Editorial 

L'Édito du 20 février 2024

Voyage en Absurdie

Les meilleurs observateurs en parlent d'expérience : le monde et pas seulement la France vont à vau l'eau.

Le facho Poutine, non content d'avoir tenté d'envahir l'Ukraine réprime toute opposition intérieure, sa dernière victime étant Alexei Navalny après être rentré en Russie librement malgré deux tentatives d'empoisonnement – comme tant d'autres avant lui. Ainsi, il va pouvoir singer une élection présidentielle « démocratique » après avoir éliminé toute opposition.

Dans le même temps son allié Kim, en Corée du nord, multiplie ses tirs de missiles et renforce son armement nucléaire contre un ennemi rêvé dont nul ne connait le nom. Comme son « frère » en fascisme, ils veulent la guerre pour la guerre et non pour consolider la paix. D'où le danger.

Idem avec l'Iran des fascislamistes qui sèment la mort dans leur pays et l'exportent à l'extérieur, bloquant la navigation en direction du canal de Suez. Qui les arrêtera puisque nul n'ose saisir de leurs crimes la Cour internationale de Justice de La Haye ?

Mais ce qui est le plus triste, c'est que le « vent mauvais » souffle aussi à l'intérieur d'une vieille démocratie comme la France, quoiqu'avec moins de risques. Après la révolte des « gilets jaunes » aux revendications hétéroclites et souvent violentes, les agriculteurs se sont à leur tour, fort justement, massivement soulevés contre l'exploitation scandaleuse dont ils sont victimes. Qui ne les comprendrait ?

En revanche, de toute autre nature sont la grève du service public des chemins de fer et la tentative du Conseil d'État de limiter la liberté d'expression dans l'audiovisuel.

Face à la grève récurrente à la SNCF suscitée par un syndicat « mélenchoniste », Sud Rail soutenu par la CGT à chaque grand départ : vacances d'hiver, Pâques, juillet, Toussaint … nos « vertueux » résiduels partis politiques de gauche, contre des centaines de milliers de citoyens victimes d'une prise d'otages, soutiennent ces méthodes d'un autre siècle, quand nul ne se déplaçait. Qui plus est en s'appuyant sur le Droit, le plus haut niveau du Droit : le droit de grève inscrit dans la constitution. Vision partiale et partielle car ce droit est limité, surtout dans le service public dont la règle fondamentale, en droit, est la continuité. Or celle-ci, en l'occurrence, est violée. Une poignée de maîtres chanteurs privent de leur liberté de circuler (sans polluer) des centaines de milliers de leurs concitoyens alors que la SNCF est par ailleurs largement subventionnée par leurs impôts. « Ah mais le Droit, monsieur … ! ». Le droit de grève, c'est aussi pour les privilégiés aux multiples avantages sociaux. Les droits du haut avant les droits du bas.

Tiens donc. Alors comparons, même si comparaison n'est pas raison. La liberté d'expression, elle, n'est pas que dans la Constitution. Elle est dans les Déclarations de droits de l'Homme (de 1789 et 1948). Au-dessus de la Constitution. Est-ce qu'elle autorise pour autant les abus comme la diffamation, l'appel au meurtre … ? Le droit s'arrête là où commence le droit des autres. Et puis imaginez-vous les salariés de Peugeot, Renault, Carrefour, l'Oréal etc. se mettre en grève sous n'importe quel prétexte, régulièrement ? C'est par conséquent le service public qui est visé, la plus belle partie du Droit, considéré comme une vache à lait parce que le contribuable est là, comme un puits sans fond.

Mais le voyage en Absurdie dans un monde guidé par le Droit contre la violence ne s'arrête pas encore là. Le Conseil d'État, à la demande de Reporters sans Frontières, vient de demander à l'ARCOM (chargé de réguler l'audiovisuel) de contrôler certaines chaînes de télévision dont les opinions seraient trop « orientées ». En clair « de droite », comme Cnews. Car la droite en démocratie républicaine est illégitime. Avant d'être illégale ? On hallucine ! Voltaire, au secours. Toi qui disais « Je suis en total désaccord avec vous, Monsieur, mais je me battrai pour que vous puissiez vous exprimer ».

Si le Conseil d'État pèse les propos tenus dans le respect des lois sur chaque chaîne de télévision ou de radio, on en vient dès lors au gouvernement des juges. Mais alors qui jugera les juges ?

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 12 février 2024

Écologie culturelle

« Quésaco » l'écologie culturelle ? Tout simplement la protection de la diversité, donc de la richesse du monde, étendue, au-delà des espèces animales, végétales, à la culture de l'intelligence des peuples. Tiens donc, les écolos patentés, revendiqués, l'ont oubliée ? Pourtant, ce concept aurait pu les amener au pouvoir quand ils n'ont prôné que l'écologie au niveau des pâquerettes, ignorant le passé culturel des peuples qui fait pourtant partie intégrante de leur richesse. Les primo-écolos ne connaissent que l'écologie punitive ; l'écologie primaire, qui s'assoit sur des millénaires d'histoire vécue de Léonard de Vinci au plus petit paysan du Rouergue. En fait, ils sont devenus des politiciens comme les autres, sans autre ambition que d'être élus et d'en vivre.

Sans être donneur de leçon, puisque tous les autres partis politiques n'y ont vu que du feu eux-mêmes, se raccrochant à la politique primaire de la protection des espèces animales, végétales …, observons au-delà de cette myopie intellectuelle.

La richesse de la planète Terre est faite de ses us et coutumes, de ses langues, de ses monuments, de son histoire, de sa littérature … voire bien plus. Or le processus de mondialisation éradique tout cela. Les peuples ont droit au respect de leur culture pourvu que certaines coutumes ne portent pas atteinte aux droits de l'Homme universellement reconnus (sacrifices humains autrefois au Pérou ; polygamie de nos jours ; esclavages etc.)

Dès lors, il nous faut combattre pour les respect des cultures, dont les langues sont le principal vecteur. Ne prenons que l'exemple de la langue française qui était l'outil de prédilection de toute la diplomatie mondiale jusqu'il y a peu.

Aujourd'hui, en France, droite comme gauche, tels des caniches, se sont couchés devant l'anglo-américain. A Bruxelles, à la Commission Européenne, Ursula von der Leyen en tête, suivie par tous les euro-fonctionnaires. Mais en France aussi où le Chef de l'État se targue de « speaker » english à tout propos, quand Churchill, lui, prévenait : « attention, je vais vous parler en français ». De Gaulle, réveille, toi …

Dans les medias français, c'est la course à la prostitution : tout est en live (voire en « live-direct » - selon Laurent Delahousse). On vous livre tout en « prime time ». Regardez «  Cnews » qui, pourtant s'affirme « franco-français ». Pas une publicité, notamment pour vendre des « bagnoles » qui ne soit en anglais.

Paris, capitale de la francophonie ? Vous avez droit à une « fashion week » et toutes les boutiques de commerces s'affirment « opening soon » ou « since 19 … »

Un seul maître : l'argent, le fric vulgaire au détriment du pluralisme culturel.

Autrefois la force, la violence étaient les ennemis des droits de l'Homme. Et ils le restent, hélas. Mais l'argent, le profit, l'exploitation ont tendance à surpasser ces instincts primitifs pour nous préparer au monde de demain.

Avis à la population : de Paris à Rio, de Moscou à Alger, d'Athènes à Kinshasa, on ne veut entendre qu'une seule langue, « l'anglo-saxophone ». Toutes les autres langues seront étudiées comme langues mortes. Une seule musique : le rapp décadent, bien au-dessus de Mozart, de la musique brésilienne ou indienne. Quant à la peinture, des «  gribouillis » suffisent car c'est le marché à New York qui donne le « la » … Voyez en le résultat politique, qui résume tout : Biden contre Trump. Ce sera bientôt un monde uniforme, un monde de caserne monocolore.

Si Poutine n'était pas Poutine, l'agresseur de peuples pacifiques, le dictateur, l'ami des «  fascislamistes » d'Iran et du mégalo stalinien de Corée du nord, on serait presque tenté de lui tendre la main pour sauvegarder l'équilibre culturel de la planète. Hélas, trois fois hélas, il n'est qu'un sous-produit d'Hitler et Staline.

Ne reste finalement qu'un seul contre-poison à cette décadence de la biodiversité intellectuelle, culturelle, linguistique : une alliance de l'extrême droite et de l'extrême gauche pour imposer l'actualisation de l'édit de Villers-Cotterêts de François 1er. Non plus contre le latin mais contre l'anglo-américain. Encore faudrait-il qu'elles voient au-delà de leurs intérêts de boutiquiers politiciens dont la myopie intellectuelle n'a d'égal que celle des écolos patentés. Mais surtout, que le remède ne soit pas pire que le mal …

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 5 février 2024

Crise agricole européenne et perte des valeurs

Il aura fallu le sursaut des agriculteurs européens (et français en particulier) pour que le vieux continent semble se réveiller. Au-delà des questions économiques, techniques, commerciales se cachait en effet une question plus globale, plus philosophique : celle des valeurs que portent les civilisations.

Après les Romains, le christianisme, ce sont en effet nos paysans qui pendant près de deux mille ans ont façonné nos valeurs essentielles, celles sur lesquelles ont reposé les fondements des États européens modernes. Tant celles du cléricalisme que celles de ceux qui ont pris le relais : les hussards noirs de la République.

Certes, le lenino-stalinisme, le nazisme ont asséné leurs coups de boutoir à ce type de société ; l'industrialisation, les modernisations techniques (cinéma, automobile, télévision, téléphone, informatique, transports aériens) y ont pris leur part pour aboutir à une mondialisation soi-disant « libératrice ». Tout devenait possible ; tout devenait permis. Le capitalisme libéral, surtout après la chute de l'URSS triomphait universellement, avec, aux commandes discrètes les États-Unis. L'argent, et plus précisément le dollar était roi. Il comptait désormais plus que les droits de la personne humaine. L'Europe des pères fondateurs, tous démocrates-chrétiens, rejoints par les sociaux-démocrates ne partageaient évidemment pas ce nouveau cours des choses. Pour eux le culte de l'argent était tabou.

Leur barrage éthique commun ne tint hélas pas très longtemps. On ne résiste pas à la corruption de l'argent. Les Églises reculèrent ; les socialistes européens « laïcards » (il n'y a pas de socialistes américains) passèrent sans état d'âme au libéralisme, laissant la place aux « mélenchonistes » les plus absurdes. Or comme la nature a horreur du vide, ce fut la montée en puissance des islamo-gauchistes, des casseurs, la tolérance à la drogue. Bref, l'effondrement des valeurs sur lesquelles reposaient les démocraties occidentales. Les « gardiens de la paix » étaient devenus les hommes à abattre au propre comme au figuré. Si on ne soutenait pas tous ceux qui refusaient d'obtempérer, qui manifestaient cagoulés, qui cassaient les vitrines ou attaquaient pompiers et médecins, la sentence « morale » tombait immédiatement : vous étiez réactionnaire voire fasciste.

Dans le même temps, en silence, loin de cette anarchie, les paysans de France et d'Europe, eux, continuaient à travailler dur, à trimer sept jours sur sept, sans vacances, pour moins de 1000 €uros par mois, souvent conspués par les vertueux écologistes. Libéralisme économique oblige, les « grandes surfaces », les centrales d'achat achetaient leurs productions à vil prix ou importaient en masse des denrées exemptes des règles de qualité. Toujours l'argent-roi, maître du monde. Les 35 heures, le SMIC ? Pas pour les damnés de la terre.

C'est alors que survint la grande révolte des campagnes qui submergea la France, Berlin, plusieurs pays d'Europe de l'Est … pacifiquement, sans casse. Une révolte anticapitaliste qui n'a pas dit son nom, sans gauchistes, sans écolos mais qui peut aussi, à l'échelle planétaire aider, rendre service aux petits producteurs de l'ancien « tiers monde » lesquels sont, eux-mêmes, surexploités par les latifundiaires d'Argentine, du Brésil … intoxiqués par Monsanto et compagnie.

Résultat, nos agriculteurs ont peut-être permis à l'Europe de retrouver, sans violence, ses valeurs ancestrales. Tous d'ailleurs l'ont dit haut et fort, avec le soutien massif des opinions publiques : « Si nécessaire nous reviendrons ». Les casseurs, les pillards, les écolos qui aspergent la Joconde, n'ont pas eu cette chance d'avoir le peuple derrière eux. Devinez pourquoi ? Il y a donc une éthique humaine collective.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 29 janvier 2024

Agriculture : Pas de jacquerie ; une révolution digne 

et non violente

Une fois de plus la France est en ébullition. Ce n'est pas la révolution permanente prônée par les professionnels gauchistes mais çà y ressemble, mezza vocce.   La raison en plus, faute d'avoir une classe politique responsable et à l'écoute. La population est désormais prise en étau entre la bande à Mélenchon et une extrême droite, à l'affût.

Dans l'entre deux, gauche comme droite, continuent au jeu dangereux, hypocrite qui a fini par lasser les meilleures bonnes volontés. Ils jouent avec le feu.

De quoi cette révolte agricole est-elle l'héritière ? Sans doute pas de « gilets jaunes » avec leurs violences inutiles. Peut-être, plutôt, du soulèvement des Canuts lyonnais dont on chante encore le refrain : « C'est nous les canuts nous vivons tout nus » …

Comment un pays évolué, social comme la France peut-il laisser vivre (ou survivre) des travailleurs de la terre pour une centaine d'heures de travail par semaine, sans vacances, sans jours de repos, moyennant un revenu mensuel de quelques centaines d'€uros ? Est-ce qu'un ouvrier l'accepterait, lui qui a conquis les 35 heures ? Comment l'Europe peut-elle, au nom d'accords de libre échange laisser entrer dans l'Union des produits issus de pays non soumis aux mêmes règles sanitaires que ceux des agriculteurs européens ? Les Allemands, les Roumains, les Polonais … ne sont pas les derniers à revendiquer, eux-aussi juchés sur leurs tracteurs. L'élevage en Europe est sévèrement réglementé quand le même travail au Brésil, par exemple, est libre de toute loi contraignante. On importe à qui mieux mieux sans égalité dans la concurrence. Et l'empreinte carbone générée par ces importations abusives ? C'est quoi cette participation active au réchauffement climatique ? Cop 21, 22, 23, on s'assoit en silence, un silence honteux, sur les principes élaborés au fil des conférences internationales. Le libéralisme économique avant tout.

Mais il ne faut pas croire que tout le monde agricole est logé à la même enseigne. Car quel est le rapport entre les céréaliers beaucerons, qui dirigent de vastes exploitations comme des entreprises (avec les avantages des entreprises modernes) et les jeunes agriculteurs qui reprennent la ferme de leurs parents. D'autant que, bien souvent ils ont du mal pour trouver le vétérinaire de proximité pour soigner leurs bêtes. Les déserts médicaux ne sont pas que pour les humains. Le nouveau veto préfère soigner le matous et les chiens – chiens en ville que d'intervenir à 2 heures du matin pour une vache qui vêle.

Avant le Brexit, combien touchait de l'Europe la famille royale britannique pour ses terres ? Les inégalités tuent, lentement mais sûrement. D'où le vent de révolte qui se lève dans une population qui se sent justement méprisée et que l'on enterre sous les louanges, comme s'ils étaient les derniers représentants de temps éloignés, dans des réserves. Ne faisons pas aux agriculteurs ce que les Américains ont fait aux Indiens.

Certes, le budget agricole de l'Union Européenne est le plus important (40 milliards d'€uros) mais à quoi sert-il s'il est mal employé, mal réparti par des fonctionnaires qui tiennent en main des politiques ?

Les écologistes sont parmi les principales cibles des agriculteurs en révolte. Et pour cause. Au nom de l'environnement, ils ont fait adopter des centaines de règlements qui étranglent les entreprises agricoles petites ou moyennes. Par contre, nos écolos qui se disent « de gauche », n'ont pas levé le petit doigt contre le géant de la chimie Monsanto lorsque Paul François, agriculteur, a été longuement malade par intoxication. C'est pourquoi NDH lui avait attribué son 35e Prix littéraire des droits de l'Homme pour son ouvrage « Un paysan contre Monsanto » (Éditions Fayard) que lui avait remis Nicolas Hulot à l'Assemblée nationale.

On doit donc accompagner le combat actuel du monde agricole pour sa dignité, pour la justice sociale et économique, pour un environnement sain, pour réduire l'empreinte carbone. Il ne s'agit pas d'un combat d'arrière – garde puisqu'en égalisant les conditions de concurrences avec le reste du monde, cela obligera les « latifundiaires » du bout du monde à se mettre à la hauteur du meilleur sur le plan social et environnemental. Les travailleurs de l'ex tiers-monde leur diront un jour merci. « Les droits de l'Homme avant les droits de l'argent » (Roosevelt)

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 22 janvier 2024

Élections: l'Europe et le monde

Les médias ne cessent de le répéter, l'année 2024 sera celle où la moitié des pays du monde vont voter : les États-Unis, l'Inde, la Russie, la Grande Bretagne etc. Un monde démocratique ? Voire paradisiaque ? Les 27 pays membres de l'Union Européenne eux-mêmes vont voter en juin. On se gardera cependant de s'enthousiasmer car beaucoup ne sont que des simulacres de vote : parti unique, contrôle de l'information, bourrage des urnes …

Nombre de ces scrutins ne sont que des parodies ; une sorte d'hommage du vice à la vertu. Cela prouve tout de même une chose : c'est que partout, universellement, le vote populaire est l'idéal, la norme, quitte à tricher, mentir, à réprimer sous les prétextes les plus ridicules. Ne reste donc, non pas à « convertir » à la « démocratie » mais à passer de la caricature au réel, ce qui n'est pas demain la veille. Mais tout de même …

Voyez la Russie. Ni le tsar, ni Lénine, ni Staline ne furent élus par le peuple. C'était le Parti, le parti unique qui désignait les dirigeants alors que désormais, pour singer l'Occident libre, le camarade Poutine se soumet à une élection en bonne et du forme : pluralisme des candidatures, campagne électorale jusqu'au cercle polaire, conférences, bulletins secrets … Rien n'y manque, avec l'espoir de faire croire au monde qu'il est légitime, y compris pour attaquer son voisin l'Ukraine. Qui peut être dupe de la supercherie ? Et est-ce à dire, même si telle est la réalité, que tous les États représentés à l'ONU se valent moralement parlant ? Juridiquement, oui, éthiquement c'est autre chose. D'où l'idée, comme l'avait fait le Président Giscard d'Estaing en créant un « G7 de l'économie », de créer un G7, 8, 9 ou 10 de la démocratie pour parler, échanger une fois par an entre pays qui pratiquent les mêmes règles : des États européens, le Japon, la Corée du Sud, les États-Unis … à l'exclusion des clones comme la Turquie, l'Algérie, le Venezuela etc. Ce club, sans pouvoir, observerait, analyserait, admettrait parmi ses membres voire exclurait les « proxi » comme Orban en Hongrie, testerait l'Inde qui persécute musulmans et chrétiens. Un projet à creuser.

Pour l'heure, dans la vieille Europe, mère de la démocratie, qui a elle-même subi les affres de la réaction, de l'impérialisme germano-nazi, les élections parlementaires de juin 2024 vont être un temps fort. Car le temps des « pères de l'Europe » : les démocrates chrétiens (les Schuman, les Adenauer, les de Gasperi …) est passé. Même leur héritier, Jacques Delors a tiré sa révérence.

On reproche à l'Union Européenne tout et son contraire : elle est « faible » et n'a pas d'Armée – comme si des non-violents par conviction, qui plus est chargés de « solder » une guerre, pouvaient avoir ce souci premier. Elle serait « ultra libérale » alors qu'elle s'enlise dans une réglementation tatillonne. Elle serait « supra-nationale » sans permettre à chaque État membre de défendre ses propres intérêts …

Bref, l'Europe est contestée tout en étant l'intérêt principal des partis politiques nationaux qui en visent les prébendes (dont le parti de François Bayrou et celui de Marine Le Pen vont faire les frais pour détournement de fonds à des fins nationales). Et puis, il suffit, par des magouilles politiciennes, d'être bien placé sur une liste pour être élu sans faire campagne. « C'est tout bénef » !

La France dérive à droite, dit-on. Probablement en raison de la montée de la violence, de la baisse du niveau de vie des classes populaires. Mais on constate, dans le même temps, que des partis (les moins anciens) rebondissent en sortant de leurs rangs des responsables talentueux comme Gabriel Attal, ancien militant socialiste, côté Macron, et Jordan Bardella, côté Le Pen. Quant aux partis qui ont « régné » sur la France d'antan, PS et droite, ils végètent, un pied dans la tombe. Avant le coup de grâce (en juin ?). Les excès de nombrilisme ont rebattu les cartes.

Pour la seconde fois aux élections européennes le parti Jaurès, Blum, Mitterrand sera incapable de mettre en tête de liste un de ses membres, se livrant, pieds et poings liés, au Schtroumpf Glucksmann après qu'il ait raté sa carrière en Géorgie puis en Ukraine. Son programme ? « Moi, moi, moi » avec une pincée de droits de l'Homme par-dessus pour assaisonner le tout.

Les « camarades » vont-ils gober d'être considérés comme des nuls par leur chef charismatique « Olivier Personne », incapable de faire émerger l'un d'entre eux ? Sans doute puisqu'ils ont déjà avalé Anne Hidalgo pour les élections présidentielles, avec le succès que l'on sait … A tout prendre, il eut été préférable de mettre en avant sa dernière épouse qui, elle, coche toutes les cases : femme, d'origine étrangère, médiatique …

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 15 janvier 2024

Sur la nef des fous

2023 est passé, heureusement. Voilà 2024, guère plus encourageant, faute de capitaines charismatiques dans ce bas monde.

Trois d'entre eux : en Russie, Iran et Corée du Nord sont même des dangers publics qui, à la moindre erreur, seraient capables de ravager la planète dans ce qui serait alors la troisième guerre mondiale. Veillons donc et tentons de faire reconnaître « le droit à la paix » tant intérieure qu'extérieure ». Même s'il n'est pas immédiatement mis en œuvre il serait au moins une orientation, une volonté.

Mais, si ce constat est inquiétant, une autre menace guette le monde : c'est l'élection présidentielle américaine de novembre prochain.

Nulle question là d'invasion, d'armes (quoique …). Seulement du risque d'élection d'un fou à l'ego exacerbé.

On connait ses hauts faits : invasion du Capitole, le parlement des États-Unis ; tentatives multiples de fraudes électorales ; fraude fiscale ; corruption ; insultes grossières de tous ceux qui s'opposent à lui … N'en jetez plus !

Si le peuple étatsunien vote en majorité pour cet individu, ce sera la fin de deux siècles et demi d'histoire ; la fin d'une démocratie. D'autant qu'il n'hésitera pas à briguer un second mandat consécutif dans quatre ans, toujours en violant les urnes.

Exit alors aussi les alliances traditionnelles entre démocraties. D'où le calcul, à peine voilé, de Poutine pour qu'il revienne au pouvoir à Washington. C'est la porte ouverte vers l'inconnu … non seulement pour la population américaine mais pour tous les peuples de la Terre car ce serait l'installation aux commandes d'un déséquilibré qui a montré sa capacité par le mensonge, l'arrogance à déjouer tous les plans, même les plus rationnels.

Nous avons toujours détesté l'impérialisme américain qui s'impose dans le monde grâce à ses millions de complices, tant sur le plan politique, économique que culturel. Mais que dira-t-on alors si l'impulsion vient du premier citoyen américain lui-même, une fois élu ?

On peut avoir aimé les États-Unis dans leurs premières années ; l'époque de Washington, Jefferson, Benjamin Franklin … la Déclaration d'indépendance ; ceux de Tocqueville « de la démocratie en Amérique ». On peut avoir critiqué l'esclavage, l'impérialisme planétaire au Chili, en Irak … mais là, en 2024 il s'agit de tout autre chose.

En 2024 il s'agit d'un peuple libre, informé, conscient, qui doit faire un choix dont il connait les risques : celui d'un déséquilibré mental qui non seulement va imposer une quasi dictature mais bouleverser l'ordre d'un monde déjà mal en point. Le peuple américain ne pourra pas dire qu'il ne savait pas. Il sait comme les Allemands savaient quelles étaient les théories d'Hitler en votant massivement pour lui. En l'occurrence, il n'y a pas une ruse de l'Histoire comme ce fut souvent le cas. Il s'agit d'un acte conscient fait par des personnes conscientes mais sans conscience …

A nous, pays amis, alliés, étrangers de nous préparer au pire, même si ce n'est pas le plus sûr. Joe Biden étant la seule alternative (ce qui est pour le moins surprenant dans la plus grande démocratie du monde) ne restons pas passifs comme les démocrates européens l'ont été avant guerre jusqu'à l'accomplissement des crimes prévisibles.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 8 janvier 2024

La guerre des trois aura-t-elle lieu ?

Après la première guerre mondiale (1914 - 1918), tout le monde clamait « plus jamais la guerre », jusqu'à ce qu'un malade obsédé, sans foi ni loi, du nom d'Hitler, élu par le peuple allemand, en décidé autrement.

Les démocraties, comme de coutume, ont tergiversé tant à Londres (Chamberlain) qu'à Paris (Daladier). Par nature elles sont pacifistes et le peuple qui porte ses dirigeants au pouvoir, lui, n'obéit pas au doigt et à l'œil. Il y eut donc une seconde guerre mondiale imposée à des populations qui n'avaient pas envie de se battre.

Aujourd'hui, à l'aube de l'année 2024, la situation du monde s'approche de celle des années 30, après des décennies de coexistence pacifique.

Sur les 200 États de la planète, bien peu sont démocrates, dotés de régimes issus sans fraude des urnes. Une majorité sont dits « illibéraux », c'est-à-dire singeant les démocraties pour la forme ; les États démocratiques fermant les yeux, en faisant semblant d'y croire, au nom de la non-ingérence. Cela va de l'Algérie à la Chine en passant par Cuba, la Biélorussie, les nouvelles dictatures sub-sahariennes, la Turquie … Il y a vingt nuances de « républiques » violentes.

Mais au-delà de ce magma peu enclin à évoluer vers le Droit et les libertés qui nous sont familières, il existe en outre un noyau dur au niveau mondial, extrêmement dangereux car doté d'une volonté expansionniste, comme Hitler et Staline dans la première partie du XXe siècle. C'est la bande des trois : Russie, Iran, Corée du Nord qui se surarment et répandent la terreur alentour. Qui plus est, il y a une sorte d'alliance tacite entre eux pour agresser leurs voisins. « La guerre de Troie n'aura pas lieu » écrivait Jean Giraudoux en 1935 ? Mais la guerre des Trois, celle du gang des Trois, elle, peut éclater à tout moment car ils se prennent pour les Trois mousquetaires, le panache, l'élégance en moins : « un pour tous, tous pour un ».

La Russie de Poutine a attaqué l'Ukraine et répand son poison en Afrique, comme l'Iran des fanatiques religieux sème la mort au Proche Orient (voire bien au-delà) en cherchant à se doter de l'arme nucléaire. Quant à la Corée du Nord, pays de robots que personne ne menace, elle projette des missiles tout azimut sous la férule de Kim le maniaque.

Ne nous y trompons donc pas. Une troisième guerre mondiale peut surgir à tout moment, ne serait-ce que par accident. Qui et comment réagira-t-on si un missile du paranoïaque de Pyongyang frappe le Japon, premier pays à avoir subi le feu nucléaire ? Les alliés occidentaux anéantiront-ils en représailles la population asservie, incapable de se révolter ? Et que se passera-t-il en Europe de l'Est si la résistance ukrainienne cède, comme la Pologne, partagée entre Hitler et Staline ?

Un cercle des démocraties authentiques devrait être créé qui, de semaine en semaines, jaugerait le degré de menaces et de risques que le gang des Trois fait courir à la planète. Non pas à la façon d'Amnesty International ou de la Cour Internationale de Justice mais comme un observatoire qui scrute à la jumelle les agissements de ces malades et en rend compte publiquement, d'un commun accord, pour sensibiliser l'opinion publique mondiale afin que nul ne soit surpris.

Aucun autre pays dirigé par un despote ne présente un tel danger pour les autres peuples. Il serait donc temps de les isoler publiquement, ce que ne sait ni ne peut faire le Conseil de sécurité de l'ONU où il y a des règles, un veto, des membres douteux … En quelque sorte cet observatoire des pays libres mais conscients des dangers de la bande des Trois, serait à la sécurité du monde ce qu'est le G7 pour l'économie mondiale.

Mieux vaut prévenir que guérir.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 18 décembre 2023

Éloge de la défense

L'Ukraine reçoit quotidiennement les coups de boutoir de l'Armée néo-stalinienne de Poutine. Israël a été attaqué par le terrorisme du Hamas. En France la criminalité avance, visant particulièrement le corps enseignant, phare de la culture populaire… On semble changer d'ère, ou au moins d'époque, de civilisation. Certes, mais relativisons car le monde a déjà connu de tels bouleversements, souvent bien plus importants. Méfions-nous de l'effet de loupe provoqué par l'irruption de l'audiovisuel, de la mondialisation, d'internet… et dernièrement par le bouleversement soudain de l'intelligence artificielle (i.a). Il y a de quoi en perdre sa boussole si l'on est « un barreur de petit temps » comme le disait (abusivement, bien sûr) Roland Dumas de Michel Rocard ce socialiste pragmatique.

Comment garder ses valeurs, nos valeurs, en un monde meilleur, apaisé, pacifié, «  fraternisé » quand souffle un « vent mauvais » porté par le réchauffement climatique dont la COP28 a rappelé l'urgence ?

« Élémentaire, mon cher Watson… » Il n'est que de garder le cap. « Tactique » mais aussi « stratégique ». Jamais l'un sans l'autre, comme l'ont dit, écrit et démontré les spécialistes de l'art de la guerre… au service de la paix. N'en prenons que deux : Clausewitz et Jaurès.

L'ensauvagement, le « décivilisation » nous menacent en France comme dans le monde. Ceux qui, comme nous, après les pères de l'Europe, imaginaient concrètement un monde meilleur, purgé de la violence ancestrale, sont réduits à quia et doutent. Avions-nous rêvé ?

Sur la lancée de 1789 – 1948, nous voulions, de droite comme de gauche poursuivre l'œuvre commencée par plusieurs générations sur la base du testament politique du député Mougins de Roquefort, voté par une Assemblée nationale prophétique. La France serait restée la France…

Elle aurait alors reconnu le « droit à la paix », le plus fondamental des droits de l'Homme, qui conditionne tous les autres ? elle l'aurait promu, avec l'Europe, face à Poutine ? elle l'aurait opposé à l'islamisme … dans le scepticisme général ? Oui mon général.

« Guerre et paix », marchent la main dans la main. Il n'y a aucune raison de désespérer, de reculer, d'abdiquer. Revenons à nos bases « Clausewitz-Jaurès ». L'agresseur, l'envahisseur a toujours perdu d'avance. Le défenseur lui, est sûr de gagner avec le temps. Le temps long. Car, les défenseurs connaissent le terrain qui est  terra incognita  pour le conquérant. C'est quasi « mathématique », comme pendant la guerre de Vendée, où les infâmes colonnes infernales de Turreau jetaient dans les fours les petits enfants, pratiquaient avec Carrier des noyades dans la Loire … mais tombaient souvent dans des embuscades dans le bocage. Idem pendant la guerre de Vietnam et en Afghanistan.

Celui qui l'emporte est celui qui sait souffrir une minute de plus que l'autre ! Dès lors, le monde ne doit pas se laisser emporter par le défaitisme qui règne après l'échec de la contre-offensive de l'Armée ukrainienne. N'a-t-elle pas déjà arrêté l'invasion « tsaro - stalinienne » qui pensait conquérir Kiev en trois jours ? Israël, n'est-il pas en train d'éliminer le Hamas sans que les pays arabo - musulmans ne volent à son secours, sinon verbalement (et encore !)

Faire l'éloge de la défense n'est pas le défaitisme. C'est, au contraire, se préparer pour mieux sauter quand les ennemis des libertés se seront épuisés. Comme c'est dans la Résistance que s'est forgé un programme économique et social novateur qui suscite des migrations massives vers l'ancien colonisateur soi-disant honni.

Il faut donc défendre les droits de l'Homme, tout en se préparant, concrètement, à en conquérir d'autres.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 11 décembre 2023

On déteste les démocraties ... jusqu'à 

                                                      se noyer pour y entrer

Pour les Occidentaux « globaux » (Europe, Japon, États-Unis) il y a (« il y avait » ? un sens à l'Histoire). Forts de leur avance dans le progrès technique depuis près de deux siècles, doublée en parallèle d'un progrès démocratique, malgré quelques « pannes » en Allemagne, Espagne, Italie, Japon, la route était toute tracée. Le reste du monde n'avait qu'à suivre leur modèle « universel ». Seule la Russie, à compter de 1917, s'y est opposé en résistant à l'avancée du « pôle » démocratique par la dictature lénino-stalinienne dont le grand Mikhaïl Gorbatchev a voulu la sortir. Sans succès.

Durant cet « entre-soi » (démocraties à la tête desquelles étaient les trois Mousquetaires britanniques, français et états-uniens depuis plus d'un siècle et demi) d'autres pays ont pris des chemins de traverse, tentés par le fascisme pour combattre, eux aussi, la démocratie à l'instar de la Russie post -tsariste, avant de revenir dans le giron des nations libres. Mais une « zone grise » cependant est restée, marquée par la conférence de Bandoeng. Les pays récemment décolonisés n'entendaient pas forcément rejoindre le camp dit « occidental », base géographique d'un avenir tout tracé (démocratie et progrès économique et social).

C'est alors qu'avec la chute de l'URSS en 1989 survint la mondialisation. Le pôle négatif étant tombé, les restes du tiers-monde n'avaient plus le choix, sinon de se rallier au pôle vainqueur par chaos, ce que firent d'emblée les pays d'Europe de l'Est. L'Histoire, croyait-on, avait parlé. Un nouveau « Commonwealth » était né, plus vaste que le «  Commonwealth » britannique. Mais il s'agissait, de fait, d'un « American wealth » ; un monde unipolaire …

Nombre de pays, récemment émancipés du colonialisme restèrent cependant sur leur quant-à-soi (bien des pays d'Afrique), l'Inde, Amérique latine, Indonésie ; voire allèrent jusqu'à s'insurger contre les démocraties, comme l'Iran chiite en même temps qu'une vague islamiste sunnite répandait sa haine contre toute forme de liberté, à l'international comme à l'intérieur des pays fondés sur le Droit. Des vagues d'attentat s'ensuivirent donc associés à des vagues migratoires inconnues jusqu'à présent, mais, surtout inassimilables philosophiquement puisque dans leur for intérieur, l'islam est supérieur aux lois des pays libres.

La situation aurait pu être stabilisée puisque la Chine, « ours ou panda » confucéen ne songeait qu'à son développement prolongé par ses « routes de la soie » et qu'elle ne portait pas l'islam dans son cœur (sort réservé aux Ouighours). C'était sans compter cependant avec un « deus ex machina » du nom de Vladimir Poutine qui avide de revanche, relança l'expansion impérialiste tsaro-soviétique puis, isolé sur le plan international, avec le concours d'un pseudopode nommé Wagner, fédéra toutes les dictatures en herbe, notamment au Proche Orient (Assad) et en Afrique sub-saharienne.

Résultat : un nouveau monde, bipolaire, fédéré autour du nouveau tsar « de toutes les Russies », allié à l'Iran des massacreurs, à la Corée du nord et, loin derrière, la Chine de Xi Jinping qui, tel Raminagrobis, observe en ronronnant puisque le temps joue pour elle. Plusieurs pays africains ont alors pratiqué le « coup d'État permanent », en crachant sur la France, tandis que l'islamisme, allié de la Russie, y progresse. On encourage l'émigration vers l'Europe pour y faire prospérer l'islam radical en soutenant le Hamas qui, lui, vise à l'éradication d'Israël dirigé par l'aveugle Netanyahou (quand nombre d'États arabes étaient prêts à rallier le camp occidental).

Certes, il faut comprendre le « pourquoi » de cette nouvelle donne puisque, même dans les démocraties anciennes, beaucoup rejettent l'idéologie américaine dominée par l'argent, la drogue, la violence des armes : comment choisir entre la peste et le choléra ? Mais pas au point de tenter d'installer en lieu et place une autre idéologie, pire encore, en encourageant une migration massive, non contrôlée, dont on mesure l'incompatibilité puisqu'elle récuse la laïcité, fondement de la démocratie, non seulement formelle mais réelle.

Le bras de fer est donc à nouveau engagé pour le demi-siècle à venir. Les « belles âmes » (« Les sanglots de l'homme blanc « de Pascal Bruckner) n'ont pas de mots pour voler au secours de ceux et celles (femmes et enfants encouragés par des passeurs, à l'instar des pourvoyeurs de drogues) qui risquent leur vie pour rejoindre des régimes démocratiques qu'ils conspuent dans leur pays d'origine. Cherchez l'erreur …

Le front est, à nouveau encore une fois, double, comme il y a un siècle : lutter contre le totalitarisme russo-islamiste ou accepter l'impérialisme culturel, linguistique, américain. Jusqu'en France où cela se traduit par « Mélenchon ou l'extrême droite ». Le « en même temps » macronien étant un ventre mou, on attend dès lors la Jeanne d'Arc, le Clémenceau ou le de Gaulle qui saura relever le gant … (en oubliant que, elle, a été vendue aux Anglais, le Tigre renvoyé dans sa Vendée, et le « grand Charles » consigné à Colombey). Avis aux amateurs …

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 4 décembre 2023

Les drogues : poison de la société

Le problème de la drogue dans la société contemporaine n'est pas nouveau mais il a longtemps et volontairement été ignoré par tout ce que compte la France – et même l'Europe – d'observateurs, de commentateurs et de politiciens. On savait mais on ne voulait pas voir … Il en est même, notamment « à gauche », qui se présentaient comme «  tolérants », au nom des libertés traditionnelles qu'on ne saurait restreindre, voire que l'on devrait étendre : un « nouveau droit de l'Homme » en quelque sorte …

Chacun en voit le résultat aujourd'hui à vouloir, coûte que coûte, « américaniser » l'Europe. Car le mal : perte de contrôle, violence, irresponsabilité … nous vient d'abord d'outre Atlantique où, dès les années 60, le fléau avait pris toute son ampleur, envahissant la jeunesse, les universités, porté par des chanteurs qui y trouvaient leur inspiration, sinon la révélation de leur pseudo « génie » caché.

Les « marchands de mort » ont très vite répondu à cette demande au potentiel immense, mus essentiellement par l'appât du gain facile sans avoir à travailler, à innover économiquement. Le contraire des normes multi-millénaires où l'on devait « gagner son pain à la sueur de son front ». Rien de tel pour déstabiliser un pays. Les Anglais l'avaient déjà très bien compris qui, au XIXe siècle pratiquèrent à vaste échelle la « guerre de l'opium » en Chine afin de régenter l'empire du Milieu.

La tolérance étant devenu la norme, la poison a innervé toutes les couches sociales de la haute bourgeoisie aux artistes et intellectuels, jusqu'aux classes populaires durant le dernier demi-siècle. « Vous fumerez bien un petit joint ? çà ne fait pas de mal, au contraire, çà procure des sensations et çà élimine les angoisses »

Faire fortune en peu de temps devint la formule magique jusque dans les cités où il fut alors plus facile de se lancer dans le juteux commerce que de s'intégrer, s'élever à la force du poignet comme l'avait fait auparavant tant de générations issues de l'immigration.

Une grande partie de la classe politique – en France et ailleurs en Europe – se ferma les yeux, la bouche, les oreilles et se refusa à agir, voire à simplement dénoncer quand elle n'acquiesça pas du bout des lèvres. Car il y avait aussi derrière un enjeu électoral sordide.

Les « jeunes » (en réalité une partie des jeunes car il ne faut stigmatiser personne dans une société permissive) en vint même à financer le terrorisme, principalement islamiste. «  Comprendre » est le grand mot de ces grands maux. D'où la formation de bandes à la gâchette facile : trois morts ici, quatre là … Une jeune fille est morte dans un immeuble alors qu'étudiante brillante, elle travaillait chez elle sur son ordinateur ; un père de famille à son tour a été tué par une balle perdue pendant qu'il dormait paisiblement.

Normalement, dans un pays démocratique, la classe politique devrait s'unir pour déclarer la guerre à la drogue, à toutes les drogues, de la plus insignifiante à la plus dure. Mais voilà, on se mobilise contre le tabac, l'alcool, le cancer. Surtout pas contre la drogue. Peut-être, in petto parce que la prohibition de l'alcool aux États-Unis, dans les années 20 du XIXe siècle avait été un échec retentissant.

En Europe, il est bien connu qu'il est « interdit d'interdire ». Donc pas de mobilisation nationale ou européenne pour condamner sans excuse possible toute forme de drogue (du genre de la mobilisation, il y a peu, contre le covid 19). Nul n'y songe ; encore moins qui le propose. Et même si cela était décrété, encore faudrait-il que les magistrats appliquent rapidement et intégralement les peines prévues …

Faudra-t-il encore continuer longtemps ? Pourra-t-on encore continuer longtemps avant une réaction unanime ?

Là est la seule question. D'autant que les « vrais » démocrates ont déjà une excuse toute trouvée : il n'y a plus la place en prison (75000 détenus en 2023) là où il y a aussi un trafic clandestin. Alors pourquoi ne pas ouvrir des camps en plein air, avec un régime militairement encadré, le temps d'un sevrage sévère et complet ? Ce serait cent fois plus utile qu'un nouveau service militaire « civil » pour les jeunes qui n'ont pas de temps à perdre. 

Mais déjà récupérer l'argent de la drogue au lieu de faire supporter le coût du contrôle du trafic par les contribuables astreints à la double peine (par les risques physiques et par l'impôt qui finance les prisons, déjà pointées comme insalubres).

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 27 novembre 2023

                   La Cop 23 à Dubaï 

                                le droit à l'environnement 

                                        et les écolos français

Le droit à vivre dans un environnement sain fait partie des droits nouveaux que NDH a revendiqués, avec d'autres droits, dès sa création en 1977, pour compléter la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789, en application de la motion Mougin de Roquefort votée par l'Assemblée nationale, au moment de l'adoption de celle-ci, le 27 août 1789. 520 parlementaires, députés et sénateurs de tous bords politiques ont signé cette proposition de loi constitutionnelle et six groupes l'ont déposée dans les deux chambres après un appel signé lui-même par des centaines de personnalités de tous les milieux intellectuels, scientifiques, artistiques, littéraires …

Si ce projet destiné à promouvoir une société nouvelle et pas seulement un programme politique a échoué (puisqu'il était destiné à mettre en œuvre la volonté démocratique permanente de la nation exprimée depuis plus de deux siècles), ce n'est que par l'absence de vision des élus qui ont succédé aux révolutionnaires de 1789 (non de 1793).

Le courant écologiste est né à cette époque « post soixantehuitarde ». Nos amis René Dumont, Alain Bombard étaient alors des nôtres … Mais, rapidement, la vague montante est devenue politicienne, au pire sens du terme : un parti, des querelles d'égo, la lutte pour le pouvoir …

On connait la suite, malgré de brillantes individualités comme José Bové, Nicolas Hulot … On connait aussi le résultat, aussi médiocre que ceux qui ont récupéré l'idée de la reconnaissance du droit à un environnement sain.

Leur plus beau et plus négatif trophée fut l'entrave à l'énergie nucléaire civile. Heureusement, ils ne se sont pas « attaqué » au nucléaire militaire, issu de la IVe République, qu'a développé ensuite Charles de Gaulle sous la Ve.

Le pouvoir socialiste, après 1981, grâce au Président François Mitterrand, quoique sans hostilité à la mode « écolo » n'a cédé en rien aux sirènes « vertueuses » du parti écolo «  canal historique » voire hystérique. En revanche, il n'en fut pas de même plus tard avec ses héritiers.

Les écolos « officiels » ont réclamé, à cor et à cri, la suppression du nucléaire civil, bien qu'aucune catastrophe ne soit survenue en France (Three miles island aux États-Unis, Tchernobyl en « URSS » - Ukraine, Fukushima au Japon) grâce à la capacité technique des ingénieurs d'EDF, service public de qualité. Nos « visionnaires » avaient simplement, seulement oublié la crise du pétrole (et de souveraineté) de 1973. Il fallait, en conséquence, accroître l'hydraulique (impossible) augmenter la production de charbon   ( !) ou importer plus de pétrole à des prix exorbitants pour la balance commerciale de la France. La qualité de l'environnement, selon eux, était donc au prix d'un accroissement … de la pollution. Il suffisait d'y penser.

Le Président Hollande, avec le soutien de sa minorité écologiste, lui, l'a donc accepté, actant une part du nucléaire civil à 50% de notre source énergétique, dont la première «  victime » fut, soutenu par le Président Macron, la centrale de Fessenheim …

Une nouvelle crise énergétique est donc à nos portes depuis 2017 : la France a failli être victime de coupures d'électricité durant l'hiver. L'Allemagne de Gerhard Schroeder, puis d'Angela Merkel a même été plus loin en fermant toutes ses centrales nucléaires civiles en ne misant que sur le gaz russe de leur « ami » Poutine. Avec le succès que l'on sait puisqu'elle doit réouvrir ses centrales à charbon. Encore une victoire des écolos patentés. La France, épargnée, elle (en même temps que ses ingénieurs perdaient leurs connaissances techniques) se doit cependant de vendre son électricité à vil prix sur l'autel de l'Europe et faire payer plus cher son électricité aux Français. Une grande victoire des écolos, tant français qu'allemands. Le retour à la bougie de nos grands-mères …

Pendant ce temps (1970-2020 : un demi-siècle) les écolos officiels ne se sont guère inquiétés d'autres questions sensées les concerner au premier chef. On n'en prendra que deux exemples mais il y en a d'autres : les déserts médicaux et l'invasion « américaine » publicitaire. Passons sur la chasse, la corrida, la protection des oiseaux pour laquelle notre ami Allain Bougrain-Dubourg a consacré sa vie.

Les déserts médicaux ont cru de manière exponentielle durant le dernier demi-siècle. Les écolos ont-ils tirés la sonnette d'alarme, mais, déjà, protesté contre la discrimination dont sont victimes en France des médecins étrangers hors Union Européenne, bien que formés à l'École française de médecine ? Si oui, cela se saurait. Et, que l'on sache, la santé est un bien précieux lié à l'environnement.

Autre cas : la prolifération, sans frein et sans limite, de la publicité « à l'américaine », pour privilégier les droits de l'argent contre les droits de l'Homme : que ce soit sur des panneaux gigantesques à l'entrée de nos villes (voire de nos villages), le harcèlement téléphonique quotidien ; l'invasion sans restriction de la publicité (en anglais de préférence) dans les radios et télévisions etc. Où sont à l'œuvre les écolos auto-proclamés pour défendre notre langue, notre espace visuel, notre droit à ne pas être dérangé dix fois par jour par des fils de pub … ?

Bref, derrière l'étiquette, il faut voir la marchandise en croisant les doigts pour que les services publics de ce pays, un modèle de rigueur, rattrapent le retard, en termes techniques et d'organisation, que leur ont infligé durant cinq décennies une fausse gauche, vraie droite.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 20 novembre 2023

La Cour (d'Injustice) de la République

La Cour (de « Justice ») de la République a jugé l'actuel Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, ci-devant avocat … à la cour.

La belle affaire si le comique en matière de justice ne rejoignait pas le dramatique dans le fonctionnement de la Justice en France à l'heure où le pays traverse une grave crise sociale par un déferlement de violences gratuites et que deux pays proches : l'Ukraine et Israël n'étaient pas en guerre.

Mais non, les plus hauts magistrats de l'État font jou-jou entre eux alors que le peuple français est pétri d'inquiétude ; que la vraie Justice judiciaire (voire administrative) fonctionne avec difficulté rendant tardivement des jugements contestés par la vox populi.

A quoi jouent donc ces messieurs-dames en mettant des bâtons dans les roues d'un ministre exemplaire, intègre, compétent qui a, en une année, fait plus que dix de ses prédécesseurs ? On joue avec le fonctionnement de la République, non pas comme les voyous-casseurs ou les islamistes mais, au sommet de l'État, là où est le cœur battant de la démocratie.

Pourquoi poursuit-on Éric Dupond-Moretti ? Pour « prise illégale d'intérêt », rien de moins. Il y aurait eu « conflit d'intérêt » entre son métier d'avocat et ses fonctions ministérielles. Diantre ! Comme dans une vulgaire république bananière où quasiment rien n'est poursuivi alors que la moindre décision en France est toujours « sous le contrôle » du juge, susceptible d'être annulée.

Dans son cas, c'est à l'homme que des magistrats en veulent car ses actes contestés sont bien maigres.

Mais tout d'abord, qu'est-ce qu'un conflit d'intérêt sensé déboucher sur une prise illégale d'intérêt ? Sa définition est floue, à des degrés divers. D'où la subjectivité qui en découle …

A la limite tout le monde : ministre, élus, responsables d'entreprises etc. est susceptible d'être accusé et donc poursuivi, de la plus grande à la plus petite décision. Et qui en décide ? Des magistrats, bien sûr, comme s'ils étaient eux-mêmes insoupçonnables.

On s'étonnera après que les tribunaux soient engorgés, qu'il y ait une justice à deux vitesses, que des délinquants sexuels soient souvent relâchés … Qui jugera les juges ? Non qu'ils n'aient pas droit à l'erreur (comme le juge Pascal ; l'affaire Gregory ; l'affaire d'Outreau etc.) mais qu'au moins, ils soient moins arrogants.

A fortiori dans l'exemple de la Cour de Justice de la République, « tribunal d'exception » que deux présidents de la République ont voulu supprimer sans le faire. D'autant que dans l'histoire quasi millénaire de l'État français, toutes les juridictions d'exception ont failli. L'Histoire, c'est d'abord la mémoire.

Qui sont ces juges en partie professionnels, en partie politiques pour menacer un serviteur de la République qui, s'il n'est pas parfait, remplit sa tâche avec célérité et efficacité ? On veut surtout « se payer » l'homme de la situation parce qu'il est trop brillant et qu'il contraste avec ses collègues passés ou actuels. La voix de Danièle Obono, députée LFI, qui a refusé de parler de terrorisme pour le Hamas, agitée sur les bancs de l'Assemblée comptera comme les autres dans la décision qui concernera Éric Dupond-Moretti. L'impartialité incarnée en quelque sorte.

Laurent Fabius, Christine Lagarde et une dizaine d'autres sont déjà passés dans cette machine à broyer les meilleurs. La dite Cour est tellement sûre d'elle-même que peu ont été condamnés, voire, le comble, condamnés mais dispensés de peine ! Attendons-nous à la même chose pour EDM, après ce long cirque politico-médiatique qui démentira Jean de la Fontaine selon lequel « les jugements de cour vous rendront blancs ou noirs ». Parions, qu'en mauvaise conscience, elle jugera l'occupant de la place Vendôme « gris ». Donc qu'il devra démissionner quoique « dispensé » de peine. L'objectif sera alors atteint, même si le ridicule ne tue plus.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 13 novembre 2023

Antisémitisme: la France levée, soulevée ... soulagée

Le dimanche 12 novembre 2023, à l'appel de la Présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet et du Président du Sénat, Gérard Larcher, un sursaut s'est produit : non pour un parti, un grand homme (ou femme), une idéologie … mais pour une France libre, laïque, héritière de son Histoire depuis 1789. Plus de 100.000 personnes (près de 180.000 avec la province) ont battu le pavé sans la moindre vitrine cassée, la moindre voiture brûlée, sans la moindre banderole partisane … Un seul but : dénoncer l'antisémitisme qui a prospéré depuis le 7 octobre, date du pogrom du Hamas contre des civils israéliens : femmes, enfants massacrés … jeunes ou vieux torturés, achevés comme des animaux.

En France, s'en est suivi une vague d'agressions sous prétexte de soutenir les Palestiniens : étoiles jaunes peintes sur les murs ; insultes racistes … après de nombreux meurtres de citoyens juifs parce que juifs (hyper cacher, sortie des écoles …). Or ces agressions ne sont pas l'œuvre de militants d'extrême droite – ou de la gauche … D'où viennent alors les auteurs ?

Par ailleurs, peut-on trouver l'équivalent dans l'autre sens : des « arabo-musulmans » agressés par des extrémistes juifs ?

Là est la différence essentielle : pour l'Ukraine comme pour la bande de Gaza, il y a toujours un agresseur et un agressé. Or dans le monde actuel, qu'importe … Celui qui attaque est mis au même plan que sa victime. Bonnet blanc, blanc bonnet.

Nul n'est dupe. Mais il en est tout de même, dans la « patrie des droits de l'Homme », pour prêcher le contraire d'une vérité prouvée, évidente.

Pour Mélenchon et ses affidés par exemple le Hamas n'est pas (à l'instar de Poutine en Ukraine) un agresseur illégal. Mieux (ou pire) le Hamas serait la victime d'une agression israélienne …

Dès lors, sur la base de la négation de l'évidence, tout dialogue devient impossible – sauf à valoriser les menteurs, qui nieront toujours la réalité comme la morale la plus élémentaire.

La seule réponse est celle préconisée par François Mitterrand lors de sa campagne présidentielle de 1981 : la « force tranquille ». Hors de question de répondre aux mensonges par des arguments ou par d'autres mensonges. La vérité doit s'afficher calmement, par le nombre.

La démonstration en a été faite, le 12 novembre, à Paris et en province. En espérant que les pays arabes auront compris le message (ce qui ne fait aucun doute puisqu'aucun d'entre eux ne veut accueillir sur son territoire les Palestiniens de la bande de Gaza).

Les démocraties sont en danger face à la menace de la Russie et de l'Iran. Gageons que le sursaut affiché entre l'Assemblée nationale et le Sénat en présence de leurs présidents respectifs marquera un coup d'arrêt à une certaine dérive de la France où tout est permis : casseurs, trafiquants de drogue, meurtres gratuits …

Seul le sursaut républicain, laïque par nécessité, sera, plus que la répression policière, la résurrection d'un pays malmené tant de l'intérieur que de l'extérieur pourvu que la Justice joue enfin son rôle en temps opportun, ce qui est loin d'être le cas.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 6 novembre 2023

Villers-Cotterêts

(en hommage à Philippe de Saint Robert, Commissaire à la langue française nommé par François Mitterrand)

Lundi 30 octobre (2023) le président de la République, Emmanuel Macron a inauguré devant un parterre de sommités la Cité internationale de la langue française, dont le but est le rayonnement de cet idiome issu du latin. Pourtant, c'est contre le latin que le roi François 1er avait pris, en 1539, l'ordonnance imposant dorénavant le français dans les textes juridiques.

Rien que de très normal, pour nous qui nous battons pour le respect, la richesse du pluralisme des cultures comme un « droit », qui a permis à l'Europe d'être une civilisation tout en parlant nombre de langues. Preuve que cela est possible sans se soumettre à la domination de l'anglo-américain, dont résultera une société uniforme, appauvrie, incolore, inodore et sans saveur : une caserne à l'échelle planétaire.

Certains observateurs, comme l'académicien Jean-Marie Rouart ne s'y sont pas trompés, qualifiant le chef de l'État de « tartuffe de la langue française » puisque celui-ci ne manque jamais une occasion, publiquement, de s'exprimer en anglais, sans la moindre nécessité. Seul Giscard d'Estaing, avant lui, avait fait mieux en proclamant, face aux Français, sa victoire électorale présidentielle en anglais … Rien de tel pour faire jeune, moderne et traitre à François 1er tout en l'encensant.

Villers-Cotterêts ? un excellent projet …

si l'Académie française faisait son travail pour la défense quotidienne de la langue au lieu d' ânonner chaque semaine sur un dictionnaire que les Français ignorent

si le chef de l'État ne pratiquait les langues étrangères que par respect mutuel (comme de Gaulle, Pompidou ou Mitterrand …)

si la France exigeait, que dis-je, imposait à Madame Von der Leyen, de cesser de ne s'exprimer qu'en anglais lequel n'est plus une des langues de l'Union. Elle est pro-américaine, soit, mais elle peut honorer sa fonction. Idem pour les fonctionnaires européens adeptes de la prostitution culturelle à grande échelle, toujours en anglais, par paresse.

si le Parlement français, au lieu de ses bisbilles ridicules, légiférait pour arrêter la pollution des médias et de la publicité par une langue étrangère que nos concitoyens ne comprennent pas, bien souvent. La bêtise a ses limites …

si on nommait à la tête de l'Organisation Internationale de la Francophonie, une femme autre que Madame Louise Mushikiwabo, Rwandaise dont on ignore l'existence même, issue d'un pays qui chasse la langue française pour la remplacer par l'anglais.

Mais de cela, pourtant basique, on ne voit rien venir, même après le feu d'artifice de Villers-Cotterêts (version 2023). François 1er avait plus de vision, de prestance. C'est pourquoi on le célèbre cinq siècles plus tard. Il nous manque une nouvelle ordonnance (Macron) pour bannir l'anglais après le latin.

Le coup de balai le plus urgent et le plus utile semble être dans les médias et la publicité, véritables nids de stupidité qui ne rêvent que d'être Américains. Le « top » pour eux. On veut vendre des voitures aux Français ? mais en anglais. Dans la mode, le luxe (détenus par des milliardaires français) où il était « chic » d'employer le français – comme dans la diplomatie – c'est désormais l'anglo-saxophone qui prime : Place à la « fashion week ».

N'envoyez pas de courriel mais un « mail », surtout s'il s'agit d'une « news » adressée à une chaîne d'info « non stop » (traduire « en continu » et prononcer « none » stop … et non « non ».

Le comble du ridicule ? C'est aussi la radio nationale, France Inter, qui assure la promotion des chansons anglo-américaines, qui diffuse une émission spécialisée sur cette « culture » : « a very good trip » quand les « classiques » de la francophonie sont eux exilés sur Nostalgie. Mieux (ou pire ?) sur France 2, payé par l'impôt, Laurent «  Delamousse » nous parle, dit-il, en « direct live » afin de donner les « best of » de la «  play list »…

Que font les directeurs des médias, les directeurs d'agence de publicité ? Ne peuvent-ils pas donner des ordres, des consignes ? N'ont-ils aucune fierté pour la culture qui a fait ce qu'ils sont ? Sont-ce de purs collabos, façon 40-44 ? La droite politique a oublié ses valeurs comme la gauche a oublié la laïcité. Tout le monde se couche, du bas en haut de la pyramide politique. Un seul exemple : NDH a demandé, à plusieurs reprises, par lettre au président de la République, à l'occasion du centenaire des premiers Jeux Olympiques à Paris, en 1924, pour ceux de 2024, de transférer Pierre de Coubertin au Panthéon, refondateur des Jeux antiques (avec le succès que l'on sait). Et notamment pour avoir imposé la langue française comme langue officielle (ce que même la Chine a respecté).

Réponse ? Aucune. Mais on comprend, son œuvre n'a pas assez marqué le monde sans doute …

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 30 octobre 2023

Le mensonge comme arme

L'Histoire regorge de mensonges, comme première arme de guerre, prétexte à attaquer une population pacifique. Les rappeler ne pourrait pas être exhaustif depuis plusieurs millénaires… Cantonnons nous au monde actuel dont ce n'est que la version réduite. L'inverse des droits de l'Homme qui ne prospèrent que sur la vérité, sans même promener sa « vertu », au bout d'une pique comme le font, Amnesty International, Human Rights Watch, voire ce qui reste de la grande Ligue des droits de l'Homme en France, pro-islamiste.

Dans le contexte actuel : guerre en Ukraine, attaque du Hamas contre Israël, tout est bon pour mentir et faire prendre des vessies pour des lanternes, a fortiori, parce que les réseaux sociaux multiplient les possibilités de mentir (les fake news, comme ils disent).

Voyons l'Ukraine. Selon le maître du Kremlin, il n'a pas entrepris une guerre mais une «  opération spéciale » commencée en 2014 et qui se poursuit. L'Ukraine est dirigée par des « fascistes » si ce ne sont pas des « nazis ». Ce ne sont pas les Russes qui ont attaqué mais les Ukrainiens. Il fallait le savoir et Poutine nous en informe. Merci à lui.

Exactement les mêmes méthodes de désinformation qu'Hitler, Mussolini et son maître intellectuel Staline avant 1939.

Passons à Israël. Ce minuscule pays, refondé par les survivants de la Shoah, socialistes démocrates, après 2000 ans de relégation hors de leur terre, ont établi un État démocratique loin d'être parfait. Mais qui passait des accords d'État à État avec le Maroc, bientôt l'Arabie saoudite, après l'Égypte d'Anouar el-Sadate, respectés par le président Al Sissi. Une reconnaissance de facto et de jure.

Aujourd'hui, cet État, reconnu par les Nations Unies (y compris par la Russie) est victime d'un pogrom par des barbares qui assassinent des civils, violent les femmes, décapitent des enfants après avoir éviscéré de futures mères… Cet État, bien que dirigé par un imbécile (dixit notre ami Elie Barnavi, ancien ambassadeur d'Israël en France) héritier moral de Golda Meir, Ben Gourion, Shimon Peres, Yitzhak Rabin est accusé, rien de moins, que du génocide du peuple palestinien. Au secours, Yasser Arafat, l'âme de la Palestine, qui nous avait promis à Tunis, de venir à Paris parler des droits de l'Homme s'il n'en avait été, à l'époque, empêché par le CRIF, qui, lui, prétendait parler « pour la France » …

Le mensonge est partout en politique (comme ailleurs). Même les démocraties ne sont pas épargnées. Cf. avant l'attaque de l'Irak, l'accusation stupide contre Bagdad de l'équipe Bush de détenir des armes de destruction massives pour agresser ce pays laïque bien que sous la botte de Saddam Hussein. NDH a pour cela remis le 20e Prix littéraire des droits de l'Homme au rapporteur des Nations Unies, Hans Blix, un Suédois courageux qui avait dénoncé cette guerre.

Mais le mensonge, la mauvaise foi ne s'arrêtent pas là. Voyez les pays du Sud de Sahara : Mali, Niger, Burkina, incapables de se défendre contre les djihadistes et qui « exigent » cependant le départ de la France, pour mieux se livrer au totalitarisme islamique… avec la bénédiction de Poutine …

La morale, la vérité sont des principes ringards. Il y aurait les démocraties, où l'information est totalement libre et le reste du monde, attentiste, où il n'y aurait que des demi-vérités. Même si tout n'est pas noir ou blanc …

Oh, pardon, on oubliait l'Iran, dont NDH soutient la Resistance depuis 42 ans. C'est pourtant ce pays au totalitarisme religieux, à l'instar de l'Afghanistan qui torture, exécute des milliers de ses ressortissants, puis qui vise désormais en particulier les femmes, coupables de ne pas vouloir vivre avec la tête empaquetée. Ce même pays, délinquant international, qui soutient la Russie, néo-impérialiste, le Hezbollah au Liban et le Hamas à Gaza. Où est la protestation des féministes françaises, voire européennes ? Bien sûr, il ne s'agit pas d'un mensonge ! La preuve, on crie « Allah Akbar », dans les rues de Paris avec la clique islamo- gauchiste de Mélenchon. Tout est en tout… et réciproquement. Même un de nos ex-amis s'est fendu, vingt ans après la contre-révolution de 1979, d'une page dans Le Monde, pour y louer la démocratie en Iran avant d'être salué d'un article dithyrambique… dans le Figaro. Cherchez le nom de cet intellectuel qui n'est pas interrogé sur ce diagnostic pertinent.

La reconnaissance du droit à la paix, dont nous prônons la reconnaissance sans niaiserie, bien que dernier des droits de l'Homme et qui aurait dû être le premier (puisqu'il implique tous les autres droits) dans la suite de Clausewitz, Jaurès, partisans d'une Armée de défense bien préparée, passe donc par l'arrêt préalable des mensonges. C'est le célèbre discours de Villepin-Chirac à l'ONU. Ce doit être l'interdiction des manifestations pro-Hamas (mais pour le peuple palestinien) dans les capitales occidentales. Et l'opposition de l'estampille, « mensonge » derrière toute information ignoble comme celle du bombardement de l'hôpital de Gaza. N'en déplaise à Amnesty international. Même à ce sujet le journal Le Monde est allé à Canossa sur cette affaire.

Encore un effort, un peu de courage et l'on avancera.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 23 octobre 2023

Religions, philosophies et droits de l'Homme

La laïcité, cette belle idée française, est contestée dans le monde au point de valoir à la «  patrie des droits de l'Homme » des attaques régulières, après s'être imposée dans son pays de naissance. Pourtant, paradoxe, c'est à la base une parole de Jésus qui en a posé le fondement, que les républicains ont mis en œuvre par la loi en 1905 : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».

Trois religions monothéistes demeurent en ce début de millénaire : la religion juive, la religion chrétienne et la religion musulmane. L'Asie, pour sa part, n'ayant cultivé que des philosophies - dont les principales sont le bouddhisme, l'hindouisme et le confucianisme - n'a que peu provoqué de troubles (même si l'hindouisme a quelque tendance à l'intolérance).

Dans les troubles récurrents que connait actuellement le monde, le judaïsme, ultra minoritaire, par son absence de prosélytisme et les obstacles faits pour s'y convertir, est l'objet d'attaques parce qu'il est lié à un seul peuple, toujours menacé depuis ses origines quand, selon la Bible, Abraham, à Ur (Irak actuel) a reçu l'ordre d'aller s'installer dans la future Palestine d'où les Juifs furent ensuite chassés, puis réduits en esclavage par Nabuchodonosor, par les Égyptiens avant d'être occupés par les Romains ; dispersés jusqu'au génocide hitlérien. Jamais ce peuple, religieux de nature, lui qui inventa le monothéisme, ne fut conquérant, ne créa d'empire. Et ce n'est qu'après la Shoah qu'il imposa la reconquête de sa terre d'origine (là où les Croisés avaient échoué) comme les Espagnols, en 1492, réussirent leur « reconquista ». Cette religion n'est donc pas « conquérante » mais se défend toujours, autant que faire se peut. La loi du talion – œil pour œil, dent pour dent – est sa philosophie.

Le christianisme, qui en est issu en grande partie, de par la philosophie, développée par l'un de ses enfants, Jésus, modeste charpentier, lui, s'est développé par la prédication, non par les armes (on ne parle pas des errements « historiques » ultérieurs). Les martyrs se comptèrent alors par milliers, à commencer par celui de son fondateur. Son message était, lui, basé sur la paix, l'amour. « Si l'on te frappe, tends l'autre joue … ». « Celui qui prend l'épée périra par l'épée ». Les Béatitudes : « bienheureux les cœurs purs, bienheureux les artisans de paix … ».

Si l'islam, sept siècles plus tard, est le troisième monothéisme, en revanche, sa philosophie, son idéologie, est à l'opposé des deux précédents. Et c'est sans doute là où le bât blesse. Le Coran dicte son idéologie, le plus souvent par la force, par les armes. Il n'est que de comparer les vies de Jésus et de Mahomet. On ne discute pas. Jésus se laisse trainer devant les juges. Mahomet, lui, par contre est un guerrier dont les troupes convertissent, de gré ou de force, le Proche-Orient, l'Afrique du Nord, le sud de l'Europe …

Pas question d'être mécréant : statut d'infériorité de la femme, interdiction sous peine de mort de se convertir, polygamie, union du pouvoir religieux et du pouvoir politique. Bref, depuis ses racines jusqu'à aujourd'hui, l'islam impose, et si son contenu était remis en cause dans sa philosophie (pas dans sa théologie, monothéiste) le Coran serait alors vidé de sa substance même. Ce ne serait plus l'islam.

« On juge un arbre à ses fruits » … Ce n'est donc qu'en Occident, dit « chrétien », que se sont développées les démocraties, les sciences, les droits de l'Homme – avec tous les aléas que l'on connait. D'où la situation périlleuse du monde actuel. Le djihadisme n'est qu'un avatar de plus. Il a voulu s'imposer en Syrie comme en Iran ; aujourd'hui il entend conquérir l'Afrique sub-saharienne. Le grand Malek Chebel le reconnaissait lui-même : «  aucun pays musulman n'est démocratique ». Et pour cause … La théologie est une chose. L'idéologie une autre chose.

Nos observateurs, qui peuplent la presse écrite ou audiovisuelle, eux, parlent «  d'islamisme » et non « d'islam ». Comme s'il ne s'agissait que d'une déviation. A les écouter, l'islam n'a rien à voir avec les attentats (World Trade Center ; Bataclan, Charlie Hebdo, assassinats de Samuel Paty et de Dominique Bernard …). Pas le droit à la caricature ; perturbations de l'enseignement ; femmes voilées, abayas ; piscines séparées, citoyens juifs chassés de certaines banlieues etc… On n'en finirait pas. D'autant qu'en France, la gauche, promotrice de la laïcité, pierre angulaire de la démocratie y a renoncé à des fins électorales. Désormais, c'est la droite qui s'en réclame. Un comble !

La laïcité reste dès lors un combat. Les religions libres d'être prêchées ne doivent pas s'imposer par la force. En revanche, il n'est nullement interdit de parler de leur contenu théologique ; question de croyance, de liberté de conscience garantie. Mais parlons enfin de l'idéologie quotidienne qu'elles promeuvent. Positives ou négatives ? Démocratiques ou non ?

Il faut pour cela un peu de courage, de lucidité, de solidarité ; avoir enfin l'honnêteté d'appeler un « chat un chat ». Bref, relancer la dynamique des droits de l'Homme en ne couvrant plus, comme les islamo-gauchistes, les actes antisémites et les crimes horribles du Hamas.

Au fait, pourquoi ceux qui manifestent en France en criant « Allah Akbar » ne proposent-ils pas à leurs amis terroristes de libérer les otages ? Voilà qui serait enfin positif, à leur crédit pour les prochaines élections.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 16 octobre 2023

Droit à la paix et résistance

Le droit à la paix, c'est bien connu, n'existe pas ou ne serait qu'une utopie pour doux rêveurs. La paix ? ce n'est qu'un thème de colloques, de conférences internationales où l'on se fait mousser à peu de frais. Car jamais un pays n'a été assez progressiste pour le proclamer et en demander la reconnaissance par les Nations Unies (tout en renforçant sa défense nationale et intérieure au cas où …). Mais la paix n'est pas, non plus, qu'une affaire internationale. Les bandes de casseurs qui, avant l'été, en France, ont détruit écoles et mairies, agressé des élus ou les forces de l'ordre doivent (ou devraient) aussi être poursuivies pour violation du droit à la paix, donc à la démocratie – « le pire des régimes à l'exception de tous les autres » eût dit Churchill.

Le droit à la paix ne va pas sans le soutien de la force, la résistance. Qu'on en juge par les derniers évènements. L'Ukraine se bat toujours et devra encore se battre contre un mégalomane. Aujourd'hui, c'est Israël qui est à son tour victime de tueurs qui prétendent abusivement parler au nom des Palestiniens. Comme si ceux-ci étaient tous des barbares. On massacre des civils, on éviscère les femmes enceintes, on prend, y compris des enfants, en otages … Il n'y a que Mélenchon et son équipe hurlante pour ne pas considérer ces faits comme des actes de terrorisme, ce en quoi ils s'excluent du consensus national.

Certes la démocratie israélienne est loin d'être parfaite. Netanyahou est un voyou qui remet en cause l'ordre judiciaire en Israël malgré des manifestations massives ; poursuit à marche forcée la colonisation de la Cisjordanie. Cependant, ceci est sans commune mesure avec les exactions sauvages commises par le Hamas sur des civils sans armes.

Dès lors, Israël est en droit de répliquer, comme il l'a toujours fait. Avec un risque cependant : que l'opinion publique mondiale, versatile, ne se retourne contre l'État hébreu. Qui n'entend déjà les belles âmes exiger de lui le respect du  droit de la guerre, ce droit vieux d'un siècle et demi seulement, sensé, non pas reconnaître le droit à la paix mais « civiliser » les guerres. Et, bien sûr, ce « droit de la guerre » ne s'applique pas au Hamas et autres Hezbollah qui attaquent, par le Liban, ce qui reste des victimes de la Shoah. Nuance !

C'est donc une guerre de civilisation qui est enclenchée, quasiment sur tous les fronts. Car si Israël est l'ennemi numéro un, ce sont toutes les démocraties du monde qui sont visées, à l'intérieur comme à l'extérieur. Poutine et son allié iranien sèment la terreur. L'un par son arrogance impérialiste ; l'autre par un islamisme, plus que millénaire, qui diffuse son poison à l'intérieur même des pays libres. Cela va de l'attaque du World Trade Center en 2001 jusqu'à l'assassinat le 13 octobre 2023 d'un professeur à Arras, Dominique Bernard, en passant par les « opérations » meurtrières du Bataclan et de Charlie Hebdo. Sans oublier le meurtre de Samuel Paty, la répression de quatre décennies du peuple iranien, au nom de l'islam pur et dur, qui a valu à deux femmes d'exception de recevoir le Prix Nobel de la paix.

Bref, le monde civilisé, qui a beaucoup progressé, régresse aujourd'hui sur toute la planète. A l'extérieur comme à l'intérieur des nations. Et l'on ne s'en sortira pas sans résistance, sans un coup d'arrêt, comme le prodiguaient tant Clausewitz que Jaurès au XIXe siècle. Question de philosophie, mais aussi question de Droit.

Pour l'heure il s'agit de parer au plus pressé : endiguer militairement les ennemis du progrès des civilisations par la répression. Mais aussi, en tirant les leçons de cette offensive tous azimuts des barbares intérieurs comme extérieurs, de « positiver » éthiquement, (donc juridiquement). Il faut renverser la dynamique de ce qui reste de la violence originelle dans le genre humain. C'est le rôle, c'est le devoir de la France, de l'Europe en faisant preuve d'imagination, en posant le droit à la paix comme fondement de tous les autres droits de l'Homme. Sans oublier de s'en donner les moyens concrets. Une ère nouvelle doit commencer. Un voyage de mille pas commence par un pas.

A enseigner dans toutes écoles (comme le Droit) en lieu et place de la gentille mais insuffisante éducation civique.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 9 octobre 2023

L'internationale criminelle

Vladimir Poutine, président inamovible de la Russie, sous des apparences démocratiques (« droits formels, droits réels » disaient les marxistes-léninistes pour la démocratie soi-disant « bourgeoise ») a donné le top du départ. Sa méthode facho-stalinienne continue à embraser la planète. De l'Ukraine, le feu a gagné – après la Géorgie – l'Arménie. Maintenant Israël. La violence n'est plus honteuse. Le mensonge non plus. Ils ont même gagné l'Afrique au sud du Sahara, voire l'Algérie. On provoque, on insulte puis on pratique le chantage. L'arrogance, qui serait devenue une revanche, casse tous les codes du savoir-vivre en bonne diplomatie, entre pays civilisés.

Bref, on rebat les cartes. L'Occident : entendez l'Europe, les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud ne sont plus les valeurs démocratiques de référence.

Pourtant ce n'est pas la France (qui a d'autres chats à fouetter), qui a appelé ses troupes au Mali pour arrêter les islamistes qui menaçaient de s'emparer de la capitale. Ce n'est pas la France qui fait le lit des mercenaires du groupe Wagner, lequel pompe les richesses minières de pays qui, en même temps, veulent continuer à recevoir des aides financières de Paris et de l'Europe.

Ces pays sub-sahariens se sont libérés du joug français ? Leurs ressortissants conspuent la France, brûlent le drapeau français et brandissent le drapeau russe ? Mais alors pourquoi tant de leurs nationaux embarquent-ils dans des bateaux (de « fortune !») pour traverser la Méditerranée vers la soi-disant terre promise qu'est l'Europe en payant des sommes folles à des passeurs sans scrupules. Pour cela, on a les moyens …

Et que dire, qui plus est, de nos médias hémiplégiques qui ne disent pas un mot sur la Suisse dont les frontières doivent être aussi perméables, une fois gagnée l'Italie, la Grèce ou l'Espagne … Pourquoi ce silence ?

On n'en finirait pas de pointer ce choc des valeurs depuis que Poutine a renversé la table ; les normes communément admises par le monde civilisé.

Le pire est que, même en France, il se trouve des thuriféraires pour applaudir au renversement du Droit. Dans la « bande à Mélenchon » par exemple, bien qu'épinglée par l'affaire Quatennens et les comptes de la campagne présidentielle de 2017 de «  dame Chikirou », on fait la leçon au monde entier en tant qu'islamo-gauchistes patentés. Ce serait la France qui doit être honteuse de sa présence pour contrer Daech ; la France qui doit ouvrir grand ses frontières pour nourrir, loger, soigner les migrants de pays aux dirigeants violents et corrompus ; c'est le gouvernement démocratique d'Israël – dont on connait les tares de Netanyahou – qui est responsable de la guerre lancée par le Hamas sous les applaudissements de l'Iran des mollahs, alliés de Poutine contre l'Ukraine démocratique (enlèvement de femmes et d'enfants pris comme otages).

Cerise sur le gâteau, « Jean-Luc » (pour les camarades) se rend au Maroc pour prier l'Europe « ce pelé, ce galeux » disait Jean de La Fontaine, geste à l'appui, de se taire et d'accepter son sort. « La République, c'est moi !», comme son ami Daniel Ortega au Nicaragua qui emprisonne évêques et prêtres opposés à une dictature véreuse.

Les démocraties sont bonne mère, comme dans les années 30 du siècle passé. Mais gare au retour de bâton … Les partisans de la liberté n'ont pas vocation au martyre. Ils sont encore la lumière du monde futur.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 2 octobre 2023

Du droit conventionnel

Le droit vient de la loi et des actes réglementaires qui en découlent, que les tribunaux appliquent, si nécessaire. D'aucuns diront, ou prétendront, comme certains fanatiques islamistes que la loi de Dieu est au-dessus des lois démocratiques quand Jésus, lui, répondait à ses détracteurs : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Le fondement de la loi républicaine de 1905 (qu'il ne faut surtout pas citer …)

Cependant, il y a une autre source du droit, qui a surgi, presque naturellement, spontanément, après que l'empire romain eut créé le droit « régalien » sur lequel sont toujours fondées les règles nationales. Y compris par les États dictatoriaux, qui l'ont «  formellement » accepté, comme un hommage du vice à la vertu, bien qu'ils s'assoient dessus en permanence. C'est l'inversion du célèbre « droits formels droits réels » de Marx puisque ce sont encore les États dits « bourgeois » qui les respectent le plus quand les dictatures communistes (ou post communistes) ne s'en servent que comme façade de respectabilité.

Une enseignante de l'université de Colombia (New York) Katharina Pistor, dans son ouvrage « Le Code du Capital », au Seuil, elle, développe la thèse selon laquelle, une autre source du droit s'est surtout développée à partir de l'essor du capitalisme marchand (et du capitalisme tout court) chez les Anglais et les Hollandais au XVe – XVIe siècle. En dehors du droit régalien venu du sommet de l'État, un « droit vertical ». Ce droit est un contrat, une convention entre partenaires. Il est d'abord « privé » mais sous contrôle des puissances régaliennes, « noblesse oblige ». Il s'agit d'un  droit horizontal  entre égaux …

Dans le droit conventionnel, l'égalité est le principe, la base. Son respect en est le fondement, la raison d'être. Sinon on retombe dans l'état sauvage, primitif (la loi de la jungle) : œil pour œil, dent pour dent. Une sorte de droit « naturel », non préfabriqué, comme l'est le droit démocratique régalien.

Peut-être les politiques devraient-ils cependant s'en inspirer lorsque des partenaires, des concurrents, ne jouent pas le jeu et déséquilibrent (toujours à leur profit) les rapports, en créant une inégalité trop importante. On pourrait en prendre de nombreux exemples, tant en politique intérieure qu'en politique internationale. N'en prenons donc qu'un seul : celui des rapports franco-algériens.

Combien de temps la France, qu'elle soit dirigée par la droite ou la gauche, (complexée ou bienveillante à l'égard de l'Algérie), va-t-elle se laisser traiter, humilier en permanence par une clique militaro-islamique, oligarchique qui se renouvelle constamment depuis deux, voire trois générations. Un peu de dignité ! Un peu de respect. La France – mille an d'Histoire – doit-elle boire la coupe jusqu'à la lie parce qu'elle a colonisé l'Algérie pendant 130 ans en respectant la religion de ses habitants ? Doit-on aussi toujours ignorer les colonisations arabes et turques d'avant, qui, elles, ont imposé l'islam à la population majoritairement berbère et chrétienne pendant sept siècles ?

La France a subi de la part de l'Allemagne trois guerres dévastatrices (dont deux guerres mondiales). Ella a connu les camps de concentration, les fours crématoires etc. Est-ce pour autant que la France aurait dû refuser de construire l'Europe, avec elle, dès 1957 puis, de signer, en 1963, le traité de l'Élysée entre deux acteurs majeurs : Charles de Gaulle et Konrad Adenauer ?

Un million de « pieds noirs », sans compter des milliers d'Algériens musulmans ont choisi la « valise plutôt que le cercueil », eux qui cohabitaient paisiblement. Depuis, de plus, des centaines de milliers d'Algériens ont choisi librement de s'installer en France, y appelant leur famille. Eux aussi donc ont voté avec leurs pieds, pour ce pays qui fut « l'horrible » colonisateur contre un régime oligarchique, dictatorial qui monopolise la richesse nationale et « copine » avec son alter ego russe, agresseur de l'Ukraine …

Aucune commission de réconciliation par ailleurs n'aboutit. Monsieur Benjamin Stora s'y est cassé les dents. Démocratie contre dictature. Le « Hirak », cette révolte algérienne populaire a été étouffée, les journalistes y sont emprisonnés. On menace le Maroc, pays ouvert aux visiteurs, aux touristes quand l'Algérie, elle, reste systématiquement fermée, surtout aux natifs européens qui veulent se recueillir sur la tombe de leurs ancêtres …

Dernière décision des islamo-militaires : l'interdiction de l'enseignement du français pour promouvoir l'anglais. L'enseignement du berbère, le tamazigh, la langue de la majorité des premiers occupants du pays qui sont encore un quart de la population ? Vous n'y songez pas, naïfs démocrates.

Bref, le « contrat » intellectuel, moral entre l'Algérie et la France est rompu, déchiré, piétiné par l'Algérie, unilatéralement. Le droit régalien doit dès lors en tirer les conséquences. Inutile de polémiquer (pas plus que de dialoguer avec Poutine). Les menteurs, de mauvaise foi, ne sont plus des interlocuteurs valables. Il est urgent d'attendre, comme avec les gouvernements putschistes du sud du Sahara …

L'émir Abd El Kader, qui avait passé un accord avec la France « sain, loyal, marchand » (comme on dit en droit commercial) avant de protéger les chrétiens d'Orient, doit se retourner dans sa tombe. On ne joue pas avec les tricheurs. La règle n'est plus le droit mais la force des faits. Sans violence si possible. Il faut garder ses nerfs … avec un peu d'ironie si on est capable d'avoir de l'humour face au sectarisme (du latin sectare, couper).

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 25 septembre 2023

Le pape François versus Ursula von der Leyen

Les droits de l'Homme ont une incarnation, même culturelle … On l'a encore vu ces derniers jours, ne serait-ce qu'à travers le comportement constant, réitéré du pape François et d'Ursula von der Leyen.

Lui, Argentin d'origine italienne, jésuite qui s'adresse au monde entier, y compris à la Mongolie, pays enclavé entre deux mastodontes, la Russie et la Chine. Elle, présidente (Allemande) de la Commission de l'Union Européenne, soit 27 États membres, dont l'anglais n'est plus l'une des langues depuis le Brexit.

François ne s'exprime qu'en italien, hérité, comme le français, l'espagnol, le portugais … du latin. Une langue limitée à la Botte. Mais il est entendu, sinon compris dans le monde entier. Nul ne le lui reproche. Heureusement d'ailleurs. Il aurait pu choisir l'espagnol, sa langue d'origine ou le français qu'il maîtrise parfaitement comme le roi Charles III ou sa mère Elizabeth II. Mieux, il aurait pu choisir à des fins prosélytes l'anglo-américain que l'impérialisme politico-commercial mondial nous impose (à commencer par les fils de pub français). Question de caractère ou … de religion ! Jésus, le crucifié, lui, ne parlait qu'en araméen et non en latin, la langue de l'empire romain occupant. Et il a transmis les clefs avant sa mort à Pierre, premier pape, juif aussi, modeste pêcheur qui ne connaissait que sa langue locale. On connait la suite, universellement connue. Qui l'a emporté du puissant ou du faible ?

Tout autre est le fil conducteur, politique et intellectuel, d'Ursula von der Leyen. Allemande, elle aurait pu s'exprimer en allemand ou dans une autre langue des six pays fondateurs de l'Union. Mais, non, « Ursula », bien que maîtrisant elle aussi parfaitement la langue de Molière a fait le choix de l'anglais « urbi et orbi », l'idiome du pays dont le Général de Gaulle avait bloqué l'entrée dans la Communauté après qu'il ait tenté de torpiller le Marché Commun en créant une organisation concurrente : l'AELE (Association Européenne de Libre Échange).

Comprenne qui pourra ! qui plus est tous les documents de travail de l'Union sont désormais rédigés et exposés en anglais.

Dès lors, est-ce qu'Ursula von der Leyen a une audience plus large que celles du pape François ? L'un respectant les cultures, l'autre non. A chacun d'en juger.

Dans l'émiettement du monde actuel en démocraties, régimes dictatoriaux et pays qui refusent de s'aligner (Inde, Brésil …) derrière un camp, la langue, la culture ne comptent pas pour peu. Les BRICS refusent la domination américaine et recrutent même des pays dangereux comme l'Iran, l'Arabie saoudite … pour ne pas être sous l'influence, sous l'emprise d'une culture décadente où les armes, la violence, la drogue, les mœurs apparaissent comme dominantes.

S'il est hors de question de leur donner raison. Au moins peut-on les comprendre. Ne serait-ce qu'en leur montrant que l'Europe, elle, est riche de son pluralisme. A commencer par celui de ses langues. Non pour construire une Armée : ce n'est pas son fondement dans les années 50. Mais pour rassembler, dans le pluralisme, comme le voulaient ses pères.

Dès lors, Ursula von der Leyen devrait aller à Canosa à son tour pour écouter le pape partisan du respect mutuel. Son pays natal, l'Argentine en sait quelque chose, lui pour lequel NDH, de 1978 à 1984, a lutté pendant 320 semaines de manifestations contre les généraux soutenus par les Américains. A ce moment-là, François Mitterrand comme Jacques Delors étaient parmi nous. L'Europe avait une voix, celle de l'espoir.

« Prions » (sans la Vatican) pour qu'elle ne soit pas réélue l'année prochaine …

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 18 septembre 2023

Immigrations

Après Lampedusa le mot « immigration » est sur toutes les lèvres, imprimé dans tous les journaux, démontré sur toutes les chaînes de télévision, soit pour alarmer soit pour s'en faire l'avocat. Nul n'y est indifférent qu'on la combatte ou que l'on s'en félicite.

On notera tout d'abord que la ligne de clivage n'est pas nette. Surtout « à droite » où la droite « nationale », au nom du maintien des valeurs traditionnelles s'oppose à la droite « patronale » qui y voit une main d'œuvre taillable et corvéable à merci ; une façon de peser sur le salaires des travailleurs. L'argent au-dessus des valeurs …

D'où une ambiguïté égale de la gauche, favorable humainement, philosophiquement à l'immigration quitte à se retrouver côte à côte avec son adversaire « de classe » : le patronat « exploiteur ».

Si l'on ajoute à cet imbroglio le poids moral des religions, dont l'Église catholique qui pèse de tout son poids avec le pape François et les associations caritatives, toutes favorables à la générosité maximale, le nœud gordien se resserre encore un peu plus.

En définitive, seuls les extrêmes sont clairs : pour l'extrême droite, toute immigration est condamnable quand l'extrême gauche, au contraire en appelle à une opération « portes ouvertes » en permanence. Pour cette dernière, la nation, ses valeurs n'existent pas (ou ne devraient plus exister) grâce au wokisme.

L'immigration cependant n'est pas de même nature, selon qu'elle est par un choix libre, et librement acceptée par le pays d'accueil, comme ce fut le cas en France depuis toujours (Russes, Polonais, Espagnols, Italiens, Portugais …) ou imposée par une vague submersive incontrôlée qui se déguise trop souvent, abusivement, en demande d'asile politique. Car là est bien le problème : le respect des lois dont la République s'est dotée pour être solidaire des combattants de la liberté à travers le monde.

Dans quelle catégorie compter ceux (plus que celles) qui traversent la Méditerranée ou la Manche dans des embarcations de fortune ? Certainement pas parmi les réfugiés politiques car nombre d'entre eux viennent de pays qui, sans être des démocraties ne sont cependant pas des dictatures. Ce ne sont pas les républicains espagnols qui se sont battus contre le franquisme ou les Roumains fuyant le régime de Ceausescu, voire les Khmers ou les Vietnamiens menacés de génocide après les Arméniens …

En clair, ils forcent la main des pays européens en se dispensant de toute demande régulière de visa, façon Louis XV. « C'est légal parce que je le veux ». Idem d'ailleurs à New York où le maire, afro-américain ne peut plus administrer correctement la « grosse pomme » et tire la sonnette d'alarme.

« Une fois que les barrières sont franchies, il n'y a plus de limites ». Et cela, en même temps que nombre d'habitants des pays sub-sahariens dont ils proviennent, acclament les putschistes, manifestent en faveur des Russes (façon Poutine ou façon Wagner). Que veulent dès lors ces populations ? La liberté ? la démocratie ? ou un droit universel au logement, à la Sécurité sociale qui sont déjà précaires pour les peuples italiens, allemands, français contraints de leur faire place. « Le droit à » pas « le droit de » …

Égoïsme de ceux dont des générations ont construit une société humaine enviable ou excès de la part de ceux pour qui tout est « droits de l'Homme » sans même qu'ils se soient un instant battu « pour » par leur militantisme ou leur résistance ?

Bon courage aux parlementaires qui vont légiférer sur l'immigration. Sans sagacité de leur part, il y a un fort risque pour que les migrants soient à l'avenir chassés violemment comme en Tunisie ou en Libye où on les abandonne en plein désert sans eau ni vivres. In medio stat virtus. La vérité est au milieu.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 11 septembre 2023

Le cycle 1930-2030 touche-t-il à sa fin?

Depuis les origines, le monde fonctionne par cycles : thèse, anti thèse, synthèse et non, selon un trait continu. Toujours plus haut, vers un idéal souhaitable de paix, de liberté et de prospérité. Il faut en prendre acte, à l'échelle universelle. La pax romana ne s'est pas fondée sur la conversion des « barbares » (dont nos ancêtres les Gaulois) au Droit mais par la force ; pas plus que la Grèce démocratique des philosophes, englobée dans l'empire de Rome. Idem pour la Chine et le Japon, sociétés raffinées qui sont entrées, de gré ou de force, dans le monde nouveau en même temps que l'Afrique noire, plusieurs siècles après l'Amérique précolombienne.

Nul jugement de valeur en cela, sinon, tardivement, un constat. Est-ce à dire qu'il faut renoncer à toute action sur le monde en cours, à son orientation future ? Donc s'en remettre à un déterminisme mécanique, en dehors de toute raison sur lequel nous n'avons aucune prise ? Certainement pas, sauf à renoncer à nos libertés, qui sont le propre de l'Homme et sa différence avec l'animal.

Dès lors, on ne peut qu'observer une évolution depuis l'homme des cavernes jusqu'à l'Europe de la Renaissance ; de la France de Louis XIV à la IIIe République ; de l'irruption des États-Unis d'Amérique à l'Allemagne nazie ; de la Chine entourée par sa grande muraille à la Chine d'aujourd'hui partie à la conquête de la planète …

On multiplierait les exemples d'évolution orientée par une sorte de main invisible.

Notons, pour faire bref, qu'à l'époque de la Révolution française, malgré la proclamation des droits de l'Homme, la guerre demeurait encore légitime, ne serait-ce que pour combattre les monarchies ; la force au service du progrès politique, voire bien plus. Comme la « civilisation » romaine devant les peuplades illettrées … L'Histoire se répète, voire se contredit. Au moins pour un temps. Elle ne se domine pas facilement.

Au XIXe siècle, si loin et si proche de nous, dans une phase de « progrès » on ne combattit pas la guerre ; on tenta seulement de la « civiliser » par des traités sur sa «  réglementation », la création de la Croix rouge … En vain. La guerre devint même mondiale en 1914. Il fallait tout recommencer.

Nouvelle tentative de pacifier le monde, avec la Société de Nations, puis rechute en 1939, toujours à cause de fauteurs de trouble : Hitler et Staline.

Passons vite et venons-en au monde contemporain, après la fin de l'URSS. Un monde dominé économiquement, culturellement pour les Étatsuniens, ce que beaucoup ne supportent pas. Même les partisans de la paix, de la démocratie se divisent. La paix, oui, l'inféodation à un pays, à une culture, jamais. D'où la stabilisation mondiale actuelle (ou sa déstabilisation) !

Le monde est aujourd'hui, au moins provisoirement, divisé en deux, voire en trois … (sans compter les pleutres, dispersés en sous-groupes opportunistes).

D'un côté l'Occident, démocratique, sensé incarner le futur ; de l'autre l'univers «  poutinien » qui représente le passé violent, privé des libertés essentielles avec la Chine, la Corée du Nord, l'Iran … Entre les deux, des pays qui se cherchent et ne s'engagent pas.

Comme dans la décennie 1930, voici un siècle. Le Brésil, l'Inde, une grande partie de l'Afrique rejettent l'hégémonisme américain avec, pour conséquence, de ne pas soutenir l'Ukraine, voire la Géorgie, lâchement attaquées par le nouveau tsar. On peut le déplorer mais la « real politik » nous l'impose. Le bras de fer continue donc, qui se terminera naturellement, un jour prochain, par la victoire de l'un des blocs largement issus du siècle passé.

Gageons que ce sera celui de la démocratie après qu'ait été stigmatisé l'impérialisme culturel des États-Unis ; la juste revendication d'un tiers-monde idéologique. Et, pour positiver, l'ouverture, d'ici quelques années, d'un nouveau cycle fondé cette fois sur la reconnaissance du droit à la paix par l'ONU, à charge dans le siècle à venir de la mettre en œuvre.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 25 juillet 2023

La morale publique et le Droit

La morale traditionnelle, judéo-chrétienne ou celle de l'Éducation nationale, laïque, qui la reprenait mutatis mutandis, à l'exception de la référence à une théologie qui relève de la sphère privée semble s'être évanouie dans le fonctionnement des sociétés modernes. On en mesure de jour en jour les conséquences. Tout est possible tout est permis. Aucune barrière ne résiste à l'invasion des incitations à transgresser les règles qui avaient valu aux États modernes de progresser vers un monde plus idéal que l'ancien, démocratique sans être paradisiaque pour autant : violence, drogue, vol etc. étaient condamnés moralement et judiciairement malgré l'abolition de la peine de mort dont nul ne se plaindra. Dans le code Napoléon, le viol était un crime jusqu'à ce que les magistrats, progressivement, le « correctionalisent » au grand dam de notre amie Gisèle Halimi. Il n'y a donc pas que les voyous qui baissent la garde contre la paix … Le phénomène est général. Le dire vous renvoie immédiatement par la gauche et surtout par la pseudo extrême gauche, détentrice auto-proclamée de toutes les vertus comme étant d'extrême droite. Pauvre politique politicienne, indigente, et qui n'a que ce qu'elle mérite, son super héros en tête …

Mais soyons réalistes, acceptons cette régression culturelle sur fondement d'américanisme wokiste sans pour autant se jeter dans les bras de la sphère « russo-poutinienne » qui réprime à souhait cette décadence « occidentale ».

