rajoutant à l'impasse environnementale qui s'est approfondie depuis deux décennies pour rendre la planète terre de moins en moins vivable.

Aujourd'hui le monde est à l'arrêt et sa relance - car il y en aura une - est pour le moins incertaine, dans le temps comme dans la forme, d'autant que, pour l'heure aucun dirigeant ne s'est levé et élevé pour tracer la route du futur. On marche donc à tâtons.

Ce que l'on sait par contre, c'est qu'il faut mettre hors d'état de nuire le plus rapidement possible les responsables malfaisants comme Trump, Johnson, Bolsonaro, voire la clique des barbus islamiques de Téhéran, qui ont embrasé le Proche Orient par leur fanatisme.

Bref, il faut remettre un monde rabougri, dans une impasse morale et matérielle sur ses pieds puisqu'il ne « tourne plus rond », si l'on ose dire...

Des sages comme le pape François, l'ancien Prix Nobel de la paix Adolfo Perez Esquivel, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres ont lancé des appels en ce sens en réclamant le       « droit à la paix », ce droit de l'Homme fondamental jamais reconnu. Et à fortiori jamais mis en œuvre. Bien au contraire, on voit le président des Etats-Unis surenchérir dans l'indécence. Après avoir dénoncé l'accord sur le climat, s'être retiré des accords de Vienne sur le nucléaire militaire iranien, ce nuisible dénonce l'Organisation Mondiale de la Santé en refusant d'y acquitter sa quote-part quand le coronavirus ravage son pays.

« Au pays des aveugles, les borgnes sont rois » dit-on. Alors, qu'au plus vite, Européens, Chinois, Russes ... même sans responsables charismatiques mettent sur pied la conférence internationale qui sera chargée, au moins, de tenter de parer au retour d'une nouvelle pandémie ; relancer le commerce mondial sur des bases moins déséquilibrées que durant la globalisation qui vient de marquer un temps d'arrêt ; sauvegarder l'environnement dans la durée...

Il est banal désormais de dire qu'il y aura « un avant et un après ». Encore faudrait-il poser cartes sur table pour, rationnellement, expérience faite, tracer les voies du futur sans attendre le feu vert des Etats-Unis qui se sont si souvent fourvoyés depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 6 avril 2020

Union nationale sur l'impôt sur la fortune 

Le monde, l'Europe, la France traversent une crise sanitaire qui débouchera sur une crise économique majeure, laquelle va accélérer encore la menace climatique en cours.Tous les prophètes de malheurs, les « collapsologues », les millénaristes et autres Cassandre au petit pied sont aux aguets pour clamer à tout va « on vous l'avait bien dit » ... preuve de leur intelligence auto-proclamée.

Certes, la mondialisation, la financiarisation, le libéralisme, le développement de l'économie artificielle sont une réalité incontournable dans cette triste perspective où les fils de pub, avec leur matraquage quotidien en anglais (ou plutôt en américain) ont leur part de responsabilité sans que qui que ce soit parmi les responsables politiques ne songe un seul instant à condamner cette autre pollution qui va de pair avec les pollutions dénoncées par les gentils écolos (pesticides, déforestations, appels téléphoniques abusifs etc.)

Il serait temps donc d'ouvrir le chantier de la résistance planétaire, si l'on ne veut pas aller à tombeau ouvert jusqu'à l'apocalypse en attendant le retour du coronavirus sous une forme ou sous une autre, qui, cette fois risque d'être fatale.

Mais avant que ne s'ouvre la nécessaire conférence mondiale sur un rééquilibrage des rapports internationaux, avec ou sans les Etats-Unis et leur cinquante deuxième Etat, le Royaume Uni (dont on espère que l'Ecosse, le pays de Galles et l'Irlande du Nord se seront détachés pour rejoindre l'Europe) soyons pragmatiques. Pour l'heure, dans chaque pays - et en France en particulier - il faut remettre l'économie sur pied car le redressement en cours a périclité. On doit le faire avec courage, efficacité mais, cette fois, avec un sens aigu de la justice sociale. Rappelons que la dette de la France a désormais dépassé une année de PIB (produit intérieur brut).

Plusieurs mesures ont déjà été prises, ou vont l'être (peut-être) : interdiction des dividendes au profit des actionnaires ; plan d'urgence de la BCE (Banque centrale européenne) malgré les réticences de l'Allemagne et des Pays-Bas, pourtant membres fondateurs de la future Union Européenne ; suspension des règles budgétaires orthodoxes - déficit à moins de 3% ; création de « coronabonds » ... Mais est-ce suffisant au regard de l'enjeu qui est de relancer le pôle européen pour qu'il soit en capacité de dialoguer avec une Chine requinquée quand les Etats- Unis, eux, conduits à leur perte par la politique absurde de Trump, vont se retrouver affaiblis ?

On doit songer, d'ores et déjà, au rééquilibrage politique et économique mondial après que le monde eut mis trop longtemps « tous ses œufs dans le même panier » : une mondialisation ultra-libérale où l'on fait fi des plus pauvres, de l'environnement, du réchauffement climatique. Non pour suivre les délires souverainistes de Le Pen, Salvini et consorts, mais pour un ordre économique et social juste ; porteur d'avenir après être sorti de l'impasse de ces quarante dernières années.

En France, la brève expérience macroniste elle-même a atteint ses limites et suscité la révolte : gilets jaunes, grèves à répétition ... Faire « ami - ami » avec Trump n'a conduit qu'à l'échec. La suppression de l'impôt sur la fortune ; la politique aveugle de Buzyn en matière de santé ont provoqué une fracture sociale sans précédent, dont le pays aura du mal à se remettre, quoique le «vieux pays, recru d'épreuves » cher à De Gaulle en ait connu d'autres...

Le premier objectif est dès lors de rééquilibrer la politique internationale de la France et de l'Europe (si elle suit) après le Brexit. Tant sur le plan politique, économique qu'environnemental (en y incluant, selon nous, le pluralisme culturel)

Foin de l'hégémonisme des Etats-Unis, qui, rappelons-le, ont soutenu Pétain, puis Giraud durant la guerre, et pas même averti l'homme du 18 juin du débarquement en Afrique du Nord et en Normandie (dans le même temps où la Chine, elle-même envahie par le Japon, luttait pour recouvrer son indépendance nationale).

Sans doute la France n'est-elle pas la Chine mais nos deux nations ont connu la même catastrophe, à cause du fascisme, avant de se retrouver au Conseil de Sécurité des Nations Unies, chacune dotée de l'arme nucléaire. Et que nul n'oublie que la Chine est confucéenne avant d'être maoïste : équilibre, sagesse, primum des concours ... comme la France de la IIIe République!

Le second objectif, comme pendant la première guerre mondiale (et après la seconde guerre) est de rétablir les grands équilibres économiques et sociaux. Le Président Macron l'a dit : « il y aura un avant et un après le covid-19 ». Alors chiche !

Durant la première guerre, un vaste emprunt national avait été lancé, qui a permis de vaincre l'adversité qui menaçait notre indépendance et nos libertés. Pourquoi ne pas y songer maintenant alors que les comptes d'épargne des Français débordent ... à un taux zéro.

Puis, bien plus tard, vint la CSG et l'impôt sur la fortune qu'un Président novice s'est empressé de supprimer, troublant de ce fait une majorité pleine d'espoirs ...

Depuis, même dans ses rangs, les élus ont trainé les pieds. C'est donc l'occasion unique, l'occasion rêvée, de prolonger l'union nationale initiée par la pandémie sans se soucier du « qu'en dira-t-on » outre Atlantique où le chômage suit la courbe des morts du virus, sans qu'une Sécurité sociale vienne au secours des rescapés ; où Boeing plonge par manque de sérieux technique quand Airbus poursuit son ascension historique.

Aux parlementaires, de droite gaullienne jusqu'aux pseudo insoumis en passant par les socialistes (ou ce qu'il en reste, momentanément), les écologistes, voire les macronistes sincères, d'en prendre l'initiative et de voter, haut les cœurs, le rétablissement de l'impôt sur la fortune. Un impôt mieux réparti que le premier. Un impôt de solidarité qui permettra au jeune ministre de la santé Olivier Véran, issu du PS, de rétablir notre système de santé, de Sécurité sociale tel que le Conseil national de la Résistance l'avait voulu - depuis les démocrates chrétiens (MRP) jusqu'aux communistes en passant par la vieille SFIO.

Il ne suffit pas d'acclamer tous les soirs les soignants, de dire qu'il y avait du vrai dans la révolte des gilets jaunes ... Encore faut en tirer les conséquences.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 30 mars 2020

Covid-19 : sortir de la pandémie et après ?

Les pouvoirs publics, tous les agents des services de santé sont sur le pont pour combattre le fléau qui s'est abattu sur deux tiers des pays du monde, avec les inégalités habituelles selon que l'on est africain, asiatique, européen ou américain. Le covid-19 résume à lui seul une situation qui, elle-même, est le fruit de décennies, voire de siècles de modes d'exploitation totalement différents. Ceci n'est qu'un constat. Mais lorsqu'on a dit cela, on n'a rien dit ...

Pour la première fois dans l'épopée humaine, après les stupides guerres armées, voici l'ennemi invisible, que nul n'arrive à cerner et donc à abattre. Nous assistons impuissants au relevé quotidien du nombre de morts, même si 98% des personnes atteintes en réchappent. Les  « responsables » politiques, qui daubaient à propos des risques encourus par leur population (Trump, Boris Johnson, Bolsonaro ...) ont enfin enclenché la marche arrière.

Il était temps, mais nul ne devra oublier ultérieurement leur irresponsabilité dans le futur. En effet, il y aura un avant et un après.

En premier lieu sur le plan médical : comment se prémunir à l'avance contre ce virus ou n'importe quel autre qui surgirait aussi soudainement.

En second lieu sur le plan économique. Car toutes les industries, le commerce, les transports du monde sont à l'arrêt. Bientôt, ce sera l'agriculture, elle-même, celle qui nous nourrit, avec les risques de famine que cela implique demain.

La menace est désormais à nos portes et si dans l'année, le monde réussit à surmonter cette épreuve aux airs de catastrophe planétaire, les dirigeants des deux cents Etats des Nations Unies n'en auront pas fini pour autant.

C'est donc aux plus responsables de prendre les initiatives qui s'imposent puisque rien ne dit que le coronavirus, comme la grippe saisonnière, ne reviendra pas hanter le monde dans un, deux ou trois ans. Et si ce n'est ce virus, ce sera peut-être un autre ...

Dès lors, sur le plan de la santé, une vigilance scientifique mondiale nouvelle s'impose.

En parallèle, le monde pourrait-il, tous les deux ou dix ans, se permettre d'être à l'arrêt technique complet comme aujourd'hui ?

Là sont les deux questions essentielles auxquelles les Etats doivent sinon répondre, du moins se préparer avec gravité, ambition.

Il est à prévoir que les arrogants anglo-saxons (qui défient le monde, quittent l'Europe), prétendront une fois encore, être au-dessus de tous les peuples de la terre. Va-t-on alors renoncer ; se coucher devant quelques dirigeants immatures dont la superbe nous conduit vers un effondrement mondial prématuré ?

La planète est dorénavant au pied du mur. Qu'importe leur dérisoire veto. La résistance doit être préparée et non improvisée. Ils suivront, de gré ou de force.

La mondialisation est un fait sur lequel on ne pourra pas revenir, qu'on la considère comme un bienfait ou comme une machine infernale.

En conséquence à l'Europe et à la Chine, parmi les trois premières puissances économiques, technologiques, scientifiques du monde de prendre l'initiative d'une conférence permanente sur les deux questions essentielles que sont la santé et l'économie. L'une et l'autre sont des vieilles civilisations, dotées d'une grande sagesse. La première chrétienne, la seconde confucéenne. Ce ne sont pas des pays belliqueux. Si les Etatsuniens, qui se sont précipités dans les armureries ... pour combattre le virus et sont, au XXIe siècle, dépourvus de sécurité sociale, regimbent, passons outre. Ce ne sont plus eux les maîtres du monde. Achevons la restauration des antiques routes de la soie. Et si beaucoup de pays européens traînent les pieds, que la France seule aille de l'avant avec l'empire du Milieu, l'antique Cathay.

Qui disait « attendre est un crime » ? On jugera l'actuelle génération de gouvernants à son caractère, à sa volonté, à son intelligence. A condition que le temps nous en soit encore donné.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 26 mars 2020

La première guerre mondiale pandémique ?

Après deux guerres mondiales armées, voici la première guerre mondiale dont l'ennemi, qui plus est invisible, est donc plus difficile à combattre. Comme dans une guerre électronique.

Certes, il y eut par le passé d'autres épidémies : peste, grippe dite espagnole, choléra ... mais toujours localisées. Jamais mondiales. Comme si les prophètes de malheur, qui annoncent régulièrement la fin du monde « humain », les « collapsologues » avaient raison ... Voilà pourquoi les plus extrémistes d'entre eux se réfugient loin des villes, stockent les denrées, prévoient leur autonomie en eau. Mais alors, est-ce vivre que de survivre dans un bunker, quand la vie culturelle, humaine aura disparu alentour, si ils ont raison ?

Il faut être lucide et réaliste ; sans naïveté. La guerre armée, mondiale, après la mondialisation du transport, des communications, du commerce n'est plus, en principe, une menace (expérience faite depuis des années). Sauf contre l'islamisme fanatique, totalitaire qui est l'ennemi, la menace en Europe, en Amérique du Nord, en Inde, en Chine ... Son dernier front est au Sahel où il sème la zizanie entre animistes, chrétiens et musulmans à coup de massacres de civils. La France y est engagée ... comme la Russie en Syrie (!) derrière l'odieux Bachar El Assad. Entre deux maux, il faut choisir le moindre, dit-on. Bonne chance donc à ceux qui demandent le retrait de nos troupes. Si la France cède, ils devront assumer la catastrophe ...

En définitive, hormis l'islamisme (dont l'Iran chiite n'est qu'un rameau dangereux) ne reste comme menace que la Corée du Nord du jeune mégalo Kim qui serait vite neutralisé si la Chine coopérait avec les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud.

Quand Trump sera jeté aux oubliettes, la communauté internationale pourra avancer de nouveau vers la réalisation du « droit à la paix » que NDH réclame par réalisme, et non par un idéalisme idiot. Car la Chine, elle, n'a jamais été une puissance agressive : qu'elle se réclame de Confucius ou de Mao, elle est pacifique dans l'âme, même si ce n'est pas une démocratie à l'occidentale. L'empereur lui-même avait mis fin aux missions de découvertes maritimes du grand marin Zheng He, au quinzième siècle lorsque le danger mongol se fit sentir au Nord.

Dès lors, après le triste spectacle du coronavirus qui paralyse toutes les économies du monde, il ne faut pas laisser le champ ouvert à une nouvelle, voire à une troisième ou une quatrième pandémie si, comme la grippe, le mal devenait récurrent.

Quand le fléau actuel sera résorbé, Trump ou pas Trump, chaque pays dont la France, l'Europe, la Chine doivent se concerter après avoir tiré en interne toutes les conséquences de leur impréparation afin de prévenir le retour d'une telle catastrophe. Il faut désormais guetter le futur ennemi invisible sans attendre qu'il ait frappé. D'autant, ne soyons pas niais, que si aucun pays n'est soupçonné d'avoir propagé à des fins suprémacistes le coronavirus, rien ne dit qu'un jour prochain, un dictateur fou ne sera pas à son origine. Une guerre bactériologique que certains ont déjà imaginée. Après tout, les attaques au gaz des Allemands durent la première guerre mondiale, le napalm au Viet Nam, les armes chimiques de Saddam Hussein contre les Kurdes et de Bachar El Assad contre son peuple en sont les prémices.

Conclusion : ne préparons pas la dernière guerre (sans cependant l'oublier) mais préparons, au niveau international, les guerres du futur en tirant les leçons de l'affaire du coronavirus. A la France - seule si les 27 Européens trainent les pieds - à la Chine d'en prendre l'initiative. Car ce sont les deux pays qui ont été envahis, humiliés durant la dernière guerre mondiale et qui sont membres du Conseil de Sécurité de l'ONU.

Le président Macron, qui a dit « qu'il y aurait un avant et un après » doit aller de l'avant avec l'appui de ses prédécesseurs. Comme de Gaulle entre les deux guerres mondiales avait anticipé la guerre mécanique. Le vainqueur de Verdun en 1917 avait tort en 1940 car il n'avait rien vu venir.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 16 mars 2020

Coronavirus : la première guerre mondiale sans armes

On se croirait en 1940 ou en 1914. Chaque pays se replie sur lui-même, à l'abri, soi-disant, derrière ses frontières, attendant que l'ennemi, cette fois invisible, arrive. Les autorités fourbissent leurs armes non létales : masques, médicaments, lits ... Les responsables politiques, enfin, communient dans l'union nationale, une union sacrée dans laquelle la tête de l'Exécutif est écoutée avec attention alors que, quelques semaines auparavant, sa parole était dévalorisée. Branle-bas de combat derrière une ligne Maginot, réelle ou supposée que, seule Marine Le Pen, stratège, voit comme étant capable d'arrêter l'ennemi Coronavirus qui progresse, à l'instar du nuage de Tchernobyl (lequel, chacun le sait, s'est arrêté à la frontière française, juste avant de franchir le Rhin).

Sans doute, diront certains. Mais il y avait eu dans les siècles passés la peste, la grippe dite espagnole (plus de dix millions de morts en 1920). Sauf que ces fléaux précédents n'étaient pas attendus. Les peuples les subissaient. Pas de place alors pour l'attente, le doute, la psychose.

Avec le Coronavirus le monde se retrouve dans la même situation que durant la  « drôle de guerre » de septembre 39 à mai 40. Les « médecins politiques » vont-ils trouver la formule magique pour apaiser le monstre nazi ? En cas d'échec, le mal va-t-il arriver par l'Est ou par le Nord ? En attendant, enfermons-nous chez nous, faisons des provisions et écoutons la radio : la BBC ou radio Paris ? Que personne ne bouge : fini les spectacles, les sports, les restaurants. Fermons les écoles, réduisons les transports aériens ou ferroviaires...

Jusqu'à quand ? Comme dans les guerres armées, nul ne le sait. Mais c'est cependant l'occasion de compter ses amis, ses alliés. C'est ainsi que le raciste Trump a fermé brutalement la porte des Etats-Unis aux Européens (à l'exception des Britaniques - mais sont -ils encore « Européens » après le Brexit ?)

La Chine, première victime du monstre Coronavirus, en revanche, vole au secours de la belle Italie en lui envoyant du matériel protecteur, quand les Etats européens claquent des dents derrière leurs frontières. En souvenir de Matteo Ricci ? Ce jésuite italien célèbre pour avoir dialogué avec l'empereur d'égal à égal avant que les Européens puis les Japonais colonisent, dépecent le pays ? En souvenir des routes de la soie que « Cathay » veut aujourd'hui restaurer ?

En tous les cas saluons ce geste humanitaire, diamétralement opposé à la politique américaine «  America first » et préparons un rééquilibrage des rapports internationaux. Car peut-être que, dans un futur (pas si lointain que cela) n'y aura il plus de guerres traditionnelles ; que tous les armements classiques devront être ferraillés. Parce que le « droit à la paix » dont NDH réclame la reconnaissance, depuis cinquante ans, sera reconnu et appliqué ? Ne soyons pas naïfs... Mais il faut y songer toutefois et commencer à faire basculer une partie du budget « défense » vers le budget « santé », même si la France, l'Europe n'est pas comme ces Etats-Unis, dont rêvent les idiots, qui n'ont pas de sécurité sociale (pourtant voulue par Obama) et dont le test de dépistage du Coronavirus coûte 3000 €uros, entièrement à la charge de chacun. Et, donc de fait, des plus fortunés. Mais commençons déjà par le rapatriement de la fabrique des médicaments essentiels, à notre indépendance médicale.

Conclusion provisoire : gardons les yeux ouverts face à la menace nouvelle ; que les penseurs de toutes obédiences réfléchissent aux formes des guerres du futur. C'est sans doute cela le «  monde nouveau » : identique au monde ancien mais plus secret, invisible, intellectuel ...

Si Marine Le Pen était, par malheur, élue, un jour, à la tête de la France, peut-être serait-on par contre, alors, sauvés, car, d'un coup de menton mussolinien, elle ferait de la France un bunker et commanderait au Coronavirus nouveau de reculer ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 9 mars 2020

La résurrection de la Cour Pénale Internationale

L'idée de punir les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité est une idée récente dans l'histoire du monde. Elle avait affleuré en 1918, à la fin de la première guerre mondiale pour juger Guillaume II, l'empereur d'Allemagne lorsque celui-ci s'enfuit aux Pays-Bas, échappant à toute condamnation.

En 1945, ce projet de jugement des crimes « politiques » revint en force pour aboutir aux tribunaux de Nuremberg et de Tokyo qui expédièrent à la potence quelques gros poissons des régimes militaires allemand et japonais. Puis ces instances de jugement éphémères disparurent, mission accomplie.

Car la « vieille » Cour Internationale de Justice, qui siège à La Haye depuis le début du XXe siècle n'a pas la même vocation. Elle vise, après la guerre de 1914-1918 à régler pacifiquement et juridiquement les différends entre Etats. Donc elle n'a aucun pouvoir au plan pénal mais aurait cependant pu, comme NDH l'avait tenté avec Roland Dumas ancien ministre des Affaires étrangères, avant l'invasion de l'Irak, faire condamner juridiquement et moralement les Etats-Unis puisque Hans Blix, représentant les Nations Unies n'avait découvert aucune arme de destruction massive sur le sol irakien. Même purement morale, cette condamnation aurait compté pour l'Histoire.

Ce n'est donc que bien plus tard, à l'exception des tribunaux spéciaux pour l'ex Yougoslavie, le Rwanda et la Sierra Léone, en 1998, à Rome, qu'un tribunal pénal international fut conçu à nouveau, et en permanence, par un traité que chacun des Etats membres doit ratifier, ce qui est un processus lent. D'autant que certains pays et non des moindres s'y opposent farouchement, estimant être au-dessus des lois communes à l'humanité.

A ce jour, sur près de 200 Etats, seule une centaine l'ont ratifié et reconnaissent sa compétence.

Toutefois, cette la Cour Pénale Internationale (CPI, qui siège à La Haye comme le CIJ) peut cependant enquêter, voire condamner des pays qui ne la reconnaissent pas, ce qui est aujourd'hui, potentiellement, le cas pour les Etats-Unis pour leurs crimes durant leurs dix-huit années de présence armée en Afghanistan. Idem, d'ailleurs pour les Talibans et Al-Qaida qui ne sont eux-mêmes pas exempts de crimes...

Pendant longtemps la CPI, avec à sa tête le procureur Luis Moreno Ocampo était restée silencieuse. Toute autre est l'action conduite par l'actuelle procureur Fatou Bensouda, qui n'est pas de nature à s'en laisser conter et instruit à marche forcée sur les tortures des troupes américaines et de la CIA, autorisées par George Bush fils, notamment dans la trop célèbre prison de Bagram, mais aussi dans ses lieux de détentions secrets de Roumanie et de Pologne.

Aussitôt, l'administration Trump, (en accord avec les démocrates) a dénoncé, insulté la procureure à laquelle son titre d'accès diplomatique aux Etats-Unis a été immédiatement retiré. Mais sans doute en faut-il plus pour dissuader cette courageuse femme dont le Droit est la règle de vie

La grande leçon (et le grand paradoxe de ce dernier soubresaut) c'est de constater que l'impérialisme américain atteint actuellement des sommets puisque, dans le même temps où le secrétaire d'Etat Mike Pompeo qualifie la CPI « d'Institution politique irresponsable se faisant passer pour un organisme juridique », la Justice nationale américaine, elle, considère que ses propres jugements sont applicables sur toute la terre, ce qui permet au Trésor américain de récupérer les dizaines de milliards de dollars d'amende qu'elle inflige à des sociétés étrangères.

On attend le de Gaulle qui va dénoncer publiquement ce comportement voyou au lieu de raser les murs, comme le font les Européens. Qu'on le leur dise enfin, haut et fort : le monde n'est pas leur Far West.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 2 mars 2020

 L'islam et le boomrang

Les ouvrages se sont multipliés ces dernières décennies et surtout ces dernières années sur l'islam. Longtemps, ce furent des livres quasi scientifiques, non polémiques, comme l'œuvre de Massignon. Puis, plus récemment, avec la vague terroriste, l'immigration de populations musulmanes, nombre de livres furent essentiellement critiques vis-à-vis de l'islam vu, non plus comme une religion, une culture, mais comme un mal absolu, une idéologie qui, à l'instar de projets politiques totalitaires : le communisme ou le fascisme gangrènent la démocratie qu'ils visent à éliminer dans un monde voué, normalement, depuis le XVIIIe siècle au développement des Lumières.

Ne refaisons pas l'Histoire. L'Europe, la première, a craint pour ses valeurs, son modèle de société, dont le tournant millénaire s'est inscrit dans la Déclaration des droits de l'Homme puis s'est ensuite poursuivi dans les droits économiques et sociaux, l'égalité femmes-hommes, la laïcité etc. tandis que les pays musulmans, eux, continuaient à cultiver leur philosophie populaire voire populiste: rejet de la démocratie, interdiction de se convertir à une autre religion, enfermement de la femme etc. : le grand écart avec l'Occident et une montée de l'intolérance au sens où Saint Just, ce révolutionnaire laïque, proclamait « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ... »

Ce que nos nombreux analystes ne disent pas cependant, c'est que le rejet, plus ou moins grand, de l'islam n'est pas qu'un phénomène européen ou occidental. Il est désormais mondial. Et il n'est pas fondé sur sa négation de la démocratie puisque nombre de pays, de sociétés, qui le rejettent comme un obscurantisme, ne sont pas eux-mêmes des modèles de libertés, ou de religion chrétienne.

Ainsi, aujourd'hui, les deux pays les plus peuplés du monde, tous deux asiatiques (la Chine et l'Inde) ne tolèrent qu'à peine l'islam, perçu comme un corps étranger qu'il faut réduire, voire éliminer. A fortiori parce qu'il n'incarne pas, non plus, la modernité technologique des pays occidentaux.

En Chine, au Xinjiang, à l'Ouest de cet immense pays, les Ouïgours font l'objet d'une surveillance accrue, doublée souvent d'une rééducation sévère. D'aucuns parlent de « sinisation » forcée. Surtout après, comme en Occident, que des actions terroristes islamiques eussent été commises dans des lieux publics de l'empire du Milieu.

En Inde, après la partition d'avec le Pakistan, puis du Bengladesh, dont on pouvait penser qu'elles auraient calmé les tensions entre communautés, la politique du Premier ministre Narendra Modi, qui exclut l'acquisition de la nationalité indienne par des musulmans, a remis le feu aux poudres, provoquant des dizaines de morts, il y a peu.

Reste alors l'Afrique qui, seule, en adaptant l'islam à ses coutumes avait réussi une cohabitation entre diverses religions. Elle était une belle réussite comme le Sénégal, le Burkina Faso l'ont montré. Mais pour combien de temps ? Car régulièrement, depuis quelques années, les islamistes de toutes obédiences attaquent les églises, les écoles, les marchés. Au Nigéria, Boko Haram enlève les jeunes filles pour les convertir de force et les marier à la manière des islamistes du Proche Orient (quels que soient leur groupe) qui vendaient à vils prix les jeunes non musulmanes capturées.

Autre facteur majeur des troubles anti-musulmans dans ce rejet planétaire : l'Iran, depuis sa révolution fanatique de 1979. Toujours avec cette obsession dans les gènes depuis Mahomet : conquérir, imposer par la force. Un totalitarisme stalinien appliqué à la religion.

On pourrait disserter à l'infini à travers les siècles et l'espace pour compléter le tableau de ce rejet mondial (depuis les banlieues françaises jusqu'aux règlements de compte au Sri Lanka). On pourrait aussi dénoncer la folie d'Erdogan, en Turquie qui, reniant Ataturk, s'ingère grossièrement en Afrique (Libye, Guinée ...) au nom de l'islam, en s'attaquant à l'intégrité territoriale de la Syrie, tout en continuant à occuper une partie de Chypre depuis trois décennies.

Laissons cela aux spécialistes bien qu'ils soient souvent myopes et ne voient pas l'effet boomerang qui se propage d'Est en Ouest, du Nord au Sud. Mais peut-être sont-ils eux-mêmes terrorisés à l'idée d'en faire le constat objectif. Serait-ce l'effet « Charlie » ?

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 24 février 2020

Iran : une victoire à la Pyrrhus

Les élections législatives du 21 février 2020 en Iran sont révélatrices d'une dictature le dos au mur depuis plusieurs années mais qui peut se maintenir sans discontinuer depuis 1979 par une répression aveugle : tortures, exécutions sommaires, emprisonnements incontrôlés, mise en tutelle des femmes, expansion impérialiste dans les pays voisins (Irak, Syrie, Liban), attaque d'avions civils ...

Les manifestations de masse contre un régime économiquement aux abois, en novembre 2019 ; la fuite vers l'étranger d'une jeunesse sans avenir ; l'action de la Resistance, (qui a révélé la préparation, en secret d'un armement nucléaire destiné à exercer un chantage en direction des pays voisins et d'Israël en particulier) sont la preuve de la fragilisation d'un régime qui ne se maintient que par la politique agressive du Président américain Trump, lequel provoque un réflexe populaire nationaliste autour d'un guide - que l'on appelait au début du XXe siècle, en Europe, duce ou führer.

En n'obtenant officiellement la mobilisation que de 40% de votants pour les élections législatives, après avoir éliminé auparavant les candidats de son camp soi-disant « libéraux », on peut donc parler de « victoire à la Pyrrhus ». Encore un « succès » comme celui du 21 février et les mollahs devront trouver le salut dans la fuite. Sauf si Trump, une nouvelle fois, par ses provocations, mobilisait le peuple iranien derrière ses bourreaux, démobilisait les pays européens enclins à une solution pacifique en les rapprochant des Russes et des Chinois qui, eux, sont prêts à s'opposer à l'hégémonisme américain, coûte que coûte, sur tous les points de la planète.

Au-delà de ces hypothèses, deux facteurs sont, cependant, sûrs et certains, et restreignent, de fait, les variantes d'évolution en Iran dans les années qui viennent :

  • Le peuple iranien, plusieurs fois millénaire ne baissera jamais sa garde face à un ennemi extérieur, fut-ce au profit du diable en personne
  • Trump n'osera jamais attaquer militairement l'Iran, au risque d'aboutir pour les Etats-Unis à un nouveau Vietnam qui contribuerait ipso facto à les positionner définitivement, et plus tôt que prévu, derrière la Chine.

Finalement, après les éléphants de Pyrrhus, l'éléphant Trump, dans le magasin de porcelaine mondial, est tout aussi inconséquent. Les éléphants ne trompent plus personne, aujourd'hui comme dans l'antiquité.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 17 février 2020

Colère 

Le soi-disant « nouveau monde » connait un accouchement difficile, c'est le moins que l'on puisse dire. Les peuples, à commencer par le peuple français ont du mal à y entrer. Le « c'était mieux avant » connait un grand succès, comme le livre de Michèle Delaunay, médecin, ancien ministre socialiste : « Le fabuleux, destin des baby-boomers » (Plon) l'atteste, preuve à l'appui.

Plus le monde progresse (ou, croit-on, « progresse ») : équipement ménager, télévision aux centaines de chaînes, salles de bain, voitures performantes, téléphone portable, internet etc., plus les gens - et nos concitoyens français en particulier - râlent, protestent, contestent ... Le fait à noter est qu'auparavant, nombre d'entre eux, conformément au caractère national, exprimaient déjà leur mécontentement. Mais sans haine, sans colère, sans être désabusés. Or désormais, écoutez le changement de ton, malgré les progrès matériels. On ne parle plus de mécontentement. On ne parle que de « colère » - relayé par les médias dont cela augmente l'audience, par démagogie, pour être toujours « du bon côté du manche ». En avance sur son temps. Surtout, pas de retard dans l'info !

Autrefois, la révolte était joyeuse ; désormais elle est haineuse. Le Front populaire, c'était la fête ; Mai 68 aussi. L'imagination prenait le pouvoir. Coluche, Le Luron, Devos caricaturaient, bousculaient en faisant rire. Maintenant, en particulier sur la radio nationale, France Inter, il ne reste que de soi-disant « humoristes » qui ne sont en fait que des « déconneurs de cour de récré » auxquels, comme l'écrit Beigbeder, il est interdit de répondre, par définition. Ce sont eux les maîtres ...

Sur le plan socio-économique, il en va de même. La parole est d'abord aux nihilistes du style Martinez (toujours façon Woody Allen) la finesse en moins ou Nikita Khrouchtchev, surnommé Monsieur Niet. Pour la CGT, la réponse est toujours « non », comme pour le « je sais tout » Besancenot. Une loi a-t-elle été comprise dans un programme électoral, validé par une majorité populaire ? Peut-être, mais, eux, sont « le peuple » et s'appuient sur des sondages - dont on connait la rigueur. Eux sont « la gauche », seule détentrice de la Vérité, avec Mélenchon et consorts. L'autre gauche, socialiste, n'a qu'à suivre ... et elle le fait, avec humilité, heureuse d'exister encore, même si elle ne se met pas en colère, à la façon de notre « bolivarien » Chavez- Maduro - Mélenchon, grands experts en économie, comme chacun le sait.

Une attitude « responsable », contestataire avec raison, (façon CFDT avant et avec Laurent Berger) ? On envahit aussitôt ses locaux ... puisqu'on est le « peuple », le premier syndicat de France n'étant, lui, qu'un ramassis de « collabos ».

Avec la « colère » va la violence, qui s'amplifie à la vitesse V. Elus du peuple agressés, permanences dévastées, commerces saccagés. Normal : c'est la « colère » le nouveau mot à la mode qui permet, qui justifie tout. Même les pires excès. Colère et violence sont les deux doigts d'une seule main. « Du passé faisons table rase », comme dans l'Internationale. Comme les vieux loups de mers, nous sommes dans les 40ème rugissantes, au risque du chavirage si le capitaine (Macron ?) ne tient pas la barre avec dextérité ; s'il est, disait Roland Dumas, il y a quarante ans, pour le regretté Michel Rocard « un barreur de petit temps ».

Colère égal violence. Rejetons l'une et l'autre. Rappelons encore Coluche qui chantait « misère, misère » en mimant un chanteur raté qui voulait faire son beurre sur la pauvreté. Idem pour la colère, devenue sociologique donc démagogique.

Michel chante nous, désormais, « colère, colère » ... Oublie « ton Krasucki - qui - qui, syndicat, cac ... » Car, dans le fond, dans « l'ancien monde », avec Georges Séguy, Henri Krasucki, Bernard Thibault, André Bergeron, Edmond Maire, Jacques Chérèque, on n'était pas borné, rétrograde. C'était un monde humain, rien qu'humain. Et c'était déjà beaucoup ...

A défaut (et en parallèle avec la dégradation grave de l'environnement) sur le Titanic terrestre qui s'engloutit, tu devras alors entonner le célèbre et funèbre « Dies irae, dies illa ... » (Jour de colère que ce jour là) que certains n'ont pas oublié, même si l'anglais remplace le latin.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 10 février 2020

Après le Brexit, la sortie de l'anglais

(pour mieux rentrer)

L'Europe pratique, au quotidien, est un vrai bal des hypocrites. Grands ou petits, ses acteurs ne parlent ou ne veulent parler qu'une seule langue : l'anglais, ce qui continuera, à coup sûr, après le retrait de la Grande Bretagne de l'Union Européenne le 30 janvier 2020, tant cette technostructure à l'esprit colonisé ! Et pourtant, ses sièges officiels : Bruxelles et Strasbourg sont des villes francophones depuis belle lurette.

C'est Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie, ancienne ministre des affaires étrangères du Rwanda, ex-colonie belge francophone, (qui œuvre actuellement à remplacer la langue française par l'anglais dans son pays qui le dit) ... Et on peut la croire dans son action et dans sa conviction, comme dans celle qui l'a précédée à son poste, après avoir été la représentante de la reine d'Angleterre au Canada !

Selon elle - et elle a raison - 90% des documents du Conseil européen et de la Commission ainsi que la plupart des communications orales des institutions européennes privilégient la langue anglaise (cf. son article dans Le Monde) alors que la Grande Bretagne a rejoint tardivement l'Union après avoir tenté de la torpiller. Mais, comme la langue des 27 autres membres, l'anglais avait cependant droit de cité... jusqu'à ce que le Royaume Uni quitte l'Union en 2020. Ni plus, ni moins. Or ce fut plutôt « plus que moins » quand les langues des six pays fondateurs, pionniers étaient progressivement éliminées par faiblesse. Pourtant, aujourd'hui, quand les arrogants Britanniques ont snobés tous les pays du continent, nul ne réclame - y compris les gaullistes - que deux des langues de l'Union les plus parlées dans le monde, le français et l'espagnol soient les premières langues de communication de l'Union, ce qui en dit long sur la colonisation des esprits et sur l'idéologie dominante.

Selon Louise Mushikiwabo (sic) « l'anglais arrive désormais en 17e position des langues maternelles les plus parlées par les citoyens de l'EU. Et l'anglais n'est plus la langue officielle d'un seul pays membre, donc devrait être purement et simplement rayé de toute communication à Bruxelles comme à Strasbourg ».

Ecoutons encore cette ardente « militante » : « Le français est une langue parlée par 130 millions d'Européens, dans laquelle se reconnaissent 19 des 27 Etats de l'Union, membres cotisants de l'Organisation internationale de la francophonie qu'elle dirige ». Et de poursuivre son plaidoyer : 300 millions de personnes sont actuellement francophones dans le monde. En 2050, ils devraient être 700 millions ».

Question : que font les autorités françaises pour tirer les conséquences de cette prostitution intellectuelle passée et du vote de la Grande Bretagne contre l'Europe ? Pas grand'chose sans doute, voire « rien » compte tenu du tropisme du président de la République actuel qui ne rate jamais une occasion de manifester son allégeance au monde anglo-saxon en s'exprimant en anglais. Côté extrême-droite, pas mieux : pour vivre heureux, vivons couché. Quant aux socialistes, la défense de nos valeurs culturelles n'a jamais été leur tasse de thé.

Alors, les écolos ? Interdit de rire. Ils sont pour la bio-diversité animale, végétale. Mais la protection de la diversité des langues n'est pas encore à leur ordre du jour. Sans doute trop intellectuel quand les querelles de chapelles sont encore leur souci fondamental.

Bref, nos voisins anglais vont encore pouvoir brûler Jeanne d'Arc par un tour de passe-passe : en étant en dehors de l'Union tout en restant dedans grâce à la technostructure de Bruxelles et aux fils de pub qui, chacun peut le constater quotidiennement, ne peuvent vanter une marque, un produit qu'en anglais (ce que Renault, Peugeot, Air France etc. acceptent sans broncher).

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 3 février 2020

Mila

La presse et les politiciens ont tenté d'étouffer l'affaire. Même les organisations de droits de l'Homme se sont tues, selon Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo. On a voulu, on a tenté de jeter un voile (si l'on ose dire en l'occurrence) sur l'affaire Mila, cette jeune fille de 16 ans qui, le 19 janvier a dénoncé l'islam sur les réseaux sociaux auxquels elle est accro.

Erreur de jeunesse, internet sans borne ? Sans doute. Sauf que cela a déclenché une rafale de réactions des islamistes patentés ou cachés qui l'ont menacée de mort après avoir « dévoilé » son identité, son lieu de résidence, le lycée qu'elle fréquentait... Avis aux amateurs de meurtres. Comme si on était au Pakistan, en Afghanistan ...

Les partis autrefois laïques, qui par le passé « bouffaient » du curé, ont-ils réagi ? Que nenni ... Il va y avoir des élections municipales et on compte bien sur les voix des islamo-gauchistes qui gangrènent nos banlieues comme le décrit dans un récent ouvrage, aux éditions du Cerf, François Pupponi, ancien maire de Sarcelles, député du Val d'Oise quand Ségolène Royal, de son côté, blâme Mila pour son manque d'éducation. Pire que ce silence honteux, Nicole Belloubet, ministre de la Justice s'est, elle, même fendue d'un commentaire sur Europe 1, en dénonçant la littérature primaire de Mila comme « une attaque à la liberté de conscience ». Rien de moins ; en violation de nos lois sur la liberté de blasphème et alors qu'elle est juriste, ancien membre du Conseil constitutionnel. Mais ce n'était pas encore là le summum qui fut atteint par un certain Abdallah Zekri, délégué général du très officiel Conseil français de culte musulman (CFCM) interlocuteur des pouvoirs publics lequel, à son tour, a condamné la jeune Mila en justifiant, selon ses mots : « qui sème le vent récolte la tempête ». Sans rectification ultérieure de sa part évidemment.

Etrange pays que la France qui, dans le même temps, sur les ondes de France Inter, radio nationale financée par une taxe, le 10 janvier, a laissé sans réagir un soi-disant « humoriste » Frédéric Fromet chanter en gratouillant sa guitare que « Jésus est un pédé, un enculé » Liberté de pensée, de religion ? Soit. Mais cet individu aurait-il le droit de le dire pour un homme ou une femme politique, pour un artiste, pour un magistrat ? Là, il ne s'agit plus de religion, de répression d'un blasphème. Il s'agit de la vulgarité d'un crétin, d'un pauvre type ce qui nous autorise à réclamer le remboursement de la taxe que l'on nous prélève pour le payer.

N'ayons crainte toutefois, car cet individu vulgaire va bientôt demander (en chanson) que l'on cesse de chercher des crosses aux chrétiens en Algérie sur leurs lieux de culte ou parce qu'ils ont une bible dans leur bagage. Patience. Il n'est que d'attendre ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 27 janvier 2020

Un faquin « à l'ombre des jeunes filles en pleurs »

Dans un monde en constante mutation, restent, quand même, quelques rocs auxquels les citoyens peuvent s'accrocher en cas de naufrage intellectuel et moral, comme on le constate actuellement après la sortie du livre de Vanessa Springora, victime « à son corps défendant » (si l'on ose dire) à l'âge de treize ans d'un pédophile notoire, qui s'est targué de ses exploits pendant des décennies, sans le commencement d'une poursuite judiciaire alors qu'il violait non seulement des enfants- en France et aux Philippines-mais aussi les lois sur la protection de la jeunesse. Au lieu de « Le consentement », elle aurait dû titrer son livre « A l'ombre des jeunes filles en pleurs ». C'eut été plus proustien à moins de préférer « Le mal dominant ».

Le comble est que ce faquin, comme eut dit Molière, pérorait partout, dans le landerneau éditorial comme dans les médias, avec l'approbation d'une communauté intellectuelle (ou considérée comme telle) qui en faisait des gorges chaudes, même après sa mise en cause, dans la célèbre émission Apostrophes, par une écrivaine québécoise, Denise Bombardier la bien nommée, aussitôt ostracisée par la presse française pendant vingt ans. Cela rappelle furieusement un vers de Voltaire :

« Un jour, dans un vallon, un serpent piqua Jean Fréron.

Que croyez-vous qu'il arriva ?

ce fut le serpent qui creva...»

Heureusement, la Denise n'est pas morte. En revanche l'auteur des crimes contre ces enfants, filles ou garçons, continue à se positionner en « victime ». On « cherche des poux dans la tonsure » du cardinal Barbarin (comme chantait Brassens) pour non dénonciation de faits similaires prescrits alors qu'aucune poursuite n'est engagée contre les complices de celui qui a gâché des dizaines de vies innocentes au prétexte de leur initiation-en fait de leur « instrumentalisation ». Brassens encore qui, sans doute par erreur, proclamait alors dans

« Trompettes de la renommée » : « Le crime pédérastique aujourd'hui ne paie plus ».

Plus récemment, Bashung chantait, lui « Gaby, oh Gaby », sans allusion au divin chauve Gabriel Matzneff dont seul le crâne en tête d'œuf était vraiment poli, malgré ses prétentions littéraires nauséabondes, entretenues grâce à un logement social de la Ville de Paris et une pension du Centre National du Livre (donc sur fonds publics) à défaut de vendre ses œuvres impérissables. Chauve qui peut !

Mieux vaut en rire ? comme la pseudo intelligensia. Certainement pas. Mieux vaut en pleurer. Pas trop tout de même car cela ferait encore monter le niveau des océans en sus du réchauffement climatique.

Dès lors construisons plutôt une nouvelle Arche de Noé pour y faire entrer, comme à l'époque biblique, toutes les espèces animales qu'il faudra sauver dans le futur. Cela pourrait créer des milliers d'emplois à Saint-Nazaire, aux Chantiers de l'Atlantique, sauf si les gros bras minoritaires de la CGT en bloquent l'accès afin de prouver qu'ils existent encore et qu'ils peuvent détruire l'économie française comme un vulgaire Maduro au Venezuela.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 13 janvier 2020

Droit « au » travail et droit « de » grève

Les semaines passent et le nœud gordien se resserre de jour en jour entre conceptions de la démocratie économique et sociale. D'un côté les syndicats et partis tenants de la négociation, y compris par le recours au droit de grève et de l'autre syndicats et partis qui ne jurent que par le blocage total du pays, sans dialogue entre les partenaires, comme en Russie en 1917. L'affrontement, sinon rien, pour les totalitaristes héritiers du soviétisme dont on connait historiquement les résultats économiques, d'expérience, dans le développement du bien-être des peuples du monde.

Dans la France actuelle-après la longue saga des gilets jaunes que retrace très bien l'ouvrage d'Ingrid Levavasseur, égérie du mouvement « Rester digne » (Flammarion 19 €uros) que chacun devrait lire pour ressentir ce qu'est la spontanéité-la réforme des 42 régimes de retraite par un régime unique, universel, a permis aux tenants de la guerre sociale de monter en première ligne sur le plan politique en impliquant dans le conflit des millions de salariés, concernés eux-mêmes, mais qui n'entendaient pas être enrôlés à leur corps défendant dans une guerre totale. La démocratie c'est d'abord la liberté de choix, sans avoir un pistolet sur la tempe, comme dans «Tintin chez les soviets » vus par Hergé.

Dès lors, en termes de droits économiques et sociaux, complément indispensable des droits de l'Homme de la Déclaration de 1789, deux logiques se sont opposées en France : un « droit de grève » mis en œuvre par une minorité et le « droit au travail » que les socialistes démocrates, derrière Jaurès, exigent depuis un siècle et demi, sans renoncer pour autant à dénoncer l'exploitation capitaliste de l'homme par l'homme. En 1936, en 1945, en 1968 ces deux logiques se sont déjà affrontées pour terminer par un compromis, comme il se doit dans une république démocratique. Pourquoi pas en 2019 - 2020 quand le suffrage universel s'est prononcé ? La faute à un gouvernement passé de « et droite et gauche » à « et droite et droite » ? Sans doute mais il a la légitimité que lui a conféré le peuple quand les meneurs du jusqu'auboutisme ont tenté, eux, de renverser leurs scores électoraux minables par la prise en otage de millions de femmes et d'hommes qui n'en pensaient pas moins (tout en entendant continuer à vivre de leur travail, ce droit aussi absolu que le droit de grève). Cela me rappelle, lorsque nous avons créé NDH, en 1977, les critiques contre nous du député droitier Alain Madelin dans les colonnes du Figaro Magazine, en se référant à un professeur de Droit italien : « Les droits de 1789 sont des droits de et non des droits à ... Les uns sont des droits actifs ; les autres des droits fainéants ». Donc les premiers sont de droite, légitimes, les autres de gauche, illégitimes. En conséquence, selon cette théorie, faire passer le droit au travail, comme nous le demandons, avant le droit de grève serait « gauchiste » et non droitier. Madelin avait raison et je m'en excuse auprès de lui avec des décennies de retard !

A entendre les minoritaires incapables de se faire entendre par les urnes, eux seuls seraient « les travailleurs », « le peuple », uniques détenteurs de « la vérité », de la « justice sociale ». Exit le premier syndicat de France, la CFDT ; l'UNSA premier syndicat de la SNCF et de la RATP. Cela leur donne droit d'insulter les syndicalistes partisans d'un rapport de force dans le dialogue, d'occuper leurs locaux, de brûler les permanences d'élus, de qualifier de « collabos » les représentants élus des salariés, de couper l'électricité en plein hiver etc. L'intimidation, la violence, la peur devrait primer sur tout autre moyen pour réformer le système économique et social français. Le « tout ou rien ». Donc, hélas, ce sera plutôt « rien » que « tout » quand une minorité fait passer le droit de grève avant le droit au travail en bafouant même le droit à la dignité de milliers de salariés, transportés dans des conditions que l'on dénoncerait pour des animaux.

Les grandes gueules, « sûres d'elles-mêmes et dominatrices » pour parodier une formule employée par le général de Gaulle en 1967 pour Israël, devraient se souvenir, au moins, du dicton de Mao Tsé-Toung : « Un voyage de mille pas commence par un pas » ... Mao, un maître révolutionnaire pragmatique pour eux ; un modèle à suivre.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 13 janvier 2020

Otages

On croyait depuis des années que l'avenir serait la consécration des droits, de l'état de Droit et des droits de l'Homme en particulier. Après la chute des fascismes, la fin du totalitarisme soviétique, la voie était ouverte à la démocratie sur tous les continents sous l'égide des Nations Unies.

Certes, tel a bien été le cas, mais avec tant d'exceptions que beaucoup ont un doute sur la notion de progrès, jusqu'à trouver des charmes au dangereux populisme qui n'est qu'une caricature des libertés.

Prenons quelques exemples, proches ou lointains.

Dans le catalogue des idées reçues, les Etats-Unis d'Amérique sont le plus beau modèle de pays démocratique qui existe, son président, l'illustre Trump voulant même l'imposer à la planète entière. Or dans le même temps, il exige, dicte, sanctionne à coup de centaines de milliards de dollars des entreprises étrangères auxquelles il veut appliquer le droit étatsunien. Rien de moins.

Qui n'a lu le livre de Fréderic Pierucci (écrit avec Matthieu Aron) - éditions Jean-Claude Lattès:   « Le piège américain » qui a fait de lui l'otage d'un système pseudo judiciaire qui l'a fait croupir en prison durant deux longues années.

Il en va de même du Japon où Carlos Ghosn, qu'on l'aime ou pas, a été arrêté, emprisonné, interrogé sans relâche pendant des jours sans l'assistance d'un avocat.

Sûr d'être condamné, comme c'est le cas dans 99,6% des affaires pénales dans l'archipel, il n'a trouvé le salut que dans la fuite, faute de mieux. Mais il n'est pas le seul ...

Même si la presse n'en fait pas de tonnes, voyez ces nombreux cas d'époux étrangers au « pays du soleil levant » dont les conjoints sont repartis dans leur Japon natal avec les enfants du couple sans jamais revoir leur légitime progéniture et, a fortiori, avoir un droit de visite ou de garde alternée, ce qui nous semble la moindre des choses dans un Etat (état) de Droit. Carlos Ghosn a été pris en otage ? Des enfants aussi par un scandale couvert sous le sceau de la loi nippone.

Mais la France elle-même n'est pas exempte de prises d'otages tout aussi soi-disant « juridiques » que dans les exemples ci-dessus. Ainsi, quand des responsables syndicaux minoritaires contraignent des millions de personnes pendant des semaines à galérer du matin au soir afin de pouvoir exercer leur droit au travail, on peut s'interroger sur la légitimité d'utiliser un droit de grève, constitutionnel, certes, mais dévoyé par des gens qui se prétendent « le peuple », « les travailleurs » contre les élus de la nation qui n'ont rien caché de leur projet dans leurs programmes électoraux.

Cela ne signifie pas qu'une réforme est bonne (ou mauvaise). Cela signifie sur le plan des principes démocratiques qu'une minorité organisée n'a aucun scrupule à imposer à la majorité de nos concitoyens des épreuves non justifiées. Dura lex sed lex. La loi est dure mais c'est la loi dit l'adage en droit romain.

D'ailleurs, que représentent en termes électoraux (donc démocratiques) leurs alliés politiques : parti communiste, groupuscules trotskystes voire un parti socialiste « résiduel » après avoir connu de « riches heures » ? Si la classe ouvrière, globalement, ne vote plus « à gauche », c'est peut-être parce qu'il lui reste encore un bon sens « populaire » qui fait qu'elle se sent libre désormais. Elle-même n'est plus « otage » ... ce qui n'est pas une raison se jeter dans les bras de Le Pen car ce serait alors ... la double peine (Pen).

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 2 janvier 2020

De Gabrielle Russier à Gabriel Matzneff

Qui ne se souvient de Gabrielle Russier, jeune enseignante agrégée de lettres qui entretenait une relation amoureuse avec un de ses élèves âgé de 16 ans, à Marseille et qui s'est suicidée en 1969, à l'âge de 32 ans, après avoir été emprisonnée fin 1968 pour cette relation avec un mineur. Le président Pompidou, lors d'une conférence de presse restée célèbre lui a rendu hommage en récitant un poème de Paul Eluard.

Rien à voir avec un autre Gabriel (Matzneff celui-là) qui « consommait » allègrement à la même époque jeunes filles et jeunes gens de moins de quinze ans, s'en vantant dans ses ouvrages en même temps qu'il paradait à la télévision, notamment dans la célèbre émission « Apostrophes » de Bernard Pivot où il a été invité treize fois pour narrer ses exploits sexuels pourtant condamnés par la loi depuis 1945.

Jamais le prédateur de chairs fraîches ne fut inquiété ni par la police ni par la justice. Au contraire, la caste médiatique louait son talent narcissique. Sauf une fois où la courageuse écrivaine québécoise Denise Bombardier, l'interpelle dans l'émission de Pivot sur ses crimes (non seulement en France mais partout dans le monde).

Malgré cela, c'est Denise Bombardier qui a été ostracisée en France depuis quarante ans tandis que le bellâtre pouvait continuer à se vanter de ses exploits sans risques.

Question : pourquoi Gabrielle Russier a-t-elle été condamnée à un an de prison quand Matzneff, lui n'a jamais été inquiété ? parce qu'elle était une femme ; parce qu'il était un homme. Qui plus est un « surhomme ».

Repose en paix, Gabrielle Russier (au cimetière du père Lachaise) et achetez le livre de Vanessa Springora, la première victime de Matzneff qui ose parler :

« Le Consentement » Grasset 18 €uros. Sans faire œuvre de justice (défaillante), cela contribuera à achever le monstre.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 23 décembre 2019

Droit de grève et droit à la dignité
Le respect du pacte républicain

Le droit de grève est un droit constitutionnel incontestable mais la liberté des uns s'arrête où commence celle des autres. Nous en avons la démonstration actuellement en France, quand une minorité syndicale prend en otage des millions de salariés entassés dans des transports en commun comme on ne tasserait pas des animaux sans que les ligues de défense des bêtes ne protestent. Souvent, ils doivent se lever des heures plus tôt, voire marcher des kilomètres pour rejoindre le lieu de leur travail (le droit au travail étant reconnu lui-même depuis longtemps comme un quasi devoir).

Tout cela pourquoi ? Parce que le chef de l'Etat et les députés, élus au suffrage universel, eux, veulent mettre en œuvre une réforme des retraites en supprimant 42 régimes dont les régimes spéciaux qui favorisent nettement certaines catégories de personnel, notamment les « roulants » de la SNCF et de la RATP.

On peut, certes être en désaccord avec cette réforme annoncée dans le programme électoral du candidat Macron et de sa majorité en 2017. Mais le peuple français a démocratiquement tranché et le parlement, en 2020, devrait, tout aussi démocratiquement, voter cette réforme « systémique », avec ou sans l'adjonction « paramétrique » de l'âge pivot de 64 ans, ce que conteste la CFDT syndicat dit « réformiste » (que je qualifierais plutôt de « progressiste »).

Dès lors, en termes de droits de l'Homme, que constate-t-on ? Qu'une minorité prend en otage la majorité de ses concitoyens, qui plus est en s'autoproclament « le peuple » comme font les groupuscules d'extrême gauche. Et si encore, ces syndicats qui procèdent à la façon « léniniste » de 1917 étaient aussi puissants que les syndicats allemands ou britanniques. Or tel n'est pas le cas. Ils ne sont qu'une minorité de la minorité, en nombre, et c'est légitimement le premier syndicat de France, la CFDT qui, seule, avec l'UNSA, conteste, tout en acceptant de négocier la concrétisation du vote populaire.

L'équation est donc claire : vote démocratique ou chantage pour le maintien de privilèges, c'est-à-dire violation du régime de libertés voulu en 1789. Retour au corporatisme que nos ancêtres ont pourtant banni en 1791 par la loi Le Chapelier.

Dire et écrire cela n'est en rien souscrire au « macronisme » qui, de « ni droite ni gauche » tend fortement à devenir et « ni gauche ni gauche », avec une superbe technocratique. « Mais où sont les neiges d'antan ? ». Pardon. Où sont les partis de gauche ? incapables de clamer, haut et fort, qu'une minorité syndicale de blocage met à mal les règles républicaines, après s'être comportée d'une manière tout aussi puérile sous le quinquennat de Français Hollande (les « frondeurs »), puis en portant à sa tête aux élections européennes de 2019 le « schtroumpf » Glucksmann pour ne pas rallier le « bolivarien » Melenchon ; quand FO, autre syndicat progressiste, renie ses responsables passés André Bergeron, puis Jean-Claude Mailly pour s'aligner, pieds et poings liés sur le borné cégetiste Philippe Martinez, qui ne sait dire aux salariés majoritaires victimes immédiates de sa prise d'otages, toujours façon Woody Allen (sic) « La réponse est non ». « Au fait, quelle était la question ? »

Face à cet aveuglement qui fait de la France, une fois de plus, un pays ingouvernable, le pire est peut-être encore à venir car depuis quelques jours, les pseudo « camarades » coupent l'électricité, empêchant alors les plus modestes de se chauffer en plein hiver et les entreprises de continuer à produire. Bref, la politique de la terre brûlée, à la façon des casseurs qui n'ont jamais su construire quoi que ce soit, leur seul talent étant pour détruire uniquement.

Est-ce comme cela que l'on va donner les moyens de vivre aux petits agriculteurs, aux aides-soignants, à tous les « gagne-petit » ? Voyez-vous les ouvriers de Michelin, d'Alstom, de Renault, des chantiers navals, d'Airbus ... se mettre en grève en affaiblissant leur entreprise ? Certainement pas. Il n'y a qu'une minorité de la minorité d'une autre minorité de ce qui faisait autrefois la fierté de la France : les services publics pour étrangler la nation tout entière alors qu'elle a la garantie de l'emploi ce que n'ont pas les salariés ordinaires.

Les démocraties « illibérales » ont le vent en poupe en Europe de l'Est (Hongrie, Pologne ...) Bientôt, ce sera aussi à l'Ouest (si ce n'est pire encore) avec la bande à Le Pen qui rivalise en démagogie avec celle de Mélenchon.

Fin de partie en 2022 ? On aura peut-être alors oublié la trop grande mansuétude de François Hollande avec ses saboteurs pseudo gauchistes. Pour l'heure, c'est bel et bien la démocratie qui est en jeu. La France doit renoncer à son traditionnel moteur à explosion et passer au moins excitant « tout électrique », plus écolo. Sauf si quelques hurluberlus bornés de la CGT coupent le courant républicain qui a déjà des difficultés à passer.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 9 décembre 2019

Retrait / Retraites

La machine à perdre, une invention française, digne de notre génie industriel est en marche, au motif que la majorité élue, il y a moins de trois ans veut mettre en œuvre une promesse électorale entérinée, tant par l'élection présidentielle que par les élections législatives qui ont suivi. Cette majorité sort des urnes et pas de la rue ou de la grève quand les services publics du quotidien, avec leurs régimes spéciaux qui génèrent des inégalités entre nos concitoyens, devraient être alignés sur le régime général.

Le projet ? Un régime unique, universel, par points, pour le futur, en maintenant les acquis de l'ancien système pour ceux qui sont déjà en retraite. Quel scandale : un régime simple, clair au lieu de quarante deux régimes différents. Ce serait cela l'inégalité ? maintenir une différence entre le chauffeur de bus de la RATP et le chauffeur de bus des Deux-Sèvres ou de la Lozère ; un régime identique entre le conducteur de TGV et le conducteur de locomotive à vapeur à la Libération... Comme si les situations n'avaient pas changé en 80 ans; que les uns pouvaient prendre leur retraite à moins de 55 ans et d'autres à plus de 60 ans alors que la durée de vie a fait un bond en avant.

Revenons à la Libération, en 1945. Imagine-t-on, en 2020, créer 42 régimes de retraites différents, tel qu'on les connait aujourd'hui, quand des agriculteurs, les smicards, perçoivent moins de 900 €uros par mois ? Or tel est le but de la réforme en cours, où les gréviculteurs professionnels veulent maintenir leurs avantages, voire leurs privilèges. Il n'est que de le constater concrètement : voyez-vous les salariés de Peugeot, Renault, Alstom, Michelin ... se mettre en grève, paralyser le pays, prendre en otages des millions de salariés à des fins corporatives ? Il y a le droit ... et l'abus du droit.

Le service public, cette belle invention française a atteint ses limites, hélas. La France ne fonctionne qu'avec un moteur à explosion ; pas de réformes, pas de négociations : la révolution pour le maintien d'avantages totalement obsolètes.

En tête du mouvement anti-modernisation : la CGT, le PCF, les groupuscules trotskystes, les mélenchonistes, tous bien connus pour leur savoir-faire en matière de gestion de l'économie (cf. l'Union soviétique, les pays d'Europe de l'Est, le Venezuela, le Nicaragua ...) Avec eux, on est sûr qu'expérience faite, pendant cent ans, chacun aura un niveau de vie et de libertés supérieur aux économies de marché régulées par des services publics dignes de ce nom.

« La politique du chien crevé au fil de l'eau » est la seule qui vaille pour eux, ce qui permet, en empêchant les réformes, de faire monter la pression en vue de la révolution espérée, comme un grand soir toujours rêvé, jamais réalisé.

En définitive, seule la CFDT - heureusement devenue majoritaire - réformiste sans être collaborationniste, accepte de faire table rase du passé, comme en 1789, et de négocier, pied à pied la reconstruction d'un projet de société clair, égalitaire, social.

Reste le déficit, en termes de milliards d'€uros, à résoudre dans l'immédiat et qui va s'accroître, avec le butoir « théorique », selon lequel le montant des retraites ne doit pas dépasser 14% du PIB. Théorique, car s'il atteignait 15% où serait le drame ? Donc « il y a du grain à moudre » comme le disait en son temps le patron de FO André Bergeron que l'on aimerait entendre sur le sujet.

Michel Rocard, Premier ministre apprécié avait inventé la CSG. Il faut maintenant trouver autre chose. Pourquoi ne pas, enfin ! restaurer l'impôt sur la fortune en l'affectant à la solidarité nationale et à la réduction des scandaleuses inégalités sociales. Mais, pour cela, encore faut-il que la majorité nouvelle pratique son « et en même temps » : simplifier un système archaïque, inégalitaire, soit, tout en mettant à contribution les plus grandes fortunes qui se gavent en dividendes.

De Gaulle, lors d'une conférence de presse célèbre disait « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille » (et d'instaurer aussi en 1967 les ordonnances sur la participation). Son réformisme lui a coûté cher puisque peu après, un referendum lui a valu de renoncer à ses fonctions.

Bis repetita ? Nous sommes au milieu du gué. Espérons que le bon sens prévaudra dans les mois qui viennent grâce au premier syndicat de France. Selon la formule « historique » : « la réforme, oui ; la chienlit, non » ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 2 décembre 2019

Les islamo gauchistes, à l'intérieur
comme à l'extérieur

Cela n'étonnera que les naïfs ou les non-initiés, l'ultra-gauche française (ou prétendue telle) : parti communiste, France insoumise de Mélenchon, Nouveaux Parti Anticapitaliste de Besancenot, Lutte Ouvrière de Nathalie Arthaud, incapables de l'emporter dans les élections démocratiques, n'hésitent plus à s'afficher avec les islamistes afin de grappiller quelques voix supplémentaires aux élections qu'ils perdent toujours.

La laïcité ? Ils n'en ont que faire, à commencer par l'égalité femmes-hommes.

D'ailleurs, il y a quelques années, le NPA ne présentait-il pas sur ses listes une femme voilée ? Récemment encore, lors de la manifestation contre un prétendu anti-islamisme, où l'on a scandé «Allah Akbar », à l'instigation des organisateurs salafistes, la clique des dirigeants de la pseudo gauche étaient tous présents pour donner un coup de pouce aux communautaristes partisans du burkini, de l'exclusion des femmes des cafés et des horaires séparés pour les hommes et les femmes dans les piscines. Quelle hypocrisie, surtout, historiquement, de la part du parti communiste (les autres n'ayant jamais eu le pouvoir) qui a toujours été à la botte de Staline et fait fermer ou détruire en Union Soviétique des centaines d'églises.

En fait de tels rassemblements hétéroclites n'ont qu'un seul point commun, avec leurs alliés fascistes : la haine de la liberté.

Mais, hélas, la collusion entre les islamo-gauchistes, devenu anti-laïques et les totalitaires musulmans ne s'arrêtent pas là. Elle va bien plus loin. Ainsi, après la mort au combat de treize soldats français au Mali dans un accident d'hélicoptère, Mélenchon la « grande gueule-je sais tout », demande le rapatriement de la force Barkhane, qui protège au prix de vies humaines les populations du Sahel, pour les abandonner aux fanatiques djihadistes ... Un grand « plus » pour les femmes, à coup sûr, comme sous le règne du califat au Proche-Orient - demandez aux femmes yezidies réduites en esclavage sexuel, voire en Iran, sous la férule d'un guide suprême qui mitraille un peuple quand il manifeste à mains nues contre sa paupérisation.

Vous n'êtes pas d'accord avec les islamo-gauchistes qui vont bientôt s'allier, comme la carpe et le lapin, avec les sectaires sortis des mosquées de banlieues, à l'occasion des prochaines élections municipales ? C'est que vous êtes raciste, de droite, voire d'extrême droite. Car ce sont eux, les amis de Chavez, qui a ruiné le Venezuela, comme Ortega au Nicaragua, qui sont les uniques propriétaires du label « de gauche » et l'attribuent sur leurs critères opportunistes. Ils en ont le monopole, l'exclusivité.

Voir le PCF, bientôt centenaire, cautionner, avec ses ex-rivaux trotskystes, un tel dévoiement, après avoir quasiment jusqu'au bout, collé à la répression soviétique, mérite d'être salué ; d'autant que les travailleuses-travailleurs, désormais, votent davantage pour le parti lepeniste que pour le soi-disant « parti des prolétaires ». On attend donc avec impatience, en 2020, les festivités qui rappelleront ses cent années d'histoire, dont la fuite de Maurice Thorez à Moscou et l'emploi de Georges Marchais chez Messerschmitt pour fabriquer, durant la dernière guerre, des avions destinés à tuer les français.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 25 novembre 2019

12 décembre : Alger ? rien ...

Depuis plus de six mois, les Algériens et Algériennes manifestent, pacifiquement, chaque vendredi contre le « système ». Il faut le saluer car ce pays ne nous avait pas habitué à cela, bien au contraire ...

De 1954 à 1962, la population majoritaire a lutté par les armes contre la colonisation française quand cette lutte, légitime, pour l'indépendance aurait pu et du se mener pacifiquement, comme le combat de Gandhi, en Inde et, mutatis mutandis, celui de Nelson Mandela en Afrique du Sud ... Il n'en fut rien. Il n'y avait qu'un colonisateur inacceptable : les Français qui devaient quitter (pour un million d'entre eux) leur terre natale. La colonisation turque ? De quoi parlez-vous ? La colonisation arabe ? A-t-elle seulement existé, même si l'on peut se demander pourquoi une trentaine de manifestants, aujourd'hui, ont été emprisonnés pour avoir manifesté avec un drapeau berbere, population originelle majoritaire de ce pays après avoir été convertie de force - malgré la résistance d'une femme : la Kahina, à laquelle notre amie Gisèle Halimi a consacré un ouvrage. A quand un film sur cette héroïne ... et sur saint Augustin, évêque d'Hippone, voire sur Jacques Gaillot, nommé évêque de Partenia, en Algérie par Jean Paul II ? Et que dire d'Enrico Macias, toujours interdit de rentrer sur sa terre natale ? Chuuutt...

Un million d'Européens priés de choisir entre « la valise et le cercueil » en 1962 quand le capitaine Khelifi, soldat de l'Armée française, futur président de la mosquée de Lyon tentait, lui, début juillet, d'éviter les enlèvements, les tortures, les viols, à Oran, après la signature des accords d'Evian. Comment, alors, prévoir qu'autant d'Algériens, devenus indépendants, voudraient ensuite, dans les décennies suivantes, venir s'installer dans l'ex métropole ? Où est la logique, la raison ?