On ne supprime que ce que l'on remplace. Par quoi va-t-on remplacer la morale ancestrale si l'on ne veut pas que le nihilisme actuel qui conteste l'éducation officielle, minimise les ravages de la drogue, banalise les crimes … devienne la règle consensuelle à l'avenir ?

Autrefois, au XXe siècle, c'est le fascisme qui aurait pris le relais. Or, d'expérience, nous en sommes vaccinés. Donc foin de l'extrême droite musclée qui la réunit mentalement avec l'extrême gauche dans le culte anti-démocratique de la force violente.

Pour nous, porteurs depuis un demi-siècle de l'idée que le Droit, que les droits de l'Homme en particulier ne se sont pas arrêtés, figés, en 1789 ou 1948, notre philosophie repose sur l'approfondissement du Droit et des devoirs. La morale, souvent dite «  bourgeoise » a échoué, qu'elle soit religieuse ou laïque ? Qu'on la remplace par le Droit et la philosophie du Droit, à savoir la Raison dont le culte était dûment célébré en 1789. Que n'a-t-on appliqué la motion votée alors par l'Assemblée nationale sur proposition du député Mougins de Roquefort laquelle demandait de poursuivre l'œuvre qu'ils avaient commencée …

Le Droit, démocratiquement élaboré, adapté à l'évolution, régulerait mieux les sociétés selon les normes humaines sinon humanistes. D'autant que les peuples ont déjà une expérience en la matière. Le Droit, rudimentaire dans les sociétés antiques est devenu la règle suprême des démocraties libérales. En matière de violence criminelle notamment, voire pour la guerre qui a été « encadrée » par des conventions à défaut d'être abolie , réalisme oblige. Bref, le Droit est un progrès ; la nouvelle norme à promouvoir par «  pragmatisme » jusqu'à, c'est notre « combat », la reconnaissance du droit à la paix  (intérieure comme internationale) sans s'en remettre uniquement aux seuls magistrats comme voulait nous l'imposer en son temps Simone Veil en contournant alors les assemblées élues par le peuple. Il n'y a rien de naïf en cela comme le prônaient Jaurès et Clausewitz, tous deux partisans d'une Armée défensive forte.

Restera alors un autre problème qui en est la conséquence : avoir une Éducation nationale totalement réformée, qui enseignera pendant toutes les années scolaires, selon un programme clair ce qu'est le Droit, sa « Raison » d'être alors que maintenant encore le Droit n'est enseigné qu'après le baccalauréat. Et encore à condition de se destiner à une profession qui l'exige – avocat, notaire, commerçant …

Le Droit et son enseignement serait alors une révolution philosophique ; le fondement d'une nouvelle société. Jusqu'à présent il a été un facteur de progrès. Il doit désormais être la norme universelle applicable aussi bien à Poutine qu'à l'imbécile mineur qui brûle l'école du quartier où il n'a rien voulu apprendre.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 18 juillet 2023

Pierre de Coubertin au Panthéon 

(ou l'ingratitude française)

Le nom de Pierre de Coubertin, Français né à Paris en 1863 va être rappelé à l'occasion des Jeux Olympiques de 2024, dans la ville même où il est né. Ce sera un évènement mondial, regardé sur toute la planète. La langue française, que le rénovateur des dits Jeux Olympiques, ancien élève de l'École libre des Sciences politiques, créée, elle-même, pour relever la France après la défaite de 1870, a imposée sera un outil de communication rare à l'époque où l'Union Européenne continue, Madame Van der Leyen, allemande en tête, à ne s'exprimer qu'en anglais malgré le Brexit.

Malgré tout, nul ne songe à transférer, à cette occasion unique, le corps de Pierre de Coubertin au Panthéon. Aucune suggestion auprès des instances nationales, à commencer par le Président de la République, Emmanuel Macron, n'a donné de réponse, positive ou négative. Pierre de Coubertin ? On s'en fout ! Et l'on s'étonnera ensuite que les pillards, les casseurs, les agresseurs, les revendeurs de drogue aient pignon sur rue, sans la moindre condamnation, ne serait-ce que verbale, d'une pseudo-gauche qui n'a que mépris pour les valeurs de la démocratie, du mérite.

Silence, pas même gêné, de la part des sportifs en tous genres. Au contraire, Kylian Mbappé déplore la mort du « petit ange » (sic) qui a été arrêté par la police lors d'une course poursuite où l'auteur n'avait pas le droit de conduire, brûlait les feux tricolores, après avoir menacé la vie des dizaines de passants.

Désormais, les valeurs sont inversées et les médias qui pointent ces dysfonctionnements sont qualifiés « d'extrême droite ». Rien de moins …

Pourtant, que l'on sache, les sportifs ou leurs représentants ne sont pas légion au Panthéon. De même qu'autrefois ils étaient rares, comme les artistes parmi les titulaires de la Légion d'honneur. On pourrait donc y songer. Étonnant, non ? quand le sport occupe tant de place dans les médias. Non pas pour faire entrer ce cher Poulidor au Panthéon ; au moins pour reconnaître les mérites exceptionnels, en tant que citoyen du monde, de Pierre de Coubertin. Les cinq anneaux olympiques ne sont-ils pas la représentation fraternelle des cinq continents ? La victoire de Jesse Owens, aux Jeux Olympiques de 1936, à Berlin n'a-t-elle pas provoqué l'ire d'Adolf Hitler ?

Alors qu'imputer comme faute, réelle ou supposée à de Coubertin, le véritable Seigneur des anneaux ? Avoir été « collabo » ? Il est mort en 1937 ! Donc exit toute suspicion à l'encontre du fondateur (en 1894) du Comité International Olympique et de la Charte Olympique. Il faudra trouver un autre alibi à cette carence qui est une honte pour la France.

Certains se sont battus pour que Gisèle Halimi, notre amie, entre au Panthéon après Joséphine Baker. Ils avaient raison. Mais « notre » Gisèle, militante hors pair, qui nous avait tant aidé durant nos 320 semaines de lutte contre la dictature argentine (1978-1984) n'en demandait pas tant. En revanche, de Coubertin a créé une œuvre mondialement reconnue de Washington à Pékin, de Moscou à Berlin, d'Alger à Pretoria … Nul n'envisagerait de boycotter cette magnifique création de nos pères culturels grecs en 776 avant Jésus-Christ. Car l'important, disait cet « aristocrate » au sens premier du terme n'est pas de vaincre mais de participer : « Citius, Altius, Fortius » (plus vite, plus haut, plus fort) telle est la devise olympique.

L'entrée solennelle de Coubertin au Panthéon à l'ouverture des J.O de 2024 à Paris ne serait pas un spectacle de plus mais une reconnaissance de ses valeurs. Sinon donnons-lui au moins une médaille d'or d'honneur posthume. Une médaille d'argent ou de bronze serait insuffisant.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 11 juillet 2023

El pueblo unido, jamas sera vencido

Le peuple uni ne sera jamais vaincu. C'est ce que nos amis latino-américains : Argentins, Chiliens, Uruguayens … chantaient avec nous dans les années 70-80 lorsque refugiés en France nous manifestions notre solidarité contre les juntes appuyées par les États-Unis, peu enclins alors à la démocratie. Les célèbres Quilapayuns, chiliens venaient même se joindre à nous, guitares à la main, pendant nos 320 semaines de manifestations, chaque jeudi devant l'ambassade d'Argentine. Et les odieuses dictatures sont tombées …

Maintenant, ce sont ces amis rentrés dans leur pays qui nous appellent. Qui de Buenos Aires ; qui de Santiago du Chili. « Hermano, qué pasa en Francia ? »

Naturellement, tous ont vu à la télévision mondialisée les scènes d'émeutes, les pillages, la destruction d'écoles, de mairies aux « quatre coins » de l'Hexagone. Ils ont vu les forces de l'ordre républicaines attaquées par des voyous, mineurs très souvent, puis accusées en outre de violence, y compris par une « gauche » française dévoyée qui soutient aujourd'hui encore les dictatures du Venezuela, du Nicaragua et, sempiternellement, de Cuba.

Avec un peu de honte, il nous faut avouer à nos frères et sœurs du bout du monde que la France, notre France, « leur » France n'est plus ce qu'elle était. Mais qu'elle rebondira, forcément bientôt, quels que soient les jeux politiciens pervers qui empêchent les élus nationaux de se rassembler quand les élus locaux, eux, sont agressés par des bandes qui n'ont aucun respect pour le Droit, la démocratie.

Il est vrai, confessons-le, que l'autorité parentale ou politique n'est plus qu'un souvenir ; que le « wokisme » cette importation d'outre Atlantique fait des ravages. Le communautarisme gagne du terrain. Tout ne serait que racisme dans la patrie des droits de l'Homme parce qu'un jeune – après beaucoup d'autres – ne respecte aucune règle. Il est « la victime ». En aucun cas ce ne saurait être les commerçants, les gardiens de la paix qui défendent le bien commun ! La France, où nul n'est obligé de demeurer – la porte est grand'ouverte – est d'abord un choix ; un choix libre.

On connait l'antienne : les gouvernants n'ont pas déversé assez de milliards d'€uros pour rénover les banlieues. Le plan Borloo, inappliqué, en serait cause. Il fallait continuer à remplir un panier percé alors que les Français sont déjà les plus surtaxés au monde.

Pour nous, citoyens actifs depuis tant d'années la cause est ailleurs. Elle est d'abord et avant tout dans la disparition des valeurs morales et intellectuelles que diffusaient à moindre coût les religions d'abord (judéo-chrétienne) et l'École républicaine, avec un ancrage solide des droits, de la démocratie, au premier rang desquels était la laïcité. D'où notre insistance, depuis des décennies pour que le Droit soit enseigné dès le secondaire et non pas, comme depuis toujours, après le baccalauréat et à condition encore, de plus, de le choisir pour faire carrière. Le respect du Droit est le fondement du fonctionnement régulier d'un pays. Et cela vaut en interne comme à l'international. Mais qui aura l'audace d'une telle réforme de fond ? Qui, de droite comme de gauche, imposera ce b-a-ba dans son programme électoral ? Comme le maréchal de Soubise, même avec une lanterne, on ne trouvera pas les milliers de partisans prêts à se soulever pour aboutir à une solution pacifique et durable. A commencer par le parti socialiste qui est parti. On ne sait où …

Dès lors une guerre civile peut surgir à tout moment, après un simple incident. Les extrêmes de droite comme de gauche en rêvent car elles ne connaissent que le rapport de force ; non la raison des urnes. « Venez à nous orages désirés » écrivait le poète. Est-ce une raison pour en passer par là ?

Les fêtes nationales, la coupe du monde de rugby, les Jeux Olympiques seront un bon prétexte pour jauger la résistance de la France. « El pueblo unido jamas sera vencido ». Bis repetita. Car ce ne sont pas les forces de progrès qui sont à la manœuvre mais les forces les plus obscurantistes.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 3 juillet 2023

Anarchie contre ordre républicain

Des « jeunes » de moins de 20 ans ont décidé de suivre l'exemple des blacks blocs durant les manifestations contre la retraite à 64 ans et comme une partie des gilets jaunes qui avaient attaqué l'Arc de Triomphe pour le vandaliser. On s'arrête là car la «  cause », dans tous les cas de figures est sans précisions, sans négociations. On casse pour casser afin de paraître à défaut d'exister.

Pour mémoire « d'avenir », rappelons les faits car dans 20 ans quand cette génération de casseurs pourra accéder aux commandes de la France, il faudra justifier, avant, ces écoles brûlées, ces mairies (et les maires attaqués physiquement), ces dizaines d'autobus réduits en cendres etc., ces pompiers et ces « gardiens de la paix » agressés quand ce ne sont pas des médecins …

C'est le retour à l'état sauvage par ceux que Jean-Pierre Chevènement appelait déjà les « sauvageons » pour lesquels il avait instauré une police de proximité.

Tout cela pourquoi ? Pour un jeune délinquant récidiviste qui a été mortellement blessé par un policier qui tentait d'arrêter sa énième fuite alors qu'il conduisait à l'âge de 17 ans sans permis.

Certes, on doit regretter sa mort, comme toute mort. Mais peut-être peut-elle s'expliquer aussi par son démarrage intempestif alors qu'il était visé aux jambes, ce qui a dévié le tir. La Justice, après expertise, tranchera.

En tout état de cause, rien ne justifie les pillages, les saccages de commerces ; la destruction de services publics, les menaces de mort … Bref l'anarchie la plus ignoble qui prive les plus modestes de la satisfaction de leurs besoins les plus légitimes, comme des moyens de transports coûteux.

Mais où et qui en est la cause ? On notera déjà qu'une fois encore les auteurs de cette barbarie ne sont quasiment jamais des femmes. En second lieu qu'il s'agit d'hommes jeunes incapables de s'exprimer à travers un parti politique, un syndicat ou une association. Cela restreint donc le cercle des délinquants qui ne connaissent que la loi de la jungle, la sauvagerie primitive.

Travailler pour gagner leur vie ? Ils n'y pensent pas. Pas plus qu'ils n'ont songé à étudier, suivre une formation quand des dizaines d'entreprises peinent à recruter : Airbus, EDF, la restauration … Non, leur but est « tout, tout de suite » : argent, pouvoir, domination des femmes, voitures de luxe etc.

Or si l'on n'étudie pas, si l'on ne travaille pas ne reste alors qu'un moyen : le commerce de la drogue qui s'est répandu à la vitesse V tant dans les grandes agglomérations que dans les villes moyennes. Les résidents des cités n'en peuvent plus de passer sous leurs fourches caudines.

Un enseignant le racontait. Il a interrogé une classe pour savoir à quoi ils se destinaient plus tard. Tous ont répondu « footballeur » ce qui en dit long sur le mental, même si c'est mieux que d'être revendeur de drogue et plus avouable.

D'où vient une telle dérive systémique ? Probablement de l'Éducation nationale et des parents qu'il faudrait eux-mêmes éduquer. Depuis des années, NDH a proposé que le Droit (et les droits de l'Homme en particulier) soient enseignés tout au long du parcours scolaire. Cela aurait le mérite de remplacer les leçons de morale d'autrefois, discréditées, qu'elle soit religieuse ou laïque. Cela structurerait intellectuellement des cerveaux sans repères. Cela serait un minimum de philosophie rationnelle. En quelque sorte, résumer ce qu'a été l'histoire des humains depuis l'âge de pierre, violent par nature, jusqu'à la naissance du Droit et son évolution vers une société civilisée.

Hélas, on n'en prend pas la direction. La paix à venir passe d'abord par la répression, à condition que les magistrats ne défassent pas derrière ce que les forces de l'ordre ont fait pour arrêter les exactions. A condition aussi que les politiques se montrent enfin à la hauteur de l'enjeu pour leur pays et mettent hors-jeu la bande à Mélenchon qui s'ingénie à souffler sur les braises au seul profit de l'extrême droite qui, encore dans l'affaire dite «  Nohel », jubile en pointant du doigt l'immigration massive. Tiens donc … même s'il est vrai que les fortes immigrations passées : polonaises, portugaises, italiennes, espagnoles etc. n'ont jamais fait problème. Et que seule la dernière est mise en cause. Mais alors, ce n'est l'immigration qui est un problème. Ce serait peut-être plutôt « la culture », les nouveaux venus provenant de pays qui ignorent non seulement la démocratie, les libertés, l'égalité (femmes-hommes) avec la laïcité comme pierre angulaire.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 26 juin 2023

Vive l'Algérie des oligarques galonnés !

L'Algérie continue sa dérive … « Toujours plus outre ». Jusqu'où ira-t-elle avant de revenir à son point de départ ? Certes, la France - et surtout les Français nés en Algérie sont les premiers concernés puisqu'ils ont été spoliés, exilés sans chance de pouvoir revenir sur leur terre d'origine - ce qui n'est pas le cas, ni en Tunisie ni au Maroc. Mais la limite est atteinte. Les responsables français doivent cesser de courber l'échine, le président Macron le premier. Car il ne s'agit que d'une spéculation. Les apparatchiks font monter les enchères. Un peu de dignité !

L'Allemagne a fait trois guerres à la France (« 1870 », 1914, 1940) et pourtant le chef de la France libre a signé un traité d'amitié en 1963, à l'Élysée avec le chancelier Conrad Adenauer, moins de 20 ans après la fin du Reich.

Pour l'Algérie, plus de 60 années après l'indépendance, qui a vu fuir un million de pieds-noirs modestes et massacrer des milliers, voire des centaines de milliers de harkis, loyaux, autant que méprisés de part et d'autre, la gouvernance de l'Algérie n'a pas bougé d'un iota. Les militaires se succèdent au pouvoir pour profiter de la rente mémorielle. L'Algérie, à la différence des autres pays du Maghreb est le seul pays à cultiver la haine, la rancœur, à rejeter le tourisme innocent quand la Tunisie et le Maroc en font leur manne, sans être des démocraties laïques pour autant. Question d'intelligence, de rationalité …

Chaque fois que la France (de Giscard d'Estaing à Macron en passant par Chirac, Hollande) a tendu la main, ce n'a été que rebuffades, voire humiliations pour leur pays. D'où l'annulation de tous les voyages officiels des dirigeants algériens en France, y compris le dernier en date, celui du président Tebboune. Un seul, le président Boudiaf, dirigeant du FLN longtemps exilé au Maroc s'est montré capable de dépasser les rancœurs : il a été assassiné ! C'est dire…

Les actes de revanche se multiplient à qui mieux mieux. L'Algérie a commencé par faire venir des enseignants arabisants d'Égypte ; aujourd'hui l'enseignement de l'anglais est passé devant le français pour obtenir des analphabètes trilingues. Mais alors, que vont devenir ces centaines de milliers d'Algériens installés en France lorsqu'ils vont revenir en Algérie ne parlant pas arabe, lorsqu'ils vont retourner au « bled », à l'occasion des vacances ou de leurs affaires commerciales ?

Qu'importe aux militaires sortis de la pouponnière du FLN qui, depuis 1962, accaparent la rente pétrolière du pays au détriment de la population laquelle survit dans la pauvreté. Le « hirak », cette manifestation populaire, régulière contre Bouteflika a fait long feu. Elle ne renaîtra pas probablement. Car l'Algérie est « poutinisée » à l'extrême. La preuve, son président se rend à Moscou en grandes pompes, mais pas en France. On a le modèle que l'on peut et que l'on veut. Inutile aux responsables français de faire des contorsions pour une réconciliation historique. C'est perdu d'avance…

Dernier avatar : la réintroduction dans l'hymne national algérien d'un couplet contre la France « qui devra payer ». Sera-t-il chanté lors des matchs de football entre l'équipe de France et l'équipe d'Algérie ? Zidane, au secours !

Nous avons pu le constater, nous qui avons été les amis de Ahmed Ben Bella, premier président de l'Algérie indépendante ; d'Hocine Aït Ahmed, membre de NDH après avoir été emprisonné pour l'indépendance ; de Mademoiselle Nafissa Sid Cara, ministre du gouvernement de Gaulle en 1958, voire du capitaine Khelifi officier de l'Armée française qui sauva en 1962 des centaines d'Européens du massacre à Oran après l'indépendance en 1962. L'histoire de l'Algérie a été occultée. L'Algérie n'aurait connu qu'un seul colonisateur : la France. On oublie - et la presse française en particulier, cette « grande muette » après l'Armée - que l'Algérie était d'abord romanisée (cf. saint Augustin) puis colonisée par les Arabes avant les Turcs. Mais de ces colonisations, qui ont imposé une religion - ce que n'a pas fait la France sur ordre de Napoléon III - ne seraient pas des colonisations. Nul ne doit en parler comme tel puisqu'elles étaient de « bonnes colonisations », parce que « musulmanes ».

Seule notre amie Gisèle Halimi, d'origine juive tunisienne, a osé consacrer un ouvrage à la « Kahina », cette Jeanne d'Arc berbère, qui, bien que femme, a osé les armes à la main, s'opposer à la colonisation arabe (dont on connait le sort réservé aux femmes puisque, même de nos jours, la polygamie est légale en Algérie).

Et que dire de l'Emir Abd El Kader, premier résistant à la conquête française, en 1830, exilé dans un château de la Loire avant de gagner le Proche-Orient où il assura la protection des chrétiens massacrés – une vielle coutume. L'Algérie lui édifie actuellement une statue monumentale ; la plus haute du monde parait-il. Probablement pour célébrer son esprit de tolérance et oublier le sectarisme des dirigeants actuels inféodés à Poutine et à son modèle oligarchique, dans lequel, comme à Moscou, on emprisonne à tour de bras les journalistes. Mais peut-être les galonnés de salon ont-ils, en se jetant dans les bras de Moscou, oublié l'aide que leur avait apportée les Américains contre la France pour l'indépendance de leur pays.

Qu'importe au final, il faut cesser jusqu'à la fin d'un moratoire de dix ans, de tendre une main sur laquelle les exploiteurs, pire que les colonisateurs, crachent avec jubilation.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 12 juin 2023

Résistance

L'actualité française comme internationale est tragique pour tous les partisans de la paix et de la liberté. C'est, chroniquement la tragédie ukrainienne, du seul fait d'un homme sans scrupule. C'est aussi l'attaque soudaine d'enfants innocents par un individu refugié soi-disant « politique » originaire de Syrie qui a erré de Turquie en Suède puis de Suède en Suisse et en Italie avant de présenter sa demande en France où elle a été rejetée.

Ce fait, que certains qualifient de « fait divers », pose cependant de graves questions purement politiques. Surtout en France où la loi sur l'émigration doit être pour la énième fois révisée. Avec un tel évènement, un boulevard est ouvert à la droite extrême, qui ne cesse d'avancer, pour exiger un durcissement des conditions d'admission sur le territoire. La gauche laxiste devrait y réfléchir, sans démagogie, car le problème est bien plus grave, beaucoup plus inquiétant que la réforme de l'âge de la retraite. Et si les foules descendent encore dans la rue, ce ne sera pas, cette fois, pour appuyer des partis en dehors des réalités.

Sans caresser la bête dans le sens du poil, il faut convenir qu'une réforme d'ampleur s'impose tant les textes en vigueur ont été détournés. L'asile politique notamment n'a plus rien à voir avec son fondement historique tel qu'il a été défini par la Déclaration des droits de l'Homme en 1789. Quant à l'émigration « ordinaire », si elle a été bien acceptée pendant des décennies lorsque des Portugais, des Espagnols, des Polonais, des Russes… choisissaient la France, c'est d'abord pour des raisons culturelles. Elle était même « une chance pour la France » selon le titre du livre culte de notre ami Bernard Stasi, vice-président de NDH.

La question est donc celle de l'intégration, de l'assimilation. Ainsi, aujourd'hui, entendez-vous contester l'émigration d'origine asiatique ? Jamais bien que ces migrants viennent de pays qui ne connaissent pas la démocratie, avec une culture non européenne. Malgré leur nombre, ils n'occupent pas la rubrique des faits divers, ne cherchent pas à se distinguer par leur habillement, une nourriture faite d'interdits (bien que leur cuisine soit recherchée), des exigences particulières dans l'enseignement voire dans les organismes sociaux… Bref, ces centaines de milliers de personnes sont « laïques », non pas au sens politique du terme mais au sens pratique. Le seul qui vaille.

Face à ces problèmes récurrents dans les pays européens, un certain nombre de personnes se dressent contre l'importation de comportements incompatibles avec la démocratie. Sans drapeau politique politicien pour autant. Ce sont ces voyageurs américains qui, « courageusement », désarment un terroriste dans un train venant des Pays-Bas ; c'est le gendarme Arnaud Beltrame qui offre sa vie dans l'attaque d'un supermarché ; c'est un jeune homme dénommé « Henri », qui tente de neutraliser un «  réfugié » syrien à Annecy, à ses risques et périls afin de sauver de petits enfants attaqués à l'arme blanche… En clair, ce sont toujours des individualités qui agissent par conscience, d'instinct.

Et les politiciens dans tout cela ? Ils calculent le prix dans leur idéologie, soit xénophobe soit aveugle. Qu'est-ce qui paye le plus pour eux ? Là est la question avant la révision des règles nationales et européennes. Pure démagogie. En France, surtout chez les lepénistes et les mélenchonistes. Quant aux partis de gouvernement, comme les petits singes de Londres, on met sa main sur les yeux, la bouche, les oreilles…

Peut-être faudrait-il alors s'inspirer des « héros » évoqués ci-dessus et qui ont l'admiration des peuples de l'Europe entière. « Tous héros » ? Pourquoi pas ? Question d'éducation, nationale ou non. Ainsi, par exemple, on n'aurait plus peur de baptiser du nom de Samuel Patty certains lycées ou collèges ; de montrer du doigt celles qui prétendent imposer la « abaya » et se voilent, sans la moindre solidarité avec leurs sœurs iraniennes ou afghanes…

Pour l'heure, c'est encore « Courage, fuyons » !

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 5 juin 2023

Deux poids, deux mesures?

« Chassez le naturel, il revient au galop ». Les violences, la guerre, que l'on croyait quasiment disparues reviennent en force de manière inattendue quand tout portait à croire que la démocratie l'ayant emporté à la fin de l'URSS, une nouvelle ère s'ouvrait. Les droits de l'Homme pensait-on avaient une voie « royale » devant eux. A fortiori après avoir vaincu une pandémie inattendue et la surrection d'un dérèglement climatique qui est le grand défi du siècle à venir. L'humanité avait d'autres chats à fouetter.

Certes, la montée de l'islamisme terroriste avait commencé à bousculer l'ordre des choses avant d'être contenu, voire réduit d'un commun accord entre démocraties et régimes autoritaires. On pouvait donc rationnellement espérer la remise en route de la vie internationale sur les bases du statu quo ante. Or tel n'est pas le cas…

Pourquoi ? parce que les vieux démons anti-démocratiques d'avant-guerre ont resurgi, tant sur la gauche extrême que sur la droite extrême quand il ne s'agit pas d'une synthèse des deux, qui se retrouvent toujours dans les rapports de force, comme aux origines du monde. Un monde qui ne connaît pas le Droit, cette invention rationnelle de l'humanité.

Naturellement, il y a eu encore des guerres locales : coloniales, Vietnam, Afghanistan, Yougoslavie, Irak, etc. ; des coups d'État dans des pays en retard sur le reste du monde. Mais l'élément déclencheur, au niveau mondial, date de février 2022, lorsque Vladimir Poutine a décidé, en violation des règles internationales, d'envahir l'Ukraine, pays souverain. Malgré une condamnation quasi unanime, l'esprit « poutinien » a fait des ravages. Rien n'est désormais respectable et respecté. On le voit bien en France, pays des droits de l'Homme depuis 1789, où a été votée la Déclaration universelle en 1948 à l'instigation de René Cassin.

À l'Assemblée nationale, la soi-disant « France Insoumise » se comporte de manière sauvage, pratiquant l'injure et l'obstruction systématique tandis que dans le pays, d'autres encore, cassent, brûlent et attaquent les forces de maintien de l'ordre.

Sous prétexte de s'opposer au vote d'une loi sur les retraites qui harmonise l'âge de départ avec celui des voisins européens, d'aucuns bloquent les raffineries, coupent l'électricité dans les hôpitaux, promettent de mettre l'économie à l'arrêt. Le respect des règles de service public, qui appartient à la nation ? La gauche extrême, politique, syndicale n'en a cure. Il nous reste même un parti dont le sigle « PCF » est le même, avec les mêmes mots, que le parti de Staline, auteur du goulag, d'une famine en Ukraine, de l'invasion de la Hongrie et de la Tchécoslovaquie. Il en revendique donc l'héritage, au même titre que lui, « le parti des 100. 000 fusillés », avait son chef, Maurice Thorez, déserteur en URSS et un de ses secrétaires généraux, au travail chez Messerschmitt pour construire des avions contre les démocraties. La gauche démocratique, socialiste, au moins peut-elle, elle, se revendiquer de Jaurès, Blum et Mitterrand. Son passé augure de son avenir.

Mais idem, direz-vous, sur l'autre bord de l'échiquier, d'où une divergence affichée entre le Président de la République Emmanuel Macron et sa Première ministre Elisabeth Borne sur les « valeurs » de l'extrême droite française. Est-elle l'héritière de Pétain ou simplement un parti qui veut détruire nos valeurs et participer, selon l'expression, macronienne à la « décivilisation » ? À observer le parti lepéniste, qui joue les Raminagrobis, on dirait « ni l'un ni l'autre » … sauf que le rapport d'une commission parlementaire vient de révéler des liens, constants et étroits, entre la Russie de Poutine et le dit « Rassemblement National ». Donc une éternelle fascination pour la force, «  l'illibéralisme », cher à son rival d'extrême gauche. Qui se rassemble s'assemble … contre la primauté du Droit et des libertés « bourgeoises ». Dès lors, ne faisons pas deux poids, deux mesures entre ces deux pôles qui finissent par se ressembler.

« In media stat virtus » (la vertu est au milieu) disaient les anciens. Défendre nos droits et libertés n'est pas appartenir à un centre mou. Pour que n'advienne pas l'heure fatidique du choc entre les « neos fascistes », et les « neos communistes », c'est un devoir de parler.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 29 mai 2023

Les écolos à vau l'eau ... 

Comme on se sentait bien avec René Dumont, premier écologiste de France, au début des années 80, lorsqu'il venait se joindre à NDH, avenue Kléber, pour manifester contre la dictature argentine pendant 320 semaines. Nous n'étions pas d'accord avec lui sur le nucléaire - civil autant que militaire. Mais comme l'homme était sincère, droit, honnête. On l'aurait presque suivi les yeux fermés, derrière son chandail rouge.

Tel n'est plus le cas aujourd'hui où les Verts ont totalement disjoncté, notamment depuis les dernières élections municipales quand les électeurs en ont élu plus d'un par défaut. Expérience totalement négative à ne pas renouveler. Le maire de Bordeaux, dans sa bulle écolo veut interdire les sapins de Noël ; Éric Piolle, à Grenoble, après avoir accepté le burkini islamique dans les piscines municipales veut supprimer les jours de fêtes chrétiennes (l'un et l'autre liés) Le maire de Lyon, lui veut interdire le Tour de France. Sans oublier la meilleure, Sandrine Rousseau, élue députée qui, comme Piolle, cherche par tous les moyens à faire parler d'elle, en affichant son mari « déconstruit » comme un modèle de société future.

Où est l'écologie, la défense de l'environnement dans toutes ces balivernes ? On les chercherait en vain. Les champs de bataille pour écolos sincères et non politiciens de la pire espèce, ne manquent pourtant pas.

Quelques exemples, sujets non exhaustifs ? La drogue qui ravage les quartiers de grandes et petites villes, avec son cortège de règlements de compte et d'accidents automobiles mortels. Ce n'est pas une atteinte à la nature pour ces chers Tartuffe.

Les abus téléphoniques commerciaux, non plus, ne sont pas des motifs à ferrailler contre une pollution des honnêtes citoyens. Pas assez concret pour des magouilleurs qui ne cherchent que des postes d'élus derrière une étiquette incontestable : nous sommes les Verts, les écolos patentés. Ainsi aussi, aucun combat pour le pluralisme culturel, la défense des langues régionales ou nationales.

Il y a mieux encore : s'attaquer à certaines œuvres d'art dans les musées sous n'importe quel prétexte. Car les Verts, version moderne, détiennent le monopole de la Vertu avec un grand V. Comme le Parti communiste français prétend être le paragon des idées de gauche, en conservant un titre qui a soutenu en son temps Staline, les procès de Prague et de Moscou, l'agression de la Hongrie et de la Tchécoslovaquie, l'échec économique de son « socialisme », etc. Quels sont les journalistes qui les interpellent sur ces faits historiques que le PCF a totalement, totalitairement, cautionnés jusqu'à en garder l'étiquette en héritage.

D'où la mise à l'écart regrettable du Parti socialiste français qui, en s'alliant avec ces partis sans foi ni loi, a régressé jusqu'à quasiment disparaître en même temps que ses homologues portugais, espagnol, danois connaissent, eux, un succès constant en pratiquant une politique claire, positive à l'instar du parti d'Épinay.

La faute à « Macron » ! Mais pourquoi alors le gros des troupes et cadres socialistes est-il passé de côté de l'actuel président de la République et ont refusé de suivre les têtes de liste qui furent un certain Benoît Hamon (en 2017) ou Anne Hidalgo (2022) ? Tous des « traîtres » sans doute… Seuls les vertueux, détenteurs du bois de « la vraie croix » socialiste sont restés, tous unis – pardon, tous divisés - derrière le charismatique Olivier Faure. C'est bien connu, la politique keynésienne (du « quoi qu'il en coûte ») que l'actuel chef de l'État a pratiqué pendant la crise sanitaire, évitant une nouvelle crise de 29, est une politique « libérale » … Défense de rire. « Macron », c'est la droite. Au fait, où est la gauche ? Voyez encore, tous unis derrière Mélenchon, face à la violence qui gagne ce pays autrefois serein comment on découvre que ce ne sont jamais les casseurs qui attaquent les « flics » mais bien les forces de l'ordre, « ces pelés, ces galeux » (La Fontaine) qui agressent les casseurs – comme, selon ses amis russes, ce sont les Ukrainiens qui ont attaqué la Russie, et non l'inverse. Il suffisait d'y penser.

Mais qui s'en étonnera ? La gauche « canal historique » n'a-t-elle pas condamné en son temps les caméras de surveillance pour contrôler la délinquance, les polices municipales pour mieux s'y rallier plus tard massivement en silence ? Idem pour l'usage des drones que vient d'approuver le Conseil d'État. L'honnêteté intellectuelle n'est pas qu'un concept universitaire. Elle est également à la base de la vie civique : hier, aujourd'hui, demain.

Et si la gauche jauressienne, stalinienne, pseudo écolo reprenait avec ardeur le combat pour la restauration de l'impôt sur la fortune qu'a supprimé Emmanuel Macron, son

« pêché originel » ? Ce serait sans doute plus porteur, plus juste que le combat d'arrière-garde contre l'âge de la retraite qu'ont adopté tous les sociaux-démocrates européens.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 22 mai 2023

Homo et vir 

Le monde nage en pleine confusion ; une guerre nouvelle est en cours de développement entre hostiles à l'homosexualité et propagandistes sans retenue.

Quand on est partisan de la liberté, on ne saurait pourchasser celles et ceux qui se revendiquent de cette catégorie qui n'est pas forcément la plus « naturelle », qui soit selon les règles de la nature depuis les origines. Pourtant, ce fut le cas des siècles et des millénaires durant, y compris par la destruction de Sodome et Gomorrhe, selon l'ancien Testament de la Bible. L'instauration de la République ne changea en rien d'optique et réprima jusqu'à il y a peu (1982) l'homosexualité.

Dans le même temps, en parallèle, nombre d'artistes se gaussaient des hommes et des femmes dont le choix sexuel n'était pas conforme à leur nature physique. De Brassens à Coluche, en passant par Poiret et Serrault (La cage aux folles) ou Guy Bedos (carton rose). Aucun d'entre eux n'était pourtant réactionnaire. Il est donc ridicule de n'accuser que la droite conservatrice d'être hostile à ce dépassement des genres. D'autant que nombre de personnalités des milieux littéraires, artistiques… clairement réactionnaires, affichaient sans se dissimuler leurs penchants.

Il y a aussi, plus ou moins perçu, l'ambiguïté sur les mots. Homo vient du latin et désigne l'humain homme et femme confondus. En rien, comme aujourd'hui les homosexuels. Il s'agit là d'un accaparement, d'un abus de langage, d'un expansionnisme injustifié. Comme on le voit déjà chez les anglophones qui ont transformé les droits de l'Homme (mâle et femelle) en « droits humains ». Comme si c'était les droits qui étaient « humains » et ne concernaient pas la femme alors que celle-ci appartient, qui en douterait ? au genre humain (du latin homo) à l'opposé de « vir » en latin qui se traduit par l'homme mâle et qui a donné viril, virago, etc.

Si l'expression historique « droits de l'Homme » ne concernait que les mâles et justifiait l'emploi de « droits humains », il ne faudrait plus, dès lors, employer l'expression « droit des animaux » mais plutôt « droits animaux ». Or ce n'a jamais été les droits qui étaient humains ou animaux mais les droits d'une catégorie d'être vivants.

On est donc en pleine ambiguïté à seule fin d'exorciser un passé, forcément condamnable (comme l'est aujourd'hui la colonisation), mais l'Histoire reste l'Histoire. Inutile, si l'on ose dire de la « travestir ».

Certes, les malins ressortiront la courageuse Olympe de Gouges et sa « déclaration des droits de la femme » qui proclamait justement que « si la femme a droit de monter à l'échafaud, elle a le droit de monter à la tribune ».

À ce compte, il faudrait demander la dissolution de la Ligue des droits de l'Homme (qui n'était d'ailleurs pas la première, contrairement à ce que disent certains commentateurs incultes) puisqu'il existait, dès la Révolution une Société des droits de l'Homme (une association bien avant la loi de 1901).

En fait, aujourd'hui, le mot « homo », d'origine latine, est devenu un instrument de propagande aux fins de faire croire, malgré la loi sur le mariage pour tous, que les «  homosexuels , bi, trans » sont toujours discriminés. Et bien entendu, chacun est invité (ce qui, serait soi-disant une preuve de courage) à faire son « coming out ». Ne serait-ce que pour imiter, en parfait colonisé culturel, les Américains, le « nec plus ultra » de l'intelligence.

Pourtant, ces mœurs, que l'on approuve ou non, étaient déjà largement répandues dans l'Antiquité gréco-latine. Qui n'a connu l'île de Lesbos, d'où est venu le mot « lesbienne », cette île qui est devenue aujourd'hui le lieu de concentration de milliers de migrants clandestins ?

Désormais, plus de Brassens pour chanter « qu'il se déhanchait comme une demoiselle » ou de Bedos sortant son « carton rose ». N'importe quel joueur d'une équipe doit revêtir le maillot arc-en-ciel, symbole abusivement récupéré d'un phénomène, lui, naturel. À défaut, il est sanctionné. À quand, dès lors, l'obligation d'un maillot vert contre le réchauffement climatique ou autre ; du bleu des Nations Unies pour se déclarer pour toutes les libertés. Y compris pour la GPA (gestation pour autrui) afin que les femmes - mises à contribution depuis toujours - louent leur ventre pour enfanter, moyennant finance. Sauf cas médicalement constaté, bien sûr. Après tout les Américain(es), les Indienn(es) le font bien… Donc, une fois encore l'exploitation de la femme par l'homme.

Quand les bornes sont passées, il n'y a plus de limites. C'est bien connu…

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 15 mai 2023

Violences à tous les étages 

L'actualité, en France et dans le monde, montre une montée généralisée de la violence. Celle qui précède en général les guerres civiles ou étrangères. De ce fait, la démocratie recule après de belles années de progrès.

Certes l'agression russe contre l'Ukraine est la plus choquante, au même titre que l'affrontement entre deux généraux imbéciles au Soudan. Mais il faut voir aussi le ruissellement jusqu'au plus petit niveau de la force brutale, aveugle.

On pense, bien sûr, aux innocents massacrés aux États-Unis dans les écoles ou les supermarchés, sans cause, sinon le plaisir de massacrer gratuitement, au nom du sacré second amendement à la Constitution. On le retrouve, aussi en France dans des assassinats surtout liés au trafic de drogue, au pied d'immeubles où jouent les enfants (quand ils ne participent pas eux-mêmes à ce commerce dégradant) sans compter la persistance de la violence à l'encontre des femmes.

La montée en puissance de la violence, qui nous ramène à l'homme primitif, vient même d'atteindre les notables locaux, dépositaires de la légitimité républicaine. C'est ainsi que le maire de Saint Brévin les Pins, Yannick Morez, a vu sa maison et son véhicule détruits par le feu parce qu'il voulait ouvrir un centre d'accueil – non pour migrants économiques mais pour demandeurs d'asile politique selon la loi.

Si l'on ajoute à cela les destructions des black-blocs, avec leurs agressions contre des forces de l'ordre – il y a comme en Ukraine, ce que l'on se garde de rappeler : un agresseur et des agressés, n'en déplaise à ceux qui voulaient arrêter l'économie du pays – on a fait le tour quasi complet de cette régression qui fait paraître les décennies 60 – 80 comme un Eldorado.

La cause ? Elle est plurielle. C'est d'abord la diffusion de la culture américaine, avec ses complices, dans les pays occidentaux.

« L'Amérique est un modèle » reléguant au rang de sous-cultures la richesse intellectuelle de tout autre pays : brésilienne, italienne, espagnole, française … « Tous des nuls », « America first » selon le slogan de Trump. D'où le refus de plus d'une centaine de pays, aux Nations Unies, de soutenir l'Ukraine pour ne pas suivre les Américains honnis (même s'ils ne sont pas pour autant d'ardents partisans de la démocratie).

Mais, pour la France, il y a d'autres causes à la montée de la violence « en roue libre » : la baisse de la morale « basique » qu'enseignaient tant les religieux que les enseignants laïques. Certes, leurs éducations étaient élémentaires mais elles convergeaient, n'en déplaise aux rétrogrades qui tentent, vainement, de maintenir une pseudo hostilité entre les « hussards noirs de la République » et les soutanes noires.

Seule une éducation aux droits de l'Homme, tout au long des années scolaires, pourrait renverser la vapeur et faire aspirer à la paix des gens sans boussole. A fortiori si les démocrates de tous bords faisaient entrer le « droit à la paix » au nombre des droits de la personne humaine ; ce droit non reconnu qui aurait dû être le premier des droits et non le dernier.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 8 mai 2023

Rondo alla Turca 

A la veille des élections présidentielles en Turquie, le 14 mai prochain, il est bon de battre le rappel, avec Mozart et non des casseroles - quand la plupart des médias sont discrets voire silencieux. Musique, Mozart, et son célèbre rondo alla Turca pour réveiller les consciences.

Face à l'islamiste, Tayyip Erdoğan, qui impose son autoritarisme au pays depuis vingt ans, un rival « démocrate » de 74 ans : Kemal Kiliçdaroglu. Souhaitons-lui bonne chance, quoique sans illusion car la Turquie actuelle, héritière de l'empire ottoman ne deviendra pas libre, laïque pour autant.

Attendons Kemal Kiliçdaroglu au pied du mur s'il réussit et posons-lui quelques questions de Béotien :

Cher monsieur K.K. (pour simplifier)

- reconnaîtrez-vous le génocide des Arméniens en 1915 ? Ce que refuse Erdogan

- retirerez-vous les troupes d'invasion turques qui occupent le nord de chypre depuis 1974 (près d'un demi-siècle) et dont le « gouvernement » fantoche n'est reconnu par aucun État ?

- restaurerez-vous la Turquie laïque de Kemal Atatürk ?

- reconnaîtrez-vous l'autonomie culturelle des Kurdes de Turquie et leur droit de rejoindre les autres Kurdes d'Irak, d'Iran, de Syrie qui constituent une nation, un peuple privé de ses droits légitimes ?

- puisque la Turquie est membre de l'OTAN, vous opposerez-vous encore à l'adhésion de la Suède à l'OTAN, comme le fait Erdogan ?

- rendrez-vous à leur vocation première la vénérable basilique Sainte Sophie d'Istanbul, transformée en mosquée et les autres églises accaparées ?

- persisterez-vous à vouloir adhérer à l'Union Européenne, comme l'autocrate actuel qui en nie les valeurs fondamentales ?

Telles sont les quelques questions qui se posent et se poseront encore si, malgré les fraudes électorales, malgré la corruption, malgré le cuisant échec économique d'Erdogan, vous l'emportiez.

Certes, le satrape d'Ankara, lui, rêvait de restaurer l'empire ottoman qui se préparait à envahir l'Europe de l'Est, comme les Arabes à l'Ouest, lorsqu'il fut arrêté aux portes de Vienne. Comme le sieur Poutine rêve aussi de restaurer l'empire soviétique en envahissant l'Ukraine. Mais il y a « loin de la coupe aux lèvres ».

Déjà, adhérer à l'Europe, ce qui a toujours été refusé (sous de fallacieux prétextes) signifierait la libre entrée des Turcs dans l'Union. En outre, cela donnerait aux futurs dirigeants de votre pays, à la culture « non européenne », un droit de veto, de blocage (comme ils le pratiquent déjà au sein de l'OTAN…).

Bonjour les dégâts ! Vous le savez d'ailleurs, vous dont l'appartenance à une minorité musulmane a été combattue.

Notre ami Pierre Loti, grand amoureux de la Turquie d'avant la première guerre mondiale, sans doute, plaiderait votre cause. Et comme on le comprend.

Son amour d'Azyadé l'avait rendu aveugle. Nous, par contre, attendons que comme l'Allemagne, le Japon, votre Turquie applique enfin les droits de l'Homme. Une pensée «  personnelle » pour ce pauvre Arménien qui, ne pouvant plus marcher vers l'exil en Syrie, en 1915 s'était vu clouer la semelle de ses sabots dans les pieds. Ce qui risque à nouveau d'arriver à la minorité arménienne du Haut Karabakh, isolée dans un Azerbaïdjan qu'Erdogan, comme Poutine soutiennent en sous-main pour mieux la faire disparaître.

Cher Monsieur Kiliçdaroglu, « bonne élection » car nous vous attendons tout de même de pied ferme, si l'on ose dire, après ce rappel douloureux.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 1er mai 2023

Le bruit fait peu de bien; 

                             le bien fait peu de bruit

En France, après le vote régulier, corroboré par le Conseil constitutionnel du report de l'âge de la retraite à 64 ans, la contestation continue. Quoi de plus normal, même s'il y a encore de nombreuses réformes sociales, économiques à négocier puis à mettre en œuvre avant la fin du mandat de l'actuel Président de la République. Mais cette contestation perd sa légitimité – voire sa légalité – lorsqu'elle recourt à des méthodes inacceptables puisqu'elles visent à créer l'anarchie voire, comme il est dit clairement, à mettre l'économie du pays à l'arrêt. Il s'agit dès lors d'un sabotage qui relève de la loi pénale, la haute trahison, puisqu'elle est le fait d'une minorité… éternellement minoritaire au niveau du vote démocratique depuis 1789.

C'est ainsi que, violant les règles du service public, basiques dans ce pays, un syndicat et un seul, la CGT et ses appendices trotskistes comme Sud-Rail, se permettent de couper l'électricité dans certains hôpitaux, certaines usines, chez des élus du peuple, lors de manifestations sportives etc. quand ils ne bloquent pas des gares ferroviaires voire des raffineries de pétrole. Ah, mais ! Bien qu'ultra minoritaires de tout temps, ces extrémistes se proclament au-dessus des lois… (ou sinon qu'ils les respectent).

Le déni de démocratie a toujours été dans leurs gènes bien qu'ils se disent être le «  peuple », jusqu'au stentor Mélenchon appelant gendarmes et policiers à se révolter contre la loi. Eux qui pratiquent le parasitisme seraient les seuls de gauche. Une gauche autoproclamée.

Mais alors, qu'est-ce que la CFDT, devenue le premier syndicat de France, qui est elle aussi vent debout contre la réforme des retraites ? un club de boulistes ou un syndicat «  jaune », maison, ayant vocation à faire changer les machines à café de leur entreprise 

En clair, la CGT devenue la minorité d'une minorité prétend, par tous les moyens, même illégaux, contester la loi. On est « contre » à seule fin d'exister, au détriment de la vie ordinaire du « peuple », qu'on prétend abusivement, mensongèrement, représenter. Bref, la CGT veut recréer l'atmosphère de la Russie de 1917 pour qu'une minorité léniniste impose sa dictature pour des décennies.

Dès lors, les organisations politiques et syndicales « de gauche », la vraie gauche, jauresienne, mitterrandienne ne devrait pas s'en laisser compter. À quand un nouveau Blum au congrès de Tours ? Hélas, trois fois hélas, cette gauche démocratique se tait, fait le dos rond. On ne dénonce pas les abus manifestes des « camarades » contre les Français et la France. Même le PCF – les mêmes initiales que le parti de Lénine et Staline – préfère parler de la « bonne bouffe », que du rétablissement de l'impôt sur la fortune, ce fleuron du Parti socialiste qui permettrait de réduire l'endettement hérité du COVID-19

En conséquence, une seule solution, qui fait l'unanimité : empêcher le chef de l'État et ses ministres de s'exprimer. À chacun de leurs déplacements, réunir une bande qui tambourinera sur les casseroles, voire les insultera. Le degré zéro de la démocratie, à l'instar des élus de la NUPES à l'Assemblée nationale pour célébrer leur « victoire » qui aboutit à la dégradation de la notation financière de leur pays. Ils devraient pourtant savoir que « Le bruit fait peu de bien ; le bien fait peu de bruit » selon la formule de François de Sales.

Prochaines actions prévisibles des « anti-démocraties » : perturber le tournoi de Roland Garros, comme un entraînement en vue de celui des Jeux Olympiques… Sans appel au civisme de la gauche résiduelle.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 24 avril 2023

Construire, détruire, déconstruire

Les négatifs l'emportent toujours sur les négatifs ont coutume de dire les philosophes du Café de Commerce. À juste titre souvent si les « positivistes », façon, Auguste Comte, ne se battent pas. Or bien souvent, démocrates, pacifistes dans l'âme, ils répugnent à l'affrontement. L'Histoire et l'actualité l'ont prouvé mille fois.

Dans l'Histoire, les bolcheviques et les fascistes ont voulu et réussi à faire table rase des démocraties dites « bourgeoises ». Au moins pour un temps. Le temps que ces dernières ne se ressaissent avant de l'emporter - provisoirement encore. Idem avec l'islamisme après qu'il eut retrouvé ses racines d'origine. Voir l'Afghanistan avant, pendant et après l'irruption de l'État islamiste (et même plus tôt en Iran). On détruit les Bouddhas de Bâmyân, comme le régime stalinien avait fait raser les édifices religieux de Russie.

Voilà pour l'Histoire, le naturel violent des nouveaux barbares. Mais l'attrait, le tropisme pour la destruction n'est pas seulement localisé dans certains pays. Il sévit à l'intérieur même des démocraties les plus anciennes. Il n'est que de regarder en France, les charognards masqués qui suivent les pacifiques cortèges syndicaux lors des manifestations légales pour détruire, piller, salir les biens publics ou privés et prétendre ensuite, avec leurs complices, les néostaliniens, que ce sont les forces de l'ordre qui sont violentes…

Mais détruire ne s'arrête pas à l'aspect matériel des choses. Politiquement, il en va de même. Il y a, bien sûr, le conflit social actuel, où l'on conteste une loi votée par le Parlement, « certifiée » par le Conseil constitutionnel en prétendant qu'un million de manifestants, et quelques sondages valent mieux que le vote populaire. Cette minorité extrémiste se permet même de vouloir arrêter l'économie d'un pays, déjà mis en difficulté par une longue pandémie. « Toujours plus outre … » Détruire d'abord. Ensuite ?

Ensuite, il faut proposer, reconstruire. Tel n'est pas leur problème, car il est plus aisé de détruire que d'imaginer, de construire. D'autant qu'ils sont souvent partisans du moindre effort : la retraite à 60 ans pour tous ! La retraite à 67 - 70 ans, c'est pour les nuls : Allemands, Suisses, Espagnols…

Idem pour le régime politique, constitutionnel.

A bas la Ve république, clament-ils. Vive la VIe ! Un régime ou les partis minoritaires, comme sous la IVe, et la IIIe sont les rois. C'est d'autant plus nécessaire que l'ultra-gauche comme l'ultra-droite n'ont jamais gagné par les urnes. Sauf que la Ve, elle, a fait ses preuves et a duré en France plus longtemps que toute autre constitution… Depuis qu'il y a une constitution. « Du passé faisons table rase » chante-t-on dans l'Internationale, du Père Lachaise jusqu'à Pékin.

Pendant ce temps, les deux autres démocraties (anglaise et américaine), elles, s'adaptent, sans détruire. Donc pas le souci de reconstruire après. Les Britanniques ? Ils n'ont même pas de constitution. Les Américains ? ils amendent leur loi fondamentale pour l'adapter. Alors chiche ! Essayer d'enlever au peuple français le droit d'élire son président et vous verrez. Car il s'agissait alors d'un amendement à la Ve république voulu par de Gaulle et le peuple français.

Quand on n'a rien à proposer, à construire, on détruit. C'est toujours agir, ou faire semblant, pour tromper un peuple en faisant le plus de bruit possible, et en s'arrogeant la noblesse de la gauche authentique.

Il y a cependant une troisième voie. On la doit à l'incontournable Sandrine Rousseau qui a repris la vision d'un célèbre sociologue, car çà sonne bien (autant que les casseroles). Il s'agit non pas de « détruire », à défaut de construire, mais de « déconstruire ». C'est ainsi qu'elle se vante d'avoir un mari « déconstruit ». Avis aux amateurs, quoique cette méthode se pratique déjà pour la langue française, dans la publicité, dans la presse, chez les commerçants, voire dans la télévision publique, où Laurent Delahousse dit qu'il présente en « live direct » (sic).

Peut-être est-ce finalement la bonne méthode. Instiller un poison discrètement. Où l'on rejoint les méthodes de Monsieur Poutine, le néostalinien : un fascisme « soft »… On déconstruit sans bruit, sans avoir à construire.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 18 avril 2023

Dura lex, sed lex

Le Conseil constitutionnel français s'est prononcé et a rendu sa décision à propos de la loi sur les retraites qu'avait voté le Parlement.

D'aucuns espéraient qu'il invaliderait partie ou totalité de la loi. Or celui-ci a certifié la conformité de la loi à la Constitution. On ne peut être plus clair. Le droit a été respecté tant sur le fond que sur la forme à quelques détails près qui ne remettent pas en cause ladite loi.

Ainsi par la loi, en droit, la France rejoint-elle la plupart des pays européens dont l'âge légal de la retraite est en moyenne de 67 ans, voire 70 ans sans que ces pays voisins (Allemagne, Italie, Espagne, Royaume Uni …) aient connu de manifestations d'ampleur. A défaut, il y aurait eu économiquement une distorsion de concurrence qui aurait plombé la France. A fortiori puisque la pyramide des âges dans un régime de retraites par répartition qui fait que les actifs paient pour les retraités, les retraités en France sont de plus en plus nombreux. On allait vers un déséquilibre flagrant, ce que ne connait pas le régime des retraites complémentaires qui lui, pourtant, est géré par les syndicats, CFDT en tête. L'augmentation des cotisations a toujours précédé les échéances. Et là, sans cris d'orfraie.

La question, dès lors, est celle du respect de la loi. Or à écouter les plus démagogues, le nombre de manifestations, le nombre de manifestants, les sondages d'opinion, généralement dénoncés comme faux, seraient au-dessus de la loi, voire des décisions du Conseil constitutionnel, qu'il a fallu faire protéger par les forces de l'ordre, comme le Capitole, sous Trump aux États-Unis.

Certes, les protestataires syndicaux et politiques ont manifesté pacifiquement mais ils ont entrainé derrière eux des bandes de voyous masqués qu'ils se sont bien gardé de dénoncer explicitement. A entendre les partisans de l'ami de Poutine et des dictateurs latino-américains, chaque fois battu électoralement aux élections présidentielles : « Les casseurs, c'est la faute à Macron ». Tiens donc, il suffisait d'y penser.

Bref, remplaçons la loi par les sondages et le vote par le nombre de manifestants aux slogans insultant puisque la CGT est toujours « millionnaire » en manifestants selon elle.

Il faut savoir raison garder car non seulement les manifestants et leurs porte-paroles voulaient, et veulent toujours, le retrait d'une loi régulièrement votée, mais pour cela prétendaient mettre à l'arrêt l'économie du pays. Car eux sont des « travailleurs » et n'oubliez pas « travailleuses ». Quel civisme, quelle loyauté à leur pays ! Heureusement, il n'en a rien été. Tout n'était que rodomontades destinées à faire peur avec, avant, le passage des vandales incendiaires dits « black blocs ». Allez expliquer à ces têtes brûlées qui prétendent que la France n'est plus une démocratie que la « loi est dure mais c'est la loi » – dura lex sed lex depuis les Romains. Pour eux c'est la faute au capitalisme. Car chacun le sait « leur » socialisme (qui n'est pas le nôtre, lui, démocratique) n'est jamais arrivé au pouvoir par les urnes – ni par les sondages ou les manifestations – puis s'est maintenu par le goulag et a échoué économiquement partout.

Si la France n'a pas été réduite à quia, c'est parce que les authentiques travailleurs, ceux de Peugeot, de Renault, d'Airbus, d'Alstom etc. eux ne voulaient pas prendre le risque de « couler » leur « boîte ». Ils n'appartiennent pas une caste de privilégiés qui ne risquent pas le licenciement parce que c'est le contribuable qui paie des déficits abyssaux. On appelle cela « l'égalité » selon le triptyque républicain !

Il faudrait, brièvement, laisser les commandes de l'économie à ces contempteurs des lois, pour voir à quoi ils aboutissent ; comment ils auraient géré la crise du Covid. Certes, l'actuel président de la République n'a pas raison en tout. Mais s'il avait été le « libéral de droite » dont on fait la caricature, comment aurait-il pu appliquer en urgence absolue une politique économique « keynésienne » qui a empêché la France d'être à l'arrêt, avec un chômage de masse quand la gauche « autoproclamée », que « le peuple » a réduit à ce qu'elle est, elle, pratiquait, selon les normes hyperlibérales, un déficit budgétaire d'un maximum de 3% selon la volonté de Bruxelles … et de Berlin.

Les insultes, les injures, le bla-bla politicien manquent d'honnêteté intellectuelle. Peut-être pourrait-on faire un sondage, puisqu'ils sont « la loi » désormais, pour exiger que la majorité actuelle rétablisse l'impôt sur la fortune, le péché originel d'Emmanuel Macron. Sans oublier, pour nous, la reconnaissance du « droit à la paix », tant intérieure qu'extérieure ce qui vaudrait autant pour les vandales que pour la bande à Poutine. Encore une idée de droite, probablement !

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 10 avril 2023

Les americanoïaques

Le monde, à cause de l'agression militaire du russe Poutine, se fragilise, se scinde en clans qu'expriment les votes successifs aux Nations Unies. Les nations libres se rassemblent ; quelques pays archaïques font bloc derrière le tyran du Kremlin. La plupart, malheureusement hésitent à s'engager dans le camp des libertés. Beaucoup se demandent pourquoi, comme s'il était nécessaire d'être grand clerc pour analyser la situation héritée d'un passé récent. Il n'est pourtant que d'écouter le dictateur « de toutes les Russies » pour comprendre.

Certes, il est impératif de s'allier entre peuples qui craignent pour leurs libertés et le «  parapluie » américain a encore cette vertu de protéger ceux qui sont menacés.

Néanmoins il faut être lucide, comme l'était déjà De Gaulle durant la dernière guerre mondiale, quand cet allié hégémonique, en 1944, prétendait nommer les préfets de la République, imposer sa monnaie « as good as gold ». Il n'a d'ailleurs jamais cessé depuis de tenter de mettre sa grosse patte sur les peuples menacés par l'Union soviétique. Lors donc, les États-Unis d'Amérique étaient, sont et resteront un allié mais en exigeant qu'ils respectent les autres pays, les autres cultures. Après tout, leur suprématie ne date que de moins d'un siècle quand de multiples nations : française, espagnole, italienne, grecque … avaient déjà un capital intellectuel digne de respect. Veulent-ils, comme le monde entier les soupçonne, après leur invasion de l'Irak, sur la base de mensonges grossiers, aboutir à un monde qui ne jurerait que par leur ordre et à leurs ordres ?

Ce faisant, ils empêchent bien des pays de se rallier à la cause des peuples qui exigent le respect de leurs droits.

La France, depuis De Gaulle exige un minimum d'indépendance, devançant ainsi les nations rebelles qui hésitent à condamner le criminel Poutine. Nul n'est parfait. Mais derrière cette façade, partout dans le monde, une forte réticence s'accroît. C'est le cas, dernièrement de l'Arabie Saoudite, qui se réconcilie avec l'Iran au détriment de son protecteur américain traditionnel grâce à l'intervention de la Chine. C'est le cas de l'Inde qui garde ses distances malgré les menaces à sa frontière nord.

En France, au-delà du discours, il y a la réalité. Il n'est que d'ouvrir les yeux. Les collabos, les colonisés mentalement pullulent … La langue du pays est rejetée par les médias, même officiels, comme France Inter qui ne diffuse quasiment que des chansons anglo-saxonnes ; les commerçants qui ne « jargonnent » qu'en anglo-américain avec leurs complices de la publicité « pour faire jeune, moderne ». L'Union Européenne, elle, a aussi relégué le français, pays fondateur, au profit d'une langue étrangère disparue après le Brexit. Bref, on se rebelle pour ne pas travailler jusqu'à 64 ans mais on attend les « live » dans les médias, en même temps que le Parti socialiste « résiduel » diffuse sa «  newsletter ». Compris ? Sinon on vous envoie un « mail » en guise de courriel. Une vraie prostitution de l'esprit …

Madame Ursula von der Leyen, présidente de l'Union ne s'exprime jamais en allemand, sa langue nationale mais en anglais, montrant à chaque instant son allégeance à Washington. Mais ah, ouf, nous sommes sauvés : le bon pape François, lui, ne s'exprime qu'en italien pour un milliard et quelques de fidèles. Pire, il est compris de tous ! y compris des américanoïaques lovés dans nos entreprises, publiques ou privées qui n'attendent que l'heure (comme en 1940 pour d'autres), du triomphe final de leur maître culturel à penser. Ils auront fait le bon pari, le bon choix : celui d'un monde uniforme, incolore, inodore et sans saveur. Une sorte d'armée moutonnière aux ordres du maître à penser universel. Hélas, ensuite, il faudra reconquérir le droit au pluralisme des cultures (africaines, asiatiques, voire italienne, française …) qui sont la richesse du monde.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 3 avril 2023

 Violence à tous les étages

La violence non seulement devient récurrente mais elle enfle partout sans que ceux qui la « combattent » depuis toujours ne réagissent à proportion du mal qui gagne. Ils restent coi, hébétés, surpris dans un monde qu'ils croyaient sur les rails de la démocratie depuis la chute de l'URSS.

Il importe donc de réagir, de se soulever contre cette absurdité qui nous ramène à nos origines quasi animales à cette différence près qu'en ces temps éloignés les individus étaient violents pour se nourrir, pour survivre. C'est le sens et le but de notre action pour la reconnaissance du droit à la paix comme un droit explicite, exigible tant à l'intérieur des frontières qu'à l'international car que valent les autres droits acquis : de choisir ses représentants, de circuler librement, d'écrire et de publier sans la paix ?

Dans la période récente, au niveau mondial, Poutine par ses agressions militaires : Tchétchénie, Géorgie et maintenant Ukraine a renversé la tendance longue vers la démocratie. Mais ce voyou héritier du bolchevisme lenino-stalinien n'est pas le seul de son espèce (voir l'Éthiopie, la Birmanie, l'ingérence du Rwanda contre les pauvres populations de l'Est du Congo …).

A l'intérieur des États aussi, comme une série gigogne, à des degrés divers, la violence gratuite monte à la vitesse V. En France ? Pas seulement : voyez les États-Unis où le Congrès est envahi dans le même temps où des tueurs solitaires déchargent régulièrement leurs armes dans les écoles ; au Brésil où les édifices publics sont dévastés par les partisans de Bolsonaro, frère d'arme des affidés de Trump.

En France, une des plus vieilles démocraties, la haine et la violence, que l'on croyait au rencart, reprennent le dessus dans le silence, sinon dans une hypocrisie généralisée.

Les partis traditionnels ayant quasiment disparu, les extrémistes, de droite et de gauche, laissent percer leurs tendances traditionnelles, jusqu'alors enfouies dans leurs gènes.

Un conflit social autour de l'âge de départ à la retraite, que l'Exécutif voudrait aligner sur la moyenne des pays européens ? C'est la guerre. Partis extrémistes et syndicats veulent mettre à l'arrêt l'économie du pays qui fait vivre toute une population ; abusent du Droit ; bloquent les services publics dans leur continuité au détriment des usagers, contribuables qui les financent.

Négociation, médiation ? Jamais ! c'est « non » par avance. Les sondages « font foi » contre l'application de la Constitution, n'est-ce pas ? On menace physiquement les élus ; on les insulte. Les affidés du « Conducator » hurlent dans l'enceinte de l'Assemblée ? Les autres partis politiques se taisent, lâchement et se gardent de condamner haut et fort.

De ce fait, la porte est ouverte à tous les excès. « Quand les bornes sont passées, il n'y a plus de limites ». Mettons courageusement et hypocritement le couvercle sur la violence verbale et physique. On a rien vu, rien entendu ! D'où l'encouragement aux voyous amateurs de casse de prendre le train en marche et de chevaucher la vague surgie de ceux qui, au parlement et dans les services publics, refusent tout dialogue, sinon en passant sans leurs fourches caudines.

Les dits « black blocs » brûlent, cassent, attaquent les forces de l'ordre … Bien sûr c'est la faute au gouvernement et aux gardiens de la paix ! La destruction de la porte historique de l'hôtel de ville de Bordeaux, dont le maire est écolo pourtant ? On n'a rien vu naturellement. Avez-vous alors entendu l'évanescent responsable du PS dénoncer, haut et « faure », cette honte ?

Dans les Deux-Sèvres, à Sainte Soline, où la manifestation était interdite, quand les gendarmes ont failli mourir dans leurs véhicules, qui accuse-t-on ? Les défenseurs de l'ordre, bien sûr. Car, si vous l'ignorez, ce sont eux qui ont attaqués, engendré la violence. Exactement comme Poutine qui déclare, urbi et orbi, que c'est lui qui a été agressé par les Ukrainiens.

Et qui paie tous ces dégâts matériels ; qui est privé des services minima sinon le peuple, majoritaire, après avoir voté comme il a voté. Chutt ! Comme les autruches, mettons la tête dans le sable.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 27 mars 2023

 Raminagrobis

Le bon (et coquin) fabuliste Jean de la Fontaine ne connaissait pas le panda, cet animal pacifique, présent en Chine et qui ressemble bigrement au Président Xi Jinping comme à la philosophie confucéenne. Dommage car il en eut fait une fable qui nous ferait encore rêver quatre siècles plus tard.

Qu'à cela ne tienne. Il y a dans son bestiaire un cousin éloigné du nom de Raminagrobis, qu'il « croque » au propre et au figuré dans sa célèbre scénette « Le chat, la belette et le petit lapin ».

Tout le monde connait cette fable ; sinon, si vous l'avez oubliée, relisez-la pour regarder la Chine contemporaine en remplaçant le Chat, Raminagrobis par Xi, le panda pacifique rongeur de bambou.

Raminagrobis est l'ami de tout le monde. Il est même, nous dit La Fontaine, « arbitre expert sur tous les cas ». Le « Jean Lapin » occidental lui fait alors confiance tandis que « dame Belette », russe, qui a occupé peu avant le terrier du Lapin (ukrainien) s'en remet aussi à Raminagrobis comme juge de paix pour régler leur différend de propriété.

Preuve de la confiance que chacun peut faire à Raminagrobis, des ennemis jurés comme l'Iran et l'Arabie saoudite, l'un musulman chiite, l'autre musulman sunnite s'en sont remis à lui, malgré sa répression des Ouighours du Xin Jiang, pour faire la paix des braves entre eux.

En Afrique même, la voix de Raminagrobis se fait entendre petit à petit puisqu'il incarne la retenue, la sagesse ancestrale. Il peut donc se rapprocher naturellement des ennemis sans éveiller le moindre soupçon.

On ne connait pas encore la suite mais La Fontaine, héritier intellectuel d'Ésope, nous la laisse entrevoir : « Mes enfants, leur dit Raminagrobis, approchez, approchez, je suis sourd, les ans en sont la cause ». « L'un et l'autre s'approcha, ne craignant nulle chose. Aussitôt qu'à portée il vit les contestants, le bon apôtre jetant des deux côtés les griffes en même temps, met les plaideurs d'accord en croquant l'un et l'autre. Ceci ressemble fort aux débats qu'ont parfois les petits souverains se rapportant aux rois. »

Chat guettant sa proie ou Panda, la leçon doit être la même à quelques siècles de distance. La vigilance sera toujours de mise.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 20 mars 2023

Recul de la démocratie, recul du Droit

Recul des droits de l'Homme ...


La démocratie recule partout dans le monde. La France ne fait pas exception. Il est temps d'enrayer le processus au risque, sinon, de devoir entrer en résistance.

Dans le monde, c'est une évidence depuis l'agression de l'Ukraine par la Russie de Poutine avant même son inculpation récente par la Cour Pénale Internationale de La Haye. Nombre de pays importants comme la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud refusent, eux, de la condamner. Plusieurs pays du Sud et du Nord du Sahara sombrent dans la dictature ou renforcent leur autoritarisme (Algérie, Tunisie).

Certes, les démocraties occidentales s'unissent pour endiguer cette régression internationale des libertés, comme si une mêlée devait bientôt avoir lieu (comme en rugby …)

Dès lors, où que l'on soit, la vigilance est de mise, au plus près de chacun pour éviter une fracture prévisible.

Même si la France n'est pas le maillon faible – à comparer à d'autres pays comme les États-Unis, ou le Brésil, où le parlement a été envahi par des hordes barbares – une menace ploie cependant depuis que le gouvernement issu des urnes a entrepris, par la loi, d'aligner l'âge de la retraite sur celui des autres pays européens (Allemagne, Italie, Espagne, Portugal …) dont plusieurs États dirigés par des socialistes démocrates.

En France, nos socialistes, membres de la même Internationale, liés par la même idéologie progressiste, eux, s'y opposent et pactisent avec l'extrême gauche dont l'autoritaire chef trotskiste (d'un jour, trotskiste toujours) souvent allié aux islamistes contre la laïcité fait donner ses troupes au sein même de l'Assemblée nationale : invectives, insultes, blocage de l'examen de la loi par des milliers d'amendements, tous plus farfelus les uns que les autres. Le vieux parti de Jaurès, lui, alors, s'aligne, lié par un accord électoral léonin.

Idem du côté de la droite républicaine, aussi décatie que le PS alors que ces deux partis ont alternativement gouverné la France depuis 60 ans. Dès lors, usant du droit constitutionnel qu'est l'article 49,3, la Première ministre comme l'ont fait eux-mêmes tous les gouvernements précédents sans bronca l'opposition en appelle à la rue, avec les syndicats de salariés dont à peine 6% sont adhérents (à la différence de nos concurrents allemands). Pire encore, on veut arrêter le fonctionnement de l'économie française après avoir, chroniquement – privilège des services publics où l'on ne risque pas d'aboutir à la fermeture de son entreprise – perturbé la vie des millions d'usagers, condamnés à galérer.

Le comble, c'est lorsque les porteurs de pancartes – quelques millions au plus – sur près de 70 millions d'habitants et des dizaines de millions d'électeurs, se disent les représentants du « peuple » parce que les sondages leur sont favorables. Pourquoi pas, en conséquence, faire l'économie d'élections (à commencer par celles où le Président élu, qui comme la droite parlementaire, prônait la retraite à 65 ans …) ?

On hallucine devant cette régression démocratique, laquelle précède la violence, toujours en embuscade dans ce pays depuis des siècles : attaques contre les élus, destructions en tous genres, coupures d'électricité y compris dans les hôpitaux, risques sanitaires par accumulation des ordures (avec l'approbation de la maire de Paris, Anne Hidalgo, madame 2%) …

Pendant ce temps, l'extrême droite jubile. Elle attend que le fruit soit mûr pour le cueillir, jetant de l'huile sur le feu en dénonçant, elle-même, l'alignement de l'âge de la retraite sur la moyenne des pays industrialisés. Mais s'en étonnera-t-on ? Les uns comme les autres sont les héritiers qui de Staline qui de Mussolini. Le parti communiste en a même gardé le sigle sans que qui que ce soit ne l'interroge sur cette incongruité.

Extrême droite comme extrême gauche (politique ou syndicale) sont l'avers et le revers d'une même pièce : la force brutale qui hait le dialogue, la démocratie et les droits de l'Homme.

Connaissez-vous d'ailleurs un pays, un seul, où cette prétendue gauche extrême, depuis Marx, ait conquis le pouvoir par les urnes ? A défaut, ils s'infiltrent dans les partis pour les prendre de l'intérieur selon la méthode trotskiste.

La France, comme le monde actuel, est donc menacée d'un rapt anti-démocratique. Il conviendrait d'en prendre conscience car, si tel est le cas, la pente sera plus dure et plus longue à remonter. « Du haut de la pyramide des libertés, deux siècles – ou deux millénaires – nous contemplent », soyons en dignes.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 13 mars 2023

La Russie Potemkine

« Chassez le naturel, il revient au galop » : qu'elle soit tsariste, communiste, poutinienne, la Russie reste la Russie. Cultivée, forte de ses immenses écrivains et musiciens, de ses ingénieurs hors pair, mais éternellement violente, voire barbare, impérialiste. A l'exception des très brèves périodes du social-démocrate Kerenski - vite enfoncé par les bolcheviks, puis Mikhaïl Gorbatchev (1985 -1991) écarté par un coup d'État avant que l'ex espion Poutine ne s'empare des commandes pour rétablir l'ordre anti-démocratique traditionnel.

Pierre le grand avait voulu « policer » son pays et l'arrimer à l'Europe occidentale. Mais pour combien de temps ? Catherine II, tsarine puissante, amie de Voltaire, avait, à son tour, tenté de faire évoluer la Russie vers « l'Europe des lumières », secondée par son favori Potemkine. En vain à nouveau. Les célèbres villages Potemkine n'étaient qu'apparence. Le peuple, lui, pendant tout ce temps, continuait d'être asservi par une aristocratie autocentrée quand, en France, la population et ses élites se révoltaient, elles, pour instaurer une démocratie.

D'où vient alors ce fatalisme, ce tropisme, ce goût pour l'autoritarisme, couronné ou        non ? Une religion orthodoxe refermée sur elle-même ? L'exemple de la théorie des climats chère à Montesquieu ? On pourrait le croire mais la culture, omniprésente, normalement devrait ouvrir les yeux des Russes. A fortiori après la mondialisation des moyens d'information. Or il n'en est rien. Majoritairement la population passive soutient le criminel Poutine qui reste, comme tous ses prédécesseurs, conquérant de territoires et de peuples pour les dominer, les « russifier » …

Le cours de l'Histoire eut peut-être été changé lors de l'invasion napoléonienne si celle-ci avait réussi. Car son Armée, héritée de la Révolution, diffusait les idéaux de 1789, résumés dans la Déclaration des droits de l'Homme. Le sort en a décidé autrement …

Tous les tsars de 19e siècle reprirent donc la tradition obscurantiste jusqu'à la tentative libérale de 1905 puis la révolution terroriste, bolchevique, de 1917 qui ne lâcha plus les rênes du pays, sauf brièvement (donc artificiellement) de Lénine à Poutine en passant par Staline.

Pire encore, cette éternelle Russie, non contente de n'être pas démocratique, trahit les démocraties, à la peine contre les agressions allemandes, tant en 1917 qu'en 1940.

En 1917, Trotski négocia l'arrêt de la guerre, de sorte que les troupes allemandes purent se regrouper à l'Ouest pour poursuivre leur invasion contre les troupes franco-britanniques ; en 1940, Staline choisit de passer un pacte de non-agression avec Hitler sur le dos des démocraties jusqu'à ce que son « complice en génocide » ne l'attaque à son tour (plan Barbarosa). On connait la suite, plus récente : invasion de la Hongrie (1956), de la Tchécoslovaquie (1968) puis de l'Ukraine (2014 – 2022).

Où est donc le peuple évolué, cultivé, pionnier dans l'espace ? Certes, il résiste avec nombre de peuples comme la Chine, l'Inde, le Brésil … à l'impérialisme américain. Mais ce n'est qu'illusion, comme toujours, sans libertés. Potemkine-Poutine, même tours de passe-passe, mensonges, violence. Le résultat est alors l'inverse de celui recherché : tous les peuples, en mesure de voter librement se rassemblent derrière le drapeau des démocraties, dont celui des États-Unis qui ont pourtant occupé le Vietnam, l'Irak, l'Afghanistan sinon, plus grave encore, colonisé à bas bruit, culturellement tous les pays du monde. Voyez le cinéma, les télévisions, la langue utilisée par l'Union Européenne … C'est, ce serait la liberté …

Il y a dès lors des priorités : d'abord soutenir les peuples agressés (comme l'Ukraine, la Géorgie) mais ne pas se jeter pour autant, comme Gribouille, dans l'océan américain, par peur d'être mouillé … ou bien le célèbre « Père gardez-vous à gauche, père gardez-vous à droite », de Philippe le Hardi, à la bataille de Poitiers de 1356.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 6 mars 2023

Déconstruction: la démocratie recule partout ...

Où que l'on pose le regard, sur tous les continents, jusque et y compris dans les trois plus vieilles démocraties du monde, britannique, française, américaine la démocratie, jusque dans l'esprit démocratique régresse.

Bien sûr on pense d'abord à l'agression de la Russie crypto-fasciste (ou poststalinienne, ce qu'avait déjà prouvé, en 1940, les convergences complices entre Hitler et Staline) : crimes de guerre, crimes contre l'humanité, tortures, assassinat des opposants … De la Tchétchénie à l'Ukraine en passant par la Géorgie. A qui le tour ?

Mais le mal ne s'arrête pas là. Après les années fastes, à la suite de la chute du mur de Berlin, le triomphe illusoire de la mondialisation, le vieux tropisme de l'humanité pour la violence reprend de plus belle. C'est le trumpisme qui succède à l'invasion illégale de l'Irak par Bush. C'est Bolsonaro qui frise l'accaparement du pouvoir au Brésil. C'est l'islamisme qui menace, dans les pays comme à l'international. Aujourd'hui, nous voyons les coups d'État se succéder en Afrique (Mali, Burkina …) sur pression russe et des mercenaires de Wagner, tandis que Bachar El Assad s'incruste en Syrie voire que l'Iran, malgré une révolte généralisée, réprime aveuglément, comme elle l'a fait depuis 1979.

Après une ascension mondiale vers la démocratie, ses valeurs et ses pratiques non violentes, tous les pays se pressent désormais, que dire, se bousculent en haut du tobogan pour tomber dans la grande noirceur des années 30. Certes, les vieux alliés se ressaisissent et se coalisent (États-Unis, Europe) pour endiguer le nouveau cours des choses, en parant au plus pressé : l'Ukraine, après avoir fermé les yeux sur l'annexion de la Crimée, l'attaque contre la Géorgie ce qui constituait une invite pour Poutine à continuer, comme Hitler après 1933. Les démocraties, par nature, sont traditionnellement lentes à agir et à réagir. Il n'empêche, le fait est là. La plupart des États du monde refusent de rallier la coalition anti-impérialiste, donc de proclamer leurs convictions dans les libertés reconnues universellement en 1948 par les Nations Unies (Afrique du Sud, Inde, Brésil de Lula …). Et que dire des régimes de la péninsule arabique qui doivent leur survie aux pays occidentaux sans condamner Poutine et ses exactions ! Même Israël succombe, avec le retour de Benyamin Netanyahou au pouvoir pour supprimer l'indépendance de la Cour suprême, arbitre des garanties du respect des lois.

La France, celle de 1789, de 1830, de 1848 serait-elle au bord à son tour du basculement ? Rien n'est joué mais nous en voyons les prémices. Il n'est que d'observer le dévoiement d'une partie des députés d'ultra gauche lors des débats (entre autres) sur la réforme des retraites. Cet affaissement, dû à la soumission des responsables d'un parti socialiste incapable de mettre, en tête de liste, des adhérents de sa propre organisation (et que 80% de ses adhérents ont choisi de suivre celui qui s'est substitué - par défaut - à un chef d'État socialiste sortant en 2017).

On mesure le résultat, en France, comme dans le monde. Non seulement l'Assemblée nationale est un défouloir pour les adeptes du maître du « bruit et de la fureur », auto-proclamé : « Je suis la République », minoritaires qui détiennent seuls la vérité. Une vérité « absolue et sacrée » que le peuple leur a dénié à chaque scrutin, constamment. Ce serait donc une gauche mini-poutinienne sans les moyens.

Le comble cependant n'est pas encore atteint. A entendre les déclarations des uns et des autres, le pouvoir serait dans la rue, au-dessus de pouvoir législatif sorti des urnes. Les syndicats, si peu représentatifs des salariés en France, auraient le dernier mot pour imposer que l'âge de la retraite soit totalement déconnecté des pays voisins dirigés par les socialistes. Les chefs, petits ou grands, veulent mettre le pays à l'arrêt et, même ultra minoritaires en ont la possibilité puisque, lovés dans les services publics, sans risque de voir leur entreprise disparaître, non seulement ils se déclarent en grève, ce qui est leur droit, mais empêchent leurs concitoyens, cinquante fois plus nombreux de travailler, de circuler. Un vrai, un authentique détournement de pouvoir au sens juridique du terme.

Peut-être est-il l'heure maintenant de battre le rappel des héritiers de 1789, en France et à travers le monde ; de ralentir, puis d'arrêter la chute aussi mondialisée que ne

l'était il y a trente ans la victoire éphémère des libertés. L'heure est à la résistance et à la relance.

Sisyphe est un mythe démocratique ! Proclamons le droit à la paix ! D'où découlent tous les autres, malgré la réalité historique … si la France du 18 juin 1940, dont tout le monde se réclame, existe encore.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 27 février 2023

Libertés, drogues et violence

L'actualité nous repose le problème, non seulement jamais résolu, mais qui va en s'amplifiant du commerce et de la consommation de drogues, ce fléau qui, pour donner l'illusion d'un plaisir artificiel à quelques-uns, engendre partout le malheur au reste de la population. Comme dans bien d'autres domaines, une minorité s'impose à la majorité en violation de la loi démocratique.

Face à ce phénomène, les pouvoirs publics de tous les pays libres tergiversent. Ils font semblant de réprimer les dangereux fauteurs de trouble en même temps qu'ils se gardent bien d'aller jusqu'au bout des sanctions qui éradiqueraient le mal. Dès lors, Poutine a beau jeu de dénoncer un Occident décadent, sans avenir alors que lui incarnerait  la loi et l'ordre. 

Avec l'affaire Palmade, on a atteint le summum de l'imbécilité : drogue, pédophilie … en toute impunité jusqu'à ce que ce triste clown provoque avec ses complices un terrible accident de la route qui aurait pu être mortel en dehors de sa gravité même.

L'alerte est lancée donc. Mais pour combien de semaines, de mois ? « Les chiens aboient ; la caravane passe » …

Certes les gouvernements de nombreux pays prennent des mesures contre les trafiquants qui, comme les passeurs de clandestins, exploitent les populations ; néanmoins il ne s'agit pas d'une guerre totale comme celle qu'ont décidée les alliés contre la Russie. Nombre d'États voyous, pratiquant les règles du libéralisme économique : « laisser faire, laisser passer ». En Amérique latine et en Afghanistan notamment. Les narco-trafiquants ont quasiment pignon sur rue. Pour quelques « gros bonnets » arrêtés combien d'autres continuent leur trafic juteux autant que criminel.

A quand une conférence internationale destinée à tenter (au moins tenter) d'éradiquer le mal ? Les écolos, dont ce devrait être un des objectifs puisque l'environnement, la santé sont en cause s'insurgent-ils ? Vous n'y songez pas ils ont plus urgent à faire : lutter contre le nucléaire civil, la gestion des forêts, faire tolérer les islamistes, dénoncer le Tour de France … Quant aux socialistes, leurs alliances électorales (pas pragmatiques) les mobilisent plus que ce fléau du quotidien. Pourtant leurs élus locaux dans les quartiers populaires y sont confrontés quotidiennement. Seuls, sans le secours immédiat et constant des notables occupés à leurs manifs.

En définitive, ce sont les citoyens eux-mêmes qui doivent se mobiliser, s'organiser, sans élus pour être leurs boucliers comme on l'a vu à Paris, à Marseille et dans plusieurs autres villes de province. Dans la capitale, on éloigne, on déplace les drogués, ou on leur ouvre des centres de « shoot » (près des écoles souvent). « Ils le méritent bien », les pauvres volontaires à la déchéance.

Bref, un parfait non-sens où ceux qui violent les lois sont « tolérés ». Il est même des pseudo-intellos dits « de gauche » pour prôner la vente libre du cannabis, à l'instar de celle du tabac ou de l'alcool, comme si cette drogue douce n'était pas la première marche vers les drogues dures.

Le mot d'ordre est toujours « il faut comprendre » ; la répression est « de droite ». Quelle horreur ! Appliquer le Droit …

Idem pour la violence d'ailleurs. Elle est condamnée et condamnable mais elle est affichée à longueur d'écran de télévision, sur les principales chaînes : « meurtre ici, meurtre là ». Les héros sont voyous et flics. Mais tous sont des héros à imiter dans le subconscient d'esprits immatures. Le policier, représentant de la loi, de la paix, donc de la liberté de chacun, est à égalité avec le truand, grand ou petit. « Il faut comprendre » … Les pays sont donc de vastes « maisons de tolérance » sinon comment expliquer comment une petite pègre « fasse la loi » constamment, au pied des immeubles où résident des personnes au revenu modeste. Avec des centaines de milliers de policiers, un pays comme la France n'a pas les moyens d'éradiquer le mal ! Sauf dans les quartiers « chics » de villes qui ne tolèrent pas, eux, ces dysfonctionnements de la société. Mais l'on pourrait dire aussi que la magistrature a une grande part de responsabilité en relâchant systématiquement les délinquants qui récidivent immédiatement.

L'explication ? Manque de places de prison ! La belle excuse. On savait autrefois incorporer pour un service militaire toute une classe d'âge. Et l'on ne sait pas aujourd'hui astreindre à un service encadré, en camp, les auteurs de délits, voire de crimes qui «  polluent » la vie des plus modestes. La loi, son respect ? La gauche, par tradition, fait la sourde oreille. La droite, elle, a des complexes. Drogues, violences … ont encore de beaux jours devant elles. Mais quoi de plus normal puisque … c'est le quotidien aux États-Unis, le modèle de référence des médias (colonisés de longue date) et que, la gauche suit aveuglément. Les « moutons de Panurge » sont de bonnes bêtes. Trop bêtes …

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 20 février 2023

Le droit à un environnement sain

Bien avant que Nicolas Hulot ne s'en empare, NDH demandait la reconnaissance du droit à un environnement sain, que nous avons repris dans nos nouveaux droits, sous la forme du titre deux à la Déclaration de 1989 par application de la motion Mougins de Roquefort, votée par l'Assemblée nationale le 27 août 1789. Il faut dire que cette proposition de loi constitutionnelle avait été élaborée avec les meilleurs juristes de l'époque : Maurice Duverger, Guy Braibant, le bâtonnier Pettiti ... qui ne nous avaient pas dissuadé de l'intégrer pour que la Déclaration soit conforme aux temps présents.

En ce temps-là, les écolos, n'étaient pas encore une secte qui s'en prend aux œuvres d'art dans les musées. Le fondateur de leur mouvement, le grand René Dumont, leur premier candidat à l'élection présidentielle, dont le chandail rouge était devenu célèbre, avait souvent participé à nos 320 semaines de manifestations, chaque jeudi, de 1978 à 1984 contre la dictature argentine, avec François Mitterrand, Lionel Jospin, Yves Montand, Catherine Deneuve, Bertrand Delanoë et combien d'autres ...

Désormais, entre deux batailles internes à leur mouvement, leurs élus, ralliés à la France Insoumise du trotskiste Mélenchon, font de l'obstruction parlementaire contre la réforme des retraites qui vise à aligner la France sur les autres pays européens. On est loin de René Dumont ; loin du docteur Bombard qui avait rejoint NDH immédiatement.

Est-ce à dire que les problèmes liés à l'environnement sont résolus ? Il serait naïf de le croire.

Après avoir obtenu la fermeture d'une centrale nucléaire, l'électricité la plus décarbonée (à Fessenheim) nos écolos, devenus politiciens, ne s'insurgent pas contre les pesticides, sinon du bout des lèvres.

Voyez l'épandage de ces produits toxiques par les betteraviers (les insecticides néonicotinoïdes) bien que « Bruxelles » les ait interdits. « L'intoxication » se poursuit ; les agriculteurs concernés, soutenus par leur syndicat (la FNSEA) rentrent à Paris sur leurs tracteurs pour protester - et « exiger » - de pouvoir continuer leurs basses œuvres. Entendez-vous alors les « écolos officiels », patentés, protester ? Silence ! Ils pondent des milliers d'amendements à l'Assemblée nationale ... On ne peut pas tout faire.

Un autre produit toxique - le métolachlore disent les experts - est répandu intensivement sur les champs, polluant non seulement les récoltes mais aussi le sous-sol, donc l'eau livrée ensuite à la consommation humaine. Nul ne s'insurge. Là encore, silence. Seuls les producteurs font entendre leur voix pour gémir, comme d'habitude, au nom du rendement ; de leurs revenus. Les droits de l'argent avant les droits de l'Homme, c'est classique ...

Ne revenons même pas sur l'affaire, bien connue, de l'épandage, depuis des décennies, d'un produit toxique dans les bananeraies des Antilles et qui est cause de milliers de cancers. Où étaient alors nos fougueux écolos puisqu'ils n'étaient pas encore parlementaires ? Ils étaient ailleurs, comme pour créer une ZAD contre la construction d'un aéroport à Nantes. C'est plus facile. D'ailleurs, sur ce modèle, leur nouvelle cheftaine n'a-t-elle pas déclaré qu'elle allait transformer le Parlement lui-même en ZAD après que leurs nouveaux élus municipaux des grandes villes aient voulu supprimer les sapins de Noël (Bordeaux), voulu interdire le Tour de France (Lyon), financé une mosquée (Strasbourg), ouvert les piscines aux femmes en burkini (Grenoble) ... C'était l'urgence, la priorité sanitaire.

Tout ceci participe, évidemment, de la défense de l'environnement. Par contre, on s'étonnera que ces idéologues ne soient pas massivement aux côtés de ceux qui dénoncent l'échouage massif des dauphins sur la côte atlantique, victimes d'une pêche sauvage ; qu'ils aient été quasi absents pour l'interdiction de la chasse le dimanche ou la condamnation de la corrida, ce supplice taurin déguisé en fête « culturelle » ... Et que dire encore de l'extension de la consommation de drogues : un vrai bienfait pour l'humanité puisqu'elle provoque des accidents, des crimes, un délitement des sociétés. Allons, disent-ils, «  n'exagérons pas ; un petit peu de cannabis ne fait pas de mal » ...

Mais peut-être est-il temps de crier « au secours », de remettre le monde sur ses pieds et, expérience faite, de dénoncer l'hypocrisie d'une pseudo-écologie qui n'est qu'un masque qui cache d'autres ambitions toutes plus irresponsables les unes que les autres. La preuve, même si ce n'est qu'un détail pour beaucoup : l'agression grave dont a été victime Paul François, agriculteur charentais victime d'un produit vendu par Monsanto (devenu Bayer) qui a gagné son procès après des années de procédures. NDH lui avait attribué son Prix littéraire des droits de l'Homme 2018 (à l'Assemblée nationale) pour son livre « Un paysan contre Monsanto ». Pieds et mains liés à son domicile par trois malfrats qui lui en voulaient pour son combat contre l'agro-chimie, il attend encore une manifestation de soutien. Mais apparemment, il attendra longtemps ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 13 février 2023

Le monde du silence 

Un monde où l'on ne se parle pas, ou on ne se parle plus, est-ce pour autant le « monde du silence » celui des profondeurs cher au commandant Cousteau ? Que l'on regarde sur toute la planète terre ou à l'intérieur de l'Hexagone, le dialogue respectueux, sur fond d'idéal démocratique (réel ou supposé) n'existe plus.

A l'extérieur, les dictateurs, de Poutine au dernier putschiste africain veulent imposer leur loi - si tant est que l'on puisse parler de « loi » - avec ces forçats de la force. Qui disait : « ils font des cimetières ; ils appellent çà la paix » ? Il s'agit donc d'un silence assourdissant, rythmé par le bruit des bombes ou celui des « kalach » en Afrique au détriment des populations civiles. Mais idem aussi au nord du Sahara, en Algérie en particulier où les arrestations, les condamnations se multiplient. Silence dans la presse ; silence dans la rue. L'Armée dite de « libération » referme le couvercle après un temps de contestation de son monopole. Il faut bien sauvegarder la rente pétrolière des oligarques en uniforme. D'ailleurs, si on ne le sait déjà, on l'apprendra bientôt : tout ceci est la faute de la France, selon le mantra habituel, quelles que fussent les tentatives de la présidence Macron pour rapprocher les deux bords de la Méditerranée. Benjamin Stora doit être épuisé, lui qui a consacré sa vie à construire la paix de la réconciliation par le dialogue.

Cependant, il en va de même en France, « patrie des droits de l'Homme ». Les « négatifs » l'emportent sur les « positifs ». C'est dans la rue, souvent avec de la casse que la contestation s'exprime, non autour du tapis vert, par une négociation, fut-elle « serrée ». Le pays a beau avoir réussi à réduire le chômage, surmonté une crise sanitaire majeure, grâce à un pilotage à vue plutôt réussi ; être concurrencé par des pays voisins dont l'âge de la retraite tourne autour de 65 - 67 ans ... même la CFDT est prête à bloquer l'économie française pour imposer le « diktat » de syndicats ultra-minoritaires parmi les salariés. Les sondages se substituent au vote le plus récent. Les sondages d'opinion sont « le peuple », voire les « travailleurs ».

Bien sûr, la pénibilité du travail, le nombre d'années de cotisations, les inégalités femmes-hommes sont négociables pour plus de justice. Mais quand la réponse est négative par avance, que faire sinon que chacun prenne ses responsabilités et aille au rapport de force, une vieille tradition à l'extrême gauche et à l'extrême droite ? L'entre deux partisan, de gauche comme de droite ayant disparu du fait de ses querelles intestines, ne leur reste que le silence ... et l'alignement sur leurs ailes. Leur rôle traditionnel, qui reposait sur l'ordre et le progrès n'est plus qu'un souvenir. La disparition de l'éducation traditionnelle aussi, n'y est pas pour rien non plus.

Reste le temple de la démocratie, le Parlement. Grâce aux moyens modernes de communication, chacun peut assister au spectacle. Certes, ce n'est plus le 6 février 1934, l'invasion du Capitole américain ou des institutions nationales à Brasilia pour le Brésil (toutes attaques venues de l'extérieur). Non. Avec la bande à Mélenchon, la NUPES, l'attaque vient de l'intérieur : milliers d'amendements pour bloquer tout progrès, hurlements, invectives, insultes, agitation physique ... Certains députés posent même, ceints de leur écharpe tricolore en position d'écraser la tête d'un ministre. Où est la dignité, le respect d'autrui et de la fonction ? Les adeptes du « bolivarisme » imposent le silence par « le bruit et la fureur », y compris à leurs alliés de circonstance, tenus en laisse pour quelques strapontins.

Le déclassement de leur pays ? en pleine crise mondiale en Ukraine ? Il n'est que d'écouter la présidente du groupe des Insoumis à l'Assemblée nationale Mathilde Panot pour comprendre. Poutine a ses alliés au Proche Orient, en Afrique et dans le Palais Bourbon ... La « bordélisation » est en marche.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 6 février 2023

Service public et droits de l'Homme

Il ne viendrait à personne l'idée de remettre en cause le droit de grève car il s'agit d'un tabou, d'un totem, d'une vache sacrée. C'est un droit fort justement reconnu au niveau constitutionnel mais que l'on peut difficilement exercer dans les pays réputés proches de la mouvance « mélenchoniste ». En France, par contre, les mêmes autoritaristes, avec leurs relais corporatistes trouvent toujours prétexte à débrayer « contre le capitalisme, les milliardaires » alors qu'en fait, ils s'en gardent bien (sinon verbalement) pour n'exercer ce droit que dans les services publics où l'emploi est garanti à vie.

Leur pouvoir de nuisance vis-à-vis de la population pourrait n'être que verbal eu égard à leur faiblesse numérique. Mais - et c'est pour cela - ces secteurs d'activité étant « névralgiques », ils ont été nationalisés, érigés en « service public » parce qu'ils nécessitaient une continuité. En clair, s'il y a bien des entreprises qui ne sont plus « capitalistes » (l'ennemi idéologique « juré ») ce sont bien celles auxquelles s'attaquent toujours, et avant tout, nos pseudo-gauchistes. Car, là, il n'y a pas de risque de faire couler la « boîte ». Les déficits abyssaux ? Qu'importe, les contribuables paieront après avoir une première fois payé - par la privation de transports ou d'énergie - que ce contribuable, cet « usager » soit grand ou petit (et plutôt petit car le grand lui a son véhicule, avec ou sans chauffeur). En clair, nos valeureux «  gauchistes », politiques ou syndicaux sanctionnent d'abord le peuple (« dans son intérêt ») et surtout sans le moindre risque. Si vous contestez ce mantra qu'ose à peine remettre en cause la gauche traditionnelle - ou ce qu'il en reste - vous êtes « de droite », voire « réactionnaire ». A tout le moins « bourgeois ». Car le « gauchisme » cette « maladie infantile du socialisme » disait Lénine, détient le monopole de la vertu qu'elle promène au bout d'une pique en occupant les rues contre ceux qui tiennent leur mandat, démocratiquement des urnes.

Malgré tous ses avantages (d'aucuns diraient privilèges) les entreprises publiques fonctionnent-elles mieux que les entreprises privées dites « capitalistes » puisqu'aucun bénéfice n'y est prélevé sur la gestion ? C'est l'idéal, la théorie. Il en va, hélas, différemment en pratique et on ne peut que le regretter. On en veut, par exemple, la grève instantanée sur France Inter ou la télévision d'État quand les medias privés eux, grâce à leurs employés «  exploités », continuent à informer ; l'incapacité d'EDF à maintenir en fonctionnement ses centrales nucléaires faute de main d'œuvre qualifiée - merci les écolos ; l'absence du personnel dans les gares, certains jours, à certaines heures quand des trains arrivent avec des heures de retard, ou lorsqu'il y a des intempéries. A ce train (si on ose dire) les trains ne rouleraient pas en Russie et au Canada ... En revanche les magasins Carrefour, pour ne citer qu'eux, sont ouverts 7 jours sur 7 et font parfois des nocturnes ! Mais osons ce trait d'humour douteux : peut-être devrait-on demander à Carrefour de gérer la partie commerciale de la SNCF ? Cela éviterait la prolifération des compagnies d'autobus privés, à bas coût, qui, elles, s'en sortent très bien (en polluant).

Bref, la notion de service public, la notion de service « du » public doit être rétablie. Nous ne sommes plus fin XIXe, XXe siècle quand peu d'électricité était nécessaire ; où l'on se déplaçait peu. Si les agents publics ont des droits, les contribuables plus encore puisqu'ils payent tout, billet et déficit. Le service public dans une société moderne avancée devrait être considéré comme un droit de l'Homme (à être traité avec respect et dignité). Est-ce réactionnaire ? C'est, en France au Conseil d'État de le dire, cette instance suprême qui en a posé les règles, notamment avec le grand Guy Braibant qui l'a longtemps présidé. Il était de « gauche », une gauche responsable et avait, avec modestie accepté d'être un de nos présidents d'honneur avec Léopold Sédar Senghor et Jacques Chaban- Delmas.

C'est parce que le service public est défaillant, là encore, que les associations, bénévoles, ont, dans d'autres domaines suppléé les carences d'un système égoïste, nombrilistes, avec des représentants obtus sans respect d'autrui. Sans l'Abbé Pierre, sans Coluche et combien d'autres, que d'atteintes aux droits de l'Homme en France ! Lorsque, malgré l'appel de 1954, de nombreuses personnes mourraient encore de froid dans ce pays riche, NDH a alors proposé d'imposer par la loi que chaque ville ait obligation d'avoir des abris afin de sauver des vies humaines. Henri Grouès, dit l'Abbé Pierre, va de suite soutenir ce projet de « service public » ; mais non plus de charité chrétienne ... Et le parlement, élu du peuple (non des «  gueulards » prétendument détenteurs de la vertu) vota aussitôt notre proposition de loi sans barguigner. Depuis, combien y a-t-il de morts de froid, à part ceux qui refusent de s'abriter ?

Dans un tout autre domaine, la médecine, défaillante pour cause d'imprévision, sur pression de l'Ordre « vichyste » des Médecins, où en serait-on là aussi sans l'action de service public volontaire (par défaut) de Médecins sans Frontière, Médecins du Monde ...

Donc, quand une minorité tire un pays vers le bas, crée des distorsions de concurrence entre économies, le privé « associatif ou capitaliste » heureusement, prend spontanément le relais. Nul besoin de cela pour l'essentiel : la durée du travail, chez nos voisins espagnols, allemands, italiens, suisses ... souvent gouvernés par des socialistes de cœur et d'esprit. Car la France n'est plus le phare de la pensée progressiste. Sa gauche a suivi, comme les moutons de Panurge, Mélenchon dans le port de Marseille.

Les Allemands avaient coutume de dire : « Heureux comme Dieu en France ». Le diraient-ils encore aujourd'hui ? Balavoine, toi qui nous a soutenu jusqu'à ta mort absurde, reviens vite ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 30 janvier 2023

Le droit à la paresse ?

Dans la France du début 2023, le débat fait rage démoralisant une population à peine sortie du confinement lié au Covid 19 comme la plupart des pays du monde : doit-on reformer les retraites ? Et notamment l'âge du départ à la retraite. Actuellement de 62 ans, que le gouvernement voudrait passer à 64 ans.

La belle affaire ! Tous les syndicats sont « vent debout » contre, y compris le premier syndicat de France, la CFDT qui, au lieu de poursuivre la négociation, façon syndicats allemands, préfère s'aligner sur le syndicat héritier du marxisme-stalinisme : la CGT qui pratique le «  Woody Allen » couramment : « La réponse est non. Au fait quelle était la question ? »

Pourtant tous les pays d'Europe occidentale, amis et concurrents de la France, eux, ont mis en place la retraite à 65 voire 67 ans : Allemagne, Espagne, Italie, Suisse, Royaume-Uni ... Rester en France à 62 ans, voire revenir à 60 ans comme le veut démagogiquement l'ultra gauche, serait une distorsion de concurrence. Une régression du pays (qui déjà, avec ses 35 heures, travaille moins annuellement que ses voisins).

La proposition de loi ad hoc va maintenant passer devant le Parlement qui dira, au cours des discussions, quels sont ses contre-propositions, ses amendements. Et, tant l'Assemblée nationale que le Sénat voteront, y compris, s'il le fallait avec l'usage de l'article 49,3 qui exige qu'une majorité se prononce « contre » pour retoquer la loi (pas au Sénat cependant).

La question est donc : « qui détient la légitimité en France ? ». Les manifestants qui, à l'appel de syndicats aussi à l'étiage que les partis politiques, parlent dans tous les medias comme s'ils étaient « le peuple », voire « tous les travailleurs » ou les élus - de fraîche date - de ce même peuple ?

Non seulement les « camarades » parlent abusivement, usurpant la légitimité des urnes mais ils s'énivrent, avec une poignée de « têtes brûlées » de pouvoir-régulièrement-bloquer un pays tout entier. Ils sont au-dessus de la loi alors qu'ils sont des privilégiés. En effet, s'ils n'étaient pas protégés par l'avantage d'être au sein d'un service public : SNCF, EDF ... donc «  intouchables » agiraient-ils ainsi ? Ils malmènent ceux qui les rémunèrent pour la continuité du service. Un monde à l'envers. Les employés de chez Peugeot, Renault, Danone, Carrefour ... pourraient-ils se permettre de telles dérives, sachant qu'un comportement CGT dans leur entreprise serait la mort de celle-ci ? On connait la réponse.

Nous sommes donc en présence d'un abus manifeste d'un droit qui exige, à peine de voir un pays régresser au plan économique et social, de réviser non seulement ses règles mais surtout ses us et coutumes.

Est-ce tomber du côté de la réaction que de dire que nous sommes « tous égaux » et que la possibilité « stratégique » de paralyser un pays ne saurait aller jusqu'à l'abus, le dévoiement. Soyons clairs : un million de grévistes n'équivaut pas le vote de 60 millions de citoyens exprimé il y a moins d'un an à l'occasion de deux élections nationales.

Le prétendre est ouvrir tout grand la porte à l'extrême droite qui, elle, saura ramener l'ordre. La démocratie n'est pas la « chienlit » disait de Gaulle. Ceux qui en appellent au recul de la France par rapport à ses partenaires (et concurrents) européens après que le gouvernement ait abandonné une politique économique « libérale » au profit d'une politique  «keynésienne» sont les vrais réactionnaires. Il faut désormais redresser la barre économique et financière, ce que les extrémistes mélenchonistes et lepenistes, tous démagogues et avides de pouvoir ne veulent surtout pas admettre.

Que la loi sur la réforme des retraites ne soit pas la panacée, nul n'en disconvient. Mais alors qu'elle soit corrigée, non pas comme on s'y prépare, en déposant des milliers d'amendements au seul but de bloquer la discussion parlementaire ... Il y a du « grain à moudre » comme disait André Bergeron, un grand syndicaliste : la pénibilité, l'égalité femmes-hommes ... Quand la paix est menacée par Poutine, l'ami des extrêmes gauche et droite, il y a mieux à faire que de mettre en œuvre le « droit à la paresse » voulu par Paul Lafargue, le gendre de Karl Marx il y a un siècle. Il faut d'abord être responsable.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 23 janvier 2023

La tête du serpent

Ce n'est pas que le retour de la guerre en Europe. C'est aussi son extension dans le monde à travers le djihadisme persistant et la surrection, en Afrique, du groupe de mercenaires Wagner au profit de l'impérialisme russe ... (au prétexte, risible, de lutter contre le colonialisme français quand on connait l'expansion « poutinienne » en Tchétchénie, en Géorgie, puis en Ukraine).

L'agression, en violation du droit international, de l'Ukraine à l'initiative de Vladimir Poutine (récupération de territoires, crimes de guerre et crimes contre l'humanité) doit être jugée un jour. Et l'instruction est en cours par la Cour pénale internationale, ne serait-ce que par un jugement par contumace.

On peut être sceptique en raison de son travail silencieux. Mais il s'agit là du b-a-ba du Droit : la charge de la preuve. Et de toutes façons, son travail de mémoire est loin d'être inutile car, même s'il n'est pas arrêté, il ne lui sera plus possible après la guerre de circuler dans le monde s'il est condamné.

Tout dépend de l'issue de la guerre qu'il a enclenchée (à laquelle il faudra joindre son attaque contre la Géorgie suivie de l'occupation d'une partie de son territoire).

On l'a souvent dit et répété, les démocraties, de par leur mode de fonctionnement sont lentes, à la différence des dictatures qui n'ont, elles, personne à consulter ou à qui rendre des comptes. D'où les situations de faiblesse immédiates, apparentes, dans un premier temps. En revanche, peu à peu, les peuples se réveillent et se coalisent, comme en 1940, de nos jours au secours de l'Ukraine, malgré une impasse sur la Crimée en 2014.

Il s'agit là d'États à États, reconnus comme tels par les Nations Unies et la communauté internationale.

Tout autre en revanche sont les groupes armés de nature terroriste, tel Ben Laden et, aujourd'hui, le groupe Wagner fondé en 2014 par le criminel de droit commun Evgueni Prigojine. Les faits sont connus. Sorti de prison, ce hors la loi a créé le groupe Wagner, à partir d'anciens repris de justice pour constituer une milice en Russie sans que Poutine trouve à y redire. D'autant que ses bandes criminelles se battent aux côtés de l'Armée officielle russe. Une sorte d'État dans l'État qui pourrait bien, un jour, chasser du pouvoir l'ancien agent du KGB.

Non seulement la troupe de mercenaires de Prigojine détruit, pille, viole, assassine en Ukraine ... à titre privé, personnel mais elle poursuit désormais ses ravages en Afrique où elle fait la pluie et le beau temps en soutien aux derniers gouvernements issus de coups d'État, comme au Mali puis, depuis peu au Burkina Faso sous prétexte d'aider leurs peuples à chasser les islamistes, sans résultat. Alors que leur but réel est de rejeter la présence française en exploitant à leur profit les richesses minières des pays concernés. Selon leur propagande, la France demeurerait « colonialiste », quand la Russie, c'est bien connu, ne l'est en rien - comme chacun le sait ! D'où l'étendue de son territoire.

Dès lors, l'existence des criminels de Wagner ne tient qu'à un fil : leur créateur, qui doit être éliminé, lui, sans avoir à passer par la Justice, par tous les moyens. Les États-Unis, déjà, ont étiqueté le groupe Wagner comme « organisation criminelle ». C'est un premier pas. Comme l'Europe se prépare, de même, à placer les « gardiens de la révolution » en Iran sur la liste des terroristes. Toutefois, ceci est peu, trop peu. Les démocraties, en dépit de leurs règles de Droit, très strictes, doivent parer au plus pressé. D'autant que supprimer Prigojine ne déplairait pas à Poutine qu'il ambitionne sans doute de remplacer un jour, même si cela doit le priver de chair à canon sortie des prisons de Russie.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 16 janvier 2023

Gréviculture française

Et c'est parti ... comme en 14 ! « front contre front ». Sauf que les fronts ne sont pas de même nature pour la réforme des retraites en France et en Europe. Car il y a bien une spécificité française : l'hégémonie extrémiste ou, plus exactement, la capacité anti-démocratique d'une ultra-minorité gauchiste, incapable de l'emporter par les urnes, d'imposer sa dictature par le chantage.

Jusqu'à ce qu'un vote parlementaire l'entérine, sans même recourir au 49,3 (cette belle invention de la Ve République) la loi devrait repousser l'âge de la retraite, en France, à 64 ans, nonobstant de nombreuses exceptions pour les métiers pénibles, ceux qui ont commencé à travailler très jeune, les femmes ayant bénéficié de congés maternité etc.

Avant le vote, de longues négociations ont eu lieu, sinon des tractations, entre le gouvernement et les syndicats ouvriers ou patronaux. Pas de passage en force ! Et l'on pouvait espérer que le premier syndicat ouvrier français, la CFDT, un syndicat « à l'allemande » , ferait pencher la balance vers la réforme afin de sanctuariser les retraites par répartition - et non par capitalisation. Après tout, mutatis mutandis, la CFDT, comme FO, était à la sociale - démocratie ce que la CGT était au parti communiste, issu du stalinisme. Le progrès dans la raison. Application de la charte d'Amiens (1906) sur les rapports partis-syndicats.

Las, un congrès de la CFDT s'annonce et le plus important était de sauver la direction sortante.

Dès lors, « en avant, toute », vers une tentative de bloquer l'économie du pays, à peine sorti de la crise du COVID, de la crise énergétique due à la guerre « poutinienne » ... Haro sur l'Exécutif issu, il y a peu, des élections présidentielles et législatives. Bref, la démocratie est si peu de choses par rapport à la minorité d'une minorité qui, « régulièrement », tient en otage tout une population privée de transports, de carburant, voire plus ... Cela s'appellerait la « gauche » contre la « droite ». Mais seulement si les gens de gauche acceptent la manipulation médiatique consistant à classer « à droite » toutes celles et ceux qui ont quitté les anciens partis PS, PC, Radicaux. Or ils sont plus nombreux que ceux qui y restent en s'auto-proclamant « la gauche », dont ils garderaient le monopole d'attribution du label « gauche ». D'ailleurs, qui leur donne un tel pouvoir de reconnaissance, sur les ruines de leurs partis ? Serait-ce de droit « divin » ? un héritage ? A gauche ? On hallucine ...

Ainsi, une majorité parlementaire se prépare-t-elle à voter le droit à la retraite à 64 ans, avec l'appui de la droite, ce qui est déjà le cas dans la majorité de l'Europe (y compris l'Europe de Sud dite « laxiste ») tandis que les ultra-minoritaires, eux, battront le pavé de la République à la Bastille. Car eux seuls sont les « travailleurs », comme le martèle à l'instar de son camarade Martinez, Laurent Berger. Ils en ont le monopole. C'est une nouvelle noblesse, aussi minoritaire que celle, aristocrate, d'avant 1789. Qui n'est pas avec eux n'est pas un «  travailleur » et donc un réactionnaire.

On s'étonnera donc qu'un parti de gauche, comme le Parti socialiste ayant jadis 200.000 adhérents - aujourd'hui à peine 40.000 - dont 20.000 seulement ont voté pour son congrès à Marseille, ne fasse pas cause commune avec son homologue espagnol (le PSOE) qui lui, encore au pouvoir a opté pour l'âge de la retraite à - 67 ans ! Bigre ! Il tourne le gouvernement Macron par la droite ! Donc, soyons logique, si le gouvernement Sanchez tourne Élisabeth Borne (ex socialiste en carte) « par la droite », il est de droite extrême - élémentaire, mon cher Watson ! Ou, si l'on veut être plus classique : « Vérité au-delà des Pyrénées, erreur en deçà » ...

Certes, les hostiles à la démocratie des urnes exciperont de pseudo sondages, aussi inexacts que les vrais, selon lesquels ils affirment que 80 % des Français sont opposés à la réforme en cours. Les mêmes qui mettent habituellement en doute tout sondage. Les mêmes encore d'ailleurs qui accusent ceux qui vont voter la réforme d'être de « droite » alors que Marine Le Pen et son clan ont déclaré être « vent debout » contre la réforme qui s'impose par l'extension de la durée du travail.

En fait, ce sera l'alliance des deux extrémismes, de gauche et de droite, au Parlement, avec les sociaux-démocrates humiliés, réduits à l'état de flancs-gardes ; en oubliant que la seule voix légitime (et légale) du peuple français s'est, ou sera, prononcée deux fois pour le report de la retraite : dans le programme présidentiel d'Emmanuel Macron puis par un vote parlementaire (probable) dans les deux assemblées.

On distingue habituellement la légalité et la légitimité, comme en 1940, quand Pétain avait la légalité et de Gaulle, la légitimité. En l'occurrence, que cela plaise ou non, le président de la République a les deux. Reste à savoir si les deux extrêmes, droite et gauche, parviendront à étrangler la démocratie républicaine, avec leurs alliées de circonstances, socialistes et écologistes (dont la dirigeante Tondelier veut transformer l'hémicycle en ZAD !).

Chers socialistes, réveillez-vous ! adhérez au parti socialiste espagnol ... sans Emmanuel Valls ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 2 janvier 2023

2023 année - lumière

Une page, une année se tourne, l'une des plus ternes de notre histoire. Pour diverses causes majeures, nous tâtonnons dans l'obscurité alors qu'un avenir radieux nous était promis depuis l'aube du XXIe siècle. Mais, rassurons-nous, nos prédécesseurs de 1914 ou de 1940 étaient encore plus mal lotis. D'où la nécessité de tout relativiser ...

Première catastrophe : la guerre faite à l'Ukraine par un mégalomane qui profite de la passivité slave du peuple russe. Violations du droit international, crimes de guerre, crimes contre l'humanité ... rien ne retient Vladimir Poutine et sa bande qui mentent pire que des arracheurs de dents. Chacun sait cela. En revanche nul, à quelque niveau que ce soit, n'annonce que la Russie devra payer intégralement la reconstruction du pays qu'elle détruit méthodiquement. Certes, on parle de tribunal pénal international pour juger les auteurs de cette attaque préméditée, mais on oublie toujours d'annoncer la facture que le tyran ne payera pas mais que les Russes, eux, payeront sauf à s'en dispenser comme l'Allemagne aussi prédatrice en 1914 et en 1940. « Les casseurs seront les payeurs » disait notre ami Chaban-Delmas lorsqu'il était Premier ministre. L'annoncer ferait peut-être réfléchir les moutons russes. Car pourquoi l'Ukraine, l'Europe, les États-Unis payeraient-ils les frais d'une folie acceptée sans la moindre révolte populaire ? La faute pénale est accompagnée par une dette civile à la charge du criminel et ses complices.

Seconde catastrophe en cours : le réchauffement climatique. Il est avéré selon tous les experts qui pontifient lors de chaque COP21, 15 etc. Sans doute n'ont-ils pas tort. Les moyens pour s'y opposer semblent toutefois dérisoires au regard de l'ampleur du phénomène. Sans jouer les Cassandre et en espérant se tromper ou jouer les négationnistes, il y a peu de chance d'endiguer cette mutation de grande envergure. Il aurait d'abord fallu que les pseudo-écologistes ne fassent pas fermer les centrales nucléaires civiles en France, en Allemagne ... plutôt que de se livrer à leurs guérillas politiciennes internes.

L'homme est apparu sur Terre il y a sept millions d'années. Et les bouleversements climatiques ont toujours ponctué la vie animale, végétale sans qu'il y ait eu auparavant l'industrialisation massive de nos deux derniers siècles, que l'on met en cause aujourd'hui. C'est ainsi que la mer venait jusqu'à Paris, que le Sahara baignait dans la prospérité, que l'on retrouve actuellement au Groenland l'ADN de lièvres, de dinosaures, d'une flore de pays tempérés ...

Dès lors, même sans les bévues du monde contemporain, qui pourrait réussir à s'opposer avec succès à la mutation globale actuelle ? On le souhaite ardemment mais avec peu de chance de réussite. Il faut donc relire au plus vite la « théorie du climat » de Montesquieu qui, dès le XVIIIe siècle prenait en compte mutatis mutandis cette réalité « cosmique ».

Raison de plus pour que les responsables politiques, syndicaux, sociaux, associatifs, médiatiques du monde actuel, à l'aube de 2023, s'élèvent au niveau de leurs responsabilités. « Positivons », anticipons, prévoyons un nouveau projet de société au lieu de présenter le monde de manière critique sans la moindre proposition constructive qui redonne espoir. Que 2023 soit une année-lumière où des femmes et des hommes d'envergure sauront se faire entendre au-dessus du tumulte par un rayonnement philosophique qui débouche sur du concret, du pratique.

N'avez-vous pas noté qu'en France, quand les politiciens se querellent ce sont les medias qui « dézinguent » systématiquement l'action du gouvernement pour dire « blanc » quand celui-ci dit « noir » et « noir » quand celui-ci dit « blanc », sans autres suggestions, bien sûr. Ce sont les medias qui remplacent une opposition évanescente.

Idem dans les luttes sociales. Les Français ont été privés de transport ferroviaire à Noël, non pas sur un mot d'ordre syndical mais sur ordre d'une minorité ... de la minorité. Comme quelques semaines auparavant, ils avaient été privés d'essence pour se rendre à leur travail, transporter les marchandises essentielles.

Bref, « la Terre ne tourne plus rond ». D'où un sursaut salutaire nécessaire, une année lumière qui renversera la donne pour qu'enfin, une fois, les « positifs » l'emportent sur les « négatifs ». Nous y sommes prêts.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 19 décembre 2022

Iran : non-assistance à peuple en danger

Est- ce une fatalité ? Les peuples qui luttent pour leurs libertés semblent toujours vaincus. Au moins dans le court terme car ils sont à mains nues contre leurs bourreaux qui les privent de leurs droits, les torturent ou les tuent sans vergogne. Question de rapport de force. Même le nombre ne suffit pas, comme on le constate en Iran pour renverser un régime détesté et détestable.

Aux côtés de la Resistance, dès l'origine du système tyrannique, on a eu beau dénoncer, comme avant, la dictature argentine rien n'y a fait. Grâce aux moyens modernes de communication des images, des témoignages ont fait l'actualité ; en vain. Les dirigeants continuent de jouer de leurs deux armes : la répression massive et la fabrication d'un armement nucléaire, pour faire chanter les pays étrangers à la façon de Vladimir Poutine.

Pourtant, qui n'a pas eu l'espoir de voir enfin tomber ce régime moyen-âgeux ? Après les vagues de répression de 1979, 1988, la guerre Iran-Irak, 2019, cette fois, 2022 c'était la bonne après la mort de la jeune Kurde Mahsa Amini. Les femmes iraniennes montaient avec courage en masse en première ligne : elles se dévoilaient, se coupaient les cheveux, manifestaient sans retenue ... suivies de peu par les hommes. Un espoir éblouissant naissait enfin. La chute du clan fanatique était proche. Sauf, sauf ... que ce qui était prévisible (non pas pour des briseurs d'espoir ou de rêve) est arrivé : une répression massive - au moins 500 tués ; plus de 12000 arrestations et les tortures rituelles, les viols puis, cerise sur le gâteau si l'on ose dire bêtement : la pendaison publique, comme à un spectacle lugubre des premiers jeunes gens, soi-disant coupables « d'inimitié à l'égard de Dieu ». Là, les manifestations de masse semblent avoir cessé, les choses rentrent dans le rang, comme prévu. Autant conserver sa vie pour plus tard que de la donner pour rien ... logique.

Et que font les pays libres pour ce peuple prisonnier dans ses frontières ? Rien, bien sûr. Cela rappelle « on ne va pas mourir pour Dantzig ». Quelques sanctions économiques ; quelques condamnations verbales avant que ne retombe le rideau. Certes Khomeini, Raïssi et leurs bandes criminelles sont affaiblis mais ils tiennent : « Encore une minute, monsieur le bourreau ». Le projet de tribunal pénal international, qui permettrait de juger, déjà par contumace, les bourreaux, de répertorier leurs noms, actes, lieux de crime n'est encore qu'une idée vague, sans cesse repoussée.

Tout autre est toutefois le cas de l'Ukraine, malgré la similitude dans la criminalité contre un peuple entier, là encore. Cette fois cependant, on peut l'aider, lui fournir des armes, diffuser plus d'images, accueillir femmes et enfants quand les hommes, eux partent au front. Et puis ils ont un Clémenceau, un Churchill, un de Gaulle omniprésent du nom de Zelensky chef d'orchestre hors pair. Comme en Iran, le peuple ne déserte pas mais il est, grâce à l'aide des démocraties en mesure de se battre. Et il est aidé, ce qui n'est pas possible dans la pseudo « république » islamique.

Au final, à des échéances différentes, certes, mais on doit l'envisager pareillement, les criminels de guerre et leurs exécutants doivent être jugés dans les deux cas concernés. Et pour cela via l'ONU, via la Cour pénale internationale voire par une entente motu proprio des pays démocratiques et fiers de l'être, il faut instruire le procès des bourreaux de chaque peuple. Ne serait-ce que, dans un premier temps « pour mémoire », par contumace en préface à un futur vrai procès ; que rien ne soit oublié car, en outre, pour l'Ukraine, il faudra réparer les dégâts causés par l'agression « poutinienne » : des centaines de milliards que le peuple russe, complice par son silence désastreux devra payer après et avec ses oligarques.

Si l'on osait, encore, on pourrait presque dire « Tous les peuples sont égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres ». Certains, avec du caractère se révoltent. D'autres, eux, acceptent la fatalité. En l'occurrence impériale : qu'elle soit tsariste, stalinienne ou post-stalinienne. Tirons-en les leçons ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 12 décembre 2022

Les droits de l'Homme, l'abus du Droit et
l'extension des droits de l'Homme

Le contexte international actuel, et la situation en France en particulier, ne laissent pas d'interpeller, voire de révolter, les plus pacifistes des amis de la liberté. Devraient-ils alors recourir eux-mêmes à la violence pour sauvegarder les conquêtes d'antan, sinon renoncer au mouvement historique d'extension des droits et libertés parce que des attardés remettent en cause ce que nous considérons, fort justement comme un bien, un acquis de l'intelligence sur la bestialité ? Certains, fort heureusement ultra-minoritaires, rejoignent alors la droite extrême, si ce n'est l'extrême droite, laquelle, elle-même, fait souvent la jonction avec l'extrême gauche (cf. Russie versus Ukraine) dans une communion de la force, une détestation commune des libertés.

La faute à qui, au moins dans l'Hexagone ? sans doute principalement aux socialistes, qui ont déserté la voie tracée par Jaurès, Blum, Mendès-France, Mitterrand, Rocard ... en particulier sur ce qui était le fleuron de leurs conquêtes : la laïcité. Mais aussi aux gaullistes d'origine, tombés de Charybde en Scylla. Quant aux communistes, ils portent toujours le nom du parti de Staline, de Mao et de Brejnev. Donc ils en acceptent l'héritage ... Comme les chapelles trotskystes se revendiquent de celui du fondateur de l'Armée rouge (qui capitula devant les armées du Reich allemand, permettant à celles-ci de se retourner, à l'Ouest, contre la démocratie). Heureusement sans succès.

A travers le monde actuel, on connait plus ou moins la donne, le palmarès de la violence : la Russie, en premier lieu, qui bombarde les villes, les hôpitaux, viole et tue. L'Iran, depuis quarante trois ans où les mollahs répriment dans le sang de pacifiques manifestants jusqu'à pendre haut et court des jeunes gens épris de liberté ; main dans la main avec l'Afghanistan des talibans. Mais n'oublions pas non plus les massacres quotidiens des populations civiles à l'Est du Congo par le M.23, appuyé par le Rwanda après un génocide historique. On n'en finirait pas ...

Désormais cependant, la violence pénètre, gangrène aussi les démocraties jusqu'au cœur. Tout est prétexte à la violence. Celle contre les femmes, bien sûr ; mais également celles à l'occasion de manifestations sociales ... si ce n'est, phénomène nouveau, de résultats sportifs comme la coupe du monde de football au Qatar où l'on investit, bien au-delà des Champs Élysées, drapeaux étrangers en tête, des villes pour attaquer les forces de l'ordre, brûler des véhicules et des édifices publics ...

Jusqu'où ira-t-on dans la régression ? D'autant que ces casseurs ne se le permettraient pas dans leur pays d'origine au risque d'être arrêtés, emprisonnés - voire plus.

Les démocraties ne seraient-elles alors que des paillassons sur lesquels on s'essuie les pieds en appelant à la répression que pourtant toutes les forces progressistes dénoncent ? On serait tenté de dire, même si comparaison n'est pas raison, que c'est là l'application à la vie politique de la loi de Gresham en matière monétaire : « la mauvaise monnaie chasse la bonne ». Les partisans de la liberté reculent devant les tenants de l'autoritarisme, dans les pays comme hors frontières.

Ne sont pas seuls en question hélas ceux qui prennent leur pays d'accueil : Belgique, France ... pour un terrain d'affrontement. Bien d'autres contribuent à la régression des libertés acquises. Ainsi, nos écolos bien-pensant qui ont déjà fait arrêter les programmes nucléaires civils, au risque de provoquer des coupures d'électricité en plein hiver, occupent désormais les autoroutes quand les travailleurs rejoignent leur poste pour gagner leur vie. Ils agressent même dans les musées les plus belles œuvres d'art en se prenant pour Érostrate lui-même, l'imbécile qui incendia le temple d'Éphèse ...

Bref, les droits reculent sous les coups de boutoir de leurs ennemis jurés. Et nous, démocrates, hésitons encore à les réprimer, par idéologie, par philosophie. (Voir aussi l'École où les enseignants ne parviennent plus à imposer la si utile laïcité, pierre d'angle de la République).

Alors, sommes-nous dépassés, nous qui nous battons, non seulement pour défendre les droits de l'Homme de 1789 (et 1948) mais aussi pour poursuivre, naïfs, la route tracée en conquérant d'autres droits, dont celui qui nous est le plus cher : le droit à la paix ? Peut-être ; sans doute.

Maintenant, il suffit d'un passeur à 3000 €uros pour avoir plus de droits que n'importe quel citoyen qui a trimé toute sa vie. Sans même s'être battu dans son propre pays, comme l'ont fait nos anciens en 1914, en 1940 qui, eux, ne sont pas allés dire à nos voisins Suisse : « on a droit à ». Car il y a toujours les « droits à » et les « droits de » ; les droits passifs et les droits actifs ...

Faisons-en le constat douloureux : le Droit de nos jours est dévalué. La force prévaut. Mais peut-être alors serait-il temps de restaurer en priorité cette partie du Droit qu'est le Droit conventionnel (contractuel) entre les pays : sans réciprocité on s'en tient au statu quo ante. Car la loi de la jungle, sinon, va encore avancer, malgré notre volonté politique actée démocratiquement depuis deux siècles.

Difficile de conquérir de nouveaux droits quand les droits acquis régressent « de jure et de facto ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 5 décembre 2022

Holodomor

Nos historiens et autres commentateurs se réveillent enfin ... Ils ont découvert l'Holodomor, génocide ordonné par l'illustre prédécesseur de Vladimir Poutine, en 1932, le « petit père des peuples », Joseph Staline.

Les paysans ukrainiens se refusant à livrer leurs céréales après que toutes les terres aient été collectivisées, l'ordre de les priver de tout fut donné par le Kremlin. Bilan : entre quatre et cinq millions de morts de faim en Ukraine.

Il y eut sans doute par le passé bien des génocides dans l'Histoire. Mais celui-là était le premier après le génocide des Arméniens par la Turquie et celui qui précéda le génocide nazi des Juifs européens durant la dernière guerre mondiale, avant, le dernier en date, le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994. Un catalogue impressionnant de la monstruosité humaine quand la démocratie a disparu (ou n'a jamais existé).

L'Allemagne, revenue à son passé douloureux a pris l'initiative, fin novembre, de reconnaître l'Holodomor par un vote du Bundestag. Il faut lui en reconnaître le mérite et en faire valoir l'exemplarité (car on sait que le génocide des Arméniens, pour sa part, n'a toujours pas été reconnu par la Turquie de l'autocrate Erdogan). Quant à celui du Rwanda ...

Espérons donc que le Parlement français, à son tour suivra l'Allemagne malgré l'abstention récente des mélenchonistes et des lepenistes dans la condamnation de l'invasion de l'Ukraine. Certes, qui se ressemble s'assemble. On peut être inquiet toutefois pour nos libertés futures quand il faut constater que les élus cautionnent in petto l'invasion d'un pays indépendant, le bombardement d'hôpitaux, les crimes contre l'humanité et crimes de guerre, les viols et les tortures largement prouvés.

La résistance ukrainienne est en cent points similaire à celle de la France après 1940. Ceux qui se cachent derrière leur petit doigt pour ne pas condamner sont les mêmes qui, à l'époque demandaient aux représentants du Reich de pouvoir re-publier l'Humanité quand d'autres rejoignaient Pétain à Vichy.

Même le pape François, pour avoir dénoncé l'engagement armé et forcé des minorités ethniques (plus que les Russes d'origine) a eu droit de se faire apostropher par le ministre des Affaires étrangères de Poutine, Sergueï Lavrov - la « Voix de son maître » comme disait autrefois la publicité de Pathé-Marconi.

Ainsi, dernière nouvelle, selon ce complice et du président russe et des miliciens du groupe Wagner qui massacrent jusqu'en Afrique, le pape François ne parlerait pas « en chrétien ». Tiens donc, quelle leçon de sa part quand on aurait plutôt attendu celle du patriarche russe orthodoxe Kirill, ancien membre du KGB à l'époque non achevée du stalinisme.

Un espoir demeure cependant, quoique bien maigre : la création d'un tribunal pour crimes d'agression. Rien de gagné cependant car les juristes se chamaillent sur la compétence de la Cour pénale internationale de La Haye ou de celle d'un tribunal ad hoc. N'oublions pas que la Russie a un droit de veto au Conseil de Sécurité de l'ONU. Mais la volonté éthique - « poléthique » dirions-nous - doit surpasser ces bisbilles. Il faut avant tout avancer. L'exemplarité doit prévaloir. Une instance sérieuse, quelle qu'elle soit doit instruire le procès des crimes, quitte à condamner par contumace leurs auteurs qui auraient bien du mal, ensuite, à sortir de leurs frontières. Mais, déjà, faisons reconnaître urbi et orbi le « droit à la paix ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 28 novembre 2022

Femmes : de Buenos Aires à Téhéran

La mort récente de Hebe de Bonafini, à Buenos Aires, a bouleversé celles et ceux pour lesquels le combat des femmes ne date pas de #MeToo, si utile soit cette « insurrection » pacifique pour la dignité, le respect de « la moitié du Ciel » comme disait Mao Tse Toung. On comprend que l'Argentine ait décrété trois jours de deuil national pour cette fille morale d'Evita Perón.

Pour nous, « Hebe » était le modèle qu'à Paris nous avions décidé de suivre : celui des Mères de la Place de Mai, que le dictateur Videla appelait, lui, les « folles de la Place de Mai ». Car il fallait bien être fou pour manifester chaque jeudi parce que votre frère, votre mari, vos enfants avaient disparu. 30000 personnes au total, dont nombre de Français : Yves Domergue et sa compagne, la fille des parents Dautier ; les deux religieuses sœur Alice Domon et sœur Léonie Duquet ...

Le futur pape François, jésuite, alors archevêque de Buenos Aires les aida, comme un autre évêque qui, lui, y perdit la vie.

Dès lors avec une poignée de militants, nous les avons imitées, ces mères intrépides, chaque jeudi, pendant 320 semaines devant l'ambassade, rue Cimarosa, rejoints par François Mitterrand, Édith Cresson, Michel Rocard, Gisèle Halimi, Lionel Jospin, Yves Montand, Michel Foucault, Catherine Deneuve, Daniel Balavoine, Bernard Kouchner et combien d'autres ... Hebe de Bonafini elle-même vint se joindre à nous lors de sa venue à Paris. Les Mères de la Place de Mai ont été le vecteur qui a popularisé la révolte contre la tyrannie jusqu'à sa chute, en 1983, après la guerre des Malouines conduite par une autre femme, une « dame de fer » : Margaret Thatcher.

De Jeanne d'Arc à Indira Gandhi, Benazir Bhutto en passant par Golda Meir, Première ministre d'Israël, les femmes ont démontré leur capacité à faire front, ce que #MeToo n'a fait que suivre et populariser à l'échelle planétaire contre les violences qui leur sont faites alors que, NDH l'avait montré, chiffres à l'appui, en France et dans le monde, elles ne sont qu'une infime minorité condamnée, incarcérée pour crimes et délits. D'où notre conclusion provocante : les femmes devraient payer moins d'impôts puisqu'elles coûtent moins cher à la société en dépenses de Justice et de prisons ...

Mais la lutte des femmes, comme modèle à suivre ne s'arrête pas là. C'est ainsi que nos sœurs iraniennes, elles-mêmes, ont pris, avec un courage inouï, le relais des femmes argentines et que nous partageons avec abnégation leur lutte contre l'oppression depuis 42 ans, sans discontinuer. Comme en Afghanistan, le foulard islamique est leur prison quotidienne. Avec la Resistance iranienne que dirige Maryam Radjavi depuis la France, nous devons dire ; que dire ? crier ! notre contestation pleine et entière à la dictature religieuse qui, en outre les frappe d'inégalité civile (dans l'héritage, la liberté de circulation ...). Vive la laïcité, la liberté dans un monde qui se scinde en deux sous l'offensive impérialiste du postsoviétique criminel Poutine.

Les dictateurs misent sur le rapport de force, comme nos dictateurs « domestiques » auteurs de centaines de « féminicides » en France chaque année (et dans bien d'autres pays démocratiques). Répondons par le Droit, l'extension du Droit dont le premier de tous : le droit à la paix. Qu'il soit national ou international. Ce droit qui aurait dû être reconnu avant tous les autres et qui les conditionne tous.

Le monde a tendance à marcher sur la tête, à l'aube du troisième millénaire. Positivons, actuellement derrière les femmes iraniennes. Renversons la donne. Que la mort de la jeune Kurde iranienne Mahsa Amini, ne soit pas vaine. Elle qui a été sacrifiée parce que son voile était mal posé sur sa tête innocente. Mais, au fait, où sont les féministes françaises dans cette lutte qui dépasse de loin les frontières de l'Hexagone ? Hum ! Beuh ... bin. Vous comprenez, nombre d'entre elles ont accouru à Téhéran en 1979 pour saluer l'ayatollah Khomeini qui les a obligées à se voiler, hic et nunc. Et elles l'ont accepté, suivies bien plus tard par des intellectuels français qui ne pouvaient rien ignorer, eux, qui plus est, de cette oppression, des jeunes pendus en grappes, des tortures en masse, des prises d'otages étrangers - dont 7 Français actuellement ; des massacres de masse des opposants en 1988.

Hebe, Mahsa vous rayonnerez plus encore mortes que vivantes.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 21 novembre 2022

Racisme ?

Les droits de l'Homme ne doivent pas être un « passe-partout » destiné à privilégier certaines catégories de personnes plus enclines à exiger des « passe-droits » que d'équilibrer droits et devoirs. Ainsi en va-t-il depuis plusieurs années, voire décennies en France, bien qu'elle soit la « patrie » reconnue des droits de l'Homme. Le « racisme » en est le meilleur ou le pire exemple. Et le « wokisme », importé des États-Unis pour être « dans le vent » d'une pseudo modernité en est la parfaite illustration.

Heureusement, l'Histoire est là pour prouver que ceci n'est que fadaise car quel pays a autant été une terre d'accueil que l'Hexagone national ? Avant comme maintenant ... Il n'est que d'enquêter sur le million de Polonais, d'Italiens, d'Espagnols, de Portugais, de Juifs «  multinationaux » qui ont librement choisi de s'y installer et qui seraient vite repartis s'ils avaient été victimes de discriminations. D'ailleurs pourquoi n'émigre-t-on jamais vers les dictatures fascistes ou staliniennes ? On ne le répétera jamais assez, «on vote avec ses pieds ».

Nos compatriotes d'outre-mer, pas vraiment « gaulois » d'origine, victimes autrefois d'un odieux esclavage, se plaignent-ils de « racisme » ? Les artistes noirs d'outre-Atlantique, victimes de ce mal récurrent (Joséphine Baker, Sydney Bechet ...) ne sont-ils pas venus en France respirer un véritable air de liberté dont ils étaient privés chez eux, là où les négriers les avaient autrefois déportés ?

On connait la chanson : « dénigrez, dénigrez » il en restera toujours quelque chose. Le terme « raciste » est instrumentalisé à des fins « purement » intéressées : politiques, économiques, sociales, culturelles (quand ce n'est pas « religieux » sous la forme d'un certain « gauchisme » électoraliste qui se permet, sans scrupule, d'insulter la France sans la moindre reconnaissance pour ce qu'elle a été et est toujours « Dieu merci » !)

Ces « belles âmes » soutiendront que c'était « autrefois ». Comme si nos amis venus d'Asie, plus récemment, avaient, eux, à se plaindre et connaissaient des problèmes d'intégration à quelque niveau que ce soit : logement, travail ... Bénéficient-ils d'avantages dont seraient privés d'autres émigrés fraîchement arrivés ? Seraient-ils « privilégiés », voire « discriminés positivement » ?

Autre leitmotiv « gauchiste », cent fois ressassé, le racisme serait fondé sur la religion (les migrants des décennies passées étant tous réputés « chrétiens ») sous-entendu, ce sont les musulmans que les Français rejetteraient et refuseraient d'intégrer. Mais, que l'on sache, nos nouveaux compatriotes venus d'Extrême-Orient ne « sentent pas l'eau bénite » pas plus d'ailleurs que les Juifs dans les décennies passées. Dans un pays laïque, l'argument ne peut être si l'on ose dire que de « mauvaise foi » et indigne. Il ne résiste pas à l'analyse. D'autant qu'en matière religieuse, c'est le cadet des soucis des habitants de ce pays.

C'est peut-être là cependant que l'on approche la vérité d'un peu plus près : par la laïcité et non par la religion.

Dans les précédentes vagues migratoires, les parents imposaient à leurs enfants d'assimiler les programmes scolaires sans les contester ; à ne pas exiger des menus particuliers, à s'habiller comme tout un chacun sans affichage de nature religieuse ostentatoire. Il n'y avait pas, non plus, de terrorisme lié à une religion quelconque. « A Rome, fais comme les romains» disait-on. La laïcité n'interdit aucune religion mais elle n'en privilégie aucune. Et c'est sans doute là où le bât blesse ... dans l'ostentatoire s'il cache une idéologie non démocratique.

Tous les témoignages, les rapports l'attestent, l'islamisme gangrène l'école quand ce n'est pas toute la vie publique. Lorsque les Iraniennes exposent leur vie pour vivre libres, sans avoir la tête « empaquetée » (afin qu'aucune idée n'y pénètre) en France, le combat de certaines femmes musulmanes vise à l'inverse à les enfermer ; à encourager le communautarisme, si ce n'est le séparatisme. Notre ami Malek Chebel, d'ailleurs, le reconnaissait : « Aucun pays musulman au monde n'est une démocratie ». Et pour cause : ce n'est pas la croyance en Dieu qui est contestée mais la philosophie qu'elle porte. La laïcité gage de liberté est honnie. Ce serait là, veut-on nous faire croire, une preuve de « racisme » alors que c'est le prosélytisme exposé à tout propos qui fait monter l'extrême droite raciste.

Un sursaut de loyauté s'impose donc à tous, au jour le jour ; une laïcité de proximité. Les élections, d'ailleurs le prouvent ... ailleurs. Ainsi, en Suède, pays d'ultra-tolérance, l'extrême droite est arrivée au pouvoir dans le même temps où, au Danemark, une gauche sociale-démocrate, ayant pris des mesures contre l'islamisme lui a permis de remporter le dernier scrutin législatif.

Dès lors, si la laïcité est un racisme comme le mélenchonisme et ses alliés veulent nous le faire croire notre choix est fait d'avance.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 14 novembre 2022

Des partis sans boussole ni projet

Dans la tempête qui suit la crise sanitaire issue du Covid 19, puis aujourd'hui la crise énergétique liée à l'agression russe en Ukraine avant la crise climatique, la classe politique tâtonne, esquive, avance « à la godille » sans idées ni projets. De concert avec la classe médiatique elle n'existe qu'en critiquant - à raison ou à tort - mais seule la critique leur permet de subsister, au crochet des finances publiques et d'une pollution publicitaire, (système capitaliste oblige).

L'Assemblée nationale française (ce n'est pas mieux en Grande Bretagne, Allemagne, Italie) en est le triste spectacle. Entre les vociférations de la France Insoumise, les insultes racistes publiques du pseudo Rassemblement National, une majorité se cherche, comme le maréchal de Soubise cherchant ses troupes avec une lanterne ...

La moitié des socialistes a rejoint le candidat Macron quand l'autre moitié tergiverse, à l'instar des restes de la droite traditionnelle qui ne s'oppose ... que pour s'opposer.

Certes, le Président de la République ne trace lui-même aucun grand dessein, poursuivant son « en même temps » qui veut tout dire et rien dire. Seule son intelligence le sauve comme elle lui a permis d'être élu, réélu dans le désert politique qui s'étale à nos pieds. La même intelligence qui lui permettra sans doute d'achever son second mandat sans encombre. Mais au-delà ?

Il ne suffit pas de trouver le « plus petit commun dénominateur ». Encore faut-il une boussole, un projet pour la France, l'Europe, le monde qui, eux-mêmes, se cherchent. Car ce n'est pas en continuant à s'inféoder aux Américains, aux Russes ou aux Chinois, comme le font les Allemands que la France poursuivra sa mission historique à partir de sa propre philosophie.

Certes, l'Allemagne est complexée par son passé qui ne passe pas et reporte dans l'économie ses ambitions dominatrices. Mais ce n'est pas une raison pour la laisser se lier les mains (Schroeder, Merkel) au gaz russe ; déserter par avance la Défense européenne ; faire cavalier seul avec la Chine.

Allez donc parler de cela à nos élus nationaux qui limitent leur mandat à concocter des tunnels d'amendements et de sous-amendements à seule fin d'entraver l'action d'un gouvernement qui ne dispose que d'une majorité relative. Heureusement que la Constitution de Gaulle-Debré de 1958 a instauré l'article 49-3 qui a déjà sauvé le gouvernement Rocard (et aurait sauvé celui de Pierre Mendès-France s'il avait pu en bénéficier).

C'est en vain jusqu'à présent que l'ancien Président Nicolas Sarkozy a tenté de dépasser le problème en tentant d'éviter que ce qui reste de son parti ne rallie (ou ne s'allie) le Rassemblement National, version française du « trumpisme » américain. De même que c'est en vain que l'ancien Président François Hollande met en garde ses camarades incapables de présenter un des leurs aux élections européennes puis aux régionales en Île de France d'être pieds et poings liés à la clique mélenchoniste qui est « pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour ».

Alors un grand dessein, une nouvelle société comme le prônait notre ami Jacques Chaban-Delmas ou sous une autre forme François Mitterrand en gardant le volant de l'Union de la Gauche ? Pourquoi pas ? Un peu d'ambition, un peu d'imagination avant de mettre au rencart tous les boutiquiers qui n'ont pour but, selon la formule du Général que de « faire leur petite cuisine sur leur petit feu ».

La France, patrie des droits de l'Homme n'a pas terminé, loin de là son œuvre ; nous avons pu le démontrer par la signature d'une proposition de loi constitutionnelle par 520 parlementaires de tous bords et des centaines de personnalités scientifiques, philosophiques, artistes ... Il faut pour cela un rêve, comme disait Martin Luther King ; une voix forte qui transcende les contingences actuelles. Et puisque la guerre nous est imposée, à contre-courant de l'évolution du monde depuis 1945, profitons de l'opportunité qui nous est offerte pour faire reconnaître la paix comme un droit, sans naïveté mais dans la logique qui veut que ce droit aurait dû précéder tous les autres et le rendre exigible ... comme tous les autres.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 7 novembre 2022

Les États voyous

Le monde se fissure et se cherche. Entre Occident ... jusqu'au Japon et à la Corée (du Sud) ou autres pays qui ne savent pas choisir leur route, faute de convictions ou par simple intérêt. Et on peut le comprendre compte tenu de l'Histoire propre à chacun. Ce n'est pas baisser la garde que de le dire. C'est un constat qui oblige l'Occident « sûr de lui et dominateur » selon l'expression de de Gaulle en 1967 à propos d'Israël, à faire un peu d'introspection. Car personne n'est tout blanc ou tout noir dans le monde actuel.

Il est temps désormais de remettre la balle au centre, tant pour le dit « Occident », avec ses valeurs démocratiques qui poussent jusqu'aux extrêmes, suscitant même dans ses limites, des réactions de rejet (Trump aux États-Unis ; Bolsonaro au Brésil ; lepenisme en France ...). Tout serait permis ... au nom de la liberté. Voire.

Le monde cherche donc un point d'équilibre entre « plus » ou « pas assez » de libertés, sur lequel prospère la droite extrême, de connivence plus ou moins avouée avec le maître à penser du camp adverse, l'inénarrable menteur impérialiste Vladimir Poutine, soutenu, mezzo voce - avec dédain cependant - par la Chine, l'Inde (trois milliards d'habitants au total) qui n'entendent pas, elles, se lancer dans des aventures belliqueuses, bien qu'ayant des différends historiques à régler entre elles.

Alors pourquoi tant de risques de conflits dans le monde actuel ? Tout simplement parce qu'il y a quelques États voyous dans le camp opposé à l'Occident démocratique qui s'appellent la Russie, l'Iran, la Corée du Nord lesquelles ne cessent de jeter de l'huile sur le feu.

La Russie est naturellement la plus dangereuse, de par son étendue, son armement nucléaire, ses antécédents dominateurs. Outre son siège de membre permanent des Nations Unies avec droit de veto.

La Russie poutinienne est hors la loi internationale par sa volonté hégémonique sans borne que seules les armes occidentales, en soutien total à l'Ukraine envahie, peuvent arrêter. Il ne s'agit pas d'une guerre offensive des pays libres mais bien d'une guerre défensive de nos libertés.

Idem pour l'Iran des mollahs qui veulent en découdre non seulement avec leur propre peuple mais aussi avec leurs rivaux sunnites, avec les États-Unis et avec tout ce qui s'exprime pour la liberté. Ils s'ingèrent en Irak, en Syrie, au Liban et entendent bien poursuivre leur « fascislamisme » par-delà la mort de leur ayatollah Khomeiny (83 ans) grâce à leurs milices armées (bassidji) et à un armement nucléaire acquis secrètement pour menacer Israël en premier lieu.

Troisième État voyou, la Corée du Nord, dirigée par une dynastie soi-disant communiste, les Kim depuis trois générations. Le petit héritier, le gros Kim Jong-un, terrorise tous les pays voisins en arrosant leurs environs de tirs d'armes balistiques susceptibles de porter des armes nucléaires. Point commun avec la Russie et l'Iran : personne ne les menace. Ce sont donc trois États hors norme des traités internationaux que seule la force peut faire rentrer dans le rang des nations civilisées. La seule question est « comment » ? Car les voyous, États ou individus s'assoient sur toute règle.

C'est là où la politique, le Droit doit intervenir faute de moyens « techniques », militaires pour les ramener à la raison. Sans naïveté cependant.

Les États démocratiques, bien qu'ils ne soient pas exempts de toutes fautes, doivent se rapprocher de la Chine, de l'Inde, si ce n'est du Brésil de Lula pour imposer la reconnaissance du « doit à la paix » au niveau universel ; donc la condamnation automatique de tout pays agresseur. Présentement la Russie, l'Iran et la Corée du Nord. La Chine en particulier, confucéenne, pacifique durant des millénaires, concurrente avec l'Occident sur la conception des droits de l'Homme, victimes des invasions occidentales, japonaise, membre permanent du Conseil de Sécurité, doit en être le garant après avoir été mise devant ses responsabilités mondiales. Certes, elle n'est pas notre idéal démocratique. Mais que « ceux qui n'ont jamais pêché » lui jettent la première pierre comme le disait le nazaréen aux tartuffes de son temps.

D'urgence, la France, l'Europe doivent s'entendre pour convoquer une conférence sur le «  droit à la paix » avec la Chine, l'Inde, l'Afrique, l'Amérique du Nord et du Sud pour mettre hors la loi toute guerre d'agression ; et, dès lors, mettre d'un commun accord tout État voyou agresseur au ban des nations. Ce n'est pas du pacifisme bêlant. C'est du Droit, qui relève immédiatement de la Cour Internationale de Justice sinon de la Cour Pénale Internationale. Le Grand Jaurès, auteur de « Vers l'Armée nouvelle » aurait pu l'écrire voici 150 ans. Mais est-il trop tard ?

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 2 novembre 2022

Halloween, Halloween ...

Comme tous les ans désormais, à la veille de la fête rituelle de Toussaint, ce n'est qu'un cri, qu'un slogan venu d'outre Atlantique : « Halloween, Halloween » et prière aux ringards qui récusent l'invasion culturelle américaine de se taire. Car ce n'est qu'un des aspects de la colonisation. Non pas celle qui tirerait, disons-nous, par le haut mais celle qui tire la société mondiale vers le bas.

Bien entendu, les commerçants, ceux qui ne s'affichent désormais qu'en anglais, les fils de pub en tête, ont été les premiers à vanter les charmes de la prostitution culturelle. Souvent, pour l'ambiance, le tout accompagné d'un fond musical anglo-saxon. Il faut être ou faire jeune.

En fait, c'est l'argent, l'appât du gain qui est le fil conducteur de tout. On disait autrefois le «  capitalisme », quand il y avait une gauche. Quant à la droite extrême, elle se tait, la défense de la culture, de la langue nationale n'est pas son affaire. D'ailleurs, leurs têtes pensantes se prénomment Jordan ou Steve.

Mais le phénomène n'est pas nouveau cependant. Reportons-nous aux Évangiles. Le doux Jésus, non violent par nature prenait une cravache pour éjecter les marchandes du Temple, précurseurs de ceux qui nous imposent leurs « since », leurs « by » à tout bout de champ.

Lors donc, de par décret des commerçants français (idem dans d'autres pays d'Europe) les parents sont incités à dresser leur progéniture à se déguiser en morts-vivants et à aller quémander des friandises alentour. « Viva la muerte » ! sauf que l'on ne s'adresse pas à des adultes et qu'on les éduque dans l'insignifiance de la mort, tournée en dérision. Et l'on s'étonnera ensuite des meurtres gratuits. Puisque la mort contre laquelle se battent scientifiques, médecins n'est qu'un jeu. D'ailleurs, regardez les programmes de télévision nationale publique : « Tropiques criminels ; meurtre à Oléron ... ». Quant à la réalité, voyez Cnews, on illustre Halloween comme on peut.

On s'étonnera ensuite que des esprits faibles, bien conditionnés passent à l'acte dès 13 - 14 ans, créant alors un appel d'air vers le tout répressif. Aucun respect pour la mort (ou les morts) ; tout est permis. Si on ne craint plus la mort - a fortiori parce que la peine de mort a été fort justement abolie par le Président Mitterrand - les lois ont encore moins de valeurs et que dire des droits de l'Homme cette utopie archaïque ? Les valeurs sont renversées. Les parents initient leurs enfants non pas au respect des droits mais à la transgression. La mort n'étant qu'une farce, il n'y a plus de frontière ; tout devient possible.

Le pire cependant vient de ce que les pouvoirs qu'ils soient religieux ou politiques, voire médiatiques ne réagissent pas. Les religions, qu'elles soient chrétiennes, juives ou musulmanes se taisent face à Halloween ; sans doute par peur d'être taxées de rejeter une intrusion dans leur domaine fondamental. Les pouvoirs publics ? Ils se taisent également, voire, pire encore, dans nombre de communes, célèbrent Halloween par souci électoral, sans s'interroger sur un quelconque rapport avec la loi de 1905 séparant le religieux (fut il débile) avec la neutralité des autorités.

Halloween a fait cette année, en Corée, plus de 150 morts le 29 octobre. Faut-il le déplorer ? Si on est contre cette fête stupide, oui. Si on est « pour » au contraire, réjouissons-nous de ce que réalité et fiction se rejoignent dans l'horreur ; « D'orange mécanique » à « citrouille mécanique » la couleur est la même.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 24 octobre 2022

Tirés vers le bas (ou vers le haut) ?

Dans la tête de la plupart des gens de tous les continents le monde allait, grâce à la science, vers des jours sinon heureux, du moins meilleurs. Le genre humain, après deux guerres mondiales, surmonterait tout ce qui fait obstacle à son bonheur : la faim, la soif, les catastrophes naturelles ou non. D'aucuns se projetaient même déjà dans l'espace cosmique. Puis, depuis quelques années, retournement de tendance, non à l'échelle d'un continent ou de quelques pays mais à l'échelle planétaire. On est passé de l'optimisme au pessimisme sans qu'une résistance ne pointe encore à l'horizon.

Il n'y a pas qu'une cause à cela ; bien au contraire, il y a accumulation de causes, sans ignorer surtout les causes imputables à l'homme lui-même - et c'est bien là le plus grave : la responsabilité humaine proprement dite.

Côté destin, le « fatum » des latins, il y a bien sûr la Covid qui a mis le monde à l'arrêt. Mais, à responsabilité largement partagée, il y a aussi le réchauffement climatique dû à une activité humaine débridée sur la terre entière qui peut très bien coïncider avec une nouvelle ère dans l'histoire du monde. Il est trop tôt pour le savoir et si tel est le cas, les COP 21, 22, 23 seront bien impuissantes à endiguer un dérèglement cosmique tel qu'il y en a déjà eu.

Côté responsabilité humaine stricto sensu, les raisons du retournement des esprits, lui, n'est pas qu'hypothétique. Il est bien réel, quasiment mesurable.

On est passé de l'espoir né de l'abolition de l'esclavage, de la fin de la colonisation, de la reconnaissance universelle des droits de l'Homme, de la mondialisation par les transports, la télévision, le téléphone, internet à des excès qui parfois font regretter le progrès, jusque, parfois, un retour à la nature des hyper-écolos.

Les valeurs, qui sont l'honneur de bien des civilisations ont changé. Autrefois, notamment dans les pays avancés, on enseignait comme base : le beau, le bien, le vrai. Maintenant ceci est totalement ringard sous l'influence négative de l'invasion idéologique venue des États-Unis, renforcée par leurs complices en quête de pseudo modernité sur tous les continents. Le cinéma, la musique, la violence, la drogue, la langue sont ceux du maître à penser (si tant est qu'il y ait matière à penser d'ailleurs).

Désormais, partout, surtout sous l'influence des medias, le négatif l'emporte sur le positif. L'éducation est globalement remise ne cause, y compris l'éducation laïque qui avait tenté de remplacer les valeurs chrétiennes les plus enracinées. Alors que par le passé, l'esthétique privilégeait la beauté, dorénavant, wokisme oblige, ce qui est horrible est décrété « génial ». Il faut tout « tagguer ». Tant, par la paresse intellectuelle et appât du gain rapide. Les canons de la beauté sont ceux d'outre Atlantique, comme en matière musicale. Aux oubliettes Mozart, Wagner, vive les groupes bruyants dopés par la drogue.

Mais il n'y a pas que le beau et le bien qui sont rangés sur un rayon de musée : le vrai aussi est devenu sujet à caution. Toute vérité est relative. Cf. les armes de destruction massives qu'avait caché Saddam Hussein en son temps, ou les mensonges assenés à longueur de semaines par Poutine depuis qu'il a envahi l'Ukraine.

Où que l'on porte le regard, hic et nunc, rien n'élève l'esprit de nos contemporains, ne le tire vers le haut, vers l'espoir d'un monde meilleur. Mais c'est peut-être à ce moment-là, quand tout semble perdu, immédiatement que surgit par miracle la résistance et le rebond. Paul Valéry affirmait que les civilisations avaient appris qu'elles étaient mortelles. Sans doute. Mais quand on a touché le fond on ne peut que remonter.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 17 octobre 2022

Le syndicalisme n'est pas la prise d'otages

Il est temps de revisiter nos classiques sur le droit de grève (1864, sous Napoléon III) et la liberté syndicale (1884) car le XXIe siècle n'est pas le XIXe siècle. Loin s'en faut. Ces deux droits majeurs dans des économies de marché gardent toute leur valeur. En revanche, ils doivent être adaptés au monde contemporain.

Avant 1900, il y avait très peu d'automobiles, d'avions et de trains, alors qu'aujourd'hui ces trois moyens de transports sont devenus populaires, au sens originel. C'est une sorte de droit coutumier acquis par tout le monde. Reste donc à savoir si une infime minorité, au nom du droit de grève peut priver de leurs droits acquis (surtout dans un service public) tous leurs concitoyens. Si le droit de grève est un droit fondamental, il n'est pas un article de foi religieux qui, renversant les règles de la démocratie s'impose à plus de 90% d'un peuple. Ou, si ces ringards héritiers du bolchevo-leninisme ont raison, pourquoi les agents d'EDF ont-ils depuis longtemps cessé de couper l'électricité ?

Pourquoi ? Mais c'est pourtant leur droit ! nom de Zeus ... Donc, on ne coupe plus le courant mais on peut toujours empêcher les trains de rouler, priver les automobilistes d'essence, interrompre le trafic aérien. Nos pseudo « révolutionnaires », modèle 1900 pourraient aussi couper l'eau : cela serait très utile pour économiser ce bien, précieux à tous les vivants (végétaux, animaux, humains).

En réalité, nos beaufs bolivariens ignorent la notion de service public. Ils ne connaissent que le rapport de force ; la dictature de la minorité sur la majorité, comme au Nicaragua, au Venezuela, en Corée du Nord ou en Russie. C'est tout une culture archaïque au nom du principe irréfragable, incontestable d'un quasi droit divin inversé.

« Nous sommes la gauche, nous sommes les travailleurs » ; les travailleurs sont notre propriété exclusive.

Sauf que la gauche, cette gauche, a disparu des écrans et des bureaux de vote pour voter plutôt pour la droite extrême. Ils sont les « travailleurs ». Mais qui ne travaille pas ou ne cherche pas à travailler au jour d'aujourd'hui ? Les infirmières, les aidants, les ouvriers qui doivent prendre leurs vieux véhicules pour rejoindre leur usine, leur poste à 50 kilomètres ?

En réalité, il s'agit d'une monarchie inversée qui s'assoit sur la démocratie, au point de tuer la gauche politique qui va se rabougrir encore plus que ces dernières années, comme un bateau qui coule avec son équipage aveugle qui crie derrière ses banderoles « Nous sommes les travailleurs » quand les dits travailleurs eux, ont tout compris et faute de confiance soit s'abstiennent soit votent pour les lepenistes amis de Poutine.

Cela signifie aussi que le chantage, la prise d'un peuple en otage est un aveu de faiblesse. Car même si l'Allemagne a accumulé historiquement les fautes (nazisme, fermeture des centrales nucléaires, collaboration d'un chancelier social-démocrate avec Poutine, refus d'une Europe de la Défense ...) au moins son syndicalisme est puissant, sait négocier sans avoir besoin de paralyser le pays. Est-ce à dire que le droit de grève, le pouvoir syndical n'existe pas outre - Rhin ?

Un journaliste de Libération - forcément « réactionnaire » - a même développé un autre aspect de la situation : les « beaufs » de la CGT interdisent la liberté de circulation des gens les plus modestes. On pourrait d'ailleurs, en début d'année annoncer les grèves à la SNCF pour l'année à venir : Pâques, Ascension et Pentecôte, premier juillet, Toussaint, Noël ... Un véritable métronome, ce syndicat allié aux jusqu'aux-boutistes de Sud. Quant à FO, elle suit à la godille. Tout ceci explique la montée en puissance de la CFDT, la disparition de la gauche. Si on nous rendait au moins Bernard Thibault, qui dirigea avec du caractère, la plus vieille centrale syndicale de France. Mais hélas ...

Ceci n'empêche en rien de dénoncer les abus de la direction de Total qui s'est grassement rémunéré, comme l'ancienne direction d'Orpea mais certainement pas en prenant la France en tenaille. D'où le recours du gouvernement à la réquisition, approuvé juridiquement par la Justice administrative.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 10 octobre 2022

Le wokisme

Face à la montée des autoritarismes, sous la houlette du triste Poutine, ancien agent du KGB soviétique, après que stalinisme et nazisme aient rivalisé pour imposer au monde leur vision totalitaire puis que la liberté l'ait emporté en grande partie grâce à Mikhaïl Gorbatchev, on pouvait espérer sans trop de naïveté qu'une nouvelle ère commençait : celle d'une mondialisation heureuse. Nous étions dans la dernière décennies du XXe siècle et l'an 2000 sans être « millénariste » était plein de promesses pour le nouveau millénaire. Hélas le réchauffement climatique, l'impérialisme colonisateur russe, l'islamisme en a décidé autrement et le monde à nouveau de se replier sur lui-même, camp contre camp ... la «  nouvelle frontière » étant une fois encore celle de la liberté et des droits de l'homme, avec, toujours en tête depuis plus de deux siècles le trio rival anglo-franco-américain.

Est-ce à dire, devant la menace contre nos libertés qu'il faut frileusement se cacher derrière le drapeau américain comme si nous étions déjà en guerre alors même que la ligne de front est fluctuante (la Chine, l'Inde, le Brésil ...) essentiellement fondée sur un anti-américanisme viscéral. La peur est toujours mauvaise conseillère. De Gaulle et Mitterrand nous l'ont maintes fois prouvé. La politique de Gribouille est la pire qui soit. D'où un appel à la vigilance et à l'élaboration d'un « autre front » à l'intérieur du camp de la liberté, non pour le diviser mais pour le renforcer par sa diversité, son pluralisme, à peine sinon d'ici quelques décennies de n'avoir qu'une culture, qu'une langue : un véritable appauvrissement. Donc un rétrécissement de nos libertés que l'on est sensé défendre contre l'ours russe, ce que nos indigents écolos, pourtant partisans du respect des espèces animales, végétales ne sont pas capables de comprendre, dès lors de défendre.

On ne saurait trop recommander à cet égard le dernier ouvrage d'Anne Toulouse (Wokisme - la France sera-t-elle contaminée ? Éditions du Rocher, février 2022. 17,90 €). Cette journaliste franco-américaine nous rappelle tout, nous détaille tout, preuves à l'appui des dangers que nous courons par manque de conscience ou par inconscience.

Qu'est ce que le « wokisme » ? C'est le « gommage » de toutes les différences, la ré-écriture de l'Histoire - façon totalitaire, comme de l'autre côté du front - l'affirmation que tout ce qui est minoritaire est le meilleur, à promouvoir au détriment de la loi de la majorité. C'est ainsi que malgré le rappel par Talleyrand que « Tout ce qui est excessif est insignifiant », nos prêcheurs américains favorisent dans les banlieues françaises, avec l'aide des mélenchonistes, l'islamisme clivant. On invite même en stages de formation outre-Atlantique les plus agités des jeunes qui ne rêvent que d'en découdre avec la police française : drogues, non respect des contrôles, mitraillage, mise en coupe réglée des cités (interdites) etc. Bref, le modèle américain.

Colbert ? exit, comme Christophe Colomb aux « USA ». Vive les rodéos urbains, la culture du rapp, la submersion de la langue française par un anglais de pacotille. De la base au sommet il faut s'y mettre, quoiqu'il en coûte, d'Ursula von der Leyen à la radio nationale française qui matraque les « tubes » anglo-saxons au détriment des artistes francophones, italiens, brésiliens, africains. « America first ». De quoi flatter l'orgueil de pseudo opprimés qui sont soutenus par la culture dominante et les inciter à fracturer un pays riche de sa diversité bretonne, basque, alsacienne ... On ne respecte plus les élus ; on obéit au grand frère américain parce qu'il est le plus fort ; le vrai chef planétaire. Il faut être du bon côté du manche.

Même si « comparaison n'est pas raison » et que « Metoo » soit une véritable et salubre libération de la femme, nos « américanoïaques » clouent alors au pilori, sans distinction, un Julien Bayou au même titre qu'un Gabriel Matzneff, un Poivre d'Arvor, un Olivier Duhamel voire Nicolas Hulot élevé au grade de commandeur de la légion d'honneur. Félicitations à Madame Sandrine Rousseau et honte à Catherine Deneuve ou Elisabeth Badinter conspuées pour leur appel à la Raison. Bayou n'est tout de même pas Harvey Weinstein l'ancien maître d'Hollywood !

Citons encore Anne Toulouse, qui rappelle les combats démocratiques de notre ami et vice-président Léopold Sédar Senghor et Martin Luther King aux États-Unis ... Ils militaient pour l'égalité des races mais dans l'unité et non dans la parcellisation source de conflits, de haine, de mort, rejoignant en cela le philosophe jésuite Teilhard de Chardin pour lequel « Tout ce qui monte converge ». Idem de Simone Veil, une des mères de l'Europe dans un respect mutuel après avoir été la victime du totalitarisme. On doit savoir rassembler son camp mais pas au détriment de ses valeurs.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 3 octobre 2022

L'autre front

Après les deux guerres mondiales, le monde a été séparé en trois : camp occidental, camp soviétique et tiers monde.

Après la chute de l'Union soviétique, grâce à l'intuitif Mikhaïl Gorbatchev, n'est plus resté alors que le monde occidental et un magma indéterminé à tendance autoritaire, héritier de l'ancien tiers monde tandis que l'islamisme prenait son envol dans la foulée de la révolution iranienne de 1979 et de l'inacceptable invasion de l'Irak par les États-Unis de Bush. On connait la suite : révolte populaire en Syrie, répression criminelle d'Assad etc. Pendant ce temps, le Raminagrobis chinois, tout en ronronnant pacifiquement, s'installait, et qui pourrait l'en blâmer puisque la mondialisation était à l'ordre du jour ? L'Europe, quant à elle, tout aussi pacifiquement, s'élargissait sur les ruines de l'ex empire totalitaire soviétique. Elle aurait pu d'ailleurs s'étendre jusqu'à l'Oural selon la vision « gaullienne » par intégration (et non absorption) d'une Russie démocratique.

Tel ne fut pas le cas hélas car est arrivé au pouvoir à Moscou un apprenti dictateur qui se rêvait en tsar. Non seulement il ne voulait pas d'une Europe démocratique mais il a voulu restaurer les fondements de l'empire, toujours anti-démocratique « tsaro-stalinien ».

Nous en sommes là avec l'agression barbare de l'Ukraine indépendante, ce qui a ressuscité l'Occident démocratique à travers l'OTAN et bouleversé le reste du monde, lequel, dans un premier temps, par reflexe et expérience, au niveau des Nations Unies a laissé éclater son anti-américanisme, fort compréhensible et largement majoritaire au niveau planétaire. Puis ces peuples héritiers du tiers-monde se sont vite ressaisis. Les plus grands : le Chine et l'Inde, notamment, qui ont pris leurs distances avec les aventures facho-poutiniennes.

Certes, ces pays n'ont pas rejoint le camp, le noyau dur des démocraties : ils ont gardé leurs distances sans aller toutefois proclamer leur foi dans les droits de l'Homme. Nul n'est parfait !

Un futur, le futur cependant s'esquisse, surtout quand (si) la Russie, qui voit fuir toute sa jeunesse et son Armée en recul, est mise au ban des nations.

A la France, qui à la différence de ses partenaires allemand, espagnol, italien n'a jamais connu le fascisme ni le stalinisme d'agir avec (ou sans l'Europe) pour faire émerger un monde nouveau, libre - ce qui nous inclut dans un camp - mais décolonisé de l'hégémonie américaine qui, comme le disent ceux que voulait enrôler Poutine, pèse trop sur le pluralisme mondial. Donc, aussi sur la liberté.

Pour le commerce, les technologies, la Chine, l'Asie font la balance avec l'Europe. Pour la culture en revanche, tout le monde est couché. La France, l'Europe en premier. Combien de fois l'avons-nous pointé du doigt. L'ami Pierre Loti avait écrit « L'inde sans les Anglais ». Il faudrait maintenant écrire « l'Europe sans les Anglais » où cette langue, ultra-minoritaire dans l'UE dont elle n'était même pas fondatrice serait la « lingua franca » ; utilisée par les fonctionnaires dans tous les documents, dans toutes les capitales européennes, pourtant francophone (Bruxelles, Strasbourg, Genève), à commencer par la présidente de la Commission Ursula von der Leyen en personne.

C'est une question d'écologie culturelle, d'indépendance culturelle, donc de liberté. Voyez les commerçants, la publicité, la presse : on se vautre dans l'anglais afin d'être plus «  américain », plus jeune et plus moderne. La radio nationale française privilégie la musique anglo-saxonne, vante sa « playlist », diffuse des « news » exit la musique espagnole, italienne, brésilienne ...

Et que dit alors la gauche française (voire européenne) ? Elle se couche, elle se tait, lamentablement. Comme pour la laïcité, elle est en coma cérébral. La culture, le pluralisme linguistique ... ce n'est pas de l'écologie. Protégeons les animaux, les végétaux : pas les langues. Place à l'Amérique dont on prétend théoriquement être l'adversaire. Idem d'ailleurs pour les « nationaux poujadistes lepenistes ». Ce n'est pas un sujet assez important pour eux.

A quand, dès lors, avant même d'avoir battu Poutine et son camp autoritaire, l'ouverture d'un autre front qui, dans un sursaut de fierté et de liberté militerait pour un respect mutuel des peuples. Est-ce que le pape François, comme ses prédécesseurs d'ailleurs, s'exprime urbi et orbi en anglais ? Et pourtant sa voix résonne aux quatre coins de la terre ... Preuve s'il en est que la déliquescence n'est pas fatale. A moins que l'on rêve d'un monde uniforme, monocolore, décadent dont la capitale mondiale serait Washington.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 26 septembre 2022

L'Iran, du passé au futur ...

Nous connaissons l'Iran, héritier de la Perse et de sa civilisation. Le monde moderne ne l'a jamais oublié et s'en inspire pour observer son évolution, loin des clichés dictés par l'opportunisme. Chaque sursaut de son peuple, en quête de liberté nous interpelle depuis un demi-siècle, au point que nous voudrions écrire de nouvelles « lettres persanes », avec ou sans le talent de ce cher Montesquieu. Mais voilà, il ne suffit pas d'admirer l'ancien édile bordelais ou d'avoir été l'ami de son lointain successeur, promoteur d'une « nouvelle société », le résistant Jacques Chaban-Delmas, général à moins de trente ans. Tant pis, on se contentera pour l'heure d'avoir été le frère en résistance, du très laïc Chapour Bakhtiar, dernier Premier ministre du Shah ; d'avoir sympathisé avec Bani Sadr, premier Président de la république après la révolution khomeiniste (qu'il a fui immédiatement avec Massoud Radjavi, responsable des Moudjahidine du Peuple d'Iran) que le Président Mitterrand a accueilli immédiatement - quand son prédécesseur, Valery Giscard d'Estaing avait, lui, laissé prospérer à Neauphle-le-Château, en banlieue parisienne le serpent Khomeini, prêcheur islamiste avant l'heure.

Nous les « jeunes » engagés (de cette époque décisive) nous nous souvenons de ces moments terribles quand maints de nos amis d'alors se sont fourvoyés par aveuglément : le grand Michel Foucault, Catherine Clément et combien d'autres encore ... Qui ne se souvient de ces Françaises allant baiser la babouche du vieux fanatique rétrograde, obligées de se voiler ... et de l'accepter toute honte bue. Mais, là n'est pas encore le pire. Ainsi, en 2014, un frère en amitié de plus de quarante ans, le très cher Régis Debray, fils de la grande Janine Alexandre-Debray, modèle de rigueur, acceptait l'invitation des mollahs, puis, à son retour, publiait un long article dans le journal Le Monde - moins regardant que celui de Jacques Fauvet et André Fontaine - pour louer le régime iranien et fustiger la Resistance, soi-disant «  fanatique ». Quinze ans après l'installation de la dictature islamique, quand on connait les tortures, les exécutions par milliers, les jeunes gens pendus en grappes à des grues, les emprisonnements arbitraires, les prises d'otage pour les échanger contre d'innocents étrangers, il n'y a plus d'excuses : à l'aveuglément s'ajoute la surdité. D'autant que cet article a été écrit, signé, publié après les grands massacres de 1988 dont le chef d'orchestre de cette « symphonie funèbre et triomphale » s'appelait Ebrahim Raïssi, actuel Président de la dite république islamique d'Iran, qui poursuit l'armement nucléaire, une volonté de détruire Israël et file des jours heureux avec Poutine, bourreau de l'Ukraine et compagnon de chantage atomique.

Mais « revenons à nos moutons » avant qu'ils ne soient égorgés ... Aujourd'hui, le déclencheur de la révolte populaire iranienne n'est qu'une modeste jeune fille de 22 ans : Mahsa Amini. Sa faute, qui fait trembler le régime corrompu de Téhéran ? avoir mal porté son voile, ce que la « police des mœurs », aux ordres du Guide suprême Ali Khamenei via ses sbires « Présidents » aux ordres, Ahmadinejad puis Raïssi, ne sauraient supporter ...

Mahsa est morte. Nos laïcards français ne se révoltent pas. Normal, camarades, la gauche française, alignée derrière Mélenchon est devenue « islamo-gauchiste ». Elle tolère parfaitement que, comme en Iran, les femmes aient la tête « empaquetée » afin que rien ne puisse y pénétrer. On ne sait jamais, une femme instruite est un danger pour l'homme.

Après quarante ans de compagnonnage continu avec la Resistance iranienne, sous toutes ses formes, tous derrière la « Liberté guidant le peuple » de Delacroix. Non seulement, elle n'est pas voilée mais sa poitrine est aussi généreuse que la République (pourvu qu'elle soit laïque).

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 19 septembre 2022

Ni fascisme, ni stalinisme ...

Les temps qui viennent s'avèrent difficiles, voire dangereux. Non seulement à cause du réchauffement climatique comme d'autres bouleversements climatiques qu'a connu la Terre, mais à cause de la volonté des hommes et d'un homme en particulier, Vladimir Poutine qui a fait le choix de rendre possible une troisième guerre mondiale en menaçant de l'arme nucléaire ceux qui ne se soumettraient pas à son oukase : l'accaparement de l'Ukraine, pays démocratique libre et indépendant.

Il avait déjà donné le « la » en s'emparant de la Crimée, partie prenante de l'Ukraine en 2014. Puis a voulu, à partir de février 2022 faire main basse sur l'ensemble de l'Ukraine, soi-disant aux mains des nazis.

Après son échec pour prendre la capitale Kiev, il a cependant poursuivi sa folle entreprise contraire à tous les traités internationaux en se contentant, si l'on ose dire, des provinces de l'Est afin, au moins, de pouvoir, à l'avenir, relier par terre la Russie et la Crimée. Nul n'ignore désormais le bombardement à cette fin des hôpitaux, des écoles et de tout ce qui constitue l'infrastructure d'un pays, le tout accompagné de tortures, d'exécutions sommaires, de viols avec l'aide de ses soutiens tchétchènes et de la milice Wagner. Il y a donc un agresseur et un agressé, ce qui a eu pour effet de souder les pays de l'OTAN et même d'y rallier d'autres pays comme la Suède et la Finlande, traditionnellement neutres.

En réponse, cette fois, les pays démocratiques se sont d'abord mobilisés en aidant l'Ukraine et en instaurant un embargo, auquel il a retorqué en privant l'Europe de l'Est de son gaz, sur lequel ont stupidement tout misé des États comme l'Allemagne. D'où un scepticisme, qui gagne du terrain, car un embargo, arme pacifique, nécessite du temps que certains trouvent trop long pour aboutir à un résultat. Préfèrent-ils encore le fracas des armes ?

Pendant cette période, qui peut durer longtemps, l'autocrate de Moscou, qui tente de contrer l'information par la propagande unilatérale, tente aussi de mobiliser derrière lui tout ce que la planète compte d'anti-américains pour ne pas dire d'anti-démocratique. Deux blocs pourraient donc bientôt s'affronter : pays démocratiques d'un côté ; régimes autocratiques de l'autre, sans oublier que la Hongrie de Viktor Orban, membre de l'Union européenne, comme la Turquie membre de l'OTAN jouent un double jeu.

Leur ciment ? La haine des États-Unis qui ne sont pas privés de s'ingérer dans toutes les parties du monde : Vietnam, Irak, Afghanistan ... et qui ne les comprendrait ? Mais est-ce suffisant pour justifier la politique poutinienne de restauration de l'impérialisme russe ? Ne serait-il pas mieux, à l'heure où les États-Unis imposent leur diktat culturel, linguistique en particulier d'y mettre un cran d'arrêt ? Ne prenons que l'exemple de l'Europe. En France, les « marchands du temple » imposent l'anglais dans la vie courante, les medias, détruisant une civilisation vieille d'un millénaire. Trois villes majeures de la vie mondiale, internationale comme Bruxelles, Strasbourg, Genève, toutes francophones se prostituent devant l'hégémonie américaine, Ursula Von der Leyen en tête, bien qu'Allemande et bien que l'anglais soit devenu une langue ultra-minoritaire des 27 pays membres. Et nul ne dénonce. De gauche comme de droite et surtout pas les écologistes partisans de la sauvegarde des espèces animales, végétales. Mais surtout pas des cultures.

On serait donc tenté de passer dans l'autre camp en cours de formation. Mais surtout pas au prix de nos valeurs essentielles que sont nos libertés. Rappelons, c'est un fait majeur, que seuls trois grands pays ont rejeté le fascisme et le stalinisme qui nous menacent depuis un siècle : la Grande Bretagne, la France et les États-Unis. Ils étaient et restent la colonne vertébrale de ce qui était l'avenir du monde. Pour combien de temps ? Tel est l'enjeu du conflit actuel en Europe mais aussi en Afrique, en Asie ...

Déjà, en France, comme en 1940, le front se lézarde. L'extrême droite lepeniste et l'extrême gauche mélenchoniste trouvent des excuses au maître du Kremlin. Nos medias seraient « à la botte », comme les medias russes. On cacherait les « crimes » des Ukrainiens après 2014 quand leurs milices (à l'instar de de l'OAS chez nous) luttaient contre le séparatisme pro-russe dans le Donbass. D'où les propos à vomir de la ricanante Ségolène Royal pour réapparaître à coup de contre-vérité ; les propos du philosophe Luc Ferry prophétisant qu'il fallait arrêter immédiatement car il n'y aura « ni vainqueurs, ni vaincus » ... Mais, bien entendu, tous ces Gribouilles se réclament du général de Gaulle qu'ils auraient, en 1940, traité d'utopiste avant de rejoindre Pétain à Vichy ou, comme les communistes rallié la Résistance après la rupture du pacte germano-soviétique.

Comparaison n'est pas raison ? Que nenni. Pendant la guerre, le Général, en même temps qu'il combattait le fascisme n'a pas manqué de repousser les exigences exorbitantes des Américains, ses alliés. Ce qui était juste alors l'est tout autant maintenant. La liberté, par définition a plusieurs voix. C'est la différence entre les deux camps en gestation.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 12 septembre 2022

Au revoir Madame ...

Elizabeth II, reine d'Angleterre n'est plus et le monde s'en émeut, de l'infâme Poutine au pape François, ce qui ne laisse pas d'interroger car elle était ni César ni Jésus. Elle ne disposait d'aucun pouvoir sinon celui de sa personnalité propre placée au bon endroit au bon moment dans l'Histoire. Une icône en quelque sorte ; que l'on respecte malgré tout en des temps où l'on ne respecte plus rien. Mais c'est peut-être là la clef du mystère. Quand l'humanité subit nombre de bouleversements climatiques, technologiques, culturels, voire un risque de guerre généralisée. Elisabeth II incarnait à elle seule la stabilité, la continuité d'un ordre démocratique, libre bien qu'elle ne fût pas élue. Un paradoxe que même le républicain le plus convaincu se doit de noter et même de saluer en prenant du recul si l'on veut, comme on le doit, avoir une vision globale, philosophique des choses.

Curieusement, la reine Elisabeth tire sa révérence peu après Mikhaïl Gorbatchev qui lui, au contraire, vaut par le mouvement qu'il a enclenché à l'échelle planétaire. Est-ce contradictoire ? En apparence uniquement. Car le point commun des deux personnages est la liberté : à conquérir pour l'un, à maintenir pour l'autre, ce qui n'est pas une mince affaire.

Par delà les frontières et quelles que soient les critiques que l'on formule fort justement - et l'on ne s'en prive jamais - contre l'impérialisme, il faut bien reconnaître que trois pays : l'Angleterre, la France et les États-Unis sont les fondateurs (avec leurs contradictions) de la liberté dans leur histoire entremêlée depuis des siècles. De Jeanne d'Arc à De Gaulle et Winston Churchill en passant par Washington et La Fayette ce ne fut que rivalité entre eux, sinon guerre jusqu'au XIXe siècle - siècle de la première mondialisation qui aboutit au début du XXe à leur alliance lors des deux guerres mondiales. Car aucun n'a connu le fascisme ou sa version prétendument « de gauche », le stalinisme, à la différence de l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la Russie, la Chine, le Japon ... Voilà pourquoi, quelle que soit leur constitution, monarchique ou républicaine, c'est toujours vers eux, pourtant si décriées que les peuples avant et maintenant, ont voté avec leurs pieds. Jamais l'inverse, il faut sans cesse le rappeler quand le monde, à cause du mégalomane de Moscou à tendance à se séparer en deux. Régimes autoritaires d'un côté, pays libres de l'autre.

Dès lors, les querelles franco-françaises autour de la notion de « monarchie républicaine » sont réduites (en particulier par le bolivarien, tenant d'une VIe république Jean-Luc Mélenchon) à ce qu'elles sont : des idées pour ceux qui n'en ont pas. L'Angleterre (Royaume Uni) et États-Unis n'ont jamais changé d'institutions quand la France, « patrie des droits de l'Homme » devrait faire de sa loi suprême une loi ordinaire, changée au gré du temps. De Gaulle, en 1958 a clos, on l'espère, le cycle median entre régime d'assemblée (expérimenté deux fois pour s'effondrer) et monarchie, élue ou non. L'expérience vaut, y compris pour les «  poutinolâtres » de l'Hexagone.

Le seul vrai combat, hic et nunc, est pour la reconnaissance du « droit à la paix », en France et dans le monde : ce droit de l'Homme fondamental jamais reconnu, qui conditionne l'application de tous ceux reconnus en 1789 ou 1948 par l'ONU. Pas de liberté sans paix comme voulait le grand Jaurès. Car ensuite, comme toujours, il faudra beaucoup de temps pour le rendre effectif.

Alors, « au revoir » Madame Elizabeth, ... et non « adieu », car avec Gorbatchev, comme l'a dit avant de nous quitter votre ami François Mitterrand : « Là où je serai je veillerai ... ». Vous avez l'éternité pour cela.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 5 septembre   2022

Gorbatchev, ce géant au pied d'argile

Mikhaïl Gorbatchev n'est plus. Comme il fallait s'y attendre depuis plusieurs années où il vivait reclus, détesté par une population qu'il avait pourtant libérée de ses chaînes. Un modèle de simplicité, de grandeur discrète.

Certes, il aurait pu partir à l'étranger, en Occident, qui lui tresse des couronnes, pour vivre dans l'opulence. Mais la droiture de l'homme le lui interdisait. Outre qu'il n'aurait pas voulu laisser sa « Raïssa » en Russie pour vivre comme un oligarque poutinien. Là est la stature de celui qui, sans menacer le monde, comme il en a eu le pouvoir, a opté pour la démocratisation, le désarmement, la fin de plus d'un demi-siècle de dictature léniniste ...

Sa politique innovante ? La glasnost, la perestroïka, l'aventure : une ouverture dans la dignité le dégel après une longue guerre froide qui opposa deux camps. Celui de la liberté à celui des dictatures.

Quand il arriva aux responsabilités suprêmes, en 1985, malgré les règles de l'appareil totalitaire soviétique, l'Occident libéral figé pour sa part dans une posture rigide et défensive ne lui facilitera pas les choses. Et pour cause. Gorbatchev était l'héritier non seulement du stalinisme mais, plus loin encore, dans la culture russe, de siècles du tsarisme. Difficile dans ces conditions de faire une révolution en quelques années. D'autant qu'à l'époque, Ronald Reagan et Margaret Thatcher le regardèrent de haut par pure obsession idéologique libérale. Nul ne prit la main qu'il tendait avec sincérité. Bien au contraire, on lui mit des bâtons dans les roues, ce qui aboutit à un désastre économique qui lui fut fatal au final.

Et l'Europe dans tout cela ? Elle dormait sous le parapluie de l'Otan, incapable d'une vision à long terme qui l'aurait étendue, dans une perspective gaullienne, de « l'Atlantique à Oural » après la décomposition des États satellites de l'URSS. L'Europe, inféodée aux Américains, dépourvue de personnalité, n'a pas saisi le bouleversement en cours. Le principal souci des Français était surtout ce qui allait résulter de la réunification de l'Allemagne après la chute du mur de Berlin. François Mitterrand en est l'incarnation. Surtout pas un quart - nation.

D'aucuns diront que Mikhaïl Gorbatchev est sans doute allé trop vite dans les réformes, compte tenu de la psycho-sociologie d'un peuple drogué depuis toujours à la violence politique. Il n'aurait pas dû lâcher la pression aussi rapidement car une décompression sans entrainement progressif suscite inévitablement une perte de contrôle, avec un retour de bâton : une nouvelle dictature. Chassez le naturel il revient au galop ...

D'autres diront au contraire qu'il a trop tardé ; qu'il est allé trop vite. Bref qu'il aurait dû étaler dans le temps sa révolution silencieuse, pacifique. Mais au le risque alors de voir se lever une opposition interne qui l'aurait (et qui l'a renversé). Car le vieil appareil totalitaire était toujours en place, avec un KGB omniprésent, dont Poutine est le meilleur exemple.

Gorbatchev c'était donc la révolution ; Poutine, caché derrière Eltsine, la contre-révolution, plus adaptée que jamais à un peuple inapte à la modernité. Chacun peut désormais le comprendre. Les plaques « tectoniques » ne peuvent bouger que lentement. Poutine le barbare, le primaire est donc dès lors bien là pour longtemps - lui ou les apparatchiks qui l'entourent. C'est bien là le drame, la souffrance de Gorbatchev pendant plus de deux décennies ; c'est aussi sa grandeur, comme celle du président Zelinsky en Ukraine, qui a refusé l'avion que lui offraient les États-Unis pour fuir l'invasion russe. La vraie politique relève de l'Histoire. Elle s'inscrit dans l'Histoire, y compris avec ses tragédies. Dans le bras de fer engagé depuis février 2022 entre le monde libre et les autocrates, nul ne doit l'oublier, à commencer par ceux qui ont des velléités de transiger avec le mégalomane de Moscou en lui trouvant des excuses.

La différence fondamentale toutefois entre Gorbatchev et Zelinsky est que l'un n'a pas eu le peuple russe derrière lui tandis que l'autre fédère le peule ukrainien au nom de sa liberté. Un peuple aime la liberté ; l'autre, non. C'est d'ailleurs cette même équation qui se pose partout dans le monde. D'où les vagues migratoires que l'on enregistre. Ou bien l'on se bat sur place, pied à pied comme Aung San Suu Kyi en Birmanie, ou bien on fait on fuit vers les pays qui ont su, eux, arracher leurs droits. On l'a toujours observé, de tout temps : personne ne demande l'asile à une dictature.

Quelle que soit l'issue de la confrontation mondiale actuelle, tôt ou tard, l'œuvre entreprise par Mikhaïl Gorbatchev fera date dans l'histoire des peuples car il était un géant. Au pied d'argile, peut-être, mais cela n'enlève rien à sa grandeur.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 29 août 2022

La rentrée dans l'atmosphère

Les pays du Nord, après des vacances bien méritées par leurs combats sociaux centenaires, rentrent dans l'atmosphère, comme des cosmonautes. Mais, comme les hommes de l'espace, ils trouvent une atmosphère pour le moins changée. Ce qui laisse la porte ouverte à bien des calculs, bien des spéculations.