Nous ne sommes pas révisionnistes puisque qu'Hocine Aït Ahmed fut un membre éminent de NDH ; qu'Ahmed Ben Bella, décoré pour sa participation à la conquête du Monte Cassino, en 1943, a été un ami apprécié, désireux de revenir dans sa prison de l'île d'Aix, en 1981, avec l'accord de Charles Hernu, ministre de la Défense (ce que Gaston Defferre, ministre de l'Intérieur, a empêché sur pression des autorités algériennes).

L'Algérie paye en ce moment ses choix initiaux si l'on veut bien se souvenir de l'acte fondateur du divorce franco-algérien : l'assassinat d'un instituteur, sans arme, qui allait prendre son poste, en 1954, dans le bled.

De part et d'autre de la Méditerranée, il faut reprendre le fil de l'histoire pour mieux la comprendre.

Le F.L.N. continue, de fil en aiguille, à régenter un pays, mis en coupe réglée, corrompu bien avant la prise de pouvoir par Bouteflika. Le seul président qui ait honnêtement tenté une réforme en profondeur : Mohamed Boudiaf a été assassiné, et pour cause, après s'être exilé longtemps au Maroc. Sans oublier les années de plomb, au début des années 90, quand les islamistes ont pris le pouvoir « municipal » avant d'être repoussés de justesse par l'Armée. La violence, toujours la violence ... et la corruption.

Les Algériens ont obtenu le départ de « Boutef » ? Soit. Ils seraient convertis à la démocratie pacifique ? Soit encore. Mais il faut maintenant remonter des siècles d'histoire, de philosophe, d'idéologie. Car l'hydre présente depuis la conquête arabo-musulmane reste bien vivante dans la vie quotidienne : fermetures des cafés, femmes de plus en plus voilées, ramadan obligatoire, arrestation de ceux qui ont une bible dans leur sac etc. Laïcité ? Connais pas.

S'il y a cinq candidats au simulacre d'élection présidentielle du 12 décembre, tous sont issus de la couveuse Bouteflika. Les Algériens vont-ils l'accepter en boycottant les urnes massivement ? Tel est l'enjeu ... enfin pacifique. Encore un effort. Le monde - et pas seulement la France - qui se tait, de peur d'être encore insultée, observe et espère. La tunique de Nessus ne collera sans doute pas toujours à la peau de ce peuple...

Et peut-être, après, saura t-on qui a assassiné les moines de Tiberine.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 11 novembre 2019

Islam : retour sur manif 

Le dimanche 10 novembre s'est déroulé à Paris une manifestation prétendant dénoncer l'islamophobie, qui plus est, souvent, comme un « racisme ».

On ne voit pas très bien le rapport, sinon malhonnête entre l'islam et une race quelconque puisque cette religion historique est liée à nombre de races largement implantées en France. Mais ...

En fait, cette manifestation était liée, dès l'origine à des groupuscules radicaux islamiques, c'est-à-dire, liés à un islam politique quand aucun mouvement bouddhique, chrétien ou autre ne serait, en revanche, toléré dans les pays contraints de se convertir à l'islam après le 7e siècle. Ne refaisons pas l'Histoire ...

Quels ont été les alliés de cette mascarade prétendant dénoncer nos lois soi-disant «liberticides»
 (qui interdisent le voile à l'école et la burqua dans l'espace public) ? Les pseudo gauchistes, en quête de voix électorales quand « le vrai peuple » (les prolétaires) refusent, eux, depuis des décennies de voter pour eux. En clair, cela s'appelle du clientèlisme, de l'électoralisme, sinon de la prostitution car les Mélenchon, Besancenot, Nathalie Arthaud et autres approuvent-ils ce qui se cache derrière la revendication du voile ; la charia (l'inégalité femmes-hommes, l'héritage réduit de moitié, le port du voile obligé, l'interdiction de fréquenter les cafés, seule, pour une femme ...) ?

Hypocrites ! Tartuffe pas mort. Alors que s'ils incarnaient encore « la gauche », à ses racines, nos gauches en carton-pâte, exigeraient que le voile, qui porte le contraire des valeurs de la République égalitaire, laïque, interdisent le port du voile dans tout espace public car il signifie clairement, explicitement, le refus des lois de la France. Et cela, peut-on l'accepter si on est laïc ? Est-ce être « islamophobe », voire raciste (sans race) parce que, comme tout un chacun, on demande de se plier à la règle commune ?

Fut un temps où le « parti laïque », vers 1905, au nom de la liberté, forcément laïque, fermait les églises, expulsait les congrégations ...Dont acte. Pourtant, c'était notre culture depuis 20 siècles. Mais aujourd'hui, le même parti, n'ose pas dire à des nouveaux venus, qui contestent nos lois: «  basta ». Dura lex sed lex. La loi est dure (et ne vous plait pas) mais c'est la loi.

Dans ce beau capharnaüm, le vieux parti de Jaurès rase les murs. Comme le parti communiste français, il danse d'un pied sur l'autre : pour la laïcité mais aussi, par clientèlisme, sans oser parler le langage de la gauche du début du XXe siècle. On ménage, sans foi ni loi.

Résultat : le parti lepeniste (car les Français n'acceptent pas cette lâcheté, ce deux poids deux mesures, cette tergiversation entre notre culture et la charia-minimale ou maximale- qui aboutit au communautarisme) a des beaux jours devant lui.

Parce que les Français seraient devenus « fachos » ? Non, parce qu'ils reprochent à la gauche de renier ses valeurs qui sont celles du pays, de tout le pays.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 3 novembre 2019

Halloween, halloween ... 

La publicité est une pollution dont aucun écologiste, de conviction ou par mode, ne se méfie alors qu'elle est un vrai fléau qui dégrade voire détruit les cultures, au nom du culte de l'argent. Il faudrait peut-être que les intellectuels et les partis traditionnels s'en soucient enfin.

En l'occurrence, il ne s'agit pas des cultures agricoles mais bien des cultures, fruits de l'intelligence humaine. Car l'un ne va pas sans l'autre. Elles sont les deux faces d'une même qualité de vie.

Actuellement, le grand fléau en publicité est dans les appels téléphoniques indésirés pour vendre n'importe quoi, quand ce n'est pas pour vous vanter les qualités de tel ou telle astrologue. Une véritable atteinte à la vie privée contre laquelle ni les écolos bon teint ni les pouvoirs publics ne réagissent sérieusement. Le système bloctel, sensé parer aux abus n'est qu'une passoire.

Mais la pollution publicitaire, c'est aussi les panneaux gigantesques à l'entrée des villes qui détruisent les paysages, les pavés de pub à la radio ou à la télévision vingt fois par jour sur le même media, dans le style « Comme j'aime » pour mentir à un public naïf. Au nom de quoi ce bourrage de crâne est-il toléré par tous ou, du moins, pas restreint à quatre pseudo « messages » par jour sur le même support ?

Il y a cependant pire encore. Une publicité essentiellement en anglais pour un public francophone à seule fin de se dire « moderne ». C'est le cas de Renault, Peugeot, Air France etc. Exit la loi Toubon. Avalez votre pastille d'anglais tous les jours pour que les caisses se remplissent sans le moindre respect pour les langues du monde. On ne veut en voir qu'une seule. Chacun doit s'aligner comme dans une caserne. Le totalitarisme est en marche sans que qui que ce soit proteste.

La pollution par et pour l'argent est partout dans notre quotidien.

Nous avons en France une fête traditionnelle : la Toussaint, consacrée au souvenir des morts les plus chers. Désormais, on en voit la fin, remplacée par Halloween à seule fin de remplir les caisses en s'alignant sur une coutume anglo-saxone. Aucune dignité. Les parents incitent leurs enfants à se déguiser quand ils ne se déguisent pas eux-mêmes, puis vient la mendicité des bonbons. Les commerçants, au lieu de rappeler que nous avons une culture et de refreiner le mouvement, l'accélèrent. Ainsi, un supermarché comme Carrefour demande t-il à son personnel de se déguiser lui-même. Viva la muerte !

Bref, la grande prostitution est en marche et ce ne sont pas les soulèvements populaires à travers le monde (gilets jaunes, Chili, Hong-Kong, Algérie, Liban ...) qui vont l'arrêter car ce ne sont que des canards sans têtes. Mais nos politiciens, fussent-ils écolos en ont-ils, une ? Cela reste à prouver ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 28 octobre 2019

Les peuples au-delà de la démocratie

On croyait que la marche en avant des peuples vers leur libération se traduisait par la conquête d'institutions démocratiques de plus en plus affinées, d'où l'avance acquise historiquement par certains pays occidentaux comme la Grande-Bretagne, la France, les Etats-Unis d'Amérique. C'était quasi « mathématique » : l'instauration d'institutions juridiques fondées sur le primum du suffrage universel conquis de haute lutte durant les derniers siècles.

Aujourd'hui, sans renier cette analyse, peut-être va-t-il falloir la moduler car depuis que la mondialisation est en marche un phénomène populaire pacifique semble en marche, non pas contre les pouvoirs (fussent-ils démocratiques) mais pour dépasser les pouvoirs en place, légitimes ou dictatoriaux. D'aucuns qualifient cette vague de « populiste », un terme un peu péjoratif voire méprisant. Soit, mais à quoi servirait-il de la négliger par un excès d'arrogance digne de la réaction aristocratique que nous avons connue en France après 1789. « Les faits sont nos maîtres » disait Lénine, grand manipulateur de foules devant l'éternel.

Soyons concrets. La planète Terre, depuis la montée en puissance d'outils de communication à la portée de tous : voyages, télévision, internet, téléphone portable etc. se rétrécit, peu à peu, jusqu'au jour où la démocratie athénienne qui ne concernait qu'une cité aura son équivalent au niveau mondial.

Que ce soit en France, avec le phénomène « gilets jaunes », au Soudan, au Liban, en Algérie, en Catalogne, à Hong Kong, au Chili, au Venezuela, en Egypte etc. une fraction importante de la population manifeste pacifiquement, durablement contre les autorités en place, sans forcément avoir un but précis et constant. On proteste par principe, dans ce que, vulgairement, on pourrait qualifier de « ras le bol ». C'est le grand défouloir, peu organisé, spontané, sans encadrement souvent et qui risque de se terminer dans une impasse.

Les partis politiques, qui autrefois, élaboraient des programmes rationnels, avec des chefs qui faisaient une carrière politique ? Exit. Ils ont été, comme le parti communiste chez nous renvoyés dans leurs foyers, ce qui est le cas du parti socialiste, de L.R. Mais pourquoi pas, bientôt, du mouvement « En marche » bien qu'issu du « nouveau monde ». Idem en Italie depuis une décennie ...

Dommage qu'il n'en aille pas de même au Royaume-Uni, aux Etats-Unis où deux taureaux furieux bouleversent la donne, l'un au détriment de l'Europe et l'autre au détriment des Kurdes et du commerce mondial.

Nul donc, ne peut préjuger de ce que sera l'avenir. Par contre, d'ores et déjà, nous pouvons pressentir dans quelle direction globale nous allons tous. Est-ce un bien, est-ce un mal ? Bien malin qui peut le dire (sauf préjugé). L'humanité a suivi un cours depuis des millénaires à l'instinct. Elle continuera, sauf si elle va dans le mur à cause du dérèglement climatique que l'on combat collectivement mais bien tardivement.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 14 octobre 2019

Hissez les voiles

La polémique vient de rebondir par l'intervention publique d'un conseiller régional du Rassemblement National de Bourgogne - Franche- Comté qui a demandé à la présidente (socialiste) de prier une musulmane présente dans la salle des délibérations, au motif qu'elle accompagnait une sortie de classe, d'enlever son voile islamique.

« Scandââle » ... Quoi ? Elle ne pouvait donc pas afficher publiquement dans une enceinte républicaine élue sa préférence pour ses valeurs personnelles, celles de l'islam : inégalités femmes - hommes, soumission à l'homme (mari ou frère ou fils), moitié d'un héritage, séparation dans les lieux communs des femmes et des hommes etc .

Autrefois, Clémenceau proclamait : « le cléricalisme, voilà l'ennemi ». Aujourd'hui, le Tigre serait vilipendé, traité de « raciste » s'il dénonçait pareillement un islam rétrograde. D'autant que les commentateurs font sciemment, volontairement, délibérément la faute qui consiste à confondre race et religion. Car l'islam n'a, sauf pour les analphabètes, jamais été une race mais une idéologie, au même titre que le communisme ou le fascisme. Une idéologie religieuse, certes mais une idéologie tout de même, à l'instar du mode de pensée de nombre de sectes.

Lorsque Lionel Jospin était ministre de l'Education nationale, il a autorisé l'exclusion de trois jeunes filles voilées de leur établissement parce qu'elles refusaient d'ôter la preuve de leur soumission à des valeurs contraires à celles de la République. Jean-Michel Blanquer, son successeur, lui, tient à peu près le même langage en jugeant « que ce n'est pas souhaitable que les accompagnatrices en sortie scolaire des enfants soient voilées ». Que n'a t'il pas dit là, comme l'âne de la fable, « ce pelé, ce galeux ».

Désormais, la gauche serait du côté des ennemis de la laïcité, comme on l'a entendu sur BFM de la part d'une représentante du Parti socialiste. Idem pour les islamo-gauchistes de la France Insoumise et autres Lutte Ouvrière, « besancenistes » en diable. On fait le lit du communautarisme et de la négation des droits fondamentaux de la personne humaine ? Que leur importe, leurs intérêts de « chapelle » (si l'on ose dire) d'abord.

A ce jeu pervers, malsain, le Rassemblement national a de beaux jours devant lui. Mais il ne faudra pas dire, un jour « on ne savait pas ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 14 octobre 2019

Requiem pour le peuple kurde

On croyait le valeureux peuple kurde sur la voie de la liberté après sa victoire sur les djihadistes du pseudo « état islamique », un prétendu « califat » à l'origine de milliers de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Deux chefs d'Etat, sans foi ni loi, le turc Erdogan et l'américain Donald Trump en ont décidé autrement, l'un en envahissant le territoire kurde après que l'autre eut annoncé le retrait de ses troupes du secteur.

Les autres gouvernements, l'ONU, ont alors réagi mollement et (comme Blum en 1936, après l'intervention armée des gouvernements fascistes, devant les républicains espagnols venus lui demander l'aide de la France) n'ont eu que leurs yeux pour pleurer. Lâche démocratie, faible démocratie qui incite, par son comportement geignard, les pseudo-virils à toujours dépasser les bornes.

Trump prétend étrangler l'Iran mais reste très évasif vis-à-vis de la Turquie, membre hypocrite de l'OTAN (comme elle aurait voulu, il y a peu encore, être membre de l'Union Européenne). Chacun, de plus, feint d'oublier le génocide du peuple arménien, en 1915, jamais reconnu par Ankara.

Pour mémoire, le peuple kurde est le plus grand peuple du monde sans Etat. Il est partagé, depuis la fin de la première guerre mondiale entre quatre pays : Irak, Syrie, Iran, Turquie. Car les vainqueurs, lors des traités, en finissant de dépecer l'empire ottoman, parce qu'il avait soutenu l'Allemagne de Guillaume II, n'ont pas pris en compte les 40 millions de Kurdes. De même qu'ils ont fait l'erreur de ne pas repousser la Turquie au-delà du Bosphore, en rendant à l'Europe Constantinople devenu, par la domination islamique Istanbul.

Clemenceau, le Tigre, n'a pas toujours été visionnaire.

Reste un espoir : la capacité militaire propre des Kurdes à résister à l'invasion. Les femmes kurdes ont déjà montré qu'elles pouvaient battre « à plate couture » (il y a longtemps qu'elles ne tricotent plus !) les djihadistes, lesquels - environ 10.000 emprisonnés - vont, grâce à Erdogan et Trump retrouver leur liberté ... après sept années de guerre pour les anéantir. Félicitations aux deux clowns et condoléances au peuple kurde.

Et Bachar El Assad, dont la Turquie envahit le territoire ? Et Poutine, le colonisateur de la Crimée, que presque chacun (dont Emmanuel Macron) veut voir revenir au G-8? Et la grande Chine, toujours silencieuse, comme un panda, qui ne pense qu'à ronger ses pousses de bambou ?

Que les Kurdes cherchent et trouvent leur De Gaulle, qui les fédérera et leur fera dépasser leurs drames du siècle passé. Après tout, qu'est-ce qu'un siècle pour un peuple qui compte son histoire en millénaires.

A fortiori parce qu'ils ont le soutien de Bernard Henri Levy, le sauveur de la Libye, depuis son P.C. de Saint Germain des Près et de son avorton, le Schtroumpf multinational Raphaël Glucksmann qui a roulé sa bosse auparavant au sommet de la Géorgie, de l'Ukraine avant que le Parti socialiste français ne le propulse à Bruxelles : Ne manque que Yann Moix dans cette équipe de France ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 9 octobre 2019

Aux fous ...etc

Le monde anglo-saxon, si éloigné fut-il de nos us et coutumes continentaux ne nous avait pas habitué à cela. Au moins pour les Français, nous partagions la démocratie, le primum de la raison, un certain savoir vivre. Même au temps de Reagan et de Margaret Thatcher, François Mitterrand, socialiste allié aux communistes trouvait un terrain d'entente avec nos alliés atlantiques ne serait-ce que dans le comportement et dans la diplomatie. Etait-ce un vieux monde ? Voire ..., car le dit « vieux monde » avait ses règles communes depuis des siècles. C'était une civilisation, une éducation quasi universelles.

Rien de tel désormais. Provisoirement, espérons-le.

Aux Etats-Unis un psychopathe a accédé au pouvoir, qui dit tout et son contraire, « tweete » comme un malade, trahit son pays en pactisant secrètement avec la Russie, pays rival pendant près d'un siècle, téléphone à son homologue ukrainien pour « dézinguer » son futur adversaire après avoir menacé de raser la Corée du Nord puis de s'y rendre avec force manifestations d'amitiés.

Le même embrasse le nouveau Président Macron, joue la carte de l'amitié éternelle avant de se retourner cavalièrement contre lui en l'insultant, pour au final décréter de taxer les importations de nos produits, à commencer par Airbus, rival de Boeing (en grande difficulté pour des raisons techniques).

Mais Trump n'est, hélas, pas le seul de son espèce. Il a un clone (ou un clown) le triste Boris Johnson, à Londres, qui a en commun avec lui de mentir comme un arracheur de dents, viole lui aussi les lois démocratiques constitutionnelles de son pays en congédiant la chambre de Communes, fonce comme un débile dans le mur du Brexit qu'il a auparavant contribué à édifier.

Face à ces nouveaux acteurs de la scène occidentale, que faire ? Etre discret comme le sont Emmanuel Macron et Angela Merkel ? Attendre que l'orage passe en faisant le dos rond ? C'est une attitude possible, sage, mais qui ne pourra pas durer éternellement. Les peuples américains et anglais, prochainement, auront le choix : soit reconduire au pouvoir ces deux malades, soit remettre en selle la raison, la courtoisie, la recherche de l'entente entre les nations ...

Il est, pour l'heure, urgent d'attendre.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 30 septembre 2019

« Chirac est une fête »

La disparition du Président Jacques Chirac a provoqué une immense émotion que même ses adversaires ne peuvent ignorer, tant en France qu'à l'étranger. Mais curieusement, cette mort prévisible d'un homme malade de 86 ans n'est pas triste. Peut-être parce qu'elle était attendue mais, sans doute, parce l'homme publique a, pendant quatre décennies été un bon vivant en même temps qu'il a incarné une volonté politique à la hauteur de ses fonctions.

Les Français ne sont pas tristes parce que, quelque part, ils sont fiers de l'avoir élu à la tête de l'Etat où il a su, comme de Gaulle et Mitterrand, résister aux pressions américaines, respecter les règles de la cohabitation qui ont permis à Lionel Jospin de réaliser son programme, rencontré les grands comme les plus humbles avec la même simplicité, en province comme dans le monde.

En favorisant l'élection de François Mitterrand en 1981, puis en déclarant publiquement qu'il voterait pour François Hollande, longtemps après avoir vendu l'Humanité et signé l'appel de Stockholm Jacques Chirac, l'homme de paix, ami de toutes les cultures du monde, a tracé un sillon dans l'axe de ses prédécesseurs depuis des siècles.

Pour nous, de plus, il sera celui qui, dès 1992, nous disait et nous écrivait, avant sa célèbre formulation : « La maison brûle et on regarde ailleurs » qu'il fallait reconnaître le droit à vivre dans un environnement sain, ce qu'il fit adopter en préambule de la Constitution.

A quand un chef de l'Etat qui fera, de plus, reconnaître le « droit à vivre en paix » comme Jacques Chirac l'appliqua pour l'Irak ? La présence à ses obsèques de tous les anciens chefs de l'Etat vivants est un gage d'optimisme.

La vie continue donc, loin du pessimisme ambiant, avec l'énergie de la sagesse qu'a tenu à souligner Vladimir Poutine dans son message à la France.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 26 septembre 2019

La nuit du 4 août ...

La nuit du 4 août (1789) est presque aussi célèbre que le 14 juillet (1789) dont, il est la suite logique, dans la foulée de la prise de la Bastille. La différence entre les deux est le modus operandi. En juillet 89 la révolte, la violence ; en août l'abolition des privilèges par l'Assemblée nationale. Quelles leçons en tirer pour nos contemporains ? Beaucoup plus qu'on ne le pense ...

Au XVIIIe siècle, les privilégiés étaient la caste aristocratique, contre lesquels la Constituante dans l'article 1er de la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'activité commune » espérait établir l'égalité pour toujours.

On chasse le naturel, il revient au galop.

De nos jours, malgré l'instauration de l'impôt sur le revenu voici un siècle de multiples lois sociales, l'écart ne cesse de s'accroître entre riches et pauvres et le pouvoir en place n'y est pas pour rien, ne serait-ce que symboliquement en ayant commencé son action par la suppression de l'impôt sur la fortune.

Mais les inégalités, les privilèges ne sont que d'un seul côté. Dans le monde salarié même, certains sont « plus égaux que d'autres » selon la formule du regretté Coluche.

Dans une vision simplificatrice, Emmanuel Macron a voulu, fort justement, instaurer un régime universel de retraites par points, en ménageant toutefois ceux qui ont eu des conditions de travail pénibles. De longues négociations ont été menées par Jean-Paul Delevoye afin de faire converger les quarante deux régimes vers un système unique et clair, ce qui implique parfois des sacrifices.

Immédiatement, ce fut une levée de boucliers. Certains parce qu'ils ne pourraient plus partir à la retraite à 52 - 55 ans (RATP, SNCF ...), d'autres (médecins, avocats ...) parce qu'ils craignent que l'on fasse main basse sur la cagnotte de leur régime actuel. Bref, comme toujours dans ce pays il est urgent de ne rien faire.

L'autoproclamé « premier de cordée » aurait du se douter qu'il attaquait l'Everest par la face nord.

Seule la CFDT parmi les syndicats, comme de coutume, accepte le principe de la réforme. Sans cesser de défendre les intérêts légitimes des travailleurs pour autant, mais après avoir constaté, comme Pascal Bruckner l'analyse dans son dernier ouvrage, que l'on vivait plus vieux et plus actif qu'il y a cinquante ans.

Le bras de fer est dès lors engagé. Il n'y aura pas de nouvelle nuit du 4 août puisque la CGT et FO l'ont clairement dit, façon Woody Allen « La réponse est non. Au fait quelle était la question ? » Il faut sauver les privilèges et les privilégiés ; que le chauffeur de bus de Bordeaux ou Toulouse ait sa retraite plus tard que celui de Paris... On n'est pas conservateur mais on ne touche à rien, sinon on déclenche une grève dont les premières victimes seront les salariés « ordinaires » qui, eux, n'auront jamais leur retraite à 50 - 55 ans mais plutôt à 63 - 65 ans.

La question n'est donc plus « droite ou gauche » mais « corporatisme ou pas » ... comme en 1789. La suite dans les futurs livres d'Histoire.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 16 septembre 2019

La pollution publicitaire

Les médias en parlent peu... et pour cause : ils en vivent, au détriment de nos concitoyens et de la langue française. Ils ne vont donc pas se tirer une balle dans le pied en ciblant la publicité excessive dans les articles ou émissions ce fléau qui s'est développé à la vitesse V depuis une trentaine d'année. Leur fric d'abord, les concitoyens après. Comme les constructeurs de « fermes de mille vaches », les éleveurs de poulets en batterie ou où les éleveurs de porcs qui produisent du lisier avant de polluer les côtes de Bretagne avec les mortelles algues vertes. Les droits de l'argent avant les droits de l'homme (ou les droits des animaux).

Toutes les publicités n'agressent pas de pareille façon cependant nos concitoyens réduits au rôle de vulgaire consommateur.

C'est ainsi que si les forêts de panneaux publicitaires enlaidissent la périphérie des villes et des paysages, ce qui a fait réagir nombre d'élus locaux ; que l'on peut tourner les pages des revues qui accumulent les pavés de pub, que l'on peut écrire sur sa boîte à lettre « Pas de publicité », en revanche il est difficile d'éviter le matraquage à la radio et à la télévision y compris sur les chaînes nationales, pourtant financées par une redevance.

Prenez l'exemple d'une marque longtemps inconnue : « Comme j'aime » qui vous abreuve de ses mensonges (lire « 60 millions de consommateurs ») en permanence, du matin au soir sur toutes les ondes, tel le scotch au bout du doigt du capitaine Haddock. Impossible de s'en défaire. Ce produit occupe, de force, votre quart de cerveau disponible comme s'en vantait un ancien président de TF1.

Qu'on le veuille ou non, ils nous font absorber leur bouillie verbale indigeste. Vous passez de BFM à C News, puis LCI, voire France Inter : « Comme j'aime, Comme j'aime, Comme j'aime » ... Une pollution légale

Mais ce n'est pas tout car les « fils de pub » se prétendent « modernes » ou, plus exactement, «américains » et vendent pour les Français (idem en Allemagne, en Italie ou en Espagne) leurs produits en anglais : c'est tellement plus chic et jeune. Voyez Air France, la SNCF, Renault, Peugeot ou Citroën ... Ils font reculer les langues et les cultures ? Ce n'est pas leur affaire car ce qui leur importe, avant tout, est le profit. Maintenant, on ne dit plus « depuis » mais « since ». On ne dit plus « par » mais « by ». Bref ces monstres d'arrogance et de suffisance à l'esprit colonisé nous prennent pour des imbéciles sans que les pouvoirs publics réagissent. Oublié François 1eret l'ordonnance de Villers-Cotterêts ; oubliée la loi Toubon, alors même que son auteur est devenu «Défenseurs des droits » et verse dans un gauchisme vertueux.

Que disent alors les organisations dédiées à la protection de l'environnement ? Rien bien sûr. Car l'art de vivre, la qualité de la vie, le respect des femmes et des hommes d'un pays, ce n'est pas leur affaire. La sauvegarde du patrimoine moral et intellectuel d'une nation ne les concerne pas. Pas plus qu'il n'intéresse les partis politiques de droite ou d'extrême droite comme de gauche ou d'extrême gauche qui se taisent honteusement, lamentablement. Tous se réclament (a posteriori) du Général de Gaulle mais tous enterrent son message fondamental.

Résumons : « il ne peut y avoir qu'une seule politique : celle du chien crevé au fil de l'eau » (qui ne peut plus aboyer contre l'Académie française, hélas en coma profond)

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 1er septembre 2019

Une rentrée à reculons 

On a connu meilleure rentrée que la rentrée 2019, avec son cortège d'incertitudes et de menaces. Ralentissez la vitesse, tenez bien le volant, pied devant le frein par précaution.

En France, les « gilets jaunes » sont toujours en lisière, mais surtout les casseurs qui se cachent derrière eux, prêts à en découdre pour le seul plaisir de détruire avec peu de risques ... La réforme des retraites sera un bon prétexte d'autant que l'on a appris que si les salaires stagnaient, les dividendes des actionnaires en France avaient fait un bond jusqu'à être les plus élevés dans le monde. Une vraie provocation pour les classes populaires.

Dans le monde, les « cinglés » sont de plus en plus nombreux au pouvoir et font courir des risques à la stabilité dont on est en quête depuis 1945.

Donald Trump a donné le « la », tout juste « canalisé » par le G7 à Biarritz. (Mais est-il le pire quand on voit Bolsonaro au Brésil qui, non seulement, fait brûler l'Amazonie, mais insulte les dirigeants d'autres pays, y compris leurs épouses).

En Grande Bretagne, c'est le fou Boris Johnson qui a accédé au pouvoir pour pratiquer un Brexit dur, le 31 octobre, quand les Ecossais, les Irlandais du Nord, les Gallois et les londoniens ont voté pour le maintien du Royaume-Uni dans l'Union Européenne. Pis encore, il envoie, d'office en congés, la Chambre des communes, plus ancien parlement de la planète, pour l'empêcher de s'exprimer librement. Un véritable coup d'Etat.

Petite lueur d'espoir, cependant notre chère mère l'Italie, a renvoyé dans ses vingt-deux mètres l'extrémiste Salvini, lui-même expert en insultes. Mais pour combien de temps ?

Les dirigeants de l'Est, voire la Chine, ont, eux, en bons marxistes encore gardé la tête froide. Le Président français, Manuel Macron semble avoir apaisé Vladimir Poutine dans ses excès en Ukraine, en Crimée voire en Géorgie. Reste à en attendre les preuves tant qu'il soutient le criminel Bachar El Assad et ne joue pas vraiment l'apaisement. Quant aux dirigeants chinois, ils hésitent, pour la première fois de l'histoire d'un pays communiste, à réprimer dans le sang la révolte de la population de Hong Kong.

Reste alors l'Iran pour lequel la France, très active a obtenu théoriquement que son président Rohani rencontre Trump pour régler sur le tapis un différend régional (nucléaire) réel. Cependant, nul ne parle de l'immixtion des Iraniens en Syrie, au Liban, en Irak ... Est-ce tabou ? Pas plus que les Occidentaux ne mettent sur la table les crimes contre l'humanité du régime de Téhéran depuis quarante ans. Tiens, tiens, les droits de l'Homme ne leur tiennent plus à cœur ? Qui va alors poser la question, sinon les militants de la Résistance (l'OMPI) refugiés en France, lesquels ont déjà été les premiers à dénoncer la tentative d'armement nucléaire de leur pays ? D'où la nécessité, comme le fait NDH depuis quatre décennies, de renforcer leur autorité dans leur volonté de donner enfin le pouvoir, la parole au vieux peuple perse dont la culture, notamment celle des femmes est brimée par un islam archaïque.

Bref, à défaut d'être optimistes, soyons vigilants, le feu est à nos portes.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 6 août 2019

Le mal américain

Les Etats-Unis d'Amérique avaient tout pour « régner » pacifiquement sur le monde après la seconde guerre mondiale, puis la chute de l'URSS. L'intelligence d'un Mikhaïl Gorbatchev le permettait largement. Hélas, dans une logique de puissance et non de démocratie, leurs gouvernants successifs ont voulu humilier la vieille Russie, sans même voir la montée de la Chine et l'irruption de l'islamisme sur la scène internationale. Tout sauf une preuve de clairvoyance et d'expérience, après leur expulsion du Vietnam : guerre en Afghanistan, invasion de l'Irak ... Le comble de la stupidité quand Trump, le dernier avorton de la présidence des Etats-Unis insulte le Président Macron pour seulement vouloir imposer aux GAFA de payer leurs impôts dans les pays où ils opèrent avec arrogance, en mode souveraineté « planétaire ».

Aujourd'hui, alors que les peuples se révoltent pacifiquement de l'Algérie au Soudan, de la Russie à Hong-Kong pour plus de démocratie, plus de transparence, le milliardaire aveugle persiste et signe, avec son homologue Anglais Boris Johnson (pas Britannique, car Irlandais, Ecossais, Gallois ... voire « londoniens » ont voté « contre » le Brexit pour demeurer dans l'Union Européenne ...).

On hallucine ! Que chacun lise, ou relise, le livre de Frédéric Pierucci et Matthieu Aron : « Le piège américain » (édition Jean Claude Lattès), 36e Prix littéraire des droits de l'Homme 2019, pour comprendre que les Etatsuniens, dits « Américains » veulent imposer leurs lois politiques, économiques et financières au globe terrestre entier au détriment des droits de l'Homme. Loin de « De la démocratie en Amérique » du cher Tocqueville.

Certes, Russie et Chine, entre autres, ne sont pas exempts de critiques - et NDH est le premier à les contester. Mais là, la coupe est pleine pour ce pays que La Fayette a aidé à s'émanciper avant qu'il ne vienne, tardivement, à son tour, en 1917 et 1943, aider l'Europe à se libérer de l'impérialisme allemand, prolongé par l'impérialisme stalinien.

En interne, la suprémacisme « blanc » s'impose, de jour en jour, à coup de fusillades dévastatrices (contre les juifs, les latino-américains, après avoir parqué les populations indigènes dans des réserves). Dans le pseudo pays de libertés, chacun a le droit d'être armé jusqu'aux dents et de s'attaquer, quotidiennement, à n'importe qui, avec ou sans prétexte.

Le 4 août 2019, à El Paso, ce sont 29 personnes qui ont été abattues, comme des lapins, près de la frontière du Mexique après que Trump, président des Etats-Unis n'ait cessé de vilipender ceux qui, depuis trois siècles, occupaient cette région (le Texas, comme la Californie). Ce n'était que la 251e fusillade de l'année 2019. Et le triste sire qui occupe la Maison Blanche, avec l'ambition d'y rester après 2022, ne demande pas (pas plus que ses adversaires démocrates) la prohibition des ventes d'armes aux particuliers. Il veut même édifier un mur de séparation, comme Netanyahou entre Israël et la Palestine ...

Donc, après la domination physique par la force, la domination par l'argent et la technologie des GAFA ... Où s'arrêtera t'on ?

Dans ce nouveau monde, certes, les droits de l'Homme demeurent encore la boussole philosophique mondiale, mais ce ne sera pas, hélas, sans rapport de force.