La crise climatique, d'abord, s'est intensifiée à l'extrême avec les incendies et elle s'impose à tous : aux agriculteurs en premier lieu, eux qui nous nourrissent ; à leurs animaux en plus (et l'on ne doit surtout pas oublier le bien-être animal). Avec les conséquences inéluctables sur la hausse des prix qui devient inflationniste, au détriment des plus pauvres.

De cela, tout le monde est responsable et devrait se liguer, pacifiquement pour élaborer des solutions (dessalement de l'eau de mer ; traitement des eaux usées ; économie dans l'usage de ce bien le plus précieux). Mais n'oublions pas cependant les variations climatiques au cours des millénaires, sur lesquelles le genre humain n'avait pas barre - par exemple quand le Sahara était, comme Paris, recouvert d'eau. A cela qu'est-ce que le genre humain, si évolué soit-il, peut opposer ? Cela risque encore d'être le combat de David contre Goliath ... On doit l'avoir présent à l'esprit. Même une alliance universelle est faible face à la nature. Nos observateurs se devraient de le rappeler. Faisons le maximum à travers les COP 21, 22, 23 mais sans trop d'illusion.

En second lieu, nos « cosmonautes » qui rentrent dans l'atmosphère (« atmosphère, atmosphère, est-ce que j'ai la gueule d'atmosphère ? » disait Arletty en 1938 dans un film célèbre, devraient constater que le monde se scinde désormais en deux catégories : le camp des démocraties et le camp des autocraties. Et donc dans l'affrontement, au lieu de s'allier, pour résoudre (ou du moins réduire) le risque de catastrophe mondiale.

C'est ainsi que, s'il ne faut pas oublier les fautes des impérialistes d'antan, abondamment rappelées, le problème actuel est celui de l'agression perverse (facho-stalinienne) de la Russie de Vladimir Poutine contre l'Ukraine démocratique : nul n'ignore les massacres de civils, les bombardements d'hôpitaux, les menaces nucléaires etc. en violation de tous les accords internationaux qui nous conduisaient vers un monde civilisé, plus serein. D'où notre appel constant à une retenue chinoise, maître du jeu, quand d'autres, même en France, en appellent à un compromis « munichois ». Il y a de quoi halluciner ...

Les cosmonautes de la rentrée trouveront cependant quelques motifs de satisfaction. Par exemple dans l'avancée que le président Macron a fait - sans succès vis-à-vis de la Russie - mais avec quelques espoirs du côté de l'Algérie dirigée par Abdelmadjid Tebboune. En se gardant des illusions, car aucun chef d'État français, en soixante ans n'a réussi une réconciliation que la France et l'Allemagne ; l'Allemagne et Israël ont réalisée en moins de deux décennies, eux ...

Déjà, au niveau officiel de l'accueil à Alger, les pupitres présidentiels étaient « étiquetés », pour chacun, « President of republic ». Tiens donc, l'anglais serait devenu entre Français et Algériens une langue d'échange - le rêve du pouvoir algérien de troquer un idiome partagé contre celui de l'impérialisme culturel (alors qu'il est plus près de la Russie que les États-Unis).

Quant au reste, bla - bla - bla, il faudra juger sur les actes concrets. Ainsi, l'Algérie revendique la liberté de circulation de ses ressortissants vers une France honnie, mais ne permet pas, à l'inverse - à la différence essentielle de la Tunisie et du Maroc - la liberté pour les Français, en tant que touristes de circuler, voire s'établir en Algérie. Faites ce que je dis ; pas ce que je fais. Or ceci est d'autant plus lamentable que si nombre d'Algériens importent l'islam, affiché sur leur drapeau, les Français, même après 1830 n'ont jamais, eux, imposé leur religion (si tant est qu'ils en aient une).

Le Droit a une source législative mais aussi conventionnelle. Tant qu'il y a déséquilibre dans une convention, tôt ou tard, celle-ci est rompue. Voyez-vous les Français, « ces pelés, ces galeux » manifester à Alger quand la France gagne un match, ou sortir leurs drapeaux tricolores en Algérie lors d'un mariage outre Méditerranée comme les expatriés algériens, fussent-ils devenus français administrativement ? Même notre vieil ami Ahmed Ben Bella, premier « President of the Republic » algérienne, renversé en 1965 par un coup d'État nous le confiait lors de nos longues conversations. Pire - c'est un « secret » - il rêvait de revenir à l'Ile d'Aix où il avait été prisonnier de la France, ce que Charles Hernu père putatif de NDH, ministre de la Défense avait volontiers accordé, mais que Gaston Defferre, ministre de l'Intérieur, a interdit. Sic transit gloria mundi ... Ben Bella dénonçait les conditions de son emprisonnement dans son pays « libéré » mais rêvait de revoir sa prison française ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 22 août 2022

De la Chine

Il serait temps, un jour, enfin, qu'en Occident on révise la vision de la Chine propagée par la propagande, renforcée, depuis quelques décennies, par la peur des États-Unis d'Amérique d'être doublés par le vieil Empire du Milieu. La Chine serait dangereuse, anti-démocratique, hégémonique ... Et quoi encore ?

Certes, elle n'est pas un parangon de vertus et on doit le lui dire, voire le lui reprocher. Certains s'y emploient comme l'ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin ; comme NDH, souvent invité dans les médias chinois. Mais dans le respect de la culture, de l'Histoire qu'on doit succinctement rappeler, tant elle est ignorée du fait des clichés largement répandus. Or une certaine arrogance, une certaine suffisance continue à régner en Occident - quand l'ancien Tiers monde, lui, a dépassé nos vieux poncifs de par sa douloureuse expérience.

Il est curieux d'observer, d'ailleurs, que quand, brièvement, la Chine fut portée au pinacle en Occident, ce fut lors de la période « maoïste », la plus exécrable, la « Révolution culturelle » dont le président Xi Jinping fut victime. Quelques intellectuels comme André Glucksmann, le père du Schtroumpf donneur de leçon en tête avant qu'il ne se replie, bien vite, derrière le libéralisme du drapeau américain. En 1989, lors de la répression de la place Tian'anmen, c'est notre ami Jean-Paul Goude, qui, réalisant le fameux défilé du bicentenaire sur les Champs Élysées, spontanément, mit en avant au contraire les ouvriers chinois avec leurs bicyclettes. Donc pas de confusion sur la démocratie.

La Chine est la Chine. Les mémoires courtes devraient cependant se rappeler que ce pays, Cathay, a toujours, peut-être trop, vécu replié sur lui-même, et jamais expansionniste, impérialiste malgré ses lignées d'empereurs et d'impératrices.

Ce pays, enfermé dans sa célèbre « Grande muraille » s'est toutefois laissé abordé par l'Occident, Marco Polo ; l'implantation de la « route de la soie ». Les missionnaires jésuites, dont Matteo Ricci, à la fin du XVIe siècle y entrèrent librement, en respectant les us et coutumes de sa civilisation.

D'ailleurs un seul grand marin chinois osa sortir de Chine pour aller jusqu'en Inde, puis rentra vite sur ses bases, sans volonté de coloniser.

Ce fut l'Occident (en incluant le Japon) par contre qui agressa constamment la Chine à partir du XIXe siècle, suscitant une révolte dont la plus célèbre fut celle des Boxers. Qui était alors impérialiste, colonisateur ? Les Chinois, confucéens, toujours plus que communistes ?

On doit donc prendre du recul, s'élever au-dessus des contingences historiques avant de prendre la Chine actuelle comme bouc émissaire comme le font les Étasuniens. Qui a colonisé le monde depuis la future « Amérique » ; l'Afrique, l'Inde ... ; qui a envahi le Vietnam, l'Irak, l'Afghanistan etc. Le « panda chinois », trop occupé à ronger ses bambous ou les dits Occidentaux avec les Russes et les Japonais ? Les faits sont têtus et il n'est pas inutile malgré tout de les rappeler à l'heure où Washington désigne Pékin au monde entier comme l'ennemi potentiel par des provocations via Taiwan. Ne confondons pas ; ne mélangeons pas l'Ukraine, victime de la mégalomanie poutinienne avec la Chine actuelle, qui croît et rayonne à sa façon (industrielle, commerciale ...) mais sans arme bien qu'elle se dote d'une puissance militaire au cas où ... L'expérience vaut.

La Chine actuelle éprouve un fort ressentiment après les humiliations qu'elle a subi pendant un siècle. Napoléon, prophète pour une fois, l'avait bien dit : « Quand la Chine s'éveillera, le monde tremblera » ...

Ne nous emballons pas ; ne nous laissons pas berner par la propagande américaine qui tente de sauvegarder les oripeaux de son règne en déclin, dont notre plus grand regret est la neutralité de tout l'ancien Tiers Monde lorsqu'il s'agit, aux Nations Unies, de voter contre l'agression dont est victime l'Ukraine. Ce vote est le fruit amer d'un siècle de domination qui voulait, même à la libération de la France du joug nazi, transformer l'Hexagone en protectorat, avec des préfets nommés d'Outre Atlantique ; puis aujourd'hui, imposer sa sous-culture au niveau universel, comme y convie musicalement France Inter, radio nationale qui n'a d'yeux que pour tout ce qui vient des « USA ».

Dénonçons, certes, avec constance et vigueur les manquements de la Chine à la Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948, soit, mais en regardant d'où elle vient. Il n'est pas inutile à ce propos de relire ce cher Pierre Loti, grand voyageur amoureux de toutes les cultures du monde, lorsque, officier de marine, il est à la manœuvre, en 1900, en Chine au nom de la France, avec les Anglais, les Allemands, les Japonais, les Américains (sept pays) pour dépecer le vieux pays pacifique. Relire « les derniers jours de Pékin » (Payot éditeur) Aucune différence avec les pratiques de la Russie d'aujourd'hui en Ukraine : monceaux de cadavres de civils, tortures, pillage, viols etc. Même Le Figaro s'en est alors ému. Et pourtant, c'était déjà, en France, la République, patrie des droits de l'Homme !

Donc ne donnons pas à la Chine « le bon Dieu sans confession » certes mais sachons raison garder à son égard. Si elle devient la seconde puissance mondiale, c'est par son labeur. La nouvelle route de la soie est, comme la première, un instrument de développement pacifique, de mondialisation dans la diversité, l'équilibre, un pluralisme universel. Ainsi, en acceptant cette concurrence, nous serons mieux placés pour lui reprocher vertement son soutien à des régimes aussi abjects que l'Iran, la Birmanie, voire la Russie du tyrannosaure Poutine. Tout dialogue commence par le respect, sans arrogance.

A noter aussi que pour la Chine, nul n'entend « les sanglots de l'homme blanc » chers à Pascal Bruckner, que l'on aime à citer. Une seule explication : parce que Cathay, elle, est capable de menacer désormais à son tour (pacifiquement) ses anciens colonisateurs.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 15 août 2022

Clausewitz c/ Poutine

Nos influenceurs, commentateurs, présents dans tous les medias devraient lire davantage lorsqu'ils s'interrogent sur la guerre en Ukraine : qui va gagner ? au bout de combien de temps ? Il n'est pour eux que de lire Carl von Clausewitz : « de la guerre » publié par ce militaire après les guerres révolutionnaires qu'ont engendré le basculement de la France dans la guerre populaire contre l'Europe réactionnaire (alors qu'auparavant les guerres n'étaient conduites que par des armées professionnelles, aux ordres des monarques).

L'analyse de Clausewitz est simple et jamais démentie : l'envahisseur, tôt ou tard, est toujours vaincu parce qu'une armée d'occupation - de 10.000 à 200.000 hommes ne peut pas faire le poids face à un peuple résolu à défendre sa liberté. Il est noyé un jour ou l'autre ...

Avant d'aborder l'affaire ukrainienne actuelle, revenons en arrière pour juger de la justesse de l'analyse de Clausewitz depuis près de deux siècles.

Bonaparte, devenu Napoléon, ne pouvait résister à la coalition des peuples européens ; guère plus pour l'Allemagne impériale de 1914, ou nazie de 1940. Idem pour le Japon expansionniste des années 30,40. La France républicaine, au début des années 50 n'a pas pu faire mieux dans l'ex-Indochine. Et il en fut de même en Afghanistan pour la Grande Bretagne, la Russie et les États-Unis. Question de temps, chaque fois. Passons sur la guerre américaine au Vietnam ; l'invasion de l'Irak par le niais Bush ... Sans guerre, grâce à l'intelligence d'un Gorbatchev, l'URSS, agonisante, a dû « libérer » l'Europe de l'Est après que la France eut libéré ses colonies, parfois au prix d'une guerre, comme en Algérie. Bref, les peuples, pour le meilleur ou pour le pire, parviennent toujours à s'émanciper, fut-ce pour entrer dans une dictature bien pire encore. Mais c'est « leur » dictature. On pourrait multiplier les exemples et analyser les différences puisqu'il n'y a pas de modèle unique. Seulement une règle générale que Clausewitz, en son temps, a su fort bien analyser.

Dès lors, comment l'autocrate Poutine, « sûr de lui-même et dominateur », selon la formule gaullienne, pourrait-il sortir vainqueur de sa conquête programmée de l'Ukraine? Nous n'en sommes qu'aux prolégomènes, mais qui pourrait douter qu'un peuple déterminé, appuyé économiquement, militairement par tous les pays démocratiques du monde puisse se résoudre à sa mise sous tutelle ? Simple question de temps. D'autant que la seule puissance véritablement en mesure d'aider l'autocrate : la Chine hésite à le soutenir - sauf comme la corde soutient le pendu.

Cette guerre, qu'il faut appeler « opération spéciale » se terminera un jour. Mais qui peut croire que ce soit par une défaite de l'Ukraine, et surtout du peuple ukrainien ?

Le vainqueur, cela a été dit et répété, est celui qui sait souffrir, résister « une minute de plus ». Donc, « attendez-vous à savoir » (comme disait la première chroniqueuse française, Geneviève Tabouis, dans les années 50) « que Vladimir Poutine sortira vaincu de son agression criminelle ».

Certes, Luc Ferry, notre philosophe de salon, ancien ministre de l'Éducation en France, a beau, sur toutes les ondes, radoter et dire que « c'est plié », que jamais Poutine ne rendra le Donbass ; Amnesty International, pondre son énième rapport, du haut de sa vertu «  politiquement » neutre pour dire que l'Ukraine viole les droits en installant des troupes et des armes dans des écoles, des hôpitaux, ce qui permet à Poutine de clamer « qu'Amnesty corrobore nos dires » ... les faits sont là. Il y a un agresseur et un agressé. Un adepte d'Hitler et Staline et une résistance, à l'instar de la Resistance française qui, une fois surprise, prend du temps à s'organiser avec l'aide des pays épris de liberté. Donnons alors du temps au temps.

Les paris sont donc ouverts. Dans le monde actuel, deux camps sont en train de se mettre en place. Les tenants de la démocratie face aux tenants des autocrates.

Dans lequel tomberont l'Inde, le Brésil, les pays arabes ... ? Nul ne le sait encore. Mais il est probable qu'avec « courage » ils se rangeront dans le camp des vainqueurs. Ce qui ne veut pas dire derrière les États-Unis, pays impérialiste en déclin, mais derrière une Europe sociale - démocrate, si elle sait trouver les voies de ce qui a fait sa grandeur intellectuelle dans les siècles passés. Sans l'avoir voulu, l'Ukraine, dont Poutine devra payer la reconstruction, est pour plusieurs années le vecteur du monde de demain.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 8 août 2022

Taïwan, le nœud gordien

En parallèle à l'agression russe en Ukraine, les États-Unis ont cru bon de susciter une forte tension avec la Chine en laissant Nancy Pelosi, présidente de la chambre des représentants se rendre à Taïwan. Le point commun entre ces deux affaires est qu'il s'agit de conflits qui impliquent un risque nucléaire, à la différence de bien d'autres (Éthiopie, Yémen ...) où les milliers de morts laissent indifférentes les autres nations. Cherchez l'erreur.

Y avait-il besoin, alors qu'il faut convaincre Pékin de ne pas soutenir le criminel Poutine, de jeter de l'huile sur un feu latent ? Encore une fois l'impérialisme américain est pris la main dans le sac.

Nul n'ignore que Taïwan est un sujet hypersensible pour la Chine et que l'on allait progressivement vers une solution depuis 1949, quand les troupes de Tchang Kaï-chek, président chinois vaincu par celles de Mao Zedong, se sont repliées sur l'île de Formose. Progressivement la France de De Gaulle puis les États-Unis de Nixon-Kissinger ont reconnu les faits ... en Droit.

Désormais, chacun admettait qu'il n'y avait qu'une seule Chine, qu'elle plaise ou non : celle de Pékin.

Ainsi, la Chine dite populaire remplaça comme membre permanent (avec droit de veto) la Chine nationaliste réduite à son pré-carré insulaire en 1971, selon le modus vivendi « une seule Chine ; deux systèmes ». Mieux encore, le commerce s'est dévéloppé entre les deux ex-rivaux et chacun qui s'est rendu en Chine n'a pas été sans noter un va-et-vient naturel, pragmatique entre les deux parties. L'esprit de Confucius est toujours présent ...

Pendant ces décennies, où les Occidentaux ont fait moult concessions - normales - à Pékin, la Chine s'est considérablement développée, au point de dépasser son mentor, l'ex-URSS et de rattraper les États-Unis qu'elle doublera sans doute bientôt. La donne mondiale a changé. Les trajectoires se croisent entre des États-Unis déclinants et une Chine ascendante. D'où la fébrilité américaine qui essuie échec sur échec (Vietnam, Irak, Afghanistan ...) tandis que la Chine, pacifiquement, trace sa « route de la soie » en direction de l'Ouest, si ce n'est en Afrique. Seul l'arrogant aveugle Poutine ne se rend compte de rien, ou du moins fait semblant, croyant que Pékin va lui laisser les mains libres pour rétablir l'empire stalinien.

Obama le premier a renversé la table, délaissant l'Europe, considérée comme une colonie et non une alliée, pour cerner la Chine de toute part, suivi en cela par Trump ... et Biden lui-même, tardivement.

Soit. Mais dans la concurrence planétaire légitime, de quoi la Chine est-elle réellement coupable ? C'est un grand et vieux pays, doté d'une immense culture, qui a toujours vécu à l'intérieur de ses frontières - dont la célèbre Muraille, purement défensive, qui a été attaqué, occupé, dépecé par les impérialismes anglais, français, japonais. Et maintenant qu'il retrouve sa dignité, sa fierté, il serait mis au banc des accusés par ceux là même qui l'ont humilié ?

Certes, sa conception de la démocratie, des libertés n'est pas la nôtre et on ne doit pas se lasser de la dire, de dialoguer, avec modestie, humilité, voire respect. Car qu'on fait les Occidentaux sur tout le continent américain, en Afrique et bien ailleurs quand la Chine elle-même était dépecée ?

Pour la Chine, la démocratie, vision marxiste, c'est d'abord vivre matériellement dignement. Et elle a réussi, elle, là où la Russie a largement échoué. Son « capitalisme d'État » a été un succès, au point de rattraper les pays les plus développés. Est-ce une raison pour la jalouser, la provoquer comme vient de le faire Nancy Pelosi ?

Les peuples ne sont pas dupes. On vient de le constater à l'occasion de l'invasion de l'Ukraine. Bien des pays d'Afrique, d'Amérique latine, l'Inde ... peu suspects de soutenir le criminel moscovite, ont cependant refusé de s'engager dans la coalition anti-Poutine. Et pour cause. La liberté ne doit pas être qu'un slogan. Les droits formels doivent aussi être réels.

Comme le président Chirac le fit pour l'Irak, gardons-nous, tout en sauvegardant les libertés démocratiques de Taïwan par le dialogue, fut-il musclé, de jeter de l'huile sur le feu ; de serrer le nœud gordien, sinon le président Xi Jinping sera contraint de faire comme Alexandre le grand. Sollicitons plutôt son aide, comme vient de le faire avec courage le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 1 août 2022

Pardon ?

Le mot « pardon » ne cesse de résonner depuis l'accession à la tête de l'Église catholique du pape argentin François. Mais s'il résonne dans l'Église, où il a succédé à saint Pierre après 2000 ans, son sésame chrétien n'a pas encore dépassé les frontières de l'institution. La preuve, le soutien de patriarche Kirill, chef suprême de l'Église orthodoxe russe au criminel Poutine, fraîchement converti. Pourtant, François, latino-américain n'a pas ménagé ses efforts, lui qui a été le témoin des nombreux coups d'État suscités par les États-Unis au sud du Texas et de la Californie (conquis par l'impérialisme nord-américain). Au point d'être suspecté de faiblesses - comme le président Macron - qui lui, a maintenu un temps un semblant de dialogue avec l'autorité moscovite.

Ce pape jésuite (le premier depuis la création de son ordre) a donc demandé « pardon » pour les abus sexuels dans l'Église ; puis vient de s'agenouiller devant les peuples autochtones du Canada ... Et il pourrait continuer : pour l'Inquisition, pour la tolérance de l'esclavage etc.

Il faut dès lors prendre acte de ce retour aux fondamentaux du christianisme  « philosophique ». D'autant que François est loin d'avoir achevé son œuvre : place des femmes, démocratisation ... Certes, il a dénoncé le « cléricalisme » (comme en France le « petit père » Combes, ancien séminariste, qui a abouti, en 1905, à la loi de séparation de l'Église et de l'État). Nos « islamo-gauchistes » actuels, qui y ont renoncé, eux, devraient s'en souvenir. Preuve que toute institution - a fortiori quand elle a traversé des siècles et des siècles - en arrive à oublier sa base idéologique. Mais ce qui est concevable à travers les millénaires, l'est moins dans une république démocratique de seulement deux siècles. On doit en conséquence rester modeste et mesuré. D'autant que « quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare je me console ».

Le pape argentin prêche dans le désert ? Soit. Mais pour combien de temps, pour lui comme pour ceux qui lui succéderont ? Car il représente un espoir.

En effet, avec un recul sur l'Histoire, quels sont ceux qui, eux, ont commis les pires crimes : communistes, fascistes ... au point de susciter deux guerres mondiales, ayant engendré des dizaines de millions de morts, qui ont, sinon demandé « pardon » ; au moins se sont excusés pour leurs crimes contre l'humanité au terme de leurs horribles aventures ? Aucun à notre connaissance. Pas même les démocrates états-uniens qui ont porté à bout de bras les Pinochet et autres Videla en Argentine.

Nos « fins analystes » auront alors le cœur soulevé : « il ne faut pas confondre religion et politique » ! Absolument. Sauf que la réalité elle, n'en a cure. Il n'y a qu'une seule Histoire des peuples.

Côté religion, la religion juive, la mère de bien d'autres, elle, n'a jamais été agressive, impérialiste. Toujours « défensive » de son pré-carré depuis que Yahweh, à Ur, a ordonné à Abraham de prendre tout ce qu'il possédait pour s'établir dans la terre promise, d'où les Juifs furent chassés plus tard par les Romains avant de se disperser. Puis - on hallucine - de rétablir l'État d'Israël ... en sortant des camps de concentration nazis alors sept croisades européennes n'avaient pas réussi à « libérer » la Terre sainte occupée par un islam conquérant depuis Mahomet.

Religion, politique ? Les premiers tenants du monothéisme n'ont en outre jamais tenté de convertir qui que ce soit. Ils ne demandent que la paix et le respect de leur histoire (sans nullement oublier les droits des Palestiniens, musulmans comme chrétiens, qui doivent être respectés par leur présence continue sur cette terre depuis des générations ...)..

D'autres religions comme le bouddhisme - si tant est que ce soit une religion et non une simple philosophie - ont prôné aussi la paix (comme Confucius en Chine) sans qu'il s'agisse, là encore, de religion mais bel et bien de politique - d'où la retenue actuelle de ce pays face au bellicisme de Poutine.

On mettra à part en revanche l'islam - comparer la vie de Jésus avec celle de Mahomet - et les modes de développement à l'origine du christianisme et de l'islam. L'un s'est fait par des conversions individuelles ; l'autre par les armes, jusque et y compris en Algérie - qui dénonce la « colonisation » française (laïque) mais oublie sciemment la colonisation arabe, puis turque avec les conversions forcées ; la résistance d'une femme, la Kahina, qu'a justement célébrée dans un ouvrage Gisèle Halimi. D'où, de nos jours, l'impossibilité, philosophie coranique oblige, de voir surgir des démocraties sur les terres qu'elle irrigue - sauf à renier ses textes fondamentaux, ce qui serait le comble.

Ainsi, le frêle pape François reste seul, « prophétique », puisque les maîtres du stalinisme, du fascisme, de l'islamisme n'ont pas un jour, reconnu leurs crimes. La guerre va donc se poursuivre en Ukraine, au Sahel. Mais sans doute pas à Taïwan, malgré la montée en puissance de la Chine confucéenne. De l'Évangile sont issus les droits de l'Homme, la laïcité (« rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ») donc la démocratie, dont on croyait qu'elle allait devenir universelle grâce au courage de Mikhaïl Gorbatchev. Erreur de naïveté.

Le chemin va encore être long. Il implique de reconnaître des fautes, comme l'a fait aussi Benjamin Stora, que poursuit Emmanuel Macron pas à pas. Mais sans tomber cependant dans « Les sanglots de l'homme blanc », que dénonçait à juste titre notre ami Pascal Bruckner. François, le pape, montre la route. Elle est un point de passage obligé. On attend donc que l'Allemagne, la Russie, le Japon ... proclament à leur tour leurs fautes et battent leur coulpe, fut-ce des décennies après. Dès lors, le monde aurait fait un extraordinaire pas en avant vers la paix qui, pour nous, est le premier des droits de l'Homme bien qu'il ne soit toujours pas reconnu officiellement.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 25 juillet 2022

L'Allemagne d'hier, d'aujourd'hui et de demain

Certaines générations ont connu plusieurs Allemagne : celle de nos grands- parents, celle d'après 1945 et celle qui est aujourd'hui confrontée à son héritage pour le XXIe siècle, en oubliant souvent celle d'avant : romantique, riche de philosophes, de compositeurs sur laquelle la Prusse a fait main basse.

Grâce à De Gaulle et Adenauer ; Willy Brandt, Helmut Schmidt, Giscard d'Estaing et Mitterrand les rapports franco-allemands ont trouvé un équilibre relatif quoique l'Allemagne ait cru bon de son côté de modifier le traité de l'Élysée au moment de sa ratification.

La question est donc aujourd'hui : à quelle Allemagne avons-nous à faire ? ce qui est essentiel compte tenu de ses contorsions politiques, dues en grande partie à son passé qui ne passe pas ...

Pour aller à l'essentiel, Angela Merkel (sainte Angela Merkel) que tout le monde a vénéré durant ses années à la chancellerie, bien que « démocrate chrétienne » a choisi de chausser les bottes de son prédécesseur Gerhard Schröder, c'est-à-dire, tout en maintenant la relation franco-allemande, de ménager la Russie ex-soviétique. Un pied à l'Ouest ; un pied à l'Est.

L'Allemagne contemporaine (qui préfère acheter des avions de combat américains plutôt que des avions français) a décidé de renoncer, poussée par ses Verts, à l'énergie nucléaire civile, au seul profit du gaz russe. Avec pour résultat (Nord Stream 1 et 2) qu'elle est pieds et poings liés à la Russie de Monsieur Poutine pour son approvisionnement énergétique et doit subir un inévitable chantage.

En matière de stratégie géopolitique, les Allemands auraient pu souhaiter mieux. D'où l'étonnement qu'on ne peut pas cacher devant ces observateurs soi-disant très informés qui n'ont cessé d'admirer, que dis-je, de vénérer l'Allemagne, première puissance économique de l'Union Européenne en même temps qu'ils dénigraient la France. Une Allemagne qui veut, en outre, être maîtresse dans la réalisation de l'Avion de Combat Futur, ce que Dassault refuse obstinément.

Après un passé très controversé, le futur reste donc à écrire. Que va faire, pour autant qu'il ait les mains libres Olaf Scholz, le nouveau chancelier social-démocrate issu d'une coalition avec les Verts ? Nul ne peut le prédire pour l'instant. Déjà réouvrir les centrales à charbon, les plus polluantes qui soient.

En matière de « bonne gouvernance » celles et ceux qui depuis un demi-siècle, en France, ne cessent de dénigrer leur propre pays pour nous proposer le modèle germanique en exemple devraient peut-être corriger leur myopie intellectuelle.

Certes on n'est plus en 1870, en 1914 ou en 1930 mais il faudrait peut-être cesser de donner à notre voisin « le bon Dieu sans confession ». François Mitterrand, homme d'État avisé, lui, l'avait parfaitement compris lorsque le mur de Berlin est tombé. Il a d'abord voulu connaître les conditions de la réunification des deux Allemagnes, sans toutefois tomber dans la formulation de François Mauriac (qui n'hésitait pas à dire « J'aime l'Allemagne ; j'aime tellement l'Allemagne que je suis content qu'il y en ait deux »)

Sans que le futur des pays soit lié à leurs passés - et surtout à leurs erreurs passées - on ne peut pas dire que celui-ci soit sans influence. Voilà pourquoi Poutine s'en réjouit ; en use et en abuse.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 18 juillet 2022

Frondeurs, fraudeurs

La fronde se termine toujours mal. A commencer par celle, historique, du XVIIe siècle, en France lors de la jeunesse de Louis XIV qui s'est terminée plus tard par la monarchie absolue puis une révolution sanglante aux antipodes des droits de l'Homme qu'elle avait pourtant proclamés.

Rien que de plus normal car les frondeurs sont avant tout des fraudeurs, qui passent leur temps à détruire, jamais à construire. Comme les casseurs.

L'opposition est, certes, légitime voire nécessaire en démocratie. Mais elle se doit d'abord d'être constructive ; non démagogique. Au nom de l'adage bien connu selon lequel « on ne supprime que ce que l'on remplace ».

Or qu'avons-nous vu en France ces dernières décennies sinon ce genre de politiciens des siècles passés qui ne pensaient qu'à démolir, sans rien proposer, à seule fin de se mettre en avant. Et le comble est qu'ils s'arrogeaient, s'auto-proclamaient « de gauche » ou, pire « plus à gauche que moi, tu meurs ».

C'est ainsi qu'ils ont « descendu » le président François Hollande, leur ci-devant camarade, l'empêchant de se représenter à un second mandat en laissant courir le bruit qu'il n'y avait qu'un seul coupable, un « traitre » du nom d'Emmanuel Macron, lequel pourtant n'a fait que ramasser les morceaux de la vaisselle qu'ils avaient cassées. D'où quelques faiblesses ... et aucun projet philosophique. Du « en même temps » sans boussole.

Le poids réel des frondeurs-casseurs ne s'est d'ailleurs pas fait attendre. Que sont devenus les faussaires politiques que sont Hamon et Montebourg (si encore vous vous souvenez de leurs scores et de leur nom) ?

Au jour d'aujourd'hui, le même scénario promet le même résultat. On a simplement changé le nom des « sectaires » (de latin sectare, « couper »). Tandis que le chef charismatique - façon secte - est parti se ressourcer auprès de ses camarades amis latinos, amis de Poutine (dont l'adversaire du fasciste Bolsonaro au Brésil) ses porte-paroles à l'Assemblée nationale française donnent dans la surenchère, envers et contre-tout, avec un accord tacite de l'extrême droite lepéniste.

Les « Nupes » sont contre tout et y contraignent leurs « alliés » socialistes et écologistes, jamais consultés au préalable. C'est la démocratie « mélenchoniste ». Leur représentant élu président de la Commission des finances est-il accusé d'agression sexuelle ? Toutes, tous derrière lui. En revanche, un handicapé de droite, accusé du même crime, qu'il ne peut «  concrétiser », les pseudo-féministes de LFI se ruent sur lui et exigent sa démission. Comprenne qui pourra. Haro sur le baudet !

On connait donc à l'avance la suite. Si la majorité (relative) sensée être battue, alors que ceux arrivés en troisième position sont sensés être vainqueurs, la politique intérieure et extérieure de la France sera bloquée. D'où, un jour prochain - ce qu'à Dieu ne plaise - la nécessité de dissoudre l'Assemblée nationale afin de dégager une majorité claire.

Dans cette situation, ce qu'il reste du Parti socialiste de Jaurès, Blum, Mitterrand (avec les résidus de la droite républicaine) seront les arbitres. Que l'on soit « macroniste » ou pas, il est à souhaiter que l'actuel Président de la République, reprenne la barre et à la différence de son prédécesseur, le trop tolérant François Hollande, parle haut et fort. Exit, par une dissolution de l'Assemblée, tous les gnomes qui n'ont que faire de leur pays à l'heure où Poutine, après avoir massacré femmes et enfants, détruit écoles et hôpitaux, s'allie avec les islamistes tortionnaires iraniens - que NDH combat depuis 42 ans.

Nos frondeurs sont des fraudeurs. Et ils doivent être éconduits comme tels. Dans tous les domaines : pouvoir d'achat, sécurité publique (ce que nous appelons « droit à la paix »), retraites, politique de l'eau, dont manquent nos paysans et leurs troupeaux. Ils ne sont que des démagogues sans vergogne. Vite, vite faisons entrer en scène Marine Le Pen, Anne Hidalgo, le Schtroumpf Glucksmann voire mieux : Olivier Faure ... et la France, l'Europe, le monde sont enfin sauvés.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 11 juillet 2022

La fronde contre la liberté

On croyait que les libertés étaient le bien le plus précieux, le plus recherché au monde depuis les origines ; à preuve tous ces migrants qui veulent absolument, à n'importe quel prix, entrer, même au péril de leur vie, en Europe et aux États-Unis. La contre-épreuve est que l'on émigre jamais vers une dictature, qu'elle soit communiste autrefois, ou simplement autoritaire. Faute de voter librement, on vote donc avec ses pieds. Sans compter en outre que la démocratie sont sensées être toujours plus prospères que les dictatures.

Donc, tout cumulé : liberté plus richesse, les pays occidentaux, à la rescousse de l'Ukraine envahie par la Russie devraient entrainer la quasi-totalité des États africains, latino-américains, asiatiques derrière eux puisqu'après la croisade contre l'islamisme, que l'on oublie pour l'instant, après le « haro » récent des États-Unis contre la Chine) c'est le « tous contre la Russie de Poutine » qui est devenu la grande affaire internationale, renvoyant tout autre sujet aux calendes grecques, comme s'ils s'étaient résolus d'eux-mêmes.

Chacun constatera que ceci n'est qu'artifices. On n'a fait que rejeter la poussière sous le tapis, le temps de régler son compte à l'agresseur criminel de Moscou et de sauver l'indépendance de l'Ukraine.

Étrange situation, nouvelle, qui donne à réfléchir où nombre de pays d'Afrique, d'Amérique latine, d'Asie, y compris des États démocratiques comme l'Inde, le Brésil se refusent à condamner le voyou de Moscou (et dès lors, se rangent derrière la Russie).

Mais alors quelles est la cause réelle qui fait qu'il n'y a pas un bloc unique, pourtant légitimement envisageable, derrière l'Occident prospère et libéral ? Ce serait tentant de reprendre la formule des années 60 appliquée au regretté Hervé Bourges : parce que « le monde est tiers mondain ; deux tiers mondiste ». En effet, resurgit à l'occasion des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité des tsarevitch, une vieille rancœur contre les États-Unis d'Amérique, voire contre l'Europe ancienne colonisatrice. Comme si la Russie n'était par elle-même une colonisatrice extrême. La grande secrétaire perpétuelle de l'Académie française, Hélène Carrère d'Encausse la rappelait : « on est revenu à la conférence de Bandoeng de 1955 » qui a posé les fondements de non alignement. Sic transit gloria mundi.

Comment les peuples d'Argentine, du Chili, d'Indochine, d'Irak ... auraient-ils déjà oublié l'impérialisme américain, d'abord militaire ; aujourd'hui culturel, linguistique ..., la décadence sociale de Washington qui vaut à ce pays une violence interne inouï à cause de la drogue et des armes à feu.

Nous ne cessons de le dire, à satiété, jusqu'à l'obsession :il faut contester, rejeter la dictature anglo-saxonne douce et préparer un monde qui respecte la dignité de tous les peuples. Avec d'autres mots, d'autres discours, pour éviter un monde unilatéral, monocolore. La protection de l'environnement culturel du monde doit se mettre en marche.

En conséquence, demandons bien sûr au « ci-devant » tiers monde de continuer à rejeter tout soutien à l'hégémonie américaine ... sans pour autant se taire devant la barbarie russe. Nous comprenons leur cause sans la partager car la liberté est le bien suprême, au- dessus des frontières. Reste alors la Chine, qui soutien « officiellement » Poutine mais ferait bien, au plus vite, de s'élever au-dessus des blocs pour être en position d'arbitre. Il y va de l'intérêt du monde, comme de celui de la Chine (de Confucius) qui doit s'élever au-dessus des impérialismes d'antan. Sans naïveté.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 4 juillet 2022

La « louisianisation » ...

Nos neveux et nièces québécois, par définition, sont plus jeunes que nous et, sauf le respect qu'ils nous doivent à ce titre, nous, nous leur devons cependant l'hommage de la nation fatiguée que sont les Français, prêts à tout accepter pourvu qu'on les laisse finir en paix sous un joug quelconque, en particulier américain.

Récemment, le parlement du Québec a voté une loi pour imposer l'enseignement en français au sein de tous les établissements scolaires de la « Belle province », ce qui a suscité une levée de boucliers chez les anglophones et les collaborationistes francophones, toujours trop nombreux. Le combat a fait rage.

L'objectif des Québécois ? Que leur patrie ne tombe pas dans un processus de «  louisianisation » ... Ce en quoi, la France, « accro » à tout ce qui anglophone ou, pire americanophone a pu enrichir son vocabulaire d'un mot nouveau. En effet, qu'est-ce que le «  louisanisation » ? Une invention de résistance culturelle à l'impérialisme qui s'impose au quotidien dans le monde. C'est d'ailleurs un mot que j'ai eu le plaisir d'apprendre il y a peu, aux journalistes chinois francophones qui m'interrogeaient sur leur chaîne destinée au monde de la « francosphère ».

La « louisianisation » est la politique menée après que Napoléon eut vendu cette colonie française aux jeunes États-Unis, lesquels s'étaient libérés, peu avant, du joug de la couronne d'Angleterre grâce à la France représentée par Rochambeau et le vaillant La Fayette. Merci qui ? Interdiction de parler ou d'apprendre, de transmettre leur langue aux Cajuns sous peine de sanctions. La Nouvelle-Orléans n'était qu'une ville de second zone, vouée à la musique, au folklore, principalement afro-américain.

On comprend donc le souci de nos amis québécois, enthousiasmés par le célèbre « Vive le Québec libre » du grand Charles en 1967, moins complexé que jamais. Il n'a pas que ranimé la flamme sous l'Arc de Triomphe. Il a fait mieux ...

Mais ce n'est pas par un chauvinisme, qui serait issu de la mondialisation, car la volonté de domination culturelle, sociologique s'est aussi imposée aux hispanophones de tout l'Ouest des États-Unis (et en Floride). Texas, Colorado, Californie s'exprimaient en espagnol. Comme les Philippines d'ailleurs. Des hispanophones qui résistent, comme nos Québécois qui accueillent beaucoup d'émigrés, lesquels deviendront francophones ou anglophones ?

Le monde entre dans une nouvelle phase de son histoire qui décidera de sa physionomie vers la fin du XXIe siècle.

Est-ce que ce sera un monde sous uniforme culturel anglo-saxon, appauvri, réduit à la politique d'une seule langue ; sorte de caserne monocolore, vouée à la drogue, à la violence, aux séries cinématographiques hollywoodiennes qui réduit les autres cultures à n'être que des sous-cultures (européennes, chinoise, russe, indienne ...) ? La menace est là, avec ses collabos, notamment en France, dans la publicité, les médias radio télévisés ; les instances qui, depuis Bruxelles, instillent le poison. Voir la Commission européenne qui, malgré le départ du Royaume-Uni, continue à s'exprimer officiellement dans la langue de Malte !

L'idéal serait, sans doute, de s'allier avec la Russie et la Chine pour contrer cet impérialisme qui anéantit le pluralisme culturel (comme la diversité animale et végétale se réduit de jour en jour). Mais, on le sait, cette alliance est une utopie quand l'Ukraine et son peuple sont noyés sous les bombes. C'est le choix entre deux libertés et l'on ne saurait s'y résoudre, d'autant qu'en France écologistes, socialistes, insoumis n'y songent pas une seconde ...

Qu'importe ! Soyons debout au quotidien pour lutter contre les collabos qui veulent nous imposer leur « playlist », leur « fashion weeks », leurs « mails » au lieu de courriels ... Vous voulez être « louisianés », tout en dénonçant Poutine et les menaces étatsuniennes contre la Chine, ou vous voulez courber l'échine ? Les droits de l'Homme, ce n'est pas que le combat que nous avons mené depuis deux siècles. C'est aussi le combat pour un futur de respect mutuel entre les peuples et leurs cultures qui sont la richesse de l'humanité tout entière.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 27 juin 2022

USA, IVG, GPA ...

Ou « le meilleur des mondes » selon Aldous Huxley

Le drame est humain et ne va faire que s'amplifier, (depuis des années, et pour des années encore) : l'avortement.

Jusqu'à présent la ligne de conduite était simple, droite ... voire inhumaine, tragique. Une seule victime, la femme ou, comme l'affirment les « pro vie », un être humain embryonnaire, qui a des droits.

Autrefois, les « faiseuses d'anges », de façon sordide, résolvaient le problème, souvent au détriment de la vie de la femme enceinte, qui mourrait de leurs méthodes archaïques. Où était alors la morale ?

La morale, avec son côté « absolu » est donc « relative ». Elle se doit d'évoluer, au fil des connaissances, des techniques, de l'émancipation du genre humain, ou de ce qu'on appelle les droits de l'Homme (au sens homo, « être humain » et non pas vir, l'homme « mâle ») qui doivent, petit à petit, s'accroître, comme nous le voulons, entre autres par la reconnaissance du « droit à la paix ».

En ces temps de guerre, à l'initiative de la Russie, l'arrogante « Amérique », contrainte de se retirer du Vietnam, de l'Afghanistan après une tentative d'invasion du Congrès par les facho-trumpistes, des meurtres en série comme dans aucune démocratie au monde - est secouée aujourd'hui par un arrêt de sa Cour suprême qui déclare illégale l'interruption volontaire de la grossesse (IVG), renvoyant la réglementation vers chaque État de l'Union. Et quand les États-Unis ont la grippe, la France tousse ... Nos démagos s'emparent aussitôt du sujet comme d'un drapeau. La belle occase ! Mélanchonistes comme macronistes font de la surenchère : il faut inscrire l'IVG dans la constitution ! la Ve ou la VIe République ? Comme si la loi française ne suffisait pas ; qu'elle n'avait pas déjà apaisé les esprits ou était remise en cause en pleine crise de notre système de santé ...

Nous qui avons vécu les combats de notre amie Gisèle Halimi, les troubles de Simone Veil, ministre de Valery Giscard d'Estaing, en sommes pantois. Alain Finkielkraut, académicien respecté, a répondu : « ce n'est que de la politique politicienne ». Et si on laissait les Françaises et les Français en paix ? Le Droit, les droits de l'Homme ne sont pas un jeu qui risque de re-ouvrir les plaies. D'autant que l'on peut tergiverser sur les délais accordés pour l'IVG (12 à 14 mois) mais le principe en est bel et bien reconnu depuis la loi Veil. Point barre. Parlons plutôt du viol, l'un des aspects de ce débat, ce crime inscrit comme tel dans le Code Napoléon et que la magistrature, au fil des décennies avait retrogradé, « correctionalisé » au détriment des victimes. Ce fut l'un des plus beaux combats de « Gisèle », qu'elle a remporté avec toute sa fougue. Une fougue qui nous manque bien aujourd'hui contre ce fléau qu'est le « féminicide », qu'il est si dur d'éradiquer en France comme dans le monde.

Les juges etatsuniens ont, eux décidé (comme les juges français autrefois avaient décidé, de leur propre chef, de « correctionaliser » le viol). Question : sont-ce les juges ou les parlementaires qui décident, comme, il y a trente ans, Simone Veil, qui approuvait l'idée de reconnaître de nouveau droits de l'Homme, voulait cependant que leur reconnaissance fut par la jurisprudence, donc la magistrature. D'où notre divergence majeure, qu'elle a imposé ensuite au président Sarkozy lorsqu'il l'a chargée de cette mission.

Mais puisqu'il est question d'éthique et de nouvelles règles concernant la vie intime du genre humain, parlons aussi de la GPA (Gestation pour autrui) qui met gravement en cause nos valeurs.

Certes, il est acceptable qu'une femme accepte d'assumer de porter l'enfant d'un couple dans l'impossibilité physique de procréer par lui-même. Affaire de générosité. Par contre lorsqu'il s'agit d'en faire commerce, la gente humaine, tirée vers le bas depuis quelques décennies, devrait s'interroger, y compris à travers ses parlementaires et sa Justice. Or que constate-t-on ? Un silence quasi général.

Ainsi, les juges américains interdisent l'IVG mais n'ont rien à objecter au commerce du corps humain (la GPA). Idem en Ukraine d'ailleurs. Les femmes peuvent louer leur corps pour aller jusqu'à la naissance de l'enfant d'autrui. Dès lors, les femmes pauvres, en Inde, aux États-Unis, ou ailleurs, deviennent des esclaves modernes ; des mères porteuses chroniques de neuf mois en neuf mois. Où est alors la dignité humaine ? Voyez-vous nos élus, comme pour une IVG s'insurger, mettre en garde, dénoncer la pré-éminence de l'argent sur les droits de l'Homme (donc de la femme) ?

Il faut dès lors raison garder et se méfier du gouvernement des juges, en lieu et place des parlements où l'on débat pour aboutir à un consensus. Surtout s'il s'agit du ricochet d'un arrêt venu de la Cour suprême de Washington. N'oublions pas la phrase (apocryphe) de François Mitterrand « Les juges tueront la république comme ils ont tué la monarchie ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 20 juin 2022

18 juin etc. etc.

Imitons Serge Gainsbourg avec sa Marseillaise en reggae. Adaptons-la au 18 juin 40, que, le 18 juin 2022, en France, on a apocopé pour cause d'élections nationales législatives, bien que tous les partis politiques de France (jusqu'à celui qui, à son origine, a fustigé jusqu'à pactiser avec ceux qui fomentaient des attentats contre l'auteur de l'appel du 18 juin). Motif ? durant une campagne politique nationale, on n'interfère pas dans les débats. Comme si, à part quelques nostalgiques du régime collaborationiste de Vichy, il n'y avait pas unanimité nationale ...

Voici pour le fait. Mais peut-être faudrait-il avant tout et surtout, rattacher à l'appel du 18 juin, passé sous silence, les évènements, que dis-je, la guerre qui se déroule en Ukraine : un pays démocratique envahi, lui aussi par des troupes aux mœurs fascistes (occupation du territoire national, bombardements à l'aveugle d'hôpitaux, d'écoles, exécutions sommaires de civils, viols ...). Bref des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. Or la France       « officielle », toutes tendances confondues, se fait petite ou se tait sur cette réédition du nazisme.

Le soir du deuxième tour de ces élections législatives quand 52% des inscrits se sont abstenus, on constate les dégâts de ce silence honteux : les deux bords extrémistes ont fait un bond en avant. Les Le Penistes et mélenchonistes, tous deux « pro-Poutine » ont connu un progrès exceptionnel.

Et qu'auraient dit et fait ces abstentionnistes en juillet 40 ... s'ils avaient pu voter ? Ils auraient voté comme les parlementaires réunis à Vichy, eux qui avaient été élus en 1936 pour constituer le Front Populaire ?

Bis repetita ... En pleine guerre d'agression impérialiste de la Russie contre l'Ukraine, le vote du 19 juin 2022 pousse vers les sommets les deux amis idéologiques de Poutine : l'héritière de « papa Jean Marie » et celui qui, à « coups de gueule mussoliniens » a mis sous tutelle la bonne vieille gauche. Celle de Jaurès et de Mitterrand. La gauche réaliste à visage humain. On comprend, dès lors, le quasi silence médiatique et politique sur l'appel du 18 juin cette année. Pas d'ingérence dans la campagne électorale. Rome n'est plus dans Rome ...

Il va donc falloir gérer la suite et ses conséquences politiques. Retour à la IVe République (ou à la IIIe) ce que veut explicitement le « camarade » trotskyste Mélenchon en appelant de ses vœux une VIe République ; mettre entre parenthèse, encore un peu plus les règles sur la laïcité (burkini, voile ...). Sans doute puisque les restes de la droite prétendument «  gaulliste » s'affirme, haut et fort contre l'actuel Président de la République, pourtant réélu sans contestation. Un seul espoir, que les « godillots » socialistes, sous la houlette de leur chef charismatique, Olivier Faure, se réveillent, toute honte bue et, comme en 40, apprennent à dire « Non », ce qui rappelle indubitablement la fable de la Fontaine : « Le chien et le loup ».

Vite à vos classiques ! La liberté a un prix ... Comme le disait notre ami et membre éminent de NDH Stéphane Hessel, un des rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, « Indignez-vous ». Cassez la laisse qui vous a conduit à la soumission aux Insoumis. Quant aux héritiers de Jean-Marie Le Pen, dont la fille ose se réclamer de de Gaulle, renvoyons-les tout simplement à leur propre histoire. Ils célèbrent chaque année la fête de Jeanne d'Arc, mais sans imiter sa chevauchée fantastique, que seul l'ermitte de Colombey a su suivre avec son caractère.

Bref, convoquons au tribunal de l'actualité immédiate cet autre chef de l'État qui disait dans un ultime message à la nation : « Je crois aux forces de l'esprit. Là où je serai je veillerai sur vous ». Chiche !

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 13 juin 2022

Une France à vau l'eau

Les électeurs français (ou ce qui en reste) se sont prononcés par la voie des urnes, le dimanche 12 juin, pour désigner leurs députés. Mais plus de la moitié (52%) ne se sont pas déplacés, insultant en cela leurs ancêtres qui se sont battus pour asseoir la démocratie par un vote libre. Pire, ils insultent les nombreux peuples qui, à travers le monde, rêvent être en mesure de voter librement, soit parce qu'ils vivent en dictature, soit que leur « démocratie », comme en Russie est artificielle. Et si, pendant des décennies, le camp des pays libres s'est étendu, actuellement, il serait plutôt en phase de régression, ce que les abstentionnistes des pays libres cautionnent.

A qui la faute ? D'abord à ceux qui ignorent ce qu'est le devoir civique, et qui mériteraient bien ce que les extrémistes, de droite ou de gauche, tous amis de Poutine, leur proposent secrètement.

La faute ensuite aux partis politiques français dont les programmes sont illisibles, voire nuls. La petite politique politicienne a tué l'envie de participer. A gauche comme à droite.

A gauche ? Qu'est devenu le parti socialiste de Jaurès, Blum, Mitterrand, voire de Lionel Jospin ? Incapable de mettre à la tête de ses listes des personnes issues de ses rangs : le schtroumpf Glucksmann pour les européennes ; Pulvar pour les régionales, il a cru se rattraper en se rangeant derrière la « personnalité » d'Anne Hidalgo, l'évanescente maire de Paris dont on connait les dégâts dans la capitale. Et le dit PS de continuer (« On ne change pas une équipe qui perd ») derrière le « charismatique » Olivier Faure qui a vendu (lui et son parti) au grand méchant Mélenchon pour garder sa circonscription plus une poignée d'autres. Grandeur et décadence.

Des idées, un projet de société ? Où ça ? On cultive l'entre-soi politicard sans vergogne à coup de magouilles d'appareil non pour gagner l'esprit et les cœurs mais pour survivre.

A droite, il en va de même, sinon pire. Ici encore, on a éliminé tous ceux qui pensaient haut et fort. Place, là aussi, à la versaillaise Pécresse, incolore, inodore et sans saveur. Comme si la chose publique, la « Res publica », était une affaire commerciale, un produit que l'on vend sur papier glacé. Ce n'est pas Evita Peron. Elle ne galvanise pas les foules. Pas plus qu'Hidalgo. Il faut gommer les caractères, les idées neuves ...

Certes, comme tout le monde, on se réclame de De Gaulle mais, d'un bord comme de l'autre où est la fibre gaullienne, son génie inventif ?

Alors, la « révolution » version Mélenchon, ressassant les vieilles idées des années 30 ? «  Demain, on rasera gratis ». Soit, mais cela mobilise-t-il un électorat, sauf les ringards qui vivent encore dans le passé et rêvent d'un régime autoritaire à la Chavez au Venezuela (l'ami des tyrans barbus d'Iran). Quid pour Mélenchon de l'invasion de notre culture par l'anglo-américain, en France et à Bruxelles ? Quid du droit à la paix, de la pollution par la publicité etc. Rien que de vieilles recettes des deux siècles passés martelées par une équipe dévouée au grand chef. Et idem côté Le Pen, ce qui est loin de faire rêver.

Du côté du pouvoir en place, dont la jeunesse aurait pu faire rêver ; que dis-je enthousiasmer, l'élan pour les électeurs n'est pas non plus au rendez-vous. D'où leur abstention. Le « en même temps » ne soulève pas les foules, même si c'est ce qu'il y a de plus rationnel. Notre ami Pascal Bruckner, lui, parle de « pendule » ; tic - tac, tic - tac. On gère en techno. On recrée des comités Théodule pour suppléer aux carences supposées de la future Assemblée nationale, ou du Conseil Économique, Social et Environnemental, création de 1936, coûteux et parfaitement inutile.

Bref, avec l'Insoumis Mélenchon (qui se présente comme quasi vainqueur de l'élection présidentielle, puis des législatives) préparons-nous à gagner le troisième tour : dans la rue, avec de nouveaux gilets jaunes, des vitrines brisées, des magasins pillés, des flics caillassés ...

« C'est moi la République » a-t-il craché au visage des autorités venus pour une perquisition. Et quelle république !

On notera, durant ces jours sombres, où l'Ukraine est martyrisée comme nos civils en 1940, un autre indice de la décadence politicienne : avez-vous remarqué que depuis vingt ans les partis politiques ne cessent de changer de nom ? Comme si changer de nom était un rajeunissement, un rafraichissement ! qu'est devenu le parti gaulliste ; le parti supporteur de Macron ; les Insoumis qui en sont à leur troisième ou quatrième avatar ? Le Parti Socialiste a aussi failli, puis s'est arrêté, provisoirement, durant la révolution d'Olivier Faure en cours. Seul le Parti communiste, fier de ses origines staliniennes, de son soutien aux démocraties populaires, lui ne change pas de titre. Et comme on le comprend ! La fidélité est une qualité première.

En avant vers un second tour électoral non moins calamiteux que le premier ! La rue remplacera les urnes quoiqu'il faudrait de toutes façons se déplacer ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 6 juin 2022

Le paradoxe de l'eau

Qui ose le dire, voire le marteler sans cesse et partout, qu'il soit politique, économiste ou scientifique : alors que la Terre est recouverte à plus de 80% d'eau, à cause du réchauffement climatique les déserts avancent sur tous les continents en même temps que les côtes reculent devant la montée des océans.

La France n'est pas la moins paradoxale dans cette situation de plus en plus dramatique puisqu'elle possède la deuxième plus grande longueur de côte au monde quand ses agriculteurs sont priés de moins arroser leurs cultures faute d'eau suffisante alors que la sécheresse menace en raison des dérèglements climatiques qui s'accentuent d'année en année. Cherchez l'erreur.

Les élections nationales (présidentielles, législatives) se succèdent mais qui met le problème sur la table, à part d'accumuler les mesures - utiles - pour prévenir la hausse de la température dans les trente années qui viennent. Dans le même temps, nombre de pays, y compris parmi les plus pauvres du monde, mettent en œuvre une autre politique, rationnelle quand on a rappelé les données fondamentales ci-dessus : installer et multiplier le long de nos côtes des usines de dessalement de l'eau de mer.

Réponse traditionnelle : le coût serait prohibitif, ce qui est parfaitement faux puisque le coût de construction baisse d'année en année ; qu'il baisserait encore plus par les économies d'échelle engendrées par la multiplication de telles installations. Et puis que coûteront les pertes agricoles provoquées par la raréfaction de l'eau pour les paysans, bientôt incapables d'arroser leurs champs, d'étancher la soif de leurs animaux ; les risques de famine ... Pourtant « gouverner c'est prévoir ». La myopie doit se soigner. Au plus vite avant qu'il ne soit trop tard comme ce fut le cas pour la formation des médecins en raison d'un numerus clausus imposé à tous les gouvernements par l'Ordre des Médecins qui, lui, n'a pas à répondre de ses choix aberrants, à la différence des élus.

Penchons-nous sur les données de base que le quotidien La Croix récemment a rappelées sous la signature de Camille Richir sous le titre « Des usines de dessalement pour remédier au manque d'eau ».

La Banque mondiale considère cet investissement comme « de plus en plus viable ». Actuellement, il y a environ 16000 usines de ce type contre 6000 aux alentours de 2000, ce qui signifie que cette technique n'est plus réservée aux riches pays du Golfe (Guinée équatoriale, Cap Vert, Sénégal, Barbade ... par exemple).

Question coût, ce qui est la base d'une politique, le prix d'un mètre cube d'eau dessalée coûte 1,34 €uros en moyenne, contre 10 €uros dit la Banque mondiale dans les années 70 (il était déjà descendu en dessous de la barre de 5 €uros dans les années 90). Selon les mêmes sources - au sens propre et au figuré - les usines de dessalement produisent 95 millions de mètres cubes d'eau potable par jour, soit l'approvisionnement de 300 millions de personnes. Deux tiers de l'eau dessalée dans le monde sont réservés à l'approvisionnement en eau potable des villes ; 30% sont destinés à l'usage industriel. Pour l'heure, 2% seulement sont destinés à l'agriculture.

On ne peut cependant ignorer quelques méfaits secondaires : la production de saumure - que l'on sait déjà traiter ; la quantité d'énergie nécessaire au dessalement, qui peut être résolu par la production d'électricité d'origine nucléaire, la moins polluante qui soit.

La question est si importante pour les décennies à venir et la solution si évidente, quelles que soient les recherches que cela nécessite encore, que l'on ne comprend pas la passivité généralisée. C'est une véritable industrie qu'il vaudrait la peine de lancer tant pour la France, bien placée sur le plan géostratégique que pour le monde où il serait utile d'exporter les usines qui sauveront des millions de femmes et d'hommes. L'initiative privée et publique doivent se manifester au plus tôt avant qu'il ne soit trop tard, sinon des responsabilités devront être recherchées par les générations futures.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 23 mai 2022

De la philosophie politique à la politique politicienne

C'est après une pandémie inédite que se sont déroulées les élections françaises : présidentielles d'abord ; législatives bientôt. Le tout alimenté par une guerre inattendue aux portes de l'Europe, en Ukraine, du seul fait d'un dictateur animé des mêmes sentiments et ressentiments qu'Hitler avant 1940. Le monde, au lieu de progresser a donc régressé. Jusqu'où ? Bien malin qui peut le dire. Raison de plus pour ne pas jeter de l'huile sur le feu et savoir raison garder.

Malheureusement, tel n'est pas l'état d'esprit de nombre de politiciens au petit pied toujours enclins à pratiquer leurs jeux stériles.

En d'autres temps, sportivement, les vaincus saluaient avec élégance les vainqueurs, voire leurs souhaitaient « bonne chance » puisque c'est le peuple en son entier qui s'est prononcé dans un combat pacifique « à la loyale ». Or tel n'est plus le cas de nos jours, en même temps que toutes les valeurs civiques se perdent dans la société. Comme si nous étions dans une sorte d'avant-guerre civile.

Emmanuel Macron est proclamé vainqueur de l'élection présidentielle ? On se précipite dans les médias pour expliquer qu'il n'est que l'élu d'une minorité des inscrits, donc d'une légitimité douteuse. Comme si, en Grande Bretagne ou aux États-Unis il n'était pas déjà souvent arrivé, avec leur mode de scrutin, qu'un parti accède au pouvoir bien qu'étant minoritaire en voix, ce qui est bien pire encore. Qui a alors contesté la régularité des élections ? Personne sauf Trump.

En France, par contre on rêve toujours du « chambouletout ». Il faudrait au plus vite changer la constitution, proclamer une VIe république, comme le veulent Mélenchon et, avant, Montebourg. Pour retourner aux combines de la IIIe et de la IVe qui nous ont conduit à la défaite de 40 et à un coup de force déguisé en 1958 ? A moins que ce ne soit pour opter pour un régime présidentiel à l'américaine. Ah, cette vieille et insubmersible « gauche américaine ».

Contestons, contestons disent-ils ... c'est valorisant pour l'égo. « Plus c'est gros, mieux ça passe » disait déjà Goebbels. Et le politicien le plus madré de sa génération lui-même, d'envelopper tous ses concurrents dans un jeu de dupes, sans véritable programme commun. Tous derrière le « lider maximo » qui par sa verve a su, lui, galvaniser ses troupes. Avec lui, le déluge. On verra après : économie, énergie, communautarisme, pouvoir d'achat, exportations ... Demain, on rasera gratis. Promis !

Au-delà des ruines du parti des socialistes et des écolos, aux multiples branches qui ne cessent de repousser à Strasbourg, à Bordeaux, Grenoble (en burkini) le grand homme réussira bien, en continuant à s'asseoir sur la laïcité, à fédérer toutes les minorités culturelles les plus éloignées du triptyque républicain qui lui sied si mal : liberté, égalité, fraternité.

Idem dans le camp autoritaire d'en face d'ailleurs où l'on gomme, rogne toutes les aspérités pour amalgamer. Une seule différence, dans le jeu menteur des mots : pour les premiers, le vainqueur de l'élection présidentielle est de « droite » alors que pour le second clan, il est de « gauche ». Mais qui donc, au fait, décerne les labels de ces deux camps unis seulement autour d'une admiration commune par Poutine ?

Avec les époques, on passe sans transition de Talleyrand à Woody Allen. Pour le premier, «  tout ce qui est excessif est insignifiant », pour le second « la réponse est toujours non. Au fait, quelle était la question ? ». Telle est la logique partisane qui dans tous les partis écrase les tenants de la raison au profit des seuls démagogues. Dans chacun d'entre eux, tous ceux qui brillent doivent être éliminés, marginalisés. D'où, au final, la suprématie des plus médiocres puis l'effondrement récents des partis les plus ancrés dans le paysage politique.

Un projet de société, des solutions d'envergure ? Jamais. Comme dans la société, l'éducation se perd ; la violence poind aux extrêmes.

Alors saluons, nous, la nouvelle Première ministre venue de la gauche, pur produit de la méritocratie républicaine, aussitôt accusée de tous les maux de la terre et souhaitons-lui «  bonne chance » pour elle et pour son pays. Elle sera jugée sur ses actes et non sur la caricature qu'en font quelques aigris par leur défaite.

Et pour nos écolos, nouvelle génération, pourriez-vous enfin songer au pluralisme culturel en faisant interdire la publicité uniquement en anglais ; faire étudier un programme massif, par un meilleur coût, de l'installation d'usines de dessalinisation de l'eau de mer puisque la France possède la deuxième longueur de côtes du monde. Nos agriculteurs vous en sauraient gré. Sans oublier un projet de grande Secu englobant les mutuelles ; la fin du numerus clausus pour les médecins hors Union Européenne afin de réduire les déserts médicaux. Ah, mais que voilà quelques idées écologistes, dont on se garde de parler, comme du « droit à la paix ». C'est vrai, il est plus facile de prendre la roue de Mélenchon ; moins fatigant. Comment disait la publicité Pathé-Marconi autrefois ? La voix de son maître.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du  16 mai 2022

Les États voyous

L'actualité a, en ce moment, les yeux fixés sur l'Ukraine martyrisée par le barbare Poutine, avec des risques de troisième guerre mondiale si le mégalomane poursuit sa course folle à des fins dominatrices. Veillons à ne pas baisser la garde car la nécessité de résister s'inscrira dans la durée, voyant apparaître par-delà les amis du despote (Mélenchon, Zemmour, Le Pen) des « petainistes » comme Luc Ferry qui, sans flirter avec le tsarevitch, clament partout qu'il a déjà gagné, qu'il ne quittera jamais l'Ukraine. Ukrainiens, rendez-vous! Laissez la soldatesque russe violer femmes et enfants, tirer dans le dos des civils ; bombarder écoles et hôpitaux ... Le sens de l'honneur, qu'est-ce que cela veut bien dire pour cet ancien ministre de l'Éducation qui aurait avant - guerre fait enseigner aux élèves qu'il ne fallait surtout pas imiter de Gaulle ou Jean Moulin ... parce que leur combat était vain ; perdu d'avance.

Mais l'arbre ne saurait pas cacher la forêt. L'Ukraine bousculée ne doit pas faire oublier qu'il y a encore d'autres pays où la mode (ou le retour) à la violence anti-démocratique prévaut. C'est le cas de l'Éthiopie, de l'Afghanistan, de la Corée du Nord, du Nicaragua, du Venezuela ... Et last one, but not least : l'Iran qui, depuis 1979 sème, comme Poutine, la mort partout où sa dictature religieuse s'impose, dans ses frontières comme chez ses voisins, sans cesser de faire hurler « A mort Israël » ...

En raison de la longévité du régime cependant les sanctions commencent à tomber (ce qui n'est pas encore le cas pour le potentat russe et sa clique d'oligarques). C'est un avertissement que les pays de liberté font front commun et, selon leurs méthodes, instruisent le procès des bourreaux.

Certes, chacun est impatient de voir battus les agresseurs. Mais avant de les juger ... il faut déjà les vaincre. Le temps de la justice ; le temps de la démocratie n'est pas le temps des dictatures, qui, elles, n'ont de compte à rendre à personne. Un despote, lui, n'a qu'à appuyer sur un bouton pour agir.

Par esprit pacifique, les nations libres, avant de prendre les armes, soutiennent les résistances, puis, celles-ci étant par nature faibles, imposent aux pays des sanctions économiques croissantes. L'Iran, pour cela, a été un champ d'expérimentation dont les leçons s'appliquent désormais à la Russie impérialiste. Résultat : le régime de Téhéran est désormais exsangue. Sa monnaie a fondu, sa population manifeste en permanence, son économie régresse, ce qui ne l'empêche toutefois pas, après le gel des accords de Vienne sur ses préparatifs nucléaires à cause du retrait américain imputable à Trump, de redoubler d'efforts pour dominer et son peuple et le Proche Orient.

Sa dernière méthode, son dernier moyen est la prise d'otages étrangers quand les démocraties, elles, appliquent leurs règles judiciaires normales contre les hommes de main du Guide suprême qui règne aveuglément, selon le testament de l'ayatollah Khomeiny, que la France avait abrité durant son exil.

Fariba Adelkhah, chercheuse franco-iranienne, a ainsi été condamnée en mai 2020 à cinq ans de prison ; puis ce fut le cas de Benjamin Brière, arrêté la même année pour espionnage; ce mois-ci, ce sont deux syndicalistes français, affiliés à FO qui ont été interpellés alors qu'ils faisaient du tourisme dans ce pays de haute culture. On attend donc avec impatience la réaction de Régis Debray qui, en pleine page du journal Le Monde, en 2014, chantait les louanges du régime terroriste et fustigeait la Resistance de l'OMPI, basée en France. Gérard Depardieu, ami de Poutine, lui, au moins, a eu le courage de dénoncer les crimes de celui qu'il considérait avant comme son frère.

Mais le pire est peut-être encore devant nous car après la condamnation à 20 ans de prison en Belgique des Iraniens instigateurs d'un projet d'attentat en France, à Villepinte, contre la Resistance, en juin 2018 ; après le jugement en Suède d'un des pires tortionnaires aux ordres des barbus enturbannés, (alors aux ordres du futur président d'Iran, Ebrahim Raïssi, qui fera, en 1988, près de 4000 morts - tous des résistants de l'OMPI - la Suède va bientôt à son tour en subir les conséquences. Déjà, le 6 Mai, un de ses ressortissants a été arrêté. En attendant d'autres prises d'otages ...

Alors que la Cour Pénale Internationale enquête sur place, en Ukraine, en vue d'instruire le procès futur de la bande à Poutine pour ses crimes de guerre et ses crimes contre l'humanité, on s'étonnera cependant, pour notre part, que cette jeune et respectable institution n'ait pas encore commencé, fut-ce par contumace le jugement des criminels iraniens, même si le pire d'entre eux, Raïssi, est, lui, pour un temps, protégé par son immunité diplomatique. Y aurait-il donc des différences entre les horreurs de tous les États voyous ? Rien n'empêche de le penser. Sinon aux pays démocratiques, fondés sur le Droit, collectivement, d'engager au plus vite des poursuites devant la CPI.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 9 mai 2022

Soumission

La politique politicienne est souvent loin de la politique conçue par les philosophes, les juristes, les scientifiques voire les guides spirituels de notre temps, comme de toutes les époques d'ailleurs.

On en a encore la preuve avec la soumission de deux formations démocratiques : les socialistes et les Verts, au parti « les insoumis » créé par Jean-Luc Mélenchon non pas pour rassembler les forces de progrès mais pour les diviser.

Cet avatar n'est pas sans rappeler le roman de Michel Houellebecq « Soumission », d'autant que le caudillo des Insoumis est un islamo-gauchiste patenté qui a renoncé à la laïcité posée par la loi de 1905, s'attirant de ce fait, selon les politologues le vote « communautariste » de plus de 70% de musulmans de France lors du premier tour de la dernière élection présidentielle. Le « wokisme » s'il devient Premier ministre comme il y aspire, a de beaux jours devant lui. Ses alliés nouveaux : Éric Piolle à Grenoble va pouvoir autoriser le burkini ; son homologue strasbourgeoise, Barseghian poursuivre la construction des mosquées ; le maire de Bordeaux interdire les symboles de Noël ...

Mais cette soumission aux Insoumis ne s'arrête pas là. Dans ce mariage de la carpe et du lapin il faut ajouter un total désaccord entre les compères sur l'énergie, si essentielle dans les décennies qui viennent. Le « chef, sûr de lui et dominateur » pour reprendre la formule gaulliste, est contre le nucléaire civil, avec ses complices verts, mais, dès lors, contre les socialistes et les communistes qui, eux, sont « pour ». Cherchez la cohérence de l'attelage, au risque de se retrouver comme l'Allemagne à devoir réouvrir les polluantes centrales à charbon. Çà tire à hue et à dia ... pour gouverner ensemble.

Qu'à cela ne tienne, reste l'Europe, que le « bas goût » de l'ami de Poutine n'a cessé de fustiger depuis des années. On va voir ce que l'on va voir. L'Europe, comme les socialistes et les Verts français, va marcher à la baguette sinon, au nom de la France, comme Marine Le Pen, il s'alliera à Viktor Orban, le Premier ministre hongrois qui trahit l'Union Européenne au profit du dictateur russe.

Quel beau gouvernement de la France nous promet la bande des quatre, avec des «  lendemains qui chantent » (avant sa démission faute de réaliser des missions d'ores et déjà impossibles ; tout du moins ensemble, tel que l'accord nous a été présenté). « Après eux, le déluge » selon le mot de Louis XV.

Macron a sauvé l'économie, les emplois en pratiquant le « quoiqu'il en coûte » keynésien, politique de gauche s'il en est. Cela veut-il dire, par esprit de contradiction que les revenants du Jurassic Park de la politique française vont, eux, revenir aux règles libérales antérieures : pas de déficit budgétaire supérieur à 3% ? On aimerait le savoir. On a le droit de le savoir. Sont-ils « libéraux », oui ou non ?

Enfin, n'oublions pas, surtout pas, la prétention du chef charismatique à instaurer une VIe République. En revenant aux régimes d'assemblée ? En enlevant à nos concitoyens le droit d'élire le chef de l'État ? Quelle importance quand les Anglo-Saxons, eux, s'en tiennent toujours aux mêmes règles depuis des siècles. Il faut bien que tout change pour que rien ne change. Ce serait une nouvelle définition de la gauche qui confine à une anarchie conservatrice.

Qu'en pense alors les détenteurs du bois de la « vraie croix » du socialisme pur, eux qui délivrent les certificats d'orthodoxie au risque, sinon, d'être rejeté comme suppôt de la droite ? Leur verdict est attendu avec intérêt. D'autant que la pièce de boulevard qui nous a été jouée par la bande des quatre à Aubervilliers, où revenait sans cesse « Embrassons-nous Folleville, embrassons-nous Folleville » a dû les séduire. Feydeau, bien que non politique a toujours eu le don de plaire à tous les publics. Rien de plus électoraliste ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 2 mai 2022

De la Chine

Avec l'agression russe contre l'Ukraine, nous sommes passés de la guerre froide oubliée à la guerre chaude, voire à la menace d'une troisième guerre mondiale, nucléaire cette fois. C'est dire l'enjeu de la situation actuelle dont le premier résultat est que les États-Unis d'Amérique - qui avaient délaissé l'Europe, trop insignifiante à leurs yeux depuis Obama - pour se tourner essentiellement vers l'Asie (la Chine en particulier, promue adversaire numéro un) font aujourd'hui machine arrière. N'est pas grand stratège qui veut. L'arrogance rend aveugle.

A qui dire « merci », sinon à Monsieur Poutine, lui-même méprisé par les présidents étatsuniens, qui a voulu ramener la Russie au rang de grande puissance dont elle était déchue parce qu'avec un PIB inférieur à celui de l'Italie il possédait cependant un armement nucléaire capable de rivaliser avec n'importe qui ?

Résultat, la Chine peut à nouveau souffler, tout juste handicapée par la résurgence de la covid 19. La Chine se doit donc de dire aussi « merci » à Vladimir le barbare qui a fait se retourner Washington peu enclin à essuyer un nouvel échec après le Vietnam, l'Irak et l'Afghanistan. Bref, l'impérialisme ne paye plus, ce qui ouvre peut-être enfin un créneau pour la reconnaissance du « droit à la paix », jamais acté malgré le désastre qu'ont été les guerres du XXe siècle. A l'Europe dès lors de jouer et à la France en particulier. Mais jouer avec qui ?

Avec la Chine bien entendu puisque ce pays que l'on appelait l'empire du Milieu se retrouve désormais vraiment au milieu. Les temps changent ...

Cette grande et ancienne civilisation, longtemps isolée par sa culture (que la grande muraille traduit concrètement) tandis que l'Occident se projetait dans le monde entier ; colonisée, humiliée par les Occidentaux et les Japonais tient sa revanche, tel le Raminagrobis de la fable de la Fontaine. Elle a réussi, mutatis mutandis, en un demi-siècle là où un système politique voisin, celui de l'URSS, échouait lamentablement sur le plan économique en un siècle. Cherchez l'erreur.

De ce fait, la Chine, formatée à la culture de Confucius plus qu'à celle de Mao Tsé Toung se retrouve en position d'arbitre du monde, membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU, usine du monde en même tant que puissance militaire et spatiale. On imagine le sourire du président Xi Jinping devant le recul américain et sa force tout en retenue.

Les medias et les bien-pensants occidentaux l'attaquent sur la question des Ouighours, minorité musulmane du Xinjiang qui a commis quelques attentats, comme nos islamistes à l'Ouest : la Chine réprime comme nous avons nous-même cerné les fous d'Allah. Quoi de plus normal et légitime. Elle est alors accusée de pratiquer le travail forcé ? Elle a signé la convention ad hoc le réprimant voici un mois.

Il serait temps par conséquent d'oublier le XIXe siècle ; le temps des traités inégaux et d'intégrer l'ancienne Cathay dans le concert des nations à part entière ; de la mettre en face de ses responsabilités mondiales sans devenir impérialiste pour autant. Le pape jésuite François, lui, dans la ligne du père Matteo Ricci, au XVe siècle et du père Teilhard de Chardin au XXe a su trouver la voie du compromis et de la paix avec Pékin. Pourquoi pas la France elle-même voire un compromis historique avec le Dalaï Lama au Tibet.

L'Europe doit convaincre la Chine que si elle partage bien avec les États-Unis la démocratie, la liberté : « elle, c'est elle ; eux sont eux ». En Europe en revanche on ne vend pas les armes librement ; on ne doit pas sortir sa carte bancaire avant d'être hospitalisé ; le communautarisme (wokisme) n'a pas encore cours sur notre continent ; on n'est pas obligé - pas encore - de ne parler ou chanter qu'en anglais. Pas de confusion, entre les deux côtés de l'Atlantique.

Certes nous nous sommes rapprochés d'eux par nécessité pour défendre l'indépendance de l'Ukraine martyrisée. Mais si Pékin cesse de rester globalement neutre face aux crimes de la Russie ; si Pékin met son poids dans la balance avec l'Europe pour préparer le monde de demain en le fondant sur le droit à la paix, Russes et Américains pourront, les uns comme les autres, remiser leur impérialisme au rang des objets obsolètes. Il y a des musées pour cela.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 25 avril 2022

Tout et son contraire

Les urnes ont parlé. Le président de la République sortant a été réélu pour un second et dernier mandat avec 58% des voix. Beaucoup s'en réjouiraient ... sauf en France où, en dépit des résultats il faut toujours être « contre », des commentateurs aux politiciens extrémistes, de gauche comme de droite. A les croire, Emmanuel Macron aurait quasiment échoué tandis que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon auraient quasiment gagné. Selon ce dernier d'ailleurs, Emmanuel Macron serait mal élu quand tant de ses prédécesseurs ont été mis au rencart par les Français ou n'ont pas osé se présenter pour un second mandat. L'abstention ? Encore un échec aux dires de ceux qui ont voix au chapitre alors qu'à quelques pourcents près, celle-ci est grosso modo stable.

Ah mais vous oubliez « les jeunes ». Oui, les jeunes qui manifestent pour tout et pour n'importe quoi. Les jeunes sont l'avenir. Donc ils ont raison par définition. Ils bouderaient les urnes ? soit. Mais quel système politique proposent-ils pour désigner les dirigeants du pays ? Démagogie quand tu nous tiens ... Il n'est que de voir la révolte de mai 68 ; De Gaulle, c'était la « chienlit ». Et maintenant des communistes aux « Lepenistes-Zemmouriens » tout le monde adule le fondateur de la Ve République, confirmant sa célèbre phrase « Tout le monde est, a été ou sera gaulliste ».

A croire nos medias, Emmanuel Macron fait l'objet d'une haine rare. C'est vrai ? On ne s'en était pas aperçu. Mais lequel de ses prédécesseurs n'a pas été l'objet d'une vindicte populaire au point, pire encore, d'être battu ou empêché de se représenter ? « Être contre » est toujours valorisant. Une sorte de sport national. Ce serait une preuve d'intelligence et de caractère. Ceux qui sont « pour » ne seraient que de veaux, voire des arrivistes ou des opportunistes.

Question : si le jeune Macron n'était pas sorti de nulle part en 2017, qui aurait alors occupé l'Élysée ? « La critique est aisée ; seul l'art est difficile » dit-on. Les deux partis traditionnels, de droite comme de gauche, ont été balayés faute de candidats d'envergure. Ne restait alors, et ne reste encore, que les extrémistes, menés par Le Pen et Mélenchon, tous deux amis admirateurs du régime de Poutine ou de Chavez. Est-ce cela que l'on veut ?

Hélas, en France, les négatifs ont toujours une forte tendance à l'emporter sur les positifs. Critiquez, critiquez, il en restera toujours quelque chose.

Au nombre de ces contradictions « génétiques », voyez aussi l'exemple de nos îles, Corse ou Antilles, qui réclament plus d'autonomie, dont certains résidents insultent la France, cassent, brûlent, se présentent en « victimes » de l'État. Mais, lorsqu'il s'agit de voter, ils placent en tête le Rassemblement National, parti nationaliste chauvin centralisateur qui, s'il accédait un jour au pouvoir à Paris ne manquerait pas de les réprimer.

Alors ? La France va mal ? Une vieille antienne « Quand je me regarde je me désole, quand je me compare, je me console ». C'est d'ailleurs pourquoi de Poutine à Zelenski ; de Xi Jinping à Ursula van der Leyen ; de Joe Biden à Boris Johnson ... tout le monde, et pas seulement par tradition, a adressé ses félicitations au nouvel élu et poussé un « ouf » de soulagement. La France est restée la France, celle qu'aiment les étrangers, au point que les Allemands ont même forgé un adage « Heureux comme Dieu en France » mais là attention «  laïcité républicaine oblige » ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 18 avril 2022

Pâques, la crucifixion des Ukrainiens

La fête de Pâques est le symbole de la paix, après la torture et l'exécution honteuse de Jésus sur une croix. Dépasser cet épisode et tous les épisodes semblables de la part de forces politiques abusant de la violence contre des innocents reste donc à l'ordre du jour, plus que jamais.

Nous en sommes témoins à notre tour, après des siècles de barbarie qui symbolisent le primum de la force sur le Droit. Un Droit en gestation trop lente pour dominer une sauvagerie aveugle. Une de nos amies, experte près la Cour Pénale Internationale nous le faisait remarquer : le « droit à la paix » n'existe pas. Pas encore. En revanche le droit de la guerre, lui, existe bien puisqu'on adopte des conventions internationales pour le régir. Conclusion : la guerre est l'état normal ; la paix, l'exception.

Notre tâche est donc là : renverser l'ordre dit « naturel » des choses. La paix doit être l'état normal et permanent. La guerre, l'exception en dépit des vieux adages comme « l'homme est un loup pour l'homme ».

Certes, les démocraties et les démocrates doivent être « aguerris », être prêts à la guerre défensive, telle que Jaurès l'envisageait, en se fondant sur les théories éprouvées de Clausewitz. Mais avant, au plus vite, proclamons le « droit à la paix », sans naïveté, comme fondement de l'ordre international démocratique. Ce n'est pas fait ; cela doit être fait. Le droit de la guerre doit venir après, comme les pompiers luttent contre l'incendie.

Actuellement, on voit se multiplier le nombre d'États voyous, façon Russie de Poutine qui agressent, mentent, travestissent la vérité et la réalité, auxquelles s'ajoutent des morts, des blessés, des destructions massives. Il est donc nécessaire, hors une ONU impuissante, de former une coalition des pays libres qui s'engagent à coopérer au service de la paix et de la démocratie, en excluant ceux qui tergiversent comme la Hongrie, nombre de pays africains ou d'Amérique latine ... Une alliance positive, sans état d'âme, qui se consultera régulièrement sur la situation de la paix et de la démocratie.

Il n'y a pas de « si » ni de « mais » disait un de nos grands hommes, « Il faut réussir ».

Joyeuses Pâques.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 11 avril 2022

Le monde de tous les dangers

Les Ukrainiens votent avec leurs armes et leurs pieds. Les Français, eux, ont encore cette chance de s'exprimer par un bulletin de vote, comme ils l'ont fait le 10 avril. Mais au vu des résultats il y a de lourds nuages noirs au-dessus de la traditionnelle démocratie

hexagonale. Et pas seulement des nuages venus de l'Est de l'Europe comme on le craignait depuis un mois. La menace contre nos libertés essentielles vient aussi de l'intérieur de nos frontières sous une forme cyclonique en cours de formation, dont on ne sait présentement si elle s'amplifiera ou si, dans un sursaut salutaire, les « forces de l'esprit » qu'évoquait François Mitterrand feront une parade face au danger qui guette.

Les chiffres sont nos maîtres. Car des trois candidats arrivés en tête du scrutin, deux représentent un réel danger pour celles et ceux qui militent pour un monde meilleur, dans la lignée du testament laissé par nos ancêtres il y a deux siècles. Une démocratie faible est vouée à l'échec. Déjà si elle se réfugie frileusement dans la « ni, ni » qu'est l'abstention. C'est Paul Claudel qui écrivait « ils ont les mains blanches ... mais ils n'ont pas de mains ».

On sait ce qu'a fait le chef de l'État sortant face à la crise « poujadiste » des gilets jaunes en éloignant la violence que les partis et les syndicats n'avaient vu venir en dehors des urnes, comme de Gaulle en 1968 après dix ans de « règne ». Emmanuel Macron, lui, n'avait tenu les rênes du pouvoir que peu de temps lorsqu'il a succédé à François Hollande. Peut-on dès lors lui en faire grief et le tenir pour entièrement responsable de cette crise systémique qu'il a cependant gérée avec doigté ? Puis vint la pandémie, la Covid 19, qui obligea les Français à un dur confinement qui le conduisit à une gestion à vue, comme dans tous les pays du monde, sans être meilleur ou pire que partout ailleurs.

A la sortie de ce tunnel de cinq années, il était donc naturel que ses concitoyens se défoulent un peu, tout en rassemblant autour de lui nombre de responsables de gauche comme de droite. Mais ce qu'ignorent superbement les populistes qui le taxent de « libéralisme », c'est que le fond de sa politique économique, son fil conducteur, était «  keynésien », diamétralement opposé au « laisser faire, laisser passer » de tous les libéraux dont le dernier avatar fut « l'école de Chicago » qu'ont suivi Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Le « quoiqu'il en coûte » a sauvé les entreprises et les emplois en maintenant la croissance économique, au détriment certes, d'une justice sociale qui est son maillon faible mais il a paré au plus pressé, sans quoi la France se serait retrouvée bloquée, au bord d'une de ces révolutions chroniques qui la caractérisent.

Face à lui, la droite classique et la gauche non moins classique ont fait pâle figure avec leurs candidat(e)s sans envergure, sans vision, porteurs de leurs vieilles recettes à l'odeur de moisi.

De là la montée aux extrêmes, avec ses dangers non moins glaçants que ceux que nous avions connu avant-guerre.

Une Marine Le Pen, héritière politique sans « taxation » de son capital intellectuel et moral : racisme, xénophobie, chauvinisme, culte du chef, rejet de l'Europe, proximité avec Poutine, le bourreau du peuple ukrainien, sans, toute honte bue, se réclamer toutefois du Général de Gaulle que son père avait si violemment combattu. On hallucine ...

Sur l'autre bord, Jean-Luc Mélenchon, trotskyste reconverti en socialiste de gouvernement puis en populiste ami de Castro, de Chavez pour terminer dans le chœur des adeptes de Poutine jusqu'à ce qu'il ne tire en urgence sur le frein devant les crimes de guerre de son dernier maître à penser. Mais encore n'est-ce pas tout car au plan intérieur, combien de fois, sans foi ni loi, a-t-il soutenu les islamistes, localement ou nationalement en leur manifestant son soutien ... au nom d'une laïcité dévoyée.

La perte de mémoire à l'occasion du second tour serait une marque de sénilité pour tout un peuple fatigué par les épreuves. On se doit d'éviter d'avoir à entrer en résistance pour plusieurs années. Pour cela il faut se lever, se mobiliser, parler. Car, on ne le redira jamais assez, c'est toujours avec ses pieds que l'on exprime sa liberté, sur tous les continents, de l'Afrique à l'Amérique en passant par le Proche Orient ou l'Europe ... Alors « aux urnes les citoyens » pour éviter d'être « aux armes ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 4 avril 2022

Enjeux de civilisations

On représente souvent la terre sous une forme ovale, comme un ballon de rugby aplatie aux deux pôles. Elle ne tourne donc pas rond. Mais c'est toujours mieux qu'une terre plate, comme le prétendent certains complotistes.

Ceci dit, cette forme ovale, politiquement, est de plus en plus proche de la réalité ! Le monde est en pleine mêlée : régimes démocratiques contre régimes autoritaires sans que l'on sache de quel côté va sortir le ballon. Raison de plus si l'on est du côté des démocraties, des libertés pour s'engager dans le rapport de force planétaire à peine de se retrouver demain habitants d'une planète sous la botte de grands ou petits dictateurs. La décennie qui vient sera décisive pour déterminer ce que sera la configuration du monde pour les générations futures, quand le ballon ovale sortira de la mêlée actuelle : côté libertés ou côté autoritarisme. Croisons les doigts et poussons encore et encore ...

Côté « équipe des libertés » tous les titulaires ne se valent pas hélas. Les participants n'ont pas le même âge, la même expérience, la même force. Par définition, la liberté c'est le pluralisme.

Les États-Unis sont parmi les plus jeunes derrière la Grande Bretagne et la France, mais qu'ont-ils fait au Vietnam, en Irak, en Afghanistan ? Sinon le contraire de leur idéal ...

Leurs alliés européens, pressés de s'unir, France, Grande Bretagne, Allemagne, Italie, Espagne ... n'ont pas le même entraînement historique ; certains ont même vécu une phase dictatoriale après un vote populaire qui sème toujours le doute sur leur capacité à monter en première ligne.

Quant aux autres, Japon, Inde ... leur intérêt ne les entraîne pas encore à être dans la ligne d'avant.

Bref, c'est une bonne équipe, le plus riche, la plus développée techniquement mais un tantinet disparate. Le camp des libertés ne s'unit d'ailleurs pas régulièrement pour sceller une union autour de valeurs communes. D'autant que l'hégémonie américaine, en imposant ses mœurs, sa langue crée une légitime méfiance.

Côté équipe autoritaire, voire dictatoriale, les nuances ne sont pas moindres. Toutefois, le réflexe de l'appel à la violence les unit. Les composantes de cette équipe n'ont jamais connu le XVIIIe siècle et sa révolution libérale, mère de la démocratie en Europe de l'Ouest.

En tête du camp rétrograde fondé sur l'étranglement des droits de l'Homme, chroniquement, des tsars à Poutine en passant par les lénino-staliniens : la Russie bien sûr, incapable de s'arrimer à une Europe éprise de progrès, tant politique qu'industriel. La presse y est bâillonnée en permanence. D'où son incapacité à évoluer « vers un » monde épanoui, concurrentiel. Un pays dirigé par des primaires qui ne savent que pratiquer l'assassinat, l'empoisonnement, l'emprisonnement voire l'agression des peuples voisins malgré sa grande culture faites d'écrivains, de musiciens, de scientifiques. Pour Poutine et sa bande de militaires et d'oligarques le mot « liberté » est un mot obscène.

Non loin derrière, quoiqu'avec mille nuances en société, la Chine, qui soutient la Russie comme la corde soutient le pendu, attendant son heure pour occuper, avec son milliard et demi d'habitants les immenses territoires russes d'Asie quand le maître du Kremlin, lui, s'ingénie à humilier l'Ukraine. La Chine, superficiellement maoïste, profondément confucéenne pousse, évidemment, elle aussi dans la mêlée, mais avec modération. La sagesse a toujours été son fondement moral, mutatis mutandis.

L'Iran des mollahs, qui emprisonne à tour de bras, torture, assassine a également sa place dans la nébuleuse autoritaire. Au point qu'Israël, nation démocratique, hésite à condamner l'invasion de l'Ukraine par peur de se couper de la Russie, meilleur allié des barbus enturbannés qui menacent son existence depuis quarante ans.

Quant à l'Afrique, à l'Amérique latine, elles tergiversent. A l'ONU notamment. C'est dire si, dans la mêlée d'où sortira demain le ballon ovale qui représente la terre (son avenir libre et démocratique promis depuis 1945) les jeux ne sont pas faits. Car même les droits de l'Homme exigent un rapport de force. Jaurès, socialiste que l'on aime à citer pour avoir sacrifié sa vie au progrès avait, rappelons-le, écrit « Vers l'Armée nouvelle ».

Les États-Unis sont en déclin après leurs échecs au Vietnam, en Irak et en Afghanistan. Mais ils sont aussi un impérialisme culturel que peu contestent encore. La Russie aurait pu en conséquence, si elle s'était ancrée en Europe engendrer un monde plus équilibré, plus rationnel et éviter l'affrontement, voulu délibérément par Washington, (d'Obama à Biden en passant par Trump l'apprenti dictateur) avec la Chine. Il n'en a rien été à cause du dérèglement mental d'un seul homme.

Dès lors, la règle du rugby oblige. La balle de la liberté, de la démocratie est au centre de la mêlée, sans que l'on sache de quel côté elle sortira. Du sort de l'Ukraine dépend le sort du monde. A cause d'un fou, nous sommes revenus en 1940 ; les massacres se multiplient, les alliances s'affaiblissent. Alors poussons, poussons. Il est désormais trop tard pour réfléchir. La liberté est au bout.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 28 mars 2022

Russie-Ukraine : le tragique retour de l'Histoire

La guerre menée actuellement par la Russie contre l'Ukraine démocratique devrait rappeler à chacun un précédent qui date d'un siècle. La Russie, devenue bolchevique depuis 1917, après avoir libéré l'Allemagne impériale sur le front de l'Est - ce qui lui permit de renforcer son offensive à l'Ouest contre les démocraties, avant, en 1939, de signer le pacte germano-soviétique, s'en prit à la sortie de la première guerre mondiale à l'Ukraine indépendante présidée à cette époque par Simon Petlura.

Le chef de l'État ukrainien d'alors était un socialiste démocrate opposé tant à la Russie de tout temps expansionniste qu'à la dictature dite du prolétariat. Mal lui en prit car déjà à l'époque, comme celui de Vladimir Poutine, le pouvoir n'hésitait pas un instant à éliminer physiquement ses adversaires dont Léon Trotski est un des cas les plus célèbres.

Simon Petlura né en 1879 était le troisième Président de l'Ukraine indépendante, notoirement anti-tsariste, membre dirigeant du Parti ouvrier social-démocrate ukrainien, sans verser dans un nationalisme chauvin.

En janvier-février 1917, il avait repoussé l'Armée rouge à Kiev et l'indépendance totale de l'Ukraine fut proclamée le 22 janvier 1918, avant qu'un coup d'État, le 29 avril 1918, conduit par le général Pavlo Skoropadsky, à l'instigation des empires alliés allemand et austro-hongrois, ne mène à son arrestation.

Cependant, le général Skoropadsky fut à son tour renversé le 14 décembre 1918 quand la guerre pris fin le 11 novembre 1918 et la République populaire ukrainienne fut alors restaurée, mettant à sa tête Vynnytchenko, le 13 novembre 1918, lequel démissionna très vite, en raison des attaques soviétiques, avant d'être remplacé par Simon Petlura le 11 février 1919.

Mais dès février 1919, l'Armée rouge, à la façon poutinienne, s'empara de Kiev et de nombreux pogroms eurent lieu en Ukraine, pays qui abritait alors une forte minorité juive.

Petlura, qui commandait l'Armée populaire ukrainienne, combattit, à cette époque troublée, l'Armée rouge comme l'Armée blanche, ennemie jurée du bolchevisme triomphant sans que la France, malgré sa demande, lui accorde son soutien dans sa lutte pour une Ukraine indépendante et démocratique. D'où son alliance forcée avec la Pologne, un traité de Varsovie du 22 avril 1920, quand celle-ci était dirigée par le maréchal Pilsudski. Il prévoyait une Ukraine indépendante et la fixation d'une frontière polono-ukrainienne, avant de mener ensemble l'offensive contre les bolcheviques. Offensive qui se conclut après la prise de Kiev (7 mai 1920) par un armistice entre la Pologne et la Russie soviétique.

Simon Petlura, privé du soutien polonais prit dès lors le chemin de l'exil quand la Russie et la Pologne se partageaient l'Ukraine, avant que ne soit proclamée une « République socialiste soviétique ukrainienne ».

Après avoir été emprisonné en Pologne, il constitua aussitôt un gouvernement ukrainien en exil qui pactisa, de guerre lasse, avec le responsable sioniste Vladimir Jabotinsky pour protéger les Juifs lors d'une future reprise de l'Ukraine.

Dans le même temps, Moscou tenta sans cesse de réclamer Petlura aux Polonais. En vain. D'où une tentative d'assassinat contre lui, selon la « tradition » en 1923, puis son départ de Pologne lorsque Pologne et URSS établirent des relations diplomatiques. Finalement il s'installa à Paris, en 1924, d'où il continua à diriger un gouvernement ukrainien jusqu'à son assassinat, le 26 mai 1926, rue Racine, par un anarchiste juif Samuel Schwartzbard, originaire de Bessarabie, sous prétexte d'un pseudo-antisémitisme de l'exilé ukrainien.

Étrangement, l'assassin fut défendu par l'avocat Henry Torrès, membre du Parti communiste français, avec le soutien de l'Humanité, organe du PCF, dont le résultat fut l'acquittement du criminel avoué par 8 voix contre 4, bien que le prédécesseur de Volodymyr Zelensky eut été reconnu comme exempt de tout hostilité, bien au contraire, contre ses compatriotes juifs.

D'ailleurs, le célèbre Beria, dans une lettre du 11 août 1930 reconnut que le crime avait été commandité par les autorités soviétiques avant que deux sœurs de Petlura, religieuses dans un couvent orthodoxe soient, elles-mêmes, assassinées par le Guépéou.

En conséquence, Volodymyr Zelensky, actuel Président de l'Ukraine libre et indépendante, ce Churchill des temps modernes, sait ce qui l'attend. Que la Russie soit tsariste, soviétique ou poutinienne, ses buts, ses méthodes sont éternels et criminels. On comprend aussi la raison pour laquelle l'opinion publique mondiale est alignée derrière son peuple dont il est le drapeau.

Mais pourquoi Israël est-il si discret ? Pour se protéger de l'Iran, allié de Moscou ? pourquoi la Chine, géant protecteur de la Russie des oligarques lui ouvre-t-elle les bras ? Pour mieux la vassaliser ? Pourquoi l'Inde, géante, tergiverse-t-elle devant tant de crimes ? Pour contrer son rival chinois ? Pourquoi enfin une bonne partie de l'Afrique perd elle son honneur en ne condamnant pas l'invasion russe quand Moscou s'ingère dans nombre de ses pays ?

Ne soyons pas naïfs. Tout est résumé dans la forte personnalité de l'homme qui est l'héritier de Simon Petlura.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 21 mars 2022

Les Droits sont-ils humains ?

Peu à peu le phénomène gagne. On parle de moins en moins de droits de l'Homme et de plus en plus de droits humains. Comme si des droits pouvaient être « humains » ... En ce cas y aurait-il aussi des droits « inhumains » ?

A l'origine, en 1789, les auteurs, les « inventeurs » ont voté ce qu'ils considéraient comme les « droits de l'Homme et du citoyen ». Leur Déclaration a aussitôt fait le tour de la terre tant elle était appréciée, et nombre de révolutions libérales se sont faites en son nom. Plus d'un siècle et demi après, au lendemain de la seconde guerre mondiale, les Nations Unies elles-mêmes, à l'instigation de René Cassin, conseiller durant la guerre du général de Gaulle et d'Eleanor Roosevelt, veuve du Président américain, la Déclaration universelle des droits de l'Homme fut adoptée en 1948, à Paris, au palais du Trocadéro, siège passager de l'ONU avant son installation définitive à New York.

Mais là encore, point question de « droits humains ». La question d'ailleurs ne s'est jamais posée.

Certes la grande Olympe de Gouges, sous la Révolution française, celle qui considérait que « comme les femmes ont droit de monter à l'échafaud, elles doivent aussi avoir le droit de monter à la tribune ». Et de proposer une « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ». Sans succès.

Il faut aussi remarquer qu'avant notre époque, où l'on rend compliquée la langue française en multipliant la féminisation de la langue (abusivement le plus souvent, comme désormais parler d'auteur et d'autrice plutôt, tout simplement - surtout pour les étrangers - d'auteur et d'auteure), on faisait dans la simplicité, en héritiers de notre « mère » la langue latine. Sans cacher cependant qu'il y avait encore une domination masculine très forte, qui peut s'expliquer puisque le suffrage universel a exclu les femmes jusqu'en 1945 (y compris sous le Front populaire dix ans auparavant).

En latin, Homme a deux origines : « Homo », le genre humain dans son ensemble et « Vir » dans son acception masculine. Parler des droits de l'Homme inclut par conséquent les deux sexes, même si « homo » a pris de nos jours une toute autre signification pour tenir compte de l'évolution des mœurs. Ce n'est donc pas par abus de langage que nos ancêtres ont retenu l'expression consacrée universellement en 1948.

En fait ce n'est que récemment, depuis le succès mérité d'Amnesty International (à l'origine irlandaise) que s'est répandu le terme « droits humains », car cette organisation l'a imposé de fait. Et tous les gogos de le reprendre à leur compte, même s'ils n'en sont pas les meilleurs défenseurs. Cela traduit aussi, qui en douterait, l'hégémonie anglo-saxonne sur la culture mondiale.

La Commission nationale consultative française des droits de l'Homme, amenée à délibérer sur le soi-disant choix à faire, il y a plus d'une décennie, a d'ailleurs rejeté la version pseudo moderne pour garder la conception traditionnelle des droits de l'Homme. Mais qui connait cette instance ancienne, quoique nommée par le Gouvernement ?

Il en va de même des paroles de la Marseillaise que certains ont voulu modifier il y a vingt ans parce trop belliqueuses, dans lesquelles les hommes défendent « nos femmes et nos enfants ». Là encore il faudrait réécrire l'Histoire et ses pages glorieuses. De même que les femmes, protégées de la tyrannie, de nos jours, ne devraient pas l'entonner et devraient se garder de porter les armes ...

Vaste programme ! Gardons-nous dès lors d'être passifs car si les mots ont un sens, ils recouvrent aussi des idées.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 14 mars 2022

Droits de l'argent et droits de l'Homme

Bien que souvent passée sous silence, voire ignorée, la formule, « Les droit de l'Homme doivent passer avant les droits de l'argent » attribuée à Franklin Roosevelt aurait dû, depuis longtemps, être le slogan majeur de tout ce que le monde compte de socialistes démocrates, opposés au capitalisme libéral comme au socialisme de caserne.

S'il n'en a rien été, c'est d'abord parce que les progressistes du 19e siècle ont séparé les droits de l'Homme (de 1789) et le combat social. Pour eux, leurs légitimes revendications contre la misère étaient avant tout un rapport de force favorable à établir. Les droits de l'Homme, eux, étaient « bourgeois ». Donc on pouvait les négliger, surtout dans la frange marxiste des socialistes.

C'était une erreur historique car les auteurs de la Déclaration de 1789 avaient voté une motion (dite Mougins de Roquefort, le 27 août) qui obligeait à continuer leur œuvre, véritable projet de société démocratique mais qui n'avait pas eu le temps suffisant ultérieurement pour aborder, approfondir le volet économique et social au-delà de son article 17 trop succinct : « La propriété est un droit absolu et sacré » ce qui aurait mérité d'être immédiatement nuancé en raison de sa trop grande rigueur comme de sa nature de classe.  

Droits de l'Homme et droits de l'argent ont dès lors cheminé séparément pendant plus d'un siècle en s'ignorant, les droits de l'Homme n'ayant pour mission que de veiller sur les libertés publiques tandis que la classe ouvrière et ses représentants n'ont, eux, que peu évoqué les droits de l'Homme dans leurs luttes. Ce n'est guère qu'à partir de 1936, et surtout à la Libération, dans le préambule de la Constitution qu'ont été pris en compte les droits économiques et sociaux, comme des « frères mineurs » des grands droits de 1789. Mais cela n'a toutefois pas réalisé en soi une révolution culturelle. L'argent, bien souvent, y compris dans ce qui reste de pays communistes (Chine, Vietnam, Cambodge) reste roi. Et que dire de nombre de pays sous-dévéloppés dont les dirigeants ont pillé leurs pays pour acheter, dans des pays où les droits anciens sont respectés (Suisse, France, Grande Bretagne etc.) des « biens mal acquis ».

On doit rendre à l'Afrique les œuvres d'art primitifs pillées du temps de la colonisation. Soit. Mais on doit d'abord rendre l'argent des plus grandes fortunes expatriées au peuple du pays d'où il vient.

La « palme », si l'on ose dire, revient cependant à la Russie « poutinienne » dont la négation des droits de l'Homme est totale, pour les droits de quelque génération qu'il s'agisse, (quoique la séparation des pouvoirs n'en existe pas moins) ! Même si ce n'est la séparation dont on parle dans les démocraties ...

En Russie les choses sont donc claires, si l'on ose dire : à Poutine l'écrasement des droits de l'Homme traditionnels, « libéraux » ; aux oligarques la totalité des droits liés à l'argent, sans limite aucune. Et chacun de s'épauler, d'être complice de l'autre pouvoir. « On vit en bonne intelligence ». Une seule victime, le peuple russe, mais qui le plaindrait puisque, malgré la «  révolution » « gorbachevienne » (glasnost et perestroïka) il suit aveuglément son maître, depuis 22 ans, et déteste son ancien Président, lequel pourtant avait fait tomber le mur de Berlin et libéré les pays de l'Europe de l'Est.

Un beau mariage du pouvoir de la force et de l'argent dont ne veulent absolument pas les Ukrainiens d'aujourd'hui comme ceux d'il y a un siècle puisque les Russes ont alors fait assassiner à Paris le premier Président de leur pays indépendant Simon Petlura à l'instar du sort qu'ils réservent à l'actuel Président Volodymyr Zelensky.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 7 mars 2022

Vlad le Barbare

On connaissait Vlad l'Empaleur ... nous avons maintenant Vlad le Barbare, qui aspire à régner sur un empire soviétique reconstitué en s'emparant des États qui étaient autrefois sous la botte de l'URSS.

Vladimir le Barbare ne recule devant rien : ni les mensonges les plus grossiers, ni les destructions, ni les morts, que ce soit par des assassinats en Russie ou à l'étranger ou que ce soit par des bombardements aveugles.

Formé par le KGB stalinien, Poutine est l'archétype de cette école : ni la moindre expression du visage, ni mobilité du regard, ni sentiments. En parfait espion reconverti il peut passer partout. C'est une mécanique insensible aux arguments qui ne s'incline que devant la force.

L'Histoire a connu beaucoup de tyrans, mais celui-ci les surpasse car il n'a rien d'humain, de sensible, ce qui le rend imprévisible. Ceux auxquels il ordonne - c'est-à-dire tous les Russes moins un : lui, tremblent devant le deus ex machina. Ceux qui sont ses égaux, ses interlocuteurs, les autres chefs d'État (Emmanuel Macron, Jo Biden ...) se heurtent, eux, à un mur, à un robot qui ne parle que la langue de bois. Il faudrait en conséquence un traducteur idoine.

Il y a longtemps qu'ils auraient dû renoncer si ce n'était leur devoir moral de sauver la paix en apaisant le monstre.

Le résultat est là :

Immeubles d'habitation détruits, hôpitaux éventrés, populations terrorisées, territoires conquis dans le même temps où une chape de plomb, plus épaisse encore, tombe sur la Russie pour éteindre toute voix dissidente dans une population anesthésiée, dressée depuis longtemps par le stalinisme.

Le Conseil de Sécurité condamne - sans autre veto que celui de la Russie ; l'assemblée générale de l'ONU condamne à son tour les innombrables violations du droit international ; la Cour Internationale de Justice de la Haye va donc inévitablement condamner Vlad le Barbare. Mais l'animal à sang froid, s'en moque comme il se moque de toutes les sanctions économiques bien que son pays ait une richesse nationale inférieure à celle de l'Italie. Tout va dans l'armement et les poches des oligarques qui l'entourent. Son industrie est une économie Potemkine, comme il y avait autrefois des villages Potemkine...

La presse s'interroge, les peuples s'interrogent : comment arrêter celui qui met en péril le monde en faisant tirer sur une centrale nucléaire, menace de ses armes les plus sophistiquées les pays démocratiques ?

Réponse : résister, comme le fait le peuple ukrainien derrière son président Volodymyr Zelensky. Mais cela ne durera pas longtemps.

Dès lors, comme en Hongrie en 1956, en Tchécoslovaquie en 1968 va venir le temps de la résistance passive, dans le temps long.

Par contre, comme nul n'est au-dessus des lois morales et juridiques, les nations civilisées doivent, d'ores et déjà, annoncer, préparer, saisir la Justice criminelle internationale, (la Cour Pénale Internationale). Le procès du dictateur et de ses complices doit être immédiatement instruit publiquement, même si les juristes de salon ne manqueront pas de dire qu'il y a des impossibilités procédurales (comme de coutume) !

A ces timorés on répondra alors que le tribunal de Nuremberg n'avait aucun fondement juridique lorsqu'il a été mis en place ; qui plus est, on ne peut juger et condamner que sur la base des règles préexistantes - ce qui ne l'a pas empêché d'envoyer à la potence la triste bande de bourreaux nazis.

Que l'on y songe dès maintenant. L'annonce de la coopération judiciaire des États démocratiques aurait moralement son effet instantané ; ne serait-ce que pour empêcher les criminels de guerre de circuler dans le monde à peine d'être arrêtés. Hic et nunc, la liste des complices, militaires ou oligarques doit être dressée et publiée urbi et orbi. Ils sont hors la loi.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 28 février 2022

Partout dans le monde, on vote avec ses pieds

Dans les démocraties, dont le nombre se restreint, contrairement à ce que l'on avait pensé au XIXe, puis au XXe siècle après deux guerres mondiales, principalement après la chute du stalinisme en 1990, voter est toujours une question de pieds. Car non conscients qu'il s'agit d'un droit, devenu un privilège, de plus en plus de citoyens s'abstiennent. Peut-être l'état du monde depuis quelques décennies les incitera-t-il à réfléchir et à prendre leurs pieds pour se rendre aux bureaux de vote. Ne serait-ce que pour voter blanc ou nul.

De toute façon, démocratie ou non, c'est toujours avec ses pieds que l'on s'exprime. On fuit les régimes autoritaires, avec ou sans moyens, pour toucher ce Graal qu'est la liberté. Même, hélas, trop souvent pour importer des us et coutumes incompatibles avec la laïcité qui en est le fleuron, l'accomplissement.

Le mouvement, le flux (le « vote » de facto) se fait toujours dans le même sens. Jamais en sens inverse, ce qui prouve la supériorité de la démocratie qui n'a, de ce fait, aucun intérêt, malgré ses règles universelles, à se laisser contaminer par des porteurs d'idéologie qui refusent ses lois.

Sans rappeler l'excellent film « Good bye Lénine » où l'on voit une vieille dame, hospitalisée, ignorer la chute du mur de Berlin et ses enfants lui projeter un montage grâce auquel elle retrouve la santé parce les gens fuient l'Allemagne de l'Ouest pour rejoindre le paradis communiste, en réalité, et de tout temps, les femmes et les hommes ont toujours, faute d'élections libres, voté avec leurs pieds pour fuir les dictatures, quel que soit le type de dictature. C'est ainsi qu'en Asie, les Vietnamiens, les Cambodgiens, aujourd'hui les Birmans ont trouvé leur salut ... dans la fuite. Un réflexe mondial, humain.

Inutile donc de rappeler la trop longue histoire des habitants de l'ancienne «Europe de l'Est», sous la botte soviétique. Avez-vous vu un communiste français, espagnol ou italien demander l'asile politique là-bas, dans le pays de leur rêve ? La démocratie est donc à sens unique. Selon la formule de Churchill, « C'est le pire de régimes, à l'exception de tous les autres »

Aujourd'hui, la même et éternelle problématique s'est portée sur l'Ukraine, ce qui rappelle aux plus anciens celle des années 30 - 40, quand deux monstres, Hitler et Staline, ont voulu se partager l'Europe pour y imposer leur férule rétrograde. Vladimir Poutine après avoir imposé son diktat à la Russie libérée par Mikhaïl Gorbatchev prétend, en violation des règles internationales, régner aussi sur les anciens pays qui faisaient partie du glacis communiste : Géorgie, Crimée, Biélorussie ... Mais, est-ce un hasard ? aucun de ces peuples n'entend revenir sous le joug post soviétique, post tsariste. La liberté, pour tous, reste l'étoîle qui les guide. Aucun, parce qu'ils bénéficient désormais d'élections libres, n'entend se soumettre au mégalomane qui ment, insulte pour parvenir à ses fins. En l'occurrence, faire croire au monde entier que le pouvoir issu d'élections démocratiques en Ukraine est entre les mains de nazis qui organisent un « génocide » au Donbass ; que l'Histoire qu'il réécrit est la seule véritable, oubliant la famine que son modèle, le « petit père des peuples » avait instaurée en Ukraine avant de pactiser avec Hitler (près de trois millions de morts). A l'en croire - ce que corrobore en France Mélenchon et son siamois de droite Zemmour - c'est la faute à l'OTAN qui comprend désormais la Pologne, la Roumanie ... pays qui votent maintenant librement et n'entendent surtout pas retomber entre ses pattes d'ours mal léché. Ce serait aussi la faute des États-Unis, pourtant retirés de l'Europe comme de l'Afghanistan pour concentrer leurs forces sur la Chine qui les talonne en puissance.

Dès lors, pendant que le président de l'Ukraine, le courageux Zelensky, juif, qualifié lui-même de « nazi », organise la résistance, des centaines de milliers de femmes et d'enfants prennent la route de l'Ouest où ils sont accueillis à bras ouverts par les populations voisines qui ont eu, elles, la chance de rallier l'Union Européenne et l'OTAN. Là encore, une fois de plus, on vote avec ses pieds. Les peuples ont un instinct viscéral. Ils préfèrent cent fois les pseudo « nazis » à la démocratie poutiniène qui truque les élections, empoisonne ou incarcère ses opposants, interdit toute opposition. Le cynisme du maître du Kremlin est sans limite.

Mais pourquoi, direz-vous, l'Europe ouvre-t-elle si grands les bras à ses frères migrants d'Europe de l'Est et non à ceux qui viennent d'outre Méditerranée ou du Proche Orient ? Cherchez un peu et vous trouverez ... Ce pourrait être un thème de la campagne électorale présidentielle qui s'ouvre en France. Avec l'Europe orientale, pas de crainte de « grand remplacement » idéologique.

Reste donc à préparer la chute du tyran. Si ce n'est par les armes, cela doit être alors par une information massive des peuples sous sa férule, par quelque moyen technique moderne que ce soit. Car les sanctions économiques et financières ne suffiront pas. Entre la propagande mensongère diffusée par le dictateur Poutine et les informations vérifiables venues de l'Ouest, les peuples choisiront. Toujours avec leurs pieds.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 21 février 2022

Ukraine : Crimes de guerre avec préméditation

Un bruit des bottes se fait entendre à l'Est de la frontière de l'Ukraine. Une guerre de conquête y est annoncée de la part de Vladimir Poutine qui justifie, comme de coutume n'être en rien responsable, sinon d'une pseudo menace de l'OTAN.

Comme disait Goebbels « plus c'est gros, mieux ça passe ». Car qui masse troupes et matériels à la frontière de l'Ukraine ? Quelle pourrait être la visée expansionniste de l'Ukraine actuelle dont les frontières sont désormais internationalement reconnues ? Sont-ce les responsables russes (ou les responsables occidentaux, lesquels ne cessent de convaincre l'autocrate russe de s'en tenir à la situation actuelle, après qu'il ait envahi la Crimée), qui ont comploté pour envahir des territoires « russes » ? Bref, la guerre et son concert de morts, de destructions sont une menace unilatérale et non bilatérale. Mais qui ose le dire ? Quelles sont les manifestations organisées, comme celles, préventives, contre l'invasion de l'Irak par les États-Unis de Bush ? A fortiori parce que la Russie, sous quelque appellation que ce soit (tsariste, soviétique) a déjà, cent fois, mis sous sa botte les peuples riverains. Concernant l'Ukraine particulièrement : pourquoi nos commentateurs ne rappellent-ils jamais le génocide par la famine organisé par Staline avant la seconde guerre mondiale ? Des morts par millions pour exterminer un peuple entier, ce qui est la vraie définition du « génocide », comme contre le peuple arménien, le peuple juif ou le peuple rwandais. Rien à voir avec le sort des Ouighours au Xinjiang qui sont sans doute réprimés durement par la Chine (victime discrète d'attentats islamistes) mais qui n'extermine pas tout un peuple contrairement aux dires de propagandistes libéraux auxquels il n'est pas utile de faire ici de la publicité.

Poutine avec sa politique impérialiste, mélange de celle des tsars et de Staline (comme de Brejnev), rappelle, il y a près d'un siècle, les années 30 quand, avec leurs homologues fascistes Hitler et Mussolini, ils agressaient leurs voisins afin de s'emparer de leurs territoires, de leurs richesses ... et, pire, soumettre les populations à leur dictature.

Le « droit à la paix » dont nous demandons la reconnaissance, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des États depuis cinquante ans ? Il n'existe pas ; il n'a jamais été reconnu. Une pure utopie vous répond t-on ... Vous ne pouvez pas l'invoquer, l'opposer au chantage de Poutine. Pour lui, il suffit d'avancer n'importe quel prétexte, dès lors, pour justifier ses menaces sinon ses agressions (comme il y a peu les soi-disant armes cachées de Saddam Hussein, selon Bush).

Avant même toute action, de toute façon, le tsarevitch a gagné. Il a atteint son but : remettre en selle la Russie comme une puissance incontournable, position dont elle était déchue depuis 1989, ce qui lui permettra de diriger son pays vingt années encore puisque ce peuple, traditionnellement passif, ne se révoltera pas contre lui.

Dans le contexte mondial actuel, finalement, que voit-on ? Une Chine ascendante qui, espérons-le, saura rester confucéenne, dont la Russie, dépeuplée, deviendra tôt ou tard le vassal, l'obligé, sinon la proie compte tenu de la longueur de leur frontière commune et du milliard 400 millions de Chinois. A l'Ouest, autre vassalisé, la Grande Bretagne, colonisateur colonisé par la stupidité d'un Boris Johnson, qui conduit son pays à vau-l'eau (Irlande du Nord ; Écosse) et trahit l'Europe au profit de Washington (cf. affaire des sous-marins australiens).

Reste donc à savoir ce que sera le nouveau monde, après le déplacement de ces plaques «  tectoniques » politiques, à l'Est et à l'Ouest. Le peuple russe acceptera-t-il sa vassalisation ? La Grande Bretagne délabrée, délestée de l'Irlande et de l'Écosse, vassalisée par les États-Unis viendra-t-elle à Canossa, comme son Premier ministre Harold Macmillan est venu supplier à Rambouillet le Général de Gaulle de lever son opposition à son adhésion à l'Europe (qu'elle avait tenté de torpiller dans la décennie précédente ?)

On ne parlera toutefois pas comme la célèbre chroniqueuse de Radio Luxembourg, Geneviève Tabouis, dans les années 50 : « Attendez-vous à savoir ... », rare femme journaliste à l'époque. Car on ne sait pas encore vraiment ...

Par contre, si la tectonique des plaques continue à progresser, inexorablement ; que «  Poutine la menace » nous rejoue les années Staline ou Brejnev ; sans que l'Europe se jette dans les bras des Etatsuniens, il serait bon, salubre, souhaitable qu'à l'initiative de la France- sans renier le modèle européen actuel (« L'indépendance dans l'interdépendance ») une autre vision du monde soit développée, dans l'axe des Nations Unies, autour du « droit à la paix » qui n'est pas, encore une fois, l'affaire de moutons bêlant- que ce soient ceux de Panurge ou ceux prêts pour l'abattoir.

La campagne électorale présidentielle en France est peut-être l'occasion d'en parler pour l'avenir du pays, de l'Europe et du monde quand l'islamisme reste toujours aussi menaçant au Proche Orient dans un Sahel victime d'une épidémie dictatoriale. Préparons donc l'après Poutine, lorsque la Chine aura remis la Russie à sa vraie place : en Europe, « de l'Atlantique à l'Oural » selon la formule prémonitoire du grand Charles.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 14 février 2022

De la laïcité et du sectarisme

La laïcité est sans doute le facteur de paix et de démocratie le plus important qui soit. Une «  invention » française de la fin du 19e siècle, directement issue de la parole de Jésus que l'on interrogeait : « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». C'est la loi de 1905 qui, hélas, ne s'applique toujours pas, pour des raisons historiques à l'Alsace-Moselle alors qu'après consultation de la population, elle pourrait très bien y être acclimatée, comme partout en France.

Tout autre est la règle dans nombre de pays démocratiques anglo-saxons, Allemagne ... où la confusion existe encore, voire dans la Russie post - communiste où l'Église orthodoxe, après avoir été persécutée, a retrouvé ses marques auprès du pouvoir de l'impérialiste Poutine.

Dans l'Hexagone cependant, la règle posée en 1905, qui avait reconcilié les Français durant la première guerre mondiale, et pour toujours croyait-on, fait encore l'objet de controverses, en grande partie à cause de l'immigration musulmane - qui ne connait pas cette séparation aujourd'hui admise par tous, ce qui en fait un sujet de prédilection pour Éric Zemmour. Non parce que nombre de Français seraient devenus réactionnaires mais avant tout parce qu'ils tiennent à leur culture bimillénaire principalement chrétienne, à leurs racines. En effet l'arrivée sur le territoire national de Juifs d'Europe de l'Est n'a jamais fait problème puisque leur religion, si tant est qu'ils en aient une, ne pratique pas le prosélytisme. L'esprit de tolérance, conforté par la loi de 1905, s'y reconnait parfaitement (à quelques exceptions près car il faudrait militer pour la suppression des « carrés » juifs, musulmans ou autres dans les cimetières où rien ne justifie, a fortiori post mortem ce communautarisme désuet). Le temps est à l'apaisement, non au wokisme qui élève des barrières. On se doit d'aller vers plus de fraternité, contre toute discrimination.

Malheureusement, malgré le progrès de connaissances, la mondialisation de l'information, l'avancée vers le tout numérique, il en est encore pour regimber, provoquer, distiller leur haine, comme ont pu le constater, il y a peu, les habitants de la Flotte en Ré, sur les instances de vieillards cacochymes, prétendument « libres penseurs », qui ont saisi la justice administrative contre la réinstallation d'une statue de la Vierge Marie, en place pourtant depuis 1945, sur financement privé d'une famille rétaise. Les mêmes adeptes d'une libre pensée auto-proclamée, qui sous-entend que les autres n'ont pas leur luminosité d'esprit. Les mêmes qui ont, en son temps, persécuté le grand socialiste Jaurès parce qu'il avait assisté à l'église à la première communion de sa fille. Un obscurantiste ce Jaurès, c'est bien connu.

Auparavant, aux Sables d'Olonne, les mêmes sectaires, toujours engagés pour ranimer de vieilles querelles que l'on croyait oubliées avaient déjà obtenu le déplacement d'une statue de Saint Michel installée depuis « perpète ». A quand, on doit s'y attendre de leur part, des actions juridiques pour supprimer les milliers de statues de Jeanne d'Arc, héroïne de la nation qui peuplent l'espace public après avoir bouté les Anglais hors de France parce qu'elle avait entendu des voix (dont celle de saint Michel. Encore lui !) ; idem pour les statues de Bouddha que les Français ont accueilli sans rechigner bien que provenant d'une culture étrangère.

Mais non, vous vous trompez. Nos petits vieux, modèle d'ouverture d'esprit, ne s'en prennent ni aux juifs, ni aux musulmans, aux bouddhistes : « Les chrétiens, voilà l'ennemi » ; ceux qui sont « priés » de tendre l'autre joue lorsqu'on les frappe. Comme si laïcité et sectarisme allait de paire ...

Cette agressivité envers une communauté qui ne demande aucune faveur particulière, n'est d'ailleurs pas anodine. Il n'est que de reprendre les chiffres du ministère de l'Intérieur. En 2021, les actes anti-religieux se sont traduits par plus de 800 attaques contre des lieux chrétiens, 300 contre des lieux juifs et 200 contre des lieux musulmans CQFD - ce qu'il fallait démontrer. Même le petit père Combes, ancien séminariste charentais, devenu «  bouffeur de curé » par vocation politicienne, n'en aurait pas rêvé, surtout à l'île de Ré, dans son propre département. Alleluia ! A quand une saisine de la Justice européenne par nos papys grincheux parce qu'ils ont omis, dans les années 50, lorsque l'Europe se constituait, à l'initiative des démocrates chrétiens, d'attaquer pour avoir choisi comme drapeau le bleu et les étoîles de Marie.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 7 février 2022

EHPAD : l'exploitation de l'homme par l'homme

La rumeur courait depuis des années ... Nous avions vu nombre de personnes âgées victimes de maltraitance, sans songer un instant que le phénomène fut « métastasé », en raison des normes éthiques qui sont celles de tous les pays du monde. En Asie notamment où les anciens font l'objet d'une véritable vénération.

Avec le livre (« culte », demain) de Victor Castanet, journaliste, non contesté pour des prises de position excentriques : « Les Fossoyeurs » (Fayard) la donne est changée. Chaque «  media » télévisuel, radio, ou de presse écrite s'en est aussitôt emparé pour dénoncer des abus attentatoires à la dignité humaine - comme il y a eu, peu avant, des ouvrages, des articles sur la maltraitance animale. Auparavant, la presse était aveugle.

Continuera-t-elle son action de salubrité publique ? Cela est à souhaiter car comment peut-on dénoncer les excès criminels de l'Iran, de la Syrie, de l'islamisme politique et tolérer en France la maltraitance sur des personnes âgées à des fins purement lucratives ?

On connait les bienfaits de l'action de l'Abbé Pierre dans le domaine de la précarité dans le domaine du logement ; celle de Coluche sur la sous-alimentation avec ses restau-du-Cœur ; d'autres, comme L214 pour la protection animale ... A quand une action d'initiative populaire pour assurer le bien-être des personnes qui, si elles ne peuvent terminer leur vie à leur domicile - ce qui est le plus souhaitable à tous points de vue - exercerait un contrôle comme lanceur d'alerte dans tous les EHPAD ? Des plus onéreuses aux plus modestes. Sorte de droit d'ingérence au nom de la dignité humaine. Rien ne doit être impossible, comme l'action que NDH avait lancée en 1994 pour éradiquer la mort par le froid en faisant imposer, par la loi du 24 juillet, à toutes les villes de France d'avoir des abris-refuges que le célèbre appel de l'Abbé, en 1954, n'avait pu malheureusement encore endiguer.

La principale entreprise d'exploitation systémique de maltraitance de nos ainés vise, comme par hasard, celle qui est devenue la plus grande de toutes : Orpea.

Rationnement de la nourriture ; non-assistance dans l'entretien intime quotidien ; absence de surveillance ; soins approximatifs etc. L'ouvrage du jeune Victor Castanet, sans être exhaustif, entre dans le détail des problèmes humains dont aucun parti politique, de droite comme de gauche, ne s'est soucié jusqu'à présent. Pourtant « les vieux » votent, ce qu'aucun politicien n'ignore puisque nombre d'entre eux leur offrent tous les moyens possibles pour les amener, à échéance régulière, jusqu'aux bureaux de vote.

Mais ORPEA n'est pas seul en cause. Korian n'est pas loin et combien d'autres, de moindre taille ?

Au-delà encore, se pose aussi le problème du prix à payer par les résidents et leur famille. Si certains peuvent payer jusqu'à 8000 voire 10 000 €uros par mois, beaucoup, avec leur maigre retraite ne peuvent pas assurer même les 2000 €uros des EHPAD les moins gourmandes. Où est alors l'égalité entre nos concitoyens devant la fin de vie ?

Un débat vient d'être lancé dans la campagne présidentielle actuelle sur l'héritage.

Chacun a son point de vue sur la question : forte ou faible taxation des successions ? Soit. Cependant, avant de se préoccuper de la dévolution des biens « post mortem », le plus important n'est-il pas d'abord de s'inquiéter des personnes de leur vivant plutôt que de leur patrimoine ? Une fois encore, les politiques risquent de s'être trompé. Les humains doivent passer avant leur argent ou, comme on l'a souvent dit : les droits de l'Homme doivent passer avant les droits de l'argent.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 30 janvier 2022

Bruits de bottes ...

Les plus anciens ont les bruits de bottes ancrés dans leurs oreilles. Le bourdonnement en est incessant. Les plus jeunes en revanche ne le connaissent et, surtout, n'imaginent pas un instant que cela soit, au XXIe siècle, en ce début de troisième millénaire, une menace réelle. Ils en plaisantent même ...

Les guerres, les dictatures (fussent-elles couronnées) ce serait pour le passé. Et le passé n'aurait pas d'avenir.

Terminée la seconde guerre mondiale, installées les Nations Unies, votée à la quasi- unanimité des États la Déclaration universelle des droits de l'Homme, un équilibre s'est établi que le grand Mikhaïl Gorbatchev a scellé, croyions-nous pour longtemps, sinon pour toujours dans les esprits. La planète serait désormais régie par le Droit. Las ...

Les cycles guerre et paix n'ont pas disparus, même si leur intensité, leur ampleur s'est réduite. Une épée de Damoclès demeure au-dessus de nos têtes. Le vieil adage latin « Si vis pacem para bellum » (si tu veux la paix prépare la guerre) reste d'actualité.

C'est ainsi qu'aujourd'hui à nouveau, le « tsarevitch » Poutine, formé à l'école stalinienne via le KGB roule les mécaniques dans le monde entier. Après avoir tenté d'occuper la Géorgie, avoir envahi la Crimée, il masse des troupes aux portes de l'Ukraine, prêt à envahir le Donbass, au lendemain de son soutien inconditionnel au criminel Bachar El Assad en Syrie et avant d'envoyer ses mercenaires au Sahel. Sans, évidemment, compter son appui total à la dictature biélorusse.

Mais, hélas, il n'y a pas que lui pour remettre en cause la phase pacifique, heureuse, où la démocratie, les libertés se sentaient pousser des ailes (de colombe).

L'islamisme a pris le relais du néo-stalinisme pour dicter sa propre loi, ou plutôt son ordre rétrograde au monde. L'Iran des mollahs, qu'a encensé Régis Debray dans un article au journal Le Monde en 2014, s'est ingéré en Irak, en Syrie, au Liban ... Emprisonnements arbitraires, tortures, pendaisons, abaissement des femmes. La panoplie complète que notre nouveau « Persan » n'a pas constaté. Puis l'Afghanistan a embrayé dans le fanatisme laissant libre cours aux Talibans, après vingt ans d'occupation américaine, pour réduire les femmes au rang de sous-hommes. Un futur nid de salauds pour susciter à nouveau des attentats sanglants dans le monde.

Non loin derrière par son idéologie islamiste, nul n'ignore, non plus, la sale patte de Recep Erdogan, qui conteste le génocide arménien, reconvertit les églises en mosquées, emprisonne tous ses opposants (notamment les Kurdes) et s'ingère lourdement en Libye, sinon dans toute l'Afrique, invitée à se convertir à l'islam, ni plus, ni moins.

Ce triste tableau, malheureusement, ne s'arrête pas là. Le « vent mauvais » souffle bien ailleurs. En Corée du Nord par exemple où le petit Kim, après avoir asservi son peuple, multiplie les dangereuses provocations atomiques et balistiques, au grand dam de son voisin du Sud et du Japon, sans que qui que ce soit ne lui torde le bras, par n'importe quel moyen, sauf à punir en même temps sa population « robotisée » à l'extrême.

Au-dessous de ces fauteurs de trouble à la paix du monde, reste cependant encore une autre catégorie de tyrans, des « tyranneaux » de bas étages qui, depuis peu, multiplient les coups d'État au Sud du Sahara, au Mali, en République Centre-africaine, en Guinée Conakry, au Burkina Faso, telle une épidémie. Incapables de combattre l'agression islamiste qui décime des innocents pauvres et désarmés, leurs armes servent contre les civils pour installer leurs dictatures, prompts à demander l'aide internationale tout en fustigeant la France comme un occupant illégitime. Cela tombe sous le sens !

Mais la Chine, alors, direz-vous ? La Chine, elle, ronronne comme un gros chat, forte de ses succès économiques (ce qui n'est pas le cas de la Russie dont l'agressivité est exacerbée pour tenter de retrouver son rôle de grande puissance). La Chine peut attendre son heure, gouvernée un pouvoir fort, à la hauteur de ses 1,4 milliard d'habitants qui se rapprochent de la prospérité d'antan.

Certes le cas des Ouighours, au Xinjiang, pose problème et ne doit surtout pas être ignoré. Sans cependant mentir, exagérer à l'envi en votant des textes dénonçant un « génocide ». Car un génocide vise à éradiquer la totalité d'un peuple (cf. Arméniens par les Turcs en 1915 ; Juifs par l'Allemagne après 1940). Or, en l'occurrence, il ne s'agit que d'une répression dure, sans doute, qu'il faut demander aux dirigeants de réduire, selon des normes humaines décentes (quoique sans oublier cependant que c'est de cette province que sont partis les islamistes auteurs de sanglants attentats dans l'empire du Milieu). En Chine on ne traite pas les islamistes comme en France, avec des procès.

Donc, si la gangrène anti-démocratique infecte la planète, tend à s'étendre, soyons vigilants et prenons l'initiative d'un forum annuel d'observation par les pays respectueux des droits de la personne humaine (en dehors des cercles onusiens par trop tendancieux). Au fil des années, on regardera alors avec plus d'objectivité les tendances lourdes. C'est ainsi que le même baromètre aurait enregistré, il y a un demi-siècle que les États-Unis suscitaient moult coups d'État en Amérique latine, puis envahissaient, après de grossiers mensonges, l'Irak, déstabilisant tout le Proche Orient. A la façon de Poutine aujourd'hui ce qui ne justifie pas, naturellement, que ce dernier impose à son tour ses diktats, comme Bush ou Reagan en leur temps.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 24 janvier 2022

« Les petits chevaux » 

                  de l'élection présidentielle en France

Autrefois, et encore maintenant, on jouait aux « petits chevaux » avec plusieurs écuries et des dès. Les jeux électroniques, n'existaient pas. Pas encore. Mais alors pourquoi l'élection présidentielle française qui arrive ressemble-t-elle fichtrement à une course de « petits chevaux » ? Par la taille intellectuelle et morale des partants ? Par les couleurs de leur casaque ? Par l'importance du hasard des dès qui sont lancés ?

C'est vrai, il n'y a plus de De Gaulle ou de Mitterrand en compétition. A part le président sortant, aucun n'émerge à proprement parler, ce qui rend le choix des électeurs d'autant plus difficile et beaucoup, de devenir un tantinet sceptique, donc enclins à l'abstention. Que nenni ! Il faut voter car il s'agit d'un droit et d'un devoir.

A tout seigneur, tout honneur.

Le président Macron a conduit une politique fort honorable durant l'épidémie. Qu'il en soit remercié, ce qui n'occulte pas la liberté. Après tout, Churchill comme De Gaulle ont été écartés du pouvoir après la guerre malgré leur génie politique. On doit aussi souligner, plutôt trois fois qu'une, que contrairement à la vulgate politicienne, en renonçant avec l'Europe aux règles de l'économie libérale ; en pratiquant une politique économique keynesienne (quoiqu'il en coûte) il n'a pas fait le choix des conservateurs, sauvant ainsi des centaines de milliers d'emploi ... La gauche « officielle », elle, en aurait-elle eu l'audace ? Certes, cela n'en fait ni un De Gaulle, ni un Churchill. Mais, à tout le moins un Roosevelt, l'ami de Vichy, l'ennemi de la France libre ... qui a son avenue à Paris !

Quant à ses oppositions, de droite comme de gauche, ses concurrents en avril prochain, qui émerge parmi les « petits chevaux » ?

A gauche, un Mélenchon inscrit au concours pour la troisième fois, qui soutient tous les régimes autoritaires de la planète de Poutine à Chavez ; condamne le nucléaire civil, seule énergie décarbonée à 100% ; pactise en sous-main avec les islamo-gauchistes ? Non, merci. Très peu pour nous.

Mais alors Anne Hidalgo, sortie de l'anonymat par le grand Bertrand Delanoë, auquel on en veut de s'être retiré trop tôt après avoir fait ses preuves ? Elle n'est que l'ombre du regretté maire de Paris. Qui l'a entendue sur l'immigration, sur l'invasion de la France par la sous-culture anglo-saxophone, à l'international où Poutine, comme Staline et Hitler, menace la paix du monde ? Serait-ce à dire que Jaurès est mort pour la seconde fois quand François Mitterrand, lui au moins, savait poser des bornes. Quid de l'intégration, après contrôle, des médecins francophones formés à l'école française de médecine, pour combler les déserts médicaux ? Nul ne lui a encore écrit la réponse. L'Église catholique a des prêtres africains dans la moindre paroisse, mais la France, elle, rejette les médecins africains du corps médical.

Restent alors, à gauche, Jadot, celui qui a attaqué son pays devant le Parlement européen sans faire le moindre reproche à sa nouvelle présidente, maltaise, hostile à l'avortement et qui s'exprime encore en anglais ... après le Brexit ! Quelle envergure ... sans même reparler du nucléaire ; du gazoduc Nord Stream 2 qui laisse l'Allemagne dépendante, un jour, du chantage de Poutine, tout à fait capable de couper l'approvisionnement sans avertissement préalable. Voilà un candidat qui a une vision mondiale, plus encore que Christiane Taubira, laquelle a voté la confiance à Balladur, s'est refusée à prôner la vaccination après avoir soutenu l'indépendance de la Guyane.

Pardon, on allait oublier le champion du Parti communiste français, l'héritier d'un grand parti, qui porte le même nom que celui de Joseph Staline-tout un programme-et se réclame de la classe ouvrière, laquelle, depuis longtemps, vote pour la droite extrême.

Bien, dès lors, restent à nos électeurs les candidats de droite. Madame Pécresse, l'authentique droite « versaillaise » ; la pseudo héritière du gaullisme qui souffre - pitié pour elle - à se démarquer de la majorité sortante (qu'ont rejoint nombre de ses amis) et de l'extrême droite dans ses deux versions actuelles. Croyez-vous que son ex-patron, Chirac, lui qui appelait à voter Hollande, aurait eu des états d'âme en la circonstance ? Qu'il soit permis d'en douter.

Reste alors, n'en déplaise, que l'extrême droite, version Lepeniste ou zemmourienne, qui, elles, mènent le bal et recueillent l'écoute des Français. Et pourquoi pas puisque cela traduit l'inquiétude d'un peuple ?

Bonnes questions. Mauvaises solutions. Au moins, eux suscitent le débat. Ost-racisme latent, solutions économiques à la Mussolini ; incapacité à aborder le concret de leur pays demain. Bref, l'aventure. On joue à se faire peur ...

Nos deux protagonistes sont pour l'heure suspendus au soutien de Marion Maréchal. L'un parce que son grand-père a publié les chants du IIIe Reich en chantant aussi « Maréchal, nous voilà » ; l'autre en prétendant que le Maréchal avait sauvé les Juifs de France ...

Il n'empêche. Leur chauvinisme évite cependant d'aborder la question de la langue française, ridiculisée par une publicité dévolue à l'anglais ; une radio nationale qui ne diffuse que des chansons anglo-saxonnes, oubliant la qualité des productions italiennes, espagnoles, brésiliennes ...

Une écologie culturelle devrait pourtant rejeter le « wokisme », sauvegarder notre dignité intellectuelle, sans même, pour autant, regarder l'avenir dans le rétroviseur. Bref développer une vision compatible entre un passé glorieux et un avenir qui ne doit pas l'être moins.

Conclusion, ne soyons pas dupes et osons parler haut et fort à tous les petits chevaux sur la ligne de départ, puisque tous les partis traditionnels ont disparu ; qu'un parti socialiste, hier grand et fort de ses élus enracinés dans la France profonde n'a eu, lors des dernières élections, qu'à proposer des gnomes non issus de ses rangs : le schtroumpf Glucksmann, Audrey Pulvar ... qu'Anne Hidalgo ne relèvera pas malgré le vote des parisiens.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 17 janvier 2022

Le « droit à la paix », 

un droit fondamental jamais reconnu

Pas besoin de faire partie des pacifistes bêlant, d'être objecteur de conscience, «baba cool » ou autres variétés de hippies logés dans « une maison bleue accrochée à la colline » pour s'étonner, voire s'insurger contre la non reconnaissance du « droit à la paix », intérieure et internationale. Il suffit d'avoir une philosophie du Droit et le sens de l'Histoire.

Au sortir de la dernière guerre mondiale, c'était un devoir pour les auteurs de la Déclaration universelle des droits de l'Homme (dont René Cassin, conseiller à Londres du Général de Gaulle ; Eleanor Roosevelt, épouse du président américain ...) qui la firent adopter à Paris - car l'ONU n'avait pas encore de siège fixe - au Trocadéro, le 10 décembre 1948. Or il n'en a rien été, ce qui est pour le moins étrange après deux guerres mondiales et l'échec de la Société des Nations (SDN). Dont acte. Pourtant, ce droit est le droit des droits. Celui sans lequel aucun autre, reconnu, ne vaut ; n'est réalisable. En effet, sans application du droit à la paix, que deviennent le droit à la justice (en cas de guerre civile ou extérieure) ; le droit à une justice sociale ; le droit de vivre de son travail ; le droit aux soins minimum, à défaut du « droit à la santé » ... Sans droit à la paix, l'arbitraire ancestral reprend le dessus ; c'est le retour de la loi du plus fort appliquée, seul ou en bandes armées (officielles ou rebelles). Bref, la loi de la jungle.

On pourrait en citer de multiples exemples, anciens, récents ou actuels pour le tenter, fut-ce utopique mais juridiquement fondé, si la France, l'Europe et les Nations Unies enfin s'y engageaient fondamentalement. Après tout, ce ne serait pas le premier droit reconnu qui ne serait pas immédiatement et rigoureusement appliqué. Cependant, comme les autres, il constituerait un idéal, un objectif, une boussole à suivre inlassablement dans les décennies et les siècles à venir, marqués au sceau d'une mondialisation. Sans naïveté, par simple usage de la raison et des fondements du Droit.

Ainsi, si les condamnations issues de l'application de ce droit ne peuvent s'appliquer rétroactivement aux agressions hitleriennes ou staliniennes passées, aux multiples colonisations, à l'occupation de Chypre par la Turquie, du moins pourraient-elles peser face aux menaces dont font l'objet l'Ukraine, Taïwan, la Géorgie, l'Arménie etc. Idem pour les atteintes à la paix intérieure telles que la communauté internationale les déplore en Birmanie, au Sahel de la part des fanatiques islamistes, voire en Éthiopie ... par un Premier ministre Prix Nobel de la paix !

Cette ligne de progrès philosophique, qui deviendrait juridique par un vote de l'assemblée générale de l'ONU, ne date pas d'hier cependant, sans qu'elle ait comporté de sanctions au fil des millénaires. Elle n'est restée qu'un espoir pour les peuples meurtris. Jésus, Bouddha, Confucius s'y étaient attachés quand d'autres, eux, prononcent la charia islamique ... Plus près de nous Gandhi, Mandela, Luther King après Jaurès ont prêché à leur tour dans le désert, le payant souvent de leur vie.

Il est donc temps que l'humanité se reprenne et agisse juridiquement pour compléter par un article essentiel la Déclaration universelle que, quasiment seule, l'Arabie Saoudite a refusé d'adopter en 1948. Car, dès lors, non seulement les atteintes à la paix internationale feraient l'objet d'une dénonciation et de sanctions mais les violences criminelles intérieures aussi comme celles qui se poursuivent en Iran depuis 40 ans, les attentats islamistes partout dans le monde ...

Soyons non seulement idéalistes, dans la veine des précités, mais concrets juridiquement après l'avoir été politiquement.

La France, patrie des droits de l'Homme pourrait demander à l'Europe, durant sa présidence de le reconnaître et de l'organiser. Après tout, c'est d'Europe que sont parties les guerres mondiales qui ont ensanglanté la planète. Puis l'Union Européenne est devenue à l'initiative des démocrates-chrétiens français, italiens allemands un havre de paix depuis près de 80 ans, par application de leur philosophie. Elle a donc une obligation morale, appuyée depuis par les sociaux-démocrates, les écologistes pour s'emparer de cette question.

Monsieur Poutine menace l'Europe de l'Est ? Il exclut l'Europe de discussions sur son propre avenir, en privilégiant les Étasuniens pour faire croire qu'il est encore un des grands de ce monde ? Sans rire ou sourire, que l'Union Européenne lui réponde au plus vite par le « droit à la paix », à la non-violence, au droit des peuples d'être libres et égaux, en droit et en fait. D'ailleurs, en interne, à une Russie agressive du fait d'un seul homme, il n'est que d'interroger aussi l'Église orthodoxe de son propre pays pour savoir quel est son choix philosophique ... Le pape François peut encore prendre son bâton de pèlerin !

A la suite de la reconnaissance du droit à la paix intérieure et extérieure, tout en laissant les Justices nationales gérer les atteintes à ce nouveau droit, les pouvoirs de la Cour Internationale de Justice de la Haye et ceux de la Cour pénale internationale pourraient, devraient, être accrus en conséquence. Un projet de longue haleine mais qui devrait mobiliser éthiquement, politiquement au plus vite, comme nous avions, en vain, avec Roland Dumas tenté de faire saisir la CIJ de la menace d'invasion de Bush en Irak, soutenus par notre ami Hans Blix, rapporteur de l'ONU (qui n'avait découvert aucune arme de destruction massive et auquel nous avons ultérieurement attribué le Prix littéraire des droits de l'Homme). Certes des juriste coupeurs de cheveux en quatre prétendront encore que la proclamation de ce droit existe déjà dans quelques paragraphes de textes inconnus des peuples de la terre. A la France, à l'Europe donc de reprendre le flambeau pour l'avenir à la hauteur juridique qu'il mérite. Peut-être en convoquant à son tour une conférence internationale ad hoc. Mais sans en exclure les pays les plus impliqués, contrairement à ce qu'a fait récemment Joe Biden. Le centre du monde pour la paix, d'ailleurs, n'est pas aux États-Unis mais dans une Europe décomplexée.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 10 janvier 2022

En 2022, les foyers de guerre immédiate sont multiples à travers le monde : de l'Iran à l'Asie du Sud-Est ; du cœur de l'Afrique au Caucase en passant par la frontière algéro-marocaine ... On retient son souffle en croisant les doigts. Mais le pire est sans doute, en pleine pandémie mondiale, à redouter du côté de l'impérialiste autocrate du Kremlin, à la fois héritier des Tsars de toutes les Russies et du criminel Joseph Staline, dont il veut réhabiliter la mémoire, malgré le célèbre rapport Khrouchtchev au 22e congrès du Parti communiste de l'Union soviétique. Pourtant, l'actuel Parti communiste français, lui-même héritier de cette philosophie politique terroriste se tait, et nul journaliste n'interroge son candidat à la prochaine élection présidentielle française. Sujet tabou ? Probablement.

Mais l'Europe ? disent les observateurs. Où est l'Europe ? Que fait l'Europe ? Rien, naturellement car l'Europe est une œuvre de paix de « démocrates-chrétiens » Schuman, Adenauer, de Gasperi après deux guerres mondiales. Elle n'a pas vocation à se doter d'une Armée car, après la désintégration de l'URSS, l'Europe n'est pas devenue agressive pour autant. A fortiori puisque les États qui la composent sont très divers, de par leur histoire propre comme par leur capacité militaire. Et n'est-ce pas mieux comme cela ?

Malgré tout, à des fins traditionnellement impérialistes et à des fins personnelles, Vladimir Poutine agite le spectre d'une menace sous couvert de l'OTAN (ou de ce qui en reste selon Emmanuel Macron). L'OTAN, les Occidentaux, bien qu'ils aient d'autres chats à fouetter sont érigés en fauteurs de troubles par le maître du Kremlin - l'ami de Gérard Depardieu, de quelques politiciens français qui se réclament abusivement du Général de Gaulle, voire comme François Fillon, ancien Premier ministre, ou l'ancien Chancelier allemand Gerhard Schröder, qui ont signé, à titre personnel, un contrat rémunérateur en Russie. En dépit des menaces, les affaires continuent ... Foin des sanctions qu'a prises l'Europe après l'invasion de la Crimée par le cher Vladimir.

Alors que le Président de Russie aurait eu un rôle remarquable à jouer pour la paix, dans la foulée de Mikhaïl Gorbatchev, en coopérant avec l'Europe pour la prospérité de son peuple, il a choisi la provocation permanente, le retour à la guerre froide, les dépenses militaires bien que le produit intérieur de son pays soit inférieur à celui de l'Italie ...

Militairement, il a agressé la Géorgie, violé la Crimée, suscité des troubles graves en Ukraine, assuré Assad de son soutien armé en Syrie pour réprimer le soulèvement démocratique avant, il y a peu, d'envoyer ses mercenaires du groupe Wagner en Libye et au Mali, On pourrait allonger la liste ...

A l'intérieur de la Russie, dans le même esprit, il pourchasse ses opposants, en empoisonne, truque les élections, fait taire les journalistes et, « cerise le gâteau » : fait déclarer « illégale » la désormais réputée organisation « droits de l'Homme et mémoire » Memorial.

Heureusement diront les naïfs, les Etats-uniens veillent. Biden rassure les Ukrainiens. Les Allemands, complexés depuis la première moitié du XXe siècle, coopèrent à la « prospérité » de la Russie, achetant son gaz tout en évitant l'Ukraine (Nord Stream 2) au risque majeur de se voir couper le robinet dans les années qui viennent, en pleine crise de l'énergie, ce qui renforcera encore l'arrogance du maître chanteur.

Conclusion : la paix comme les libertés, la démocratie sont mal barrées à l'avenir, là où Poutine s'ingère. Il est un danger pour un monde uniquement épris de progrès et de lutte contre le réchauffement climatique. D'autant que ce n'est pas ce pauvre Joe Biden en négociant d'égal à égal avec lui le sort de l'Ukraine, tout en écartant les Européens des pourparlers, qui va calmer le jeu pervers du nouveau tsar. Au contraire, en caressant la bête dans le sens du poil, il l'incite encore à poursuivre son entreprise de restauration impériale.

Au lieu de « l'Europe de l'Atlantique à l'Oural » souhaitée par Charles de Gaulle, peut-être notre génération verra-t-elle les vastes contrées asiatiques russes - actuellement vides de population - comblées par le milliard trois cent millions de Chinois et, naturellement «  occupées » « pacifiquement » sans que le pyromane du monde actuel (ou ses héritiers) puisse s'y opposer. Nul n'est prophète en son pays. Il sera alors temps de reprendre l'idée visionnaire du grand Charles avec la Russie européenne Car le grand peuple russe avec ses écrivains, ses compositeurs, ses savants n'est pas l'ennemi de l'Europe mais bien une de ses composantes essentielles. Les « mamours » actuelles de Poutine au président Xi Jinping ne suffiront pas

Pierre Bercis

Président de NDH 


L'Edito du 27 décembre 2021

Déserts médicaux : bis repetita

Une campagne électorale majeure s'annonce : l'élection présidentielle, en avril 2022. Et, déjà, à quelque exception près, tous les cavaliers sont sur la ligne de départ, piaffant d'impatience, même pour n'engranger que 1 à 5 % des suffrages populaires à l'arrivée. Comme le disait de Gaulle en son temps : « Après moi, je ne crains pas le vide mais le trop plein », à l'instar d'un Marcel Barbu, lui-même candidat contre de Gaulle lors de la première présidentielle au suffrage universel en 1965. « Tristes tropiques » eut dit Claude Levi-Strauss !

Pour nous, l'important est d'abord le fond, le concret. D'où notre appel insistant pour la réalisation de nouveaux droits de l'Homme : une grande Sécurité Sociale qui englobe les mutuelles (lesquelles sont hors de portée des plus pauvres, et donc ne couvrent pas les soins les plus lourds, actuellement réservés aux plus nantis ; l'éradication des déserts médicaux, qui croissent plus vite que les déserts qu'engendre le réchauffement climatique aux confins du Sahara ...)

Nouveaux Droits de l'Homme, à cette fin n'a pas manqué d'alerter, depuis des années les gouvernants, les parlementaires de droite comme de gauche. En pure perte ...

Les médias, tant écrits qu'audiovisuels ont beau ressasser le sujet des déserts médicaux, force exemples à l'appui. Rien n'y fait. D'ailleurs, on notera qu'ils se gardent bien d'interroger sur ce sujet crucial les candidats déjà en lice, ou ceux qui pourraient l'être bientôt. Silence absolu.

Mais il y a peut-être une raison à cela : tous ont leur part de responsabilité de n'avoir pas prévu, donc résolu ce problème majeur, depuis qu'en 1971, a été instauré le numerus clausus, qui est à l'origine de l'absence de soins pour une bonne part de la population française. Celle qui croit encore naïvement qu'elle vit avec « la meilleur couverture santé du monde depuis 1945 ». Et de dauber en outre sur ces « pauvres » Américains à la merci du sort, malgré la tentative de Barack Obama de réformer le système.

Quand les medias français vont-ils enfin s'attaquer non plus au mal mais à sa solution en interrogeant chacun des candidats sur ses propositions ? Assez de balivernes. Oui, la question climatique, l'émigration, les sources d'énergies sont importantes. Mais quid de la santé qui en conduit plus d'un, inutilement, aux urgences ?

Il est de bon ton d'accuser l'Europe de tous les maux (au propre et au figuré). Cependant, en l'occurrence, l'Union, toujours prompte à exiger une réglementation uniforme n'y est pour rien (si ce n'est toutefois que, pour les déserts médicaux, elle se tait, elle aussi).

Comme l'a montré la crise sanitaire actuelle, nombre de professeurs de médecine viennent de l'étranger, avec une compétence qui n'est plus à démontrer. Sinon faites les taire après qu'ils aient gagné leurs galons en redoublant de travail par rapport à leurs confrères originaires de l'Hexagone. Un magnifique exemple de discrimination que subissent encore les moins âgés d'entre eux ...

En effet, à la différence de l'Espagne, de la Belgique, de la Roumanie ... où l'on ouvre les bras aux médecins étrangers non issus de l'Union, en France un médecin formé hors Union Européenne, même francophone, même formé à l'École française de médecine doit refaire tout son cursus, ce qui en décourage naturellement plus d'un. Sauf, hélas, si vous êtes un réfugié politique - car cela confère la compétence requise automatiquement ! Nous avons déjà connu cela lors de la dictature argentine (1978 - 1983).

Bien entendu, l'Ordre des Médecins, pur produit de Vichy, a aussi une grande part de responsabilité. Chuut ! il ne faut pas le dire. Dans ce monde clos, on ne parle pas. On reste dans l'entre soi. Complices ...

Alors jetons le pavé dans la mare pour que s'arrête cette honteuse discrimination qui nuit à nos concitoyens dépourvus du moindre « bobologue » à proximité. Un jeune médecin ivoirien à 30 ans serait-il plus à risque qu'un de nos vieux médecins qui exerce encore à 75 ans malgré le respect que nous leur devons ?

Vous ne devez pas ignorer cependant qu'un médecin étranger, formé hors Union Européenne, peut tout de même actuellement exercer ès qualité. A la condition que ce soit dans un hôpital, moyennant une rémunération de 1300 €uros par mois. C'est-à-dire moins qu'un employé de base de Carrefour, lesquels, récemment, se sont mis en grève pour crier au scandale.

Il s'agit donc de protester pour que cesse cette hypocrisie nationale dans laquelle, droite comme gauche sont entièrement responsables. Le « quoiqu'il en coûte » macronien, qui enfreint, fort justement, les règles du libéralisme pour pratiquer les recommandations de J.M. Keynes, (qui ont profité à Roosevelt avant-guerre pour juguler la crise de 29) doit être mis en œuvre au plus vite. Non sans la garantie, évidemment, d'un contrôle des connaissances préalables ; cela va sans dire (et mieux en le disant).

Des centaines de médecins compétents, formés hors l'Union, sont prêts, quasi immédiatement, à assurer la relève. Pourvu que les moulins à paroles cessent de tourner pour jouer enfin carte sur table. Un « cataplasme sur une jambe de bois » ? Peut-être. En attendant que la récente suppression de l'imbécile numerus clausus porte ses fruits. Mais pas avant dix ans ; le temps de la formation, nul ne l'ignore ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 15 décembre 2021

Le Prix littéraire des droits de l'Homme

une distinction devenue majeure

Le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti a remis le 14 décembre, le 38e Prix littéraire des droits de l'Homme au sein même de la chancellerie. Une véritable consécration pour une distinction créée en 1984 afin d'encourager la publication d'ouvrages favorisant un idéal vieux de plus de deux siècles.

Cette année, le Prix a été attribué par le jury à Rachel Khan pour son livre « Racée » aux Éditions de l'Observatoire, tandis qu'à titre étranger, c'est le livre de Monique Ilboudo (« Carrefour des Veuves ») publié par « Les Lettres mouchetées » qui était récompensé, attestant de l'engagement sur le terrain de l'ancienne ministre des droits de l'Homme du Burkina Faso.

Loin des honneurs qui ne sont qu'un simple écrin pour valoriser une philosophie nécessaire il s'agit d'une pierre posée, année après année, pour contribuer à la construction d'un édifice consacré à la paix et à la liberté, au sens où nous l'entendons à Nouveaux Droits de l'Homme, c'est à dire en progrès permanent au-delà de l'œuvre des grands ancêtres de 1789.

Car le Prix littéraire des droits de l'Homme a un double intérêt, qui l'a valorisé dès sa naissance : les auteurs reconnus, bien sûr. Mais aussi les personnalités éminentes qui l'ont remis au nom de NDH. Comme si les uns soutenaient les autres.

Il existe une liste exhaustive de ces piliers qui se rejoignent pour l'occasion afin de marquer l'avenir, en forme de voûte protectrice des témoins d'une époque.

Côté « personnalités » ayant engagé leur crédit moral au service d'idées convergentes, on notera Danielle Mitterrand, la première ; puis notre ami président d'honneur de NDH, Léopold Sédar Senghor, académicien, ancien président du Sénégal ; le président du Conseil constitutionnel lui-même, Jean-Louis Debré ; les présidents de l'Assemblée nationale Jacques Chaban-Delmas, Laurent Fabius ... ou du Sénat Christian Poncelet, Jean-Pierre Bel sans omettre le directeur général de l'UNESCO Federico Mayor ; le maire de Paris, Bertrand Delanoë comme les ministres Jack Lang, Bernard Kouchner, George Pau-Langevin ... Jean-Pol Baras, ambassadeur de la Wallonie.

Côté « récipiendaires », c'est probablement Hans Blix, Suédois, auteur du rapport des Nations Unies sur les soi-disant « armes cachées » de Saddam Hussein qui aura le plus impressionné avec Geneviève de Gaulle, Erik Orsenna, Claude Hagège, Françoise Héritier, Jorge Semprun, Ismaïl Kadaré ... tous porteurs d'un message spécifique.

Les présidents du jury ont aussi, pour leur part, façonné le Prix en lui donnant sa forme définitive. La grande Janine Alexandre-Debray fut la première. Sénatrice, écrivaine elle dirigea jusque dans la célèbre maison de Pierre Loti à Rochefort son studieux cénacle. Puis lui succéda Jacqueline Raoul-Duval, éditrice qui passa le relais à Philippe de Saint Robert, ancien Commissaire à la langue française.

Aujourd'hui, maintenant que la statue du Prix littéraire des droits de l'Homme a été sculptée, façonnée, à nous de poursuivre une entreprise purement morale car elle ne rapporte rien à ses bénéficiaires sinon une gratitude supplémentaire et un sceau de la Ville de Paris, qui comme toute œuvre humaine « fluctuat nec mergitur ».

Pierre Bercis, Président de NDH 

Dounya Dlimi, Présidente du Jury


L'Edito du 6 décembre 2021

Déconstruire ...

Il a fallu des dizaines de millénaires pour construire nos civilisations, ou simples sociétés, qui vont de l'art pariétal aux empires romain, aztèques, indiens, orientaux, chinois ... Il a fallu beaucoup d'intelligences, de sacrifices pour entrevoir la démocratie et l'unité humaine avant la conquête de l'espace. Il a fallu après 1918, après 1945 des visionnaires pour imposer une nouvelle philosophie du monde dont la paix est le fondement à travers les Nations Unies avec, pour charte fondamentale, la Déclaration universelle des droits de l'Homme.

Aujourd'hui, l'humanité semble fatiguée, voire épuisée, en recherche, tentée par le recul, le retour vers ses vieux démons : la violence, le racisme ... Comme si le monde avait tourné trop vite. L'environnement est en cause ; le réchauffement climatique imprime, sur fond de pandémie dite « Covid 19 » laquelle impose un sévère coup de frein dans les relations humaines dont les migrations massives sont l'apparence la plus visible. Les COP 21, 22 ... 26 se succèdent, en vain pour l'heure. Ne nous est offert que la rivalité entre Chine et États-Unis, la conquête islamique, les sous-impérialismes russe, turc ... qui troublent un ordre mondial qui aurait pu être serein, fondé sur les droits de l'Homme de 1948 dont le droit à la paix - non reconnu quoique basique - aurait normalement dû être, après deux guerres mondiales, la pierre angulaire ...

Or la marche en avant de l'humanité stagne (en espérant qu'elle ne reculera pas). On a le sentiment que la planète bleue, comme les carabiniers d'Offenbach chante en chœur «  marchons, marchons » en faisant du sur-place. Des gnômes, des rats surgissent de partout, tentant de faire leur marché à leur seul profit personnel, pour leur gloriole sur le compte d'un monde nouveau, anonyme, gouverné par l'informatique et autres technologies aveugles, surgies trop rapidement sans être assimilées.

Le plus dur n'est hélas pas encore derrière nous. Il est devant nous.

Au niveau le plus bas, c'est le Conseil de l'Europe (!) qui prône la « liberté » pour les femmes d'être voilées (comme en Iran ou en Afghanistan) ; au Mali, ce sont les militaires putschistes qui dialoguent avec les djihadistes - quand les mêmes tuent les soldats des forces de paix accourues à leur secours ; à Bruxelles, une représentante de l'Union Européenne qui produit un catalogue prônant de ne plus parler de fête de « Noël », de ne plus stipuler « homme ou femme », de bannir les prénoms traditionnels à consonance chrétienne, comme la mode s'en instaure au Canada. Il faut absolument « déconstruire », faire table rase du passé, des vieilles civilisations comme le font les maires écolo de Strasbourg, Grenoble, Lyon, Bordeaux. Mais pour quelles bases nouvelles, positives ?

La laïcité, gage d'égalité, de respect mutuel n'est pas mise en exergue alors qu'elle est une vieille valeur, fondement d'un monde unifié, apaisé demain. Le communautarisme à l'anglo-saxonne gagne du terrain parce que la gauche française l'a mise au rencart alors qu'elle devrait en revendiquer la paternité historique, laissant à Éric Zemmour un positionnement d'hostilité et non de neutralité pour combattre tout ce qui participe de la déconstruction de notre société. Pas plus qu'elle ne préconise une grande Sécurité Sociale pour les riches et les pauvres ; une éducation nationale purgée des relents contestataires de l'Histoire, où l'assassinat de Samuel Paty peut être l'objet d'un doute, sans sanction ...

Le dit Zemmour, dans son discours inaugural, le dimanche 5 décembre à Villepinte, là où, il y a quelques années, nous avons risqué nos vies, lors du grand rassemblement de nos amis de la Resistance iranienne à l'islamisme, lors d'un attentat avorté, n'a proposé qu'une «  reconquête ». Pas un mot sur un nouveau fondement du Droit qui doit, selon nous, être fondé sur la réciprocité et non une verticalité juridique issue d'instances éloignées des réalités. Place au droit conventionnel.

Ainsi, immigration, voile islamique, protection sociale, usage des langues ... pourquoi pas ? Mais à la condition expresse qu'il en aille de même de part et d'autre des frontières. Comme la France et l'Allemagne ont su, avec courage le faire ... après trois guerres, moins de vingt années leur dernier conflit. Ce que l'Algérie, par exemple, se refuse à poser comme base, près de soixante ans après son indépendance. Elle ne veut que l'unilatéralisme.

Alors vive le Droit « conventionnel », cette autre face de l'égalité dans la dignité de chaque peuple, qui prévient les déséquilibres sources de conflits.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 29 novembre 2021

Le droit à la santé, ce droit inachevé

Le droit à la santé fait partie de ces droits de l'Homme que n'incluait pas la Déclaration de 1789 mais qui a été conquis par bribes au XIXe siècle et, surtout, dans sa globalité, en France par l'ordonnance du 4 octobre 1945 qui instaure la Sécurité Sociale, à la suite des travaux du Conseil national de la Résistance.

La boucle était-elle bouclée ? On pouvait le croire. L'avenir a prouvé le contraire, comme vient de la montrer le récent rapport du Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie qu'avait commandé le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Et de fait, la Sécurité Sociale officielle, obligatoire est loin de couvrir toutes les dépenses liées à la santé. Elle ne couvre que 78,2% de la consommation médicale.

Pour le reste, c'est-à-dire les actes les moins nombreux mais les plus onéreux, il faut avoir une « complémentaire santé » prestation uniquement fournie par le secteur privé (mutuelles, sociétés d'assurance, institutions de prévoyance). Or il s'agit d'un véritable maquis où il n'est guère possible d'avoir une vue globale, rationnelle comparative tant les conditions sont obscures et disparates.

Les chiffres à ce sujet sont cependant très clairs et à rapprocher du sempiternel « trou de la Sécu » sur lequel il est de bon ton de se lamenter ; comme si l'institution de 1945 était mal gérée, ce qui est faux.

Alors qu'ils ne couvrent qu'une petite partie de la dépense totale de la santé, les organismes complémentaires ont un coût de gestion (7,6 milliards d'€uros) supérieur à celui de l'Assurance Maladie Obligatoire (7,2 milliards) qui protège pourtant tous nos concitoyens. Pire, le premier a augmenté de 46% pendant que le second baissait de 5%. Qui ose le dire ? En 2020, l'Assurance Maladie Obligatoire (AMO) a financé environ 75% des dépenses de santé. Les mutuelles, seulement 12,3% ...

De ce fait, la question du remboursement des frais occasionnés est complexe, lourd et les personnes à bas revenu, non couvertes faute de moyens par une complémentaire, en sont la plupart du temps exclues tandis que les nantis n'ont rien à débourser. Ce qui est d'autant plus scandaleux que la partie au-delà de l'AMO concerne des frais indispensables à la survie, où il n'y a aucune fraude possible. Il ne s'agit plus là des petits soins prodigués par des « bobologues » qui remplissent ensuite la caisse des pharmacies, lesquelles se multiplient comme des petits pains.

Une réforme s'impose donc en urgence pour le bien-être des plus pauvres du pays. Mais avez-vous à ce sujet entendu un projet de réforme des gauches, Verts compris ; une revendication syndicale étayée, argumentée ? Quel candidat à la prochaine élection présidentielle va s'exprimer sur ce sujet essentiel dont dépend la qualité de la vie d'un pays qui, par ailleurs clame que « son système de santé est le meilleur du monde »

Le Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie, lui, a fait des propositions. On peut les résumer sous le titre de projet de « grande Secu », tel que les quotidiens La Croix et Le Monde l'ont résumé avec force détails.

Il s'agit, en l'occurrence, de supprimer les « mutuelles » et d'intégrer leur champ de couverture dans la Sécurité Sociale actuelle, ce qui induirait des économies d'échelle, une simplification de la paperasserie qui serait profitable à un corps médical lassé de ces tâches administratives. Mais avant tout cela engendrerait une plus grande justice sociale devant les maladies graves, ce qui était l'idée de base de mon maître Pierre Laroque lorsqu'il a construit, à la Libération, la Sécurité Sociale, souvent prise pour une vache à lait depuis.

Une telle réforme, qui doit absolument voir le jour rapidement, ne profiterait en rien aux cibles favorites du tandem Zemmour - Le Pen, au titre de la CMU (Couverture Maladie Universelle) car ils sont déjà protégés par l'AMO depuis belle lurette. En revanche, pour les grosses interventions, où il est impossible de tricher, nos compatriotes les plus démunis n'auraient plus à renoncer aux thérapies lourdes faute de moyens financiers.

Dès lors, certes, les sociétés d'assurances, les mutuelles et autres associations de prévoyance, (autant de « pompe à fric » opaques) hurlent déjà à la mort et dénoncent un étatisme qui n'a jamais exister puisque les syndicats y sont partie prenante. Mais qui osera leur prendre une part du gâteau pour le redistribuer aux plus mal lotis ? Les futures élections sont là pour en décider : solidarité ou charité ?

Olivier Véran, ministre macronien issu du Parti socialiste l'a voulu, preuve que l'on peut faire du socialisme sans le savoir comme Monsieur Jourdain faisait de la prose.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 22 novembre 2021

« J'écris ton nom : liberté » Paul Éluard

La liberté, mais surtout son contenu, ses limites ne cessent d'être malmenées en ces temps de mutation de société voire de civilisation. De sorte que l'on a du mal à être tous alignés derrière ce concept à géométrie variable ...

Autrefois, avant et après 1789, au moins les choses étaient-elles claires. C'était encore le «  Fay ce que voudras » inscrit, selon Rabelais au fronton de l'abbaye de Thélème. Depuis, cependant, beaucoup d'eau est passée sous les ponts. D'abord chez les marxistes qui ont distingué - fort justement - entre « libertés formelles » et « libertés réelles ». Jusqu'à ne voir de liberté que dans les libertés « réelles » au détriment des libertés dites « bourgeoises ». D'où le goulag stalinien, avec ses héritiers actuels à l'Est ; des frontières de l'Europe jusqu'à Vladivostok, voire au-dessous.

Mais il y a aussi le monde islamique, que l'on n'inclura pas cependant dans la problématique des libertés car ce concept y est totalement ignoré puisque chacun y est soumis à la loi de Dieu qui exclut cette notion « judéo-chrétienne ». Comme le reconnaissait, honnêtement Malek Chebel « Il n'y a aucun pays musulman qui soit démocratique ». Il aurait pu dire qui puisse être démocratique. Et pour cause. Inutile donc de tenter de faire entrer l'idée même de liberté dans des têtes programmées, comme ont tenté, en vain, de le faire les Étatsuniens en Irak ou en Afghanistan. Cela suppose un renoncement, une conversion préalable qui est interdite sous peine de mort.

Reste alors, à l'intérieur de l'Occident démocratique un débat pleinement actuel, qui oppose la vision « universaliste », « laïque » de la liberté à la conception anglo-saxonne, promue il va sans dire, par les États-Unis et leur colonie britannique sous le nom de « wokisme ». Elle est proche, souvenons-nous, de l'apartheid qui sévit longtemps en Afrique du Sud sous la formule : « séparés mais égaux ».

On est loin, là, de 1789, de l'intégration citoyenne des Français juifs, de l'abolition de l'esclavage ... La liberté, ce serait le communautarisme (selon la race, la religion, la couleur de peau). Merveilleuse liberté où les sangs mêlés, les non croyants n'ont pas leur place.

D'ailleurs, la religion, vos caractéristiques ethniques doivent être stipulées sur votre pièce d'identité ou passeport. Un apartheid non déclaré.

A l'intérieur de ce qu'il est convenu d'appeler l'Occident, la guerre idéologique est donc engagée, qui va jusqu'à la sexualité, la grammaire comme vient de le montrer le dictionnaire « Le Robert », en proposant qu'au-delà du pronom « il » ou « elle » on accepte le « iel », ni l'un, ni l'autre (ou les deux en même temps). Alain Rey, le linguiste grand-père du Robert doit se retourner dans sa tombe.

Ainsi, un simple groupuscule parisien en a décidé, même si ce n'est pas pratique courante. Aussitôt, nos médias de se précipiter vers des « jeunes » qui ne peuvent qu'applaudir à cette initiative « moderniste ». Et l'Académie française, gardienne de la langue depuis Richelieu ? Laissons-la dormir sous ses ors. Et les francophones du Canada ; ceux d'Afrique (un milliard à la fin du XXIe siècle) ? Pourquoi ne pas solliciter leur avis ? Ils ne comptent pas ? Esprit colonial où es-tu ?

On n'en finirait pas de recenser les variantes autour de la liberté projetée dans le monde par la Révolution, malgré l'alliance initiale entre Washington et La Fayette, le temps de la guerre d'indépendance.

Aujourd'hui, deux conceptions font en conséquence débat, au cœur même de l'actualité marquée par une pandémie qui s'éternise. La première est celle d'une liberté responsable qui impose scientifiquement l'administration d'un vaccin (à répétition) et l'autre, égoïste complotiste qui prétend que c'est la liberté de le refuser ; donc en faisant courir un risque au reste de la population. Il y a de quoi halluciner ! Les premiers limitent les dégâts. Les seconds les amplifient, derrière Trump, Bolsonaro et quelques milliers de manifestants en France qui, toute honte bue, crient à la dictature. Rien de moins. Aucun responsable politique en Guyane, à commencer par Christiane Taubira n'a voulu appeler à la vaccination. Idem aux Antilles, à La Réunion quand, dans le tiers-monde, les peuples pauvres tombent sous le Covid-19, faute de doses, réservées au pays riches ... Rationnel, logique, non ?

La liberté a parfois son revers. Raison de plus pour s'engager au service d'une vision que la France, la première, a promue, dès l'ère des Lumières, et de batailler au quotidien contre le communautarisme, qu'il soit éthique, religieux, sexiste ...

Rama Yade, ancienne ministre française « réfugiée » depuis trois ans aux États-Unis où elle dénonce une France « raciste » a peut-être raison contre Joséphine Baker, Américaine, elle, réfugiée en France pour fuir les discriminations avant de s'engager dans la Résistance ... et d'entrer au Panthéon.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 15 novembre 2021

L'ombre du vieux chêne ...

La France vient de vivre une semaine incroyable, que peu de peuples peuvent éprouver (à part peut-être la Grande Bretagne autour de la statue de Winston Churchill qui incarna la Résistance au nazisme avant d'être congédié par une majorité de ses concitoyens). «  L'ingratitude est la force des grands peuples » dit-on.

Pour ce qui concerne la France, mutatis mutandis il en va cependant un peu différemment, dès l'origine, d'ailleurs, entre De Gaulle et le Premier ministre britannique. Ce dernier avec son humour typique n'hésitant pas à dire que « La croix la plus lourde qu'il ait jamais portée était la croix de Lorraine ». Car De Gaulle, lui, après leur résistance commune et tumultueuse, instaura en outre en 1958, une république nouvelle, la Ve, qui résiste au temps et aux tempêtes. D'où cette dimension supplémentaire qui est aujourd'hui reconnue après avoir été tant décriée, à droite comme à gauche.

N'est-il pas curieux en effet de voir que tous les politiciens en lice pour la prochaine élection présidentielle se précipitent sur les lieux qui ont marqué la présence de Charles De Gaulle, qui à Lille, qui à Colombey qui à Courseulles pour lui rendre un hommage bien tardif et grappiller un peu « du bois de vraie croix » ? Celle du vieux chêne dont l'ombre portée prouve que ce n'est pas du bois mort et nous rappelle une des plus belles chansons de Brassens : « Auprès de mon arbre », je vivais heureux ...

« Tout le monde a été, est on sera gaulliste » prophétisait l'icône (et non l'idole).

Mais, dans l'ombre d'un grand chêne, quasiment rien ne pousse. Certes, il y a eu François Mitterrand, Jacques Chirac, Valery Giscard d'Estaing quand il n'était pas encore abattu, et avant qu'il n'atteigne sa hauteur historique. Puis vinrent Nicolas Sarkozy, François Hollande, peu après, qui ont aussi bénéficié des dernières lueurs qui passaient à travers ses feuilles jaunies. Ils réagirent toujours en « gaullistes ». Aujourd'hui, par contre, à la veille d'un scrutin présidentiel décisif, lequel incarne encore le sursaut ? Une envie de souveraineté et de justice sociale tout à la fois.

Tous les postulants ne font qu'un pèlerinage pour graver leurs initiales sur le vieux chêne, à son pied (surtout pas en hauteur car ils ne peuvent pas l'atteindre). C'est un De Gaulle «  totem ». Une petite révérence hypocrite devant les caméras et ils repartent munis, croient-ils, d'un précieux viatique pour faire, comme disait le grand Charles lui-même « leur petite soupe dans leur petite casserole. »

Après le retrait contraint de François Hollande en 2017, poussé vers la sortie par des «  piailleurs » pseudo-gauchistes - dont l'inénarrable islamo-gauchiste Benoît Hamon, puis le succès « prévu » de François Fillon (« la roche tarpéienne est proche du Capitole ») comme la nature a horreur du vide, Emmanuel Macron s'est alors vu offrir une voie royale, par défaut.

Ne lui reste donc qu'à combler ce vide, si il veut lui aussi endosser le costume du Général.

Il a commencé en renvoyant les Verts (et des pas mûrs) à leur vide sidéral en relançant le programme nucléaire civil en vue d'une énergie électrique non carbonée ; en dominant la longue et dure crise pandémique ; en commençant la réforme des retraites ; en pratiquant une politique « non libérale », c'est-à-dire keynésienne du « quoiqu'il en coûte ». Mais quid des ordonnances de 1967 sur la participation des salariés, quand des grandes fortunes se bâtissent ? Quid de la décentralisation ? Quid d'une politique internationale qui dépasse les clivages traditionnels, en laissant les idéologies pour ce qu'elles sont, afin de s'unir contre le fascislamisme, la nouvelle plaie de notre temps ? Promouvoir la laïcité contre le « wokisme » anglo-saxon ... Exiger qu'une fois les Anglais partis de l'Europe on n'y parle plus la langue de l'impérialisme « sûr de lui-même et dominateur » ; que les commerçants et les fils de pub s'expriment en France en français ; que la radio nationale, financée par nos impôts, diffuse autre chose que les chanteurs anglo-américains (Nous ne sommes plus sur «radio Londres », version 1940-1944, qui, elle, s'exprimait en français quand on scandait en même temps «  radio Paris ment, radio Paris est allemand » ...

Alors que nos voisins allemands sont dans une impasse énergétique totale (sans nucléaire, avec des mines de charbon en voie de fermeture, dépendant du gaz russe-Nord Stream 2) quelle aubaine pour le quinquennat à venir ... (avant un nouveau match Hollande-Sarkozy en 2027 ?) « L'expérience est une lanterne qui éclaire le futur » disait Confucius. Un sage «  chinois » contre lesquels on voudrait nous enrôler derrière la bannière étoîlée.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 8 novembre 2021

Le fascislamisme ne passera pas

Le débat est plus actuel que jamais. En France, bien sûr. Mais partout ailleurs dans le monde.

Notre ami Pascal Bruckner (Prix littéraire des droits de l'Homme 2017) s'est exprimé, sur ce sujet, sur Radio Classique, comme chaque jeudi matin à 8h45). Il est naturellement pessimiste et a rappelé les centres d'où part la propagande islamiste : Pakistan, Afghanistan, Turquie, Iran ... pour ne citer que les principaux pays qui jettent de l'huile sur le feu car il faudrait en citer d'autres comme l'Algérie qui souffle sur les braises au Sahel pour voiler ses échecs économiques dont le résultat est une émigration massive digne des États sous la botte communiste autrefois. En effet, instrument de mesure essentiel, a-t-on déjà vu des populations sous ces jougs fuir les démocraties pour leur demander l'asile ? Là est le critère décisif, emblématique ...

Pascal Bruckner y voit, fort justement, une force expansionniste qui fait courir un risque aux régimes démocratiques qui, au nom de la liberté, doivent alors accueillir ces migrants lesquels n'exportent pas que leurs personnes physiques mais aussi leur idéologie. En effet, l'Europe en particulier a accepté depuis des siècles des réfugiés polonais, russes, italiens, portugais, arméniens, non chrétiens souvent, comme les juifs qui fuyaient les dictatures de leur pays d'origine. Ce fut aussi le cas des migrants asiatiques qui, à leur tour, se sont parfaitement intégrés sans (globalement) susciter un communautarisme contraire aux lois de la nation qui les accueillait. Bienvenue au club des pays où la loi est la même pour tous, sans y importer des règles incompatibles avec la laïcité, ce concept français à valeur d'exportation. D'où le regain d'attrait pour l'extrémisme de droite qui ne propose rien d'autre que la radicalisation, l'arrêt de l'immigration quelle qu'elle soit puisque droite et gauche traditionnelles ont renoncé aux fondamentaux (soutenus en cela par la vague anglo-saxonne du « wokisme » qui, lui, engendre un communautarisme pervers pour mieux coloniser les vieux pays, bien qu'ils aient fait leurs preuves). Dès lors, le voile islamique, l'interdiction des mariages, la multiplication des boucheries et autres restaurants « halal », quand ce n'est pas l'interdiction de serrer la main à une femme, voire la négation, dans les écoles, de l'Histoire ...

Pascal Bruckner a raison. Il existe bel et bien des centres expansionnistes, une vague que, faute de soutien de l'impérialisme anglo-saxon, les pays traditionnellement tolérants ont peine à endiguer pour maintenir leur cohésion. Pire encore, on a vu récemment le Conseil de l'Europe lancer une campagne de propagande en faveur du voile islamique quand les Iraniennes, les Afghanes, elles, n'ont pas le choix. Le Droit n'est donc pas « conventionnel » c'est-à-dire réciproque, égal entre les pays.

Mais là où peut être, Pascal Bruckner pèche par pessimisme - on l'espère provisoirement - c'est qu'il ne prend pas en compte le fait que, du moins en théorie, les cinq puissances membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies sont toutes hostiles à l'islamisme, ce fascisme nouvelle génération, qui divise les peuples pour mieux avancer, comme le vers dans le fruit.

Ayant recruté jusque dans l'extrême gauche française par exemple - les islamo-gauchistes - l'islamisme phagocyte aussi désormais les Verts, comme à Strasbourg où la maire, Barseghian, petite fille de victimes du génocide arménien, s'engage jusqu'à la construction de mosquée avec les deniers publics. Le schtroumpf Glucksmann, promu député européen par le Parti Socialiste (car il ne représente que lui-même bien qu'étant toujours reçu sur la radio d'État France Inter quand son épouse Léa Salamé est en congé) attaque - comme les Américains - la Chine qui, fidèle à sa doctrine ancestrale entend sauvegarder son unité après, elle-même, avoir été victime d'attentats. Après tout, Pékin ne vient-il pas de passer un accord avec Rome sur le respect de règles communes ? Un exemple à suivre ...

Il y a peut-être, donc, mieux à faire. Notamment que les pays essentiels de l'ONU se liguent contre le fascislamisme qui est leur ennemi commun, à l'instar du fascisme dans les années 40. Une utopie ? peut-être. Mais qui ne tente rien n'a rien. Et même si Vladimir Poutine est un responsable insaisissable. Son pays ne peut oublier que, comme les États-Unis, il a été rejeté d'Afghanistan pour les mêmes raisons. Nous avons dès lors un intérêt vital commun à minima pour que règne un jour la paix et la liberté (de nos banlieues jusqu'au Sahel, en passant par les chrétiens persécutés au Pakistan) de sorte que la laïcité s'impose après les inégalités de traitement actuelle. Un « croissant » anti-islamique devrait voir le jour dans le futur afin d'entourer les pays qui constituent une réelle menace pour le reste du monde. Il n'est que de se souvenir qu'il y a à peine un demi-siècle, tout un chacun pouvait prendre l'avion pour aller à l'autre bout du monde comme on prend le métro. La pollution n'est pas uniquement que dans le réchauffement de la planète. Mais pour cela, encore faut-il une volonté exempte d'ostracisme à la Zemmour.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 1 novembre 2021

Drogues : déraison et raisons

Il est de bon ton, voire très chic, de manifester à défaut de sympathie, de la compréhension sinon une complicité explicite ou implicite vis-à-vis des drogues qui pourrissent le fonctionnement normal d'une société. La France n'y échappe pas. C'est une preuve d'intelligence à bon compte, surtout au profit de ceux qui en tirent de juteux bénéfices qui dispensent les vendeurs, revendeurs d'avoir à travailler comme doit le commun des mortels. La réponse est sempiternellement : « il faut comprendre ». Dès lors, soyons logiques, tout le monde devrait s'adonner à ce juteux marché peu fatigant. A commencer par celles et ceux qui n'ont que 1000 €uros par mois pour vivre (ou survivre).

On a constaté récemment la révolte des habitants du Nord-Est de Paris, lassés de voir leurs quartiers pollués par des individus qui, parfois, n'hésitaient pas à les agresser ou croisaient leurs enfants sur le chemin de l'école. On a vu également des vieilles dames assassinées dans leur appartement par des consommateurs accros. On voit toujours la police attaquée lorsqu'elle entend contrôler des « cités interdites », hors des lois de la République. Donc, nos concitoyens sont témoins en permanence de ce fléau auxquels les élus, les gouvernements successifs, depuis des décennies, ne songent qu'à mettre un « cataplasme sur une jambe de bois » au lieu de proclamer la « tolérance zéro » face aux agressions.

Mais, diront alors les bonnes âmes, pétries d'esprit démocratique, il en va de même pour l'alcool et le tabac, même ni comparaison n'est pas raison. Car les effets ne sont en rien similaires. De plus, des campagnes anti-alcool et anti-tabac sont régulièrement lancées pour en dénoncer les méfaits. Outre qu'on ne justifie pas le mal par le mal ...

Au-delà des atteintes à la tranquillité publique, à la création de zones de non-droit, on voit aussi, de plus en plus maintenant, les risques que font courir à autrui ceux qui conduisent un véhicule sous l'emprise de la drogue. Un phénomène nouveau qui ira crescendo si, à l'unanimité, des interdictions, assorties de lourdes peines, ne sont pas prononcées au plus vite.

Dans les débats, autre argument récurrent : « vous n'y connaissez rien. Il y a drogue et drogue. Ne confondez pas l'usage du cannabis (aux relents « baba-cool », soixante-huitards) la cocaïne et le crack, aux effets immédiats ». Certes, on devrait nous initier puisque il est grave de rester ignorant et de ne juger qu'à partir des résultats inciviques que cela engendre pour une société démocratique. Quoique ...

Peut-être les auteurs de notre proposition de loi constitutionnelle relative à la reconnaissance de nouveaux droits de l'Homme auraient-ils dû il est vrai s'en soucier, au détour du millénaire, et l'insérer dans notre projet de société, signé et déposé par plus de 500 parlementaires de tous bords. Tous des ringards, probablement, de n'avoir pas ajouté à leur texte le « droit à la drogue », cette liberté « fondamentale ».

D'ailleurs, de manière beaucoup moins juridique mais beaucoup plus pragmatique, certains ont pallié notre carence en caressant à défaut la bête dans le sens du poil. Car les drogués en effet ne sont pas des volontaires, librement conscients, mais des « malades » ; rien que de pauvres malades. Des victimes auxquelles les revendeurs (dire « dealer ») dans leur grandeur d'âme, leur générosité, apportent un « précieux secours ». Même des élus viennent à leur rescousse. C'est ainsi qu'à Paris, on leur ouvre des salles de « shoot » où ils peuvent satisfaire leurs besoins, au grand dam, là encore, des habitants qui entourent ces havres de bonheur artificiel.

Franchement, nos élus ne vont pas assez loin ! Comme d'habitude. Ils devraient, en outre, après en avoir légalisé la consommation (comme vient encore de le répéter Jean-Luc Mélenchon) puisqu'il s'agit bien de malades, prévoir un remboursement par la Sécurité Sociale, chargée de couvrir toutes les maladies ! Nier cette logique est être réactionnaire, revenir à l'époque de la prohibition alors qu'il est désormais interdit d'interdire. Comment, d'ailleurs, a-t-on fait, au début du siècle dernier, pour prohiber purement et simplement la consommation d'absinthe, dont les ravages étaient connus de tous ?

Autre solution tout de même, afin de restaurer la paix civile, puisque ces consommateurs invétérés sont incapables de travailler - ils sont assez généreux pour laisser les emplois disponibles aux chômeurs - à défaut d'être emprisonnés ou condamnés à des amendes, les éloigner sous bonne garde à la campagne (ou la montagne) loin des villes, le temps d'un sevrage contrôlé aussi long que de besoin. Mais, en tout état de cause, ne plus tergiverser sur leur responsabilité pénale, comme on l'a vu récemment dans plusieurs affaires criminelles sordides. Car, en ce cas, ce ne sont plus eux les malades mais la société tout entière qui l'est. Bref, instaurer un service « militaire » uniquement réservé à ceux qui ne sont pas intégrés dans la vie de la cité.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 25 octobre 2021

Le grand remplacement de la langue française
ou le silence éloquent d'Éric Zemmour

Le discours d'Éric Zemmour est maintenant rodé, ressassé... voire usé. Mais si il porte, c'est parce qu'il traduit le ressenti des Français dans quelques domaines spécifiques comme l'immigration, la sécurité, le communautarisme. Comme Marine Le Pen il s'auto-proclame «  patriote ». Résultat : les partis de droite comme de gauche doivent tenir compte de ce succès et, tout en le traitant de « facho », s'imprégner de son discours (y compris les islamo-gauchistes beaucoup moins « sûrs d'eux-mêmes et dominateurs » qu'il y a peu). Chacun réduit la voilure devant la marée Zemmour pour affronter les élections prochaines. Même la gauche, qui avait perdu sa laïcité en route, l'a retrouvée. Enfin, un miracle laïque ! De quoi raviver sa foi pour un nouveau siècle et la reprendre à la droite qui l'a récupérée contre des émigrants récalcitrants à l'intégration pour cause d'incompatibilité de leurs valeurs religieuses avec les lois républicaines.

Mais là où on attendait sérieusement Zemmour, « Zorro n'est pas arrivé » pour parodier une célèbre chanson du « non-blanc » Henri Salvador. Jamais il ne dit mot, jamais il ne dénonce, jamais il ne fustige l'entreprise colonisatrice de « grand remplacement » de la langue française sur notre sol, voire dans les institutions européennes, bien que les Britanniques les aient quittées. Ainsi Ursula von der Leyen présidente de la Commission ne prononce-t-elle ses allocutions, y compris devant le Parlement européen qu'en anglais. Pas même en allemand, sa langue d'origine. Dans les médias, contre lesquels la droite rassemblée autour du Figaro, de Valeurs Actuelles, a lancé une offensive parce qu'ils seraient accaparés par la gauche, pas un mot non plus. Notre droite, de A à Z, cible une pseudo gauche mais « silence radio » sur le fait que la radio nationale (France Inter) ne diffuse quasiment que des chanteurs anglo-saxons. Il n'y a plus d'auteurs brésiliens, italiens, argentins. Sans doute trop ringards quand on se veut jeune, dynamique relayé par des pseudo humoristes nuls à pleurer qui devraient aller à l'école de Coluche ou de Raymond Devos. Donc si la radio-télévision de service public est truffée de gens de gauche, c'est probablement ce que les amis de Jean-Pierre Chevènement appelaient autrefois « la gauche américaine », sous-entendu rocardienne. Car il est paradoxal que la majorité des médias soit, soi-disant, de gauche en même temps que 35% des sondés se déclarent pour la droite extrême (Le Pen- Zemmour). Ou bien alors la droite doit féliciter les journalistes dits « de gauche » qui la fait monter, en priant qu'ils continuent jusqu'à passer la barre des 50%. Autre hypothèse, confirmée par les sondages, les Français n'ont que peu confiance en la Presse, d'où ce constat qu'ils ne la suivent pas électoralement.