L'Europe, la Chine, la Russie, l'Inde ... se doivent dès lors de réagir. Franklin Roosevelt lui-même disait que « les droits de l'Homme doivent passer avant les droits de l'argent ». Ses descendants l'ont bien oublié. Alors, de Gaulle, le retour ? Même si nul n'est prophète en son pays ... Pourquoi pas ? L'homme de Phnom Penh et de Québec savait parler haut et fort, lui.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 22 juillet 2019

Iran : le « miracle » d'Achraf 3

Plus de 200 personnalités, venues du monde entier, en Albanie, près de Tirana ont pu découvrir la cité d'Achraf 3 où des milliers de réfugiés politiques iraniens sont désormais installés, à l'instigation de OMPI, première et plus grande organisation de résistance à la dictature religieuse instaurée en 1979 par l'ayatollah Khomeini, tombeur du shah Mohammad Reza Pahlavi.

Mais cette œuvre singulière a une histoire, une histoire tragique, hélas, qu'un musée des horreurs a rappelé aux visiteurs pour entretenir la mémoire des victimes du fanatisme islamique : photos de jeunes gens pendus en grappes à des grues de chantier ; doigts coupés, yeux arrachés ; emprisonnement dans de véritables « trous à rats » pendant des mois, sans jugement ... Bref un catalogue, preuves à l'appui, de la capacité du régime actuel de Téhéran d'agir « sans foi ni loi » alors qu'il se réclame de l'islam.

A quand un « Nuremberg » pour les auteurs de ces crimes « contre l'humanité » ? Que font les dirigeants démocratiques de la planète, à part contester la nucléarisation de l'Iran ?

Si Achraf 3 est une réussite technique exemplaire, encore faut-il en connaître l'histoire, les origines ...

Pour les novices, il est bon de rappeler que les démocrates iraniens, après s'être opposés, dès l'origine, à la dictature, n'ont eu d'autre choix que de quitter l'Iran pour l'Irak alors sous le joug du dictateur laïque Saddam Hussein. Cohabitation difficile mais nécessaire.

Lors de l'invasion américaine, les réfugiés politiques iraniens ont dès lors été confondus avec les partisans de Saddam, donc des ennemis à abattre par les Etats-Unis qui avaient, sans scrupule, auparavant, violés les résolutions de l'ONU sur le maintien de la paix. En conséquence la zone d'Achraf, en Irak où étaient concentrés les réfugiés iraniens, fut agressée et par les « nouveaux Irakiens », soumis, et par les Américains ...

Toutefois, c'était sans compter avec les convictions et l'ampleur de la Résistance iranienne (OMPI) qui, bien implantée dans son pays, a révélé les plans « atomiques » secrets de Téhéran ... d'où un retournement des Américains à leur endroit qui ont permis aux réfugiés iraniens d'ouvrir un nouveau site de protection (au camp de Liberty-Achraf 2) puis, finalement en Albanie (Achraf 3).

D'aucuns s'interrogeront à juste titre : où est Achraf ?

La réponse est dans l'exposition consacrée à la Résistance iranienne. Achraf est le nom de l'épouse de Massoud Radjavi, un des fondateurs de la Résistance, réfugié en France, à Auvers en 1981 avec l'accord de François Mitterrand, Président de la République. Celle-ci, arrêtée, torturée à mort par les fascislamistes, a laissé son nom comme emblème de la place des femmes dans la lutte des femmes contre le régime. Avec Maryam Radjavi, Présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) la ligne continue : ferme et sans états d'âme ...

Les arrestations actuelles d'intellectuelles à la double nationalité (dont une française) sous le prétexte d'espionnage, l'interception de navires de commerce dans le détroit d'Ormuz, le tir des drônes américains n'y changeront rien. La bande de Téhéran, malgré ses rodomontades guerrières, est aux abois économiquement, financièrement. A moins que Trump, par un retournement dont il a le secret ne change d'avis. Mais on peut en douter tant la guerre en Irak a été une honte pour les Etats-Unis, dont ils ne se remettent toujours pas.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 15 juillet 2019

Tout passe, tout casse, tout lasse... 

« Quand je me regarde, je me désole, quand je me compare, je me console » dit l'adage.

Il ne saurait mieux s'appliquer, en ces temps de troubles, quand tout l'hémisphère nord de la planète se prépare - pour les moins pauvres - à partir en vacances.

En France, vu de l'étranger, on ne parle que de la prise, la main dans le sac, de l'ancien président de l'Assemblée nationale, François de Rugy, qui invitait aux frais du contribuable ses amis pour des agapes royaux, y compris pour la Saint Valentin. Qu'en pensent les « gilets jaunes » qui luttent depuis des mois pour un minimum de justice sociale ? Encore une fois, les droits de l'argent passent avant les droits de l'Homme.

Mais ce n'est pas tout. Le soir du 14 juillet, fête nationale, lorsque tous les citoyens célébraient l'union de la nation autour des valeurs républicaines, une fois de plus, de jeunes Algériens, drapeau vert et blanc brandi à tout bout de champ, envahissaient les Champs Elysées pour hurler leur orgueil après la victoire de l'équipe de football de leur pays sur l'équipe du Nigeria, cassant les vitrines des boutiques, à Paris comme à Toulouse, Marseille...

De quel droit ? parce que l'Algérie passe pour eux avant la France qui les accueille ? Quand, dans leur pays, un manifestant, qui brandirait un drapeau français serait lynché puisque l'on a appris que, outre - Méditerranée, lors des manifestations anti-régime, « les jeunes » se gardent là-bas, de casser, sous peine d'emprisonnement, voire de sortir les drapeaux berbères (amazigh) qui sont pourtant la majorité de la population.

« Vérité en deçà de la Méditerranée, erreur au-delà ». Que sera dès lors la situation, le jeudi 18 juillet, si l'équipe de football algérienne emporte la CAN (Coupe d'Afrique des Nations) ? Les jeunes hurlant, klaxonnant seront-ils encore en pays conquis, comme lors de mariages dans les hôtels-de-ville français ? Mais pourquoi les émigrés portugais, espagnols, italiens, polonais n'en font-ils pas autant ? Et après, ils crieront encore au racisme ...

La gravité du moment ne s'arrête pas là toutefois. L'atmosphère s'échauffe aussi au Proche-Orient où Trump rêve d'en découdre avec les fanatiques tortionnaires iraniens qui maintiennent un des peuples les plus civilisés de la terre sous la botte de leur milice : les pasdarans. En jouant avec le feu on risque l'embrasement de la région, après celui de l'Irak et de la Syrie.

Certes, sur le fond, il a raison. Néanmoins pourquoi tant de modération pour le régime communiste répugnant de Corée du Nord, aussi dangereux que l'Iran et tant d'agressivité vis-à-vis du « fascislamisme » ?

A côté de cela, le Brexit est de la petite bière qui passionne de moins en moins les opinions. A moins que l'arrivée d'un autre fou, Boris Johnson au 10 Downing Street ne jette de l'huile sur le feu.

Pendant les vacances il est interdit de fermer l'œil, sinon le réveil risque d'être douloureux.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 8 juillet 2019

« L'Europe, l'Europe, l'Europe ... »

C'est par cette exclamation célèbre que le Général de Gaulle fustigeait ses opposants, notamment centristes, dirigés par Jean Lecanuet, surnommé la « pintade effarouchée » ou   le «kenedillon », lesquels ne juraient que par des états-unis d'Europe quand le président de la Répu- blique, lui, ne voulait que l'Europe des nations.

Un demi-siècle plus tard, la donne n'a pas changé, mutatis mutandis.A fortioriparce que de Gaulle en refusant l'entrée de la Grande Bretagne dans l'Europe communautaire avait, une fois de plus, été prophète puisque l'adhésion britannique s'est soldée par le Brexit.

Aujourd'hui à la veille des élections européennes l'Union a de nouveau été secouée par la montée des nationalismes italien, hongrois, polonais ... Mais tel le roseau de la fable, elle a plié sans rompre. Et c'est tout à son honneur. Cette Europe, menacée de régression, de dislocation sous les coups de boutoir des lepenistes, des salvinistes a su résister, montrer un haut degré de conscience commune.

Quand les commentateurs ne savaient que critiquer, dénoncer son impuissance à former son nouveau « gouvernement », tel un vulgaire régime parlementaire de la IIIeou de la IVeRépublique, l'Europe issue des élections de juin, comme le phénix, a su montrer son sens des responsabilités pour rebondir, voire renaître ...

En choisissant Ursula von der Leyen, Allemande, francophone, pour succéder à Jean Claude Juncker comme présidente de la Commission, le couple franco-allemand, colonne vertébrale de l'Union est consolidé. En nommant Christine Lagarde pour succéder à Mario Draghi à la tête de la Banque centrale européenne, la parité femme-homme progresse. Mais le renforcement de l'Union ne s'arrête pas là puisque le Belge Charles Michel remplace le Polonais Donald Tusk comme président du Conseil européen tandis qu'un Espagnol, Josep Borrell (qui plus est catalan non séparatiste) hérite de la « diplomatie » européenne avant qu'un Italien, David Sassoli, préside le Parlement des 27.

Les vieux grognons, parmi lesquels nombre de nos amis, devraient donc se réjouir : exit les Britanniques, francophonie renforcée, Europe des nations et non « supranationale » ...

Reste désormais aux Belges à acheter des avions de combat européens (et non américains) comme aux Polonais pour leurs hélicoptères militaires. Chutt ! Il ne faut pas le dire, ou le rappeler ...non sans avoir tiré un grand coup de chapeau à Alexis Tsipras, Premier ministre grec          gauchiste  qui a rétabli la situation économique de son pays « pour et avec » l'Europe, avant d'être défait électoralement par la droite qui avait auparavant ruiné son pays, berceau de notre culture. L'Union s'honorerait en lui attribuant une haute fonction.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 1 juillet 2019

Quel impérialisme choisissez-vous ?

Le monde était autrefois simple. Disons relativement simple. La France, l'Angleterre, l'Espagne se partageaient le monde. Puis vinrent l'Allemagne et les Etats-Unis à la fin du XIXe siècle.

Après 1945, seules survécurent ou surgirent les Etats-Unis et l'Union Soviétique (anciennement Russie). Le partage du monde dura jusqu'à 1989 et à la transition Gorbatchev qui ramena l'empire totalitaire à ce qu'il était : une coquille vide, malgré quelques succès spatiaux historiques.

Alors, la prophétie napoléonienne prit forme : « Quand la Chine s'éveillera... ». Et l'empire du Milieu ressurgit de ses cendres, après avoir été humilié par les Occidentaux, mais plus encore par le Japon.

Il a, jusqu'à présent, toujours fallu choisir son camp quand on n'était pas le premier ou les premiers de la classe. Seul de Gaulle s'y opposé, rééquilibrant les rapports en vogue de son temps en exigeant le départ des troupes américaines sur le sol français et la conversion de nos réserves en dollars (puisque celui-ci était encore convertible - as good as gold :soit 35 dollars l'once à cette époque). Mais tout le monde n'est pas de Gaulle.

L'Europe aurait pu se positionner elle-même (et pas seulement la France) sur cette position indépendante entre les Etats-Unis et l'URSS, puis la Chine, de nos jours. Tel n'a pas été le cas, chaque grand pays européen voulant, fort justement d'ailleurs, ne pas fusionner avec son ancien rival, ce que l'on aurait alors décrit comme la fin des nations.

Il n'empêche. Une coopération européenne, sans aliéner notre indépendance, au service d'un consensus idéologique (démocratie, respect de l'environnement, liberté d'entreprendre, justice sociale ...) n'a pas vu le jour, faute d'un personnage fédérateur d'idées ou d'un Etat dominant les autres.

Résultat : en 2019, tandis que le monde bouge, ni l'Europe ni la France ne font entendre leur voix, pourtant sage, équilibrée, et qui devrait être prophétique dans un monde de brutes où les Américains se veulent les maîtres de l'univers, où Poutine fait encore main basse sur la Crimée, une partie de la Géorgie et de l'Est de l'Ukraine ... Quant à la Chine, ce Raminagrobis, aux multiples vertus, elle attend son heure, patiemment ...

Difficile, dès lors, de tracer une route libre, entre égaux car il n'y a plus d' égalité. Seul un homme ou une femme de caractère le pourrait en bousculant les idées reçues, parvenir à un rééquilibrage durable. Cependant, photographier le passé s'il n'y a pas soif d'avenir, est vain.

Dès lors, faute d'un nouveau de Gaulle, qui parle haut et fort, à quel impérialisme les seconds couteaux doivent-ils s'affilier ? A l'Américain Trump qui écrase ses alliés, vassalise les économies concurrentes, détruit le climat ? A Poutine et à la Russie ex-puissance au PIB inférieur à celui de l'Italie ? A la Chine, puissance émergente qui rentre encore ses griffes mais ne tardera pas à occuper une Russie orientale vide d'habitants ?

Entre la peste et le choléra, on ne choisit pas. Il faut résister. Encore faut-il en avoir la volonté, ce qui ne semble pas évident, à première vue.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 16 juin 2019

Iran : bis repetita ?

La température monte autour de l'Iran et en Iran. La faute à Trump ? Bien sûr, mais d'abord la faute de la junte religieuse au pouvoir depuis 40 ans.

Dans ce jeu de poker menteur, les barbus tortionnaires qui ont dilapidé les richesses de leur pays en Irak, en Syrie, au Liban etc. sont le dos au mur, réduits a quia. Ils doivent partir, comme NDH, le réclame avec l'opposition iranienne depuis quatre décennies. Et il ne faudra pas oublier de les juger après leur chute, même si les belles âmes occidentales protesteront alors au nom du respect des droits de l'Homme qu'ils ont toujours violés. Hélas, nous n'en sommes pas encore là, même si l'on doit s'y préparer.

En revanche, que les Etats-Uniens ne nous refassent pas le coup de l'Irak, où ils ont perdu toute crédibilité depuis « l'invention » de soi-disant armes de destruction massives, comme l'avait dénoncé Hans Blix, rapporteur des Nations Unies, auquel NDH a rendu hommage en lui attribuant, en 2004, son Prix littéraire annuel des droits de l'Homme pour son ouvrage « Irak, les armes introuvables », éd. Fayard.

Trump, en prétendant que ce sont les gardiens de la révolution (pasdarans) qui ont miné plusieurs bateaux (preuves à l'appui, selon lui) joue les apprentis sorciers, à la manière de George Bush Jr. pour pouvoir envahir l'Irak. Ce faisant, il met en cause la paix mondiale car l'Iran est trois fois plus peuplé que l'Irak de Saddam Hussein et la clique islamiste au pouvoir régente des troupes fanatisées que n'avait pas le maître de Bagdad. Les poids sont totalement différents.

Le peuple iranien, enfin, dans ses profondeurs, est lassé des ingérences américaines dans ses affaires intérieures et aspire à une liberté de choix démocratique. Il n'oublie pas que, dès les années 50, en renversant le gouvernement de Mossadegh, les Etats-Uniens ont suscité la haine. Une haine tenace qui peut s'enflammer à tout moment, surtout parce qu'elle est attisée par le fanatisme religieux.

Lutter encore et toujours contre la dictature totalitaire, sans doute. Mais pas par le mensonge et la force.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du  3 juin 2019

Trump la mort au Royaume désuni

La venue en voyage officiel de Donald Trump à Londres tourne au grand guignol. Après avoir injurié avant son arrivée le maire de la capitale, d'origine pakistanaise, prôné un brexit dur alors que la Première ministre Theresa May a démissionné pour cette raison, suggéré la nomination à son poste de Boris Johnson, son alter ego britannique, on ne voit pas ce qui empêche désormais la Grande Bretagne, l'ex colonisateur de devenir le 52eEtat des Etats-Unis d'Amérique, tant le Royaume Uni a perdu tout sens de l'Histoire.

Jadis mère de la démocratie, la Grande Bretagne en est devenue le contre-exemple puisque toutes les nations qui la constituent : pays de Galles, Ecosse, Irlande du Nord ont voté pour rester dans l'Union Européenne mais qu'elles devront cependant la quitter, en même temps que ses deux partis traditionnels, conservateurs et travaillistes s'effondraient.

Que le pays de Winston Churchill, (qui a préconisé l'union de l'Europe dans un célèbre discours à Strasbourg, en même temps qu'il disait plus tard, qu'entre « L'Europe et le grand large, il choisirait toujours le grand large ») assume enfin ses contradictions : l'Angleterre en rejoignant les Etats-Unis tandis que l'Irlande, enfin réunie, le pays de Galles et l'Ecosse resteront intégrés dans l'Union Européenne puisque tel est leur vote démocratique.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 27 mai 2019

Européennes : une démocratie renforcée

Les urnes en Europe, terre natale de la démocratie et gardienne de ce modèle qui continue de guider le monde, même, parfois, avec la plus entière hypocrisie, ont parlé. Et l'on doit être fier d'être européen malgré les remugles de fascisme dans plusieurs pays dont la France et l'Italie, voire la Hongrie. « No pasaran » ! Ils ne dépasseront jamais 25%, sauf rupture du barrage républicain qui va de l'extrême gauche à la droite libérale, lequel a déjà fait ses preuves durant la seconde guerre mondiale.

Restent les commentaires, qui suivent des sondages, erronés pour la plupart.

On est abasourdi et par les résultats et par leur interprétation.

Macron aurait perdu ... alors que sa liste talonne à moins d'un point celle de Marine Le Pen et que cette élection a lieu après 28 semaines de manifestations des gilets jaunes, quand nul n'ignore, de surcroît, que les élections intermédiaires sont toujours perdues par le pouvoir en place.

Les Verts, parti en miettes du fait du départ de tous ses historiques, crèvent cependant tous les plafonds grâce au sérieux de Yannick Jadot jusqu'à devenir le troisième parti de France.

Quant à la France Insoumise et à la droite classique, l'illusion a cessé d'opérer. La « musculation » n'a pas sa place dans la vie démocratique. La « colère permanente », la « gueule » n'est plus une façade présentable au XXIesiècle. Où est l'humour gaullien, mitterrandien ? « Le style, c'est l'homme » ...

On oubliera, pour toujours, les rodomontades de Benoît Hamon et sans doute aussi celles du parti communiste français, ramené, progressivement, de 25% à 2,5%, en croyant que les Français ont oublié qu'il a cautionné l'échec économique de tous les pays où il s'était emparé du pouvoir et approuvé toutes les répressions staliniennes (au coup d'Etat en Pologne de Jaruzelski, en passant, avant, par Budapest, en 1956, et Prague, en 1968).

Mais alors, quid de ce pauvre Parti Socialiste, dont l'histoire et les idées furent si brillantes - de Jaurès à Mitterrand, de Rocard à Hollande (victime de ses propres camarades frondeurs) sans oublier Pierre Bérégovoy et le grand Pierre Mauroy, fils de bûcheron ?

Les nains qui le gouvernent désormais, incapables de choisir l'un d'entre eux pour mener la liste aux européennes 2019, ont fait appel à un « intérimaire du spectacle », qui avait déjà, auparavant, offert ses services en Géorgie, puis en Ukraine, avec, toujours autant de succès. Après, surtout, avoir craché sur François Mitterrand, soi-disant complice du génocide au Rwanda puis sur le Président François Hollande, qu'il a osé néanmoins solliciter, toute honte bue ...

On ne pouvait mieux faire. Le PS a alors atteint le degré zéro de la politique civique (pas politicienne). Sauf pour lui, l'arriviste, que la fusée socialiste a placé sur orbite européenne après ses échecs géorgien et ukrainien, et qui déclare « qu'il a gagné ... parce que les sondages le plaçaient à 5% et qu'il a fait 6,5%, quand le PS faisant 14% en 2014 ». Donc, le schtroumpf opportuniste a perdu la moitié des voix socialistes mais a gagné par rapport aux sondages ! Une grande victoire des forces prolétariennes ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 20 mai 2019

 Affaire Vincent Lambert

                                               « Mon fils, ma bataille » 

L'affaire de l'arrêt des soins à Vincent Lambert, dans le coma depuis dix ans, suite à un accident arrive à son terme, au propre comme au figuré. Elle oppose l'épouse de la victime qui demande la fin du calvaire à la mère de cet homme de 42 ans, réduit sur un lit d'hôpital, à une vie purement végétative tant que la science n'aura pas fait d'énormes progrès dans les décennies à venir.

Comme le chantait notre regretté ami Daniel Balavoine, lui-même victime d'un terrible accident (mortel celui-là) : « C'est mon fils ma bataille » « Les juges et les lois, ça ne me fait pas peur ... ». Et la mère de Vincent Lambert, elle-même, refuse de se résoudre à toutes les décisions de justice, y compris européenne, en appelant finalement à une décision extra-judiciaire ; que dire, « monarchique », du président Macron. Exit alors l'état de Droit. Retour vers un passé archaïque, arbitraire.

D'aucuns, à court d'arguments osent même dénoncer une euthanasie. Et pourquoi pas un Etat nazi tant qu'ils y sont ?

Il faut donc raison garder et la famille de ce malheureux Vincent Lambert devrait adopter une posture stoïcienne devant l'adversité dont les lois ne sont pas responsables. Ce n'est pas qu'une question de croyance, comme l'ont montré les familles des soldats tués au Burkina-Faso, elles-mêmes, croyantes. C'est une question de dignité.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 13 mai 2019

Europe : L'Allemagne et ses vieux démons

                                 Deuschland uber alles

                                               (L'Allemagne au-dessus de tout)

On avait cru l'Allemagne « normalisée » après sa conquête de l'Alsace - Moselle en 1870, sa tentative d'invasion de la France en 1914, puis son invasion totale de l'Europe en 1940, laquelle causa la mort de 50 millions d'êtres humains, dont 7 millions de Juifs dans des chambres à gaz.

Sous la houlette de sages comme Konrad Adenauer, Helmut Schmidt, Helmut Kohl, voire Gerhard Schröder, une nouvelle Allemagne semblait être née, prise de remords pour ses crimes répétés. L'amitié franco-allemande, scellée par le traité de l'Elysée, en 1963 entre de Gaulle et Adenauer, en était le symbole, avant même la réunion des Allemagne, de l'Est et de l'Ouest, malgré une certaine réticence du Président Mitterrand, sans doute adepte de celui qui fut un temps son ami, l'écrivain François Mauriac, lequel n'hésitait pas à dire, lui, de sa voix feutrée : « J'aime l'Allemagne. J'aime tellement l'Allemagne que je suis content qu'il y en ait deux ».

Aujourd'hui, croyant probablement qu'il y a prescription, Berlin réveille les fantômes. Le « couple » franco-allemande bat de l'aile. La chancelière Angela Merkel et son parti, la CDU, n'hésitent plus à contester la France et à se congratuler avec Theresa May, Premier Ministre britannique qui quitte l'Europe. Par des canaux indirects, notre voisin d'Outre-Rhin veut même partager, au nom de l'Union Européenne, notre siège de membre permanent du conseil de Sécurité aux Nations-Unies, afin d'y partager le droit de veto, alors qu'elle ne porte pas les responsabilités mondiales de notre pays, ni ne détient l'arme nucléaire - comme tous les autres membres permanents. L'Allemagne nouvelle réclame en outre le transfert du parlement européen de Strasbourg à Bruxelles ; veut maintenir la loi d'airain d'un déficit budgétaire inférieur à 3% et, cerise sur le gâteau, s'oppose à la France lorsque celle-ci veut fort légitimement que la Grande-Bretagne, qui a choisi de quitter l'Union (contre le vote du Pays de Galles, de l'Ecosse et de l'Irlande du Nord) parte rapidement après la négociation sans faute de Michel Barnier sur le Brexit.

Ne doutant plus de rien désormais, elle voudrait aussi imposer (avec « AKK » future chancelière de la CDU et ancienne présidente de la Sarre) comme successeur à Jean-Claude Juncker, un président de la Commission allemand, de droite, qui ne parle pas un mot de français. Bref, une Europe allemande, en lieu et place de l'ensemble équilibré et pacifié que l'on connait depuis le début des années 50.

Trop, c'est trop et c'est apporter de l'eau au moulin de Philippe de Villiers qui a basé son dernier ouvrage « J'ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu » sur la dénonciation des pères de l'Europe : Walter Hallstein, Jean Monnet, Robert Schumann ... tous ligués selon lui pour arrimer, la France à l'Allemagne et aux Etats-Unis.

Le populisme, tendance Le Pen aurait-il un avenir ? On peut, hélas, le craindre si Emmanuel Macron ne manifeste pas ostensiblement sa fermeté au nom de la France. En clair, sera-t-il Daladier ou de Gaulle ? Affaire à suivre ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 29 avril 2019

La théorie du ruissellement : un assèchement

La philosophie politico-économique du gouvernement de la France, depuis 2017, est, officieusement , celle du ruissellement. Elle consiste à enrichir les riches pour que mécaniquement, de cette richesse accrue des plus favorisés, retombe sur les plus pauvres un surcroît d'avantages par rapport au passé.

Qui ne s'en réjouirait, du moins, du bout des lèvres car, au final, le compte n'y est pas. Dix pour cent de revenus supplémentaires pour un multimillionnaire n'a rien à voir avec dix pour cent de plus dans l'escarcelle, qui plus est, des « salauds de pauvres » (selon la formule de Marcel Aymé) qui ne parviendrait de toutes façons, jusqu'à lui que bien plus tard - et sans intérêt prorata temporis !

Depuis la fin du 19e siècle et la révolution industrielle, qui a vu naître le socialisme, la théorie, acceptée, tant par la droite à visage humain, que par la gauche consistait, pour la gauche, à imposer une justice économico-sociale et, pour la droite, à ne resserrer que l'écart entre les branches de la fourchette haute et basse, de façon à éviter l'explosion politique.
Nous n'en sommes plus là, hélas. Même si le statu quo anten'était pas la panacée universelle, il avait au moins le mérite de tenter de rapprocher nos concitoyens en les considérant comme égaux en dignité. Il n'y avait pas que les riches, invités à être toujours plus riches, pour concéder des miettes supplémentaires aux pauvres laissés pour compte.

Idem dans le domaine de la culture où l'on met le paquet sur nos grands monuments nationaux, en laissant en déshérence le patrimoine local, comme ne cesse de le répéter Stéphane Bern. Le ruissellement y pourvoira ... Les millions de touristes s'agglutinent au Louvres, à Notre-Dame de Paris, au Mont Saint-Michel sans être invités, au lieu de découvrir les trésors de province, faute d'avoir vu sur une chaîne de télévision comme le réclame NDH, dans le cadre de la réforme de l'audiovisuel public, qui fasse découvrir des chefs d'œuvre en péril dans nos régions, ainsi que la capacité de nos artisans d'art qui pourraient ensuite exporter (leurs talents).

Bref, le ruissellement, dans l'économie comme dans la culture, loin d'être une irrigation est un assèchement, une mise en péril de ce qui fut le développement harmonieux et équilibré de ce pays comme de tous les pays, pendant des siècles.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 17 avril 2019

« Notre-Dame incendiée, Notre-Dame humiliée,

Notre-Dame dévastée, mais Notre-Dame sauvée 

par elle-même et par les peuples du monde »

                                                               (cc. Charles de Gaulle)

En regardant, Notre-Dame de Paris en flammes, le monde globalisé est resté muet de stupeur, puis a crié son incompréhension de Marseille à Lille, de Madrid à Londres, de Moscou à Pékin ... Allez comprendre, sauf si vous saisissez le fil de l'histoire des idées.

Notre-Dame de Paris (Marie) dont on ne prononce pas le nom, soit par ignorance soit par pudeur, a choisi d'être immolée durant la semaine sainte qui commémore la crucifixion de son fils Jésus, il y a vingt siècles. Tout un symbole. Plus qu'un symbole après les scandales qui ont éclaboussé une Eglise catholique, incapable de se réformer.

Que ce coup de tonnerre soit enfin entendu par tous. La France de Notre-Dame de Paris a envoyé un message subliminal à son héritière légitime, la France des droits de l'homme, comme au monde, qui a eu l'audace de suivre notre Révolution.

La reconstruction de Notre-Dame de Paris aura lieu, forcément. Mais il ne faudrait plus que cela fut en oubliant le message que porte cet incendie que l'on qualifiera « d'accidentel », pour faire simple. Le hasard, qui l'ignore, n'existe pas.

Puisse cette tragédie être intelligemment interprétée, dans un monde où l'Eglise catholique détient d'un droit spirituel sur Notre-Dame de Paris, afin qu'elle entende l'humble peuple (comme les grands de la planète) dire leur admiration pour ce sanctuaire de toutes les valeurs humaines.

Ne plus jamais oublier Jésus, chassant les « marchands du Temple », (la finance de son temps, qui adoraient encore le « veau d'or ») et les paroles du cardinal Marty, archevêque de Paris, déclarant, en mai 1968 « Dieu n'est pas conservateur ». 

Vox populi, vox Dei. Comprenne qui pourra ...

Pierre Bercis

Président de NDH



L'Edito du 8 avril 2019

Inquiétant Japon...

Les droits de l'Homme sont universels a t'on coutume de prétendre, à juste raison. Mais nul ne doit ignorer leur contestation latente dans le monde, notamment de la part de ceux qui affirment (tout en les saluant, hypocritement) qu'il s'agit d'une invention, d'une construction occidentale, voire chrétienne. Et ils n'auront pas tort dans les faits. Mais est-ce pour autant qu'ils n'auront pas tort dans l'objectif humain, humaniste à atteindre par une société où l'Homme, voire l'animal, le végétal sont respectés, sauvegardés dans leur intégrité originelle, naturelle.

Dans un monde qui s'unifie par ses moyens de transport, de communication, de créations techniques ; qui se rétrécit de fait puisqu'il est contrôlé depuis l'espace en un clin d'œil, il est, dès lors, indispensable d'avoir, tout en respectant les souverainetés nationales, des règles, une éthique commune de Washington à Tokyo en passant par Moscou, Paris et le Caire ...

C'est pour cela que nombre d'ONG, dont la notre, depuis des décennies, avons milité, protesté. Au nom d'une conception unique du genre humain qui pourrait, comme le disait notre ami Paul Bouchet, récemment disparu, si l'on voulait résumer tous les droits en un seul ce serait : « le droit à la dignité ».

Occidental ou non, ce droit fondamental fait loi, fait foi en Amérique comme en Afrique, en Europe comme en Asie,mutatis mutandis, quelles que soient les cultures, les religions, les régimes politiques, avec tout le respect dû au pluralisme qui fait la richesse d'un monde où l'on veut, subrepticement, nous imposer l'uniformité de pensée nord américaine par la langue, la musique, les mœurs.

De ce point de vue, on constatera donc honnêtement la mainmise russe sur la Crimée (tout en chantant les louanges de la culture russe), la main mise de la Chine sur le Tibet (tout en admirant la culture chinoise) etc. Mais l'actualité nous conduira aussi à manifester notre stupéfaction en découvrant l'étrange modus vivendi du Japon, soi-disant « converti » à la démocratie depuis 1945.

Soit, le passé est le passé, comme pour l'Allemagne nazie, le soviétisme et sa dictature étendue à l'Europe de l'Est, la colonisation de l'Afrique ... Encore faut-il, sans oublier les crimes contre l'humanité, ouvrir un nouveau chapitre de l'histoire du monde, en rapport avec la nouvelle réalité des choses, l'évolution technique et morale depuis 1945. Or le Japon, on le découvre petit à petit est loin d'être à la hauteur des normes généralement admises au niveau international.

En premier lieu, ce pays travailleur, de haute civilisation, avant même Pearl Harbor répugne à admettre les crimes qu'il a commis en Corée, en Chine et dans tout le sud-est asiatique. Ce n'est que tardivement qu'il a, du bout des lèvres, reconnu l'abus systématique des « femmes de réconfort » dans les contrées envahies quand l'Allemagne, elle, a depuis longtemps battu sa coulpe.

Sur le plan de l'environnement, ce droit de plus en plus exigible et exigé, le Japon continue à chasser les baleines sous prétexte d'études pseudo-scientifiques alors que la Commission baleinière internationale le lui a interdit comme à tous les pays à des nombreuses reprises depuis des années.

Récemment encore, la presse nous apprenait, force exemples à l'appui, que les enfants issus de mariages mixtes, entre ressortissants nippons et un étranger ne pouvait revoir leur parent étranger, selon le principe de la garde alternée ou du droit de visite, pourtant garantis par une convention internationale. Motif ? La loi japonaise prime sur toute autre règle, même si l'archipel l'a signée en toute liberté.

Actuellement, l'affaire Carlos Ghosn nous a aussi fait toucher du doigt la sauvagerie du système judiciaire japonais alors qu'il est de bon ton, généralement, de ne vilipender que la Chine, « ce pelé, ce galeux ».

Que le patron de Renault-Nissan ne soit pas un petit saint, nul n'en doute. Mais jusqu'à preuve du contraire, il est en droit de revendiquer la présomption d'innocence. L'habeas corpus, inventé par les Anglais, voici plus de trois siècles, selon lequel aucune personne ne doit être incarcérée sans jugement s'applique ou devrait s'appliquer. Or Carlos Ghosn (et il n'est certainement pas le seul, hélas) a été emprisonné, interrogé pendant des jours sans avocat, sans doute au nom du principe inconnu en démocratie qu'est le principe de présomption de culpabilité. Les conditions de sa détention ont été des plus humiliantes, pour lui comme pour tout autre individu d'ailleurs.

Les commentateurs nous expliquent doctement qu'il aurait été libéré rapidement s'il avait avoué plus tôt. Comme autrefois il était préférable d'avouer sous la torture ... Et l'on est bien là sous une forme de torture physique et morale.

Dernier avatar, notre homme, à peine libéré a, de nouveau, été arrêté au petit matin, son épouse humiliée jusque sous la douche. Motif ? Un nouveau chef d'inculpation tiré de derrière les fagots pour les besoins de la cause. Mais surtout, préalablement, parce qu'il voulait tenir une conférence de presse pour s'expliquer publiquement.

Nul ne peut préjuger des fautes réelles ou supposées du patron déchu après avoir redressé Nissan (ce qui est peut-être, aux yeux d'un pouvoir nationaliste son plus grand « crime »). Ce dont on pourra le gratifier cependant tout de suite, c'est d'avoir ouvert les yeux des naïfs occidentaux qui regardaient « le pays du soleil levant » avec bienveillance. « Chassez le naturel, il revient au galop ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 31 mars 2019

Hommage à Paul Bouchet

Paul Bouchet nous a quittés et nous portons son deuil, comme sa famille. Car Paul était aussi de notre famille. Un grand frère toujours à l'écoute, toujours de bon conseil, au franc parler qui ouvrait les yeux et les oreilles des sceptiques par ses convictions solidement ancrées.
De ce fait, il n'intéressait que peu les medias malgré les hautes fonctions qu'il a remplies.

Né en 1924 à Saint Etienne, Paul Bouchet s'est engagé dans la Résistance, dès 1942, au sein du réseau Témoignage chrétien alors qu'il n'a que 17 ans. A la Libération, il participe à la création de l'UNEF (Union Nationale des Etudiants de France) qu'il présidera. Puis, devenu avocat, il défendra nombre d'indépendantistes algériens durant la guerre d'Algérie.

Bâtonnier du barreau de Lyon, il intègre ensuite le Conseil d'Etat et préside la Commission nationale consultative des droits de l'Homme de 1989 à 1996

C'est là où nous avons eu l'honneur de faire sa connaissance et de nouer une relation d'amitié fraternelle.
L'homme, courtois, généreux, à la culture immense ne manquait pas d'autorité cependant. Il suscitait le débat tout en le contrôlant avec humour et fermeté.

Durant ces années, Nouveaux droits de l'Homme, créé en 1977, s'était lancé dans la folle aventure de la rédaction d'une proposition de loi constitutionnelle sous la forme d'un titre II à la Déclaration de 1789, selon la suggestion du professeur Duverger, en application de la motion Mougins de Roquefort, votée par l'Assemblée nationale le 27 août 1789. Humble parmi les humbles, Paul Bouchet vint se joindre à notre groupe de travail avec modestie et talent. Nombre de ses suggestions, observations ont été retenues, d'où le résultat inattendu au niveau parlementaire : 522 députés et sénateurs ont signé notre texte et six groupes l'ont déposé, tant à l'Assemblée qu'au Sénat.

Sans Paul Bouchet, cela aurait-il été possible ? J'en doute et je me souviendrai toujours d'une de ses phrases à graver dans le marbre, tant sa pensée était claire :

« Si on devait faire table rase de tous les droits de l'Homme et n'en garder qu'un seul, ce serait le droit à la dignité ».

Tout ceci se retrouve dans notre site : www.ndh-france.org et ne doit pas être oublié. A fortiori parce qu'en 2008, lorsque Nicolas Sarkozy, Président de la République, a voulu, dans son discours du 8 janvier 2008, mettre en œuvre un projet similaire, Simone Veil, à qui il en avait confié la mission, n'a pas conduit l'affaire jusqu'au bout parce qu'elle n'y croyait pas. Elle nous l'avait d'ailleurs dit en tête à tête. Erreur de « casting ». Paul, lui, aurait mené l'embarcation à bon port.

Mais son action ne s'arrête pas là. Homme de foi convaincu, il accepta, en 1998, de succéder à Geneviève de Gaulle à la tête d'ATD Quart Monde qu'avait fondé le père Joseph Wresinski pour faire reculer ce qu'il était convenu d'appeler « la misère » avant de participer à l'élaboration de la CMU (Couverture Maladie Universelle).

Adieu à toi, frère et ami tout à la fois. Merci pour ce que tu fus comme pour ce que l'on te doit. Tu vas manquer dans ce nouveau monde où tu aurais pu faire entendre un autre son de voix en donnant confiance à tous, du plus grand au plus petit d'entre nous.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 26 mars 2019

Affaire Geneviève Legay : 

le droit et l'honnêteté intellectuelle

« Victime, à tout prix » ! C'est bien ce qui résulte de l'affaire Legay, militante d'Attac blessée lors de la manifestation de la place Garibaldi à Nice.
Certes, on connaissait les excès d'Attac, organisation par définition « contre tout » et qui peine à continuer d'exister. Avec cet incident, qui est d'abord un accident, l'occasion était trop belle de se relancer par le biais médiatique, toujours preneur de scandale. A fortiori avec le soutien de la Ligue des droits de l'Homme, dont la prétention à incarner, seule, la vertu démocratique ne date pas d'aujourd'hui. C'est du Woody Allen pur jus, l'humour en moins : « La réponse est non. Mais au fait, quelle était la question ? »

Accuser la police de violence à Nice, sans preuve, relève d'un automatisme sans rapport avec les règles du Droit qui devrait donner lieu à des poursuites pour dénonciation calomnieuse, ne serait-ce que par principe, sinon, cela signifie que les « fausses informations » (fake news) sont maintenant la règle - et pas seulement dans les réseaux sociaux.

Car quoi, quand une manifestation est interdite, elle est interdite. Quand, dans le cadre des règles légales, le représentant de l'ordre ordonne la dispersion et que cet ordre est ignoré, il s'agit d'une provocation répréhensible qui peut engendrer des conséquences graves dont nul ne peut se prévaloir, sauf à considérer la police comme illégitime et la rabaisser, voire l'humilier ce qui engage sa crédibilité future.

Qu'est-ce qu'une police qui ne peut faire exécuter des ordres légaux ? Autant la supprimer et attendre que les évènements s'aggravant, l'Armée soit appelée à rétablir une situation qui se dégradera naturellement. Avant le règne de l'anarchie (au sens premier du terme) que de cris d'orfraie poussés par les détenteurs d'une vertu autoproclamée en recherche de victimisation.

Mais, heureusement, dans un Etat de droit républicain, la Police n'est pas exempte de soupçons. Au dessus d'elle, il y a la Justice ... qui, en principe, est égale pour tous.

En l'occurrence, le procureur de la République de Nice, Jean Michel Prêtre, a rendu compte des premiers résultats de l'enquête, d'où il résulte, après avoir visionné les films pris sur place lors de la manifestation interdite de Nice que « madame Geneviève Legay n'a pas été touchée par les forces de sécurité ».

Dès lors, de deux choses l'une : ou bien le procureur de la République ment (et il doit être sanctionné parce qu'indigne de ses fonctions) ou bien ceux qui accusent la police, abusivement, de violence illégitime, doivent être à leur tour être poursuivis. Il y va du respect des institutions de la République installées par le suffrage universel.

Prétendre, désormais, afin de se minimiser des accusations grotesques que le gouvernement veut restreindre les libertés publiques (dont le droit de manifester) est plus dangereux encore puisque, nul ne l'ignore, « le ridicule tue ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 18 mars 2019

Ils vont tuer Jaurès ...

Jacques Brel chantait avec ses tripes « pourquoi ils ont tué Jaurès ? » On croyait avoir la réponse. C'est une erreur. La direction actuelle du Parti socialiste vient de le prouver en mettant à la tête de sa liste pour les élections européennes du 26 mai un parachutiste autoproclamé « intellectuel » (dont on ignore l'œuvre).

Car la méthode Coué : « unité de la gauche, unité de la gauche ... » autour de son nombril, sans le moindre commencement de programme, en condamnant la « sociale démocratie collectiviste » ne constitue pas un programme, même un programme « attrape-tout ». Encore moins un projet de société. Encore moins une philosophie. Les autres partis de gauche ne s'y sont pas trompés, eux. 

Certes Raphaël Glucksmann a une expérience : celle de son père André, philosophe maoïste, qui a achevé sa carrière dans la droite ultra libérale. Paix à son âme. Son fils, lui-même, tout à fait « désintéressé » a tenté de faire carrière en Géorgie où son échec l'a conduit à tenter ensuite sa chance en Ukraine. Mais zut, encore raté !

Notre phare de la pensée a tenté dès lors, depuis, de conquérir l'Europe (après la gauche). Rien de moins. D'ailleurs s'il échoue il s'attaquera au monde, probablement. Que les cinq membres permanents des Nations Unies se tiennent prêts. Il faut dire que notre Schtroumpf national, cette fois, est soutenu, avant même qu'on ne voit les ruines fumantes du Parti socialiste, par une compagne qui, elle rayonne à juste titre dans les médias publics (radio et télévision) où elle gobe tout, avec les yeux et les dents. Donc si les deux premiers étages de la fusée ont été d'abord un magnifique raté, le troisième risque en revanche d'envoyer le divin enfant en orbite au parlement européen. Enfin ! élu. Comme tous les autres battus du suffrage par circonscription laissés sur la touche.

D'aucuns diront que le parti de Jaurès, Blum, Mitterrand n'a plus rien à perdre. Et alors ? Est-ce une raison pour lui de cacher sa nudité, sa nullité derrière une feuille de vigne, même pas vierge ? Mieux valait périr dans l'honneur, comme nos polytechniciens sur les bords de la Loire en 1940, que de s'offrir à celui qui n'a pas donné une minute à ce parti, après avoir été rejeté auparavant par les Verts et tous les partis de gauche lesquels, eux, ont su garder leur dignité, fut-ce dans l'indigence. De toutes façons 5% plus 0% fait toujours 5%, voire 3% si le peuple de gauche se venge.

Il n'est pas question pour une organisation des droits de l'homme de mettre un doigt dans la politique politicienne. Comme disait le général de Gaulle « Laissons les faire leur petite soupe sur leur petit feu ». Mais la politique au sens civique, elle, reste pour Nouveaux Droits de l'Homme la voie « royale » pour définir un projet de société, comme en 1789, en termes de droits de l'Homme.

Du temps de sa splendeur, quand le PS n'avait pas perdu son âme, 80% de ses députés signaient notre proposition de loi ad hoc et 62,8% au Sénat. 72,4% à l'UDF à l'Assemblée. Six groupes : trois à l'Assemblée, trois au Sénat déposaient notre proposition de loi constitutionnelle. L'esprit partisan n'est donc pas notre tasse de thé. En effet, la probité, la droiture, l'honnêteté intellectuelle sont le fondement de la démocratie réelle.

Les connexions, les conflits d'intérêts entre partis et médias (comme on l'avait déjà vu pour Strauss-Kahn) ne peut susciter que le dégoût, l'indignation des militants. Ces précurseurs des « gilets jaunes » comprendront que c'est peine perdue que de parler dans leur section, leur fédération si le « national », grâce à l'imposante carrure de l'actuel Premier secrétaire, Olivier Faure, impose pour les élections européennes, un « m'as-tu vu » mao-spontex de droite, comme son père le fut de gauche en son temps, sans consulter la base. Qui plus est après avoir prononcé un réquisitoire, réclamé un droit d'inventaire à l'encontre de François Hollande...

Les belles âmes, la tête basse, rappelleront qu'avant le congrès d'Epinay, le Parti socialiste était déjà à l'étiage mais qu'il avait ensuite tout conquis. Soit. Ce qu'elles oublient de dire, c'est que l'homme qui a alors lancé l'OPA sur le parti de Jaurès en 1969 connaissait la France par cœur, par le cœur, depuis un quart de siècle ...
France Inter, France Télévision, qui n'ont pas dit un mot sur les conditions de l'abandon du « Grande America » par le capitaine et son équipage avant qu'il ne menace nos côtes (au nom de l'information) ne manqueront pas d'inviter à nouveau la tête de liste du ci-devant PS. Pour éviter tout conflit d'intérêt, Madame Léa Salamé, d'ailleurs, restera en coulisse. Ne serait-ce que pour éviter les rires sardoniques des autres partis de droite et de gauche moins bien lotis en arrivistes. Après on continuera à s'étonner de la perte de crédibilité des medias ....

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 11 mars 2019

Le XXIIe congrès ... de l'Eglise catholique !

Qui ne se souvient du XXIIe congrès du parti communiste de l'Union soviétique, en 1956, quand Nikita Khrouchtchev, premier secrétaire, lut son rapport qui était le départ croyait-on, de la déstalinisation. Mutatis mutandis, son pendant dans une autre institution monolithique aurait pus être, quelques années après, le Concile Vatican II pour l'Eglise catholique à l'instigation du pape Jean XXIII, afin de rénover une structure bimillénaire.

On ne poussera pas plus loin la comparaison qui, chacun le sait, n'est pas raison entre deux organisations antagoniques. Car l'une, la communiste, a fauté dès la mort de Lénine, quasiment dès sa naissance après la prise de pouvoir par les bolcheviks tandis que la seconde, bimillénaire, a traversé les siècles avec des hauts et des bas, parfois peu glorieux, qui ont suscité des massacres, des scissions, qu'il est inutile de rappeler tant ils sont gravés dans l'Histoire. Mais globalement, sans se mettre des œillères, l'Eglise romaine a suscité des vocations qui incarnaient approximativement le message évangélique initial jusqu'à susciter la naissance des droits de l'Homme (sinon pourquoi ont-ils surgi en Occident et pas dans les grandes civilisations chinoise, indienne ou africaine ?)

Pas de polémique inutile donc. Par contre, il est urgent de revenir sur le fonctionnement d'une Eglise qui n'a pas su prendre le virage de la modernité démocratique (sans être « stalinienne » pour autant). Le concile Vatican II a accouché d'une souris, comme le rapport Khrouchtchev, lui, a mis des années avant que ne survienne Mikhaïl Gorbatchev. Le monolithisme institutionnel, basé sur l'absence de contre-pouvoir ne peut aboutir à la longue qu'à une cécité collective, à la sclérose quelle que soit la philosophie qu'il porte, bonne ou mauvaise (et l'idée communiste n'était pas encore la pire).

Ce qui interpelle, le plus, actuellement, si l'on approfondit la question posée par le fonctionnement de l'Eglise catholique, au-delà de l'absence de virage démocratique, lié à son ancienneté, c'est l'hypocrisie de nombre de ses représentants qui ont poussé leurs fidèles d'avouer, pour se faire pardonner, le moindre « pêché », la moindre faute dans des boîtes en bois dits « confessionnaux » quand eux-mêmes ne se privaient pas d'abuser des enfants, des religieuses soumises à un vœu d'obéissance ...

Certes, cela ne remet pas en cause les vertus de l'abbé Pierre, de mère Teresa ... dont les actes, le témoignage, en ligne directe avec le message simple, pauvre, du fondateur dont la crucifixion est encore un scandale, deux mille ans après. Ne surtout pas jeter le bébé avec l'eau du bain, confondre les bâtisseurs de cathédrales avec les auteurs d'abus de pouvoir dont les exploits remplissent les colonnes de la presse. Quel rapport, par exemple, entre les moines de Tibéhirine et les archevêques américain, australien écartés par nécessité, et non par conviction, que les enfants doivent être respectés.

Le pape François a une lourde charge, une responsabilité historique énorme. Il se heurte, depuis son élection, au conservatisme de ceux qui l'ont choisi, sans doute, par accident.

Peut être, a contrario, les scandales qui s'accumulent l'aideront-ils à faire la révolution qui s'impose, tant dans un célibat sacerdotal qui n'a pas cours chez les catholiques orientaux, les orthodoxes ou les protestants, qu'en conférant, enfin, aux religieuses les mêmes droits qu'aux hommes (puisqu'elles ont déjà les mêmes devoirs).

Finalement, les scandales à répétition pourraient être un « miracle », une « divine surprise » ... sauf pour les victimes auxquelles la Justice des hommes doit la vérité aux yeux du monde. Au moins, à la différence de la justice divine, a-t-on droit à un avocat dans la justice humaine.

Alors ? Quand l'islam explose, l'Eglise catholique implose ? A suivre.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 4 mars 2019

Féminisation de la langue et régression du français 

L'Académie française, dans un sursaut dont ses fauteuils ont sans doute fait les frais, vient de féminiser nombre de professions : écrivain, écrivaine ; magistrat, magistrate ; avocat, avocate ...

Une grande victoire ! Bientôt, il faudra s'adresser à une avocate en lui disant : « chère maîtresse. » A moins que dans un souci d'égalité salutaire, il n'y ait plus de « cher maître » mais des « madame ou monsieur. »

Trève de plaisanterie, même sérieuse. Mais qui ne sent l'effet de mode dans cette dérive un tantinet démagogique qui implique une réciproque. Par exemple, pourquoi toujours dire une girafe et jamais un girafe ; toujours dire une table, une chaise mais jamais un table, un chaise ? Un vrai scandale sexiste dont sont victimes tantôt les femmes tantôt les hommes.

Bref, les excités du sexe ont gagné une bataille dont les droits de l'Homme, eux-mêmes, font les frais depuis le succès (mérité) d'Amnesty International, qui ne veut connaître que les « droits humains ». Comme si c'était les droits qui étaient « humains ». Comme s'il s'agissait, à l'origine en latin, de l'homme (« vir »), le mâle et non de l'homme (le genre humain) alors que les droits de l'homme, dès 1789 se référent à l'Homme (Homo), à l'instar des droits de l'animal qui englobent les deux sexes, sans discrimination.

On comparera cette bataille d'arrière garde, réussie, avec la guerre mondiale pour le pluralisme des langues, en passe d'être perdue, alors qu'elle est cent fois plus importante. Que dire : fondamentale...

Voyez-vous des agités de la féminisation outrageuse de la langue française, s'exciter autant pour le seul vrai combat qui vaille : le pluralisme culturel, linguistique dans le monde, dont la francophonie est une des pierres angulaires. La version intelligente, intellectuelle de la protection des espèces animales, végétales, qui font la richesse de la planète terre, depuis toujours, mais que l'on voit mise en cause de nos jours. Demain, si l'on ne relève pas le gant écologique, culturel, par appât du gain, à cause de la financiarisation, moult sortes d'animaux, de plantes, de langues auront disparu pour toujours. Les Etats-Unis d'Amérique se seront enrichis ; le monde se sera appauvri. Il sera devenu uniforme, monocolore et ne s'exprimera que dans une seule langue : celle des maîtres de l'univers. Comme au sein d'une caserne, il n'y aura qu'un uniforme, une seule couleur qu'on appellera encore, sans rire, une démocratie, tous les peuples étant au garde-à-vous, risquant des sanctions financières de la part de la justice américaine qui affiche déjà sa souveraineté planétaire vis-à-vis des entreprises qui n'appliquent pas les sanctions émises depuis Washington.

Les pseudo féministes se battent pour la réforme de la langue française mais tous les partis se taisent honteusement lorsque les fils de pub, les commerçants se prostituent au profit d'un seul idiome : l'anglo-saxophone. Qui s'insurge contre la publicité pour les voitures uniquement en anglais ? Qui proteste contre les affichages utilisant le « by », le « since » ? Qui dénonce Air France lorsqu'il s'annonce « in the air » voire la SNCF qui prévoit des « stations helpers ». On en passe et des meilleures ... Couchés, tous couchés, comme des bons chiens de l'Empire afin de gagner, soi-disant, plus d'argent à travers ses « fashion weeks » quand la mode, le luxe, toujours français, est entre les mains de L.V.M.H.

Idem pour l'Europe, une culture plurielle depuis des siècles où, malgré le retrait des Britanniques, à Bruxelles (comme aux Nations Unies, à Genève) deux grandes villes francophones, les porte-paroles ne parlent qu'en anglais comme dans les rapports internes. La diversité linguistique ne mobilise ni les féministes ni les gouvernants.

En appelle-t-on alors, par souci d'un nouveau rapport de force mondial, à la Chine, à l'Hispanidad, au monde arabe ? Peine perdue ... Si vous allez participer à un colloque organisé par cette immense culture qu'est la culture chinoise, en Chine même, on ne vous offre que le choix entre le chinois (soit) et l'anglais malgré vos diplomatiques protestations en faveur des autres langues.

En France, même un Mélenchon, même les écologistes, tenants de la sauvegarde, souvent « populistes » de la protection de la nature dans sa richesse, s'en soucient comme d'une guigne. Quant aux pseudo gaullistes, aux socialistes, aux macronistes, même avec une lanterne, comme le maréchal de Soubise, on les cherche en vain.

Les habitants du fin fond de la France, gilets jaune ou non, n'ont qu'une chose à faire désormais puisque cela ne fera jamais l'objet du « grand débat national », apprendre l'anglais (plutôt que l'espagnol, l'allemand ou l'italien) s'ils veulent suivre la publicité de Peugeot, Renault, Air France ou celle de la SNCF. C'est plus utile que l'informatique. Quand les esprits sont colonisés, il faut se soumettre au maître.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 11 février 2019

 Le néofascisme italien

On ne s'attendait certainement pas à cela de la part d'un grand pays ami, pétri d'Histoire et de culture, dont Rome, la capitale, la Ville éternelle, a dominé le monde connu à l'époque des origines du christianisme, puis rétabli sa suprématie intellectuelle autant que politique, à la Renaissance, à travers Venise.

C'est la Rome antique qui, en nous colonisant nous a appris les règles de base de ce que nous appelons aujourd'hui la laïcité (convivium, connubium, concubium : vivre ensemble, se marier, dormir ensemble). Ce que l'on oublie trop souvent, à l'heure où l'on veut remettre en cause ici la loi de 1905 pour adapter à l'islam - qui interdit les conversions - sans obliger l'islam à s'adapter à la laïcité, suscitant une communautarisme inconnu jusque là en France.

C'est à Rome depuis deux millénaires, qu'un pape argentin, succédant à un Allemand, après un Polonais, ne cesse de prêcher la bienveillance, l'ouverture aux migrants que l'on voit resurgir la bête immonde, sous la forme d'un néofascisme dont on croyait la parenthèse historique refermée.

Après le folklorique Berlusconi vient en effet d'arriver au pouvoir une bande d'individus qui risquent non seulement de conduire l'Italie à la catastrophe économique mais de faire exploser l'Europe dont leur pays est pourtant l'un des six fondateurs à travers un traité qui, justement, s'appelle le « traité de Rome ».

Désormais, pas un jour sans que l'un de ces guignols n'insulte la France ou ses dirigeants, rompant avec les usages diplomatiques que leur pays a pourtant codifiés voici une dizaine de siècles et que l'Europe, puis le monde ont adoptés plus tard.

Quel est le pire d'entre eux ? Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur, vice président du conseil, qui « convoque » (rien de moins) son homologue français Christophe Castaner ? Luigi Di Maio, l'homme lige du clown Beppe Grillo qui a fondé le mouvement Cinq Etoîles et vient, quasi clandestinement en France, bien que vice président du gouvernement italien lui-même, discuter avec quelques « gilets jaunes » afin de jeter, chez nous, un peu d'huile sur le feu ? Giuseppe Conte, le très pâlot président du Conseil, dont on sait qu'il avait falsifié son CV avant d'être nommé ? On remet en cause la liaison TGV du Lyon-Turin ; on accuse la France d'avoir ruiné ses ex colonies ; on dénonce le franc-CFA. N'en jetez plus ...

Comme nous avons coutume de le dire « Rome n'est plus dans Rome » et il faut s'attendre à ce que les relations intra-européennes se dégradent encore davantage dans les mois à venir avant les élections du 26 mai.

Bruxelles s'est montré ferme lors de l'adoption du budget de l'Italie, qui manifestait de singulières dérives en raison de sa dette à hauteur de 130% de son PIB, mettant en danger notre monnaie unique. Soit.

Mais le gouvernement français, lui, sans faire montre de l'agressivité vulgaire des néofascistes italiens se doit aussi d'être intransigeant à l'avenir, sans faire le dos rond. A l'indignité doit répondre la dignité, jusqu'à ce que le peuple de la Botte, lui-même, leur botte ce sur quoi ils sont assis depuis peu ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 21 janvier 2019

Règlements de comptes judiciaires mondiaux

Le phénomène n'a pas encore été étudié par les observateurs économiques et politiques mais il n'en est moins pour autant engagé, avec de fortes chances de s'amplifier : aucun homme ou femme d'affaires, aucune entreprise n'est désormais à l'abri d'attaques ou de représailles à l'étranger sous des prétextes judiciaires plus ou moins farfelus, le plus souvent invoqué étant celui de « corruption ».

Sans doute ce nouveau cours de choses est-il dû à la mondialisation ; une mondialisation encore à l'état primitif, sauvage, incontrôlée : la justice du Far West.

Non que la corruption n'existe pas. Bien au contraire. Elle est très largement répandue, plus dans certaines parties du monde que dans d'autres, comme le démontrent les organisations spécialisées. C'est une véritable gangrène dans les pays les moins développés au détriment des peuples abandonnés à leur pauvreté quand leurs dirigeants bâtissent des fortunes qu'ils investissent à l'étranger dans des « biens mal acquis ».

Ce que l'on voit naître actuellement est cependant différent sous un vocable identique de « corruption » ...

En premier lieu, ce sont les Américains qui ont ouvert le feu en taxant les entreprises étrangères sous n'importe quel prétexte, comme celui d'avoir passé des marchés avec l'Iran, au ban des nations, en dollars. Selon la Justice américaine, qui utilise le dollar relève de la souveraineté des Etats-Unis. Rien de moins ...

Sous cette argutie fallacieuse, ou avec des variantes, la BNP, Total se sont vus imposer des amendes de centaines de millions. Idem pour les entreprises allemandes menacées aussi pour le gazoduc russe Nord Stream 2. Des sommes colossales qui viennent remplir les caisses de l'Etat fédéral américain. Pire encore, c'est un cadre supérieur français d'Alstom, Frederic Pierucci, qui, en 2013, a été arrêté à sa descente d'avion à New York, retour d'Indonésie et a été traité comme un criminel, sans jugement, incarcéré deux ans dans une prison de haute sécurité, parce que, en fait, General Electric voulait acheter une partie de l'entreprise française, ce à quoi s'opposait le ministre français des finances, Arnaud Montebourg. En fait, donc, un chantage. Les Américains ne se veulent-ils pas les maîtres du monde ?

Pendant ce temps, que font les Européens ? Rien ils font le dos rond, encaissent et décaissent des centaines de millions, toute honte bue ...

Par contre le même régime arbitraire et arrogant appliqué aux Chinois ou aux Russes n'a pas du tout les mêmes effets. Ainsi, lorsque les Canadiens ont arrêté une dirigeante de la firme chinoise Huawei, sur mandat d'Interpol à la demande de Washington, comme par hasard, un Canadien a été arrêté à Pékin et condamné. Il servira de monnaie d'échange.

Œil pour œil, dent pour dent. Avec les régimes forts, on ne fait pas dans la dentelle. A Moscou, Paul Whelan un Américain venu à un mariage, a été arrêté pour espionnage.

On pourrait, mutatis mutandis, en dire autant de l'affaire Ghosn au Japon.

Certes, Carlos Ghosn n'est pas un ange et un certain nombre d'accusations portées contre lui sont crédibles. Mais il est curieux que le conseil d'administration de Nissan n'ait rien su en interne, depuis plusieurs années, ce qui est une complicité de sa part, qui devrait donner lieu à des poursuites. Or tel n'est pas le cas.

En tout état de cause, au regard des règles de Droit admise au niveau international, est-il acceptable que cet homme, fut-il un patron, soit arrêté, incarcéré dans des conditions réservées aux pires voyous, interrogé sans avocat ? Est-il normal qu'il ne soit pas mis en résidence surveillée avec une caution monumentale, ce qui aurait préservé son honneur et sa dignité ?

Bref, la vie économique internationale a totalement changé. De l'impunité totale, quand les requins étaient libres de leurs mouvements, on avance vers un nouveau monde où l'arbitraire, les intérêts seuls décident : un monde incertain jusqu'à ce que les rapports de force politiques, économiques accouchent dans les années qui viennent d'un modus vivendi après des années de bras de fer.

Pour cela, la Chine peut être plus utile que l'Europe qui se tait, voire se couche et passe sous les fourches caudines de la première puissance économique actuelle. Alors cachons-nous derrière l'empire du Milieu, lâchement. Le Droit ... est un rapport de force !

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 5 janvier 2019

 2019 - L'accouchement d'un nouveau monde

De manière cyclique, depuis qu'il y a une Histoire des hommes, on annonce la naissance d'un «nouveau monde » dont le plus célèbre fut, sans doute, en 1492, la découverte de celui qui fut appelé ensuite « l'Amérique ».

Espoir d'un retour au paradis perdu (un monde meilleur, débarrassé du mal) ? Sans doute.

La réalité cependant est tout autre. L'accouchement en effet se fait toujours dans la douleur, comme une sorte de fatalité. Une lutte entre l'ancien monde qui ne veut pas mourir et le nouveau, qui peine à se définir. Et pour cause : le nouveau monde sera-t-il meilleur que l'ancien ? On peut à ce sujet s'interroger ...

Actuellement, en ce début d'année, la mondialisation est en cours depuis deux décennies, avec son cortège de bouleversements auxquels beaucoup ne sont pas prêts : les frontières sont tombées, les avions sillonnent le ciel d'un bout à l'autre de la terre, la société est devenue « de consommation », le capitalisme de créatif n'est plus que financier ; tout passe par la dématérialisation numérique ; les océans, dont nous sommes sortis il y a quelques millions d'années, voient surgir des continents de plastiques ... Et, le pire, probablement, le réchauffement climatique progresse inexorablement.

C'est cela le « nouveau monde », à l'aube de 2019 ?

Politiquement, les dirigeants de la planète, pour ne pas être en retard, dans une concurrence généralisée, prennent les mesures les plus drastiques qui soient, sans la moindre humanité, suscitant des combats que certains qualifieraient « d'arrière garde » (comme on le voit en France, toujours à la pointe de la révolte).

Les « gilets jaunes » sont, objectivement, des ringards qui contestent la technocratie. En même temps qu'ils ont parfaitement raison. Ils représentent, sociologiquement, une « gauche conservatrice », avec ses ambigüités.

Les accoucheurs du « nouveau monde », tout numérique, tous issus de la bourgeoisie, ne savent pas ce qu'est la précarité, les fins de mois au 15 de chaque mois, les loyers qui ne cessent de monter, comme les retraites fondantes ... Ils vivent dans leur bulle et pratiquent l'accouchement au forceps ou avec césarienne.

D'où la réflexion, mille fois entendue : « C'était mieux avant ». Et qui ne le comprendrait ?

Longtemps, en France, le gouvernement conçu par Emmanuel Macron, dès son élection, en 2017, a cru à une voie royale (au sens propre et au sens figuré). Il faut dire qu'il n'y a plus l'abbé Pierre pour fustiger l'arrogance du pouvoir. Même Coluche, ce lanceur d'alerte unique en son genre, ce saint laïque, n'a pas engendré de descendants capables d'humaniser le nouveau monde, d'apaiser la transition.

Restent, dès lors, les « gilets jaunes ». Mais, tiens, au fait, Michel Colucci, sous sa salopette rayée bleu-blanc ne portait'il pas déjà un t-shirt « jaune » ? Un prophète. Avec la même gouaille populaire que les protestataires actuels.

Allez, jouez-nous Dvorak et sa symphonie du « Nouveau Monde » pour oublier la douleur...de l'accouchement du nouveau monde.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 17 décembre 2018

Sauvez la loi de 1905!

Il peut paraître dérisoire, voire ridicule d'appeler à sauver la loi 1905, dont on ne parle pas sauf dans les cercles du pouvoir, quand le pays est encore en insurrection citoyenne contre les inégalités économiques et sociales voulues par un Exécutif dont le pêché originel, un pêché «capital » (au sens propre comme au sens figuré) est la suppression de l'impôt sur la fortune (ISF) auquel même les gouvernements de droite n'avaient pas osé s'attaquer. Dès lors, le slogan« le président des riches » a fait florès et collera à la peau d'un jeune chef de l'Etat qui avait suscité bien les espoirs dans la déliquescence des partis traditionnels. Même sa réforme au forceps de la SNCF était passée comme une lettre à la poste, avec le soutien tacite de l'opinion.

Aujourd'hui, il faut donc se méfier des coups qui se préparent dans l'ombre. Parmi ceux-ci, la réforme d'une loi historique pour intégrer l'islam en France. Comme si c'était à la France et aux Français de s'adapter à l'islam et non à l'islam de s'adapter à la France et aux Français, comme l'ont fait juifs, bouddhistes ... et sans religion.

L'islam est-il persécuté dans notre pays alors que fleurissent les provocations islamiques en tous genres ? Tête de femmes « empaquetées », refus de serrer la main aux femmes, refus de prendre un prénom français, discriminations dans les cantines scolaires, refus de l'enseignement de l'Histoire de France, prêches anticiviques, prières de rue (sans même aller jusqu'aux attentats dont les auteurs trouvent leurs bases arrières dans un terreau essentiellement musulman, jusqu'à fournir des recrues à DAECH ...)

Les naïfs, selon notre vieille tradition judéo-chrétienne, reprise par les gauches (socialistes et communistes) battent leur coulpe. Nous sommes forcément responsables, voire coupables. Même les trotskistes investissent des femmes voilées aux élections. Notre faute ? Les musulmans seraient discriminés. La preuve, beaucoup habitent les banlieues déshérités ... Comme si les précédents migrants portugais, espagnols, polonais, italiens ... n'avaient pas, à leur arrivée, logé dans les quartiers déshérités, sinon dans les taudis, au sein de bidonvilles que notre ami Chaban-Delmas, Premier Ministre, a fait « raser » en douceur. Ce qui était évidement plus facile car ils n'étaient pas barbus ...

Au-delà des convictions qui appartiennent à chacun (loi de 1905 oblige) il s'agit d'un fait culturel qui implique le refus d'intégration pour la plupart. Voyez le sort réservé aux non musulmans dans les pays sous leur règne. En Egypte, en Irak, en Algérie. Même le grand Malek Chebel l'a reconnu publiquement. « Il n'y a pas un pays où l'islam soit majoritaire où il y ait la démocratie ». Pendant des siècles d'immigration, les familles admises à s'installer en France ont-elles été discriminées ou favorisées ? Quelle que fut leur couleur, leur religion ... La République est laïque point barre, comme le traduit la loi 1905 actuellement remise en cause. Entendez-vous, même de nos jours, parler des Africains subsahariens, des Asiatiques, pas plus qu'auparavant des émigrés de religion juive ?

La révision de la loi de 1905 est donc un casus belli communautariste qui rompt avec la tradition d'accueil de ce pays et aboutira peut-être ensuite, comme en Grande Bretagne à ce que ce soit les imans qui règlent les questions d'ordre civil (mariage, divorces ...). Surtout n'épousez pas un non musulman ou musulmane ! C'est la loi islamique qui doit prévaloir au dessus de la loi démocratique et républicaine.

Résultat, l'extrême droite en fait ses choux gras et progresse dans un pays qui n'a surtout pas besoin de cela. On marche sur la tête. Ce n'est pas au gouvernement républicain d'organiser l'islam de France.

Les mauvais esprits ne manqueront pas de susurrer que c'est parce que la religion chrétienne rejette l'islam ... Tiens ? Cela voudrait donc dire que la majorité de nos concitoyens sont restés in petto des chrétiens cachés, des catacombes ? Des chrétiens « culturels » qui n'osent pas l'avouer ? Peut être parce que cette religion de nos ancêtres prône la paix, l'amour, la fraternité ... donc ce qui a provoqué chez nous la Révolution de 1789, puis de 1848.