Quelle est la raison du silence honteux d'Éric Zemmour (et de tous ceux qui lui courent après) sur la lâche non dénonciation de l'abandon du français au seul profit de l'anglo-américain alors que tout devrait normalement, logiquement, les y porter avec un immense succès populaire, puisque chacun « râle » tout en se reconnaissant impuissant ? Inutile de chercher très loin... La raison est dans la nef de la guerre : l'argent ou, sans parler « le Poutou » couramment, dans le mode de fonctionnement du capitalisme mondialisé ; qui nivelle tout pour tout centraliser vers et au profit des États-Unis. Car la publicité est chargée d'une promotion déguisée, moderne (voire mensongère) qu'enfourche Renault, Mercedes, Air France... Les commerçants, toujours avides de profits, nous glissent des « since », des «  by » sur leurs annonces. Même par « mail », à défaut du courriel...

On attend donc que le polémiste, dont on comprend qu'il a besoin d'argent se taise sur le grand remplacement de la langue française pour ne pas tarir ses sources et préfère ne parler que du grand remplacement des populations. Mais alors qu'il se taise aussi sur les rééquilibrages stratégiques, diplomatiques Est-Ouest. Puisque l'un ne va pas sans l'autre. C'est un projet global, d'autogestion culturelle à l'échelle planétaire, où Chinois, Russes, Indiens .... ont leur mot à dire étant donné qu' eux, sans doute, ne voudront pas passer sous les fourches caudines américaines (comme l'Australie il y a peu). La défense des langues, racines de la biodiversité culturelle ne se fait pas par des sous-marins, heureusement, mais par des femmes et des hommes de caractère, insensibles à la corruption, base du libéralisme planétaire.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 18 octobre 2021

De Guy Monnerot à Samuel Paty ...

La France s'est un peu « réveillée » à l'occasion du premier anniversaire de l'assassinat de Samuel Paty, professeur d'histoire géographie à Conflans Sainte-Honorine (Yvelines). De partout sont venus les hommages à l'enseignant de 47 ans décapité par un Tchéchène, réfugié en France, Abdouallakh Anzorov. Un fait méprisable qui ne contribue pas peu à la montée dans les sondages d'Éric Zemmour et repose la question de l'islamisme, de la liberté et de la laïcité. En France et ailleurs : en Norvège récemment, en Grande Bretagne où un député vient d'être tué par un Somalien, moins de deux ans après une autre parlementaire.

Mais, parce qu'ils ne sont pas des « politiques » et que leur mission est d'éduquer, les enseignants, eux, devraient être à l'abri des attaques car ce sont ceux qui créent les fondamentaux d'une société démocratique (à l'instar des pompiers et des médecins, base d'un service public neutre). Sans ces femmes et ces hommes, le fonctionnement d'un pays s'enraye. Ne pas réagir, massivement et rapidement, est l'assurance de la montée du racisme, voire de la guerre civile. Inutile de se jeter dans les bras de la droite extrême. Déjà et d'abord, combattre les islamo-gauchistes qui depuis des années, oublieux de la loi de base de 1905, instillent le poison, comme on vient de le constater, non loin de Conflans-Sainte-Honorine, à Trappes, où le maire Ali Rabeh, soutenu par Benoît Hamon, ce brillant candidat à la présidence de la République dont il était avant le directeur de cabinet à l'Éducation nationale, vient d'être réélu contre notre ami Guy Malandain.

Un épiphénomène ? N'ayons pas la mémoire courte, par pitié. La pratique est ancienne, même si il faut rappeler, au moment où il est nécessaire (comme l'ont fait, le 17 octobre, tant Emmanuel Macron... que le préfet de police de Paris !) les crimes de Papon, en 1961, contre des manifestants qui dénonçaient pacifiquement un couvre-feu imposé aux Algériens de France. Un Papon, ancien vichyste, que Zemmour se garde cependant de dénoncer, voire cautionne en soutenant Pétain qui aurait, selon lui, sauvé des Juifs.

Si « saint Paty » est devenu un saint laïc, il n'est toutefois pas le premier, et la République doit prendre les mesures d'urgence pour qu'il soit le dernier car, souvenons-nous, puisque la guerre d'Algérie est de retour dans le débat public que la première victime fut déjà... un instituteur, Guy Monnerot, un enseignant de Limoges nommé en Algérie, dans le Bled, assassiné lorsqu'il a été prendre son poste. Il s'agit, dès lors, d'une longue saga qui ne saurait se poursuivre.

Guy Monnerot est tombé exactement le 1er Novembre 1954 sous les balles du FLN ce qui n'est pas « innocent » et a marqué pour toujours la suite de l'Histoire, en expliquant peut-être pourquoi (sans doute) le régime algérien actuel est hémiplégique, au point d'oublier sciemment les colonisations turques et arabes qui ont précédé la colonisation laïque française. Pour les dirigeants au pouvoir à Alger depuis 1962 (lesquels ont volontairement « gommé » les colonisations fondées sur l'islam), on ne doit rien céder ; en particulier sur la laïcité, l'objectivité. Car le pouvoir, outre Méditerranée, ne connaît pas de limite dans ses dénégations de l'Histoire : exit l'émir Abdelkader, exilé dans un château de la Loire, franc maçon protecteur des chrétiens massacrés au Liban ; exit Messali Hadj fondateur du mouvement d'indépendance algérienne avant 1940 (dont l'épouse, française, a créé le premier drapeau algérien). Mais non violent, lui, à la différence du FLN. Pour les tenants du « coran saignant » qui l'ont évincé, il n'était qu'un « édulcoran » ; d'où leur recours permanent, depuis, à la force, à la répression ... jusqu'au rejet des conclusions récentes de Benjamin Stora.

Bref, notre ami et membre fidèle Hocine Aït Ahmed, Kabyle, un des responsables de l'indépendance, condamné se réfugier en France, ne s'était pas trompé lorsqu'il s'était éloigné des tenants de la rente « mémorielle ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 11 octobre 2021

   Rapport Sauvé sur les abus sexuels : 

      Vers la fin du cléricalisme ?

Après près de trois années de travail, la commission d'enquête présidée par Jean-Marc Sauvé, ancien vice-président du Conseil d'État, à la demande des évêques de France, a rendu public son rapport sur les abus sexuels commis au sein de l'Église de 1950 à nos jours. Un rapport accablant dont ferait bien de s'inspirer d'autres institutions qui, loin de se réjouir, rasent plutôt les murs. « Qui n'a jamais pêché jette la première pierre »

Le mal était connu, depuis bien longtemps bien qu'il ne concerne que 2% des prêtres : des religieux, des éducateurs abusaient d'enfants innocents qui leur avaient été confiés par des parents sereins, n'imaginant pas un seul instant que des personnes adultes, dont c'était la mission de former de jeunes esprits, pouvaient, au contraire, les mener mentalement au bord du gouffre.

Certes des dénonciations ont bien été faites, ici ou là, mais sans guère de suite tant la hiérarchie avait souci d'étouffer les scandales. Il aura fallu qu'éclate la bulle, grâce au combat préalable des féministes dans leur sphère propre, pour que la vague atteigne l'Église. Car il est de notoriété publique que le viol, le harcèlement sexuel des femmes et des enfants existent depuis la nuit des temps. Récemment encore, dans la première version du journal Libération, dans l'émission de Bernard Pivot, c'était encore celles et ceux qui dénonçaient les abus commis qui étaient pointés du doigt, ridiculisés au nom de la liberté. Gabriel Matzneff était alors idolâtré. De même que la délinquance financière, fiscale fut longtemps tolérée jusqu'à, autres temps autres mœurs, certains qui se croyaient toujours à l'abri ne soient soudainement cloués au pilori.

Il n'en va pas ainsi cependant en ce qui concerne l'Église, dont le respect des enfants est même une des bases dans l'enseignement du Christ : « Laisser venir à moi les petits enfants ». Donc une donnée constante depuis deux millénaires, qui n'a rien à voir avec une mode, une époque (ce qui ne risque pas d'arriver aux idéologies éphémères qui disparaissent aussi vite qu'elles ne sont apparues). On doit par conséquent dénoncer le vers dans le fruit, un dysfonctionnement inadapté au monde moderne qui en a mené plus d'un, silencieusement, à partir sur la pointe des pieds, faute d'être écouté, voire entendu, sans perdre pour autant ses convictions de base.

« Le cléricalisme, voilà l'ennemi » s'écriait déjà Clémenceau. Et il n'avait sans doute pas tort quand on voit l'incapacité de l'Église à se réformer, à soigner sa sclérose due à l'âge. Même le pape François, ce jésuite réformateur venu d'Argentine, n'y parvient pas. Ses ennemis guettent silencieusement sa fin pour revenir au fonctionnement hiérarchique ancestral, calqué sur celui de l'empire romain. De la fraternité évangélique originelle nul ne parle et encore moins ne la pratique.

Le constat horrible du rapport Sauvé pourrait-il bientôt faire trembler la base ? Rien n'est moins sûr tant que la parole ne se libère pas plus et ne mette à terre une forme de corporatisme que l'on retrouve d'ailleurs partout (dans le sport, l'Éducation, le cinéma). « Vox populi, vox Dei » n'est qu'un adage creux sinon, il y a belle lurette que toutes ces chapelles (sinon sectes) : catholique, protestantes, orthodoxes auraient retrouvé l'unité autour de convictions et de leur philosophie de base unique. Elles auraient également, sans contrainte promu les femmes à leur juste place au lieu de les considérer encore comme des mineures (en commençant par en nommer « cardinales » afin de participer à l'élection du pape puisqu'il n'est pas pour cela nécessaire d'être prêtre).

NDH, de manière prémonitoire, avait un peu anticipé ces mutations de société actuelles puisque dans la rédaction de notre projet de loi constitutionnelle, portant titre II à la Déclaration de 1789 (signée et déposée par 522 parlementaires de tous bords en 2002, après un appel de centaines de personnalités, il est écrit-cf. www.ndh-france.org): Article 21 : « chaque individu a droit au respect de son intégrité physique, psychique et génétique... »

Reste, dès lors aussi, après le rapport Sauvé, ce véritable tremblement de terre, au-delà de la réforme de structure, la question du « pardon », tel qu'il est enseigné, depuis vingt siècles. Les victimes des prédateurs sexuels s'en contenteront-elles ou voudront-elles le monnayer, ce qui serait ajouter de l'indécence à l'inacceptable, parce que seuls alors les plus fortunés, comme partout et pour tout, pourraient se permettre de transgresser les codes ? Là n'est pas véritablement le problème car « indemniser » ne changera rien au fait et à ses dégâts psychiques. En revanche, est bel et bien posé le problème, préalable, de la confession sans aveu concomitant à la Justice des hommes dont le président des évêques de France Éric de Moulins-Beaufort a dit qu'elle était « au-dessus des lois de la République » (et donc autoriserait à couvrir n'importe quel crime, tel le secret professionnel d'un avocat ou d'un médecin). Quand l'Église aura fait sa révolution et sera retournée à ses sources, cela devrait lui valoir, à lui, avec une parole libérée, d'être destitué car il retourne encore le couteau dans la plaie des victimes. On aura du mal à lui pardonner !

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 4 octobre 2021

La vie en rose plutôt qu'en vert

La crise actuelle de l'énergie, la hausse des prix du gaz et de l'électricité interrogent sur l'intérêt qu'il y a pour nos concitoyens à soutenir les Verts (EELV en France) lors des élections à venir, même s'ils ont, à quelques voix près, écarté la candidature de la radicale «  écofeministe » Sandrine Rousseau au profit de Yannick Jadot. Car « vert clair » ou « vert foncé », leurs idées fixes stratégiques en matière d'énergie nous auraient conduit, ou nous conduiraient, à la catastrophe qu'ils prétendent éviter pour le réchauffement bien réel, lui, de la planète. En effet, leur obsession est l'énergie nucléaire civile, depuis leur origine. Comme si celle-ci avait un rapport (quoi que) avec le nucléaire militaire. Mais c'est un autre sujet ...

L'atome « civil », lui, est totalement neutre sur le plan climatique ; il n'envoie pas de CO2 dans l'atmosphère. Bref il ne pollue pas. A la différence des centrales à charbon qui, par contre, sont la plus vieille et la pire des sources pour produire l'électricité, de plus en plus nécessaire pour alimenter voitures électriques, TGV, chauffage etc ... Cela, nos Verts ne le contestent pas, ou ne le contestent plus de manière audible. Mieux, il se taisent honteusement alors qu'on devrait les interroger sur cette faute historique qui leur ôte toute crédibilité.

Certes, ils ont, entre temps, réussi à convaincre les dirigeants socialistes de s'aligner et de fermer quelques centrales (pour faire moderne, futuriste). Mais heureusement, François Mitterrand et ses successeurs ont trainé les pieds, sauvegardant encore notre indépendance en matière d'électricité. Car, nul ne l'ignore, nos centrales hydrauliques ont atteint, elles, le maximum de leur capacité et des centrales au fuel coûteraient plus cher que les centrales atomiques.

Restait cependant encore le risque d'accident dont les Verts ont agité le spectre afin d'affoler les populations (grâce à Three Miles Island, Tchernobyl, Fukushima...) ce à quoi les Français ont répondu « Même pas peur », grâce à la compétence d'EDF - qui, malheureusement, semble se réduire, comme on le constate pour les EPR toujours en souffrance.

L'Allemagne, très industrialisée, a connu et connaît le même problème. Mais l'a résolu autrement malgré son fort parti Vert (les Grunen). Angela Merkel - peut-être en raison de la culpabilité historique qui pèse sur son pays- a décidé de renoncer au nucléaire civil, non polluant, pour produire son électricité avec ses ressources inépuisables de charbon, une plaie pour le réchauffement climatique. Et qu'en disent dès lors les Verts, de part et d'autre du Rhin ? Rien. Comme les autruches, ils mettent leur tête dans le sable.

Ah mais, dira-t-on alors, l'Allemagne importe du gaz de Russie (Nord Stream 2) à travers un gazoduc dans la mer Baltique, pour contourner l'Ukraine, pourtant amie de l'Europe et sous la menace permanente de Moscou. Chante Poutine, chante ! Mais que fera l'Allemagne si un jour le nouveau tsar, coutumier des renversements de position, décide de fermer le robinet ? Elle importera de l'électricité (nucléaire) de France, pour autant d'ailleurs que nos Verts n'aient pas fait suffisamment pression en faisant fermer d'autres centrales.

Dans la situation présente en France, où le prix du gaz et de l'électricité monte en flèche au détriment des consommateurs les plus modestes, Bruno Le Maire, ministre des Finances a, à juste titre, dénoncé l'accord européen qui base le prix de l'électricité sur le prix du gaz, lequel atteint des sommets. D'où l'envolée du prix de notre électricité, principalement nucléaire, en autosuffisance et à bas coût, ce qui est un non sens économique, au nom de la solidarité européenne que l'Allemagne, amie de la Russie, des Etats-Unis (pour sa protection) et de la Chine (pour vendre ses machines outils) elle, ne pratique pas. Il sera donc bon de «  cuisiner » - au propre et au figuré - le candidat Jadot sur leur rejet fondamental du nucléaire civil, pour lequel son parti a contourné les socialistes depuis trente ans...

Mais, qu'à cela ne tienne cependant. Il reste les éoliennes, la panacée universelle, dans laquelle se sont engouffrés les financiers, à bon compte, bien que leur rendement soit faible en énergie et qui détruisent nos paysages, perturbent le voisinage, suscitant, en outre l'ire des pêcheurs qui devront « slalomer » lorsqu'ils se rendent sur le lieu de leur travail. Là encore, « soyons réalistes, demandons l'impossible », comme on disait en 68. Soyons solidaires des habitants et des travailleurs de la mer. Ce n'est pas aux tribunaux, très sollicités pour cela, mais aux gouvernants librement élus d'en décider. Posons clairement le problème à l'occasion des élections à venir : « Vous êtes TGV ? » (ce qui est un fort attrait pour les investisseurs étrangers en France) ou partisan, avec des Verts irresponsables, du retour à la machine à vapeur ? En gros, pour la décroissance.

Les socialistes semblaient avoir tranché, il y a peu. Qu'ils restent alors sur leurs positions, au risque, sinon, qu'Anne Hidalgo batte bientôt le record « historique »de Benoit Hamon. La vie en rose plutôt qu'en Vert ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 27 septembre 2021

Faut-il « brûler » Eric Zemmour ?

La campagne présidentielle française s'annonce inédite avec l'irruption d'Eric Zemmour dans la course au titre, même s'il ne s'est pas encore déclaré candidat. La raison ? Le débat d'idées qu'il a lancé pour lequel certains verraient bien l'interdire à la première occasion, même si, dans les profondeurs de la France, il recueille quelque écho. A fortiori parce qu'aucun autre débatteur ou parti politique n'ose incarner ses idées dérangeantes à plus d'un titre sur des sujets qui préoccupent les Français ; du pays profond aux banlieues des métropoles urbaines.

Alors faut-il « brûler » Zemmour, le non conformiste, comme on a brûlé Jeanne d'Arc ? Ce serait sans doute lui faire trop d'honneur, même si, comme la « Jeanne », il se croît investi d'une mission que n'aurait pas désavoué Jean-Marie Le Pen. Parti du Figaro et de Cnews comme la Pucelle est partie de Domrémy, il caracole en tête des taux d'écoute quand la concurrence, elle, a du mal à se faire entendre. Et pour cause...

Car quelles sont les questions qu'il ose aborder, sur lesquelles les partis traditionnels, comme des autruches, se mettent la tête dans le sable : l'immigration, la sécurité, la politique étrangère, la laïcité (sous-entendu l'islam) ...

Son débat, sur BFM, face à Jean-Luc Mélenchon a été, de tous les points de vue édifiant, à défaut d'être convainquant. C'est d'ailleurs pourquoi, provisoirement peut-être, il a gagné dix points dans les sondages. Ceux que perdaient Mélenchon, « l'islamo-gauchiste » qui croît incarner le souhait de nos concitoyens en vantant les charmes d'une « créolisation » de l'Hexagone. Version nouvelle du populisme. Mais, au fait, dans le même temps, avez-vous ouï la voix du Parti socialiste ou celle des héritiers de François Fillon ? Que nenni... Il leur suffit d'ostraciser Zemmour pour tout programme. Et pendant ce temps le pseudo héritier de Jeanne d'Arc prospère, s'incruste dans la tête des électeurs. Dès lors, son procès sera de plus en plus difficile à faire.

Prenons l'exemple de la laïcité, ce qui devrait être si j'ose dire, le « dogme » de tout républicain digne de ce nom. La gauche établie y a quasiment renoncé ... au nom de la tolérance ! Quand les femmes afghanes doivent s'emprisonner dans leur burqua, en France, de Saint-Germain-des-Près aux banlieues délaissées, d'autres femmes, voilées de la tête aux pieds, elles, affirment, de fait, leur hostilité à l'égalité femmes-hommes ... sans que les féministes patentées ne s'insurgent. C'est la « liberté » n'est-il pas ? La maire de Strasbourg (dixit Alain Finkielkraut) parle de « femmage » à Gisèle Halimi et non « d'hommage » à la grande Gisèle, bien que son grand-père, notre ami Armen Barseghyan ait été victime, avec ses parents du génocide des Arméniens, en 1915. « Vive les femmes ! » aurait dit Wolinski.

Z, comme Zorro-Zemmour, parle de confrontation des civilisations. Tiens donc. Comme Xavier Bertrand ? Comme Anne Hidalgo ? On peut toujours rêver ! Or qui pourrait, là, lui donner tort quand notre monde audio-visuel, publicitaire ne donne à entendre qu'un son de cloche, celui des Etats-Unis d'Amérique.

Tout doit être anglophone, y compris dans les institutions européennes que vient de quitter le Royaume désuni. La présidente de la Commission, Ursula Van der Layen, prononce son discours devant le Parlement européen, à Strasbourg, en anglais. Pourquoi pas en allemand, en français ou en espagnol ? Dans le même temps, le pape François, lui, hispanophone, ne s'exprime qu'en italien. Et il est écouté, sinon entendu.

Monsieur Z. a raison. La France, avec ou sans l'Europe, doit établir des équilibres nouveaux. Après tout, les civilisations russe, chinoise, indienne, espagnole, italienne ...valent bien, par leurs cultures millénaires, la culture états-unienne droguée, rappeuse, décadente après à peine un siècle de règne absolu sur le monde : un modèle instilé partout par des messages subliminaux. N'a-t-on pas entendu d'ailleurs des journalistes patentés (comme Gérard Leclerc sur LCI) juger « normale » la politique hypocrite de Biden à propos de l'affaire des sous-marins australiens parce que la France n'était qu'un « nain » (sic) pour nos alliés de plus de deux siècles ?

Mais alors, que sont les 180 autres pays du monde qui n'ont pas de siège au Conseil de Sécurité de l'ONU, pas la seconde surface maritime du monde, pas de territoires aux quatre coins de la planète ? Rabaisser, rabaisser, toujours rabaisser... ce qui veut dire que l'Égypte, la Turquie, le Congo, l'Argentine, le Brésil sont, eux, des sous-nains (ou, pour céder à l'anglais des « under dogs », des sous-chiens ? Vive alors l'égale dignité entre les peuples ! A genoux devant le maître colonisateur.

Par contre, on ne sera pas sans remarquer que Monsieur Z, lui aussi combat très peu pour le respect de la langue française alors que les « non germano-pratins » sont encore une écrasante majorité dans ce pays et qu'ils lui feraient un triomphe en raison de leur lassitude de se voir imposer par les « fils de pub » une sous-culture essentiellement fondée sur leur lien à l'argent (modèle anglo-saxon oblige). Idem pour la pseudo- « patriote » Le Pen et autres candidats à gouverner la France. Mais ceci s'explique très bien si on y réfléchit un tant soit peu.

Si ces dames et messieurs montaient quotidiennement au créneau pour défendre notre langue (comme la langue espagnole ou russe d'ailleurs), au nom d'un droit de l'Homme fondamental, la manne financière publicitaire cesserait de tomber, de ruisseler ; le robinet serait coupé immédiatement. Or chacun sait que l'argent est le nerf de la guerre. Donc on continuera, dans une démocratie, droite comme de gauche ; extrême droite comme extrême gauche, à s'agenouiller devant le « Veau d'or » qui devrait, si on est réaliste, remplacer la statue de la Liberté.

De ce point de vue également, notre Jeanne d'Arc médiatique est totalement défaillante. Mais qui osera le lui dire en face ?

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 20 septembre 2021

Fable : « L'âne, l'éléphant et les sous-marins »

Le bon Jean de la Fontaine nous pardonnera une mauvaise suite à ses célèbres fables. Mais ne s'était-il pas inspiré lui-même du sage Esope ? C'est ainsi que l'on doit écrire la fable de l'âne, de l'éléphant et des sous-marins, laquelle comme à l'époque du fabuliste plonge dans la réalité.

Pour cela, note en bas de page, il faut se souvenir que dans la démocratie américaine, de longue date, l'âne représente le parti démocrate et l'éléphant, le parti républicain ; l'un plutôt de gauche ; l'autre plutôt de droite.

Lors donc, les Etats-Unis sortent de l'ère républicaine, incarnée par l'inénarrable Donald Trump, véritable éléphant dans un magasin de porcelaine dont chacun a pu estimer la casse. Puis est arrivé Joe Biden, l'âne démocrate. Et le monde entier de respirer, de s'extasier... jusqu'à ce qu'il se révèle incapable de sortir dans l'ordre ses troupes d'Afghanistan, abandonnant à leur triste sort « islamique » toutes celles et ceux qui, pendant vingt ans, avaient fait le pari de la démocratie. Nul ne l'ignore désormais.

Mais le grand « sleeping Joe », de manière inattendue a poursuivi son rêve, hérité de Trump: encercler la Chine devenue après la Russie, l'ennemi numéro un. Et pour cela, a donné en bon démocrate, « le coup de pied de l'âne ».

La première victime en est le premier allié historique des futurs Etats-Unis : la France. Celle de Rochambeau et La Fayette. Le premier bénéficiaire : le Royaume Uni qui a combattu cette indépendance jusqu'à oser reprendre et brûler, après le traité de paix signé, en 1814, Washington la capitale des treize États émancipés. On voit ce que vaut la parole donnée, écrite et signée pour les WASP (White Anglo-Saxon Protestant). Même si, selon le mot de Jean-Yves le Drian, ministre des affaires étrangères, « la Grande Bretagne n'est que la cinquième roue du carrosse » voire, désormais le 53e État des États-Unis, donc la colonie de l'ex colonisé. Toute honte bus.

L'objet du reniement, le complot entre Washington Canberra et Londres n'est que la vente actée entre la France et l'Australie de douze sous-marins à propulsion classique. Car, changement de pied, la Chine serait soudainement devenue dans la sphère indo-pacifique une menace qui nécessiterait maintenant des sous-marins à propulsion nucléaire, malgré les traités de non-prolifération que l'on oppose, fort justement, à l'Iran des mollahs. Qu'à cela ne tienne : la France sait faire aussi et aurait pu fournir à l'Australie ce fleuron de technologie si besoin était. Nul besoin de palabres secrètes. Entre alliés de plus de deux siècles, on se dit tout. On peut même oublier les liens officiels des États-Unis avec le gouvernement de facto de Vichy ; la volonté de Roosevelt de nommer les préfets à la Libération et sa haine du chef de la France libre (entrevue d'Anfa pour imposer le général Giraud). Oublions la belle Amérique de Tocqueville. Mais soyons lucides, sans rejoindre la logorrhée de Zemmour, auquel Biden donne des points.

Une nouvelle ère s'ouvre, de par le coup de pied de l'âne démocrate états-uniens.

Certes, la France des droits de l'Homme, qui devrait être le chantre de la laïcité dans le monde actuel, contre l'expansion islamiste, humiliée par ses pseudo-alliés, doit relever le gant, mais elle doit, surtout, initier les fondements d'une nouvelle diplomatie, avec ou sans l'Europe. Car en Europe, à cause de la Russie, héritière de l'agressive URSS, il y a des maillons faibles, comme l'Allemagne dont la mémoire des crimes passés demeurent, la Pologne aux plaies historiques toujours vives depuis plusieurs siècles...

Dorénavant, les rapports, sans naïveté doivent être fondés sur la culture, le pluralisme culturel dans tous les sens du terme ; les droits de l'Homme étendus, dans l'acception écologique, environnementale des choses. La France, donc, doit tenter, seule ou avec ceux des Européens qui sont conscients, de combattre l'hégémonie anglo-saxonne sur le monde. Il s'agit de biodiversité intellectuelle. La Russie, la Chine, l'Inde doivent être désormais nos partenaires pour cela, ce qui ne nous empêche, au contraire, nullement de dénoncer chez eux leur non-respect des droits de l'Homme classiques.

De Gaulle a su dialoguer avec Staline, avec Mao Tsé Toung. Pourquoi pas notre futur chef de l'État. A peine, sinon, comme on le constate dans la France actuelle, colonisée dans les médias, la publicité, etc ... d'être bientôt totalement sous la coupe d'un arrogant pays qui est parti, la queue de l'âne entre les pattes du Vietnam et de l'Afghanistan.

Pas de complexe, de grâce. La Chine confucéenne d'abord a près de trois mille ans d'existence et d'expérience ; une culture qui lui permet de rivaliser dans tous les domaines; l'Inde elle-même ne s'en laisse pas conter; la Russie, quoique plus jeune, a toujours su résister, quel que soit son régime. Alors pourquoi pas la France millénaire qui, au pire de son Histoire a su dire « non », avec de Gaulle et Jean Moulin.

Ce n'est pas à un pays « dit de liberté », qui a écrasé la démocratie en Amérique latine, éliminé la langue française de Louisiane, l'espagnol de la moitié de son territoire et des Philippines où toute la population est armée jusqu'aux dents, où l'on massacre dans les écoles et les universités ; où la sécurité sociale est quasi inexistante ; où l'on est expulsé de son logement au moindre impayé de dicter sa loi au monde, après deux siècles et demi d'existence (dont une guerre civile pour cause de racisme). Certes la Chine, l'Inde, la Russie ne sont pas notre tasse de thé, loin s'en faut, mais il est urgent toutefois de remettre les pendules à l'heure avec fierté, fermeté, dans la durée. Frédéric Pierucci, ce cadre français pris en otage outre Atlantique pour que la France cède un des fleurons de son industrie aura du mal à dire le contraire.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 13 septembre 2021

Agnès Buzyn : responsable mais pas coupable

La mise en examen d'Agnès Buzyn, ancien ministre des solidarités et de la santé par la Cour de Justice de la République (CJR) pour « mise en danger de la vie d'autrui », le 10 septembre, est une pure aberration au plan démocratique, quelles que soient ses erreurs voire ses fautes. Non que sa responsabilité ne puisse être mise en cause dans un Etat de droit. Mais certainement pas devant une instance judiciaire, sauf acte de droit commun volontaire pénalement répréhensible.

Montesquieu, penseur incontesté de la séparation des pouvoirs doit se retourner dans sa tombe car, ainsi, l'Exécutif est soumis au Judiciaire, non élu par le peuple. La responsabilité politique, démocratique incarnée par le Parlement est battue en brèche. Dès lors quel responsable, national ou local, osera prendre le risque de choix qui puissent être mis en cause (en dehors de l'assemblée parlementaire ou locale chargée de le contrôler, sinon de la sanctionner)?

On se souvient de la formule lapidaire de l'ancienne ministre du gouvernement de Pierre Mauroy, Georgina Dufoix : « Je suis responsable mais pas coupable ».

Si un responsable politique, quel que soit son niveau, doit pouvoir être mis en examen pour faute pénale - toujours envisageable - c'est à l'instance élue dont il émane de saisir la Justice compétente et non à la Justice de s'autosaisir de son cas, fut-ce, ce qui est celui d'Agnès Buzyn, après avoir été « victime » de 15000 plaintes « téléguidées » de citoyens devant la Cour de Justice de la République - cette anomalie qui peut défaire n'importe quelle réputation en quelques heures, quitte, des années après, à blanchir le ou la mise en cause.

Laurent Fabius en son temps a dû se battre durement, pied à pied, longuement après avoir été attaqué dans l'affaire du sang contaminé pour enfin être totalement innocenté. Et combien d'autres ...

Une révision des responsabilités s'impose donc en urgence. A défaut, les vocations politiques, de plus en plus rares, comme la participation aux élections, vont encore se raréfier à l'avenir. Car qui osera courir le risque de perdre sa réputation pour des honneurs souvent fictifs ? Et qui y perdra au final, sinon la bonne gestion du pays à tous les niveaux, voire au niveau international ? Un chef d'entreprise doit prendre des risques ; un élu non ?

D'aucuns, par facilité, réclament à cor et à cri un changement de République (Montebourg, Mélenchon ...) alors que la Ve est sans doute la meilleure que la France ait connu. En revanche, on ne les entend guère protester contre le « gouvernement des juges », qui risque de paralyser le pays à tous les niveaux. On dénonce une « monarchie » républicaine mais on se garde, par peur, de fustiger le pouvoir judiciaire absolu.

Le domicile d'Olivier Véran, actuel ministre de la santé a été perquisitionné de fond en comble. Même les ordinateurs de ses enfants ont été « fouillés » aux fins d'instruction avant, nous annonce t'on par avance, sa mise en examen programmée ... Toujours pour une gestion de la crise sanitaire dont nul, en ses débuts, ne pouvait connaître les solutions à envisager pour l'endiguer.

Certes la France, à l'origine, en 2020 a manqué de masques. Mais qui avait ordonné la destruction des stocks lorsqu'est arrivée la Covid 19 ? Va-t-on alors poursuivre ceux qui ont ordonné cette légèreté « blâmable » ? Donald Trump, lui qui a conseillé de se soigner en buvant de l'eau de Javel a-t-il été inquiété pour avoir proféré de telles débilités ?

Nos institutions, qu'on le veuille ou non, ont correctement fonctionné, sans être parfaites pour autant. Les ministres concernés ont déjà été longuement entendus par les commissions de l'Assemblée nationale et du Sénat. Il ne tenait dès lors qu'à elles, si besoin était, de saisir la Cour de Justice de la République aux fins de poursuites éventuelles. A nul autre ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 6 septembre 2021

Guinée-Conakry : plus dure sera la chute

Le Président Alpha Condé était l'ami de bien des militants français des droits de l'Homme : Bernard Kouchner, le professeur Edmond Jouve, Jean-Pierre Chevènement, Pierre André Wiltzer ... il était même un fidèle cotisant de NDH, pour lequel nous avons lutté durant des années afin qu'il puisse être démocratiquement élu à la tête de son pays, la Guinée-Conakry. Une amitié fidèle, non négociable tant « Alpha » était responsable, cultivé, démocrate ...

Ce militant, issu de l'université française était notre alter ego africain depuis plusieurs décennies lorsque, après la dictature sanguinaire de Sékou Touré, père de l'indépendance, sous la férule de Lansana Conté, il décida avec courage de rentrer au pays où, bien entendu, le despote l'incarcera, ce qui provoqua notre protestation unanime. On ne touche pas à une icône. A fortiori à une icône démocratique.

Jacques Chirac, alors Président de la République devant se rendre en visite officielle à Conakry où notre ami et camarade était emprisonné, NDH lui demanda d'intervenir officiellement pour la libération d'Alpha Condé, ce qu'il fit sans barguigner. Du grand Chirac qui ne mégotait pas- sauf avec son paquet de Gitanes.

Le tyran de Conakry l'insulta, pour toute réponse, lui faisant remarquer que lui, pour sa part, ne se mêlait pas des droits de l'Homme en France...

Notre cheminement avec le grand Alpha Condé se poursuivit jusqu'à des élections libres qui lui permirent d'accéder au pouvoir. Et avec quel mérite après plus de trois décennies de combat pacifique contre un régime sanguinaire.

Mais, immédiatement, le nouveau président coupa les ponts avec ses amis, sauf quelques uns, par pur intérêt. Il rompit, par principe, nombre de contrats en cours avec des entreprises étrangères mais n'engagea pas toutefois son pays, riche en minerais, sur la voie du développement. Son pouvoir devint personnel, voire répressif (sans toutefois reprendre à son compte la tradition ubuesque de ses prédécesseurs). « Alpha n'était plus notre ami », de par sa volonté de rupture unilatérale « Tristes tropiques » eut écrit Claude Lévi-Strauss.

Nous n'étions pas encore cependant au bout de notre effarement car, au lieu de se retirer du pouvoir au terme de deux mandats, comme le stipulait la Constitution de la Guinée, il fit modifier la loi suprême afin, comme d'autres potentats africains, de briguer un troisième mandat.

Notre ami et Président d'honneur, Léopold Sédar Senghor, Président du Sénégal, lui, avait au contraire fait le sage choix de se retirer de la vie politique.

Aujourd'hui, Alpha Condé a été déchu de sa fonction présidentielle par une bande de putschistes qui prétendent se soucier de son sort. Dont acte.

Peut-être repartira-t-il en exil vers la France qu'il connaît mieux que quiconque. Mais, cette fois, qu'il ne compte plus sur notre amitié fraternelle qu'il a lui-même reniée. D'autant que, s'il ne fut pas un tyran à son tour, il est loin d'avoir été le démocrate qui aurait été un modèle pour une Afrique en quête d'avenir.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 30 août 2021

Fils de pub,environnement et pollution

Les écolos sont sensés dénoncer les atteintes à l'environnement et à la qualité de la vie d'une manière générale. Puisqu'ils veulent accéder au pouvoir bien que n'ayant aucun programme mais surtout beaucoup d'ambitions personnelles pour cela, peut-être pourrait-on les y aider en profitant de la disparition du Parti socialiste et de la régression de Jean-Luc Mélenchon, adepte inconditionnel du « contre tout ». Car leurs nouveaux élus municipaux tant à Bordeaux (supprimer les sapins de Noël) qu'à Grenoble (interdire le Tour de France) ou Strasbourg (financer une mosquée gigantesque) ne brillent guère par leur ingéniosité. C'est le moins qu'on puisse dire... Ce n'est pas d'eux que viendra la révolution qui nous protègera des dérives sociétales récentes. En effet, ce sont des maires très traditionnels qui ont, depuis quelques années, commencé à interdire le déploiement d'immenses panneaux publicitaires à l'entrée des villes jusqu'à les défigurer totalement.

Autre atteinte à la qualité de la vie qui pollue l'existence de nombre de nos concitoyens, les appels publicitaires téléphoniques incessants qui, malgré les quelques mesures prisent par les derniers gouvernements continuent de plus bel sans qu'on puisse à notre tour « harceler les harceleurs » en les rappelant, à notre tour, jour et nuit ou en déposant plainte contre eux, puisque leur anonymat est garanti. Entendez-vous le « futur président de la République » Yannick Jadot partir en guerre pour notre droit à la paix ? Que nenni ... Nous restons seuls, démunis, et les écolos patentés se taisent, eux pourtant si bavards sur d'autres sujets moins prégnants.

La pollution moderne, hélas, ne s'arrête pas là et peut-être faut-il y voir un conflit d'intérêt entre politiques, d'une manière générale, et puissances d'argent. C'est ainsi que personne, de droite comme de gauche n'essaie, par la loi, de faire mettre au pas le matraquage publicitaire indécent qui sévit dans les radios et télévisions. Sans interdire la publicité (cette vieille recette connue autrefois comme de la « réclame », dont Publicis est l'héritier) peut-être pourrait-on au moins la réguler et, par exemple, éviter que l'on entende en même temps cinquante fois par jour, sur tous les médias, les mensonges « scientifiques » de « Comme j'aime » sensés vous faire maigrir en un temps record ou, à nouveau, prohiber les coupures publicitaires de TF1 ou M6 au milieu d'un film, inacceptable, et que ne pratiquent pas les médias sérieux, responsables, ce qui est une inégalité totale.

Une grande loi de rationalisation s'impose donc. Mais pour une autre raison. Culturelle cette fois. Car désormais la plupart des publicités françaises ou étrangères, en France se font « en anglais ». C'est tellement plus « efficace » et preuve de « jeunesse », de « modernité ». La SNCF, Air France, Peugeot, Renault y sont « accros ». Et nos fils de pub les y poussent puisqu'ils prétendent incarner la communication du futur, « à l'américaine ». La langue française ? Du passé ! « faisons table rase ». Foin du respect de la biodiversité culturelle. Nous sommes tous des colonisés. D'ailleurs, pourquoi les politiciens y mettraient-ils leur nez puisqu'ils croient généralement, depuis plus de vingt ans, avoir besoin des « pubeux » pour dynamiser leurs campagnes électorales. Chacun croit se faire élire comme on vend des savonnettes. Pas question donc de se fâcher avec ceux qu'ils croient être leur planche de salut.

Même Marine Le Pen, soi-disant porte-drapeau de la France, se garde de défendre notre idiome national. Dès lors, intérêts croisés bien compris, faisons cause commune sur le dos d'électeurs qui pourtant se détournent des urnes, conscients d'être pris pour des naïfs incapables de comprendre le dessous des cartes. Des idées ? Non, le fric d'abord.

La défense de l'environnement culturel n'est pas l'affaire des écolos ; encore moins de partis de gauche qui se voulaient autrefois contre l'argent-roi. Quant aux gaullistes (ou ce qui en reste) il y a belle lurette qu'ils ont oublié les leçons de dignité du Général ou d'André Malraux. Ceux qui donnent le « la » maintenant, à tout un pays, ne sont plus les élus, qui se taisent, toute honte bue, mais ceux que tous croient être les « faiseurs de roi », avec l'argent comme nerf de la guerre. Bref, la corruption n'est pas loin : pollution et corruption seraient-elles alors les deux mamelles de la France de demain ?

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 23 août 2021

« Courage, fuyons »

La liberté se traduit par un bulletin de vote. A condition, bien sûr, que les conditions de pluralisme, de secret et de sincérité du dépouillement soient remplies, ce qui est encore rare depuis deux siècles que la démocratie a émergé en Occident.

L'autre forme de la liberté est dans la fuite à défaut de résister à l'oppression. On vote alors avec ses pieds, pour des raisons diverses, mais rarement glorieuses sauf s'il s'agit d'organiser la résistance (comme ceux qui ont répondu à l'Appel du 18 juin 1940) le reste de la population restant face aux tortionnaires nazis.

Ainsi, de par le monde, le nombre de pays « libres » est-il restreint, ne se comptant qu'en quelques dizaines contre près de deux cents Etats membres des Nations Unies. Et encore ne faut-il pas trop chipoter sur le degré de libertés, de droits de certains d'entre eux, comme la Tunisie, le Nicaragua, l'Indonésie, les Philippines ...

Pour aller à l'essentiel, le critère de base pour définir une authentique démocratie libre, d'instinct, sans analyses savantes, philosophiques ou juridiques, c'est le flux migratoire observé. En effet, ce mouvement est le véritable thermomètre de la réalité. Que ce soit «  libertés formelles ou libertés réelles », selon l'analyse marxiste. Car si on peut encore se passer d'écrire un article de presse, on ne peut se passer de pain quotidien. La liberté est avant tout concrète.

Si l'on observe le monde du dernier siècle, les choses sont donc claires. Les humains fuient tout totalitarisme d'une manière générale, que celui-ci soit politique, comme le communisme, ou religieux, comme l'islamisme, la forme religieuse du fascisme. Ne pouvant pas obtenir d'élections libres et transparentes, avec la laïcité comme clef de voûte, on se rue alors vers les pays où les peuples, à force de sacrifices, se sont épanouis dans des régimes aux formes variées mais choisies (monarchie parlementaire, république, présidentielle ou non). Rappelons-nous du merveilleux film « Goodbye Lénine » qui est une fable moderne exemplaire. Jamais on a émigré vers l'URSS et ses satellites ; jamais on a émigré d'un quelconque pays vers un Etat où l'islam dicte sa loi archaïque, tout comme vers la dictature d'un quelconque caudillo ou raïs (Franco, Pinochet, Saddam Hussein ...). Là est véritablement la ligne de crête, la ligne de partage des eaux entre pays libres et non libres ; pays supportables ou insupportables : le ressenti des peuples.

Mais il ne faudrait pas - il ne faut pas - prendre les Etats refuges pour des éponges, prêts à tout accepter. Celles et ceux qui ont fui les dictatures communistes n'ont pas tenté, eux, d'implanter dans leur pays d'accueil, l'idéologie qui les répugnaient (hormis peut-être Trotsky lequel a suscité ailleurs des groupuscules qui végètent encore comme en France). Par contre, dans le monde contemporain, on ne cesse de constater que celles et ceux qui, délibérément, sont partis d'une dictature islamique vers des démocraties laïques tentent, étrangement, par tous les moyens d'y propager l'idéologie qui les a poussés à s'exiler - souvent d'ailleurs avec la complicité des gauchistes locaux dont les « islamo-gauchistes » qui font flèche de tout bois contre un soi-disant capitalisme exploiteur. Quand peu auparavant les femmes étaient contraintes, subrogées dans leur pays, dans l'Occident « libéral », ensuite on y diffuse malgré tout, une forme d'apartheid. De gré ou de force, elles ne peuvent épouser n'importe qui ; elles paradent dans les magasins affublées de leur tchador, se baignent en burkini ; pratiquent clandestinement la polygamie ; ne serrent pas la main d'un homme. Explication : c'est la liberté ! Il fallait y penser ! La liberté retournée contre elle--même. Sous-entendu : les démocrates n'ont pas le monopole de la liberté. « La nôtre vaut la vôtre ». « Nous sommes égaux » quand ça nous arrange ...

Le drame, voire la future tragédie de l'Afghanistan en est, ou en sera probablement la preuve. Menacée par les Talibans, une population qui, pendant vingt ans a eu la liberté de porter la burqua, de pratiquer le ramadan etc. aurait très bien pu s'exiler vers les pays musulmans limitrophes - dont le Pakistan, où vit une minorité afghane ; vers l'Iran des mollahs qui pratique la charia depuis quarante ans. Avec ses seuls pieds comme moyen ... Or ils n'ont cependant choisi que l'aéroport de Kaboul, cet entonnoir où ils s'entassent comme des animaux angoissés par la peur, à l'entrée d'un abattoir. Comprenne qui pourra ! Même le fils du célèbre commandant Massoud, auquel NDH avait remis (des mains de Bertrand Delanoë) en 2002 - le Prix littéraire des droits de l'Homme à son ami Christophe de Ponfilly pour leur résistance acharnée contre l'occupant soviétique, ne pourra apparemment faire quoi que ce soit dans sa région du Panchir.

Que de leçons à tirer d'une époque en pleine mutation, qui modifie la donne. Internet, qui attente souvent à la liberté, la sauvera t'elle par une information courageuse ? Nul ne peut encore le prédire. Mais, d'ores et déjà, au niveau international, il est urgent de faire entrer dans le concert des nations (unies) les grands Etats, comme la Russie et la Chine qui, bien que « non démocratiques », sinon anti-islamiques, trouvent cependant encore des arrangements avec les pourfendeurs de la laïcité, pierre angulaire de nos libertés.

Il y a eu autrefois une sainte alliance réactionnaire. Pourquoi pas une sainte alliance laïque, même aux formes variées, aujourd'hui ? La France de demain s'honorerait à en prendre l'initiative compte tenu de son passé, et de sa remarquable loi de 1905 en particulier.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 16 août 2021

Afghanistan : c'est fait et fort fait

NDH avait lancé un appel à la responsabilité des Nations Unies, en particulier des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité contre la prise de pouvoir par les talibans. Pascal Brukner, philosophe et Bernard Kouchner l'ont signé ... mais il était trop tard déjà. Les islamistes, tout en faisant « patte de velours », étaient aux portes de Kaboul, cueillant un fruit mûr sans même recourir à leur violence traditionnelle.

Le peuple afghan, les femmes et les enfants en particulier sont donc à leur merci pour un endoctrinement bien connu, que ne propage aucune autre religion : christianisme, bouddhisme, shintoïsme ... quand le judaïsme, lui, se veut confiné au sein d'un peuple qui n'assène ses vérités à personne. Malek Chebel, regretté intellectuel musulman le reconnaissait volontiers : « Aucun pays au monde où l'islam est majoritaire n'est démocratique ». Un propos qui honore son honnêteté.

Ne reste qu'à en tirer un bilan : celui de l'échec des occupations étrangères successives (britannique, russe, américaine). Et surtout celui des Nations Unies, incapables collectivement, au nom de la communauté internationale « civilisée » de prendre le relais des Américains qui ont échoué, comme ils ont échoué au Vietnam. Celà en dit long sur ce que sera le monde futur si, même tardivement, les cinq Etats permanents du Conseil de Sécurité n'arrivent pas à s'entendre sur une politique commune vis-à-vis de l'islamisme qui n'est qu'un fascisme. On s'en étonnera d'autant plus, rappelons-le, qu'aucun d'entre eux n'est gangrené par ce totalitarisme religieux d'un autre âge - même si certains ont eu à le combattre à l'intérieur de leurs frontières (et même si ce totalitarisme n'en exclut pas d'autres !) ...

Les troupes régulières afghanes, formées, entrainées, surarmées pendant 20 ans par les Américains se sont débandées. Le président du pays Ashraf Ghani a fui, abandonnant lâchement son peuple. Lancera-t-il un appel du 18 juin, façon de Gaulle ? On peut toujours rêver. La résistance ne se fera, si elle surgit, que par les jeunes formés pendant deux décennies aux us et coutumes occidentaux (presse, internet, voyages ...). Une résistance passive, souterraine. Car si elle est trop voyante, comme dans l'Iran des mollahs, elle sera atrocement réprimée, ôtant alors toute velléité de rébellion.

Mais déplorer, condamner ne suffit évidemment pas. Car le fascislamisme est une pieuvre aux centaines de tentacules. On le voit bien dans nombre de pays démocratiques où il avance masqué (ou plutôt voilé) pour diffuser son idéologie contraire aux droits de l'Homme: femmes interdites dans les cafés, port de la burqua, piscines réservées etc. sans que les tenants de la laïcité ne réagissent, laissant ce combat du quotidien à l'extrême droite. Reculer, toujours reculer comme en Afghanistan - ou en Iran que Régis Debray, dans un article au Monde du 24 janvier 2014 célébrait comme un régime tout à fait « acceptable » (au même titre que Cuba autrefois), fustigeant même la Resistance à l'oppression des affidés de Khomeiny.

Ouvrons donc les yeux et imposons à la Russie comme à la Chine d'être enfin claires sur ce sujet qui les concernent également mutatis mutandis. Ce n'est pas de la naïveté, c'est du réalisme. Sur le fascislamisme, il doit y avoir une unanimité universelle, comme au siècle passé sur le nazisme. Il est donc du devoir de la France de provoquer un débat convergent pour que les Nations Unies ne soient plus un ventre mou. Sinon la prochaine étape sera inéluctablement la chute du Sahel : fermeture des écoles, enfermement des femmes, conversions imposées, polygamie, exécution sommaires, émigrations de masse etc.

Avant que cela ne se produise et que la France ne rapatrie (légitimement) ses troupes, comme l'ont fait les Américains en Afghanistan, peut-être, au moins le Conseil de Sécurité de l'ONU, devrait-il, lui, assumer ses responsabilités, issues de sa légitimité, bien plus forte que celle des Français ou des Américains. L'unilatéralisme a vécu. Le monde doit, expérience faite, s'y préparer ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 10 août 2021

« Vive l'anarchie ? »

La France, mais pas uniquement ce pays, « tombe en quenouille » comme on disait autrefois. L'autorité, les autorités, l'ordre et la loi ne sont que de vains mots, toujours de plus en plus creux, vidés de leur sens. Bref, l'anarchie, au sens original du terme (« privé de gouvernement ») poind à l'horizon des dix années à venir, à grands pas s'il n'y a pas de sursaut.

Le plus bel exemple est le « traitement » de la Covid 19, cette pandémie partie de Chine voici deux ans.

Par un tour de force extraordinaire, un vaccin a été trouvé en moins d'un an, à charge pour les industries pharmaceutiques de le produire rapidement et en quantité suffisante pour des centaines de millions d'êtres humains. Ce qui fut fait.

La première vague passée est arrivée la seconde puis la troisième vague qui ont nécessité des mesures drastiques (masques, confinement, tests...) mais surtout un vaccin puisqu'il a été démontré qu'ensuite, quasiment aucune personne vaccinée ne se retrouvait en réanimation ; ou bien, inversement, que plus de 90% des personnes hospitalisées n'étaient pas vaccinées. Les données du problème, après des mois de tâtonnement légitime de la part du corps médical dans le monde étaient claires.

Les pouvoirs publics, en France (et ailleurs en Europe) en ont tous tiré les conséquences : faites-vous vacciner. Le risque est nul.

Gouvernement, opposition, Assemblée, Sénat, syndicats, quasiment 100% des médecins ont tenu le même langage. L'Exécutif a rédigé une loi ad hoc qui a été votée après consultation du Conseil d'Etat puis du Conseil Constitutionnel. Une quasi unanimité de tout l'ordre républicain.

C'est alors que quelques gnomes politiciens, presque tous issus de la droite extrême, représentant une infime infâme minorité (Dupont-Aignan, Florian Philippot ...) se sont mis en tête, contre la sauvegarde de la santé du peuple français, de crier « liberté ». En particulier, liberté de contaminer les autres, contre les règles les plus élémentaires de santé publique.

On les a vu arborer l'étoîle jaune, crier à la dictature, manifester, pour la première fois sans doute dans l'Histoire, devant le Conseil constitutionnel après qu'il ait validé une loi au fondement incontestable « techniquement » autant que juridiquement. Bref, le rejet de toute gouvernance démocratique. Quelques centaines de milliers de « beaufs » eut caricaturé Cabu dénonçant un vaccin puis un « pass sanitaire » quand le vaccin, cependant, n'a pas été rendu obligatoire, que les écoles n'ont pas été fermées, que moult entreprises ont été sauvées en dépit des règles budgétaires libérales. Eux, ignorant tout des règles de la médecine, en savaient bien plus que des médecins et professeurs après dix ou quinze années d'études, voire des décennies d'expérience sur le terrain.

Nous sommes donc en plein délire, sans civisme, le mot « Liberté » usurpé, galvaudé ; foulé au pied en dépit de la raison et du bon sens. L'anarchie, autrefois « de gauche » extrême à la fin du XIXe siècle est dorénavant « de droite » extrême. Pour quelques menteurs, avec la quatrième vague de la Covid-19, les lits de réanimations risquent à nouveau de ne plus suffire d'ici peu... et, par conséquent, de nombreux morts supplémentaires, comme les départements d'outre-mer en ont pris la responsabilité lourde en refusant à une forte majorité la vaccination, contraignant à des transferts onéreux vers la métropole. Dès lors, c'est tout un peuple, celui qui finance la Sécurité Sociale qui va devoir, en outre, payer le surcoût de la crise sanitaire, déjà lourd, à cause de quelques démagogues. Ils contestent le droit démocratique et républicain en s'en prenant au Conseil constitutionnel, aux pharmacies, aux centres de vaccination, voire en menaçant de mort plusieurs parlementaire? Ils se jugent alors eux-mêmes ce faisant. D'autant que ces fieffés réactionnaires devraient savoir qu'au-delà même du droit positif il y a toujours, en outre, le droit coutumier, non écrit, issu de la tradition, de la sagesse populaire. Et que ce droit là, par contre ils ne peuvent s'en prendre à lui puisqu'il est par définition sans visage, sans représentants élus. La dictature des minorités, très à la mode depuis trente ans dans n'importe quel domaine (races, religions, langues...) ne peut, ne doit pas durer plus longtemps. Renversons la vapeur ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 2 août 2021

Afghanistan : un peuple abandonné par le monde ?

Le compte à rebours est enclenché. Les Américains dans quelques semaines ; au plus quelques mois auront quitté l'Afghanistan qu'ils avaient investi pendant plus de 20ans. Un choix du président Donald Trump confirmé par son successeur Joe Biden. Et qui ne les comprendrait au risque pour les Etats-Unis d'enregistrer un troisième échec après la désastreuse guerre du Vietnam et le fiasco en Irak dont le Proche Orient paye la dette aujourd'hui. Mais ils ne sont pas les premiers à être tenus en échec en Afghanistan. Avant eux, les Britanniques puis les Russes avaient pris la mesure de l'impossibilité d'installer, dans ce pays au peuple à la nuque raide, un régime importé. Tous auraient dû lire Clausewitz avant de s'aventurer au cœur d'une civilisation fondée sur des valeurs totalement étrangères aux normes occidentales. Même le vénéré commandant Massoud, bien qu'issu de ce peuple, n'a pas réussi à s'imposer alors que lui en possédait les clefs.

Une leçon pour le monde ? Sans aucun doute. Mais cette leçon ne saurait s'arrêter là. Surtout pour les membres des Nations Unies qui sont tenus par la Charte, sans même compter la Déclaration universelle des droits de l'Homme laquelle a édicté des droits intangibles depuis son adoption à Paris, en 1948. Il n'est que de la relire...

Quand les Etats-Unis, qui ont pris leurs responsabilités en s'y ingérant puis en se retirant, auront terminé la mission qu'ils se sont fixée, quelle sera la situation au cours des dix ou vingt ans qui vont suivre ?

Nul ne l'ignore : les Talibans finiront d'occuper le pays, balayant le gouvernement légitime avant d'imposer la loi islamique à tous. Et surtout à toutes les femmes, depuis leur plus jeune âge. Qu'en pensent nos féministes, leurs sœurs des pays développés ?

Après des massacres, des règlements de compte viendra l'heure de la charia. Aucune femme ne pourra sortir de chez elle si elle n'est pas voilée ; les filles seront exclues de l'instruction, mariée à l'adolescence dans le cadre d'une polygamie acceptée par le Coran. Elles redeviendront les inégales de l'homme, au risque d'être lapidées pour les plus rebelles. Chronique d'une déchéance annoncée... Fini l'espoir, même ténu d'un semblant de démocratie.

Annoncée, certes. Mais « acceptée », en outre en silence, par tous les Etats membres de la communauté internationale qu'incarne l'ONU ? Là est bien la question. Une question qu'il est urgent de poser. Car cette catastrophe humaine est prévisible. Nul n'en doute.

Ne pas agir ou réagir trop tard est une sorte de complicité passive. Une quasi préméditation pour laquelle il vaut mieux encore par avance, stigmatiser les nations humanistes qui ne manqueront pas ensuite alors, de verser des larmes de crocodiles sur le sort d'un peuple dont les femmes seront les premières et perpétuelles victimes. Qui ne le constate déjà en Iran depuis quarante ans ?

Les démocraties occidentales, qui ont par le passé fréquemment montré leurs faiblesses avant la dernière guerre mondiale, sont-elles prêtes à nouveau à subir cet opprobre ; à mettre un genou à terre devant les barbares pressés de donner l'assaut contre le gouvernement légitime du président Ashraf Ghani, replié sur Kaboul ? Sans aucun doute. C'est pourquoi un sursaut immédiat des membres de l'ONU, et surtout du Conseil de Sécurité (dont les cinq membres permanents sont le bras armé) s'impose. A l'initiative du Secrétaire général Antonio Guterres ou bien de celui d'entre eux qui sera le plus diligent, sinon le plus courageux.

La France pour sa part y est-elle prête ? On veut l'espérer, même si ce n'est plus une diplomatie gaullienne, au verbe haut et à l'action intransigeante. Elle pourrait bien sûr exciper de ce qu'elle est déjà engagée au Sahel contre les mêmes forces obscurantistes et qu'elle est lasse d'être vilipendée longtemps après pour ses actions « humanitaires » au Rwanda, puis, désormais, en Bosnie. Qui ne le comprendrait ? En revanche, le pays des droits de l'Homme de 1789, fidèle à sa mission peut mobiliser les autres membres au Conseil de Sécurité ; à commencer par ses membres permanents. Car ce n'est plus l'impuissante Société des Nations, qui n'a fait qu'enregistrer le démarrage du train de la mort vers la deuxième guerre mondiale sans réagir.

Les Etats responsables

Quels sont donc ces États en responsabilité ?

Tout d'abord la Grande Bretagne qui est longtemps intervenue en Afghanistan favorisant le développement de la culture du pavot, cette plaie qui ne va pas tarder de nouveau à se développer (si tant est qu'elle ait jamais cessé...).

La Russie, ex URSS, qui, elle, s'y est embourbée malgré sa dure et vaine répression contre le peuple.

Les Etats-Unis ensuite qui y ont traqué Ben Laden avant de le retrouver au Pakistan voisin. Vingt années d'action, un appareil militaire hors norme, des milliards de dollars engloutis n'y ont pas suffi. D'où leur choix, compréhensible, de se retirer du pays sur la pointe des pieds.

Reste la Chine enfin, puissance mondiale émergente que les Etats-Unis veulent dorénavant clouer au pilori et qui aurait tout intérêt, en raison de la conjoncture internationale qui lui est hostile, à coopérer pleinement afin de montrer à toutes les nations qu'elle est bien digne de son nouveau rôle dans le monde. L'Europe devrait d'ailleurs l'y aider sans condition, voire l'encourager à assumer ce statut qu'elle revendique ouvertement.

Mais pour quoi faire ?

On comprend que les trois pays qui se sont frottés au peuple afghan par le passé soient réticents. Leur ingérence était douteuse à cette époque car « unilatérale » et à vocation dominatrice.

Par contre, pour sauver le peuple afghan (et les femmes en priorité) il s'agirait, là, d'une action « multilatérale », sous mandat et drapeau unique des Nations Unies. Donc sans visée impérialiste cette fois.

Il y a pour cela deux préalables.

Le premier est un appel du gouvernement légitime actuel. Le second est un moratoire au retrait en cours des forces américaines pour laisser le temps aux Nations Unies d'organiser cette véritable assistance à un peuple en danger.

« Utopie » diront les pseudo réalistes. Pourtant qui ne constate que les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité ont tous, séparément, à un moment donné ou à un autre, lutté contre le même hégémonisme islamique qui menace toujours la paix ? Et que, dès lors, il est inutile de les informer plus longtemps sur ses risques. C'est leur lot commun. Or l'union fait la force.

Certes, le climat actuel des rapports internationaux ne porte guerre à l'optimisme en vue d'une coopération militaire pacifique, où que ce soit. Cependant, naturellement, comme le disait Churchill « C'est contre le vent que s'envolent les cerfs-volant » ...

Schématiquement, pour bien manifester une volonté unanime, dans le cadre de la Charte, les cinq membres permanents devraient envoyer chacun un contingent de 3000 hommes armés par leur soin sous le commandement unique d'un général issu d'un pays tiers. Sa mission serait alors d'assurer la sécurisation de l'Afghanistan en laissant toute latitude à son gouvernement légal de gérer librement son pays, en toute indépendance. Car il ne s'agit en aucun cas d'une mise sous tutelle.

Bien au delà encore ce pourrait être aussi l'amorce d'une nouvelle ère dans les rapports internationaux, où la confiance surpasserait la défiance, puisqu'il va bien falloir, tôt ou tard, pour le moyen et long terme affronter d'autres questions latentes comme les rapports commerciaux, industriels, l'environnement, l'espionnage dans un monde entièrement numérique. Par contre pour la dignité des Afghans il y a urgence dans le court terme. Moins « d'America first », moins de Chine bouc émissaire et la planète ne s'en portera que mieux avant une conquête commune de la Lune et de Mars, « la mano en la mano » eut dit un certain général, toujours irremplaçable pour les équilibres mondiaux. On attend par conséquent, avec impatience, un nouveau « discours de Phnom Penh », sur l'Afghanistan.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 26 juillet 2021

Il était interdit d'interdire

Les moins jeunes, pour ne pas dire les plus anciens s'en souviennent. En Mai 68, le slogan fétiche était « il est interdit d'interdire ». Expérience faite, qu'en est-il, en 2021, à l'orée d'un nouveau monde ?

Bien léger serait celui qui, après l'avoir scandé, il y a un demi-siècle, s'y accrocherait encore malgré l'idéal optimiste qu'il traduisait alors. En effet les sociétés (et la société française en particulier) ont basculé dans le tout est permis. Tout est droit sans aucun devoir. Il n'y a plus de règles, et beaucoup de règles nouvelles sont donc à établir, ce qui va prendre bien des années, surtout dans un contexte devenu international, sans frontières. Il en est ainsi, notamment, pour tout ce qui touche à internet, un mot, une technique inconnus à cette époque et qui permet maintenant tous les abus, y compris, anonymement, l'appel au crime. Même les archaïques islamistes, qui prônent une société féodale où la femme n'est qu'un être second, entre l'homme et l'animal s'y sont rué pour imposer la charia, le maintien de la peine de mort, le rejet de la démocratie...

On peut alors parler de régression collective, car jusqu'à la veille de l'an 2000, une morale commune prévalait, à valeur universelle, sans baigner pour autant dans une civilisation angélique. Mais les normes, que l'on pourrait qualifier, sommairement de  judéo-chrétiennes  donnaient le « la » et s'imposaient « naturellement » au monde. Même les marxistes les plus sectaires ne les remettaient pas en cause d'entrée de jeu. Le mot « vérité » avait un sens, fut-il souvent bousculé.

Tel n'est plus le cas désormais. Tout est relativisé : il n'y a plus à se gêner pour traiter le président de la République de dictateur ; la communauté médicale, en plus haut niveau, de charlatans ; les minorités qu'elles soient ethniques, religieuses ou autres, de détentrices des mêmes valeurs que la majorité. Deux et deux ne font plus quatre. D'où un besoin, une nécessité de remettre de l'ordre, une hiérarchie sans être réactionnaire pour autant. En clair, si les sociétés fonctionnaient avec des lois mais surtout sur des valeurs, une morale commune « naturellement », « quasi automatiquement », il n'en va plus de même dorénavant. Ainsi dans le domaine de la bioéthique, des petits notables médiatiques, affranchis de tout, pratiquent et prônent la GPA, c'est à dire la marchandisation du corps de la femme en même temps que toutes les femmes du monde sont en quête de plus d 'égalité et de dignité. On brûle des centres de vaccination, on agresse des élus, des médecins, des pompiers, des policiers, on saccage l'Arc de Triomphe, des magasins, on brûle des voitures tous les ans au nouvel an... Oui, mais, « il faut comprendre ». Désormais tout est possible puisque quand les bornes sont passées il n'y a plus de limite.

Cela s'appelle la permissivité. Le salut dans la fuite en avant - comme l'interdiction de la vente et de la consommation de drogues, condamnables, dans le même temps où Madame Hidalgo, maire de Paris, offre avec les derniers publics, des salles de « shoot » aux délinquants, (sans argent pour se loger mais en ayant suffisamment pour acheter leurs produits).

Dès lors que le fonctionnement d'une société, basé sur une éthique naturelle est perturbé, le « il est interdit d'interdire » devient caduque. Place, grâce à une démocratie revigorée, à un encadrement plus strict que le ministre Dupont-Moretti se doit de mettre en œuvre. Est-ce être « reac » ? Cela voudrait dire alors que les régimes issus du vieux marxisme-léniniste le sont depuis toujours. Pourtant, jamais ce type d'accusation ne leur a été adressé. La loi et l'ordre ont encore de beaux jours devant eux.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 19 juillet 2021

Crimes contre l'humanité annoncés

La communauté internationale, à travers l'ONU, frise le ridicule.

Certes, elle a organisé une grande enquête sur les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis par DAECH en Irak durant le « califat » : exécutions sommaires, tortures, esclavagisme (notamment contre les femmes yezidies, vendues, réduites à l'état d'objet sexuel) au nom de l'islam. Une enquête nécessaire avant une éventuelle comparution devant la Cour Internationale de La Haye. Mais quid des crimes de masse de Bachar El Assad ? Quid des crimes perpétrés en Iran depuis 1979 par le régime des mollahs, qui vient de promouvoir à sa tête Raïssi, un des plus grands assassins de son peuple ? N'évoquons même pas le génocide arménien qui n'a jamais connu ni en Turquie ni au niveau international de jugement, ne fut-il que moral. Il ne faut pas fâcher monsieur Erdogan, lequel continue depuis des décennies d'occuper en toute impunité un tiers de Chypre, État membre de l'ONU.

Pour le Rwanda, la justice passe, même avec parcimonie. Il n'y a pas de déni. Et la France y est totalement « blanchie », n'en déplaise à certains en vaine de publicité malsaine, avant, comme on l'a lu dans le journal Le Monde, de s'attaquer désormais au rôle des gouvernements Mitterrand en Bosnie durant la guerre dans l'ex-Yougoslavie. Il vaut mieux s'en prendre, fut-ce sans le moindre commencement de preuve à un pays démocratique qu'aux forces totalitaires Sic transit gloria mundi. Les accusations, même ignobles sont sans risque de retour de bâton, voire valorisantes pour leurs auteurs tout de blanc vêtu.

Pour nous, tout autre est en revanche les crimes contre l'humanité annoncés, comme c'est le cas en Afghanistan avec l'arrivée des talibans au pouvoir. Le totalitarisme islamique est prophétisé, programmé. Les Britanniques, les Russes, les Américains s'y sont cassés les dents ? Alors abandonnons ce peuple aux ogres religieux fanatiques, comme ce serait le cas au Sahel si la France n'assurait pas un minimum de dissuasion. Mais pour combien de temps ?

Comme le disait Geneviève Tabouis, cette chroniqueuse politique des années 50 que l'on aime citer : « Attendez vous à savoir... » que les élus du régime actuel vont être massacrés, que les talibans, frères des djihadistes vont imposer l'islam selon la tradition, que les femmes n'auront plus accès à l'enseignement, que la polygamie sera la règle et le voile obligatoire, comme en Iran.

Donc, au lieu d'instaurer des tribunaux pour crime contre l'humanité dans 20 ou 30ans afin de juger ces fanatiques, peut-être les membres du Conseil de Sécurité de l'ONU, unanimement hostiles à ces mœurs d'un autre temps pourraient-ils convenir, d'un commun accord au nom de la communauté internationale et sur proposition du gouvernement de l'Afghanistan de relayer les troupes américaines qui ont fait, Trump et Biden étant solidaires, le choix de partir. Chinois, Russes, Britanniques, Français voire Américains s'honoreraient à ne pas lâcher un peuple abandonné à un fanatisme religieux que tous condamnent. Un rêve, une utopie ? Que nenni si une diplomatie humaniste et active s'y engageait. Nous avons trois mois pour agir collectivement contre des crimes contre l'humanité programmés. Après toutes les larmes ne seront que celles de crocodiles.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 12 juillet 2021

La liberté bornée ...

La liberté, première pierre de notre triptyque républicain a toujours été et reste plus que jamais le mot passe-partout de ses amis, de ses ennemis et, souvent de fieffés hypocrites qui le mettent en avant pour nuire aux autres. Elle rejoint la problématique traditionnelle entre les droits et les devoirs de l'Homme.

Ainsi, de nos jours, à l'heure où un fléau affublé du nom de Covid 19, comme autrefois la peste, le choléra ou la grippe, perturbe en profondeur la vie humaine, économique, sociale et culturelle de la planète Terre, grâce au bond en avant de la science médicale, on pouvait espérer qu'un vaccin serait mis au point rapidement pour éviter des ravages, notamment chez les plus pauvres, moins protégés. Surtout au pays de Pasteur où les convictions de nos concitoyens ont vite abouti à cette fin à la création de la Sécurité Sociale.

Tel fut le cas. En moins d'une année des industries pharmaceutiques ont trouvé la parade au mal. Il n'était dès lors que d'industrialiser le ou les vaccins pour rendre au monde son activité normale en sauvant des centaines de milliers de vies humaines. Un exploit qui fera date. Mais c'était sans compter cependant avec nombre de sectaires qui, usurpant le beau mot de liberté, s'en sont emparé pour refuser d'être vaccinés, au risque d'être atteints - ce qui ne serait que mérité - sinon, pire, de contaminer les autres, dans l'anonymat complet (c'est-à-dire sans risque de condamnation). Que leur importe que le taux de réussite du vaccin soit quasiment égal à 99% et ses effets négatifs, infinitésimaux, pour eux, comme pour ceux qui croient que la Terre est plate, l'affaire est entendue. La raison humaine n'a que faire dans une telle affaire. Nos tartuffes portent leur « droit de l'Homme », comme leur vertu, au bout d'une pique, et ce droit, bien sûr, englobe ipso facto le droit de polluer les autres ; de ramener à l'étiage l'économie de leur pays. Comme disait Einstein : « Il est plus facile de désintégrer un atome qu'un préjugé »

Pourtant, qui ne sait, par le bon sens, que notre droit, notre liberté s'arrête là où commence celle des autres et que la mise en danger de la vie d'autrui est criminelle ? La liberté a des bornes, même pour les bornés qui considèrent que l'avis d'un corps médical unanime et l'accord de tous les partis politiques comptent pour rien. Eux prétendent savoir mieux que tous les responsables, reconnus comme tel, qui y jouent leur réputation.

Voyons donc comment, et si, dans l'année qui vient ces « je sais tout mieux que tout le monde » vont prendre le risque de laisser se développer une quatrième vague de contamination, en particulier par le variant Delta. Auquel cas la liberté, au centre des sociétés libérales occidentales, aura vécu puisqu'elles ne seront plus gouvernées par la raison. Viendra alors, pour s'y substituer, une société de type fasciste ou soviétique qui les enfermera alors comme malades mentaux. Liberté formelle ; liberté réelle affirme la doxa marxiste ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 5 juillet 2021

Chine, Chine ...

Au coup de sifflet des Américains, donné par Trump durant son unique mandat, le monde entier a été prié de s'aligner sur la politique de Washington contre la Chine, promue soudainement adversaire numéro un, à contester par tous les moyens possibles : commerciaux, industriels, technologiques voire militaires. « Le chef a dit ... ». Silence dans les rangs !

Le nouveau Président, Joe Biden, bien que bon connaisseur de l'empire du Milieu, hélas, semble avoir repris, mutatis mutandis, ce slogan impérialiste primaire.

Est-ce un risque pour la Chine ou la reconnaissance de ce qu'elle peut devenir (ou est devenue) : la première puissance mondiale ? En tous cas, il s'agit au moins d'un aveu et la révélation de la peur ressentie par les Etats-Unis d'être détrônés de leur place de maître du monde après la chute de l'URSS. Leur domination n'aura duré que cinquante ans.

Dès lors, quelle va être la réponse des autres pays asiatiques, africains et, surtout européens ? Est-ce un diktat ou une invitation à coopérer rationnellement en mettant toutes les cartes sur la table avant de faire des choix communs ?

On voit bien ce qu'il en est pour l'Iran, pays dirigé depuis quarante ans par des fanatiques religieux qui continuent à torturer, massacrer, emprisonner leurs opposants en s'ingérant grossièrement dans les pays voisins (Irak, Syrie, Liban ...) voire en menaçant l'existence d'Israël. Tous les Etats, les entreprises étrangères ont alors été contraints de se retirer et de s'aligner en raison des menaces commerciales ou financières, sur fond de dollar hégémonique. Résultat, la dictature des mollahs est étranglée (même si les Européens n'ont pas cédé pour ce qui concerne le maintien des Accords de Vienne de 2015, sur le contrôle du nucléaire). Au contraire, ce sont les Américains qui ont ensuite souhaité revenir dans la négociation d'où Trump les avait retirés unilatéralement. Mais la Chine n'est pas l'Iran bien que ces deux pays aient en commun d'être les héritiers de vieilles civilisations à côté duquel les « USA » ne sont que des freluquets sans expérience et surtout beaucoup d'arrogance.

Tout va donc dépendre de la façon dont l'équipe Biden va traiter ses alliés.

S'ils continuent à les considérer en vassaux, interdits de faire valoir leur point de vue à égalité de dignité, il y a fort à parier que, comme du temps de Charles de Gaulle, le résistant puis le chef de l'Etat, il y ait une fronde des vieilles nations qui ont « des milliers de kilomètres au compteur » par rapport à un pays hégémonique, sans respect des autres. Certes il réussira à diviser l'Europe qui peine à parler d'une seule voix. On en connait les maillons faibles : Allemagne, la Pologne, la Suisse (hors U.E) qui ont été traumatisés par le nazisme puis le soviétisme et n'aspirent qu'au protectorat américain, préférant toujours les avions et armes venus d'Outre Atlantique. Ne parlons même pas de la Grande Bretagne qui « surjoue » son rôle de puissance, en bon « caniche » aux côtés de son ancienne colonie et aboie aux ordres de Washington.

Alors, quid de cette Chine, elle qui fut longtemps humiliée par les pays occidentaux, puis le Japon et retrouve enfin aujourd'hui sa fierté nationale ?

Il était bon de connaître le sentiment de Jean-Pierre Raffarin, fin connaisseur, depuis longtemps de l'ancienne « Cathay », plus confucéenne que marxiste - léniniste, même si elle célèbre avec faste le centenaire de la création du Parti communiste chinois.

Sans être naïf, il est primordial d'échanger, de dialoguer et de parler clair avec le peuple chinois dont la culture est un trésor trop souvent ignoré par ceux qui en sont restés à une Chine tout juste émancipée des occupations étrangères. Que nous dit l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, lui-même féru de civilisations asiatiques et digne héritier du Chef de l'Etat français qui a reconnu de jure le cinquième pays membre du Conseil de Sécurité de l'ONU, conseillé alors par Alain Peyrefitte et Edgar Faure (avant que les Etats-Unis de Richard Nixon ne lui emboîtent le pas) ?

On savourera son expression imagée, surtout lorsque, comme nous, nous sommes appelés à échanger publiquement, ès qualité d'organisation de droits de l'Homme au cœur même de la Chine actuelle. Ses conseils sont précieux pour la conduite à tenir.

L'ancien Premier Ministre conseille d'appliquer la ligne de notre « drapeau » ... A savoir ?

  • bleu : « nihil obstat », rien n'empêche alors, sans aucun risque, d'échanger avec la Chine (culture, commerce ...). Cela est même recommandé, comme pour l'ouverture de l'antique « route de la soie » dont l'Europe était si friande.
  • blanc : attention. Ouvrons l'œil car des technologies où nous sommes en pointe peuvent être récupérées, même si c'est de « bonne guerre » entre pays depuis la nuit des temps.
  • rouge : il faut marquer la ligne claire qui, selon la charte des Nations unies ne doit pas être dépassées (au risque d'être accusé d'ingérence). Il s'agit de progresser par une dialectique : thèse, antithèse, synthèse. Ainsi en va-t-il des libertés universellement admises comme la liberté de penser, les droits de peuples à disposer d'eux-mêmes ... ce bien commun à toute l'humanité. Là, on n'avancera pas sans confrontation.

Il n'y a pas, contrairement à ce que disent les Chinois deux conceptions possibles des droits de l'Homme. Et c'est là tout l'enjeu. Qu'il s'agisse du peuple tibétain, de Hong Kong sinon des Ouighours ...

Certes, leur nomenklatura n'a pas tort, en réponse, de dénoncer les propres turpitudes de l'Occident : le racisme, le colonialisme dont la Chine fut elle-même victime, ou bien encore l'usage imbécile des armes à feu aux Etats-Unis. Mais, au moins, peut-on le dénoncer ce qui n'est, hélas, pas encore le cas dans la Chine contemporaine pour ses propres excès.

« Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage » écrivait le bon Jean de La Fontaine. Peut-être faudrait-il le donner à lire à ceux qui rêvent d'en découdre de suite avec la Chine sous n'importe quel prétexte. Car nous ne sommes plus aux siècles passés, quand l'Occident dictait au monde ce qui devait être ; selon ses normes. A croire même qu'un sentiment de jalousie s'est emparé d'Etats qui, pour la première fois, se voient concurrencés par le boomerang d'un ancien colonisé. Soyons donc réalistes avec nos propres valeurs, sans suivre l'ex super puissance dominante, comme des moutons de Panurge. De Rabelais à La Fontaine il n'y a qu'un pas : celui de la sagesse.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 28 juin 2021

« Omar m'a tuer ... »

La Justice en France est actuellement soumise à rude épreuve, pour le meilleur et pour le pire. Mais pourquoi serait-elle la seule institution, avec l'Exécutif et le Législatif à ne pas l'être, même si elle détient le pouvoir suprême : celui devant lequel les deux autres piliers de la démocratie républicaine peuvent être mis en cause ?

Inutile de remonter jusqu'à Montesquieu pour autant. Il n'est que de se plonger dans l'actualité des dernières décennies, sans même aller jusqu'à étudier de près les sentences du Conseil Constitutionnel ou du Conseil d'Etat, d'un autre ordre mais, bien souvent sujettes à caution. Restons-en à l'ordre judiciaire qui aboutit à la Cour de cassation, au stade suprême.

Grâce à François Mitterrand, qui en a pris, seul, le risque électoral en 1981, heureusement, la peine de mort est abolie. Les dégâts, humainement parlant, sont dès lors limités et pour partie réversibles. Est-ce pour autant que le peuple français ne doit pas avoir d'opinion sur son fonctionnement, souvent remis en question ? Même encadré strictement par le Droit, il a bien souvent failli en se protégeant derrière le célèbre « dura lex, sed lex », comme un masque.

L'affaire Dreyfus est, certes, bien lontaine. Mais après, il y a eu aussi l'affaire Seznec qui n'a pas vu, elle, la réhabilitation du célèbre breton, lequel n'est sorti du bagne de Cayenne que par la grâce du Général de Gaulle. De même (encore, plus près de nous) la ténébreuse affaire Omar Raddad, où cet ouvrier marocain a été jugé coupable de l'assassinat de la riche héritière Ghislaine Marchal (qui aurait signé avec son propre sang « Omar m'a tuer » sur une porte).

Sans la grâce présidentielle - cette fois celle de Jacques Chirac - ce modeste jardinier aurait purgé totalement sa peine de huit années de prison, même si le doute doit profiter à l'accusé. Une chance dont n'a pas bénéficié Ranucci, lui que Valery Giscard d'Estaing a laissé exécuter dans l'affaire dite du « pull-over rouge ».

Un seul constat donc : la justice est faillible, doit le reconnaître avec humilité et s'expliquer, comme viennent de le faire publiquement(enfin) les deux plus hauts magistrats de la Cour de cassation. Car l'opinion publique, désormais, exige de comprendre non de subir même s'il n'existe pas de « tribunal médiatique ».

Dans l'affaire Seznec, malgré l'absence de preuves et de cadavre, la Justice a, jusqu'au bout, refusé de réviser le procès. Espérons donc que dans l'affaire Omar Raddad, à la lumière de traces d'ADN retrouvées récemment et qui n'appartiennent pas au jeune Marocain, la lourde et paresseuse machine judiciaire ne va pas mettre dix ans à réexaminer sa cause.

Autre sujet qui concerne également, de nos jours, la bonne administration de la Justice : la place conférée aux psy dans les procès. On l'a mesurée il y a peu dans le cas du meurtre de Sarah Halimi, (où l'auteur a été considéré comme non responsable en raison d'une «  bouffée délirante » lors de son crime antisémite). Qui juge alors ? Les psy, dont la science est tout sauf exacte, ou les juges qui peuvent toujours se cacher derrière eux pour conclure dans n'importe quel sens ?

Si la Justice doit être respectée, elle doit commencer, elle-même, par être totalement respectable.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 21 juin 2021

Résilience ...

« Résilience » que voilà un beau mot inventé ou réinventé par Boris Cyrulnik auquel Nouveaux Droits de l'Homme avait attribué, en 2013, son 30e Prix littéraire des droits de l'Homme pour son ouvrage « Sauve toi, la vie t'appelle » (éditions Odile Jacob). C'est notre amie George Pau-Langevin, alors ministre des départements et territoires d'Outre-Mer, députée de Paris, puis actuelle adjointe à l'étonnante Défenseure des droits qui le lui avait remis en présence de notre Vice-président Bernard Derosier et de tous nos amis de la Resistance iranienne. Rien que pour ce mot, l'aimable Boris devrait entrer à l'Académie française ... Et, de fait, grâce à lui, on voit de la résilience (ou de la résistance partout).

C'est ainsi que tous les esprits chagrins, qui n'observent que des échecs dans la France d'Emmanuel Macron sur le plan économique - comme ils ne voyaient, pareillement que des échecs pour François Hollande, surlignés alors par ses contestataires « frondeurs-  gauchistes » pourront aller se rhabiller - mais sans succès cette fois. On peut l'espérer.

« Les faits sont têtus » disait le « démocrate » Lénine. Et donc on se doit d'entériner, volens nolens l'expertise économique internationale qui atteste, pour la seconde année consécutive, que la France est le pays le plus attractif d'Europe pour les investissements devant le Royaume Uni et l'Allemagne, avec 985 projets d'implantation. Une superbe «  résilience » pour les « travailleurs, travailleuses » malgré la pandémie qui a ravagé la vie économique du pays après la crise des gilets jaunes, ce qui pourrait nous promettre des « lendemains qui chantent », façon Louis Aragon.

Il faut dire aussi que pour cela (ou malgré cela) la France est passée d'une politique «  libérale », de l'orthodoxie financière limitée à 3% de déficit budgétaire à une politique

keynésienne qui n'ose pas dire son nom. D'ailleurs, aucun syndicat ne bronche devant tant de « quoiqu'il en coûte ».

Mais la résilience ne s'arrête pas là. On l'observe également dans d'autres domaines, et ceux-ci, plutôt contestataires du pouvoir en place.

La politique de folie « éolienne » de la ministre de l'environnement Barbara Pompili, avec l'aval de l'Exécutif n'est pas la moindre, ce qui permet à l'extrême droite de sauter sur cette opportunité politique.

En effet, outre leur faible rendement en électricité ; leurs dommages pour l'environnement (nuisances sonores ; obstacles aux oiseaux ...) ces moulinets nuisent au paysage, aussi bien en mer que sur terre. Ainsi, que sera l'île d'Oléron cernée par ces moulins à vent comme il est actuellement envisagé ? Par contre, rien pour l'île de Ré, plus bourgeoise ...

Alerte, alerte ... il faut rappeler Don Quichotte pour combattre à nouveau ces moulins à vent au nom de la résilience culturelle ; du respect de nos paysages « naturels ». Laissons aux écolos politiciens l'interdiction des sapins de Noël et toutes leurs lubies extravagantes mais ne cédons pas un pouce à la beauté de la France originelle.

Tiens, Stéphane Bern vient de prendre la tête de ce mouvement. On veut bien être son Sancho Panza dès lors.

« Résilience, résilience ... ». Vous avez dit résilience ?

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 6 juin 2021

Langue, langues

Une guerre larvée et inutile vient d'être relancée en France par la « grâce » du Conseil constitutionnel, seul vrai « souverain » en ce pays, qui a censuré une loi sur les langues régionales votée par la majorité parlementaire. Cette censure inattendue, au prétexte que la Constitution stipule que « la langue de la République est le français » a suscité le 29 mai nombre de manifestations dans les régions les plus concernées : pays basque, Alsace, Corse, Bretagne ... Et qui ne le comprend. En effet, on ne voit pas en quoi l'affirmation constitutionelle de la primauté du français est en contradiction avec la présence d'idiomes provinciaux enracinés depuis plus longtemps que la langue officielle. D'autant que ces langues n'ont pas empêché l'unité du pays de se faire puis de se maintenir en cohabitant avec un français fédérateur.

Mais ces manifestations ont aussi prouvé une chose ; une chose nouvelle : les instances suprêmes (Conseil constitutionnel, Conseil d'Etat, Cour de Cassation) autrefois incontestables et incontestées sont aujourd'hui soumises à la critique au même titre que l'Exécutif ou le Parlement avant elles. Nul n'échappe désormais à une éventuelle remise en cause. C'est ainsi que l'arrêt de la Cour de Cassation dans l'affaire Halimi a provoqué un tollé généralisé et sans doute une modification de la loi sur l'irresponsabilité en matière criminelle.

Donc pour les langues régionales comme pour l'irresponsabilité pénale, le législateur doit reprendre la main en contournant le blocage juridico-politique qui est dressé devant lui et en réaffirmant sa suprématie.

Ce débat n'est pas nouveau pour nous. En effet, lors de notre rencontre avec Simone Veil, magistrate, pour la convaincre de s'engager pour de nouveaux droits de l'Homme, elle ne s'y était pas opposée formellement mais nous avait dit le fond de sa pensée : s'il doit y avoir de nouveaux droits de l'Homme, cela doit être par la jurisprudence (les « cours suprêmes ») et non par la loi ... Exit le Parlement. D'ailleurs, lorsque le Président Sarkozy, quelques années plus tard, lui a confié une telle mission, après l'avoir acceptée, elle l'a purement et simplement sabotée.

Ah, mais « c'est qui le chef ? »

Pour nous, dès l'origine, en 1977 nous avons milité pour le maintien des langues régionales, déjà mises à mal par la Révolution jacobine puis par la Grande Guerre où ne pas parler français était le risque de ne pas comprendre les ordres et, dès lors, de courir un danger supplémentaire. De plus, quand on est pour l'écologie, la biodiversité, on ne saurait s'arrêter aux animaux et aux végétaux. Le pluralisme des langues et des cultures fait partie de la philosophie destinée à préserver la richesse du monde - ce que nos écolo-politiciens, hélas, n'envisagent pas, trop préoccupés par les sapins de Noël, la construction de mosquées voire le futur des jeunes pilotes d'avion comme la maire de Poitiers. Ils n'ont connu ni René Dumont, ni Alain Bombard pour les former.

Dans ce pays paradoxal qu'est la France, « la cerise sur le gâteau » est cependant ailleurs encore, et sans émouvoir qui que ce soit. Or là (on veut parler de l'intrusion massive, colonisatrice de l'anglo-américain dans le français courant) nul ne proteste, sauf quelques mal pensants jugés archaïques. L'Académie française ? Elle reste endormie. La loi Toubon qui édicte des règles protectrices ? Bafouée quotidiennement ... Les fils de pub règnent en maître et ce sont eux - et non le Parlement - qui dictent leur loi, que ce soit pour vendre des meubles, des voitures ou toute autre chose. Mais l'exemple vient de haut puisque nos zélés représentants à Bruxelles, malgré le Brexit, continuent à écrire, s'exprimer en anglais sans être rappelés à l'ordre par leur gouvernement.

Une seule question pour conclure : qu'est ce qui fait le plus de tort à l'article de la Constitution qui, reprenant l'édit de Villers-Cotterêts, consacre le français « langue de la République » ? les langues régionales ou l'invasion anglo-saxonne ?

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 31 mai 2021

Drogues : « la meilleure façon de résister à la                                           tentation, c'est d'y céder » Oscar Wilde

C'est un éternel débat, toujours recommencé : doit-on légaliser le commerce de la drogue. Ou plutôt des drogues : cannabis, cocaïne, opium, crack ...

Comme pour la pédophilie autrefois, le sujet fait débat avec ses irréductibles opposants et ses partisans, enclins à mettre le doigt voire la main dans l'engrenage.

Le principal argument (spécieux) à l'heure actuelle est que ce serait le meilleur moyen d'arrêter le trafic qui gangrène nombre de banlieues (sans en apporter naturellement la démonstration). Alors, il n'est que d'essayer... tout en sachant très bien qu'il sera impensable ensuite de faire machine arrière. Ou que l'on nous démontre le contraire...

S'il s'avère, à l'expérience qu'il s'agit d'un fléau social, mettra-t-on dès lors en place des services de police spécialisés, avec le coût que cela induit pour réprimer à nouveau le commerce et la consommation ? Quand le diable sera sorti de sa boîte, comment arrivera-t-on à l'y faire rentrer de nouveau ? On frise l'utopie du côté des tenants de la légalisation. Et surtout l'irresponsabilité.

De nos jours, l'alcool et le tabac, sur la pression justifiée du corps médical font l'objet d'une publicité intense pour que leur consommation soit refrénée. Et non sans motif en raison du coût pour la Sécurité Sociale, du nombre de crimes et accidents que cela génère. Est-ce donc pour ajouter une autre cause de dysfonctionnement de nos sociétés, souvent bien plus grave encore ?

Il n'est que de lire - rien qu'à l'heure actuelle où même les drogues dites « douces » sont interdites - le nombre de crimes et de délits (notamment routiers) provoqués par leur consommation, pas même abusive. Encore un travail supplémentaire pour policiers et gendarmes, déjà trop sollicités, sinon accusés de laxisme.

Nous avons cité la célèbre phrase d'Oscar Wilde que les tenants d'une démission généralisée devraient mettre en exergue dans leur propagande. Elle fait écho au non moins célèbre Gribouille qui se jette à l'eau par peur de la pluie...

Si les « abolitionnistes » l'emportent à l'usure, l'État aurait sans doute alors le monopole de la commercialisation. C'est lui et ses douaniers qui réceptionneraient la « cam » dans les ports et les aéroports, puis délivreraient les autorisations de vente au tout-venant. D'un côté les pouvoirs publics lutteraient pour la santé et la sécurité publique mais de l'autre ils toucheraient les bénéfices de leur détérioration. Logique, cartésien n'est-ce pas ?

Du calme diront les fins connaisseurs : il ne faut pas confondre drogues douces et drogues dures. Sauf que c'est avec les adeptes des drogues douces que l'on fait les consommateurs de drogues dures...

Depuis plusieurs années, certains responsables politiques locaux ont par faiblesse, opté pour la tolérance (comme autrefois les maisons du même nom, aujourd'hui fermées ; c'est à dire la pratique, à petite échelle, de ce que serait, à grande échelle, la légalisation à laquelle poussent nombre de parlementaires prétendument « ouverts ». Encore un combat entre « libéraux » et « réactionnaires répressif »? Un de plus ? Que nenni ...

A Paris, où l'on a lâchement baissé les bras, demandez l'avis des habitants des quartiers où la ville a installé des salles de « shoot » pour satisfaire une clientèle « accro » ; où leurs enfants, partant ou rentrant de l'école, ramassent des seringues sur le trottoir quand ils ne se font pas agresser. Voyez aussi la révolte récente des résidents du quartier de Stalingrad, envahi par des drogués que l'on parque seulement à l'écart au lieu de les embarquer puis de les sevrer de force. Le maire du 19e arrondissement, notre ami Pascal Dagnaud, socialiste lui-même, n'en peut plus ; débordé à son tour.

Heureusement direz-vous, Eric Zemmour est là pour prôner « la loi et l'ordre », comme           d'hab! Eh bien non. Vous faites erreur. Il s'est à son tour déclaré pour la fuite en avant, le salut dans la fuite donc la légalisation. Ainsi, ceux qu'il vilipende régulièrement : les petits trafiquants, qui préfèrent leur commerce mortel, mais juteux, autour des cités, pourront-ils continuer à gagner en un jour ce qu'un travailleur gagne en un mois. Il ne faut tout de même pas casser le marché des grosses cylindrées, autos ou motos. Après tout, s'il y a des gens assez stupides pour étudier, travailler pour vivre, c'est leur affaire. Faisons cependant le pari qu'un jour, comme pour le viol, la pédophilie et autres symptômes de détraquement social et environnemental, à force de résistance, la peur changera de camp.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 24 mai 2021

1922 - 2022 : du fascisme au fascislamisme

Il y a un siècle, Mussolini préparait la « marche sur Rome » puis s'emparait du pouvoir pour y installer sa dictature. Son siamois, un peu plus musclé en Allemagne, à son tour lui emboîtait le pas (de l'oie) au mépris de la loi démocratique. Dans le même temps, à l'Est de l'Europe, loin d'à « l'Est de l'Eden », après la mort de Lénine, en 1924 le « divin » Staline instaurait lui aussi sa dictature implacable. Une sanglante vague autoritaire allait alors submerger le monde pour des décennies avant de se retirer dans un sursaut salutaire des démocraties. Mais cette leçon a-t-elle été comprise par tout le genre humain ? On a quelques raisons d'en douter ...

Cent ans après, un autre totalitarisme a fait son apparition, qui menace non seulement les démocraties, vieilles ou jeunes mais tout Etat, tout peuple, fut-il sur ses gardes. En un temps où l'on n'a plus le droit ou le courage de nommer les choses, appelons-le par son nom : l'islamisme, un ersatz du fascisme qu'avec nos amis de la Resistance iranienne depuis 40 ans nous appelons le « fascislamisme ». Une entreprise totalitaire aveugle qui a pour objectif, ou du moins comme ambition, de conquérir le monde. Une idéologie pour laquelle l'islam serait la version « Canada dry » ; la version culturelle, historique qui lui permet, tel un poison lent, de s'installer partout, à commencer par les démocraties occidentales, sommées de respecter leurs propres règles de tolérance. C'est d'ailleurs plus facile pour cette idéologie mortifère puisqu'elle y trouve des alliés, les « islamo gauchistes » qui lui servent de paravent de tête de pont pour s'introduire, tel le ver dans le fruit, afin d'être élus, ou réélus, quand la marée électorale se retire comme un cheval au galop. L'exemple le plus fragrant est la banlieue parisienne mais aussi celles de Lyon, Marseille voire Strasbourg où le socialiste Ries a fermé les yeux pour la construction de « la plus grande mosquée d'Europe », aux ordres de la Turquie, avant même la naïve écolo Barséghian. On ne résiste pas à l'appât des voix. Ainsi, à Trappes où la gangrène menaçait. Notre ami Guy Malandain résistant de la première heure a été balayé par Ali Rabeh, homme lige de Benoît Hamon.