Si les organisations de gauche, laïcardes ont abdiqué, qu'elles se ressaisissent et « bouffent » de l'islamisme, comme autrefois elles « boufferaient » du curé. Cà n'avait pas nui à la France, après tout.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 19 novembre 2018

Gilets jaunes : un canard sans tête

La révolte spontanée des gilets jaunes a quelque chose de sympathique, de naturel puisque organisée en dehors de tout appui politique, syndical ou associatif. Il y a du 68 dans ce mouvement, quoique 68 ait été encadré par les syndicats puis, un tant soit peu, par les partis politiques. Mais il y a aussi un tantinet de jacquerie, voire de poujadisme dans cette soudaine poussée de fièvre en dehors des cadres de la démocratie établie. C'est pourquoi, en même temps qu'il faut entendre ce cri du cœur, il faut aussi le replacer dans le contexte politique et économique de ces dernières années. En effet, si se révolter contre le prix jugé excessif de l'essence se comprend, il faut non moins naturellement se demander si l'on veut, oui ou non, engager la transition énergétique au-delà des mots.

Certes les classes moyennes françaises ont été trompées par tous nos gouvernements, de droite comme de gauche qui les ont poussées vers le diesel à bas prix. Mais aujourd'hui, il faut enclencher la marche arrière, dans l'intérêt de tous, que cela plaise ou non. La révolution écologique doit se mettre " en marche " au plus tôt.

Chacun le sait, depuis toujours, les taxes sont injustes puisqu'elles frappent proportionnellement davantage le pauvre que le riche, à la différence des impôts directs. Toutefois, en matière de carburant, y a-t-il possibilité de faire autrement, sauf à indemniser, comme le gouvernement Philippe le propose, les utilisateurs d'un véhicule pour raisons professionnelles, qui résident là où il n'y a pas de transports en commun ?

En ce sens, la révolte des gilets jaunes aura été un succès et un modèle du genre, principalement dû aux réseaux sociaux. 
Au-delà de ce phénomène nouveau, qui risque de se reproduire pour toutes autres causes à l'avenir (et qu'il est intéressant d'analyser pour les années futures) il est également opportun de constater que cet accès de fièvre survient moins de deux ans après l'élection présidentielle, comme Emmanuel Macron a directement pu le constater lors de ses contacts directs avec la population durant sa tournée dans l'Est et le Nord à l'occasion des célébrations du 11 novembre.

Qui s'en étonnerait après qu'il ait lui-même déséquilibré la plate-forme sur laquelle il avait été élu ? Il se présentait, issu d'un gouvernement socialiste, " ni droite, ni gauche ". Or il a manœuvré le paquebot « France » à droite toute. Pardon "à tribord toute" ! Tout pour les plus riches, des miettes pour les plus pauvres. Les salaires des patrons du CAC 40 flambent quand les plus faibles revenus plafonnent jusqu'à être étranglés.

Même Dominique de Villepin, aucun Premier Ministre de droite le dit : " La suppression de l'impôt sur le fortune a été une erreur ". Plus psychologique, politique d'ailleurs que financière, fiscale.

Les gens de gauche, qui ont cru un temps à l'énergie, à la jeunesse réformiste du futur Président Macron en 2017 se sont sentis dupés. Et comme dans la fable du bon Jean de La Fontaine " Le corbeau et le renard " jurèrent, mais un peu tard, qu'on ne les y reprendrait plus. Jamais ils ne reviendront dans le giron d'un homme qui les a trompés et qui a trompé les classes populaires. Sa seule chance serait que, si les gilets jaunes sont un canard sans tête, à l'instar de la droite et de la gauche traditionnelles, par défaut, il puisse se maintenir avec un taux de participation électorale plus bas qu'il n'a jamais été dans une démocratie majeure.

En définitive, à l'issue de ce quinquennat il n'y aura eu qu'une victime : la République.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 12 novembre 2018

14 -18

Les célébrations commémoratives de la grande guerre s'achèvent avec le rassemblement de plus de 70 chefs d'Etat et de gouvernements à Paris à l'invitation du Président Macron. Ce fut l'occasion de rappeler à tous les Français, et surtout des plus jeunes, ce que fut le sacrifice de toute une génération sur l'autel de nos libertés. Il ne s'agissait donc pas seulement d'honorer la mémoire des morts mais aussi d'un acte pédagogique fort à destination de nos contemporains.

On comparera, d'un seul coup d'œil, l'écart qui sépare la grandeur de nos concitoyens de cette époque quand les « hussards noirs de la République » étaient écoutés et respectés avec les temps actuels où il n'y a plus de devoirs mais uniquement des droits ; où ce sont les jeunes qui interpellent leurs enseignants ; où la violence privée contre les pompiers, les médecins, les forces de l'ordre ... est banalisée.

La disparition du civisme, naturel au début du siècle dernier ; un civisme qui tend à être l'exception et non plus la règle, favorise la montée de la droite extrême, voire de l'extrême droite. Un appel à une certaine forme d'autoritarisme se fait dès lors sentir pour retrouver une société de paix.

Puissent les célébrations de la guerre 14-18 et des sacrifices qu'elle a engendrés, avoir réveillé les consciences un peu déboussolées du début de ce millénaire.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 15 octobre 2018

France Inter, Première radio gaucho-américaine 

 de France

A chaque grève nationale ou grève corporative, France Inter est la première radio de France à débrayer, soi-disant dans l'intérêt de ses auditeurs ... qui ne demandent que cela, probablement.

Question de tutelle abusive dans une radio de service public ? Question de salaires ? Difficile de le savoir tant les motifs sont obscurs. A la façon de la CGT, la seule chose que l'on sait, c'est que France Inter est « contre ». On frise le Woody Allen : « La réponse est non. Au fait quelle était la question ? »

Mais qui ne comprendrait ces malheureux salariés victimes d'un employeur

« réactionnaire », chez lequel le droit de grève est sans risque. Qui ne voit la différence avec d'autres medias de l'audiovisuel (RTL, Europe 1, TF1 ...) où la grève n'est pas prohibée bien qu'ils n'y recourent jamais, sans doute parce que leurs patrons « gauchistes » les rémunèrent grassement.

Qu'importe l'actualité, comme à la SNCF, et toujours dans l'intérêt des usagers (qui n'ont leur mot à dire) France Inter cesse le travail d'information qui est sa première mission à la première occasion. Un grave attentat, une catastrophe naturelle, un changement de gouvernement, un accident majeur ? Les camarades sont en grève. La mission à la fois d'information et de service public passe après. Ah, mais ...

Vite, vite, que le CSA nomme Philippe Martinez à la tête de France Inter, ce sera plus simple et plus direct. Après on pourra supprimer d'excellentes émissions comme « La tête au carré « de Mathieu Vidard ou « La preuve par Z» de Jean-François Zygel, « Le téléphone sonne » qui vous font préférer, tout de même, le service public, bien que la publicité pour les chaussettes y envahissent les ondes vingt fois par jour.

N'exagérons pas cependant. France Inter n'est tout de même pas la radio CGT (façon SNCF) que les Français rejettent pour non respect d'une mission de service public dévoyée. Loin de là. France Inter compense largement en étant tout tourné vers son idéal culturel anglo-saxon, voire anglo-saxophone. C'est le rêve américain. Ecoutez à toute heure du jour et de la nuit, vous n'avez droit, selon ses programmateurs, qu'à des artistes américains ou anglais, ce qui est quand même plus valorisant, plus classe que les chanteurs, musiciens brésiliens, argentins, africains ou asiatiques. Il faut faire « jeune ». Quant aux chanteurs francophones, ils sont purement et simplement considérés comme ringards par cette gauche américaine. La nouvelle génération ne connaitra jamais Brassens, Trenet ...a fortiori Gilbert Becaud, Brel ... Oui, bon, un peu mais pas trop.

Pour nos programmateurs obnubilés par la grande Amérique, comme les pétainistes par l'Allemagne en 1940, courrons au devant de la victoire, on aura une place privilégiée après. Exit Carlos Gardel, Amalia Rodriguez, Chico Buarque ... Vive la mondialisation et la colonisation, camarades. D'ailleurs, pendant les grèves à répétition, c'est l'occasion ou jamais de tartiner en artistes anglo-saxons (paroles et musique).

Comme on comprend ces programmateurs, si peu intoxiqués, au point que les chanteurs italiens sont mis au rencart par avance. Idem pour les espagnols depuis la retraite de Julio Iglesias.

Pas d'inquiétude toutefois, à France Inter, nous reste entre deux grèves la publicité pour les chaussettes. Une grande victoire des forces prolétariennes très « bon chic, bon genre » puisqu'on ne cesse de se remercier, de se congratuler jusqu'à énumérer le nom du moindre technicien, voire, une fois, de la femme qui apportait les croissants. Il va falloir aussi chez Airbus afficher à chaque vol le nom des techniciens qui ont construit l'aéronef ou chez Peugeot, apposer une plaque sur chaque véhicule pour dire qui l'a conçu, telle ou telle année. Plus demago, tu meurs ! Nombril oblige ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 1 octobre 2018

Courbes

Avec un enthousiasme modéré mais réel, la France a élu en 2017, un jeune Président de la République qui avait un boulevard devant lui. C'était le miracle français qui, à travers l'Histoire de Jeanne d'Arc à de Gaulle en passant par Clemenceau et le jeune Bonaparte se manifestait encore par surprise, toujours au moment opportun.

Tant qu'il s'est agi de remettre en cause les vieilles structures sclérosées, les vieux appareils comme la SNCF, les blocages automatiques du plus ancien syndicat salarié de France, nos concitoyens ont suivi en comptant les points. N'était-ce pas ce qu'ils attendent et qu'aucun des prédécesseurs du nouvel élu n'avaient pas pu ou osé faire ? Ils n'avaient pas grand'chose à redire au style, comme lorsque le Général, après 1958 a reformé « sabre au clair ». A chacun son style. « Le style c'est l'homme », on le sait.

En revanche, dès que nos chers Gaulois, qui ne détestent pas les réformes, ont commencé à comprendre que le char de l'Etat n'était conduit qu'à droite, que les cadeaux non pas aux entreprises mais aux plus riches, étaient accompagnés d'un prélèvement sur les plus âgés, retraités aux maigres ressources, la courbe de popularité d'Emmanuel Macron s'est affaissée plus rapidement que celle de ses prédécesseurs. Ce n'est pas la CGT, à défaut d'un Parti Socialiste exsangue, qui l'a fait chuter mais c'est lui-même, avec le concours inattendu du serpent Benalla, lové dans tous ses faits et gestes.

Sa chance est qu'à l'international, nos partenaires traditionnels soient eux-mêmes vilipendés : en Allemagne et en Italie, en Grande Bretagne et aux Etats-Unis, en Espagne et en Russie ...Mais le malheur des uns ne fait pas le bonheur des autres.

En France, malgré nos défauts congénitaux, nous avons des principes, fruits de notre longue et passionnante Histoire. L'égalité est le plus important d'entre eux et ce principe est mis à mal de mois en mois.

Si la classe politique, aujourd'hui au rencart, avait des défauts patents, qu'elle était suffisante, à tout le moins, elle n'était pas arrogante. Elle savait écouter, distiller, comprendre, hélas, sans avancer suffisamment.

Restent quatre années pour reprendre la main, ce qui est largement suffisant quand on compare au peu de temps qu'il a fallu à Mendès-France, de Gaulle ou Mitterrand pour mettre le pays dans la droite ligne de la réforme. Mais chacun d'entre eux, auparavant avait « blanchi sous le harnois ». Il est donc urgent d'attendre.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 17 septembre 2018

Un monde déstabilisé

Grand angle ou zoom, ce que l'on voit à travers le viseur, en France ou dans le monde, en cette rentrée 2018-2019 est partout identique, chaotique, déstabilisé.

L'évènement majeur, parfaitement identifiable désormais, est le dérèglement climatique qui donne à penser, au-delà de la folie de Trump, que quoi que fassent les autres dirigeants, il sera quasiment impossible de redresser la courbe des températures, à court ou moyen terme. D'aucuns diront que ce n'est pas la première fois que la planète est soumise à rude épreuve puisque, il y a bien longtemps, la Terre n'était qu'un vaste océan, puis une mer de glace d'où sont sortis les poissons, vite transformés en reptiles avant que n'apparaissent des animaux gigantesques, voire monstrueux qui ont tous disparu. Notre globe a survécu néanmoins. Et s'il en allait de même à notre époque ? Non pour réduire le projet mondial issu de la COP21, comme le veut le malade de la Maison blanche, mais pour relativiser la perspective catastrophique que certains pronostiquent, en prophètes de malheur.

Politiquement la situation planétaire n'est guère meilleure.

Dans le monde, Poutine reste indéboulonnable, au service des pires causes, comme son soutien au tyran Bachar El Assad, son ingérence en Ukraine, une répression intérieure « à l'ancienne », tandis qu'Erdogan en Turquie, assoit sa dictature islamique.

L'Europe, de son côté, continent où la raison prévalait depuis 1945, se délite à grande vitesse : Brexit chauvin à l'Ouest, montée des nationalismes à l'Est (Hongrie, Pologne ...) jusque dans la botte italienne où des toqués sont parvenus au pouvoir à cause de la crise migratoire que la naïveté des autres responsables, allemands ou français, n'ont pas su anticiper faute de vision ... et de carrure. De Gaulle aurait encore pu s'écrier, avec sa gouaille : « mort aux cons ».

Les peuples, tous les peuples, sont désabusés, aigris. Comme les grenouilles de la fable de La Fontaine, ils se cherchent donc un roi ...

Dans l'Hexagone, lassés de politiques de droite ou de gauche « petit bras », les Français ont cru, en 2017, s'être trouvé celui qui reprendrait le flambeau de la France historique. Hélas, les premiers résultats sont loin d'être à la hauteur de l'enjeu. Le président Macron a vu son aura se rétrécir comme peau de chagrin. Trop d'arrogance, de suffisance, de déséquilibres au profit des riches, voire des plus riches, comme dit François Hollande.

Certes, il n'est pas trop tard, mais son embardée à droite va nécessiter un coup de volant à gauche qui, même à 80 à l'heure, va faire tanguer le char de l'Etat.

Un seul espoir, sous toutes les latitudes : puisqu'après les nuages vient forcément, tôt ou tard le soleil, attendre ... pour « renouer la chaîne des temps » selon la formule de Louis XVIII.

Trump pas plus que Poutine n'est éternel ; l'Afrique saura, elle aussi, se débarrasser de dirigeants corrompus qui s'enrichissent tandis que leurs populations appauvries fuient vers le Nord au péril de leurs vies.

Lorsque l'on tombe du centième étage, on peut toujours crier en passant devant le cinquantième : « jusqu'ici tout va bien ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 2 septembre 2018

Hommage
        C'était Jean-Louis Frot ...

Jean-Louis Frot, ancien maire de Rochefort, Vice-président du Conseil départemental de la Charente Maritime nous a quittés. Il était le meilleur d'entre les meilleurs.

Membre de NDH depuis la première heure, en 1977, homme politique sans être politicien, il était l'incarnation du civisme actif, respecté de tous et d'abord de ses concitoyens parce que chacun était conscient de sa droiture et de ce qu'il lui devait.

Grand sportif, féru de cinéma (avant sa nièce la grande Catherine Frot) camarade de lycée du regretté Michel Crepeau, Jean Louis a toujours repoussé les honneurs, refusant d'être parlementaire pour se consacrer à sa tâche d'élu de terrain quand une voie royale lui était ouverte.

Si Rochefort est aujourd'hui une ville tant appréciée, voire recherchée, c'est grâce à cet homme qu'il est un privilège d'avoir connu dans son action comme dans ses œuvres. Car cette cité n'est pas que celle de Colbert, La Fayette et Pierre Loti. Même s'il est aussi leur continuation dans notre histoire.

De la demeure extraordinaire de Pierre Loti, il fit un musée à la gloire de cet écrivain hors du commun, que Stéphane Bern s'est récemment engagé à restaurer en présence du président de la République. Ce qui avait permis au jury de notre prix littéraire des droits de l'Homme, présidé alors par l'écrivaine Janine Alexandre-Debray, de s'y réunir solennellement après qu'avec nous, il y ait célébré le 25e anniversaire de Demoiselles de Rochefort en présence de Catherine Deneuve, Michel Legrand, Agnès Varda, Erick Orsenna...

Homme de culture, Jean-Louis Frot entreprit aussi la restauration de l'immense Corderie Royale que nos voisins allemands avaient détruite avant de partir en 1944. Et comme ce « diable » de Jean-Louis n'était jamais à cours d'idées, il lança, à côté, la reconstruction de l'Hermione, la frégate de La Fayette qui allait l'amener en Amérique pour aider Washington à se libérer du joug anglais, trouvant en Benedict Donnely, une véritable cheville ouvrière pendant toute la durée de la mise en œuvre.

D'autres, avec Dominique Bussereau, « patron » du département souligneront l'action de Jean-Louis Frot pour l'industrialisation de sa ville lorsque la marine se dégagea de ce qui fut le premier port militaire français de l'Atlantique (d'où partit Napoléon après Waterloo) ou lorsqu'il bloqua, avec d'autres rebelles, les voies de la gare de Surgères que la SNCF entendait supprimer.

Moi, maladie professionnelle oblige, je soulignerai de plus son activité durant la guerre de Yougoslavie, lorsqu'il s'appuya sur NDH pour aider des refugiés qu'il avait connus dans ses voyages afin de coopérer avec ce pays sur le plan des industries aéronautiques. Et, on peut le dire maintenant, ce fut de ses derniers personnels que vint l'essentiel de cette entraide.

Discret, toujours modeste, son départ, malgré ses 87 ans est une perte. Sauf si l'on a entendu le dernier message d'un autre illustre charentais, de Jarnac, lui : « Je crois aux forces de l'esprit. Là où je serai, je ne vous oublierai pas ». Message fort, d'abord destiné en premier lieu à Yvette, son épouse indispensable pendant 65 ans.

Elle aussi a bien mérité de la patrie.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 12 août 2018

Michelle Bachelet
        Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme

C'est avec surprise et plaisir que le monde a appris la proposition d'Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, de nommer Michelle Bachelet « haut commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme ». Une proposition aussitôt ratifiée par l'Assemblée générale, soit 193 Etats.

Les raisons de cette satisfaction sont multiples.

En premier lieu, Michelle Bachelet a été une présidente de Chili respectée, ce qui lui avait valu d'être élue deux fois à la tête d'un pays encore traumatisé par la dictature d'Augusto Pinochet, l'ami de Margaret Thatcher.

A ce titre, et pas seulement en tant que socialiste elle-même, elle a été la digne héritière de Salvador Allende, mort dans le palais de la Moneda, le 11 septembre 1973.

Michelle Bachelet est en outre une femme de caractère, convaincue, ouverte aux idées modernes (avortement, droits des homosexuels ...) sans provocation et dont la probité, à la différence des dirigeants des pays voisins du Chili : l'Argentine, le Brésil, la Bolivie ... n'a jamais été mise en cause.

NDH, très impliqué dans les drames du Cône sud, ne peut que saluer cette nomination qui devrait redorer le blason de la gestion des droits de l'Homme par les Nations unies au sein desquels des pays voyous comme l'Iran tenaient, encore récemment, un rôle totalement injustifié, qui discréditait l'institution.

Il n'est inutile de rappeler enfin, même si ce n'est pas un mérite, que le père de Michelle Bachelet, le général Alberto Bachelet avait été jeté dans les geôles du sinistre Pinochet à la suite du Golpe de 1973, où il est mort, à l'âge de 50 ans, tandis que son épouse et sa fille, elles-même étaient arrêtées, torturées avant que d'être exilées, comme tant de nos amis auxquels nous rendons toujours hommage parce que ce sont eux qui ont ouvert le sillon vers la démocratie dans toute l'Amérique Latine.

Puissent les socialistes européens et français en particulier, à leur tour, s'en souvenir dans le marécage où ils se sont embourbés depuis quelques années du seul fait de l'oubli de leur idéal.

François Mitterrand, qui nous avait dit lors de ses derniers vœux à la nation, qu'ils « croyait aux forces de l'esprit », lui qui avait rendu visite au Président Allende avec Claude Estier, pourrait, peut-être, là où il est, mettre en œuvre les dites forces au service d'un retour mondial au progressisme démocratique.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 17 juillet 2018

Coupe du monde : Panem et circenses ?

Nos cousins et colonisateurs, romains, gouvernaient leur empire avec talent. L'une des formules des empereurs était « panem et circenses » (donnez du pain et des jeux) pour contenir le peuple enclin à se révolter contre les injustices.

Par mimétisme, on serait tenter de reprendre l'adage, car il s'applique toujours, peu ou prou, au XXIe siècle. Ce serait cependant abusif, voire « mélanchonien » par facilité un tantinet démagogique.

Ce qui vient de se passer à Moscou, à l'occasion de la coupe du monde de football est heureusement d'une autre ampleur, d'une autre profondeur...

En premier lieu ce n'est pas le pouvoir en place qui l'a programmé, voulu, à des fins politiques intéressées.

En second lieu, il est la traduction vivante, humaine de la réussite de ce que le énième plan banlieue n'a jamais obtenu : fédérer les cœurs et les esprits quand les choix politiciens, eux, n'ont pas éradiqué pas les revendeurs de drogue, les prophètes de l'islam et les marchands de sommeil.

Donc, que l'on aime le sport, le football en particulier, importe peu au final ; qu'il agisse comme une sorte de drogue qui fait oublier la rigueur économique est secondaire puisqu'il est efficace pour la psychologie collective. Mais pour combien de temps ? Chassez la réalité, elle revient vite au galop.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 2 juillet 2018

Hommage à Simone Veil 

La nation française unanime a rendu à Simone Veil l'hommage qui lui était dû, et nulle voix discordante ne s'est faite entendre. C'était une grande dame qui méritait bien sa place au Panthéon pour sa qualité majeure : l'engagement dans la dignité. Mais l'on doit aussi connaître les autres aspects de sa personnalité, qui ne sont pas forcément au même niveau.

En effet, lorsque je l'ai rencontrée, chez elle, place Vauban, pour lui demander de s'engager aussi pour la conquête de nouveaux droits de l'Homme, à l'instar de centaines de personnalités du monde intellectuel, scientifique, artistique : droit à la paix, droits par rapport à la science, laïcité comme un droit, droit à vivre dans sa culture etc. selon notre proposition de loi portant titre II à la Déclaration, comme l'avaient voulu les députés, en 1789, dans un vote solennel, dit motion Mougins de Roquefort, Simone Veil n'a pas voulu, au prétexte que, si de nouveaux droits devaient être conquis (ce qu'elle ne contestait pas) ce devait être par la jurisprudence et non par le parlement élu par les Français. En quelque sorte, retour à avant 1789 lorsque le Droit était établi par les tribunaux.

Propos réactionnaire ? Maladie professionnelle puisqu'elle était magistrate ?

Nous en sommes restés là, pensant qu'avec la signature de 520 parlementaires de tous bords, notre projet de société traduit en termes de libertés, comme en 1789 et selon le vœu de nos ancêtres finirait par passer un jour.

J'ai cru ce jour arrivé lorsque Nicolas Sarkozy, devenu Président de la République, qui nous avait toujours adressé son soutien écrit, ès qualité de député, reprit l'idée puis, dans un discours solennel, en confia la réalisation ... à Simone Veil, qui accepta la mission.

Celle-ci était claire : recueillir tous les avis et aboutir à une synthèse avant le vote du Parlement.

Bien sûr, NDH, comme bien d'autres ne fut pas consulté. Mais, toutefois, notre organisation, qui avait pris le soin d'envoyer le fruit de son travail à Madame Veil fut la seule qu'elle mentionna dans son rapport au Président Sarkozy. Sa conclusion étant : « il est urgent de rien faire », comme elle me l'avait dit quelques années auparavant.

En conséquence, le projet de NDH, comme celui de Nicolas Sarkozy - le même sans doute - terminera dans les poubelles de l'Histoire, malgré le vœu des députés de 1789 et des députés de la fin du XXe siècle, prêts à décrire solennellement le projet de société du début du troisième millénaire.

François Mitterrand, Président, en comparant NDH à « l'obscure sixième bureau de l'Assemblée » de 1789 dont le texte de la Déclaration a prévalu sur tous les autres, n'avait pas tort. Sauf sur un point : « l'obscure sixième bureau » a réussi là où nous avons échoué ... à cause de Simone Veil.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 18 juin 2018

     Déserts médicaux :

                                La France de l'absurde  

                             

Depuis de nombreux mois, voire des années, nos concitoyens constatent l'avancée des déserts médicaux dans une France pourtant riche et scientifiquement en pointe ... Les élus locaux se battent comme de beaux diables pour recruter des médecins, en raison du départ à la retraite de nombre d'entre eux. Comme si c'était leur affaire et non pas, en priorité celle de l'Etat ...

A coup (à coût) de centaines de milliers d'Euros, les collectivités locales financent l'installation de médecins débutants ou venus de l'étranger à cause d'un numerus clausus dépassé depuis longtemps. On marche sur la tête au pays de Descartes !

Mais pourquoi ce phénomène est-il récent alors que le vieillissement du corps médical a toujours existé sans poser problème au pays.

Dans un monde où le principe de précaution est l'alpha et l'oméga (cf. la réduction de la vitesse à 80 km/h) pourquoi attend-on qu'il y ait des morts pour que les gouvernants réagissent dans la précipitation ? A ce moment là, ce sera l'effervescence médiatique, les justifications officielles et on réagira ... enfin.

Pour l'heure, nous vivons dans un monde français où des milliers de médecins étrangers compétents, reconnus, exercent dans nos hôpitaux pour un salaire ridicule, de l'ordre de 1200 €uros par mois, quand les déserts avancent lentement, inexorablement. Cherchez l'erreur ...

Juridiquement, légalement le contexte est le suivant : tout médecin formé dans l'Union Européenne, même s'il ne parle pas un mot de français peut ouvrir son cabinet en France. Par contre, s'il a suivi son cursus universitaire hors l'Union Européenne, dans « l'école française » de médecine, et parle couramment notre idiome n'a pas le droit d'exercer en libéral. 

Intelligent, non ? 

Pour exercer en France, le médecin étranger, en dehors de l'Union, ne peut soigner que dans un hôpital ou refaire tout son parcours universitaire (soit quatre à cinq ans) au préalable. Défense de rire. Il est hors de question de lui faire passer un examen de connaissances approfondi attestant de son expérience, de ses connaissances et de sa connaissance de la langue, alors que cela mettrait à disposition des déserts médicaux des centaines de médecins.

Il est urgent d'attendre, d'autant que si les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, restent passifs jusqu'à la catastrophe prévisible, l'Ordre des Médecins lui-même ne bouge pas le petit doigt. Tout le monde se réclame de l'idéologie économique libérale ... sauf pour ce domaine qui reste administratif, cadenassé, comme au bon temps de l'Etat français petainiste de Vichy. Pas de concurrence, pas d'ouverture. Il faut rester dans l'entre-soi, le tête à tête « Ordre des Médecins-Etat » Que personne ne s'en mêle, ne conteste. A fortiori parce que ni Jean Luc Mélenchon, ni Marine Le Pen ne vont se mêler de cette affaire.

Dès lors, il est urgent d'attendre le premier mort pour insuffisance médicale, les premiers pleurs hypocrites médiatiques ou gouvernementaux. Cela ne saurait tarder.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 29 mai 2018

Italia fara da se

C'était le slogan du grand Garibaldi, à la tête de ses « chemises rouges » « Italia fara da se » (l'Italie se fera par elle-même), ce qu'il réussit pleinement avant que de porter secours à la France attaquée par la Prusse, en 1870. Les liens, en effet, ont toujours été très étroits, depuis plus de deux mille ans, entre nos anciens colonisateurs romains, la France et l'Europe jusqu'à la signature du Traité de Rome, en 1957 qui permit à ces liens de s'institutionnaliser sur un pied d'égalité. Mais, hélas, un vent mauvais souffle sur l'Europe qui la mènera à la dislocation si l'on n'y prend garde, en raison d'une cause quasi unique : des migrations de populations non consenties qui font se replier chaque pays sur lui-même, lesquelles se rajoutent aux séquelles de la crise économico- financière de 2008.

La Grande Bretagne a déjà sonné le glas avec le Brexit ; l'Autriche, la Hongrie, la Pologne regimbent à leur tour ... Restaient, heureusement, les trois grands pays fondateurs : la France, l'Allemagne et l'Italie. Mais est-ce encore le cas aujourd'hui après les élections législatives dans la Botte, qui ont vu disparaître, après un grand Parti Communiste, les Démocrates chrétiens, puis les Socialistes au profit de la « Ligue du Nord » et du « Mouvement 5 étoîles » dont nul ne sait où ils conduiront le pays, sinon dans la contestation de l'Europe parce qu'elle n'a pas tenu ses engagements sur le partage du fardeau des migrants. Même Berlusconi, ce Trump avant l'heure, n'a plus le poids nécessaire pour maintenir la cohésion nationale.

Les alliés du moment, majorité opportuniste, s'est choisi un Premier Ministre (on dit « Président du Conseil » en Italie) Giuseppe Conte, professeur de Droit au curriculum vitae bourré de mensonges, qui a commencé sa mission par une provocation en voulant nommer un ministre de l'économie anti-Euro, ce qui était l'annonce d'une crise profonde avec les partenaires de Rome. Le président de la République, Sergio Mattarella, usant de ses faibles prérogatives, l'a refusé net et le gouvernement Conte est mort né. Il a alors désigné un nouveau Président du Conseil « pro-européen » Carlo Cottarelli avec un handicap cependant pour un pays en crise : il vient du Fonds Monétaire International (FMI), peu réputé auprès des peuples pour sa mansuétude.

On en est là pour l'instant, mais pour combien de temps ? L'Italie, et donc l'Europe, entrent dans un tunnel dont nul ne voit le bout. D'autant que les anciens partis, discrédités, ne vont pas renaître de leurs cendres, d'un coup de baguette magique, lors des prochaines élections.

Il faut, dès lors, dans ces circonstances dramatiques, faire un constat qui mérite réflexion chez nos distingués politologues. Nombre de démocraties parlementaires : la Belgique, l'Allemagne, la Grande Bretagne ... se sont, tour à tour, récemment trouvées dans une impasse, faute de majorité législative. Ces pays ont ainsi été privés de gouvernement pendant des mois ... comme si cela était possible, au XXIe siècle, ou bien comme si des pays modernes n'avaient nul besoin d'un gouvernement : « vive l'anarchie » ?

La France, en revanche, elle, n'a pas connu ce genre de problème, grâce à la Constitution de la Ve République qui, depuis 1962, élit le chef de l'Etat. Lorsqu'il y a eu une majorité législative différente de la majorité présidentielle, le pays, au moyen de la cohabitation voulue par François Mitterrand, puis Jacques Chirac, a continué à être gouverné. Imagine t'on d'ailleurs, concrètement, la situation du pays, en 2017, s'il n'y avait pas eu, alors, un président élu par le peuple français et que les seules forces parlementaires en présence, au lendemain des législatives, n'auraient été, après la disparition du P.C., de l'UMP, du PS, constituées que par le Front national, les mélenchonistes « chavistes » (et quelques anciens frondeurs) ? Un rêve, ou plutôt un cauchemar, auquel nous avons échappé grâce à une constitution, si honnie et dont d'aucuns voudraient encore voir la suppression au profit d'une VIe République, parodie de la IVe République.

Dieu nous en garde ! En tous cas, soyons en conscient. La France est forte de ses institutions avant tout.

Garibaldi avait unifié l'Italie, les armes à la main, sans que ses héritiers donnent au pays des armes constitutionnelles. De ce fait, il en est mort une seconde fois. Attendons donc sa résurrection par la loi. « Dura lex, sed lex ». (La loi est dure mais c'est la loi). Et vive l'Italie !

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 21 mai 2018

Le pape François, en condamnant la finance 

sans foi ni loi, hésite entre la CGT et la CFDT...

N'écarquilleront les yeux que les naïfs ou les ignorants ... qui croient que les catholiques sont         «  la  Manif pour tous » et le pape une vieille idole coupée du monde.

En plus d'être à la tête du réseau diplomatique le plus étendu de la planète, il est, de ce fait, le mieux informé mais aussi le plus éthique qui soit. J'en veux pour preuve le dernier document publié par le Vatican sous le titre « Oeconomicae et pecuniarae questiones » (désolé, ce n'est pas en anglais) qui en appelle à des « considérations pour un discernement éthique sur certains aspects du système économique et financier actuel».

On croirait un extrait du discours de François Hollande avant son élection à la présidence (« Mon ennemi, c'est la finance ») ou le dernier rapport chiffré d'Oxfam qui met à nu l'enrichissement des actionnaires au détriment des salariés et de l'investissement dans les entreprises. De l'avis unanime des observateurs « non gauchistes » la finance se gave au détriment des plus pauvres, voire des classes moyennes.

Le journal Le Monde reprend l'essentiel de l'analyse du pape argentin, jésuite à la parole dure, plus proche du discours, un peu court de François Ruffin (« Merci, patron ») que de celui d'Emmanuel Macron, bien que tous deux issus du même collège des fils d'Ignace de Loyola.

Citons quelques passages de ce texte de moins de vingt pages, selon lequel « les marchés sont des machines à enrichir un petit nombre au détriment de tous les autres, à grand renfort de pratiques immorales, prédatrices, inacceptables ». Certains acteurs s'apparentent à des « associations de malfaiteurs» animés par un « égoïsme aveugle » en pratiquant un « cannibalisme économique ».

Le document romain dénonce « le regard apathique ou impuissant des Etats ». L'industrie financière ne domine pas l'économie réelle. Elle est un lieu où les égoïsmes et les abus ont une puissance de nuisance sans égal qui diffuse « une culture profondément amorale ».

Mais l'Eglise catholique, du haut de ses 2000 ans d'Histoire ne s'arrête pas là. Elle dénonce « l'évasion et l'optimisation fiscales, les paradis fiscaux ... » Selon ce texte fondamental à portée mondiale, « les leçons de la crise de 2008 n'ont pas été tirées », dénonçant les « aspects prédateurs et spéculatifs », des « critères obsolètes qui continuent pourtant à gouverner le monde », « un égoïsme aveugle qui prévaut, limité au court terme, faisant fi du bien commun».

Comme des socialistes à l'ancienne, les responsables de cette analyse cautionnée par le pape du tiers-monde en appellent aux Etats, « invités à réagir en reprenant la main, à coordonner leurs efforts en maîtrisant les produits financiers les plus risqués », décrits comme des « bombes à retardement », en encourageant à « alléger des dettes publiques manifestement insoutenables ».