Dès lors, les sous-marins sortent ensuite leur périscope. L'islam « normal » s'impose petit à petit, comme à Lille où la socialiste Martine Aubry, a accepté des heures de piscines différentes pour les femmes ; le menu des cantines s'adapte ; les librairies islamiques s'installent ; les femmes portent le foulard symbole de leur assujettissement, de la reconnaissance de leur infériorité ; les professeurs d'Histoire doivent élaguer leur programme « Ben quoi, c'est la liberté, c'est notre droit ... ». Heureusement, il n'y a pas encore eu d'enterrement officiel de la laïcité mais cela ne saurait tarder. Mélenchon en sera le grand ordonnateur, tel le défroqué Talleyrand.

L'Europe, la France en particulier, n'est pas le seul champ de bataille où s'affrontent l'islamisme et la démocratie. C'est le cas dans bien des pays du monde, souvent de manière plus dure encore. Voyez l'Iran après la chute du Shah, en 1979 ; voyez l'Afghanistan, le Pakistan, l'Egypte etc. L'Algérie, propriété du FLN a bien failli y succomber au début des années 90. Ces pays où l'islam est présent, au lieu d'avancer vers une démocratie laïque stagnent ou régressent vers une religion rigoriste pour, comme la Syrie, le Sahel, être déstabilisé par DAECH avec les femmes réduites en esclavage sexuel, les mains ou les têtes coupées. Même le Turc Erdogan tient à participer à ce banquet islamiste d'ampleur mondiale en s'ingérant à Chypre, en Syrie, en Libye. L'islamisme est comme une drogue dont les doses doivent être sans cesse augmentées jusqu'à la paralysie totale.

Il n'y a que les « idiots utiles », selon la formule communiste, pour se mettre, tel les autruches, la tête dans le sable. La liberté, la démocratie sont un boomerang. Car c'est en leur nom que le fascislamisme avance, masqué ou voilé hypocritement, à la différence du fascisme des années 1920 qui lui, annonçait clairement la couleur. Ce n'est pas une raison cependant, comme le pauvre Gribouille, par peur de la pluie, dans les années 1920, d'aller se jeter dans la mer, dans les bras des héritiers du fascisme, en 2022. La peur n'évite pas le danger et si nos vieux anticléricaux d'antan, qui ont combattu notre culture des cathédrales, sont épuisés, qu'une jeunesse laïque se lève à son tour pour festoyer joyeusement autour d'un cassoulet ou d'une choucroute bien arrosée. On appelait cela, à la fin du XIXe siècle, des banquets républicains ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 17 mai 2021

Israël - Palestine : la der des guerres ?

Et c'est reparti, comme en 14 : Israéliens contre Palestiniens. Deux peuples sémites pour une seule terre. Chacun avec ses droits : les mêmes, mais de légitimité différente. Même le grand Alexandre ne parviendrait pas à défaire, sinon à le trancher, encore une fois, ce nœud gordien...

Le peuple juif, selon la Bible, reçut cette terre en héritage à Ur dans l'actuel Irak quand Abraham, le père de toutes les religions monothéistes accepta la mission de Yahwe d'aller occuper une « terre promise », à l'Ouest : le futur Israël d'où les descendants furent, plus tard, chassés pour être exilés en Égypte, à Babylone puis dans le monde entier pendant deux mille ans. Ce peuple d'exception, soudé par sa religion survécu cependant, y compris au génocide nazi après les pogroms d'Europe de l'Est. Mieux encore, il réussit à reconquérir son pays perdu quelques années après l'holocauste quand les puissances occidentales chrétiennes, par leurs huit croisades successives (de 1096 à 1270) n'avaient, elles, pas réussi à libérer le même territoire, désormais peuplé par les conquérants islamistes, arabes ou ottomans. D'où le conflit de légitimité qui est né à partir de 1948, lorsqu'a été proclamé l'État hébreu après le départ des Britanniques qui remplissaient encore, sur place, le mandat donné par la SDN (Société des Nations) après la fin de l'empire ottoman, auteur lui-même du génocide des Arméniens en 1915.

En matière de droit et de légitimité, on ne peut guère faire mieux ! D'où des éruptions quasi volcaniques, à intervalle régulier depuis 70 ans, entre Israël (qui a reconquis sa capitale historique, Jérusalem, en 1967) soutenu par les pays occidentaux contre les États arabes entourant le petit État juif, émergeant des cendres des crématoires, tel un Phénix.

Au fil des ans, la résistance palestinienne s'est reconnue dans une organisation : l'O.L.P. (Organisation de Libération de la Palestine) et dans un homme charismatique : Yasser Arafat, mais dont les méthodes terroristes suscitèrent crainte et haine.

Tous les processus de paix engagés échouèrent, y compris celui des accords d'Oslo qui avaient abouti, sous la présidence de Bill Clinton à une reconnaissance réciproque et à la solution de deux États pour deux peuples.

La France où, sur le perron de l'Élysée, de Gaulle avait proclamé « Israël, notre amie et notre alliée » en serrant publiquement la main du Premier ministre Ben Gourion ; lui avoir révélé les secrets de l'armement nucléaire, changea de position, en 1967, lors de la guerre des six jours où le Président français qualifia le peuple juif de « sûr de lui-même et dominateur ». Paris rééquilibra alors sa politique, gauche et droite confondues puisque c'est sous la présidence de François Mitterrand que Yasser Arafat fut exfiltré du Liban lors de l'attaque israélienne.

De Gaulle, comme très souvent, avait vu juste. Le frêle État qu'une morale élémentaire impose de soutenir est devenu un tantinet arrogant. Il n'est que de s'y rendre pour mesurer son esprit obsidional, même si on peut le comprendre après deux millénaires d'exil. Et que dire des humiliations infligées aux populations arabes, chrétiennes ou musulmanes ; la colonisation plus ou moins rampante de leurs territoires en dépit de la reconnaissance officielle de la communauté internationale sous l'égide des Nations Unies.

Chacun, de part et d'autre, a pratiqué en son temps le terrorisme, à commencer par les pionniers juifs de l'Irgoun qui ont tué par un attentat Folke Bernadotte, le Suedois représentant l'ONU dans l'hôtel King David. Yasser Arafat, à son tour, a été légitimement accusé des mêmes dérives sanglantes (mêmes méthodes que le FLN en Algérie plutôt que de faire reconnaître ses droits légitimes par des méthodes pacifiques comme Gandhi, Mandela ou Luther King). Question de culture ...

On le lui a toujours reproché, même après sa « conversion » à des méthodes non violentes. Lors de notre rencontre à Tunis, le chef de l'O.L.P. m'assura de la sincérité de ses intentions et s'engagea à venir à Paris pour parler devant la Commission nationale consultative des droits de l'Homme, alors présidée par mon ami Jean Pierre-Bloch, ancien député socialiste, grand résistant, pour témoigner de son nouvel engagement. Mais ce cher Jean, un peu effaré, bien que prêt à soutenir cette opération « mains propres » y mis une condition qui ne s'invente pas : il fallait au préalable, disait-il « cacheriser » l'affaire. En clair, obtenir l'aval du président du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) ce que j'ai jugé inacceptable dans un pays laïque et souverain, mais que, Français humilié, j'acceptai cependant en raison de l'importance de l'enjeu. Résultat ? négatif. Refus d'approuver la venue d'Arafat à Paris pour l'engager sur les droits de l'Homme, comme il avait pu dire auparavant que la charte de l'O.L.P. était « caduque », devant micros et caméras.

Rien n'a donc évolué depuis dans l'aveuglement. Isaac Rabin, Premier ministre a été assassiné par un de ses concitoyens. Arafat est mort, avec pour héritier un Mahmoud Abbas sans charisme, ce qui a alors suscité la montée en puissance du Hamas, unanimement dénoncé, lui, comme mouvement terroriste.

Aujourd'hui, dans une nouvelle configuration même la grande ONG américaine Human Rights Watch dénonce un « apartheid » qui vise à marginaliser les Arabes israéliens tandis que l'État hébreu, abusivement soutenu par le mégalo Donald Trump, chasse les Palestiniens de Jérusalem Est, et s'entend désormais avec les Émirats, Bahreïn, le Maroc, le Soudan pour contrer les visées expansionnistes de l'Iran... Encore et toujours le nœud gordien plus serré que jamais par un Benyamin Netanyahou, suffisant et corrompu.

En conséquence, les camps se dessinent et se renforcent aux extrêmes : d'un côté Israël, les Américains, les Européens et ses nouveaux amis du Golfe face aux terroristes patentés - le Hamas dans la bande de Gaza au Sud et le Hezbollah au Nord, au Liban, soutenus par ce qui reste de la Syrie, mais soutenue surtout par un État lui-même terroriste (l'Iran héritier de Khomeiny) qui a juré la disparition de l'État hébreu.

Avec qui, dès lors, reprendre le dialogue interrompu pour une paix durable ? Avec le Hamas qui pilonne jour et nuit le territoire israélien ? Avec l'héritier élu de Yasser Arafat qui est incapable d'organiser des élections dont, de toutes façons il sortirait battu, ultra minoritaire, où il perdrait à coup sûr ce qui lui reste de « légitimité » ?

Malheureusement, comme en France notamment, l'islamisme et sa philosophie totalitaire, mène le bal et empêche une approche pacifique, faite de concessions réciproques ; l'établissement d'une paix durable. Seul le rapport de force est pris en compte. La laïcité, mère de toutes les paix n'est qu'une chimère. Raison de plus alors, peut-être, d'en rappeler les bienfaits comme un droit de l'homme fondamental au même titre que le droit à la paix. Mais pour cela, il faudrait une France qui croit encore en elle-même...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 10 mai 2021

Nostalgie Mitterrand

10 mai 1981, la France explose de joie, avec 51% des voix à la gauche. Mais le pays reste uni, curieux de l'expérience qu'il va vivre, tout en étant confiant en l'homme qu'il a choisi : François Mitterrand dont le général de Gaulle disait en son temps à ses ultras, pressés de lui tendre des chausses-trapes « n'insultez pas l'avenir ». Toujours prophète ce général à titre éternellement provisoire.

L'alternance, les cohabitations se sont ensuite bigrement bien passées ce qui rend ridicules les propositions de quelques nains, au jour d'aujourd'hui, de mettre en place une VIe république. Pardon une V bâton république comme il faut dire maintenant (puisque « les jeunes » ne comprennent pas ce que veut dire Louis XIV qu'il faut traduire pour qu'ils comprennent) : Louis X bâton V. Un grand progrès ; une grande victoire des forces prolétariennes.

Caricature ? Que nenni ! On pourrait en enfiler des dizaines et des dizaines comme cela. Qui plus est bien plus graves, lourdes, clivantes pour un pays plus que millénaire.

Ainsi, au premier chef du ridicule, mais à risque, la persistance d'un discours pro-drogue, par le détour provisoire, soi-disant « inoffensif » du cannabis, soi-disant thérapeutique ou festif ... Il est des parlementaires pour signer. Même le très réac Zemmour s'y est converti. Imaginez François Mitterrand ou Charles de Gaulle fumer un join. C'est comme les imaginer chez un psy (comme fit Giscard d'Estaing). Le primum n'est plus à la raison. Et pourtant, on en est encore à s'interroger sur « interdiction-répression » - ce qui serait, parait-il réactionnaire quand les revendeurs (dire « dealer » pour être moderne) s'enrichissent à millions, conduisent à risque, pourrissent la vie des cités et, maintenant, n'hésitent même pas, comme à Avignon, à abattre un policier - ceux que l'on appelait autrefois « gardiens de la paix ».

Donc, soyons « libéral ». Laissons faire le marché. Les « jeunes » ont plus besoin de cela que de réussir des concours, que l'on ouvre d'ailleurs à tout le monde, sans effort. Ce serait, soi-disant, la démocratie. Cannabis pour tous, bac, Sciences Po pour tous. On l'a déjà dit et écrit, ces adolescents qui partaient par tous les moyens rejoindre Londres en 40 n'étaient que des imbéciles, au lieu de s'éclater comme pendant la pandémie.

Mais il y a mieux. Enfin il y a pire encore. Désormais, presque chaque jour, des « jeunes » brûlent des voitures, cassent des vitrines, tabassant médecins, pompiers, policiers ... ce qui est l'opportunité pour l'hebdomadaire Valeurs Actuelles d'engranger des recettes en publiant les textes d'une infâme minorité de militaires en toute illégalité ; d'en appeler à la «  grande muette ».

Question : la liberté d'expression de la presse est une chose. La complicité d'appel à la violation de la loi en est une autre. Dès lors, quand le parquet va-t-il engager des poursuites puisque la loi de 1881 est explicite à cet égard ? On l'attend avec impatience, et surtout, de voir si le reste de la presse se solidarise avec ces lepenistes de bon aloi.

De Gaulle, Mitterrand ont été tolérants jusqu'à l'extrême. Nous allons voir jusqu'où ira l'actuel Président et son gouvernement. Notamment en révisant, en urgence, avant les prochaines échéances électorales, l'âge de la responsabilité pénale. Car s'il est plausible de ramener le droit de vote à 16 ans, il est non moins nécessaire que de jeunes mineurs qui savent trafiquer de la drogue, caillasser les pompiers et brûler des véhicules ou magasins, répondent comme des adultes de leurs actes. L'un ne devrait pas aller sans l'autre. En même temps !

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 3 mai 2021

Cedant arma togae

Qui parmi les inconditionnels du Droit, de la démocratie et de la République ne se souvient de cet adage romain qui nous ramène à nos racines historiques pré-chrétiennes : « cedant arma togae » ... Une formulation claire, nette et précise que n'ont pas connue nos politiciens - même élus - pas plus que nos commentateurs journalistiques. Quant aux adeptes des réseaux dits « sociaux », on ne l'imagine même pas. Et ce n'est pas à Sciences Po, en voie d'américanisation qu'on l'enseignera.

Pour ceux qui auraient encore besoin d'une traduction de la langue de nos colonisateurs, cela signifie, signifiait et signifiera toujours : « les armes s'inclinent devant la toge » (des élus ou de la justice). En ces temps où il est de bon ton de cracher sur tous ceux qui ont propagé une culture, au premier rang desquels Jules Ferry père de l'école républicaine, grand laïcard devant l'Eternel (colonisateur dit « le tonkinois » par Clémenceau) il était bon de rappeler les sources de notre éthique politique.

Ainsi, de nos jours encore, se doit-on de condamner l'appel de généraux à s'immiscer dans la politique nationale par le biais d'un manifeste publié par l'hebdomadaire de droite extrême Valeur Actuelles, auquel s'est empressé de souscrire Marine Le Pen, au nom de son parti, héritier d'un groupuscule qui soutenait les terroristes de l'OAS à la fin de la guerre d'Algérie. Rien de moins ... La même Le Pen d'ailleurs qui est miraculeusement devenue « gaulliste » après que son père Jean-Marie ait tout tenté pour abattre de Gaulle, au propre comme au figuré.

Aucun doute possible d'ailleurs puisque l'appel de quelques militaires félons a été publié le jour même de l'anniversaire du putsch d'Alger, le 21 avril 1961 par le tristement célèbre «  quateron de généraux en retraite » (Salan, Challes, Jouhaud, Zeller) qui avaient menacé de faire sauter leurs paras sur Paris s'il n'y avait eu la riposte populaire de Michel Debré, alors Premier ministre et de notre ami Charles Hernu, futur ministre de la Défense de François Mitterrand. Pour mémoire également, les « gars » du contingent, l'oreille rivée à leurs premiers transistors, l'Armée du peuple, avaient alors, eux, refusé de suivre ces «  aventuriers de l'Algérie perdue »

A un an des élections présidentielles en France, l'appel de cette infâme poignée de militaires est clair : s'ingérer dans le vote populaire à venir, en dehors même des règles et de la tradition qui s'imposent à eux, au profit de l'ex Front National qui sera probablement en lice contre le Président sortant (faute d'autres candidats d'envergure).

Une majorité de sondés (58%) nous dit une presse avide de combats de coqs pour doper son audience serait favorable à l'appel illégal de ces galonnés proche de l'extrême droite. Voir. Car ceux qui répondent à « radio trottoir » n'ont certainement pas en tête la guerre d'Espagne, le 11 septembre 1963 au Chili ou la dictature argentine que nous avons combattue pendant 365 semaines de 1978 à 1984. Lorsque l'on oublie l'Histoire, on est appelé à la revivre.

Non qu'il faille être bêtement anti-militariste. Le grand Jaurès, auteur de « l'Armée nouvelle » qui nous a inspirés Charles Hernu, Jean-Pierre Chevènement, Hubert Védrine, François Heisbourg et quelques autres à fonder les Conventions pour l'Armée Nouvelle, en 1975, en est la preuve. Un pays, la France en l'occurrence, a besoin d'une armée, moderne de préférence, comme l'avait voulu (en vain) Charles de Gaulle avant-guerre, ce dont le Sénat conservateur, nous confiait son fils Philippe n'avait pas voulu afin de continuer de vendre le foin d'un pays massivement encore agricole à l'Armée. Cavalerie montée plutôt que cavalerie blindée. On aimerait savoir ce qu'en pense Philippe de Villiers fielleux frustré invétéré, sinon son frère le général Pierre de Villiers, devenu auteur à succès. Car la ligne de clivage passe par là. Entre Républicains et crypto fachos. Nul ni échappera si le nœud gordien, comme en 36 en Espagne, en 40 chez nous, se resserre, contraignant les loyalistes de tous les bords (le colonel de la Rocque et autres Cordier ...) à dire, fut-ce tardivement et symboliquement mais aussi pratiquement : « No pasaran »

De Gaulle, lors d'une conférence de presse restée dans toutes les mémoires, en réponse à une question le soupçonnant de dictature répondait : « Ai-je jamais attenté à la République. La République, je l'ai sauvée deux fois ». Avis aux amateurs.

La République laïque est une et indivisible, loin du communautarisme américain qui proclame « In God we trust ». Si quelques chefs étoîlés, non répertoriés au Guide Michelin parce qu'ils se dégonflent, persistent et signent encore, cela appellera alors un contre manifeste de gradés de gauche, bien plus nombreux, héritiers des vainqueurs de Valmy. Mais que sera ensuite l'unité de l'Armée, dont la « discipline est la force principale » ? Si les militaires ont tous les droits des citoyens jusqu'à avoir le devoir de se présenter à chaque élection quand ils veulent « fendre l'armure », en revanche ils doivent au préalable « rendre les armes » car celle-ci appartiennent à la nation. Et puis qu'ils se souviennent aussi de la phrase d'un expert en la matière, un certain Napoléon Buonaparte : 'l'épée est toujours vaincue par l'esprit ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 26 avril 2021

Rwanda : qui mal y pense ...

L'épouvantable génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 continue à faire couler beaucoup d'encre après une rivière de sang. Mais il semblerait que la vérité émerge enfin sur les responsabilités puisque la culpabilité, elle, ne fait aucun doute : les Hutus, l'autre composante ethnique du Rwanda, a massacré à une échelle totale, sinon totalitaire, la seconde ethnie (en nombre) du pays. Ce que l'on appelle, depuis 1945, un génocide.

Ceci étant dit, compte tenu des éternels « sanglots de l'homme blanc » dirait notre ami Pascal Bruckner, une population noire ne pouvait pas, décemment, être seule en cause. Il fallait bien trouver un peuple « majeur », d'une « race supérieure » pour assumer ce que n'aurait pas pu faire seul un peuple forcément « innocent », « naturel », au sens «  rousseauiste » du terme. Les clichés ont la vie dure. La France, présente sur place après la Belgique fut donc désignée au moins comme « complice », et de supporter cette infâme «  tunique de Nessus » collée par une certaine presse française avide de doubler son audience et ses ventes. C'était, soi-disant, la preuve de son honnêteté intellectuelle à elle et de son intégrité voire de sa rigueur morale. Soit.

Va donc pour la France responsable sinon coupable, en 1994, en pleine période de cohabitation : François Mitterrand, chef de l'Etat ; Edouard Balladur, Premier ministre ; Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères.

Mais nos fins limiers, auxquels on ne la fait pas, ont ensuite précisé leur vision. Du « grand angle », ils sont passés au « zoom » et ils ont trouvé la vérité dans la vérité. En définitive, le seul responsable moral, c'était François Mitterrand et puis « un peu beaucoup », pour ajouter du sel sur les plaies sans se tromper (car tout est relatif) son entourage. Ainsi en ciblant large, on est sûr d'atteindre son but. Même si le flou artistique n'a que peu à voir avec l'Histoire, quoique « calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose » ...

La France actuelle, celle du président Macron a donc été priée de faire repentance, comme elle est sommée de le faire pour l'Algérie en oubliant toutes les colonisations antérieures de ce pays, bien que plus prégnantes pour son avenir démocratique.

Las pour les vautours avides de sensationnalisme historique, politique et moral, les archives ont été ouvertes. Zut alors ! encore raté ...

Le président Macron a confié un rapport à une commission d'experts incontestable sous la direction d'un homme au-dessus de tout soupçon, Monsieur Duclert laquelle a conclu clairement que la France n'était ni responsable, ni complice.

L'actuelle présidence du Rwanda, pourtant très « remontée » contre la France, (sinon hostile), a estimé que ce rapport était acceptable et a alors ouvert la porte au dialogue entre la France et le Rwanda. C'est pour cela aussi d'ailleurs que le président Kagame avait, de son côté, demandé auparavant un autre rapport, indépendant, à des experts, avocats américains - donc tout sauf bienveillants à l'endroit de Paris.

La conclusion récente de cette étude, dite rapports Muse, du nom de son auteur, corrobore le rapport des historiens franco-français. Il exonère la France, en excluant une participation quelconque au génocide des Tutsis, y compris de « complicité » ...

Pour ceux qui suivent de près ce tragique dossier : Hubert Védrine, Paul Quilès, Alain Juppé ... (et NDH, qui n'aurait pas eu scrupule à au moins « regretter » des dysfonctionnements, des erreurs voire des fautes), on avance enfin dans la bonne direction. On aurait aimé cependant que les belles âmes, promptes à bafouer la présomption d'innocence fussent aussi rapides à dénoncer l'invasion de l'Irak, qui a déstabilisé le Proche Orient, au faux prétexte de la détention d'armes de destruction massives par Saddam Hussein - ce qu'a pointé Hans Blix, rapporteur suédois de la Commission d'enquête de l'ONU auquel notre organisation, en 2004, a remis le Prix littéraire des droits de l'Homme, des mains du Président de Sénat Christian Poncelet (« Irak, les armes introuvables » Editions Fayard).

Mais, comme dans tout bon « procès » ou processus, le dernier mot doit revenir sinon à la défense, du moins aux interlocuteurs « légitimes » qui ont droit, sans vaine polémique, à faire des mises en cause, à distiller leurs soupçons. En l'occurrence donc, à l'actuel pouvoir en place au Rwanda et non aux commentateurs en vaine de sensationnel. Car le Droit a deux sources principales : la loi et les conventions ...

« Conventionnellement » dès lors, jusqu'à preuve du contraire, les autorités de Kigali baissent un peu la garde dans cette tragique et sordide affaire. Le chef de la diplomatie rwandaise, Vincent Biruta le reconnait avec honnêteté. La France n'est en rien coupable même si Paris a, ce qui est bien légitime, tenté de jeter un voile pudique sur certaines erreurs commises. Car nul ne pouvait imaginer un tel massacre.

L'actuel Président Paul Kagame s'est rendu en France. Le Président Macron, à son tour, devrait se rendre au Rwanda. Même si rien n'est effacé, oublié. Surtout pas les 800.000 morts. La triste réalité est ou sera bientôt reconnue de part et d'autre. Là est l'essentiel. Un bel exemple pour les dirigeants algériens qui veulent, eux, mettre la France à genoux en dépit des faits.

A l'heure de l'anniversaire du génocide du peuple arménien, que le nouveau Président Joe Biden vient à son tour de reconnaître, une belle leçon pour la Turquie d'Erdogan lequel s'inscrit dans la ligne bornée des dirigeants algériens qui, maintenant, essayent de faire croire que le mouvement Hirak, pro-démocratique, est suscité par les islamistes.

Certes, mutatis mutandis, le génocide des Arméniens, des Tutsis, la guerre d'Algérie, l'invasion de l'Irak n'ont rien de commun. En apparence tout du moins. En apparence seulement car, au fond, il s'agit bien de l'honnêteté intellectuelle et morale dans tous les cas. La seule qui devrait prévaloir en définitive.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 19 avril 2021

Sarah Halimi : un irresponsable non coupable

Selon un polémiste médiatique en vogue, le Président François Mitterrand aurait déclaré: «  les magistrats ont tué la monarchie ; ils tueront la République ». Certes, « on ne prête qu'aux riches » mais pourquoi pas après que la Cour de cassation ait empêché de juger un certain Kobili Traoré, reconnu l'auteur du meurtre, le 4 Avril 2017, de sa voisine, à Paris, Sarah Halimi, âgée de 73 ans.

Les faits ne sont aucunement contestés : l'individu a roué de coups sa victime puis l'a défenestrée en criant « Allah Akbar », en ajoutant : « J'ai tué le sheitan » (le diable en arabe), ce qui va sans dire dans notre république laïque (... mais mieux encore en le disant). L'auteur des faits avait 27ans.

Verdict, cour d'appel avec audition des « experts » psychiatres, qui, tous, confirment : «  abolition du discernement » du supposé criminel au moment des faits. Normal, car le    tortionnaire et meurtrier de Sarah Halimi avait été « victime » d'une  bouffée délirante aiguë lorsqu'il avait commis son acte. Donc lui-même « victime » le pauvre, d'une surconsommation de cannabis lors du passage à l'acte, voire d'autant plus « victime » qu'il avait peu de moyens pour acheter sa drogue. Il faut comprendre sa situation dramatique !

Quatre « psy » ont confirmé. Une belle unanimité, scientifiquement incontestable en somme. Voilà pourquoi, notre Cour suprême, qui ne juge qu'en droit, à la différence des deux premières instances judiciaires (cour d'assise, cour d'appel) qui traitent les faits et le droit avant de rendre leur sentence elle, à son tour a confirmé. Donc la hiérarchie judiciaire a été unanime : monsieur Kobili Traoré, selon l'article 122-1 du code pénal ne peut être pénalement responsable, ou, si l'on traduit mot à mot, les « psy » sont au-dessus des juges qui ne font qu'exécuter une « expertise » incontestable, qui en douterait ?

Les jugements rendus « au nom du peuple français » sont subrogés à des hommes de l'art, de « science » dont les rapports seraient aussi valables que ceux de médecins qui diagnostiquent un cancer ou une défaillance cardiaque mortelle. Leur savoir n'est nullement approximatif ! En conséquence, citoyens français, buvez jusqu'à plus soif, droguez-vous puis tuez votre voisin ou le premier venu, vous serez exonéré de peine. Vous pouvez même prendre le volant de votre véhicule si vos moyens financiers, hors vos consommations onéreuses d'alcool ou de drogue vous le permettent.

Voilà pourquoi, d'ailleurs, des pouvoirs publics élus ont ouvert des centres où l'on peut se piquer à loisir puis laisser traîner sur les trottoirs environnant des seringues que les enfants ramassent au grand dam de leurs parents. Claudel avait raison « La tolérance, il y a des maisons pour ça ». Dans une société permissive, qui n'est plus régie uniquement par le droit, il est interdit de faire de la publicité pour l'alcool, le tabac, ces fléaux pour la Sécurité Sociale que paye tout un chacun ? Soit mais il ne l'est aucunement de signer des pétitions pour la consommation de drogues. Au même titre - mutatis mutandis - que la pédophilie faisait rire les invités de Bernard Pivot et conspuer l'écrivaine Denise Bombardier.

Dès lors, juridiquement, selon la loi et pratiquement, le tortionnaire et l'assassin antisémite avoué de Sarah Halimi sera (est) libre, en France, de toutes charges pénales. Comme au Pakistan ceux qui appelaient à la mort de la jeune paysanne chrétienne Asia Bibi qui avait osé boire un verre d'eau dans un puits de musulmans. Cette foule déchaînée devait être absoute ... puisque telle est la loi et que la psychologie collective, là-bas et ailleurs, s'impose à tous.

Les avocats de la famille Halimi veulent-ils saisir désormais la Cour européenne des droits de l'Homme ? Ils sont sans doute trop naïfs car comment pourraient-ils l'emporter puisque nos psy, toujours prompts à se précipiter lors des accidents ou catastrophes pour tout faire digérer, expliquer sont au-dessus des faits ? Il n'y a que ce pauvre Lénine pour dire que

« Les faits sont nos maîtres ». Tout le reste n'est qu'interprétation ; tout est relatif. Une morale, l'éthique ? On ne va tout de même pas retomber dans le « vieux monde » où la formule était

« dura lex, sed lex », ou la loi du talion. Soyons modernes, que diable ! A moins que le Parlement français, explicitement, ne rappelle enfin que nous sommes tous égaux devant la loi et que la consommation volontaire de drogue ou d'alcool n'exonère pas de ses responsabilités civiles et pénales. Un beau débat en perspective entre la droite et la gauche avant les élections présidentielles à venir. Les paris sont ouverts et nous sommes prêts à les prendre au-delà des graves querelles en cours sur l'islamo-gauchisme, le racialisme de l'UNEF et de madame Pulvar.

Comme finissait toujours ses chroniques Geneviève Tabouis, journaliste femme des années 50 que l'on aime à citer : « Attendez-vous à savoir... » que des djihadistes ont brûlé une église ou tué un enseignant mais sont dispensés de peine parce qu'ils avaient bu un verre d'alcool, ce qu'interdit le Coran mais que comprend la loi républicaine.

Le relativisme, voilà l'ennemi des droits de l'Homme ... Après le père Hamel curé de Saint Etienne du Rouvray, paix à l'âme de Sarah Halimi qui a sans doute rejoint celle de Samuel Paty au paradis... laïque !

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 12 avril 2021

Pandémie et libertés

Depuis plus d'un an que la Covid 19 a entrepris son lugubre parcours sur la planète, dirigeants, scientifiques sont mobilisés pour endiguer le mal.

Ce n'est pas la première fois que l'humanité est confrontée à un tel fléau : peste noire, choléra, grippe « espagnole » ... Mais c'est la première fois depuis que le monde est réuni par les moyens de communication instantanés ; depuis que l'on voyage d'un bout à l'autre du globe en permanence. Dès lors, à mal nouveau remèdes nouveaux ...

On peut se féliciter que les chercheurs aient trouvé un ou des vaccins en un temps record. On peut déplorer que la France de Pasteur, dotée d'un système sanitaire exceptionnel soit le seul pays membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU à n'avoir pas proposé son propre vaccin. Mais le temps n'est pas encore venu à l'introspection. Laissons à quelques politiciens en vaine de publicité malsaine le soin de jeter de l'huile sur le feu.

La question, pour nous, au-delà de la problématique « technique », dans un monde ouvert (et pas forcément démocratique) est celui de la compatibilité entre le remède et les libertés.

Pour faire court, on pourrait assimiler l'épidémie qui submerge la terre entière à une guerre sans arme, avec bien des dégâts d'un conflit, selon l'opinion de la majorité des chefs d'Etat ou de gouvernement, à l'exception, on l'oubliera bientôt, de quelques responsables bornés comme Trump, Johnson ou Bolsonaro qui ont commencé par nier la réalité du mal ; d'un mal universel. Car même les Chinois, du pays desquels serait venu le fléau, se sont immédiatement attelés à la tâche : arrêter le virus.

Au dire des experts, sous le contrôle des gouvernements, la solution, avant d'avoir trouvé le ou les vaccins, a consisté à confiner les populations, ce qui ne se fait pas, hélas, d'un coup de baguette magique. D'où des rebellions, ici ou là, dans nombre de pays. En France en particulier.

D'aucuns ont bravé le couvre-feu ; d'autres se sont réunis en nombre ; d'autres encore comme certains restaurateurs ont poursuivi inciviquement et clandestinement leurs activités lucratives. De « bonnes âmes » médiatiques ont même déploré que « les jeunes », en regrettant qu'ils ne puissent poursuivre leurs études, surtout, ne pouvaient plus « s'éclater », faire la fête ... à leur âge ! L'horreur absolue ...

Certes, cette situation restreint nos libertés, de circulation notamment. Mais qu'est-ce à côté de la mobilisation exceptionnelle de tous les soignants en France, en Italie, en Espagne, en Allemagne etc. Le remède ne doit-il pas être à la hauteur du mal ? Fallait-il que les dirigeants politiques, tout en tâtonnant parce nul n'avait la réponse immédiate, pratiquent, comme Trump et consorts « la politique du chien crevé au fil de l'eau » ?

C'est bien là où l'on sent et ressent la régression morale, éthique des peuples de ce début du XXIe siècle. On crie à l'atteinte à nos règles de confort physique, social, financier, puis, désormais, à des dérèglements psychiques. Mais que ne prennent-ils le manche ceux-là, en lieu et place de tous les gouvernements des Etats qui doivent, avec tout le corps médical faire face.

« Faire face» tel était la devise du grand aviateur Guynemer, « l'as des as », durant la première guerre mondiale, comme celle de tous les « poilus » de 14 et des résistants de 40. Mais aujourd'hui, on ne saurait plus se mobiliser, se serrer les coudes, respecter les ordres de se protéger en protégeant les autres.

Pleurons donc avec les démagogues sur le triste sort « des jeunes » d'aujourd'hui qui n'ont pas à monter au front et tomber par centaines sous la mitraille, leurs corps abandonnés dans la boue, ou ceux de l'île de Sein qui réquisitionnaient un bateau pour rejoindre l'Angleterre. Ils vont sans doute manquer une année d'études ces « victimes » de l'horrible pandémie. Comme s'ils ne pouvaient les reprendre d'ici un an quand leurs ainés, qui ont survécu à l'horreur n'ont, eux, repris leurs études que quatre années plus tard.

La fête est finie ? Non, elle n'est que remise, jusqu'à la restauration de toutes les libertés qui sont provisoirement suspendues. D'ailleurs pourquoi ne pas, alors, conquérir de nouveaux droits de l'Homme comme l'ont fait en 1945 les résistants au nazisme. Ce serait une belle sortie de crise par le haut ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 3 avril 2021

A fronts renversés

Même en prenant son vélo pour être à la mode, il est difficile de suivre le monde des idées dans le contexte actuel. Rien ne correspond aux ancrages des décennies, voire des siècles passés sur le plan des valeurs.

C'est ainsi que Marine Le Pen met beaucoup d'eau dans son vin sur l'Europe, le racisme, la laïcité, ... contournant la droite traditionnelle « par la gauche » tandis que le « front républicain » destiné à lui faire barrage s 'effrite en cas de second tour Macron - Le Pen, laissant des chances à son élection.

Mais ce n'est pas qu'à droite que le socle des engagements est bouleversé. Il en va de même à gauche où le mal est peut-être pire puisqu'elle était sensée incarner jusqu'à présent une certaine moralité. Or si on ne fait pas de politique avec la morale, on n'en fait pas sans morale non plus.

L'irruption des Verts sur la scène politique lors des dernières élections municipales a sans doute accéléré la désintégration des atomes intellectuels qui, regroupés, formaient avant des molécules à gauche ; « union de la gauche » contre nébuleuse de droite, plus ou moins gaulliste... Il faut dire qu'en matière « atomique », les Verts ont toujours été aux avant-gardes, plus partisans de la fission que de la fusion. Qui n'en voit le résultat face à un Parti Socialiste exsangue, incapable de nommer ses têtes de listes aux élections européennes comme aux élections départementales, régionales à venir et, à coups sûr, présidentielles. Il faudrait quasiment en revenir aux vieux slogans « anti-alcool » d'il y a quelques années : « Un vert ça va ; deux verts, bonjour les dégâts », en incitant les socialistes à commencer à se désintoxiquer au plus vite de la potion que leur administrent les petits hommes verts.

Laïcité ? Il faudrait un « rappel à la loi » de 1905, même si en Alsace Moselle, le Concordat de Napoléon prévaut encore. Que ne lance-t-on un referendum local pour régler démocratiquement cette question qui n'est qu'une survivance du lien de l'Eglise et de l'État d'antan.

Au lieu de cela la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian fait voter une subvention de 2,5 millions d'€uros à une association musulmane turque (Milli Gorus) aux ordres d'Erdogan, et qui refuse de signer la charte sur l'islam de France, pour construire la plus grande mosquée d'Europe... Voilà un geste qui l'honore quelques mois après que le satrape d'Ankara eut reconverti la basilique Sainte Sophie en mosquée. Sans doute les petits voyous qui brûlent régulièrement des voitures en banlieue de la capitale alsacienne viendront-ils y prier. Madame Barseghian a d'autant plus de mérite qu'au-delà de ses relations privées avec l'Allemagne, pays où il y a la plus grande communauté turque depuis l'alliance entre l'empire ottoman et Berlin, durant la première guerre mondiale, les Arméniens ont été victimes du premier génocide de l'Histoire moderne, avant que l'Allemagne, à son tour n'entreprenne le génocide de tout ce que l'Europe comptait de citoyens juifs. Or, que l'on sache, la maire de Strasbourg a des origines arméniennes puisque son grand père, notre ami Armen Barseghian, avocat socialiste à Paris, avait fui les massacres avec sa mère tandis que son père, lui, était exterminé. Ses ancêtres doivent dès lors se retourner dans leur tombe, si tant est qu'ils en aient une !

Décidément, il faut que « tout bouge pour que rien ne bouge ». Il en va de même pour l'économie où le PS accuse Macron d'être un « libéral » au moment où lui (et l'Europe) renversent les vieux dogmes libéraux de la droite pour se lancer à corps perdu dans une politique keynésienne que la gauche n'avait jamais osé pratiquer « quoiqu'il en coûte » (exit le déficit budgétaire à moins de 3% ; un endettement national qui submerge le PIB ; subventions et aides aux plus défavorisés etc.). Ce qu'avait fait Roosevelt après la crise de 29 et que récusait Reagan avec son alliée Thatcher. Donc, là encore, il s'agit d'un « affront renversé ». Mais l'équipe Faure continue cependant à nous reciter du Jean de La Fontaine dans « Renard et les raisins verts » avec ses nouveaux alliés et maîtres écolos : « Ces raisins sont trop verts et bon pour les goujats ». Idem aussi pour le réchauffement climatique où le maintien, voire le développement de l'atome civil s'impose puisque c'est la seule énergie «  non carbonée ». Nos petits hommes verts, venus d'une autre planète, dictent leur loi extra-terrestre : place (comme dans le soi-disant modèle allemand) à la fermeture des centrales quand le Japon lui, malgré Fukushima relance son programme nucléaire civil. Que l'on sache il n'y a pas eu de Three Miles Island, de Tchernobyl, ou de Fukushima dans l'Hexagone grâce aux ingénieurs du service public d'EDF (même s'ils ont un peu perdu la main en raison du programme de dénucléarisation de la vieille gauche - à l'exception toutefois des alliés communistes).

L'effet « municipal » n'a pas servi de leçon. Le retournement des valeurs se poursuit donc. Inéluctable. Après l'alignement derrière le Schtroumpf Glucksmann aux Européennes, derrière une « verte » (et des pas mûrs) aux prochaines régionales dans le Nord, Anne Hidalgo, pâle héritière du « battant » Bertrand Delanoë, propulse l'écolo (hors parti) Audrey Pulvar : celle qui chantait les louanges de son père, pour nous apprendre que les « blancs » peuvent peut-être assister à des réunions publiques programmées mais pas à y prendre la parole : un racisme inavoué soutenu par la clique Mélenchon et ses islamo-gauchistes lesquels volent au secours de Jeanne Barseghian à Strasbourg (« en même temps » dirait Emmanuel Macron).

Mais le « front républicain » fissuré, disloqué ne s'arrête pas là en s'alignant derrière le    « diktat » vert. Comme des algues envahissantes, il pollue le syndicalisme étudiant à travers UNEF dont on est surpris d'apprendre de la bouche de sa présidente que les discriminations raciales ont leur raison d'être. « C'est nouveau, ça vient de sortir » à l'instar du NPA de Besancenot qui présentait, il y a peu, des candidates voilées (comme l'est la vice-présidente de l'UNEF).

Conclusion, la gauche historique devait probablement auparavant avoir « tout faux » avec ses convictions laïques, son antiracisme, ses politiques économiques et budgétaires alignées sur le « moins disant » étatique. Qu'en pensent nos amis et frères de SOS racisme ? Vont-ils enfin rappeler leurs combats de l'époque Mitterrand, dénoncer la nouvelle propension des jeunes à être bienveillants avec le foulard islamique qui traduit l'assujettissement de la femme ? La laïcité est un combat ; le combat pour la liberté et l'égalité. Pas de lendemain qui chantent, comme disaient les socialistes d'après Epinay sans valeurs constantes, historiques. On n'est pas « vert écolo » en faisant des alliances contre nature (au propre et au figuré). Question d'honnêteté intellectuelle. A croire que le monde de demain, celui en gestation est paradoxale en termes de valeurs. La droite, très adroite, elle, pendant ce temps récupère, valorise les idées de la gauche d'hier. Bref, si l'on ose dire :      « Rome n'est plus dans Rome ». Autre preuve, le tandem Zemmour - Onfray, pour sa part, conteste le pape François « trop gauchiste » à leurs yeux parce qu'il a trouvé un accord avec Pékin sur la nomination des évêques ; qu'il s'est rendu en Irak pour dialoguer avec l'ayatollah Ali al-Sistani. Bref : le grand chambardement que se complaisait à chanter Guy Béart il y a cinquante ans, de sorte que le soi-disant sérieux Paris Match ne dit pas un mot du voyage historique du pape en Irak, préférant ne s'intéresser qu'à la vie des « people ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 22 mars 2021

R.A.S. Poutine

Un monde nouveau est en train de naître. Les maîtres du monde ont changé ou vont changer. Jusqu'en 1940, l'Europe dominait, puis vint le temps de la guerre froide, de la rivalité entre Étatsuniens et Russes soviétiques. Ce temps-là, à son tour, semble être dépassé, bientôt du passé. La confrontation sera plutôt dans la ou les décennies à venir entre les États-Unis et la Chine, sans zone tampon comme aurait pu l'être l'Europe si elle avait su être cohérente, volontariste, porteuse d'un modèle propre que l'on appelait autrefois le modèle européen. Hélas, cette Europe est « incolore, inodore et sans saveur ». Et, de fait, dans l'orbite de Washington sur tous les plans : militaire, économique, culturel. La Pologne               s'approvisionne en matériel militaire américain, l'Allemagne sabote la coopération militaire avec la France ; on subit l'extraterritorialité des lois américaines et l'anglais est, de fait, la langue de l'Union Européenne.

Tout autre aurait été la situation et l'avenir si, faisant foin du fonctionnement moutonnier issu de la dernière guerre mondiale, des voix s'étaient élevées notamment parmi les membres fondateurs, pour tendre la main à la Russie ex. soviétique après 1989, quand Mikhaïl Gorbatchev a eu le courage de mettre à bas le système. Car enfin, la Russie est avant tout une de ces nations européennes à part entière qui aurait contribué à un nouvel équilibre, voire à un ordre mondial plus juste, sinon plus justifié.

Au lieu de cela, le clown Eltsine, indigne successeur de Gorbatchev a laissé la chienlit s'installer ce qui a suscité la reprise en main (de fer) de Poutine, héritier à la fois des tsars et de Staline (mutatis mutandis). Et le peuple russe de s'en satisfaire, en ayant seulement le sentiment d'être revenu de loin.

Une Russie de Gorbatchev aurait, si elle avait perduré, évolué vers l'Europe, avec ses règles de fonctionnement démocratique. Mais c'était sans compter avec les pays d'Europe de l'Est qui, eux, lassés par la domination stalinienne, l'ont rejetée d'emblée, trop pressés de se mettre sous le parapluie nord-américain de l'OTAN.

En n'aidant pas « Gorby » les Occidentaux ont suscité l'installation de Poutine au Kremlin, l'américanisation de l'Europe et l'irruption de la Chine sur la scène mondiale, selon la formule prêtée à Napoléon « Quand la Chine s'éveillera, le monde tremblera ». Une aubaine pour Poutine, même s'il est désormais vassalisé par Pékin.

Les militaires ont coutume de dire R.A.S (Rien à signaler). C'est dorénavant, et pour longtemps encore, la formule qui caractérise une Russie toujours militarisée, jamais démocratisée, comme le prouve encore l'empoisonnement d' Alexeï Navalny puis son emprisonnement arbitraire. De mauvais esprit pourrait même dire si ce n'était raviver de tragiques souvenirs, « R.A.S. Poutine » depuis plus de deux décennies...

La patrie de Catherine II, de Tolstoï et de Dostoïevski, arrimée à l'Europe de par la volonté de Pierre la grand a été écartée de celle-ci alors qu'ensemble, « de l'Atlantique à l'Oural », selon la formule chère à de Gaulle, elle aurait constitué un bloc culturel rayonnant, capable de garder à distance, sinon de contrer l'invasion de notre continent par une sous- culture américaine décadente. Au lieu de cela son économie est à l'étiage, avec un PIB inférieur à celui de l'Italie, que seule la vente de son gaz naturel à l'Allemagne (Gazoduc Nord Stream 2) parviendra peut-être à relever si l'opposition des Etats-Unis ne l'emporte pas au final en raison des sanctions que continue de vouloir imposer Joe Biden à la Russie en qualifiant Poutine du « tueur ».

Nous sommes donc arrivés, avant la fin de la pandémie, à un carrefour ; l'Europe, elle la première, est à la croisière des chemins... L'Allemagne, dépourvue d'énergie nucléaire, contrainte de réouvrir ses très polluantes mines de charbon (ce qui est contraire aux accords sur le climat) est face à un dilemme à propos de sa source d'approvisionnement en gaz russe. Soit elle tient tête à son allié américain et passe outre, ce qui satisferait Poutine tant pour les rentrées de devises que par le chantage à la fermeture du robinet qu'elle lui offrira sur un plateau d'argent ; soit elle s'incline, démontrant, une fois encore, la faiblesse de l'Europe.

En tout état de cause il n'est pas besoin d'être grand prophète pour entrevoir que tant que l'ancien agent du KGB trônera à Moscou, la situation restera figée et qu'il serait peut-être utile d'envisager d'amplifier, en attendant, les rapports culturels avec la Russie afin que le jour où il sera rayé des cadres, le peuple russe, que les Étatsuniens le veuillent ou non, rejoigne son espace naturel, à l'Ouest, rendant ainsi possible la réalisation de la vision gaullienne du monde. Dans la partie de bras de fer qui s'engage actuellement entre la Chine et les États-Unis, Pékin y a tout intérêt, aussi paradoxal que cela puisse paraître.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 15 mars 2021

Un pape nommé François

Selon le mot de François de Sales « le bruit fait un peu de bien ; le bien fait peu de bruit ». Et pourtant, c'est à François d'Assise plutôt que le pape actuel a emprunté son nom ; à l'ami des bêtes, écolo avant l'heure. Ce n'est pas sans signification, au jour d'aujourd'hui, quand les écolos politiciens, avides de pouvoir, réduisent leur programme plutôt que de l'étendre, à seule fin de déborder en France ce qui reste des partis socialiste et communiste.

Il faut dire que leur premier cheval de bataille, historiquement, leur a échappé. Désormais depuis qu'il est avéré que l'énergie nucléaire civile est celle qui contribue le moins au réchauffement climatique, c'est silence radio. A peine parle-t-on encore de l'énergie solaire et moins encore des forêts d'éoliennes qui suscitent la révolte des populations locales ou des marins pécheurs qui vont être contraints de veiller à ne pas heurter au large ces    moulins à vent  dont la rentabilité est variable, faible ou quasiment nulle sans même parler de la pollution des paysages.

Il serait bon que les socialistes, communistes voire mélenchonistes, nouveaux alliés dans le Nord de Pierre Mauroy mettent les choses au clair publiquement puisqu'ils ont la prétention, fort légitime, tous, de participer à l'élection principale : l'élection présidentielle 2022 qui déterminera nos choix gouvernementaux en matière d'environnement. A moins que les socialistes, une fois encore, comme pour les élections européennes ou les prochaines régionales dans le Nord et en région parisienne, ne fassent le choix de disparaître : le « droit de mourir dans l'indignité » plutôt que ce « droit de l'homme à vivre dans un environnement sain » que nous réclamions depuis 1977 avec leur « père », notre ami René Dumont ou le docteur Bombard, premier ministre de l'environnement de François Mitterrand , voire encore, à l'Assemblée nationale lorsque Nicolas Hulot a remis pour nous le 36ème Prix littéraire des droits de l'homme à Paul François, agriculteur victime de Monsanto. L'écologie, on connait depuis longtemps.

Mais le droit au pluralisme des espèces animales, végétales ne s'arrête pas à interdire les arbres de Noël à Bordeaux, ou la viande dans les cantines scolaires, loin de là. Au lieu de faire un droit rabougri, rétréci comme une peau de chagrin dans le monde éponyme qu'ils nous annoncent ce qui nous conduira à nous éclairer à la bougie si l'on ferme notre parc nucléaire civil en raison des besoins qui s'amplifient pour le parc automobile électrique de demain, nos écolos en pantoufles feraient mieux de songer à l'étendre à la culture, laquelle, visiblement, n'est pas leur tasse de thé, sinon à la publicité qui pollue nos écrans, nos boîtes à lettre et nos téléphones à des fins mercantiles.

Quoi ? La culture, quelle culture diront les nouveaux chefs de la pensée unique, « sûrs d'eux-mêmes et dominateurs ». Oui, la culture des civilisations et des langues chers maîtres. Vous voulez tous parler l'anglo-américain demain ? Vous voulez que, comme dans une caserne, le monde soit aligné, silencieux, asservi, colonisé à l'heure où il est de bon ton de fustiger les anciennes colonisations et que l'uniformité précède l'uniforme ? Vous êtes en retard d'une guerre, même si - c'est votre chance - la gauche et la droite se taisent sur cette question primordiale pour le monde de demain. Vous êtes pour l'Europe au-delà de l'Hexagone ? Pourquoi pas ? Alors vous avez une autre chance : la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, comme le commissaire Thierry Breton, librement, même après le Brexit et sans raison apparente adorent, au nom de l'Union s'exprimer en anglais, une langue exclue d'elle-même.

Pendant ce temps, le pape François, lui, s'adresse à la terre entière en une seule langue, l'italien. Jamais en anglais bien qu'il aurait pu parler en espagnol sa langue maternelle, partagée par des centaines de millions de locuteurs. Un bel exemple de respect de l'environnement culturel qui corrobore son engagement physique d'être allé en Irak au péril de sa vie, sans sous-pape de sécurité, pour prêcher la paix aux victimes du génocide des chrétiens par Daech et dialoguer avec l'ayatollah Al Sistani, représentant des chiites. Prêcher la paix ? Mais oui, la paix, cet autre droit de l'Homme fondamental jamais reconnu bien qu'il conditionne tous les autres droits et que nous réclamons en vain, à cor et à cri. Un droit dont son prédécesseur, Paul VI, à la tribune des Nations Unies disait : « Avec la paix, tout est possible, sans la paix rien n'est possible ». Un vrai jauressien cet homme !

Le pluralisme des cultures, des langues est le fondement de l'indépendance, donc de la liberté : ne prenons que l'exemple d'Israël, État créé de toutes pièces après la seconde guerre mondiale. N'a-t-il instauré sa propre langue ? Et nul, pas même l'impérialisme iranien ne l'obligera à y renoncer et à se soumettre à une puissance étrangère. Voilà pourquoi il est regrettable que - provisoirement on l'espère - les descendants d'Abraham n'aient pas eu leur propre représentant à Ur d'où il est parti il y à 2500 ans.

Simple question de religion diriez-vous. Que nenni. Israël, l'Israël, des origines récentes, des fondateurs Ben Gourion, Golda Meir était avant tout socialiste et laïque. Car la laïcité est un de ces autres droits de l'Homme fondamental, ignoré, non explicité ! Alors que nos écolos opportunistes qui veulent éclore l'an prochain la mettent en tête de leur programme, au risque de déplaire à Mélenchon l'islamo-gauchiste.

Qu'ils oublient de combattre la chasse et les chasseurs, ceci est grave ; qu'ils négligent la laïcité est encore plus grave.

On attend donc désormais, dans l'année qui vient, un vrai débat sur les vraies valeurs, avec des vrais socialistes sortis des ruines de leur parti. Il doit bien en rester quelques uns pour relever le drapeau porté autrefois par Jaurès, Blum et Mitterrand... Sinon, qu'ils chantent une dernière fois, en chœur avec Françoise Hardy « Mon amie la rose est morte ce matin » puisqu'ils n'entonnent plus, depuis longtemps l'hymne que leur avait composé Mikis Theodorakis : « changer la vie ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 8 mars 2021

L'Algérie de la haine

Aucun pays au monde n'a porté aussi longtemps, la haine dans sa philosophie officielle que l'Algérie contre la France. Pas même la France contre l'Allemagne, après trois guerres ; la Chine contre ses envahisseurs ; le Vietnam contre les Français et les Etatsuniens etc. C'est un cas unique au monde dans l'Histoire. Le président Emmanuel Macron a beau, plus que ses prédécesseurs multiplier les gestes de reconnaissance et de rapprochements comme pour l'enseignant Maurice Audin, l'avocat Ali Boumendjel rien n'y fait, rien n'y fera tant que le pouvoir à Alger sera aux mains d'une camarilla islamo-militaire qui tient le pays en coupe réglée depuis l'indépendance, en 1962. Il ne sert donc à rien de poursuivre la tentative que Benjamin Stora a engagée à la demande du chef de l'Etat. Tout est voué à l'échec par avance en raison de l'intérêt intérieur et extérieur qu'a l'Armée du pays (quoique sans ennemis à l'étranger) à une telle politique du bunker.

A l'intérieur, ainsi, aucun vent de liberté ne peut souffler : élections truquées, lois islamiques, tourisme verrouillé, presse sous contrôle, enseignement orienté, manifestations interdites, emprisonnement à tout propos, économie sous - développée totalement dépendante du pétrole au seul profit d'une poignée de dirigeants le plus souvent corrompus etc.

A l'extérieur, passivité, agressivité, ferméture ... Non seulement vis-à-vis de la

France, bouc émissaire historique mais aussi vis-à-vis de l'Europe des Lumières, du Maroc ...

Les étrangers, comme le peuple algérien lui-même sont suspects. Tous doivent être au garde à vous, voire à genoux devant ceux qui détiennent seuls la vérité depuis près de 60 ans. Il n'y a que les islamistes, à la fois par les urnes et par une violence inouïe qui ont réussi, au début des années 90, à faire vaciller le pouvoir. Mais sans que la leçon en soit tirée, même un quart de siècle plus tard, après plus d'une année de manifestations de masse hebdomadaire : le Hirak

Quand bien même la France ferait-elle acte de repentance, ce qu'à Dieu ne plaise, l'Algérie du « toujours plus » exigerait encore davantage. Voilà pourquoi il est inutile d'attendre quoi que ce soit à l'occasion, en 2022, du soixantième anniversaire de l'indépendance. Chaque pays devra séparément commémorer l'évènement.

Non que la France soit exempte de fautes. Mais si sa colonisation était une erreur liée à un contexte historique, en quoi la conquête de 1830 est-elle plus condamnable que la colonisation ottomane, bien plus longue et menaçante à l'extérieur pour la paix en Méditerranée ? En quoi est-elle plus condamnable qu'une conquête arabe qui a imposé (et continue d'imposer à la majorité berbère) une religion porteuse d'inégalités sans espoir de démocratie, comme partout ailleurs où elle est ? Il y aurait donc une bonne et une mauvaise colonisation ?

Quant au 8 années de guerre, peut-être aurait-on pu les éviter si Messali Hadj, premier père du mouvement pour l'indépendance, dès avant 1940, n'avait été éliminé par le FLN ou si un Gandhi, un Mandela avaient conduit une marche inéluctable vers la séparation.

Le pêché originel, l'assassinat d'un instituteur, premier mort du conflit marque de son sang (comme celui de Samuel Paty) un futur qui perdure aujourd'hui encore. Qui en doute après qu'un million d'Européens se soient vu proposer le choix entre « la valise ou le cercueil » ; que des centaines de milliers de harkis aient péri sur place dans des conditions atroces. Voire : un véritable plébiscite qui ne dit pas son nom, que des centaines de milliers d'Algériens fuient aujourd'hui leur pays pour l'étranger, y compris vers l'ancienne métropole, soi-disant « criminelle » condamnée « à perpétuité » par des manipulateurs hémiplégiques.

Inutile, dès lors, pour les dirigeants français qui se succèdent de s'abaisser à tenter une impossible réconciliation tant qu'un pouvoir démocratique ne gouverne pas l'Algérie. Ils se heurteront toujours à un mur, tout en humiliant la France pour le plus grand profit des héritiers de Le Pen.

Un jour peut-être, les « pieds noirs » et parents de harkis pourront revoir leur pays et y honorer leurs morts, ce droit de l'Homme basique. Mais de toute évidence ce mur n'est pas prêt de tomber. Sachons raison et dignité garder ...

Nous, nous restons fidèles à Nafissa Sid Cara, notre amie oubliée qui, après que De Gaulle eut donné le droit de vote aux femmes françaises et algériennes, à la Libération, devint sa ministre en 1959. En cette journée des droits de la femme, il était bon de le rappeler, monsieur le président Macron, (en même temps « diriez-vous ») que les regrettés Audin et Boumendjel. Les voies de l'émancipation du peuple algérien étaient alors impénétrables comme les voies du Seigneur.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 1er mars 2021

Ecolos politiciens ...

C'est à qui sera plus écolo que les autres, et qui ne le comprend dans le « climat » (si l'on ose dire actuel). A l'instigation de l'Exécutif, un « projet de loi sur le climat » issu de la  convention citoyenne pour le climat  sera donc débattu à l'Assemblée nationale, fin mars. Un projet comportant 69 articles dont le Haut Conseil pour le climat, présidé par Corinne Le Quéré a eu la responsabilité ponctuelle, sous le contrôle d'un cabinet privé : le Boston Consulting Group / BCG) mandaté par le gouvernement. Rien de moins ... Et si vous ne suivez pas, prenez votre vélo pour suivre, c'est plus écolo. Mais le CESE (Conseil Economique Social et Environnemental) troisième assemblée permanente de la République après l'Assemblée nationale, le Sénat, direz-vous ? Il « végète » car pour l'environnement, rien de plus normal malgré son titre.

A travers ces méandres, ces tergiversations, ces approximations, on sent bien un manque de philosophie politique globale qui ferait grincer des dents notre ami René Dumont (l'homme au chandail rouge, premier candidat « vert » à l'élection présidentielle de 1965 qui venait manifester avec nous, plus tard, contre la dictature argentine durant nos 320 semaines d'action) ou l'incomparable docteur Alain Bombard, futur ministre de l'environnement de François Mitterrand, membre fidèle de NDH jusqu'à sa mort. Quant à Nicolas Hulot lui-même, qui remit le Prix littéraire des droits de l'Homme en notre nom à l'Assemblée nationale à Paul François, victime de Monsanto, ministre de l'environnement à son tour, il a préféré se retirer sur ses terres en bord de mer.

Le projet de loi sur le climat qui va donc être examiné n'est pas nul cependant, même si d'aucuns le jugent insuffisant. Mais ceux qui se préparent à le combattre sont-ils eux-mêmes à la hauteur du défi de notre temps ? Revenons dès lors à nos fondamentaux qui nous ont valu d'obtenir la signature puis le dépôt de notre proposition de loi constitutionnelle portant reconnaissance, sous la forme d'un titre II à la Déclaration de 1789 (comme nos ancêtres l'ont voulu) par 520 parlementaires de tous bords, de nouveaux droits de l'Homme, dont le « droit à vivre dans un environnement sain ».

Pour nous, si l'environnement est la lutte pour le climat, la biodiversité, le sauvegarde des espèces animales et végétales qui sont la garantie de la survie du genre humain, cela va malgré tout bien au-delà - ce que nos nouveaux écolos politiciens négligent tout en amusant la galerie avec des mesures gadget comme la suppression à Bordeaux des sapins de Noël ou, à Lyon, l'imposition dans les cantines scolaires de menus végétariens (pour éviter la viande hallal ou cachère). Laïcité oblige.

Certes, ils profitent de l'absence de vision des autres partis, de droite comme de gauche, ce qui les fait toujours apparaître, eux, comme « en pointe ». Toutefois, ne serait-il pas temps, en tant que philosophie politique et morale, pour toutes les organisations qui visent à prendre de pouvoir, d'étendre leur conception, que dis-je, d'élever leur conception à un environnement immatériel, intellectuel en tenant compte de nos « racines » ... et pas seulement de nos racines terriennes.

Deux seuls exemples :

- La langue. Les écolos et autres politiciens se soucient comme d'une guigne de la disparition progressive de la diversité des principaux idiomes de la planète, pourtant porteurs de cultures millénaires. L'anglo-américain envahit nos rues, nos écrans, nos machines. A Bruxelles, comme à Strasbourg ou à Genève, toutes cités francophones, la langue française recule dans des organisations internationales qui y siègent, par paresse ou snobisme. Voire, bien pire, parce que les esprits sont totalement colonisés, alignés sur le monde anglo-saxon qu'ils veulent absolument singer. La présidente de la Commission de l'Union Européenne, Ursula von der Leyen, allemande, comme le commissaire Thierry Breton, français, s'expriment en anglais malgré le Brexit. « So chic, isn't it ? »

- La publicité. Jugez-en vous-même ! Les fils de pub, essentiellement motivés par l'argent, le profit ne vendent leurs affaires qu'en anglais. Même pour des consommateurs français, italiens, espagnols ou allemands. Où est le respect de la diversité, du pluralisme ? Air France, Renault, Peugeot ... prennent le train de la soi-disant « modernité ». Même la mode, le luxe qui ne se vendait autrefois qu'en français a baissé pavillon. Dehors Dior ! Passons sur la publicité dont on nous assaille quotidiennement au téléphone, une pollution sans fin contre laquelle les écolos patentés ne montent pas au créneau ; pas plus qu'ils n'ont poussé des cris d'orfraie quand Patrick Le Lay, patron de TF1 parlait de notre « part de cerveau disponible » pour la publicité.

Bref, nos pseudo écolos, comme leurs concurrents de droite ou de gauche n'ont pas la culture, l'intelligence, « l'immatériel » dans leur valise soi-disant « plurielle ». Ce que tous veulent, c'est le pouvoir pour le pouvoir et, pour cela, ils ont tous besoin depuis trente ans des « communicants » qui leur soufflent quelques slogans. Ce n'est plus dans les partis que naissent les idées nouvelles, fortes, c'est désormais dans les cabinets de « consulting », chez les marchands de vent ou d'eau tiède.

Ainsi, la France, l'Europe dans son ensemble, nous préparent une planète uniforme sur le modèle anglo-saxon ; sorte de dictature libérale où le dieu Mammon règnera en maître. Car on ne voit pas poindre chez nos gnomes écolo un homme (ou une femme) du « 18 juin » qui appellerait au sursaut. Ailleurs non plus d'ailleurs ... Une seule ligne d'horizon : la neutralité carbone en 2050. Voilà tout ce que permet la myopie politicienne et encore ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 22 février 2021

Islamaux gauchistes

Il faut répéter la formule « islamo gauchiste » comme un mantra depuis que le philosophe Pierre-André Taguieff l'a lancée, lorsqu'il analysait les alliances ambigües contre Israël. Bien que moins poétique que son épouse, la chanteuse yiddish Talila, il a fait mouche et on ne peut que le suivre dans son analyse politico-historique d'une certaine perversion des idées qui perdure, voire fait tâche d'huile. Mais nous ne sommes plus dans le conflit arabo-israëlien cette fois. Nous sommes bel et bien en France. Dans la France du premier quart du XXIe siècle.

Que voulait dire Pierre-André Taguieff en forgeant ce concept ? Tout simplement que les gauchistes, ennemis de la démocratie et les islamistes totalitaires forcenés étaient capables de faire cause commune contre l'existence de l'Etat hébreu, sans état d'âme après l'holocauste. L'union de la raison et de la déraison. Une seule victime en l'occurrence : la laïcité, ce gain précieux de notre loi de 1905 que la France, hélas, n'a pas su exporter comme elle l'a fait, avec plus ou moins de succès, de la Déclaration des droits de l'Homme de 1789.

D'aucuns s'en étonneront avec candeur, n'y voyant (à petite échelle) que, selon la phrase célèbre du « démocrate » Lenine : « le gauchisme, maladie infantile du communisme ». Un véritable « centriste » ce Vladimir Ilitch Oulianov ; un Lecanuet russe avant l'heure.

Mais revenons à nos moutons, et à l'actualité récente. C'est la ministre de l'enseignement supérieur, Frédérique Vidal qui, cette fois, a remis la balle au centre en demandant au très docte CNRS de faire rapport sur l'islamo-gauchisme au sein de l'université. Comme si telle était la tâche d'un organisme à vocation scientifique et non politique. Une bévue de plus après celle de Claire Hédon, Défenseure des droits (!) qui a imaginé créer des « zones blanches » où il serait interdit aux forces de l'ordre (républicain) de contrôler les identités avant de rétro-pédaler devant une levée de boucliers unanime - et pas seulement ceux des CRS ...

Frédérique Vidal n'a pas tort sur le fond, quoique totalement tort sur la méthode, au point que le président de la République lui-même a dû la recadrer.

Sur le fond, puisque c'est là l'essentiel, la question posée est celle du mariage de la gauche, surtout extrême, avec l'islam, en tant qu'organisation politique et non religieuse (mais avec les mêmes « valeurs »). Ce que l'on pourrait qualifier de « mariage de la carpe et du lapin ». Soyons clairs : la liberté avec l'oppression. Interdiction de se convertir, polygamie, héritage divisé par moitié pour les femmes etc. Tout ce que contient le Coran et qui donc ne peut être reformé, revisité, sauf à être considéré comme « mécréant », donc passible du pire ...

Or telle n'a pas toujours été l'option stratégique de la gauche vis-à-vis des religions, historiquement. A l'aube du XXe siècle, il s'agissait au contraire de « bouffer du curé », d'attaquer les chrétiens même s'ils enseignaient ex cathedra que « si l'on te frappe il faut tendre l'autre joue » ; « bienheureux les pauvres », voire drastique laïque « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». « In illo tempore » (en ce temps là) le petit père Combes, ancien séminariste, expulsait religieuses et religieux - sans sectarisme bien sûr, au nom de la laïcité - oubliant leur engagement pour les plus défavorisés quand ni la gauche ni le service public n'existaient encore. Sans Jaurès, sans Aristide Briand, seuls vrais laïcs, jusqu'où ne serait-on pas allé ? (et puis, surtout, hélas ! sans la première guerre mondiale : « Les curés sacs au dos ! ») qui a réconcilié la France, clivant alors la IIIe république en deux : celle d'avant 1914 et celle d'entre les deux guerres mondiales, plus conciliante.

En revanche, telle n'est plus le choix, de nos jours d'une certaine gauche, notamment dans les villes de banlieue de nos plus grandes cités, même si la philosophie chrétienne (comme sa mère juive et la bouddhiste) est aux antipodes de la philosophie islamique : pacifisme contre rapports de force ; liberté individuelle contre astreinte collective. Au diable (si l'on ose dire) la philosophie-ce qui est l'essentiel-sans aucun rapport avec les croyances théologiques. On introduit donc le vers dans le fruit, dont Trappes est le plus bel exemple, avec la prise de la municipalité de notre ami Guy Malandain par la bande de Benoît Hamon ; la fuite de la minorité « juive » de villes comme Sarcelles ; la participation de Jean Luc Mélenchon aux défilés contre l'islamophobie avec la sénatrice Esther Benbassa affublée d'une étoile jaune. Le comble scandaleux de la récupération. La gauche « laïque » a désormais vécu. C'est la droite, voire l'extrême droite qui a récupéré l'héritage de cette valeur essentielle de la liberté qu'est la laïcité. La gauche a basculé ... et elle s'étonne d'être mise en minorité tandis que la bande à Le Pen « tutoie » la prise du pouvoir. Au motif ? Au motif hypocrite que les musulmans de France ... et d'ailleurs seraient de pauvres exploités, prolétarisés par les affreux capitalistes ; ils seraient victimes de discrimination.

On hallucine quand le développement de l'islam en France n'est pas le fruit de conversions à une philosophie religieuse qui engendre le séparatisme mais de la seule immigration, avec le financement des mosquées par l'Arabie Saoudite, l'Algérie, le Maroc etc. D'où l'expansion du port de voile ; la non intégration conviviale et alimentaire ; des heures de piscine séparées pour les femmes et les hommes comme l'avait promu Martine Aubry ; le refus pour les femmes d'être soignées par des médecins hommes ...

Grâce à une gauche qui a oublié ses fondamentaux la concitoyenneté régresse. Elle a combattu nos valeurs fondamentales historiques, culturelles mais favorise désormais les porteurs de valeurs philosophiques totalement opposées qui nous viennent non pas du christianisme mais de la pax romana (rappelons le convivium, le connubium et le concubium ou bien encore : « à Rome, vis comme les Romains »)

Conclusion des tenants « gauchistes » de l'époque actuelle, si on ne les suit pas dans leur délire rétrograde, on est islamophobe, raciste ... comme si une religion était attenante à une race ! Par contre, silence abyssal des mêmes sur la persécution des juifs et des chrétiens en Afrique du Nord et au Proche Orient dont on a dix mille exemples. Deux poids, deux mesures. Dommage que le Droit ne soit pas « conventionnel », c'est-à-dire, par obligation, égal entre chaque pays, par réciprocité. La loi au Talion est effectivement rétrograde. Résultat des courses, les citoyens européens, contraints au silence par des politiciens de bas étage, comme ils se sentent, à leur tour discriminés, dans les urnes, ouvrent un boulevard à la droite extrême. Madame Le Pen, on dit « merci » à qui ?

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 15 février 2021

La première guerre mondiale sans arme

La planète bleue est entrée dans une nouvelle ère après 4 milliards d'années, ce qui est bien peu par rapport aux 13,7 milliards d'années de l'univers, selon les scientifiques les plus au fait des connaissances.

Depuis, l'Homme l'a conquise, souvent à coup de batailles, de tragédies qu'il serait trop long, inutile d'énumérer, pour en arriver au « XXe siècle après Jesus-Christ » (après J.C.) ou, comme on est prié d'écrire, désormais « XXe siècle de notre ère » pour n'offenser personne. En effet, Jésus était Juif et il ne faut froisser qui que ce soit. Laïcité de com. oblige. Aussi hypocrite que le drapeau de l'Europe, issu du voile de Marie, sa mère, ce qu'il ne faut surtout pas dire, car cela a été acté, officiellement : l'Europe n'a pas de racines « chrétiennes » : les cathédrales, les moines qui ont sauvegardé la culture gréco-latine, l'art roman ... détails de l'Histoire que tout cela.

Vient alors le XXe siècle et ses deux guerres mondiales, qui ont scellé, par les armes et ses dizaines de millions de morts, volens nolens, l'unité du monde. Puis on crut à la paix, malgré la guerre froide ; à un progrès technologique plus fort qu'au XIXe siècle ; on crut à la mondialisation après la chute de l'empire totalitaire soviétique. Bref, des temps nouveaux s'annonçaient avec le tout numérique ; l'hégémonie américaine qui ne veut qu'une seule langue, qu'une seule monnaie : le dollar. Tous les peuples, toutes les civilisations allaient, devaient se retrouver en position de « colonisés ». Trump incarna même cette acmé pendant quatre ans quand le vieux peuple chinois, lui, commença à regimber alors que l'Europe, elle, se couchait en ne s'exprimant qu'en anglais, malgré le Brexit voulu par le frère jumeau de Trump, Boris Johnson.

C'est à ce moment là que surgit ce que nous vivons aujourd'hui : une troisième guerre mondiale. Mais sans arme, contre un ennemi invisible, un virus appelé Covid 19, qui obligea les pays à se barricader à nouveau, les populations à se confiner, les avions à rester cloués au sol, les activités économiques, à être réduites au minimum. L'inverse des décennies précédentes.

Bien sûr le tandem anglo-saxon nia aussitôt tout danger et continua à parader sans masque pour le plus grand malheur des peuples qui les avaient élus. Puis il accusa la Chine d'avoir créé le fléau pandémique.

Nous en sommes donc là sans savoir, comme dans toute guerre quand elle se terminera. Les chercheurs, ces nouveaux soldats, avec tous les soignants, ont été mobilisés contre l'armée invisible. En un an, ils sont sensés avoir trouvé la parade à travers de multiples vaccins quand, autrefois, il fallait plusieurs années pour éradiquer le mal. On ne peut que s'en féliciter, même si la France de Louis Pasteur doit porter le bonnet d'âne des nations avancées en la matière puisque l'Institut qui porte son nom ou le géant Sanofi ne sont pas allés en finale, éliminés « dès le premier tour » ...

Bien qu'il soit encore tôt, beaucoup trop tôt pour dresser un bilan, les observateurs peuvent tout de même commencer à analyser les conséquences de l'annus horribilis que nous avons vécu d'un bout à l'autre de la planète et les comparer avec les dégâts causés par les deux guerres mondiales armées.

Première remarque, mutatis mutandis, si l'on compare avec les conflits guerriers armés du XXe siècle, le coût de cet arrêt du monde est bien moindre. En pertes humaines tout d'abord. Verdun, en 1917, c'était des dizaines de milliers de morts à la minute. L'Holocauste (la Shoah) sept millions de vies supprimées. Or si comparaison n'est pas raison, ce salaud de virus est loin de ces sacrifices voulus, eux, par la seule volonté des gouvernants.

En second lieu, il n'y a, du fait de la pandémie aucune destruction matérielle, à la différence des guerres armées qui ont détruit immeubles, usines, infrastructures routières, ferroviaires, portuaires etc. Les dégâts en sont donc limités.

« Oui mais », martèleront les medias pour accroître leur audience et faire monter les enchères : vous oubliez les dégâts psychiques, notamment chez les jeunes.

Pas question de minimiser. Seulement de relativiser, même si le président Macron a diagnostiqué que « c'est dur d'avoir 20 ans en 2020 ». En effet, si vous aviez 20 ans en 1914 ou en 1939 on vous offrait un sac à dos et un fusil et en route pour le front. Terminées les études pour au moins quatre ans.

La jeunesse actuelle serait-elle moins apte à l'adversité ? moins résistante que les générations précédentes ? D'où cette portée au pinacle des « psy » de tout poil dont le seul but est de faire « prendre des vessies pour des lanternes ».

Il faut savoir raison garder. Au lieu d'un fusil, l'Etat offre des revenus de substitution, un accès à des denrées alimentaires dont bien des SDF rêvent. Rien de comparable, dès lors, avec la jeunesse de 14 ou de 39. A moins que les sociologues ne nous déclarent que l'actuelle jeunesse a perdu les qualités morales des générations précédentes ... parce qu'entre les deux, il y a eu les « baby boomers » qui n'ont connu ni guerre ni pandémie. Voilà un bel os à ronger pour les médias. Des heures d'antenne, des pages de journaux sans peine.

Dans le même temps, professeurs, médecins, soignants ont pris le pouvoir médiatique, ce qui est la moindre des choses pour ces temps tragiques, bien qu'ils ne soient pas comparables avec la peste, le choléra, voire la grippe espagnole ... des épidémies en rien universelles comme notre actuel Covid 19 qui court de l'Australie au Chili, du Portugal à la Russie etc. Eux ne sont pas des psy. Ils s'attaquent au dur, au concret mais gare en même temps à nos libertés qu'ils auraient parfois tendance à confiner avec tout le monde, par précaution, car on le sait grâce au docteur Knock, « une personne bien portante est un malade qui s'ignore ». Un principe de précaution dont on nous rebat les oreilles de nos jours pour tout et pour n'importe quoi. Là, l'affaire devient politique.

On sait comment Trump et Johnson, stupidement, ont voulu conjurer le sort, à coup de menton et de dizaines de milliers de mort. Mais on sait aussi qu'Emmanuel Macron, lui, en s'entourant de conseils a, pour l'instant, maîtrisé le fléau malgré quelques bavures administratives concernant masques et vaccins ... Dont acte. Il n'a pas été Churchill, certes. Inutile. Au moins a-t-il été Clémenceau, lequel, rappelons-le, disait que « la guerre est une affaire trop sérieuse pour être confiée aux militaires » ...

Militaires en 1917 = médecins en 2020, ce jeune homme a de la mémoire ! Il a donc été « le Tigre ». Espérons qu'il n'aura pas à être « le Lion », car on sait ce que les Britanniques ont réservé à leur vieux Lion après guerre.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 8 février 2021

Iran contre Belgique

Nous attendions le verdict de la Justice belge avec anxiété. Oserait-elle faire passer le Droit avant les menaces, toujours latentes depuis quarante trois ans que les fanatiques islamistes ont pris le pouvoir à Téhéran ?

En l'occurrence, elle avait à se prononcer sur l'attentat projeté le 30 Juin 2018 à Villepinte, lors du grand rassemblement annuel de la Résistance iranienne par une bande de terroristes masqués, sans couvert d'immunité diplomatique. La cible principale était en premier lieu, Maryann Radjavi, Présidente du CNRI (Comité National de la Résistance Iranienne) mais les victimes se seraient sans doute comptées par dizaines, vu l'arsenal trouvé sur le commando, armé au sommet même du pouvoir criminel qui règne sur l'ancienne Perse depuis trop d'années.

L'homme clef était Assadollah Assadi, troisième conseiller d'ambassade en poste à Vienne (Autriche). C'est l'individu spécialiste en explosifs qui a remis une bombe à base de peroxyde d'acétone à ses comparses, un couple belgo-iranien, après avoir lui-même repéré les lieux l'année précédente. Une bombe fabriquée en Iran et transportée, après enquête, par la valise diplomatique à bord d'un avion de ligne.

Le quatrième membre du groupe, Mehrdad Arefani, pour sa part, a été arrêté à Villepinte puis extradé vers la Belgique (de même que l'Allemagne a remis à la Justice belge Assadi, bien que bénéficiant de l'immunité diplomatique lorsqu'elle l'a interpellé). La solidarité européenne a donc joué à fond. Mais c'est en Flandre, à Anvers, que devait être jugés les terroristes puisque le couple, qui avait réceptionné l'arme du crime au Luxembourg (Amir Saadouni et Nasimeh Naami) avait été arrêté à Bruxelles.

Sentences, rendues le 4 février 2021 : 20 ans de prison pour Assadi, le diplomate criminel, mandaté par Hassan Rohani, président soi-disant « libéral » de l'Iran actuel (sinon inspiré par le Guide suprême Ali Khamenei, héritier de l'ayatollah Khamenei). 15 à 18 ans pour ses comparses.

Cela signifie-t-il pour autant que la page est tournée ? Jamais tant que le régime terroriste restera en place à Téhéran. Il continuera aveuglement à susciter le trouble en Irak, en Syrie, au Liban en même temps qu'il poursuivra sa quête inlassable d'un armement nucléaire, dénoncé pour la première fois, on s'en souvient, justement par le CNRI, son ennemi juré.

Après le retrait des États-Unis de l'accord de Vienne de 2015, qui limitait l'enrichissement de l'uranium nécessaire, celui-ci a repris de plus belle, comme un pied de nez à Trump et malgré les tentatives des trois Européens (France, Allemagne, Grande Bretagne) pour apaiser l'ire des barbus, plus engagés que jamais. Nos maîtres chanteurs exigent désormais, pour revenir dans l'accord que le nouveau Président, Joe Biden, lève les sanctions économiques qui étranglent leur pays ... ce qui sera un test de responsabilité pour ce dernier à la face du monde. Or on sait d'ores et déjà qu'il s'y refuse ...

Pour notre part, nous qui avons vu sauvagement assassiné à Paris notre ami, l'ancien Premier ministre Chapour Bakhtiar, partagé la lutte de la Resistance auquel le Président Mitterrand a accordé l'asile politique en France ; déploré les emprisonnements, les tortures, les pendaisons par dizaines de milliers en Iran, sans toutefois nous substituer à la direction des opposants à ce régime barbare ( parce qu'elle a fait ses preuves d'intelligence et de courage) nous revendiquons que soit préparé, instruit par la Cour pénale internationale le jugement des criminels qui, depuis quatre décennies martyrisent leur pays. Utopie ? Non. Simple question d'éthique et de volonté politique. Une telle épée de Damoclès doit dorénavant peser sur leurs têtes enturbannées. D'ailleurs, s'il en est encore qui doutent, comme notre ex-ami Régis Debray, du caractère fasciste de la pseudo « République » islamique d'Iran qu'ils attendent quelques temps. On ne tardera pas à apprendre que des personnes sont arrêtées à seule fin de servir de monnaie d'échanges contre la libération des quatre condamnés en Belgique à l'instar de la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkkah emprisonnée depuis le 5 juin 2019. Le chantage, le rapport de force a toujours été l'apanage de Khomeini et de ses héritiers.

N'espérons alors qu'une seule chose ; que l'Union Européenne, voire les États-Unis version Biden fassent corps autour de la courageuse Belgique, sans barguigner. Elle est un exemple pour tous.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 1er février 2021

Poisons ...

Il n'y a pas que cette maudite Covid-19 dans l'actualité. Si l'on y regarde de plus près, d'autres fléaux sont réapparus dans nos mémoires défaillantes que la multitude de medias ne met pas à sa « une », sauf exception quand, comme le journal Le Monde on veut instiller, comme un poison lent, depuis un quart de siècle, que la France est complice du génocide des Tutsi, au Rwanda en 1994.

La thèse ne passe pas ? Qu'importe, on en remet une couche jusqu'au jour où, peut-être, ce poison subtil aura fait son œuvre. Quand les acteurs, en particulier auront disparu. Il n'est que d'attendre ... même si dix mensonges ne font pas une vérité.

Celui que l'on montre du doigt au premier chef est le président de la République d'alors : François Mitterrand, secondé après les élections législatives de 1993 par le nouveau Premier ministre, Edouard Balladur. Un Hubert Védrine, proche du Président à l'Elysée, puis ministre expert en relations internationales a beau rappeler, préciser, contester, rien n'y fait. La France et son chef d'Etat de 1994 sont présumés « coupables ».

Avec une petite goutte de poison à la fois, on finira bien par y arriver à la façon Poutine. D'ailleurs, ce François Mitterrand, ce rassembleur de la gauche qui a aboli la peine de mort ne présente-t-il pas le profil idéal ? Quant à la France elle-même il est bien connu que « la patrie des droits de l'Homme » a fermé les yeux devant le massacre de 800.000 Tutsi. Il n'est que de lire l'entretien accordé par François Graner, directeur de recherche au CNRS au journal Le Monde du 17-18 janvier 2021 pour s'en convaincre ... « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose » ...

Par contre, silence quasi absolu de la part de l'ensemble des medias sur un crime contre l'humanité bien réel perpétré par l'armée des Etats-Unis, d'abord au Vietnam, puis au Laos et au Cambodge, lorsque au commencement, John Fitzgerald Kennedy étant président, ceux-ci ont commencé à utiliser à grande échelle une arme chimique dite « l'agent orange ». Et cela, pendant une décennie (1961 - 1971) grâce à Monsanto et Dow Chemical.

80 millions de litres de pesticide ont été déversés sur les forêts, sur les cultures vivrières, avec les conséquences que l'on sait sur les populations, d'alors ... et, de nos jours ... toujours : cancers, tuberculose, diabète. Y a-t-il un doute sur ces faits ?

Pour ces crimes, ce poison, pas de Tribunal pénal international (que les Etats-Unis récusent) ; pas de revendication des écolos ; nul en outre ne parle de prescription.

Certes, on nous ressort le film de cette petite fille nue, brûlée au napalm qui court en hurlant après un bombardement de civils. Mais de crimes contre l'humanité, point. D'ailleurs voyez le long et récent combat de l'agriculteur charentais Paul François, auquel NDH, avec Nicolas Hulot, en 2018, a remis son 35e Prix littéraire des droits de l'Homme, à l'Assemblée nationale, pour son épuisant combat contre Monsanto. Encore Monsanto, toujours Monsanto ...

Aujourd'hui, une femme, une Franco-Vietnamienne victime du célèbre « agent orange » elle-même, reprend le combat devant le tribunal d'Evry. Son nom ? Tran To Nga. Peut-être Le Monde lui consacrera-t-il, à elle aussi, deux pages entières ... comme à François Mitterrand, qui, hélas, ne peut plus se défendre. Mais il nous l'a promis, lors des derniers vœux « Là où je serai, je veillerai ». Chiche !

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 25 janvier 2021

Un talon d'Achille constitutionnel

Nul ne s'en inquiète parmi les politiques ou les observateurs de toutes tendances, mais la République peut être mise en danger à la suite d'un vote pour l'élection présidentielle.

Sans vouloir jouer les Cassandre, ou comme la célèbre Geneviève Tabouis, autrefois, sur les ondes de Radio Luxembourg qui concluait toujours ses commentaires politiques  par             « attendez-vous à savoir...» on se doit tout de même de tirer - que dis-je - d'agiter la sonnette d'alarme dans ce pays où la politique politicienne prévaut sur la rigueur du Droit. Sinon un débat national aurait été lancé depuis longtemps.

A savoir ?

Quid de la légitimité, et de la légalité, de l'élection au suffrage universel d'un candidat qui a très largement dépassé les frais de campagne autorisés lors d'une élection présidentielle ?

Hypothèse d'école ? Ne soyons pas naïfs. Ce cas de figure, voire ce cas de conscience a déjà existé. Et il a été résolu par la real politik d'un de nos bienveillant amis, alors président du Conseil constitutionnel, l'aimable Roland Dumas, ci-devant avocat puis ministre des Affaires étrangères. C'était en 1995 ... Cela aurait encore pu être le cas lors de l'élection présidentielle qui vit Nicolas Sarkozy devenir chef de l'Etat puisqu'une contestation est toujours en cours.

Bref, la France pourrait, un jour ou l'autre, si l'on n'y prend garde se retrouver, mutatis mutandis, dans le scenario de la dernière élection américaine où le sortant-sorti Donald Trump, a contesté devant tous les tribunaux la régularité du scrutin qui a permis à Joe Biden d'entrer à la Maison Blanche.

Revenons en arrière ... vers le futur.

En France, ce n'est pas la presse mais, très officiellement, le ministre de l'Intérieur qui, le soir de l'élection, dès 20 heures, annonce les résultats. On se souvient encore des images : François Mitterrand apparait à l'étage du « Vieux Morvan » ; Valery Giscard d'Estaing exprime en anglais sa satisfaction au monde entier ; Jacques Chirac parade dans Paris en voiture, vitre baissée etc.

Soit. Quelques temps après, l'heureux élu s'entretient avec son prédécesseur qui lui confie les codes. Jusqu'à ce moment, tout va bien, comme disait celui qui tombait du 50e étage en passant devant le 25e. Souvent le prédécesseur raccompagne même son successeur jusqu'au perron où l'attend sa voiture. Comme on disait avant 1789 « Le roi est mort ; vive le roi », ce qui, heureusement, n'a plus cours, mais ...

Revenons pour l'exemple à 1995 ...

Le Président Chirac était déjà installé à l'Elysée depuis plusieurs mois. Il avait nommé un gouvernement lorsque le Conseil constitutionnel a constaté, à l'automne, que les comptes de campagne du nouveau premier des Français avaient largement dépassé les bornes comptables prévues. Quant à ceux du candidat Balladur, la Cour de Justice de la République (un quart de siècle après) commence à les radiographier après qu'ils aient été, comme ceux de Jacques Chirac en son temps, validés par le Conseil constitutionnel avant qu'il n'entreprenne un second mandat.

Or, si l'on sait que les frais de campagne électorale sont limités afin d'éviter que les plus riches n'écrasent par leur propagande les plus pauvres, dans un souci démocratique et républicain, la question est primordiale pour égaliser les chances. Sinon, comme on veut en instaurer la mode de nos jours, désignons ou faisons désigner les élus ... par tirage au sort ; voire consultons un aréopage d'astrologues. Nostradamus aurait à coup sûr prédit le nom du futur chef de l'Exécutif.

Mais revenons au cadre actuel des élections présidentielles en France, qui sera encore celui de 2022. Selon l'article de Simon Fiel dans Le Monde (19 janvier 2021) article très documenté, si Roland Dumas et le Conseil constitutionnel n'avaient pas fermé les yeux sur les graves irrégularités du compte de campagne de Jacques Chirac en 1995, cela n'aurait pas entrainé la nullité du scrutin. La seule conséquence eut été le non remboursement de ses dépenses de campagne par l'Etat ... Alléluia !

Alors, donnons-nous en à cœur joie. Car, chacun le sait « quand les bornes sont passées, il n'y a plus de limites ». Dépassons, dépensons ... pourvu que l'on touche le Graal élyséen. Où est l'égalité des chances entre les candidats puisqu'on sait que l'argent est souvent le nef de la guerre ? Philippe Poutou n'est pas Trump pour engager une multitude de recours, judiciaires ou autres.

Dès lors, soyons sérieux. Un candidat à l'élection présidentielle ne peut être élu s'il a dépassé abusivement les frais régulièrement prévus (avec une marge de tolérance, mais l'Elysée n'est pas une maison pour çà, pour parodier Paul Claudel, malgré la petite histoire du palais). Un candidat, potentiellement élu, ne peut l'être effectivement que si ses comptes sont certifiés. Donc, soit les comptes de chacun sont vérifiés tout au cours de la campagne par un représentant de la Cour des comptes pour que l'élu soit, comme de coutume, proclamé au soir de l'élection, soit, comme aux Etats-Unis - mais pour d'autres raisons, dues au système des grands électeurs - on doit attendre la certification des comptes de chacun, plusieurs mois après.

Dans la réglementation actuelle, il y a largement place pour la triche sans sanction. Au lieu du non remboursement des frais du mal élu, il aurait dû quitter l'Elysée purement et simplement. On imagine ! Et refaire les élections ? En lui interdisant de se représenter ? Le Président du Sénat eut alors joué les intérimaires du spectacle ? Voire l'élu en seconde position, remplacer le premier si cela se joue à une poignée de voix près comme lors de la joute Giscard-Mitterrand ?

Bref, il y a urgence de ne plus attendre car il s'agit bien du talon d'Achille de notre élection majeure. Et Laurent Fabius n'est pas Roland Dumas, d'autant que le Conseil constitutionnel tend, de plus en plus, à s'ériger en Cour suprême ... La France ne doit pas se donner en spectacle comme outre Atlantique.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 18 janvier 2021

La déchéance du roi Pétaud ...

Les personnes d'un certain âge, voire d'un âge certain (grosso modo celles qui peuvent se faire vacciner contre la Covid - 19) ont du mal à accepter le déferlement littéraire et médiatique contre les agressions sexuelles, les viols, la pédophilie, l'inceste ... Beaucoup considèrent, non pas que ces crimes sont inacceptables mais qu'il est inacceptable d'en parler. En clair, pour nombre de citoyens, pourtant bien formés, les bourreaux sont les victimes et, les victimes, les bourreaux. Logique, non ? Et parfaitement « moral » de surcroît !

Longtemps le Droit, cette règle du jeu démocratique, a couvert les auteurs de ces actes inqualifiables ou en a minimisé la portée. Combien d'années, de combats a dû mener notre amie Gisèle Halimi pour faire admettre que le viol était un crime - comme le stipulait le Code de Napoléon - quand les juges, eux, l'avaient correctionnalisé. Donc le renversement de l'éthique en la matière ne date pas d'aujourd'hui, ce qui aurait dû permettre aux Gabriel Matzneff et autres Duhamel (comme à leurs complices) de savoir que le vent avait déjà  tourné.  Inutile de  jouer, aujourd'hui,  les pintades effarouchées, lors    de la publication du     « Consentement » de Vanessa Springora  ou, plus récemment, de la « Familia grande » de Camille Kouchner. Imaginez-vous, seulement un instant, femme ou enfant, aux mains de ces dominateurs sans scrupule qui vous transforment en objet et obèrent votre avenir jusqu'à la fin de vos jours. Pour nous, qui y avons été confrontés, nous avons alors préféré perdre un ami que perdre notre âme et n'avons pas laissé insulter l'écrivaine Denise Bombardier laquelle dans « Apostrophe », l'émission de Bernard Pivot, était moquée par tous parce qu'elle y dénonçait voici 20 ans, le pervers Matzneff.

Aujourd'hui, une nouvelle génération a pris le relais. Comme le message, aussi fort qu'explicite de Gisèle et Denise n'a pas été entendu, compris, nombre de femmes (voire quelques hommes) prennent la plume, accusées toutefois de faire fortune par leurs révélations scabreuses sans que l'on range en outre leurs écrits sous la rubrique « droits de l'Homme ». Car enfin, c'est bien connu, on ne viole pas les droits de l'Homme dans la « patrie des droits de l'Homme ». Mais, d'abord, est-ce qu'une  femme, un enfant, est un Homme ?      « Bonne  question, je vous remercie de l'avoir posée ... »

On enrage quand, depuis près de cinquante ans, nous nous battons pour l'extension des droits de l'Homme de 1789 (que l'Assemblée de la Révolution avait pourtant précisé être               inachevés ; donc à compléter) selon la motion de l'ancêtre de notre regretté Vice-président de NDH, Mougins de Roquefort (votée le 27 août 1789).

Faute pour la France d'aller de l'avant, malgré la signature et le dépôt de notre proposition de loi ad hoc par 520 parlementaires de tous les groupes du Parlement, les prédateurs sexuels ont continué à parader, comme l'a décrit magnifiquement Camille Kouchner. Ils sont restés les rois des medias, inattaquables, « solaires », selon ses propres mots. La honte n'était pas pour eux. Duhamel brillait de tous ses feux à Sciences Po, sur LCI, au cercle du Siècle, ou encore comme     «avocat», associé dans le cabinet de Jean Veil, le fils de Simone (laquelle avait empêché le Président Sarkozy de faire étendre les droits de l'Homme, après son discours du 8 janvier 2008). Ce pauvre Louis XVI, qui avait écrit et signé au bas de la Déclaration «accepté pour être exécuté» n'a pas bénéficié, lui, d'autant d'indulgence puisqu'il en a perdu la tête.

Dans son ouvrage, la jeune juriste, digne fille de notre « frère » Bernard, son père, décrit la cour du roi, à Sanary, dans le Var, où chacun se pressait pour rendre hommage à sa majesté «solaire» ; un Louis XV au petit pied. Sauf qu'en réalité ce n'était que la cour du roi Pétaud et, comme le chante Brassens, « il n'y a que le roi des cons qui soit indétrônable ». Or il ne l'était pas encore lui, de par ses liens avec la haute bourgeoisie qui tenait toutes les ficelles en main. Qu'importe ! Elle a cependant démontré que le roi était nu en réalité. Au propre (si l'on ose dire) comme au figuré. L'Ubu des temps moderne est donc tombé de son piédestal. Le prétendu astre solaire s'est enfin couché. Il bénéficiera de la prescription trentenaire, ce qui n'est pas le cas de Gabriel Matzneff ? Dont acte.