L'article du Monde, signé par Cécile Chambraud, aurait, de toute évidence, mérité la « une » du quotidien et non les pages intérieures, sans risque, sauf d'être attaqué par Le Figaro car il est signé, très officiellement :

« Au cours d'une audience accordée au Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, sa sainteté le pape a approuvé ces considérations, adoptées par la session ordinaire de ce Dicastère et en a ordonné la publication ».

Un « imprimatur » en quelque sorte, sous la double signature de Luis Ladaria, archevêque titulaire de Thibica, préfet de la Congrégation et du cardinal Turkson, préfet du Dicastère pour le service du développement intégral. Pas un vulgaire tract donc.

A mettre dans toutes les mains, à commencer par celles du président de la République Emmanuel Macron, avant sa rencontre avec le pape, en juin prochain. Son prédécesseur à l'Elysée, Nicolas Sarkozy n'envisageait'il pas, lui, que le profit devait être partagé en trois : « un tiers pour les salariés, un tiers en investissement, un tiers pour les actionnaires » ? Mais que déjà, un résumé de ce programme moral fondamental soit diffusé par toutes les églises du monde puis repris par une Europe en quête d'âme (ce qui n'était pas, heureusement, le cas de ses fondateurs, dont Robert Schuman, sinon du général de Gaulle, par son ordonnance de 1967 sur la participation).

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 8 mai 2018

Trump ... la mort    

Devant l'assemblée des délégués de la NRA (National Rifle Association) - Association Nationale pour les Armes, Donald Trump a chanté les louanges du second amendement de la constitution américaine, qui autorise chacun à être armé, en même temps qu'il prenait à revers la jeunesse de son pays qui, en masse exige le « droit à la vie », après plusieurs massacres commis, ici et là, mais, le plus souvent, dans les universités dont la plus célèbre fut Colombine.

Le président américain, après le dernier carnage, déjà, n'avait rien trouvé de mieux que de proposer que les professeurs soient armés. Et pourquoi pas une arme en cadeau pour Noël, fête de la paix et de l'amour, pour chaque enfant, conjoint ou ami.

Aucun pays au monde n'a osé mettre le doigt dans un tel engrenage qui, bien avant, a abouti, à l'assassinat des frères Kennedy, de Martin Luther King, de Malcom X ...

Mais l'aveuglément de Trump ne s'arrête pas là. Encore devait-il, sans condamner les massacres internes aux Etats-Unis, donner des contre-exemples. Et ce fut, scandaleusement, en insultant la mémoire des victimes du Bataclan qui, selon lui, auraient échappé à la mort si elles avaient été armées, permettant ainsi leur auto-défense.

Du grand n'importe quoi que d'imaginer tous les spectateurs, venant armés dans toutes les salles de réunion. A la moindre étincelle ce serait l'embrasement et la mort multipliée par dix, voire par cent. Bref un remède pire que le mal.

Dès lors, ce sont, en l'occurrence les pays qui condamnent la violence (sauf pour se défendre) qui ont tout à redouter de cette politique absurde qui nous ramène au siècle passé, à sa violence quand il faut cultiver la paix et la démocratie.

Prenons donc date et préparons-nous à subir une longue transition.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 2 mai 2018

L'Iran et le modèle coréen

Des deux risques nucléaires dans le monde : le coréen et l'iranien, il semble que le premier soit en passe d'être éliminé du fait de la seule volonté du dictateur de Pyong-Yang, le jeune Kim Jong-un. A moins qu'un jour prochain, il ne retourne à nouveau sa vareuse « car tel serait son bon plaisir » de monarque communiste.

Reste alors potentiellement le cas d'une autre forme de dictature, la dictature religieuse de l'Iran des mollahs qui continue de rêver d'un armement nucléaire, malgré l'accord de Vienne de 2015.

Trump, le président américain veut déchirer cet accord bien qu'il ait la signature des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU, toutes puissances nucléaires. Un coup de bluff de sa part ? Nul ne le sait tant l'homme est imprévisible. En attendant, les autres signataires, à commencer par l'Iran lui-même, dénoncent ce manque à un engagement international majeur. Qui plus est, les mollahs, par la bouche du « guide suprême » Ali Khamenei menacent de reprendre l'enrichissement de l'uranium nécessaire à la préparation de l'arme nucléaire.

Nous sommes donc en présence d'un nœud gordien, qu'aucun Alexandre ne saurait trancher d'un coup d'épée étant donné la complexité du problème posé.

Le président français, Emmanuel Macron (comme les autres européens) propose de conserver l'accord de Vienne, mais, comme il ne donne pas satisfaction au nouveau président des Etats-Unis, de négocier une extension du gel du programme d'armement iranien, notamment aux missiles balistiques, qui ne sont pas inclus dans l'accord.

L'idée est intellectuellement séduisante mais ne saurait convenir à l'Iran et ses alliés, en particulier à la Russie de Poutine, allié et complice de l'Iran en Syrie.

Dans cette partie de bras de fer, qui l'emportera ? Probablement la volonté américaine car si Trump reprend et renforce les sanctions économiques contre Téhéran, l'Europe sera contrainte de suivre, à peine de sanctions, comme cela s'est déjà produit par le passé.

Il est avéré que le « retournement » de la Corée du Nord sur le nucléaire soit le fruit inavoué du boycott international. Kim a transformé sa défaite en posture de dirigeant généreux et pacifique. Pourrait-il en être de même pour l'équipe dictatoriale en Iran ? On peut en douter, même si la jeunesse iranienne ne pense qu'à cela : l'ouverture ... et se préparer à de nouveaux affrontements avec le régime répressif.

Dès lors, on doit s'attendre au scénario suivant. Trump va renier la signature d'Obama puis reprendre l'embargo qu'il imposera, volens nolens, aux Européens. D'où il résultera une régression économique en Iran dont, cette fois les barbus ne sortiront pas vainqueurs, sauf à pratiquer encore une répression massive. Car ce n'est pas la Russie, malgré les rodomontades de Poutine, avec un PIB pas plus élevé que celui l'Espagne ou de l'Italie, qui va compenser les sanctions américaines (et européennes en conséquence).

Une conférence sur l'avenir de la région semble donc plus nécessaire que jamais.

Non seulement sur la question nucléaire mais aussi, ne l'oublions pas, sur l'ingérence de l'Iran en Syrie, au Liban, au Yémen. Sinon ce mal récurrent qu'est l'impérialisme chiite resurgira, alors que pour une fois, les démocraties sont en position de force pour imposer leurs vues.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 16 avril 2018

L'internationale chimique

On connaissait déjà Ali le chimique, collaborateur de Saddam Hussein. Le peuple kurde s'en souvient pour avoir goûté de sa potion magique avant qu'il ne fasse école ... à plus ou moins grande échelle, malgré les traités d'interdiction d'un tel armement, que l'Allemagne avait déjà utilisé pendant la première guerre mondiale. Le nom de Ypres est gravé dans toutes les mémoires occidentales.

Aujourd'hui ce fléau inhumain connait une nouvelle gloire grâce à Poutine et ses alliés.

A l'échelon individuel, il a fait empoisonner un ex-espion russe refugié en Grande-Bretagne : Segueï Skripal et sa fille Ioulia après que son ami Bachar El Assad eut fait, lui, un usage « industriel » de ce moyen, à plusieurs reprises contre son peuple, dont beaucoup de femmes et d'enfants, sans arme, qui ne s'opposaient même pas à sa dictature sanglante.

La dernière attaque syrienne en date s'est produite le 8 avril contre la poche de résistance de la Ghouta. Ce qui lui a valu une riposte ciblée et calibrée des Américains, Français et Anglais qui n'a fait volontairement aucun mort mais a détruit (du moins officiellement les usines de mort du tyran).

Il ne faut toutefois pas en rester là car ce serait un aveu d'abandon de la part des démocraties lesquelles, déjà, en 2013, parce que le faible Obama a hésité, n'a pas permis au président François Hollande d'engager la France dans une riposte qui aurait peut être dissuadé le bourreau de son propre peuple de réitérer ses exploits. Exactement comme en 1938, Daladier et Chamberlain en ne réagissant pas, ont laissé la voie ouverte à Hitler.

A tout le moins, la diplomatie doit reprendre son rôle si Poutine, contré en Ukraine, en Crimée est enfin capable de voir qu'il a atteint les limites de ses ambitions impériales après la chute de l'Union Soviétique. Sinon, les sanctions économiques devront être étendues car son pays avec un PIB équivalent à celui de l'Espagne et l'Italie est un colosse au pied d'argile.

Au-delà encore, les partisans du respect des droits de l'Homme s'étonneront que les démocraties n'aient pas encore avancé l'idée d'un futur procès de Bachar El Assad devant la Cour pénale internationale.

« Impossible à réaliser » diront les tenants d'une « real politik ». Sans doute tant qu'il est dans les mains des Russes et des Iraniens. Mais des juges pourraient au moins instruire le dossier publiquement, quitte à ce qu'il soit jugé par contumace, lui et ses sbires. Car ses crimes ne s'arrêtent pas au gazage des populations civiles. Il faut prendre en compte aussi les dizaines de milliers de victimes des tortures les plus atroces dans ses geôles. Ne l'oublions jamais. Ne les oublions jamais. Un silence persistant sur ce sujet, judiciairement parlant, serait une complicité avouée.

Pierre Bercis 

Président de NDH


L'Edito du 9 avril 2018

Femmes 2018 : le silence qui tue

                       96% d'hommes incarcérés. 4% de femmes

La presse française et internationale s'est récemment gargarisée avec la délinquance sexuelle. A juste titre. Mais elle n'en demeure pas moins myope pour autant. En effet, ce type de délinquance n'est qu'un épiphénomène qui exige plus d'investigations, de publicité et de réaction des gouvernants, en France comme dans le monde.

NDH, dans sa revue Arc en Ciel N°64 du quatrième trimestre 2011 avait titré « Pourquoi les pouvoirs publics cachent-ils les chiffres qui accusent ?». Délinquance Hommes 97% Femmes 3% ». Reprenons donc, sept ans après cet article puisque rien n'a changé et que les féministes patentées semblent ne pas en faire leur drapeau

Pierre Bercis

Président de NDH 


L'Edito du 23 mars 2018

Le fascislamisme ne passera pas

L'appel des cent intellectuels publié par Le Figaro du 20 mars 2018 a précédé de quelques jours l'attaque djihadiste de Trèbes, dans l'Aude. S'il n'a pas pour but l'antiterrorisme il en dénonce le terreau, le mal endémique qui aboutit à des agressions barbares récurrentes, depuis des années. Même s'il est de bon ton de répéter, comme un mantra : « Cela n'a rien avoir avec l'islam » les signataires de ce texte décrivent le phénomène d'apartheid en cours et de rejet de la République égalitaire et laïque sur des vastes territoires du pays. Issus de tous les milieux intellectuels, politiques (Pierre Nora, Bernard Kouchner, Pascal Bruckner, Luc Ferry, Paul Thibaud ...) leur mot d'ordre est « Non au séparatisme islamiste ».

Citons :

« Nous sommes des citoyens d'opinions différentes et très souvent opposées qui se sont trouvés d'accord pour exprimer, en dehors de toute actualité, leur inquiétude face à la montée de l'islamisme. Ce ne sont pas nos affinités qui nous réunissent, mais le sentiment qu'un danger menace la liberté en général et pas seulement la liberté de penser. Ce qui nous réunit aujourd'hui est plus fondamental que ce qui ne manquera pas de nous séparer demain.

Le nouveau totalitarisme islamiste cherche à gagner du terrain par tous les moyens et à passer pour une victime de l'intolérance. On a pu observer cette stratégie lorsque le syndicat d'enseignants SUD éducation 93 proposait, il y a quelques semaines, un stage de formation comportant des ateliers de réflexion sur le « racisme d'Etat » interdits aux « blanc.he.s ». Certains animateurs étaient membres ou sympathisants du Collectif contre l'islamophobie en France et du Parti des indigènes de la République. Les exemples de ce genre se sont multipliés dernièrement. Nous avons ainsi appris que la meilleure façon de combattre le racisme serait de séparer les « races ». Si cette idée nous heurte, c'est que nous sommes républicains.

Nous entendons aussi dire que, puisque les religions sont bafouées en France par la laïcité « instrumentalisée » il faut donner à celle qui est minoritaire, c'est-à-dire à l'islam, une place spéciale pour qu'elle cesse d'être humiliée.

La même idée se poursuit : il parait qu'en se couvrant d'un voile les femmes se protégeraient des hommes et que se mettre à part leur permettrait de s'affranchir.

Ce qu'on appelle l'universalisme républicain ne consiste pas à nier les sexes, les races ou les religions, mais à définir l'espace civique indépendamment d'eux pour que personne n'en soit exclu. Et comment ne pas voir que la laïcité protège aussi les religions minoritaires ? La mettre en péril nous expose au retour des guerres de religion.

A quoi peut donc servir ce ségrégationnisme nouvelle manière ? Doit-il seulement permettre aux soi-disant « dominés » de sauvegarder leur pureté en vivant entre eux ? N'a-t-il pas surtout pour but d'affirmer la sécession avec la communauté nationale, ses lois et ses mœurs ? N'est-il pas l'expression de la haine la plus caractérisée à l'égard de notre pays et de la démocratie ?

Que chacun vive dans la loi de sa communauté ou de sa caste et dans le mépris de celle des autres, que chacun ne soit jugé que par les siens, cela est contraire à l'esprit de la République.

Le nouveau séparatisme avance masqué. Il veut paraître bénin, mais il est en réalité l'arme de la conquête politique et culturelle de l'islamisme. L'islamisme veut être à part car rejette les autres ».

Il n'y a rien à ajouter à cet appel, sinon de se mobiliser, chacun sur son terrain pour ne pas se laisser intimider et appeler à la résistance : « Le fascislamisme ne passera pas ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 24 février 2018

Au pays des fous ...

Après les massacres collectifs de Las Vegas, Newtown, Columbine, Sandy Hook, San Bernardino, Orlando, une fois de plus, les Etats-Unis d'Amérique viennent de vivre, en Floride, une tragédie.

Dix sept jeunes lycéens ont été abattus comme du gibier par un obsédé, de leur âge qui, baignant dans le bain culturel de ce pays de violence, a pu se procurer une arme, comme ses concitoyens, sans la moindre difficulté.

Aucun pays au monde, même le moins démocratique ne vit dans cette insécurité permanente pour les plus innocents, alors que la sécurité est le premier des droits de l'Homme, comme le droit à la paix, que NDH s'efforce de faire reconnaître depuis 40 ans.

Certes, cette situation ne concerne pas, heureusement, les autres pays. Sauf dans la mesure où tous les medias du monde (français en particulier) veulent nous imposer à travers leur propagande ce modèle par le biais de sa langue, ses films, sa publicité ... De gré ou de force, tous les peuples, de tous les continents, doivent s'imprégner de cette pseudo culture qui va à contre courant de l'évolution de la planète vers une civilisation plus pacifique, malgré quelques exceptions remarquables.

La France, hélas, n'est pas la dernière dans ce concours à l'imitation d'une soi-disant référence universelle. Nos artistes s'installent à New York ou en Californie, nous débitant ensuite à haute dose la « pensée » américaine comme la voie incontournable à suivre. Les esprits dès lors sont colonisés, sans le moindre reflexe de dignité et de respect. Pourtant rien ne leur est imposé. Inutile d'ailleurs : ils sont volontaires, comme les collabo des années 30 - 40 qui n'attendaient qu'un maître afin, en le suivant aveuglément, se retrouver dans le camp des plus forts, de l'élite ...

Regardez les programmes de TF1, de France 2 : un vrai manuel télévisé du savoir-vivre en Américains ; écoutez France Inter : que des chansons anglo-saxones. La musique brésilienne, africaine, italienne, argentine ? Leurs auteurs ne doivent pas payer assez les programmateurs ou assez valoriser leur égo « moderniste » ...

Mais faisons confiance à Trump. Il a trouvé la solution à la folie collective qui vise d'abord les écoles : armer les enseignants ! il suffisait d'y penser ...

Pierre Bercis

Président de NDH

L'Edito du 15 février 2018

L'affaire Audin resurgit... 

Merci Cédric Villani

La repentance est à la mode, depuis plusieurs années et NDH s'y associe pleinement, ayant, entre autre, été l'ami d'Ahmed Ben Bella, comme de Hocine Aït Ahmed, militant engagé dans nos rangs. Mais l'on ne saurait être hémiplégique pour autant. L'Histoire exige du recul. Un procès doit être instruit à charge et à décharge pour être objectif, honnête.

On ne saurait oublier, en effet, les méthodes du FLN, qui se sont, hélas, perpétuées dans l'Algérie indépendante et dont les témoins de l'époque se souviennent encore. Cette indépendance n'aurait-elle pas pu être conquise par des moyens pacifiques, comme en Inde avec Gandhi, ou comme l'émancipation du peuple africain, en Afrique du Sud, avec Nelson Mandela? Seule, alors, une infime minorité se serait vu proposer « la valise ou le cercueil », au lieu d'un million de « pieds noirs » rapatriés, exilés loin de leur terre natale. Autre question que pose la « repentance » : la colonisation... Peut-être faut-il sortir, là aussi, des poncifs officiels pour poser d'autres questions, que l'on glisse sous le tapis.

Certes, la France, en 1830, a conquis l'Algérie manu militari, dans l'esprit de l'expansion européenne du XIXème siècle, à l'instar de l'Angleterre, du Portugal... Mais sans attenter à sa culture, sans imposer une religion à la demande même des gouvernants français. En revanche, pourquoi est-il interdit de parler des colonisations précédentes de ce pays (turque, arabe) bien plus longues et qui ont imposé l'islam comme unique croyance, pratiquant les razzias en Méditerranée pour s'approvisionner en esclaves et en femmes pour les harems d'Alger ou d'Oran?

Battons notre coulpe, soit. Sans langue de bois toutefois.

Pierre Bercis

Président de NDH

L'Edito du 6 février 2018

La dérive corse

Comme un continent, la Corse dérive sur la pression d'individus au passé souvent sulfureux voire violent, récemment convertis par intérêt et non par conviction à la démocratie.

Jusqu'où ira cette dérive, qui peut se transformer à tout moment en dérapage sur la pression constante, les provocations savamment étudiées de certains élus, déguisés en faux bergers ? Il faut se poser la question avant que ne surviennent de tragiques évènements savamment préparés.

De ce point de vue, les « laboratoires » belges, britanniques, espagnols, tchécolovaques...ne peuvent nous éclairer car la Corse est une île, avec les spécificités de l'insularité.

Dans son hommage au préfet Erignac, à l'occasion du vingtième anniversaire de son lâche assassinat, le Président de la République Emmanuel Macron a fustigé les « faux-semblants » des politiques passées. Nous y voici donc, au commencement de son mandat.

La première question qui se pose et qui doit être posée est celle de la composition de ce que les nationalistes appellent le « peuple corse », bien que nul jusqu'à présent ne l'ait posée publiquement. En effet, plus de la moitié des Corses ne vivent pas sur l'île qui ne compte guère plus de 200000 habitants. Ceux qui résident sur le continent, où ailleurs, à l'étranger doivent-ils être exclus du débat et interdit d'expression? Ils n'ont pas la parole parce qu'ils sont fondus et confondus avec l'ensemble de la nation française. Dès lors, le monopole de l'expression revient à un noyau dur, qui pousse toujours plus outre ses revendications chauvines, directement issues de la violence clandestine passée. Le clanisme, contraire à la démocratie est son terreau de prédilection.

Certes, la classe politique traditionnelle a failli et elle a été balayée par les urnes fort justement. Mais la Corse ne saurait pour autant tomber de Caribde en Scylla.

L'heure est venue, en hommage au préfet Erignac d'ouvrir un dialogue franc, dont les bornes doivent être posées par avance. C'est ainsi que les responsables politiques devront tout en favorisant la culture (dont la langue est le vecteur principal) rappeler que le français est la pierre angulaire de l'ouverture de la Corse sur le monde-méditerranéen en particulier. Il faudra éviter qu'à l'exemple négatif de la Catalogne, où les nationalistes ont tissé leur toile en chassant l'espagnol, langue universelle des écoles et des bibliothèques, le français demeurent le moyen de communication essentiel, grâce auquel des centaines de milliers de personnes, touristes ou non, enrichissent l'économie locale.

On exclura aussi d'office, une législation « raciste » qui interdirait aux non résidents d'acquérir un bien immobilier en Corse, en violation des règles de droit internationales.

En revanche, la République sera enfin ferme, voire intransigeante, quant à la protection de l'environnement, et singulièrement de la protection des côtes et des paysages sans cependant transformer l'île en réserve ou en musée.

La démocratie ne se décrète pas, elle se vit par la volonté du peuple, en Corse comme partout au monde. La République en est la garante en libérant les consciences et la parole. La première mesure sera donc, grâce aux nouveaux modes d'expression et à la sécurité qu'elle se doit de restaurer, d'abolir la loi du silence qui contraint les plus humbles à passer, volens nolens sous les fourches caudines des séparatistes.

La peur, la terreur doit changer de camp pour une entrée véritable de la Corse dans le XXIème siècle, sans renier son passé et son apport à la culture française.

Pierre BERCIS                                                                        Clément SYLVESTRE

Président de NDH                                                                 Secrétaire Général de NDH


L'Edito du président

22 janvier 2018

Migrants : le brame de quelques intellectuels

La réaction de quelques intellectuels en quête de notoriété, contre la politique du président Macron, concernant les migrants, mérite réflexions, même si ces réflexions (divergentes) ne méritent plus, comme il y a trente ans, le moindre intérêt pour Le Monde ou Libération.

La première attaque de ces « happy fews » a été dirigée contre la circulaire du ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, lorsqu'il a, légitimement, décidé de recenser séparément les migrants politiques et les migrants économiques. Pourtant quoi de plus naturel pour un pays que de s'enquérir des motifs de l'immigration. Cela a toujours été le cas et on ne voit pas très bien en quoi les droits de l'Homme sont menacés par une répartition administrative.

La seconde attaque contre l'immigration est plus confuse, mais, son sens est, lui, parfaitement clair : contrôler les flux migratoires, ce qui est pourtant le B.A-BA en matière de souveraineté nationale. Où est en cela l'attaque contre les droits de l'Homme de la part de l'Etat ? A moins que l'Etat ne renonce officiellement, solennellement, à ses pouvoirs, donc à ses droits. Alors bienvenue à la planète entière...

Mieux vaut la clarté ; la franchise, la transparence. Le contraire de ce qu'a fait le président Valéry Giscard d'Estaing qui a, au début des années 70, fait entrer des dizaines de milliers d'émigrés maghrébins pour occuper des postes industriels vacants. Clandestinement, et dont on voit aujourd'hui l'absence totale d'intégration.

Nul, donc, ne saurait blâmer, sauf à vouloir prendre une posture, la politique claire d'Emmanuel Macron.

Mais avec lui, au moins, on sait à quoi s'en tenir. La France doit rester comme toujours, depuis des siècles, une terre d'accueil pour ceux qui veulent s'intégrer, ce qui fut le cas de centaines de milliers de Polonais, de Russes, d'Italiens, d'Espagnols ... fuyant les persécutions. En revanche, le jeune Ivoirien, le jeune Sénégalais qui ne fuit pas une tyrannie, son dossier doit être examiné cas par cas, à peine de vider leur pays d'origine de leur compétence.

Mais quid des Afghans, des Érythréens, des Irakiens ? A voir. Quand la France a été envahie par l'Allemagne, en 1914 puis en 1940, les Français sont-ils allés massivement en Suisse pour demander l'asile ? Non. Ils ont organisé la résistance, passive ou active. Parce qu'ils croyaient, eux-mêmes, personnellement à la démocratie. Ils se sont battus sur place, sans fuir.

Le bon pape François, lui, parle le langage évangélique, comme les organisations charitables catholiques ou protestantes. Il faut les saluer comme telles. Mais cela n'a rien à voir avec l'entrée de migrants dans un pays de 67 millions d'habitants qui compte 6,7 millions de chômeurs.

Si l'on parle, comme dans l'ancien Testament, en paraboles, cela ferait penser à ceux qui donnent tout aux pauvres, puis se retrouvent ensuite à faire la manche pour survivre. La politique est d'un autre ordre.

Quelques intellectuels français ont beau « bramer » pour leur publicité personnelle contre les choix du gouvernement Macron, l'opinion publique, elle (comme NDH qui a aidé des centaines de personnes de toutes origines : Latino-Américains, Polonais, Iraniens, Africains, Maghrébins etc.) sera vigilante. Ce n'est pas encore sur ce critère démagogique que le président de la République deviendra impopulaire dans son pays.

Pierre Bercis, 

Président de Nouveaux Droits de l'Homme


L'Edito du président

15 janvier 2018

France Gall, Michel Berger, Daniel Balavoine

Nos routes parallèles se sont croisées vers l'infini

La disparition de France Gall a réouvert nos plaies. Avec Michel Berger et Daniel Balavoine, ce trio introuvable avait apporté son soutien à NDH pour la conquête de nouveaux droits et durant nos 320 semaines de manifestations, chaque jeudi, contre la dictature argentine. Ils représentaient l'engagement d'une jeunesse convaincue que les droits de l'Homme étaient le cœur de la politique civique. L'avenir était alors infini pour nous tous.

Si l'on « croit aux forces de l'esprit » comme l'a exprimé avec force François Mitterrand lors de son dernier message aux Français, nos routes ne se seront pas croisées en vain. La voie reste ouverte pour édifier une nouvelle société selon le vote des députés de 1789, auteurs de la Déclaration.

Dire que nous ne les oublierons jamais est une évidence. Dire qu'ils nous aideront plus encore, là où ils sont, est une conviction que nous avons à traduire en actes dans les années qui viennent.

Nos routes étaient parallèles ? Elles se rejoindront donc à l'infini.

Pierre Bercis

Président de Nouveaux Droits de l'Homme


L'Edito du président

23 décembre 2017


Le XXème siècle s'est achevé en 2017

En revanche, 2017 a vu le commencement d'un grand chambardement avec l'accession de Trump au pouvoir, la table rase politique en France, la fin de l'ère Merkel en Allemagne, l'exacerbation des hostilités entre chiites et sunnites au Proche Orient, la prise de conscience universelle du réchauffement de notre bonne vieille terre, le Brexit, sans même parler de la défaite militaire de DAECH aux confins de la Syrie et de l'Irak.

Pascal Bruckner, auquel NDH avait auparavant attribué son 34ème Prix littéraire des droits de l'Homme pour son livre « Un racisme ordinaire, Islamophobie et culpabilité » dans son article publié par Le Monde (15 décembre) sous le titre « Le XXIème siècle ne sera pas américain » a parfaitement analysé la situation mondiale. Une page se tourne. Le vieux monde est derrière nous...

Seul bémol pour nous, la persistance de la colonisation des esprits par la langue « anglosaxophone » qui, elle, se poursuit avec la complicité des puissances d'argent. En France en

particulier : le commerce, la publicité, les grandes écoles, les médias jargonnent en anglais « pour se pousser du col » et paraître plus américains que les Etats-uniens. Pour ces prostitués de la culture, New York est encore La Mecque de leur vanité et du culte du dieu Mammon. Eux ne songent pas un seul instant aux bienfaits du pluralisme des langues, comme du pluralisme des espèces animales et végétales. La mondialisation, selon ces liquidateurs des langues, reste l'alignement servile derrière le seul maître du monde. Une chance inouïe pour la Chine, la Russie, l'Inde...si elles veulent faire bouger les lignes. Un crève-coeur pour nous qui devons choisir entre démocratie et rapports de force. On vous le dit : un monde nouveau est devant nous. Méditons à l'occasion du passage à 2018.

Pierre Bercis

Président de Nouveaux Droits de l'Homme

L'Edito du président

7 décembre 2017


Noël : une curieuse laïcité

Les fêtes de fin d'année approchant, qui verront étrangement célébrer la naissance du Christ à Bethléem le 25 décembre et le 1er janvier. Comme si ces deux dates pour un même évènement ne pouvaient coïncider. Mais nul ne songe à remettre en cause une tradition bien établie ... par l'Occident. Domination oblige !

Cependant, sans jouer les trouble-fêtes, on s'étonnera que tout en restant dans ce cadre accepté par tous (ou presque tous) Noël soit la cause de disputes « byzantines », en France, entre laïcards archaïques et partisans de coutumes qui remontent en Europe bien au-delà du Moyen Age.

Ainsi, chez nous, on aurait le droit d'installer partout des arbres de Noël, qui comme leur nom l'indique, sont destinées à marquer un évènement unique, identique à celui des crèches de nos ancêtres : la venue au monde d'un « philosophe » laïque, qui affirmait « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». La laïcité passerait entre le sapin et la crèche, ce qui est pour le moins étonnant. Et que dire alors du père Noël, habillé de rouge avant-guerre par Coca Cola ?

La passion, la haine rend aveugle. C'est du même tonneau que ceux qui veulent débaptiser (peut-on écrire « débaptiser » ?) les rues et place Colbert, bouleverser notre langue par une écriture inclusive qui la rendra plus inaccessible aux étrangers ...

Dans le fond, pourquoi ne pas virer Napoléon des Invalides, puis le renvoyer dans sa Corse natale en mémoire de ses centaines de milliers de morts. Mais on peut toujours faire mieux en matière de stupidité « révisionniste ». On doit demander des comptes aux Romains, nos affreux colonisateurs et leur rendre leurs routes, aqueducs, théâtres ...

En Algérie, dernier péché de la France coloniale, cultivé par un F.L.N. inamovible, il faudra mettre sur la table la colonisation turque (qui a longtemps capturé des esclaves en Méditerranée, notamment pour peupler ses harems d'Alger), la conquête arabe qui a contraint des millions de Berbères à se convertir à l'islam (ce que la France n'a jamais fait lorsqu'elle a occupé l'autre rive de la mer) voire, là-bas aussi, stigmatiser l'occupation romaine et peut être détruire ses sublimes monuments, comme les islamistes ont fait avoir les Bouddhas de Bâmiyân ...

Bref, vivent les temps nouveaux ! où tout doit être remis en cause pour le seul plaisir vaniteux de se montrer soi-disant « progressiste » en jetant le bébé avec l'eau du bain. C'est cela la « libre pensée » ...

Pierre Bercis

Président de Nouveaux Droits de l'Homme


L'Edito du président

10 novembre 2017


Un pays dirigé par un fou ne peut plus diriger le monde

Les Etats-Unis, malgré la volonté de leur Président d'un repli à l'intérieur de leurs frontières, demeurent un pays dangereux pour le monde entier car la première puissance continue cependant d'être un modèle qui exerce une fascination de cobra sur nombre de dirigeants, de peuples, de cultures, de communicants...

Ces derniers (journalistes, publicitaires) relayent paresseusement un pseudo idéal américain constitué de musique, films, documentaires sur le mode de vie violent d'une population qui a porté au pouvoir un homme sans vision, sinon égoïste, tant pour lui-même que pour son pays.

C'est ainsi qu'en France tous les messages commerciaux, la publicité sont désormais directement en anglo-américain, que les radios, à commencer par les radios nationales, servilement, ne diffusent à longueur de journée que des chansons anglo-saxonnes.

Certes, Donald Trump n'est pas responsable du mode de vie des Américains basé sur la violence armée mais, malgré les crimes collectifs en série ( New York, Las Vegas...) il continue à prôner la vente libre des armes à feu.

Côté climat, il en va de même en dépit des dérèglements constatés sur tous les continents. Monsieur Trump et sa clique veulent sortir de l'accord de Paris qui avait fait l'unité planétaire sous l'égide de la France quand ce n'est pas, dans la vie quotidienne imposer commercialement des produits animaux ou végétaux biologiquement transformés.

La Chine, la Russie ne sont sans doute pas des paradis, démocratiquement parlant. Toutefois on peut s'interroger sur le véritable sens du bonheur des peuples. Car chez ces autres membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies, on ne constate pas ce genre de dérive, de fuite en avant vers la folie ; une folie dangereuse sur tous les plans : violence, environnement, culture ... qui serait un moindre mal si elle était cantonnée à l'intérieur des frontières américaines. Mais qui, du fait du culte de l'argent, de médias intellectuellement colonisés, se propage vers l'extérieur comme étant un modèle à suivre. Les fils de pub. se valorisent en singeant leurs maîtres à penser d'outre Atlantique.

Qui osera s'y opposer, endiguer ce tsunami, traduction de l'arrogance d'un peuple et de son mépris pour les autres cultures? On ne le voit pas bien encore. Seul un de Gaulle avait osé élever la voix, dénoncer l'hégémonisme, rééquilibrer les alliances par son discours de Pnom Pen, la reconnaissance de la Chine, la main tendue aux pays arabes...

Churchill disait « c'est contre le vent que s'envolent les cerfs-volants ». Guettons donc avec anxiété le moment où viendra un responsable politique qui saura dire « non » à la « politique du chien crevé au fil de l'eau » et saura faire prévaloir, au sein de la communauté des nations, l'intérêt général sur l'intérêt des Américains qui n'est, au final, que celui de l'argent, bien que Roosevelt ait eu cette phrase sublime : « il faut faire passer les droits de l'homme avant les droits de l'argent ». Ne reste qu'à l'appliquer.

Pierre Bercis

Président de Nouveaux Droits de l'Homme


L'Edito du président

23 octobre 2017


Le tsunami Weinstein

Après la tempête Strauss-Kahn, le cyclone Weinstein, arrive le tsunami qui renverse tous les barrages, submerge des pays entiers, dont la France.

En général, on redoute les effets de ces cataclysmes. Mais, en l'occurrence, faut-il s'en plaindre ?

D'aucuns commencent par pointer le risque de dénonciations calomnieuses, et ils ont raison. Mais est-ce un argument suffisant pour récuser ce phénomène inattendu et bénéfique pour des millions de femmes victimes de petits ou grands prédateurs sexuels, qui ne voient la moitié de l'humanité que comme une proie sur son terrain de chasse « génétique ».

Pour nous, non seulement le mouvement en cours est salubre, bien qu'inattendu et non déclenché par des vagues de manifestations, mais il est l'ouverture d'une porte vers l'avenir. Un avenir où femmes et hommes seront égaux dans un respect mutuel.

Reste que, lorsque l'on est juriste, respectueux des droits des personnes, en même temps que l'on aspire au développement du mouvement, qui porte une pédagogie pour les plus jeunes, on doit anticiper sur les droits de la défense, qui sont sacrés.

Certes, pouvoir être défendu quand on est accusé, ne suffira pas à effacer les traces de l'accusation infâme qui sera quasiment indélébile dans le futur. Mais, au moins, en ce cas, que les victimes des soi-disant victimes payent pour leurs accusations diffamatoires si celles-ci sont prouvées.

On entre avec plaisir dans une nouvelle ère. Mais comme dans l'entrée dans tout territoire nouveau : avec circonspection.

Pierre Bercis 

Président-fondateur de NDH

L'Edito du président
16 octobre 2017

Trump, l'éléphant dans un magasin de porcelaine

L'éléphant républicain américain traditionnel met à mal les équilibres planétaires et internes à son pays par ses excès.

Dans le même temps où il prend le contre-pied de son prédécesseur Barack Obama sur la sécurité sociale, l'opposition aux ventes d'arme, la protection commerciale ; où il annonce le repli des Etats-Unis dans leurs frontières traditionnelles, le rejet des accords de Paris sur le climat, Donald Trump, en contradiction avec ce retour à l'ancien isolationnisme, joue au cow boy dans un monde déjà fragilisé par la poussée islamo terroriste.

Certes, il n'a pas tort de s'attaquer à ces deux fauteurs de troubles que sont l'Iran et la Corée du nord, deux régimes totalitaires, chacun avec son idéologie dangereuse pour l'ensemble des nations. Mais pourquoi, alors, avoir annoncé le retrait des Etats-Unis du jeu politique mondial ?

On doit cependant nuancer cette appréciation globale car tout n'est pas équivalent.

Concernant la Corée de Kim, sa condamnation doit être sans limite ... mais avec doigté car le dictateur mégalomane est « à risque » et qu'une erreur peut déclencher une apocalypse.

C'est par une diplomatie active et musclée, en coopération avec la Chine et la Russie que les Etats voisins doivent être protégés, par la méthode qui a déjà été appliquée avec l'Iran pour le nucléaire militaire.

Car, contrairement à ce que prétend Donald Trump, cette méthode a été efficace après les révélations de la résistance iranienne (OMPI) sur la préparation par l'Iran d'un armement nucléaire. Les accords de Vienne de 2015 sont une réussite. Les Etats-Unis ne doivent pas les dénoncer, à peine de rebattre les cartes en dissociant leur position de celle de leurs alliés européens, de la Russie et de la Chine. Est-ce ce qu'il recherche, au risque d'isoler plus encore son pays autrefois le premier sur tous les plans ?

Les anti-américains s'en féliciteront.

En revanche, même s'il se contredit sur sa politique internationale (isolationniste ou interventionniste ?) il est utile, urgent qu'il continue à dénoncer l'ingérence de l'Iran dans tout le Proche-Orient : Iran, Syrie, Liban, Yemen ... et sa répression dans sa politique intérieure sanguinaire. Là, il doit être à l'avant-garde dans la dénonciation du fascislamisme, aux côtés de la Résistance, qui lutte depuis près de quarante ans contre les tortures, les exécutions sommaires, la répression des femmes iraniennes, l'exécution, en 1988, de 30.000 militantes et militants, assassinés, sans procès, avant d'être enterrés secrètement. Sans même parler d'une démocratie en carton-pâte, qu'encense Régis Debray, qui exècre les droits de l'Homme (cette idéologie de « petits bourgeois », bien qu'elle guide le monde depuis plus de deux siècles). Mais que vaut le monde par rapport à l'opinion du philosophe « grognon » qui n'a jamais rien eu à proposer, en ou hors philosophie ?

Ceci vaut, bien sûr, pour Emmanuel Macron, qui, s'il veut se rendre en Iran, à l'opposé de Donald Trump, ne devra surtout pas oublier d'amener dans ses bagages le sanglant dossier des droits de l'Homme, à défaut de celui de la démocratie.

Pierre Bercis

Président-fondateur de NDH

L'Edito du président

25 septembre 2017

L'étrange démocratie française


La rentrée a sonné dans l'hémisphère nord. En France en particulier

Les Français se sont largement exprimés avant les vacances d'été, après de longues campagnes électorales et avant campagnes, à l'occasion d'élections primaires ouvertes. On en connait le résultat : les deux principaux partis, à gauche et à droite, ont été balayés après soixante années d'occupation alternée du pouvoir, traduisant la volonté claire d'un peuple qui a fait la révolution pour être maître de son destin.

En lieux et places d'organisations qui s'étaient déjà par elles-mêmes divisées de l'intérieur par des querelles stériles, les citoyens ont promu une nouvelle génération de dirigeants, tant à la tête de l'Exécutif que du Parlement. Ensuite, un dialogue social approfondi a été mis en place afin d'engager les réformes sociales annoncées, dont la moralisation de la vie politique et la modification du Code du travail.

Rien de tel n'avait eu lieu dans les autres démocraties occidentales (Allemagne, Grande Bretagne, Italie, Etats-Unis ...) où la modernisation, sans se faire au canon, a été mise en place sans heurts durant la dernière décennie. Ce n'est qu'après que l'on s'est rendu compte des bouleversements qui étaient intervenus pour entrer dans une ère nouvelle (mondialisation, numérisation, changement climatique...)

En France, par contre, malgré l'expression populaire, tout orientée vers le remplacement des élites, la persistance des causes de la crise économique, imputée aux anciens dirigeants (qui a motivé la volonté de « sortir les sortants ») il n'en va pas de même. A peine commencée la politique de réformes, pourtant largement annoncée, la cote de popularité du président de la République est en chute libre, les démagogues en appellent à la rue et à la grève quand les deux anciens grands partis traditionnels (socialiste et de droite) eux, sont atones, déconstruits pour longtemps.

Jean-Luc Mélenchon, ce Chavez français jette de l'huile sur le feu, méprisant pour tout le monde, à commencer par ses alliés les plus proches, communistes et socialistes. Réussira-t-il, comme son modèle vénézuélien, à mettre à bas le pays, à dégrader la démocratie, ruiner davantage l'économie. Le « peuple », ce serait lui qui l'incarnerait, contre ceux que les Français ont majoritairement élus, récemment, dans un véritable raz-de-marée. Il serait, lui et lui seul, la légitimité qu'il oppose à la légalité républicaine. Bref, il serait le recours, le sauveur sorti de la rue et non des urnes qui ont rendu leur verdict.

Quand on parle du « modèle français » de quoi parle-t-on ?

D'un pays qui veut avancer tous freins serrés, d'un pays qui préfère la révolution à la réforme ou d'un pays qui a balayé démocratiquement sa classe politique sans se jeter dans les bras de l'extrême droite lepeniste ?

La France, et c'est ce qui la rend remarquable, a toujours été subtile dans ses votes. Elle s'est exprimée sans pour autant donner un blanc seing à une génération spontanée.

Espérons que la sagesse l'emportera, comme l'avait si bien incarné François Mitterrand qui n'a jamais confondu vitesse et précipitation.

Pierre Bercis

Président-fondateur de NDH

L'Edito du président

11 avril 2017

Arrêter François Fillon

François Fillon, en qui beaucoup croyaient à droite et avait toutes les chances de conquérir la présidence de la République, a été plombé, du jour au lendemain par les révélations du Canard Enchaîné puis du Journal du Dimanche.

Emplois fictifs, avec ou sans argent public, attribution d'une Légion d'honneur de complaisance, prêt non déclaré, costumes de luxe offerts etc. Même si la Justice ne l'a pas condamné ; qu'il bénéficie donc de la présomption d'innocence (pas si innocent que cela) ; et qu'il ne sera peut-être jamais condamné, les faits sont têtus, incontestables et incontestés y compris par l'intéressé en personne. Or qu'est-ce qui importe dans une élection politique démocratique qui se doit avant tout d'être transparente, sinon la probité, les faits, surtout établis, reconnus par tous ? C'est ce qui permet à chaque électeur de se forger un jugement objectif. Car si les dits faits avaient été portés à sa connaissance une fois l'élection passée, c'eût été une plus ample révolte encore contre le « système » qui « ment » et le discrédit de la fonction présidentielle.

François Fillon, par conséquent, ne nie aucunement ce qui a posé question et lui a valu le retrait de nombre de ses soutiens. Malgré tout, feuille de vigne, alors qu'il est nu, il proclame que l'objet du scandale est parfaitement légal (à défaut d'être légitime) après s'être auto-proclamé « candidat de la rigueur »...pour les autres. Comme si le comportement personnel d'un candidat à la magistrature suprême ne comptait pas et que seul son programme valait. Surtout après avoir déclaré afin d'abattre ses rivaux : «imagine t'on le général de Gaulle mis en examen ? » voire « si je suis mis en examen je me retirerai » puis s'être réfugié abusivement derrière les mânes du regretté Pierre Bérégovoy, à l'honnêteté non contestée avant, comble de la bassesse, de s'enferrer dans le mensonge en affirmant que la presse avait évoqué le suicide de son épouse Pénélope...

François Hollande en accusé

On pensait alors que François Fillon en resterait là pour se contenter enfin de développer son programme, bien que devenu inaudible, surtout chez ceux qui vivotent avec un revenu de misère (petits agriculteurs, smicards, chômeurs ...).

C'était sans compter avec une rancune bileuse. Après avoir multiplié les sous-entendus contre Nicolas Sarkozy (dont un appel à Jean-Pierre Jouyet à hâter des poursuites) contre Alain Juppé, s'être caché derrière le général de Gaulle et Pierre Bérégovoy, avoir mis en cause la Justice (dont il aurait pu être le garant) puis s'en prendre aux médias, ne lui restait dès lors qu'à attaquer le président de la République François Hollande comme preuve d'un complot généralisé contre lui. Même si celui-ci n'a jamais été impliqué dans le moindre scandale ni même soupçonné de délit par ses pires ennemis pourtant si nombreux.

Seul François Fillon, afin de tenter de détourner les regards de ses turpitudes, accuse le Président sortant d'avoir installé un « cabinet noir », a osé parler de « forfaiture » ( ce qui est un crime) dont il prétend avoir la preuve en se gardant bien de l'apporter... réclamant, à cor et à cri une commission d'enquête, sinon une saisine de la Justice. La même qu'il avait mise en cause .

Là, cette fois, derrière l'écran de fumée artificiel, la coupe déborde...Non que François Hollande, pas plus que ses prédécesseurs à l'Elysée soit au dessus des lois. Mais tout simplement parce qu'il ne peut se défendre contre la diffamation publique. Le candidat de la droite sait pertinemment que depuis longtemps, le chef de l'Etat, en France n'intente plus de procès à quiconque. Donc il joue gagnant-gagnant à tous les coups, surtout auprès du noyau dur, réactionnaire de son électorat que ses calomnies remobilisent. « Plus c'est gros, mieux çà passe » disait Goebbels. A fortiori parce que personne dans la majorité sortante comme dans l'opposition ne viendra au secours d'un Président déjà dissuadé de se représenter en raison de son impopularité conjoncturelle.

La Justice, montrée du doigt a réagi ; les médias, stigmatisés, ne s'en sont pas non plus laissé compter. Mais le président de la République, lui, est paralysé, contraint de subir les crachats d'un homme aux abois, avec interdiction de poursuivre leur auteur, candidat à sa succession, même frappé d'indignité par l'opinion.

On doit, dès lors, poser la question publiquement : Comment arrêter François Fillon dans sa dérive outrancière qui le déshonore encore un peu plus, qui fait de François Hollande le seul Français sans défense « juridique » de fait et, qui plus est, entache la République elle-même ? Par des concerts de casseroles comme font certains (avec une amende de 68 Euros) ? Ce n'est pas à la hauteur de l'enjeu. En revanche, puisque François Hollande est pieds et poings liés, il revient par devoir moral aux responsables de la droite et du centre de donner de la voix contre l'auteur de ces attaques ad hominem, indignes d'une démocratie respectueuse de tous. Ne serait-ce, en l'occurrence que pour préserver la fonction présidentielle dont nous sommes tous, individuellement et collectivement les garants en tant que républicains. Beaucoup d'entre eux se sont retirés par pudeur sur l'Aventin, certes, et ne veulent pas redescendre sur le champ de ruines de Monsieur Fillon après les révélations de la presse avant le 23 avril. Pourtant ce serait tout à leur honneur avant que celui-ci ne soit renvoyé avec son délire calculé à nouveau devant les magistrats instructeurs auxquels cette fois il devra répondre, sauf miracle.

Pierre Bercis

Président de Nouveaux Droits de l'Homme

www. ndh-France.org


L'Edito du Président

6 février 2017


François Fillon a menti puis démenti

Il ne faut jamais hurler avec les loups ni attaquer un homme à terre. On ne doit donc pas tirer sur François Fillon après les révélations soigneusement dissimulées par le Canard Enchainé. Souvenons-nous de nos amis Chaban-Delmas et Bérégovoy, deux hommes particulièrement honnêtes ‟ morts au champ d'honneur ″, l'un politiquement l'autre physiquement alors que tous deux avaient scrupuleusement respecté la loi. Rappelons-nous aussi le discours historique de François Mitterrand à Nevers lors des obsèques de Pierre, l'ancien ouvrier tourneur.

Cependant, même si le dossier ‟ Pénélope″ est dans les clous d'un point de vue légal, l'affaire doit cependant être examinée d'un autre point de vue, purement politique.

En effet, François Fillon n'est pas un citoyen ordinaire. Il postule à la magistrature suprême. Qui plus est, investi démocratiquement par son parti. Mais ce n'est pas tout. Son programme est fondé sur la rigueur. Donc en parfaite contradiction avec sa pratique et celle de sa famille. Même s'il n'y avait aucun problème légal, il y a, à l'évidence, un problème politique, moral, intellectuel puisqu'il a menti au moins par omission...

A la veille de l'élection présidentielle, après avoir battu Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, ce n'est pas qu'aux Français que François Fillon pose question. C'est déjà à son parti. Car on imagine mal Sarkozy ou Juppé revenir dans la campagne électorale en remplacement d'un Fillon moralement exclu de la course à l'Elysée. D'ailleurs, comment seraient-ils désignés et pourquoi ?

Dans la Rome antique il y avait adage alors célèbre : ‟La roche tarpéienne est proche du Capitole″. Tous ceux qui aujourd'hui se précipitent pour être Vizir à la place au Vizir, à seule fin de publicité pour leur ego surdimensionné devraient s'en souvenir.

Pierre Bercis, Président de NDH


L'Edito du Président

9 janvier 2017

Êtes-vous candidat à la prochaine élection présidentielle ?

Les jours passent, la liste des candidats à l'élection présidentielle française de 2017 s'allonge. Pourquoi n'êtes-vous pas vous-même candidat ? Cela vous ferait de la pub et vous permettrait de montrer votre trombine partout, dans tous les médias ... Comme on le dit désormais ce serait l'occasion de satisfaire votre « ego ».

En effet, pourquoi des femmes et hommes politiques expérimentés comme Hubert Vedrine, Bertrand Delanoë, Christine Lagarde, Louis Gallois etc. ne sont-ils pas candidats quand tant de petits politiciens de série B ou C se portent aux avant-postes, voire que le président de la République sortant, par décence, ne postule pas à nouveau ?

Quel monde étrange après les de Gaulle, Mitterrand, Chirac, Jospin ... Tout le monde avait, auparavant, « blanchi sous le harnois ». Bref, fait ses preuves devant son peuple.

Place aux jeunes, dirait Emmanuel Macron, pressé d'arriver hors des partis traditionnels, ces vieux appareils sclérosés, à bout de souffle.

« Avant la recomposition, la décomposition doit aller jusqu'à son terme » disait Raymond Barre, pur produit de l'établissement lui-même.

Nous y sommes ... presque.

Les six mois qui viennent vont donc être le tamis à travers lequel les aspirants « Vizir à la place du Vizir » vont tenter de passer sans philosophie et sans projet. A seule fin d'être le premier d'entre nous.

Ceux qui ont fait leur preuve, eux, se taisent, sinon, peut être, du bout des lèvres. Ils n'aspirent pas à la notoriété, car ils l'ont déjà par leurs actes. Encore jeunes pour la plupart, ils pourraient eux-mêmes être candidat. Mais voilà, ils ont choisi une autre voie, loin de la vanité.

Si les deux derniers mandats présidentiels ont été des échecs, au moins en apparence, la France, elle, survit grâce à ses entrepreneurs, ses travailleurs qui étaient en masse pour le dernier adieu à François Chérèque. Elle survivra et surmontera ses épreuves, comme celle de l'islamisme qui nous gangrène. La France en a vécu d'autres en ce centenaire de Verdun. Alors, parlons vrai ; ne faisons pas les autruches. Ecoutons les discours dont on nous abreuve avec la distance qui s'impose. Soyons lucides et non défaitistes ...

Après la pluie vient le soleil.

Pierre Bercis, Président de NDH


L'Edito du Président

19 décembre 2016

Juger El Assad

On est criminel de père en fils dans la famille El Assad. Le père Hafez, après son coup d'Etat, avait régné en tyran absolu, étendant son règne sur le Liban voisin. Puis ce fut le fils, l'héritier, comme en Corée du Nord, avec les mêmes méthodes sadiques.

Bachar, sous des aspects modernes, avec une jeune femme moderne, sans obligation, elle, d'être voilée et bigote, est pire que son père, si tant qu'on puisse l'être ... car, au moins, Hafez El Assad, lui, n'a pas détruit son propre pays.

Jamais Assad père ne pourra payer pour ses crimes. En revanche, Bachar, lui le peut encore. Et c'est le devoir des nations civilisées, qu'elles soient unies ou non de s'en charger.

Certes, pour l'heure, il est encore intouchable, protégé par ceux qui l'ont maintenu de force au pouvoir contre son peuple : Russes et Iraniens, bien connus pour leur esprit démocratique. Mais cela ne durera pas éternellement. Un jour viendra où les alliés « naturels » auront évolué ; lui-même sera peut être renversé de l'intérieur. Dès lors, c'est immédiatement qu'il faut dresser l'acte d'accusation, en le réactualisant au fil des années.

La France peut et doit proposer aux gouvernements démocratiques qui l'accepteront de tenir une conférence internationale à Paris pour lister la totalité de ses crimes afin de les rendre publics solennellement, sans rien oublier.

Ce sont d'abord les emprisonnements arbitraires et les tortures dont il faut avoir le courage de n'omettre aucun détail ; cela doit être aussi l'usage d'armes chimiques contre des populations civiles ; ce sera en outre les bombardements massifs qui ont visé des femmes et des enfants sans arme ; le bombardement des hôpitaux en violation des conventions de Genève etc.

Au XXIe siècle, ce procès sans tribunal et sans l'accusé pourrait paraître dérisoire. Mais ce ne sera qu'une apparence d'inefficacité car cette somme exhaustive, rendue publique, à l'ère de la communication planétaire marquera les opinions publiques mondiales. Elle pourra être transmise à la Cour Pénale Internationale (dont les Américains ne font pas partie) afin d'y donner suite lorsque le « fauve » sera capturé, s'il l'est un jour par une chance de l'Histoire.

Mais, dira-t'on, « quid de ses complices et protecteurs, russes et iraniens ? »

Chacun des deux est différent. La Russie de Poutine n'est pas illégitime. En revanche la dictature islamique de Téhéran aura à répondre de ses crimes devant son propre peuple, le jour où elle sera renversée à son tour par une opposition démocratique. Et ce peut être demain.

Pour l'heure, les pays démocratiques sont impuissants, ce qui est une occasion pour certains de les moquer. Comme s'ils voulaient que les occidentaux interviennent militairement contre Bassar El Assad - ce que les mêmes auraient d'ailleurs contesté pareillement si tel avait été le cas. Instruire par avance le procès du tyran est donc la seule chose qu'il est possible en attendant. Dérisoire ? Pas tant que cela. On connait l'Histoire.

Dans le court terme, les dictateurs l'emportent toujours sur les démocraties car ils n'ont à rendre de compte à personne et peuvent commettre leurs forfaits au jour le jour. Par contre, si les démocraties mettent du temps à réagir, puisqu'elles doivent convaincre leur parlement et leur opinion, elles sont ensuite un rouleau compresseur que rien n'arrête. Le temps joue en leur faveur.

Bachar El Assad n'échappera pas à la règle. Rendre publics solennellement ses crimes ne changera peut-être rien dans l'immédiat. Mais cela peut tout de même contribuer à détacher de lui Vladimir Poutine dont on sent bien qu'au-delà de sa raideur apparente, il n'est pas insensible à tous les arguments. Ne nous faisons pas d'illusion, il ne livrera pas Bachar. Par contre, il peut très bien le lâcher. D'autant que désormais, il va falloir payer le relèvement des ruines de Syrie alors que la Russie n'en a pas les moyens. L'ogre de Damas peut se proclamer « vainqueur », sourire aux lèvres. Mais où est sa victoire ? On la cherchera en vain.

Pierre Bercis, Président de NDH


L'Edito du Président
5 décembre 2016

« La roche tarpéienne est proche du Capitole »

La roche tarpéienne, par François DUBOIS (1790-1871)

Le vieil adage romain, trop souvent oublié garde pourtant toute sa valeur ... Rappelons-en la signification à ceux qui croiraient que nous vivons des temps extraordinaires avec le brexit, l'élection de Trump, la « sortie de route » de Renzi, l'échec de Cécile Duflot, Nicolas Sarkozy puis celui d'Alain Juppé, voire celui potentiel de François Hollande ...

Il signifiait qu'au moment de leur gloire (au Capitole) la chute du haut de la roche tarpéienne, toute proche, pouvait survenir très rapidement pour les notables, dans le temps et par sa proximité. Et même si « Rome n'est plus dans Rome » autre dicton, l'Histoire se répète à travers les siècles sinon les millénaires. De quoi rendre les hommes politiques modestes, « hic et nunc », ici et maintenant quand, en France à gauche comme à droite tout le monde se précipite pour être le futur président de la République.

Les électeurs de France et d'ailleurs eux, par contre sont bien conscients de leur pouvoir et se plaisent à démentir les sondages aux prétentions scientifiques. Ils ne votent plus de manière grégaire, en bloc, à gauche comme à droite. Des gens de gauche vont voter à la primaire de droite comme des gens de droite iront voter à la primaire de gauche, sans compter les milieux populaires qui votaient communiste et n'hésitent plus désormais à voter Front National.

Les peuples sont lassés d'une certaine hypocrisie politicienne dont les soi-disant « centristes » devraient être les prochaines victimes.

En effet, que signifie être « centriste » lorsque l'on est toujours « collé » à la droite, depuis des décennies, sinon que l'on est, en fait, « de droite ».

François Mitterrand, déjà en son temps, (mais cette fois pour les socialistes) avait déjà stigmatisé ces mensonges de positionnement lorsqu'il avait dénoncé au congrès de Grenoble « ce curieux oiseau qu'était le parti socialiste, qui prétend n'avoir que des ailes gauche et donc ne peut que tourner en rond ».

L'année qui vient va donc être pleine de surprises tant en France qu'à l'étranger. Plus que jamais, « la roche tarpéienne sera proche du Capitole ». De quoi donner à réfléchir à tous ceux qui se précipitent pour, sans la moindre sincérité, entrer dans la gloire, comme s'ils prenaient un billet de loterie uniquement pour « paraître sans être ». Idem pour les médias qui depuis quelques décennies font preuve d'arrogance et auxquels les citoyens de bien des pays ne font plus la moindre confiance ...

Faut-il se réjouir de tous ces bouleversements qui rebattent les cartes pour l'avenir ? Sans doute mais peut être n'est-ce qu'un début car, comme le disait Raymond Barre, « Avant la recomposition, il faut que la décomposition aille jusqu'à son terme ». De quoi donner à réfléchir à tous ceux qui veulent être « Vizir à la place du Vizir » ...

Pierre Bercis, Président de NDH



L'Edito du Président
21 novembre 2016

Avec Obama, de Canossa à Berlin


Imagine-t-on le Président de Gaulle se rendre à Berlin à l'invitation d'un président des Etats-Unis qui veut faire ses adieux à l'Europe ? Imagine-t-on François Mitterrand lui-même accepter cet abaissement de la France devant un Président américain qui a laché in extremis notre pays au moment de bombarder la Syrie du tyran Bachar El Assad, bourreau de son propre peuple ?

Une telle réunion aurait pu se tenir à Paris ou à Bruxelles ... mais à Berlin, on hallucine.

C'est renforcer les propositions d'Angela Merkel à imposer à l'Union européenne une rigueur financière excessive, voire à diriger purement et simplement l'Europe dans le même temps où l'Allemagne ouvre à nouveau ses centrales à charbon qui polluent l'atmosphère au-delà de ses frontières sans la moindre protestation française.

Nombre de dirigeants européens (Italie, Espagne, Royaume Uni ...) ont cru, eux aussi, devoir accepter cette invitation qui établit une hiérarchie de facto entre l'Europe et les Etats-Unis, puis à l'intérieur de l'Europe. Une preuve qu'Obama est un naïf qui ne connait rien à l'Histoire du monde et de notre continent.

On comprend mieux, dès lors, la réaction des Américains qui ont préféré Trump à des démocrates loin des réalités. Le milliardaire est peut-être « à risque » mais il traduit, comme en France, un rejet de la classe politique dominante.

Jacques Chirac, Président, a prouvé aussi qu'il n'irait ni à Canossa ni à Berlin en contestant la politique hégémonique des USA en Irak, au mépris de la communauté internationale. Avec succès car seul Tony Blair, son « caniche » et Barroso, alors à la tête du Portugal étaient venus rencontrer Bush avant de déclencher une guerre illégale.

François Hollande, lui, n'a pas endossé le costume présidentiel de ses prédécesseurs. Il a laissé humilier la France. Car qu'aurait coûté à Obama de faire étape à Paris, Rome et Londres quand il a perdu des journées entières à soutenir Hillary Clinton et n'a plus à gouverner les Etats-Unis dans l'attente de la passation de pouvoir à Donald Trump ?

Il voulait rencontrer tous les dirigeants ensemble ? Soit. Mais alors pas à Berlin, au mépris de l'Histoire. Le général de Gaulle, même dans une situation précaire, avait su dire « non » à Roosevelt qui voulait le marginaliser au profit de Giraud, puis nommer en 1944 les préfets d'une France sous tutelle. Il n'avait pas non plus, hésité à rencontrer le criminel Staline pour maintenir les rapports de force quand, aujourd'hui, on « punit » Vladimir Poutine, seulement coupable de mégalomanie populiste, soucieux de restaurer le rang de la Russie.

Jadis, c'est l'empereur d'Allemagne qui s'est rendu à Canossa. De nos jours, c'est l'inverse : ce sont les sept nains qui se rendent en Allemagne chez Blanche neige Merkel, la favorite de Barack Obama. Autant dire que c'est elle qui porte la culotte ... de peau, bien sûr.

Pierre Bercis, Président de NDH


L'Edito du Président 

9 novembre 2016


Election de Donald Trump : Un avertissement pour la France

L'élection du 8 novembre aux Etats-Unis de Donald Trump constitue un avertissement pour les Français qui seraient tentés, en 2017, de soutenir Marine Le Pen. Après le Brexit en Grande Bretagne, ce vote d'un second pays démocratique pour un choix extrême doit nous alerter contre les risques de déstabilisation des institutions et des relations internationales.

On ne saurait cependant se cacher derrière son petit doigt. Il faut accepter l'évidence : il s'agit d'un rejet global, dans de nombreux pays de la classe politique nationale. Des classes politiques incapables de parler avec sincérité à leur peuple. Pas seulement outre-Manche, outre Atlantique mais aussi en Espagne, en Grèce, en Italie, en Hongrie etc.

La France n'échappera à ce tsunami car les six mois qui viennent ne suffiront pas au système à se réformer. L'autisme généralisé qui atteint la gouvernance du pays ira probablement jusqu'à son terme ultime.

Mais ce ne sera pas la première fois dans notre histoire : en 1958 déjà le peuple français avait balayé les élus sortants. Le Général de Gaulle avait récupéré un pouvoir incapable de diriger la France en raison de ses querelles intestines.

Un bémol toutefois : si Hillary Clinton a été battue, c'est plus par les règles constitutionnelles américaines que par le vote populaire. En effet, la candidate démocrate a obtenu davantage de voix que son rival. Une telle déformation du vote, heureusement, ne peut se produire en France. En cela notre pays est plus démocratique que les Etats-Unis.

Pierre Bercis, Président de NDH


L'Edito du Président 

  31 octobre 2016


Police - Justice : un nœud gordien

A l'heure où s'inverse la courbe du chômage, où la jungle de Calais est résorbée dans l'ordre et la dignité, la France est confrontée à une mobilisation de sa police inconnue dans notre histoire à ce jour.

Les esprits malveillants enchaîneront sur une mise en cause de François Hollande ... sauf que ce sera une erreur totale de leur part.

En effet, contre qui manifestent par milliers les policiers, adulés après les attentats, puis après par un Renaud ressuscité ? Pas contre le gouvernement : François Hollande, Manuel Valls ou leur ministre (de l'Intérieur) Bernard Cazeneuve, un des meilleurs du gouvernement.

Non, ils manifestent contre la Justice, laxiste selon eux ...

Les policiers, contre leurs propres syndicats qu'ils débordent spontanément, affirment haut et fort qu'ils sont las de faire la chasse aux voyous de tout poil que les juges relâchent ensuite, ce qui est une invite à la récidive peu après. Ces mêmes voyous narguent alors davantage les policiers, accusés de plus de violence alors que, comme les pompiers, les médecins ...ils sont victime de caillassage, tentative de meurtres, incendie de leurs véhicules...

Une expression caractérise leur révolte : « Ras le Bol ».

Alors, la justice est-elle intouchable, incontestable, au nom de son indépendance affirmée depuis Montesquieu et nos constitutions successives ?

Depuis 1968 et la révolution médiatico-numérique, tous les tabous sautent les uns après les autres (le premier ayant été contre l'Eglise avant 1905). Pourquoi pas celui de la Justice largement compromise sous Vichy ?

Observons : Nicolas Sarkozy a qualifié les juges de « petits pois ». François Hollande, lui après avoir respecté l'indépendance de la Justice s'est tiré une balle dans le pied en parlant de leur « lâcheté » ...

Donc les détenteur du pouvoir exécutif depuis deux mandats présidentiels, droite et gauche confondues, rejoignent la révolte policière contre une Justice, soi-disant au dessus de tout soupçon.

Serait-ce la fin du tabou qui, même après Vichy n'avait pas sauté ?

On peut le souhaiter. Mais alors il faut un consensus national. Assez de querelles politiciennes sinon ce sera l'échec.

Cela est possible. En premier lieu que les policiers, sans tomber dans les excès des policiers américains, aient les mêmes droits que les gendarmes quant à leur droit de riposter aux armes à feu.

Sommations d'usage et droit de riposte car les règles actuelles sont obsolètes face à une violence généralisée. Trop de policiers - à la différence des Etats-Unis - se retrouvent dans le box des accusés ...

Ensuite, les peines prononcées, trop faibles et, qui plus est, souvent inexécutées...

Il y a matière à dialoguer et consensus national sur le fonctionnement de la justice française. Mais de grâce, pas de querelles politiciennes stériles. Les policiers ne s'y sont pas trompés ... même s'ils sont stupidement accusés de jouer pour le Front National : leur engagement individuel par dizaine de milliers est de salubrité publique. Le gouvernement, qui n'est pas mis en cause, doit les entendre.

Pierre Bercis, Président de NDH


L'Edito du Président 

6 octobre 2016


Elections présidentielles à la godille

Curieusement, les candidatures sont pléthoriques au moment même où les Français rejettent la classe politique dans son ensemble. Mais ce paradoxe s'explique, comme en matière économique : l'inflation de prétentions à la magistrature suprême correspond à une dévaluation généralisée, ce qu'avait bien prévu François Mitterrand lorsqu'il disait qu'il serait probablement le dernier grand Président de la République.

Avec cette multiplication des candidatures on ne peut que constater également l'indigence, la banalité des programmes proposés. Cela va d'ailleurs de pair. Car imagine-t-on un programme hors du commun de la part de tous ces prétendants qui se bousculent sur la ligne de départ, à droite comme à gauche.

On connait l'adage économique et monétaire selon lequel « la mauvaise monnaie chasse la bonne ». Idem au plan politique. Les femmes et les hommes les plus capables en France fuient le forum présidentiel où le commun se précipite. Avec le risque pour notre pays de se retrouver avec un Président banal, gris, terne comme le disait François Mauriac de Joseph Laniel sous la IVème République : « une dictature à tête de bœuf ».

Chacun y va de ses « mesurettes » pour la galerie sans projet d'envergure, sans politique, sans aura.

Tout dans ces multiples programmes peut être contesté...et rien ne peut l'être en raison du flou qui prévaut, dans les propositions affichées.

Pour notre part, philosophiquement, idéologiquement, idéalement nous aurions préféré, comme NDH le répète, textes à l'appui, depuis 40 ans, que les prétendants à l'Elysée tracent comme en 1789 leur projet de société à moyen et long terme. Un projet qui montre la direction, l'horizon de demain. Et puisque qui n'avance recule, en même temps que l'on combat le terrorisme islamique, que chacun dise quels sont pour lui les grands axes vers lesquels il tendra, sans se perdre dans les méandres d'un programme.

Selon nous, avec constance depuis quatre décennies, le soutien de nombreuses personnalités et de parlementaires de tous bords, il s'agit d'acter dans le quinquennat qui vient :

  • Le droit à la paix (fondamental quoique jamais reconnu)
  • Le droit à un Etat laïque (qui garantit l'égalité entre tous les citoyens)
  • Le droit à l'intégrité physique, psychique et génétique face aux risques de la Sciences
  • Le droit des salariés à la participation (sous toutes ses formes)

Ces droits, mis bout à bout, comme dans la Déclaration de 1789, et en complément des droits historiques, s'ils sont adoptés, seront le fer lance de notre diplomatie, à nouveau porteuse d'inspiration dans le monde.

Pour l'heure, seule Nathalie Kosciusko-Morizet parle, comme Jacques Chaban Delmas en son temps, de « nouvelle société ». Chiche ! Qu'elle exige de ses concurrents la même chose afin d'éviter l'enlisement, une avancée à la godille sans ambition nationale. Mais n'est-ce pas tout d'abord au Président sortant, s'il se représente, de dégager ces lignes de force ?

De Gaulle avait raison lorsqu'il fustigeait les politiciens uniquement occupés « à faire leur petite cuisine dans leurs petite casseroles dans leur petit coin ». A quand le fond de la piscine pour être sûr de remonter ? Car comme disait Raymond Barre « avant la recomposition, il faut que la décomposition aille jusqu'à son terme ».

Pierre Bercis, Président de NDH