La Justice « morale » a d'autres moyens que la Justice « judiciaire ». Et c'est heureux. La Justice immanente, elle, a fait son œuvre. L'arrogant « solaire », qui se refusait à parler à ses congénères issus de la méritocratie républicaine (on peut donner des noms) a plongé - hors de sa mythique piscine de Sanary - d'une manière définitive. Les tâcherons de la société peuvent désormais garder la tête haute car, selon la vieille formule « Le roi n'était pas leur cousin » mais, au moins, il a perdu sa morgue.

Le roi est mort ; vive la République : une et indivisible.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 11 janvier 2021

« De la démocratie en Amérique »,

de Tocqueville ... à Trump

Les évènements qui ponctuent la fin du mandat de Donald Trump ne laissent pas d'interroger les démocrates du monde entier. D'autant que la démocratie, projet universel, acté comme tel, officiellement, par le vote de la Déclaration des Nations Unies de 1948, à Paris, au palais du Trocadéro, est loin d'être acquis, trois quarts de siècle après.

Le monde est encore plein de mollahs iraniens, de Bachar El Assad, d'Erdogan, de Maduro, de Bolsonaro etc. Et, dernier venu au club, Donald Trump, président des Etats-Unis d'Amérique qui, non seulement conteste comme un malade le résultat de la dernière élection présidentielle dans son pays, mais, dans un dernier baroud d'honneur (ou de déshonneur) a appelé à manifester en masse devant le parlement américain (le Congrès) au point que celui-ci a été envahi par des milliers d'extrémistes qui nient le résultat d'élections, contrôlées et recontrôlées, y compris par le pouvoir judiciaire.

Ceci nous ramène directement à Montesquieu (« De l'esprit des lois ») qui a inspiré la Constitution américaine de 1787 où le grand bordelais prône la séparation des pouvoirs (Exécutif, Législatif et Judiciaire) et à Alexis de Tocqueville qui, plus tard, au début du XIXe siècle, vint voir vivre la jeune démocratie américaine, ce dont, il rend compte dans son célèbre ouvrage « De la démocratie en Amérique ».

Ah, quelle belle démocratie, avec ses jeunes filles pures et idéales, ses présidents propriétaires d'esclaves qui bientôt massacreront les indigènes dits « peaux rouges » pour les regrouper dans des réserves, sans aucun droit ... « La plus grande démocratie de monde », selon nos observateurs actuels après que Roosevelt ait coopéré avec le chef de l'Etat français, un certain maréchal Pétain, puis ait tenté de nommer des « gouverneurs » dans nos départements à la Libération ...

Au moins, avec la présidence Trump, fin de l'hypocrisie : « America first ». Bas les masques ! Ce président des Etats-Unis veut tout le monde à sa botte, à l'intérieur comme à l'extérieur.

A l'extérieur, il s'éloigne de l'Europe et soutient le Premier ministre britannique, son clone Boris Johnson ; taxe et surtaxe les produits européens ; ménage son complice Poutine et, surtout attaque la Chine qui, comme la France en 1940, a été envahie par des régimes fascistes ... Dont acte.

A l'intérieur, le milliardaire, devenu président des Etats-Unis, laisse se développer les mouvements extrémistes et racistes, conteste les élections, bafoue la constitution. Bref, comme on disait autrefois, « Rome n'est plus dans Rome », avec d'autant plus de facilité que, dans le monde, il trouve moult complices qui assurent gratuitement la promotion de l'american way of life, à tous les niveaux de la culture, si ce n'est de la sous-culture. On est prié partout de parler anglais, de chanter anglais, de commercer en anglais. Même les institutions européennes s'y mettent, toute honte bue. Les Chinois résistent-ils, concurrencent-ils ? On les accable de tous les maux ... Le monde doit s'aligner derrière les Etats-Unis, façon Trump. « Je ne veux voir qu'une seule tête » ... un seul modèle, une seule langue. Ceux qui commercent encore en dollar (les idiots) sont soumis aux risques de sanctions s'ils enfrayent les lois US. Qu'on se le dise !

Et ce qui devait arriver arriva ... La mégalomanie crypto-fasciste de Trump le poussa à l'acte de trop : l'appel à la manifestation contre les élus du Capitole, un certain 6 janvier 2021 ; une violation quasi explicite de la constitution qu'il avait juré sur la Bible de respecter. Exit Montesquieu ; exit Tocqueville. Le petit César a franchi le Rubicon.

Un espoir cependant. L'Europe, un peu poussée par Angela Merkel, est en voie de signer un accord avec la Chine sur les investissements. Comme disait autrefois son grand Timonier, Mao Tsé Toung «un voyage de mille pas commence par un pas» et, comme nous, disions en mai 68:  « ce n'est qu'un début, continuons le combat ».

Aujourd'hui, nous dirions plutôt, « continuons le débat » par l'installation d'une structure permanente de coopération entre l'Europe et la Chine. Mettons tout sur la table : la concurrence inégale, les règles sanitaires, Hong Kong, les Ouigours, les libertés individuelles etc.

Sans prétentions et sans arrogance car les Chinois, eux si souvent humiliés par le passé, fort légitimement, ne manqueront pas de rappeler la colonisation, l'esclavage, la traite des noirs, la dévastation du Palais d'été quand, même mon ami Pierre Loti avait ramené en France le trône de l'impératrice ! Nous ne sommes plus au XIXe siècle et le XXIe ne fait que commencer. Au moins, que le passage de Trump à la Maison Blanche serve de leçon au monde entier.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 4 janvier 2021

La symphonie du nouveau monde

Après la catastrophe de 2020, tant sur le plan sanitaire qu'économique (voire politique ; avec la fin ridicule du clown Trump, le retrait du Royaume Uni de l'Union Européenne, la persistance du terrorisme, l'irruption du fanatique Erdogan en Turquie et alentour ...) le soleil ne peut que se lever en 2021. De préférence au son de la symphonie N°5 d'Anton Dvorak, ce Bohémien qui nous ouvre les portes de demain avec sa célèbre « Symphonie du nouveau monde », laquelle vaut bien la 9ème symphonie d'un autre grand Européen, Ludwig Van Beethoven, qui lui-même, peu avant, nous avait fait déjà vibrer vers le futur avec son « hymne à la joie ».

Alors, place à l'espoir, en musique, puisque l'Europe « continentale », purgée de ce balourd anglais, qui disait « non » à tout, comme Nikita Khrouchtchev autrefois (Monsieur « Niet ») : non à la monnaie unique, non à l'espace Schengen, non à une participation équitable au budget communautaire, non à Erasmus... peut enfin entrevoir des perspectives nouvelles ; optimistes s'il en est.

L'ère qui pointe à l'horizon, au seuil de 2021 est sans doute, sans trop d'illusions tout de même, celle due à l'accord commercial majeur, négocié depuis 2013 entre la Chine et l'Union Européenne. Quand ce fou de Trump agressait en permanence l'Empire du Milieu, la vieille Europe, elle, tissait discrètement sa toile en toute indépendance, au point de conclure, en fin d'année 2020, sans même attendre l'installation à la Maison blanche de Jo Biden. Preuve que le monde n'est plus bi-polaire ; que les 27 ont peut-être atteint l'âge de raison. Mais sachons raison garder ...

Certes la Chine du Président Xi Jinping fait peur mais cette peur est irrationnelle, due à notre méconnaissance des cultures asiatiques, chinoise en particulier. En effet, celles-ci n'ont jamais été (sauf le Japon) expansionnistes, conquérantes quand nous, Européens allions, au contraire, occuper, piller cette vieille civilisation, à la philosophie confucéenne. La Chine est avant tout  « défensive », comme le prouve sa grande muraille, uniquement destinée à arrêter les envahisseurs étrangers. Même devenue « communiste » elle a conservé sa sagesse légendaire. Gardons-nous, nous Européens (Français en particulier) qui nous sommes laissé coloniser depuis 1945 par les Etats-Unis sur tous les plans - le pire étant le plan culturel - d'épouser plus longtemps la cause hégémonique mondiale des étatsuniens.

La « symphonie du nouveau monde », c'est un futur rapport équilibré entre l'Orient et l'Occident dans le siècle qui vient. Un rapport qui permettra aux citoyens du monde de demain de sauvegarder la richesse, le pluralisme des cultures, comme on s'emploie désormais à sauvegarder la diversité des espèces animales et végétales. Pourquoi pas linguistique ?

La Chine n'est pas une démocratie, diront quelques belles âmes. Regardez Hong Kong, regardez les Ouigours, voyez ces procès à huis clos ...

Ceci est un fait. Mais c'est justement l'occasion inespérée de dialoguer avec les dirigeants chinois au-delà des discussions commerciales qui vont se poursuivre, sans naïveté et surtout sans mépris ni arrogance. Chacun doit écouter l'autre. On doit instaurer un forum permanent entre l'Europe et la Chine pour rapprocher nos points de vue jusqu'à leur convergence. Nous n'avons pas besoin de Washington pour cela ; nous sommes assez grands et respectés parce que nous avons fait la Révolution puis la Commune de Paris, que l'on célèbre toujours à Pékin ; pour avoir aussi lutté, comme le peuple chinois, contre le désastreux fascisme de la première moitié du siècle dernier.

Certains, à l'instar du célèbre schtroumpf Glucksmann, attaquent la Chine essayant de jeter de l'huile sur le feu, alors que son père André, philosophe, était maoïste et fervent soutien de la        «révolution culturelle » (dont Xi Jinping en personne a été victime dans sa jeunesse). Quelle aberration quand on sait que les Ouigours, forts respectables en tant que minorité, sont aussi des islamistes dont certains, comme chez nous, ont commis de lâches attentats. En France, pour des faits similaires, le Président Macron et son gouvernement, ont préparé une loi contre la  «  séparatisme ». Mais la Chine, elle, n'en aurait pas le droit ... ? «  Erreur en deçà des Pyrénées ; vérité au-delà » dit-on chez nous.

On parle également de « travail forcé », ce que le gouvernement de Pékin conteste à demi-mots. Soit. Remettons-nous en, alors, à des commissions d'enquête car la Chine, enfin, ne refuse pas de progresser puisqu'elle se prépare à signer les conventions internationales ad hoc dont le Bureau International du Travail, à Genève, est le gardien. Ainsi, tant sur le plan des droits de l'Homme que sur le plan commercial tendrons nous alors vers la parité. Inutile, dès lors, pour France Inter d'inviter régulièrement le week-end, à son micro, quand Léa Salamé, son épouse est absente , le « député européen Glucksmann » par la grâce d'un Parti Socialiste exsangue, incapable - comme pour les prochaines élections régionales à Paris - d'avoir un candidat, en tête de liste, issu de ses rangs, qui tienne un langage responsable et non démagogique.

Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre de Jacques Chirac, fin connaisseur de la Chine (sinon Michel Barnier, qui vient de faire ses preuves dans la négociation sur le Brexit) voire Hubert Vedrine ont, eux, une autre capacité morale comme intellectuelle pour aboutir à une solution d'avenir sans avoir, auparavant, eux, déjà été semer la zizanie en Géorgie et en Ukraine à des fins nombrilistes.

Ceci n'est qu'une « impression soleil levant » pour 2021, comme l'a illustré Claude Monet. Mais elle compte beaucoup pour le monde en gestation après les évènements de 2020. L'élection présidentielle, qui se profile déjà à l'horizon, en 2022 en France, nous dira peut-être si ce nouveau monde est né, sain et équilibré, entre l'Est et l'Ouest. Alors, on pourra encore chanter  « l'hymne à la joie ». En allemand ; pas en anglais...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 28 décembre 2020

31 décembre 2020 : le « break seat » de l'Angleterre

Tout le monde s'y attendait mais nul ne pensait que ce fait d'hiver aurait lieu, en pleine crise sanitaire mondiale, qui a touché, plus que tout autre, le Royaume désuni sous la conduite symptomatique du Trump local, comme l'appelle le président élu des Etats-Unis, Jo Biden.

Tournons la page et reconstruisons le monde sans cet iconoclaste, mais non sans avoir relu le dernier chapitre de notre histoire commune qui rappelle, mutatis mutandis (mais à l'initiative anglaise cette fois) le « blocus continental » des années 1800 quant à la répartition des forces.

Lorsque la France prend l'initiative de créer avec ses partenaires européens continentaux la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier), puis l'Euratom et enfin, par le traité de Rome, en 1957, le Marché Commun avec cinq partenaires historiques (Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) la Grande Bretagne s'y oppose. Elle tente même de créer une entité rivale, l'AELE (Association Européenne de Libre échange) sans finalité d'intégration ou de simple harmonisation. Car l'ex maîtresse des mers ne saurait admettre d'être isolée. Perdante et mauvais joueur, voire, pour tout dire, arrogante.

Le succès du Marché Commun étant évident, puisque de Gaulle lui-même ne l'a pas remis en cause après 1958, ne restait alors au dit Royaume-Uni que de venir à genoux quémander son admission pour le saper de l'intérieur, ce qu'il fit deux fois, la première, célébre, étant au château de Rambouillet lorsque son Premier ministre d'alors, le conservateur Harold Macmillan vint supplier le « grand Charles » de lever son veto, ce qu'il se refusa de faire - peut être en souvenir des humiliations gratuites subies par lui pendant la guerre lorsqu'il incarnait la France.

Seul Pompidou, gaulliste en demi-teinte, accepta l'adhésion de Londres, ce qui provoqua ensuite d'incessantes querelles du temps de Margaret Thatcher, la dame de fer devenue un loup dans la bergerie. Que de fois n'entendit-on pas « I want my money back », ce leitmotiv britannique traditionnel. Plus hypocrite, tu meurs ... Même l'€uro cette belle réussite de l'Union fut rejetée au nom d'un impérialisme archaïque, qu'une Allemagne, réunifiée et assagie, elle, prit en compte, malgré quelques réticences bien compréhensibles ...

Mais Margaret Thatcher (encore moins le travailliste Tony Blair, pourtant à la remorque de Bush fils) n'osa poser la question d'un de leurs successeurs, David Cameron : « Voulez-vous quitter l'Union Européenne ? » Bref, casser le siège (break seat) qui avait été attribué à leur pays en difficulté puisqu'il n'a plus d'industrie, que son agriculture est largement déficitaire et que ne lui reste que la finance qui, croient les Anglais, gouverne le monde (ce que la Covid 19 dément largement). A force de mensonges grossiers du candidat Boris Johnson, le « oui » l'emporta donc, à 52%, sauf dans le grand Londres dont il avait été maire, au pays de Galles, en Ecosse et en Irlande du Nord ... Donc une victoire à la Pyrrhus pour un royaume désuni dont le monarque Elizabeth II touche pourtant de larges subventions européennes pour ses domaines agricoles privés. « Never explain, never complain »

Et maintenant dira-t-on ? maintenant, il importe d'en tirer immédiatement et concrètement les conséquences chez les 27 membres qui n'ont pas accepté le chantage de l'aventurier « Bo Jo ». En premier lieu, que les représentants de l'Union, à tous les niveaux, éradiquent la langue anglaise de leurs documents, de la base au sommet puisque ce n'est plus une langue officielle, y compris au sein de la Banque Européenne. Bruxelles comme Francfort, en outre, ne sont pas, que l'on sache, des villes anglophones.

En second lieu, l'Europe se doit d'avoir une diplomatie plus convergente et plus affirmée dans le monde, d'autant qu'avec la France, elle possède un outil militaire de haute qualité. Quelques exemples : est-il normal que notre pays soit quasiment le seul à se battre au Sahel contre l'invasion islamique ? voire que ce soit encore la France qui vole au secours de la Grèce et de Chypre menacées par le fascislamiste turc Erdogan ; que la Pologne, largement bénéficiaire de l'Europe, achète avions et hélicoptères aux Etats-Unis etc.

Sans doute Poutine, ce tsar intelligent et pervers a-t-il accaparé la Crimée, menacé la Géorgie, l'Ukraine avant d'abandonner les Arméniens au Haut-Karabakh, mais il est aussi très vulnérable (rappelons que le PIB de la Russie est inférieur à celui de l'Italie pour un territoire vingt fois plus grand). On doit dès lors remettre, sans naïveté, à l'heure le mythe gaullien d'une « Europe de l'Atlantique à l'Oural » (car rien ne dit qu'un jour, ses vastes et vides terres asiatiques ne tomberont pas sous influence chinoise).

Bref, l'Europe qui a une personnalité mondiale unique dans une très précieuse diversité, doit l'affirmer, maintenant qu'elle est débarrassée du poids mort anglais : ce qui veut dire ouvrir les bras à l'Ecosse, à l'Irlande du Nord et au pays de Galles si ces nations en expriment démocratiquement le souhait et dialoguer en même temps avec la Chine, en oubliant leurs fautes du XIXe siècle dans le but de coloniser, humilier cette vieille civilisation qui a su se relever pour occuper aujourd'hui toute sa place.

Sortons enfin de la guerre froide en redonnant toute sa place aux Nations unies et à chacun de ses membres. Un nouveau tiers monde peut naître, sans rapport avec celui des années 50-60. L'Europe se doit de l'incarner entre ces deux géants que sont les Etats-Unis et la Chine. Un rôle pacificateur.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 21 décembre 2020

                              Référendum climat :

      « La réponse est non. 

                    Au fait, quelle était la question ? »

                                    Woody Allen 

Le 14 décembre, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé la tenue d'un référendum pour ajouter à l'article 1 de la Constitution « la protection de l'environnement et de la biodiversité, la lutte contre le réchauffement climatique ». Une proposition issue des 150 actées par ladite Convention citoyenne pour le climat.

Sauf quelques climato-sceptiques (espèce en voie de disparition) qui serait « contre » ? Mais là n'est pas la question ... La vraie question est ailleurs puisque la réponse a déjà été apportée par la Charte de l'environnement, intégrée depuis 15 ans dans le bloc de constitutionnalité comme l'a immédiatement rappelé le professeur de droit public Jean-Philippe Derosier, enseignant à l'Université de Lille. Le Conseil constitutionnel lui-même en a jugé ainsi par une décision du 10 décembre 2020.

NDH, pour mémoire, pour le bicentenaire de la Déclaration, en 1989, avait, avant Nicolas Hulot, introduit dans sa proposition de loi constitutionnelle portant Titre II à la Déclaration de 1789 (en application de la motion Mougins de Roquefort votée par l'Assemblée le 27 août 1789) « le droit à vivre dans un environnement sain ». Une proposition de loi signée, puis déposée plus tard par 522 parlementaires députés et sénateurs de tous bords.

Aucune hostilité donc. Uniquement la dénonciation du caractère superfétatoire d'une idée, d'une norme qu'il est totalement inutile d'ajouter au « maquis » législatif qui est la spécificité française. Un maquis, d'abord c'est par définition écolo.

Question d'opportunité, direz-vous. Sans aucun doute, même si elle est issue de ce « machin » eut dit de Gaulle que l'on appelle (que l'on a appelé) la « Convention citoyenne pour le climat » où 150 personnes ont été tirées au sort pour réfléchir ensemble. Là est peut-être le péché originel d'où sort un péché véniel ... En effet, la désignation des penseurs de notre futur ne se joue pas aux dés. Où est-ce à dire que le suffrage universel dont sont issus nos parlementaires est dépassé, voire incapable d'engendrer des idées nouvelles ? Bien peu osent poser la question. Nulle levée de bouclier, chez les élus eux-mêmes ...

En second lieu, le « prince » sans être disciple de Machiavel, a retenu, dit-on, très peu des 150 propositions de ces désignés au « loto politique ». L'ingrat ! Heureusement, il avait en réserve, dans sa poche, l'arme atomique qu'il a brandie pour calmer la colère des 150 frustrés : le référendum. L'arbre qui cache la forêt car il sait très bien qu'il n'aura pas le temps de faire voter cet additif inutile avant l'élection présidentielle de 2022. Et puis, « la fête passée, adieu le saint ». D'autant qu'aux termes de l'article 89 de la Constitution (rien à voir avec la Déclaration) la question doit être au préalable votée en termes identiques par les deux assemblées. Or l'on sait, d'ores et déjà, que le Sénat est hostile ... et que beaucoup de députés macronistes ne suivront pas. Ce ne sont pas des godillots ; pas même des escarpins.

Donc le président Macron joue gagnant à tous les coups :

  • Il parait plus écolo que les écolos partisans (ou désignés par le tirage sort)
  • Son projet de référendum n'a aucune chance (ou très peu) d'être soumis au peuple, seul détenteur de la légitimité. Dès lors aucun risque. Bien joué l'artiste !

Cette question de « légitimité populaire » m'en rappelle une autre, vécue personnellement, en tant que responsable de Nouveaux droits de l'Homme. En 2005, nous avions rencontré Simone Veil, ancienne magistrate, puis ministre, pour recueillir son opinion personnelle sur le vote par le Parlement de nouveaux droits de l'Homme. La future « panthéonisée » était d'accord sur le contenu de notre proposition de loi préparée avec les meilleurs juristes des années 80 : Maurice Duverger, Paul Bouchet, Guy Braibant, Louis Edmond Pettiti, Edmond Jouve, Maurice Buttin. Mais elle nous fit objection sur un point ; basique. Pour elle, notre proposition ne devait pas être adoptée par le Parlement (issu du vote des Français) mais être prise en compte progressivement par la jurisprudence, c'est-à-dire la Cour de Cassation, le Conseil d'Etat voire le Conseil constitutionnel- en gros l'ensemble des magistrats qui rendent la justice au nom du peuple sans être les élus du peuple. Bref, le « corporatisme » qu'avait aboli la Révolution pour donner la souveraineté au peuple.

Sans être « populiste », on peut s'étonner que la grande Simone ait voulu revenir à 1788 et faire table rase de la Révolution en optant pour le statu quo ante.

L'anecdote ne s'arrête cependant pas là. Plus tard, le président de la République, Nicolas Sarkozy, très fervent soutien à notre projet de société en termes de droits nouveaux lorsqu'il était député, fit un discours, le 8 janvier 2008 pour annoncer sa proposition de reconnaissance de nouveaux droits. Il en confia alors la mission rédactionnelle à Simone Veil, par décret (N° 2008 - 328 du 9 avril 2008). Mission qu'elle accepta pour présider un « comité de réflexion » qui ne reçut personnes ou organisations, contrairement à ce qui lui avait été demandé très officiellement. Résultat, elle rendit une copie blanche au Président, en concluant qu'il était inutile de légiférer en la matière. NDH, même cité deux fois dans son rapport n'a jamais été auditionné, en respect de son décret d'attribution.

On trouvera tous les détails dans notre revue Arc en Ciel N°58 du quatrième trimestre 2008 (www.ndh-france.org). D'où notre hostilité à tout projet de portée législative qui ne respecte pas les parlementaires, voire tendrait à démontrer qu'ils sont inutiles. La règle est la même sous toutes les républiques, quel que soit leur numéro.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 14 décembre 2020

Atmosphère, atmosphère ...

On se souvient tous de la célèbre réplique d'Arletty dans le film de Marcel Carné, lorsqu'elle s'adresse à Louis Jouvet, sur le canal Saint Martin, à Paris en 1938 : « atmosphère, atmosphère, est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? »

Comment ne pas l'avoir en mémoire quand le monde entier se retrouve confiné, depuis plus de six mois, pour cause de pandémie et que la levée des barrières sanitaires s'éloigne chaque fois que l'on s'en rapproche ?

Certes, il ne s'agit pas d'une atteinte aux libertés traditionnelles, comme en temps de guerre ; les peuples ne subissent aucune destruction mais la nouveauté du phénomène déconcerte et trouble les esprits les plus équilibrés.

La mort, même lointaine pour beaucoup, rôde et menace, aggravée par les moyens modernes de communication ; le défilé des experts qui parfois se contredisent ; l'impossibilité aléatoire de rencontrer ses proches ; la fermeture, même temporaire des lieux de convivialité : bars, restaurants, cinémas ... Il y a un phénomène cumulatif.

Le travail, si vilipendé depuis deux siècles, sous l'œil contestataire des syndicats et des partis de gauche qui dénoncent l'exploitation des travailleurs, s'écoule comme du sable entre les doigts tandis que l'instauration massive du télétravail (une libération physique ne serait-ce que des transports pour nombre d'entre eux) est mal ressenti.

Peu à peu donc, les économies les plus prospères, sorties des « trente glorieuses », s'étiolent malgré la récente invasion du tout numérique qui laissait espérer un monde nouveau. Même les plus fanfarons (les Trump, Johnson et autres Bolsonaro ...) ont dû s'incliner devant la persistance de la menace qu'hier encore ils balayaient d'un revers de main. La question qui se pose désormais est, dès lors, comme dans l'attente de la sortie d'une guerre : qui en sortira parmi les vainqueurs (et les vaincus) ?

L'Europe, si décriée par les chauvins, il y a peu encore, a su réagir en dépit de la question du Brexit auquel Boris Johnson, ce Trump du vieux monde, n'a pas renoncé, en dépit du vote hostile de l'Ecosse, du pays de Galles, de l'Irlande du Nord ... et de Londres - capitale. L'Europe a appliqué les préconisations de l'économiste britannique John Maynard Keynes, aussi paradoxal cela puisse-t-il paraître. Elle a injecté 750 milliards d'€uros dans l'économie de ses membres pour les soutenir et en éviter l'effondrement. Adieu, et pour longtemps, les règles d'or du libéralisme, les sanctions si un budget national dépassait un déficit de 3%, en même temps que s'éloignait, sous nos yeux, la célèbre formule de Saint Just : « Le bonheur est une idée neuve en Europe ».

Et maintenant que nous sommes au milieu du gué ? Maintenant, en France, la CGT ; les résidus du trotskysme continuent, eux, de manifester chaque semaine, même après qu'une grande manifestation nationale ait obtenu le retrait de l'article 24 d'une loi qui attentait à la liberté de la presse (en attirant quelques centaines de casseurs). Sans doute, manifester est-il un droit sacré. Mais ce n'est pas encore une profession, à seule fin de prouver que l'on existe ...

Quand l'atmosphère est plombée à ce point, on se serre les coudes ; on s'entraide, comme les font nombre d'associations de solidarité envers les plus démunis ... jusqu'à ce que le soleil se lève à nouveau à travers le brouillard. « Que la charité fasse ce que la loi ne peut pas faire » disait au début du XIXe siècle un célèbre partisan du catholicisme social ... avant, on l'espère, que ne soit voté au plus vite, à nouveau, un impôt sur la fortune au profit des plus démunis. C'est en 1945 en effet, après une guerre ruineuse, qu'ont été adoptées les lois sociales les plus bénéfiques après celles du Front populaire, en 1936, au sortir de la grande crise de 1929. Résultat : des décennies de progrès et d'espoir. Les droits de l'Homme, économiques et sociaux, ne sont pas une charge, un fardeau qui freinent l'économie ; ils sont un tremplin qui permet de rebondir. On en revient toujours à Keynes ... La solidarité va de pair avec les règles de base de l'économie. La morale avec la logique.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 7 décembre 2020

Casser les casseurs

D'années en année, de mois en mois et maintenant de semaine en semaine, chaque manifestation démocratique dûment autorisée se termine par des blessés, des destructions de biens privés et publics, des commencements d'incendie ... Bientôt ce sera des morts qu'on sera prié de déplorer.

Si les forces de l'ordre sont parfois auteur de bavures lourdes, que leurs représentants syndicaux ont tort de ne pas reconnaître, ne serait-ce que par honnêteté intellectuelle, en l'occurrence, sauf à être des politiciens retors, celles et ceux qui s'affichent complaisamment dans tous les medias ne doivent parler que d'une seule voix, qu'ils soient de gauche, de droite ou des extrêmes. En cas contraire, ils sont les complices objectifs des nuisibles qui polluent la vie civique républicaine.

Le droit de manifester est reconnu et appliqué en France depuis plus d'un siècle. Chacun : partis, syndicats, associations, voire simples particuliers, comme les « gilets jaunes », en usent sans limite. Et c'est heureux, fut-ce au détriment de la vie courante de nos concitoyens qui ne peuvent alors pendant ce temps, sur place, pratiquer leurs activités normales (commerce, circulation ...)

Mai 68 avait vu surgir, au beau milieu d'un soulèvement populaire, les premiers casseurs qui ont gâché la « fête » et ramené à l'Assemblée nationale une majorité de droite, peu encline aux réformes et s'empressa à l'instigation du futur président Giscard d'Estaing, en faisant voter « non » au référendum de 1969, de renvoyer Charles de Gaulle dans ses foyers. Bravo les artistes !

Cinquante ans après, on célèbre à l'unanimité l'année de Gaulle, des communistes aux lepenistes mais les casseurs, eux, ont repris du service, même si « americanisme » oblige, on les appelle désormais des « black blocs ». Ce sont eux qui ont pourri le mouvement profond des « gilets jaunes », eux qui décrédibilisent le soulèvement spontané contre la proposition de loi historique de 1881 sur la liberté de la presse (« darmanisation » du droit de filmer les policiers en action).

Nos amis, le préfet Grimaud, hors fonction, signataire de notre appel au vote de nouveaux droits de l'Homme ; l'ancien Premier ministre, Jacques Chaban-Delmas, porteur de la «nouvelle société» avait, en son temps, en 1969, fait voter une loi anti-casseur, plusieurs fois remaniée depuis. En vain hélas. Le cancer casseur a eu des rechutes.

Les victimes en sont, à 99,9%, les mouvements démocratiques (politiques, syndicaux, associatifs ...), les biens publics, les commerçants, voire les forces de l'ordre elles-mêmes, dans un singulier amalgame souvent intéressé. Une infime et infâme ultra-minorité - tout au plus 500 voyous - brûle, pille, détruit, y compris les lieux publics les plus sacrés comme l'Arc de Triomphe. Nul n'est à l'abri. Il en va des dits « black blocs » comme des terroristes islamiques. Dans une République, ce sont, hélas, eux qui dictent la loi, marquent le tempo pour 70 millions d'habitants.

Souvent, par le passé, dans nombre de pays, la réaction a été un glissement populaire vers la répression massive au détriment des libertés communes. Saura-t-on l'éviter cette fois en France ? Les partis, syndicats ouvriers ou patronaux, les associations à toutes vocations, les pouvoirs publics eux-mêmes (qui ne cessent de balancer entre alignement sur les organisations de policiers et regret par leurs abus) sauront-ils dépasser leurs querelles, quant bien même légitimes pour se mettre autour d'une table afin d'arrêter une règle commune contre la violence ?

Nous avons fait l'unanimité lors des attentats contre Charlie, le Bataclan ... En sommes-nous encore capables, non pas en réaction à des crimes commis mais avant, pour prévenir et non guérir le cancer qui se démultiplie ? La question doit être posée, en urgence. C'est l'intérêt de tous.

La première mesure est à l'évidence l'interdiction de participer « masqué » à un regroupement autorisé (sauf provisoirement, le masque anti-covid ) avec interpellation et condamnation en flagrant délit. Non deux ans après, comme actuellement.

Chaban-Delmas disait « Les casseurs seront les payeurs » ce qui est rarement le cas. Il faut donc, en outre généraliser cette mesure de bon sens.

Mais, en préventive, comme pour les islamistes, un travail de dépistage, de repérage doit être effectué, systématiquement, car les voyous qui relèvent du « droit commun » sont une plaie qui gangrène le tissu social.

Sans doute d'autres mesures « techniques » sont-elles à prévoir. C'est l'affaire d'une concertation entre toutes les victimes que les responsables doivent provoquer d'urgence.

Une démocratie faible n'est pas une démocratie.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 30 novembre 2020

Transmettre

Avec la mort de Daniel Cordier, les dernières pages d'un livre se tournent : celles de la Resistance et du gaullisme de de Gaulle, historique. Celui des héritiers compte pour peu. Il n'est qu'un ersatz. Bienvenue dans le nouveau monde ? Qui ne le souhaite en même temps que l'on n'a pas le choix, faute de femmes et d'hommes de la trempe de celles et ceux qui ont fait de leurs mains, de leur courage, de leur détermination, la Resistance.

Le caractère de Daniel Cordier était bien trempé, jusqu'à la limite de l'erreur lorsque nous avions prévu une conférence de presse, à NDH, avec Paul Quilès, en 1983, alors que ce dernier était candidat à la Mairie de Paris - pour la première fois au suffrage universel direct.

La veuve de Jean Moulin, de nos membres, devait y être présente lorsque cet illustre Compagnon de la Libération appela pour me dire que « son » Jean Moulin n'avait jamais été marié (alors que j'avais entre les mains, publié aux « éditions Régine Deforges » en 1977 un livre avec photos au titre incontesté « J'étais la femme de Jean Moulin ». Erreur n'est pas compte même pour un historien illustre et reconnu. Ce qui n'empêcha pas, d'ailleurs, cette vieille dame de répondre ensuite, en nos locaux, aux questions de dizaines de journalistes lors du «rapatriement»  en France, par notre ex-ami Régis Debray, futur soutien de la république islamique d'Iran, du tortionnaire Klaus Barbie.

Ainsi va la vie, et l'on doit passer le relais en témoignant et en espérant, même contre toute attente, que demain sera meilleur qu'hier, voire avant-hier. Car qu'est-ce que le Covid-19 par rapport à ceux qui ont traversé la première guerre mondiale, la dévastatrice grippe dite  «espagnole» puis la seconde guerre, sans oublier les camps d'extermination, qu'ils soient staliniens ou nazis ? Il faut être pessimiste, mais point trop ...

C'est ainsi que fut, comme Cordier, Elisabeth de Miribel, signataire de l'appel à la reconnaissance de nouveaux droits de l'Homme, en 1992. Mais qui était donc cette femme, aujourd'hui oubliée ? Tout simplement celle qui frappa l'appel du Général de Gaulle, le 18 juin 1940. Par quel hasard ? Elle nous l'expliquait simplement, avec humour et modestie : « Je faisais partie de la délégation française à Londres, dirigée par Paul Morand diplomate et écrivain célèbre, qui se ralliera à Vichy. A l'ambassade, quelqu'un m'a demandé si j'accepterais de frapper le texte d'un général français présent à Londres, sans collaboratrice. Bien entendu je ne me suis pas dérobée. Voilà comment j'ai, la première, vu poser la première pierre de la France libre... et que ma famille, pétainiste me rejeta à mon retour en 1944 ».

Elisabeth, comme Daniel Cordier, Stéphane Hessel résistant, co-rédacteur de la Déclaration universelle de 1948, membre fidèle de NDH, Claude Bourdet, fondateur du réseau Combat, comme l'ami Pierre Daix (jeune communiste, futur collaborateur d'Aragon et Picasso qui allait, avec quelques camarades déposer une gerbe, le 11 novembre 1940, sur la tombe du soldat inconnu) nous ont entourés : quel caractère ces hommes et ces femmes ! Saura-t-on les remplacer ? Saura-t-on suivre leur exemple et « résister » alors que l'on est prié de ne parler qu'anglais, que de singer le « modèle » américain, oubliant qu'en 1944, déjà, le chef de la Résistance française avait été tenu dans l'ignorance du débarquement en Afrique du Nord puis en Normandie ; que le président des Etats-Unis, Franklin Delano Roosevelt, collaborait avec Pétain puis entendait nommer, dès 1944, ses représentants dans les départements ? Bref, une France occupée par les Etatsuniens après les Allemands...

Ces centenaires qui disparaissent, comme ce sera le cas un jour d'Hubert Germain, de Philippe de Gaulle, doivent nous alerter une dernière fois. L'indépendance est la liberté. Même si ce n'était pas encore de mise de leur temps, le pluralisme des cultures et des langues en particulier, est l'équivalent intellectuel du pluralisme des espèces animales et végétales (ce dont nos écolos se soucient comme d'une guigne). Il en va dès lors de notre liberté ... il en va aussi de la richesse culturelle du monde. Que leur message, mutatis mutandis ne soit pas vain. Ecrivons un nouveau chapitre par respect pour eux.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 23 novembre 2020

           La « darmanisation » des libertés
                                             ou une France illibérale ...

L'alerte a été cinglante. Toute la classe politique et médiatique a aussitôt réagi quand le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin a voulu, dans une proposition de loi dite « Sécurité globale » interdire de photographier ou filmer les forces de police en action (un article 24 maintenant célèbre) qui aurait porté atteinte à la plus célèbre encore « loi de 1881 » sur la liberté de la presse. Immédiatement, le Premier ministre Jean Castex a remis les pendules à l'heure en désavouant un de ses principaux ministres auquel il n'a cependant pas demandé sa démission.

Soit. Mais l'alerte est donnée. Cet homme a désormais du plomb dans l'aile et la confiance en lui est fortement entamée. A fortiori parce que nous sommes, à cause de la crise sanitaire qui se poursuit, dans une période où le doute s'installe sur les libertés un tant soit peu confinées elles-mêmes. Les seules bénéficiaires de cette faute ont été les ligues de vertus qui ont alors saisi l'opportunité pour ressusciter à bon compte ; comme si c'était elles qui avaient été outragées.

Le risque désormais, avec ce qu'on aurait appelé autrefois une « loi scélérate », c'est que le projet Macron sur le séparatisme - en clair l'islamisme - pour redonner du tonus à la laïcité va être mal accueilli, entaché par la grave bévue de Darmanin car elle ne sera pas oubliée de sitôt. Les oppositions ne vont pas manquer de faire l'amalgame,

bien qu'il n'y ait que peu de rapport entre la protection de la vie privée des représentants des forces de l'ordre et la lutte contre le communautarisme.

Nul doute que la sécurité des policiers et gendarmes, qui remplissent une dure mission de service public doit être protégée mais pas n'importe comment et à n'importe quel prix. Et certainement pas en attentant aux fondements de la démocratie, ce qu'est, en tout premier lieu, la liberté de la presse.

La France doit apporter des garanties à ces hommes, à ces femmes et à leur famille en sanctionnant lourdement ceux qui les agressent dans leur vie courante, dans ou hors service, parce qu'ils sont les « gardiens de la paix » au sens originel du terme. Mais n'oublions pas toutefois qu'il n'y a pas qu'eux : les pompiers, les médecins sont aussi victimes des voyous, pur produit de la montée de l'incivisme depuis une trentaine d'année.

Si l'on doit lutter contre la délinquance sociale, sans porter atteinte à nos libertés fondamentales, peut-être faudrait-il commencer par doubler les peines en cas d'agression contre les agents des services publics au sens large du terme : fonctionnaires d'autorité, pompiers, juges, médecins, enseignants. Ceux qui constituent la colonne vertébrale d'un pays démocratique et qui sont plus exposés que le commun.

Au ministre de la Justice, Eric Dupont-Moretti de reprendre la main dans cette affaire ignoble qu'ont laissé passer le Premier ministre et le président de la République. C'est son rôle et sa vocation d'ancien avocat gardien des libertés. Sinon la France, à son tour, rejoindra le peloton des démocraties « illibérales » au côté de la Pologne du PIS qui met le pays en coupe réglée et de la Hongrie de Viktor Orban qui ose comparer l'Union Européenne à l'ancienne URSS. La honte alors pour la patrie des Lumières de la Déclaration des droits de l'Homme...

Certes, Darmanin, ministre de l'Intérieur a reculé d'un pas sur la pression de Jean Castex en ré-écrivant l'article 24 de la loi « Sécurité globale ». Mais sa substance demeure : un pas en arrière, deux pas en avant, comme dans un tango. Après cet « exploit » destiné à complaire essentiellement à certains syndicats de policiers, on peut se douter qu'il recule pour mieux sauter. Par tous les moyens, il va tenter de réintroduire la notion subjective, floue « d'intention de nuire » aux policiers filmés ou photographiés. Il s'impose donc de lui demander sa démission pure et simple car avec sa manipulation législative, s'il avait réussi son coup, aucune violence de la part des forces de l'ordre ne serait révélée à l'opinion (et combien de photographes amateurs ou professionnels seraient immédiatement mis en garde à vue).

Heureusement, reste toujours ici un Conseil Constitutionnel pour arrêter les dérapages puisqu'il n'est pas encore, comme en Pologne, à la botte de l'Exécutif. Mais pour combien de temps, même si le vieux slogan de Mai 68 : « il est interdit d'interdire » est un peu passé de mode ?

Pierre Bercis 

Président de NDH


L'Edito du 16 novembre 2020

Le droit à la paix

Le droit à la paix est un droit de l'Homme fondamental quoique jamais reconnu explicitement, officiellement, par les textes les plus sacrés en la matière, tant en France, patrie des droits de l'Homme qu'au niveau international par la nouvelle Société des Nations après la première guerre mondiale ou après la seconde à l'ONU qui proclama la Déclaration universelle des droits de l'Homme en 1948, à Paris.

Est-ce parce qu'il s'agit d'une utopie ? Mais alors tout est utopie, à commencer par la liberté elle-même que les analyses, notamment marxistes, ont « radiographiée » en liberté formelle et liberté réelle.

Reconnaître un droit (en même temps qu'un devoir) est la fixation d'un objectif que l'on s'emploiera ensuite à concrétiser au fil des années. C'est ainsi que les droits de l'Homme de 1789, proclamés par la France commenceront par être violés, puis, progressivement, firent leur chemin au niveau des nations malgré les guerres dont deux mondiales.

On a donc tort d'être sceptique voire ironique sur le droit à la paix dont aucun chef d'Etat actuel ne se fait le chantre. Sans doute par peur d'être quotidiennement moqué et démenti par les faits qui, chacun le sait, sont têtus. Pourtant ce « combat pour la paix » serait une bouffée d'oxygène, une petite musique qui ferait rêver tant de peuples qui y aspirent et auraient ainsi, enfin, le droit de vivre qui y est accolé. Mais aucun des gouvernements de la planète, hélas, n'a vocation à être traité de Sisyphe. Et ils ont tort car ce serait, qu'ils réussissent ou non, un objectif salutaire qui se concrétisera tôt ou tard quand le genre humain sera enfin devenu rationnel.

Naïveté ? Que nenni. Le grand Jaurès, auteur de « L'Armée nouvelle », mort pour la paix, était avant tout un réaliste. Charles de Gaulle, comme Jeanne d'Arc avant lui, connaissait le prix de la paix et dès qu'il revint au pouvoir en 1958, s'empressa de signer avec l'Allemagne un traité d'amitié, dit de l'Elysée. Jacques Chirac lui-même, sous les applaudissements de tous, refusa d'enrôler la France dans l'aventure états-unienne en Irak.

Le droit à la paix, est par conséquent, un droit de l'Homme qui reste à conquérir au plus vite, comme le pape Paul VI à la tribune des Nations Unies, à New York osait le dire « avec la paix tout est possible ; sans la paix rien n'est possible », ce que Martin Luther King, lui, traduisit par «I have a dream».

Qui va dès lors aujourd'hui prendre son bâton de pélerin pour agiter le drapeau de la paix, faire proclamer ce droit essentiel pour l'humanité toute entière, solennellement, en rappelant que l'utopie est la réalité de demain ? Un droit concret qui réunira tous ceux qui s'opposent aux islamistes conquérants lesquels se croient encore à l'époque où il fallait convertir de force à leur religion dont on connait la philosophie anti-démocratique ; un droit que l'on relira à Monsieur Poutine après son occupation de la Crimée ou à l'obsédé Erdogan qui met sa grosse patte sur les Kurdes, à Chypre, en Azerbaïdjan, voire en Libye ... Qui parle dans le monde au nom du droit à la paix quand deux « Prix Nobel de la paix », Aung San Suu Kyi en Birmanie ou Abiy Ahmed en Ethiopie opposent les armes à une partie de leurs peuples ?

Pourtant la France, on ne veut pas le voir, est, si j'ose dire « armée » pour cela. Avec la laïcité, elle a un idéal à faire valoir partout dans le monde. Or au lieu de cela, elle est « défensive » et devrait presque s'excuser de ce qui est à la base de sa démocratie. Une partie de sa « gauche » pactise avec ses « islamo gauchistes ». Elle se laisse miner de l'intérieur par une poignée de  «séparatistes». qui entendent, à terme, dicter à la majorité leurs règles inégalitaires sur les rapports    femmes-hommes, sur (ne cessons de le redire) ce que les Romains nommaient dès l'antiquité :  «le convivium, le concubium, le connubium ...» 

Chinois, Indien, Birmans, Etats-uniens ... ne l'ont pas compris, qui recourent encore à la force pour contraindre au respect mutuel. Poutine pactise partout avec Erdogan au lieu de le contrer au nom de la laïcité, donc de la paix. Il couvre de ses moyens militaires la violation des droits du peuple arménien déjà victime d'un génocide turc en 1915 (c'était hier !). Et l'on se tait, honteusement. L'Europe, l'Allemagne en particulier, son ex allié, se tait, rase les murs. « La laïcité ? Connait pas ». Pourtant, elle est la pierre angulaire de la paix, ce bien les plus précieux qui soit.

Pour préparer le monde demain, peut-être la France devrait-elle, si elle était encore la France, provoquer une conférence mondiale (après une conférence européenne ad hoc) sur les fondements de la paix. Combattre au Sahel, c'est bien. Préparer les règles du savoir vivre ensemble, c'est mieux. A condition que nous ayions une diplomatie active et non « a minima ». N'attendons pas Joe Biden pour faire le travail, nous serions encore déçus ...

Pierre Bercis

Président de NDH



L'Edito du 9 novembre 2020

Va-t-il falloir passer à Donald Trump une camisole de force pour le sortir de la Maison blanche ? Ce n'est pas totalement exclu tant l'individu est borné après son echec à l'élection présidentielle.

Mais il y a deux façons d'être « borné ». Borné par une mégalomanie exacerbée ou borné par une folie qui n'a cessé de croître jusqu'à lui faire croire et dire qu'il avait gagné contre toutes preuves contraires.

Dans le premier cas les juges l'attendent pour les nombreuses instructions en cours contre lui. Dans le second cas il doit être interné en psychiatrie. Dans le premier cas les règles de la morale la plus élémentaire doivent s'appliquer pour ses mensonges, ses insultes graves. Dans le second cas, comme on le fait souvent en France, il doit être exempté de toute peine pour irresponsabilité mentale et pénale.

Certes, il n'est ni le premier ni le dernier à tenir les rênes du pouvoir dans un état psychique à la limite de la folie furieuse. L'Histoire en a connu, en connait et en connaîtra d'autres malgré les progrès universels de la Raison et des sciences médicales et psychiques. Les Caligula, les Néron, les Staline, Hitler et autres Pol Pot constituent une galerie longue de plusieurs centaines de mètres. Mais à la tête d'une démocratie, qui plus est la plus grande puissance militaire de l'époque, jamais. On innove en la matière, même si l'individu n'a entrepris aucune guerre. Sa façon de nier le réchauffement climatique, de nier la dangerosité du covid-19 ; de bousculer toutes les règles démocratiques ou diplomatiques ; d'encourager la fracturation hydraulique auraient dû le mettre au ban des nations. Or il n'en a rien été tant ses partenaires ou adversaires ont mis du temps à s'interroger puis à en tirer les conséquences.

A toutes choses cependant, malheur est bon. Le monde peut sortir de l'épreuve plus expérimenté, plus équilibré, plus apte à préparer son avenir en commun. Les adorateurs inconditionnels du modèle « américain » vont devoir en rabattre, à commencer par les Européens de l'Est, comme de l'Ouest (mais surtout de l'Est à l'exemple des Polonais). Les « nains » vont se sentir « grandis », relativement. Mais, hélas, certainement pas ; (pas encore) dans le domaine culturel où ils continueront longtemps, malgré le Brexit, à ne s'exprimer qu'en anglais au sein des institutions. Nos radios, à l'instar de France Inter, la radio dite « nationale », continueront à promouvoir des chanteurs - chanteuses qui ne produisent des textes qu'en anglais afin d'être mondialisés et reconnus outre Atlantique où est toujours La Mecque du succès.

On est loin encore, malheureusement, du modèle décrit par Alexis de Tocqueville dans « De la démocratie en Amérique » où tout était naturel, équilibré, beau à souhait. Même les jeunes filles n'avaient pas leur pareil en Europe. Pourtant, les premiers présidents des Etats-Unis possédaient des esclaves, puis plus tard ont eu une guerre civile dite de « Sécession » et la ségrégation raciale jusqu'à il y a peu.

Après la tragi-comédie trumpiste, les risques que le monde a encouru, espérons que la leçon aura été reçue par tous les peuples de la terre et que nul ne s'en laissera plus conter, sans chauvinisme pour autant. L'élection de Joe Biden et Kamala Harris est un gage pour le futur, même si 50% de la population de ce pays continue à s'époumoner en criant que Trump a gagné, ce qui prouve que rien n'est gagné d'avance.

Ouvrons maintenant les yeux, rassemblons-nous car il reste au-delà du défi environnemental un autre défi tout aussi grand : celui de l'islamisme qui nous menace tous de l'Iran à l'Afrique, de l'Inde à l'Europe, des écoles à la plus petite église ... Les meutes hurlant au Pakistan, au Bangladesh contre la France laïque ont plus d'un point commun avec celles qui, aux Etats-Unis, crient au vol de la victoire par les démocrates en faisant de Trump une victime.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 2 novembre 2020

Le monde du silence

« Le monde du silence ». C'est ainsi que le commandant Jacques-Yves Coustaud avait appelé ce monde secret, à « 20000 lieues sous les mers » avait prédit le grand Jules Verne. Un monde que l'on découvre au contraire, bruissant, même dans ses profondeurs extrêmes, de mille sons qui se propagent à une vitesse vertigineuse selon les scientifiques. La science n'a pas fini de nous étonner, voire, comme disait Pasteur : « un peu de science éloigne de Dieu ; beaucoup de science y ramène ».

Et s'il en était de même, non pas au fond des abysses mais également sur l'écorce terrestre qui est devenue un monde globalisé réduit à un même silence par un virus qui court comme le furet. Après la série d'attentats en 2015, autour de Charlie voici donc l'assassinat de père Hamel, en pleine messe, la décapitation de Samuel Paty, professeur emblématique puis pour finir (provisoirement) le tableau de chasse, le triple assassinat à l'intérieur de la basilique de Nice le 29 octobre dernier qui frappent de stupeur.

Certes, comparaison n'est pas raison, mais il faut convenir cependant qu'il y a bien désormais « un monde du silence » parallèle aussi au-dessus du niveau de la mer. Par exemple, d'aucuns tout en dénonçant les lâches attentats, se gardent encore d'utiliser le mot « laïcité » ; d'autres, s'agissant des assassinats de Saint Etienne du Rouvray ou de Nice, d'employer les mots « catholiques » ou  « chrétiens » ; d'autres encore (ou parfois les mêmes) de stigmatiser les « islamistes » ... Une belle hypocrisie, cachée derrière un masque, façon Covid-19 ou vénitien ? Peut-être le silence d'une forme d'autocensure.

Nos plus hardis commentateurs, qui pullulent dans les médias, eux, parlent alors « d'interdit de nommer ». Sans doute ont-ils raison car circule dans nos sociétés dites « libres » un virus du tabou qui interdit d'appeler un chat, un chat. Par exemple, ne jamais s'étonner que dans un pays où les femmes se sont battu, se battent et se battront encore, il soit loisible d'afficher ostensiblement, par sa tête empaquetée, que l'on s'oppose explicitement à l'égalité femme-homme stipulée par la loi (surtout pour que rien n'y rentre) ; par exemple aussi que la personne de Jésus, toute de paix et d'amour est aux antipodes du guerrier Mahomet dont l'héritage contemporain est qu'aucun pays sous sa botte n'est une démocratie ; par exemple encore que les Juifs ont une religion non totalitaire et n'ont jamais cherché à conquérir des peuples ou fonder un empire. La terre que Yahweh a donné à Abraham leur a suffi.

Mais, bref, ceci n'est qu'une partie du « monde du silence », version cette fois « au-dessus des eaux ». On croirait que la démocratie audiovisuelle planétaire a atteint ses limites. Elle nous montre des foules de types hurlant au Bangladesh, en Somalie, au Pakistan ... (surtout pas de femmes, qui, elles, doivent restées cloîtrées) « à mort Macron, à mort la France » mais ne va pas jusqu'aux racines du mal, qui, elles, comme toutes racines, sont enfouies, et, peut-être au plus profond, atteignent le monde du silence immergé. Un autre monde, un nouveau monde ...

Si, comme on le dit en France (notamment les écolo-jardiniers) « on juge un arbre à ses fruits » alors, mesdames, messieurs les commentateurs patentés, soit vous manquez de culture- au propre ou au figuré- pour en parler, soit vous êtes superficiels par profession. En ce cas, prenez l'exemple de Samuel Paty pour lequel, c'est là la différence, le langage n'était pas une profession mais une vocation. Lui, « nommait », ce qui lui a valu le sort que l'on sait.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 26 octobre 2020

Résistances

La France est en guerre, quoiqu'on dise, sur deux fronts : le front sanitaire et le front islamique. Deux fronts totalement différents, asymétriques, sur lesquels nos concitoyens attendent le meilleur de leurs gouvernants, tant au sommet de l'Etat que dans les régions.

Comme ce n'est pas l'Exécutif qui a attaqué, ce ne peut donc qu'être des guerres de résistance de la part de tous les élus du pays ; une mobilisation générale, sachant que « la guerre est le prolongement de la politique par d'autres moyens ». D'ailleurs, tout citoyen, comme en 1940 y est convié, chacun ayant sa propre responsabilité. Pas besoin d'être un lecteur assidu de Clausewitz pour le savoir. L'expérience d'un peuple plus que millénaire nous l'enseigne suffisamment. Même si cela prend du temps, comme le prouvent nos amis de la Resitance iranienne depuis quarante ans. Le vainqueur, celui qui gagne, au final, est toujours celui qui se défend et le vaincu, celui qui a attaqué (en se souvenant que ce qui est honteux, ce n'est pas d'être battu - provisoirement - mais de ne pas s'être battu). La paix, ce droit de l'Homme fondamental, hélas, jamais reconnu, même par l'ONU en 1948, est une conquête. « Si vis pacem, para bellum » disaient déjà nos colonisateurs romains, qui furent défaits pour avoir trop attaqué, comme tant d'autres après eux. Churchill (comme de Gaulle) l'avait bien compris : « Je me battrai dans les villes et dans les campagnes ; sur terre comme sur mer ; dans les rues comme dans les montagnes ; je ne me rendrai jamais ».

Lors donc, le premier assaillant est un virus « inconnu au bataillon », le covid-19 qui mène, peu ou prou, au confinement, à la désorganisation des vies et des économies, où chaque pays a une riposte différente. Celle de la France n'a rien de commun avec celle de la Grande Bretagne (au début tout du moins), à celle des Etats-Unis ou à celle du Brésil. Les Européens, toujours équilibrés tâtonnent, eux, depuis six mois, en quête du moindre mal. Car comme en 1940 l'effet de surprise a été total. Mais n'exagérons rien, si les restaurants, les théâtres, les cinémas sont fermés ; si un couvre-feu est décrété, les usines continuent de produire ; il n'y a pas de ticket de rationnement ; le masque obligatoire n'est pas un masque à gaz. Raison de plus pour être discipliné, individuellement et collectivement, sans pousser les cris d'orfraie de quelques juristes bien en place qui hurlent déjà aux prémices d'une dictature. Ce n'est pas la guerre traditionnelle, même si cela y ressemble un peu, avec la mobilisation de tout le corps médical. Le point de presse hebdomadaire n'est pas émis à la BBC mais à Paris.

Le second front est le front islamiste, que certains collabos islamo-gauchistes, (une sorte de cinquième colonne, avec les ennemis de l'intérieur), ont laissé prospérer depuis trente ans et qu'il nous faut désormais endiguer après les tragédies du Bataclan, de Charlie, de l'hyper-cacher puis dernièrement de Conflans - la mort horrible de Samuel Paty, un Hussard noir garant de nos libertés démocratiques.

A l'appel du sinistre Erdogan, les produits français sont désormais boycottés, les Français de l'étranger doivent être sous protection parce que le président de la République, Emmanuel Macron, lors de l'hommage de la nation, a rappelé nos principes républicains après avoir, quelques jours avant, fait l'éloge de la laïcité. Avec son discours grossier, à la Trump, il insulte le chef de l'Etat qui a enfin revêtu l'habit du résistant en s'exprimant comme les républicains espagnols, voire la célèbre pasionaria Dolorès Ibarruri. Malheureusement Jean-Luc Mélenchon, qui est allé manifester avec les islamistes l'an dernier, quand on scandait « Allah Akbar » dans les rues de Paris n'est pas fait de ce bois. Cela lui collera à la peau comme une tunique de Nessus.

Rafraîchissons les mémoires. Ce monsieur Erdogan, auquel il faut redire que « les insultes sont les arguments de ceux qui n'en ont pas » et que « la gifle prend la forme de celui qui la reçoit , non de celui qui la donne » est le même qui refuse de reconnaître le génocide du peuple arménien, qui massacre les Kurdes, s'ingère en Libye et au Nagorny-Karabakh ... sans que les Nations-Unies ne s'en émeuvent. L'Allemagne, qui fut jadis l'alliée de la Turquie, elle-même, se tait. Combien de centaines de milliers de Grecs sont morts pour leur indépendance au XIXe siècle face à des Turcs impitoyables après avoir été arrêtés aux portes de Vienne, près de trois siècles auparavant. Autre « taiseux », le « bon » Vladimir Poutine bien que protecteur attitré des chrétiens orthodoxes (dont ceux de Sainte Sophie de Constantinople qui vient d'être convertie en mosquée). Les Chinois, eux, ont moins de soucis avec les Ouighours turcophones auxquels les dirigeants du pays inculquent les principes fondamentaux de l'unité nationale. En ce cas, Erdogan se tait. Si la future « route de la soie » pouvait passer par son pays, ce serait bon à prendre. Quant aux étatsuniens, eux, ils ont assez à faire avec leur propre psychopathe, qui, lui aussi, injurie son adversaire démocrate en le traitant de malade mentale. Donc ils se taisent, même s'il s'agit de deux membres de l'OTAN.

Dès lors, conclusion très « Sciences Po » : l'avenir tranchera. Mais ce ne sera pas sans résistance, sans discipline, sans faire corps autour de nos valeurs, la laïcité, la liberté d'expression, à commencer dans l'éducation qui doit redevenir « nationale ». La paix est à ce prix et pas forcément à coup (à coût) de milliards d'Euros ...

Dommage qu'après la première guerre mondiale, le « père la victoire », le grand Clémenceau, qui avait su faire la guerre n'ait pas su faire la paix en rejetant l'agressive Turquie au-delà du Bosphore, dans des frontières naturelles. L'Occident souffrirait moins un siècle plus tard.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 17 octobre 2020

Le coran saignant contre le corps enseignant

Cela devait arriver. C'était inévitable. Après les attaques mortelles contre un prêtre, le père Hamel célébrant la messe en Normandie, contre des parents d'élèves devant une école juive à Toulouse, contre l'hyper cacher et Charlie Hebdo ... ne manquait qu'une attaque contre les piliers de la République, cœur battant de la laïcité, donc de la liberté des enseignants eux-mêmes. Mission accomplie. L'assassinat d'un professeur d'Histoire près de Conflans Saint Honorine parachève le tableau de chasse des islamistes dans une démocratie.

Tout un symbole, comme le premier mort de la guerre d'Algérie en 1954, qui était un modeste instituteur descendu de l'autocar lorsqu'il allait prendre son poste dans le bled, puis exécuté sommairement. On en connait le résultat : près de 80 ans après, quand l'opposition est muselée après qu'en 1962, les européens se soient vu offrir le choix « démocratique »        « entre la valise et le cercueil », ce qui en fit fuir un million. Tel avait déjà été le cas lors de la conquête arabe, puis de la conquête ottomane dont Erdogan se veut le digne héritier. La Kahina, cette Jeanne d'Arc berbère à laquelle notre amie Gisèle Halimi a consacré un ouvrage n'avait pas gagné sa guerre de résistance contre les oppresseurs.

Bien entendu, l'islamisme n'a rien à voir avec l'islam, « forcément » modéré, même si Mahomet était d'abord un guerrier dont la culture, aux antipodes de la culture judéo-chrétienne, s'est propagée jusqu'en Andalousie, ce soit disant modèle de société où les têtes de celles et ceux qui refusaient de se convertir sont tombées comme la pluie à Gravelotte. Dans l'islam modéré, l'héritage des femmes est toujours de moitié celui des hommes ; il est interdit, sous peine de mort de se convertir à une autre religion ; un non musulman ne peut épouser une musulmane sans se convertir au préalable ; les femmes ont intérêt à se voiler la tête ... surtout pour que rien ne puisse y entrer (cf. l'Iran post Khomeiny).

Pourquoi les premiers habitants du Proche Orient (Irak, Syrie ...) devenus majoritairement chrétiens par des conversions individuelles, malgré les persécutions romaines, sont-ils aujourd'hui contraints de quitter la terre de leurs ancêtres ? Connait-on un seul pays à majorité musulmane (modérée) où la démocratie soit la règle ? La colonisation française en Afrique du Nord a-t-elle imposé une religion aux populations locales ? Pourquoi en Inde, en Chine, en Birmanie ... les pouvoirs (de culture « non occidentale ») pourchassent-ils les minorités musulmanes pour cause de séparatisme de fait - avec une méthode propre à chacun, sans rapport avec la politique de tolérance laïque de la France ?

Dans les années qui viennent, après l'embrasement de la Syrie, prise en étau entre son dictateur « historique », les djihadistes du Khalifa et les pasdarans iraniens c'est, à son tour l'Afrique qui est sous la menace d'un islam radical. Boko Haram au Nigéria ; le Burkina Faso, ancien havre de paix ; le Mali où les forces françaises dépêchées en urgence par le Président Hollande maintiennent encore un ordre contesté par quelques groupuscules au nom du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ... avec le soutien inattendu de Maryam (ex. Sophie) Petronin qui nous a annoncé qu'une femme suisse avait été exécutée durant sa détention. Normal. Il est bien connu que la Suisse est un pays « impérialiste »

Avec la décapitation de Samuel Paty, une nouvelle étape est franchie. Les « laïcards », qui discriminaient sous la IIIe République les catholiques (les généraux devaient dénoncer leurs officiers qui allaient à la messe), chassaient les communautés religieuses, ont souvent pactisé, communistes compris, avec les islamistes pour des raisons électoralistes dans les « territoires perdus de la République ». Gloire à eux ! Souvent, chacun le sait, dans les écoles de France, les enseignants ne pouvaient pas même évoquer la Shoah. La « vérité », c'est eux, les minoritaires musulmans pour lesquels la « laïcité » signifie « athéisme », de Saint Denis à Oran, de Strasbourg à Bagdad, de Marseille à Tripoli.

Autrefois, on aurait parlé d'ennemi de l'intérieur. « Sachons raison garder », même si on entendra encore comme un mantra « ça n'a rien à voir avec l'islam », hypocritement car, nul ne l'ignore, l'islam n'est pas « totalitaire ». Les laïcards « à l'ancienne » devenus islamo-gauchistes doivent donc revoir leur logiciel pour l'adapter au contexte actuel. Ils ont réussi à affaiblir ceux dont la pierre angulaire était « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Espérons qu'ils seront (enfin) aussi militants que contre leurs compatriotes du début du XXe siècle.

Mais le risque est, désormais, l'autocensure de la part des enseignants. Qui osera encore imposer en classe, sans trembler, le déroulé de notre roman national ? Vont-ils devoir parler encadrés par des policiers ou, comme aux Etats-Unis, en étant armés ?

Le principe de précaution, si souvent évoqué dans tous les domaines, va-t-il devoir être mis en œuvre au sein de l'école de la République ? Si tel n'était pas le cas dans la loi en préparation sur la laïcité, on imagine désormais qu'une batterie d'avocats, en quête de publicité, comme pour la politique de combat contre le covid-19, ne manquerait pas de déposer une plainte devant la Cour de justice de la République et provoquer le viol du domicile (pardon, la perquisition) du domicile des principaux ministres concernés. Comme si, devant un phénomène jusqu'alors inconnu, tant des experts que des responsables politiques, on ne pouvait pas tâtonner en quête de solution optimale entre économie nationale et santé.

Est-ce que la « judiciarisation » de la vie politique de la France est une solution ? Déjà, il y a trente ans, nous en avions fait les frais lorsque Simone Veil, d'accord avec nous pour reconnaître de nouveaux droits de l'Homme (dont la laïcité) voulait que cette reconnaissance fut l'œuvre des magistrats (la jurisprudence) et non du Parlement élu par le peuple - ce qui fut un camouflet également par le Président Sarkozy qui entendait saisir la représentation nationale pour le même projet que nous.

Mais alors, qui jugera les juges s'ils jugent les élus ? La question est posée, tout en rappelant que les juges qui ont sévi sous Vichy, aux ordres, sont néanmoins restés en place sous la IVe République, drappés dans leur robe sans tâche.

L'heure n'est pas encore au débat, inévitable, sur la laïcité. Il faut cependant s'y préparer, avec un seul mot d'ordre, légué par les républicains espagnols, relancé par le Président Macron : « No pasaran ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 12 octobre 2020

Sophie Petronin ou le syndrome de Stockholm

Enfin libre ! Nous espérions et attendions tous la libération de Sophie Petronin, cette humanitaire de 75 ans qui a donné des années de sa vie aux plus pauvres du Mali. Quatre années de captivité, c'est long, très long. Puis la nouvelle est tombée. Les putschistes de Bamako en négociant avec les djihadistes ont obtenu la libération de Soumaïla Cissé, opposant au Président déchu, plusieurs fois second aux élections présidentielles et celle de Sophie Petronin en échange de la libération de 200 islamistes, tueurs de civils et de militaires, maliens ou français. On parle aussi de centaines de millions d'Euros, voire ...

Chacun appréciera sur le point de savoir si ce n'est pas un marché de dupes. L'avenir, un avenir prochain dira ce qu'il faut en penser lorsque seront enlevés les prochains otages et que tomberont les premiers soldats.

Pour l'heure, bienvenue en France à Sophie Petronin qui avait été enlevée parce que les islamistes locaux l'accusaient, sous couvert d'action humanitaire, de faire du prosélytisme chrétien. Le crime ! Et même si cela avait été vrai. N'était-elle pas d'abord celle qui soignait le corps des plus démunis dans un pays démuni ?

A son retour en France, on a alors appris de sa bouche tout le bien qu'il fallait penser des islamistes : elle avait été retenue quatre années sans que cela soit condamnable. Qui en est amateur, sans le moindre jugement ? On apprit aussi qu'elle avait été très bien traitée. Pas comme ces femmes Yezidis, Kurdes, chrétiennes du Proche Orient, vendues comme esclaves sexuelles. Idem au Nigéria avec Boko Aram. Non, non, là ce sont des islamistes bon chic bon genre, auxquels on céderait volontiers le pouvoir pour qu'ils appliquent les règles immuables, intangibles du Coran. Voilà pourquoi, sans aucune pression, Sophie Petronin s'est convertie à l'islam, librement, et non « à l'insu de son plein gré » comme disait un célèbre cycliste il y a vingt ans. Mais alors, que ne l'ont-ils, ces doux agneaux, libérée sans attendre quatre années ? D'autant que cette humanitaire sincère sait jouer sur les mots et depuis son retour, ne parle pas de djihadistes, de terroristes, d'islamistes mais seulement de « groupes armés d'opposition » (qui massacrent, enlèvent, torturent, égorgent des milliers d'innocents, femmes et enfants compris)

Est-ce ce que l'on appelle depuis des années le syndrome de Stockholm, qui crée une empathie de la victime pour son bourreau ? Cette victime, qui se fait désormais appeler « Maryam » au lieu de « Sophie » (son horrible prénom chrétien) et ne cesse de clamer, en dehors de toute question ou menace « je suis musulmane, je suis musulmane ». Soit. La liberté de conscience est de droit. Mais qu'elle soit alors conséquente et, en tant qu'humanitaire incontestable et incontestée, qu'elle parte au plus vite aider les femmes esclaves de ses copains islamistes du Proche Orient ou d'Afrique de l'Ouest.

Une femme suisse, missionnaire au Mali, n'a pas eu, elle, la même chance. Les islamistes qui la retenaient, elle aussi, l'ont exécutée.

Peut-être est-ce pour cela que le Président Macron, venu l'accueillir à Villacoublay, n'a pas respecté la tradition et s'est gardé de prononcer le discours de bienvenue prévu pour tous les anciens otages. Nos soldats, qui ont vu leurs frères d'armes tomber, tombent, ou tomberont pour la liberté de l'Afrique, mis en cause indirectement, n'auraient pas forcément apprécié... On le comprend ; on les comprend.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 5 octobre  2020

Séparatisme : le « discours de la méthode »
de Descartes à Macron

Cela fait un demi-siècle que, petit à petit, l'unité nationale est remise en cause de manière rampante et parfois violente, par de lâches attentats, sans qu'aucun gouvernement ne prenne le problème à bras le corps. Tous les Exécutifs (chefs de l'Etat, Premiers ministres) de droite comme de gauche n'ont pris que des demi mesures, par prudence et par peur d'être accusés de stigmatiser une religion - qui n'est pas le fruit du succès de conversions libres mais de l'immigration par choix.

C'est l'honneur du président de la République, Emmanuel Macron, dans un discours, le 2 octobre aux Mureaux, d'avoir posé clairement les bornes en matière de laïcité sans toucher un iota à la loi de 1905, laquelle reste l'alpha et l'oméga pour la France (comme la loi de 1901 sur les associations). Sans doute aussi pourquoi, à la différence de tous les projets politiques, en tous temps, le concert des critiques de toutes les oppositions (quasi automatique) ne s'est pas fait entendre cette fois.

Pour remettre en perspective la situation dégradée actuelle, rappelons (pour mémoire) que la France a toujours accueilli à bras ouverts les étrangers qui ont souhaité s'y installer dans le respect de nos lois : Polonais, Russes, Italiens, Espagnols, Portugais, africains, asiatiques ... Certains diront « parce qu'ils étaient chrétiens, comme les Français eux-mêmes ; ce qui est faux, archi faux. Les Juifs venus d'Europe de l'Est ou d'Afrique du Nord ; les ressortissants chinois ou indochinois ne sont pas réputés pour sentir l'eau bénite. Or ils se sont intégrés tout naturellement, sans remettre en cause nos lois. Bienvenue à ces nouveaux Gaulois ! Hydromel pour tous !

Dès lors, qu'est-ce qui a fait problème au cours de ce dernier demi-siècle sinon une immigration sectaire qui prétendait vivre selon ses us et coutume, importés, sans pratiquer ce que je rappelle toujours, et que nous ont légué nos colonisateurs romains : « le convivium, le concubium et conubium » (vivre ensemble, dormir ensemble et se marier) dont sont issus ensuite les Gallo-Romains.

Nos politiques ont longtemps, sinon toujours, tourné autour du pot. Emmanuel Macron lui-même a hésité à dire que l'islam était un problème. On a cherché à noyer le poisson, hypocritement. Maintenant les choses sont plus claires. On appelle un chat, un chat sans toutefois dire « la vérité, rien que la vérité, toute la vérité ». Par exemple, comme j'avais un jour, posé publiquement la question au brillant intellectuel, Malek Chebel : « connaissez-vous un pays, un seul, où l'islam soit majoritaire et qui vive en démocratie ? » Réponse de l'écrivain : « aucun ». Et pour cause. On juge un arbre à ses fruits. Bouddha, Confucius, Moïse, Jésus ne sont pas Mahomet. Aucun n'a été guerrier ; aucun d'eux n'a dévéloppé sa pensée les armes à la main.

Le clivage n'est donc ni à gauche, ni à droite. Il est dans la démocratie et la laïcité républicaine. Les migrants d'Algérie, du Pakistan, d'Egypte, de Turquie etc. ne peuvent, dès lors, transférer dans l'Hexagone que leurs traditions ancestrales (l'homme doit obligatoirement se convertir pour épouser une musulmane, la fille n'hérite que la moitié de ce qu'a son frère, la polygamie est autorisée ...) sauf à se couper de leurs racines, ce que certains, certaines osent tout de même faire.

Face à ces données éthiques, sociologiques et psychologiques, le président Macron a tenté de remettre les pendules à l'heure : « réenchanter » les valeurs de la République (une et indivisible) en réaffirmant le rôle de l'école ; un contrôle des associations qui confondent volontairement la loi de 1905 (sur les religions) et la loi de 1901 (sur les associations) ; neutralité des services publics ; sport sans fanatisme etc.

Par contre, léger bémol : pourquoi vouloir activer l'enseignement de l'arabe à l'école ? Les migrants concernés ne le possèdent-ils pas depuis leur pays d'origine. Et ne le parle-t-on pas déjà dans leur famille, comme on y cultive toujours l'islam et ses tabous ?

En fait, dans ce cher vieux pays qui est le nôtre, les négatifs l'emportent toujours sur les positifs. Se soucie-t-on de nos compatriotes asiatiques, qui ne posent aucun problème, ne se font les propagandistes d'aucune religion : sont souvent arrivés en France « pauvres comme Job » pour réussir, dès la première génération, sans se ghettoïser, même s'ils aiment garder leurs liens culturels ?

Enseigner l'arabe, soit. Mais pourquoi ne pas mettre autant en avant le mandarin ou le japonais ? ce serait bien plus utile pour vendre nos productions en Asie. Hélas, à cette fin, nos exportateurs préfèrent l'anglo-américain. Le droit au respect des cultures, l'écologie culturelle, ces « marchands du temple » ne connaissent pas. C'est pourquoi ils promeuvent leurs Airbus, leurs Renault, leurs Citroën... sans respect de la langue du pays ; donc sans respect de son peuple, alors que la prendre en compte augmenterait leur potentialité. Dès lors, enseigner l'arabe, certes. Mais n'oublions pas le chinois parce que nos amis immigrés du Sud Est asiatique s'intègrent discrètement en France, sans troubles à l'ordre public, comme tous les peuples qui, par le passé nous ont fait l'honneur de choisir notre pays.

Jamais, en France, la foi musulmane n'a été attaquée, remise en question. Elle relève de la liberté de conscience. En revanche, la philosophie dont elle est porteuse dans le quotidien peut l'être, doit l'être, si nécessaire, si elle remet en cause le consensus républicain. D'ailleurs, vous les complexés (souvent de gauche) vis-à-vis des musulmans, comme Martine Aubry à Lille - qui réservait les piscines à certaines heures aux femmes « séparatistes », avez-vous noté que l'islam, pas seulement en France, faisait pour les mêmes raisons, l'objet d'un rejet très fort dans les deux pays les plus peuplés de la planète, la Chine et l'Inde, en Birmanie aussi ... (chaque pays avec ses propres méthodes, évidemment). La façon de contrer un islam invasif, peu respectueux des lois, est par nature différent selon que l'on est en Chine, en Inde démocratique ou dans la Birmanie de Aung San Suu Kyi. A fortiori dans un pays libre comme la France où l'on ne peut pas tout se permettre, heureusement. Pas même dénoncer ces femmes à la tête empaquetée qui affichent explicitement au quotidien que, pour elles, la femme n'est pas, ne sera jamais l'égale à l'homme. Pourtant elles pourraient, elles aussi, scander « balance ton porc » sans déguster une choucroute ou un cassoulet pour autant ! Nul ne les y forcerait ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 28 septembre 2020

Iran : Et si Trump avait raison ?

Cela fait quarante ans que NDH dénonce le fascislamisme iranien. Presque deux générations ! Et nous qui pensions que nos 320 semaines de manifestations, chaque jeudi, avec François Mitterrand, Michel Rocard, Lionel Jospin, Yves Montand, Catherine Deneuve... contre la dictature argentine (1978 - 1984) était le summum de la solidarité ! Record battu. Tout ceci parce que la démocratie est un combat global que l'on ne peut pas déserter.

Mais il n'y a pas de hasard. En effet, c'est lorsque les militants de la Resistance iranienne se sont joint à nous pour l'Argentine qu'un lien indéfectible s'est créé entre nous, puis s'est renforcé lorsque notre ami Chapour Bakhtiar, ancien Premier ministre en exil a été lâchement assassiné en France. Ce fut alors un chemin sans retour.

Massoud Radjavi, au risque de sa vie participa à nos colloques ; Maryam Radjavi poursuivit sa route... jusqu'à la chute de la tyrannie... comme les Juifs ont longtemps scandé « l'an prochain à Jérusalem ». C'est d'ailleurs l'OMPI, qu'elle préside qui a alerté le monde sur les préparatifs militaires nucléaires des mollahs, en même temps que ceux-ci noyautaient les pays voisins : Irak, Syrie, Liban afin d'y établir un bouclier chiite.

En 2015, à Vienne, l'Iran des tyrans a fait mine de vouloir ralentir sa volonté hégémonique en conditionnant l'arrêt de ses préparatifs nucléaires à la suspension des sanctions commerciales à son encontre. On pouvait alors espérer, en parallèle, une libéralisation de la dictature des barbus sanguinaires. Hélas, il n'en fut rien, car l'arrivée de Trump à la Maison Blanche remit, unilatéralement, en cause les accords de Vienne. Un bon prétexte pour Téhéran de reprendre l'enrichissement d'uranium bien que la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne soient, elles, restées fidèles à leurs engagements. Résultat, au jour d'aujourd'hui l'Iran possède un stock d'uranium enrichi qui dépasse dix fois la limite stipulée par l'accord international. C'est dire sa volonté, sinon son plaisir, de reprendre sa course aux menaces guerrières, qui visent non seulement Israël mais tous les Etats à majorité sunnite de la région.

Dans le même temps la répression « terroriste » du régime (qui n'avait jamais cessé véritablement) a repris de plus belle, y compris après l'extension de la vague pandémique du covid-19, que les fanatiques nient parce qu'ils sont incapables de la maîtriser. Derniers hauts faits en date : l'exécution d'un jeune athlète de 27 ans, Navid Afkari, pendu après torture pour avoir manifesté en 2018 avec une population révoltée ; emprisonnement de l'avocate des droits de l'Homme Nasrin Sotoudeh , lauréate du Prix Sakharov, que lui a attribué le Parlement européen... En grève de la faim depuis le 11 août dernier, sa vie est désormais en danger... Une aubaine pour Donald Trump de justifier sa politique agressive en abandonnant les Palestiniens à la domination de Benyamin Netanyahou ; en rassemblant autour de lui tous les Etats sunnites menacés par l'Iran. Il a peut-être parfois raison sur le fond, mais, à coup sûr, tort sur la méthode.

Finalement, Trump, qui ment comme il respire, a retrouvé le beau rôle et bande ses muscles, menaçant, en sus, tout pays qui passerait outre aux sanctions étatsuniennes. On hallucine ! Le président des États-Unis retrouve donc le positionnement impérialiste de George W. Bush avant son invasion de l'Irak. « Je décide. Le monde obéit ». Et il n'y a plus de Chirac pour le contrer...

Dès lors, s'il est réélu pour un second mandat, en novembre, osera-t-il aller plus loin, comme son prédécesseur (et son allié Tony Blair) ? C'est une hypothèse, même si l'Iran, hostile aux États-Unis depuis le renversement de Mossadegh dans les années 50, fort de ses 70 millions d'habitants, n'est pas l'Irak de Saddam Hussein. Pour l'heure, Trump peut encore parader mais il met son pays en difficulté par avance si Biden est élu, car celui-ci devra sans doute alors, reculer... et la République islamique, elle, proclamera son triomphe... (en accentuant sa répression interne). Régis Debray, notre ex-ami de trente ans, pseudo « philosophe » passé du maquis avec Che Guevara à la célébration de la démocratie islamique en pleine page dans les colonnes du journal Le Monde, où il fustigeait la Resistance au fanatisme pourra à nouveau être invité en Iran puis s'autoproclamer « prophète » : « je vous l'avais bien dit »...

À n'en pas douter, comme disait le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, pour l'OMPI comme pour nous, « la route est droite mais la pente est raide ». Je rajouterai « elle est à risque », pour la paix mondiale comme pour le bonheur du peuple iranien.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 21 septembre 2020

Drogues, violence etc.
« La tolérance, il y a des maisons pour çà »
Paul Claudel

Drogue, violence ... la société française et surtout les classes moyennes ou les moins biens loties se plaignent, sans être entendues : trafics de drogues, violences en tous genre, dont les agressions sexuelles ne sont pas les moindres.

Face à cette régression sociétale, droite comme gauche ont toujours réagi verbalement avec fermeté. Sauf que les victimes n'ont jamais vu de résultat concret : depuis plus de trente ans on continue à vendre de la drogue (cannabis, cocaïne, crack ...) au vu et au su de tout le monde pour s'amasser un pactole sans travailler (voire en touchant des indemnités sociales). 

Les XIXe et XVIIIe arrondissements de Paris sont les plus touchés par une mafia jeune, plus intéressée par l'argent que par les études. Ce seraient donc ces bandes les victimes et non ceux qu'ils polluent. Et que dire encore des communes de banlieues comme Saint-Ouen, Aubervilliers, Bobigny, des quartiers Nord de Marseille, de Lyon, Grenoble, Toulouse etc.

Dans le même temps, certaines « bonnes âmes » autorisées à accéder aux grands médias prônent la vente libre (ou prétendument contrôlée du cannabis). Bien sûr, il est condamnable, et condamné, de conduire sous l'emprise d'alcool mais rien de cela - sauf a posteriori, après quelques morts - contre la consommation de drogues, et surtout de cannabis. On se moque alors de qui ? Quels sont ceux qui sont pris pour des idiots, sinon les victimes innocentes ?

Nous sommes dans un pays qui a affronté trois guerres en 75 ans, a suscité une résistance farouche lors de la dernière guerre mondiale et qui n'est même plus capable d'éradiquer les bandes de petits voyous qui minent la démocratie, pourrissent la vie des habitants de quartiers entiers dont ils contrôlent les entrées d'immeubles... Le citoyen, la citoyenne qui subit cela au quotidien est donc désemparé. Ce sont eux, en premier lieu qui sont les victimes du trafic de drogues, des agressions gratuites.

Basta les beaux discours officiels, les rodomontades en tous genres. Veut-on, oui ou non, briser net ces us et coutumes venus d'ailleurs (et on sait d'où) ? Idem aussi pour les ventes d'armes, les rodéos motorisés, les agressions en tous genres qui ont les mêmes origines. La démocratie ne saurait être mollassonne, approximative. Tolérance zéro, point barre. Paul Claudel disait fort justement, pour la prostitution - que certaines féministes protègent encore au nom de la « liberté du corps » - mais il en va de même pour la drogue, les bandes organisées etc. qui rongent certaines banlieues : « la tolérance, il y a des maisons pour cela ». Les petits caïds installent le « caïdat », Al Qaida en miniature (provisoirement).

Une république démocratique, fondée sur le Droit n'a pas à laisser prospérer la délinquance au quotidien au détriment, d'abord plus des démunis. Une Justice qui absout dans les trois quarts des cas les voyous, petits voire grands, n'est pas la Justice. Elle est complice.

Au lieu de cela, nos beaux esprits, souvent de gauche, hélas, ouvrent pour la drogue des lieux, soi-disant contrôlés, de consommation dont les habitants des quartiers concernés trouvent ensuite les trottoirs couverts de seringues et ne peuvent plus laisser sortir seuls leurs enfants. Les mêmes en outre qui ont longtemps dénoncé les caméras de video-surveillance avant de les installer. Une gauche posture, démago, qui ne défend plus les plus démunis. Bref, la porte ouverte à l'ex Front national ...

On ne peut nier par conséquent que les partis traditionnels, volens, nolens montrent donc une certaine forme de complexe. Ils condamnent, certes, verbalement, mais concrètement, pratiquent une forte compréhension, de peur d'être taxés d'être répressifs. Exécutif et Justice « la mano en la mano ». A bas les « salauds de pauvres » selon la formule chère à Marcel Aymé.

D'aucuns ne manqueront pas, dès lors, de rappeler les prisons surchargées, les mutations de la société. Cela fera une « belle jambe » aux parents contraints de déménager malgré leurs faibles ressources. Et surtout, surtout, pas de répression. La répression des transgressions ne saurait être que fasciste ou stalinienne ! Hors de question d'ouvrir à la campagne des camps de rééducation à la saine vie démocratique dont les peines seraient incompressibles. Vous n'y pensez pas. Les droits de l'Homme sont pour les trafiquants de drogue, d'armes... Pas pour les gagne-petit qui triment jour et nuit pour des salaires de misère. Eux ne sont bons que pour se plaindre, une fois de temps en temps, dans telle ou telle chaîne de télévision, de leur triste sort. Après, on passe à la météo du jour...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 14 septembre 2020

« Bienvenue aux khmers verts » 

A peine arrivés au pouvoir dans quelques grandes villes de France, voire sans y être encore, comme à Paris, les Verts d'EELV lancent leur offensive contre tout ce qui est notre culture ancestrale. Pas la culture agricole, car ils ne sont élus que dans les villes, mais contre notre culture historique, sociale et bientôt industrielle. Ils croient arriver ainsi au nirvana élyséen.

Cela, évidemment, n'a rien à voir avec la première génération des militants écologistes : notre ami René Dumont (et son célèbre chandail rouge qui venait souvent manifester avec nous lorsque nous faisions nos 320 semaines de manifestations, chaque jeudi contre la dictature argentine ; Nicolas Hulot qui remit notre 38e Prix littéraire des droits de l'Homme à Paul François, agriculteur intoxiqué par Monsanto ; François de Rugy, Barbara Pompili ou encore l'ancien député maire de Begles, Noël Mamère.

Non. Pour Jadot et son équipe aux dents longues, il faut être radicalement vert et se préparer à l'élection présidentielle de 2022 « sans blanchir sous le harnois » auparavant. D'ailleurs Jadot vient de « Jade », cette merveilleuse pierre verte. Et sur cette pierre « il bâtira son église », quitte à prendre les allures d'une secte.

À Paris, ses amis ont manifesté contre le « pedoland » obtenant alors le départ d'un adjoint d'Anne Hidalgo, Christophe Girard réputé pour son action culturelle. À Bordeaux, Pierre Hurmic, le nouveau maire décrète la fin des sapins de Noël. À Lyon, Gregory Doucet, plus raide que doux, fustige le traditionnel Tour de France, source de pollution, avant même de prendre un prénom français pour la sauvegarde de notre langue.

Mieux (ou pire encore) il refuse d'être présent à la cérémonie multiséculaire du Voeu des échevins qui se tient dans la basilique de Fourvière - pour cause de laïcité sectaire - mais, le lendemain, pose la première pierre de la future mosquée de Gerland. Comprenne qui pourra. Peut-être est-ce parce que le vert est la couleur de l'islam, allié objectif d'une certaine gauche en perte de vitesse dans les banlieues.

Idem à Rennes où la maire socialiste, alliée des Verts, condamne la grande boucle qui a fait le bonheur de dizaines de générations. Les pédaleurs doivent être partout dénoncés...

Bref, après les Khmers rouges, les Khmers verts « annoncent la couleur » s'ils arrivent un jour au pouvoir. Ils s'y emploient d'ailleurs, convaincus désormais, de leur suprématie à gauche, tant sur le Parti communiste que sur le Parti socialiste. Seul Mélenchon et ses « bolivariens » font encore de la résistance. Au PS, le brave et charismatique Olivier Faure a déjà mis bas les armes et se soumet, une fois de plus. Après avoir promu le Schtroumpf Glucksmann aux Européennes, le parti de Jaurès va se ranger aux présidentielles derrière Jadot ou Piolle, maire de Grenoble qui effectue actuellement quelques « tours de chauffe » (pardon, c'est encore du cyclisme)...

Bientôt, selon leur programme, si cette nouvelle secte l'emportait, alors que l'on combat l'alcool et le tabac, le cannabis serait en vente libre ; des forêts d'éoliennes couvriront la France et ses côtes ; les centrales nucléaires qui produisent la seule électricité sans pollution seront fermées une à une ; la 5G ne sera pas admise, surtout si elle est chinoise. Greta Thunberg sera accueillie en France par tous ces pères verts et le drapeau bleu étoîlé de l'Europe, dont chacun connaît l'origine mariale, sera interdit (pour cause de laïcité !).

Iront-ils jusque-là ? Les laissera-t-on aller jusque-là ? En auront-ils le temps si leurs amis « collapsistes » ont raison et que la fin du monde commence ?

Le peuple français n'est pas aveugle. Il va très vite réagir, avec ou sans résurrection du Parti socialiste. Il a prouvé sa résistance depuis longtemps quand Pétain, déjà prônait, lui-même, le retour à la nature, avec le même slogan que nos « futurs » maîtres : « La terre ne ment pas ». En attendant, Emmanuel Macron, après avoir phagocyté les gilets jaunes, avec des opposants comme cela peut dormir tranquille. Et que l'on cesse de scander, à Saint Etienne « Allez les Verts»,  s'il vous plaît ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 7 septembre 2020

Feus les Etats-Unis d'Amérique ?

L'impérialisme étatsunien a-t-il vécu ? Nous commencerons à le savoir en novembre prochain, lors de l'élection présidentielle dans ce pays qui aspire et prétend diriger le monde alors que la planète Terre n'a nul besoin d'une hégémonie à fondement hyper- capitaliste, à fondement raciste. Car depuis l'ancien Testament, le dieu Mammon n'existe plus, ou doit être combattu et, depuis le nouveau Testament, tous les hommes sont frères (y compris les femmes !). Malgré tout, le président des États-Unis jure encore sur la Bible, fut-il élu, comme Trump, avec une minorité de voix.

La crainte ? C'est que cet individu, sans la moindre moralité, ne soit réélu lors d'une élection aussi « truquée » qu'en Russie ou en Bielorussie... En doutez-vous alors qu'il a annoncé publiquement que ses concitoyens pouvaient voter deux fois : dans les urnes et par correspondance. Et qu'il se prépare, de toutes façons, à contester les résultats officiels.

Mais qui s'en étonnerait, sauf les niais qui ne jurent quotidiennement dans l'économie, la finance, la culture que par le nouveau colonisateur du monde ?

Ouvrez les yeux : ce pays prétend dicter ses règles commerciales à tous les pays sous peine de sanctions démentes devant lesquelles chacun s'incline - en faisant mine de résister. Il impose sa langue dans les radios et télévisions, les réseaux sociaux. Les publicités de la plus petite à la plus grande entreprise ne sont qu'en anglo-américain (Air France, Peugeot, Renault, SNCF...). Sans la moindre pudeur, sans la moindre fierté, sans le moindre honneur. La jeunesse française ne pourra plus entendre Brassens, Bécaud, Brel... place à la modernité, et, comme a osé Laurent Delahousse : en « direct live ». Sur la radio nationale française une certaine Rebecca Manzoni vous initie chaque jour à tous les secrets de la musique « américaine » : qui était le batteur de tel chanteur « made in USA » des années 20 ; où a-t-il enregistré ? Vous devez tout savoir : apprendre avant de réciter à votre tour. La musique brésilienne, argentine ? C'est quoi ça ? La musique arabe : Fairouz, Oum Kalsoum... France Inter ne connait pas ; n'en a jamais entendu parler. Et comme on comprend cette radio « nationale ». Il n'y a pas d'Arabes en France ou, s'il y en a, ils doivent s'aligner derrière le « modèle » voulu par les « USA ». Pas droit pour les Portugais, pourtant si nombreux (et silencieux) d'entendre Amalia Rodrigues ou celles qui lui ont succédé etc. etc.

Mais de quoi cette soi-disant démocratie est-elle le nom pour nous être imposée clandestinement, subjectivement ? De ses pères fondateurs, portés au pinacle : Washington, Jefferson tous propriétaires d'esclaves ? D'un pays qui a connu une guerre civile dite « de Sécession » parce qu'il faisait perdurer l'esclavage... avant de coloniser les Philippines, de réprimer la langue française en Louisiane jusqu'à sa disparition ; de considérer les « Latinos » du Texas, de Floride ou de Californie comme des citoyens de seconde zone ?

Oui, diraient ces « pseudos-chrétiens » adorateurs de l'argent-roi et ennemis des lois sociales - en contradiction avec les textes auxquels ils se réfèrent sans cesse (pas de sécurité sociale, expulsion du logement au premier loyer impayé...). Mais ils sont venus sauver l'Europe en 1917, en 1944 de l'impérialisme allemand ! Soit ! Chaque fois à la fin des deux guerres mondiales, et pour tenter d'y imposer leur idéologie (au moins en 44).

Respect cependant pour ces jeunes gens, morts loin de leur sol natal, et que Trump insulte désormais en les traitant de « losers » (perdants) et autres qualificatifs méprisants... voire en refusant de se rendre sur leurs tombes en Normandie.

On aurait pu alors penser que la Chine, humiliée pendant des décennies aurait, elle, contrebalancé l'hégémonie mercantile grâce à sa nouvelle puissance, sur le fondement de sa philosophie confucéenne ; étendre pacifiquement son influence par la nouvelle « route de la soie » ; être partenaire de l'Europe sur tous les plans, en particulier au sein des Nations Unies, de l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) de l'UNESCO. Hélas, après avoir suscité l'espoir, la vieille Chine millénaire retombe dans les travers du maoïsme, même édulcorés. Au lieu de se rapprocher du Taiwan (Formose), dont elle revendique légitimement l'appartenance, elle y combat la démocratie ; au lieu de ramener à la raison en Corée la monarchie héréditaire « communiste », elle ne la « rabroue » pas et elle « sinise » les Mongols de l'intérieur, après le Tibet.

Face à ces deux mastodontes, dont leur idéologie basique veut prendre le monde en étau, reste alors l'Europe et son modèle historique : démocratie plus de justice sociale. Saura-t-elle relever le défi durant les années à venir ? Sans doute si elle évite les deux pièges qui sont devant elle : une Union fédérale à « l'américaine » qui effacera son Histoire ; la désunion sur les valeurs et les objectifs.

Le rapprochement de la France et de l'Allemagne est de bon augure, mais pour combien de temps ?

Ce qui constitue désormais le modèle européen est l'unité dans la diversité, le pluralisme. L'Italie, la Grèce en sont les mères ; l'Autriche a Mozart ; on parle polonais en Pologne ; l'Espagne a rayonné grâce à Christophe Colomb etc. et d'aucuns voudraient maintenant singer le modèle nord-américain ? L'Europe, comme la Chine, le Japon a des milliers d'années d'Histoire, de culture, de science. Néanmoins, à Bruxelles (pas la Belgique, l'Union européenne) on voudrait que l'anglais demeure la langue unique de travail alors que le Royaume-Uni la snobe sous la houlette du Trump local, Boris Johnson.

Peuples d'Europe, réveillez-vous ! Vous n'avez pas toujours été exemplaires, soit. Mais c'est vous qui détenez les clefs du futur à travers les Nations Unies. Imposez par le raisonnement un autre cinéma que celui issu de la violence quotidienne ; parlez haut et fort ; sans complexe. Dites-le sans cesse à vos alter ego chinois, japonais, indiens, africains... plutôt que d'être le « moins-disant » culturel. Exprimez-vous en chœur.

Il ne faudra pas dix ans pour que la suprématie étatsunienne ne s'effondre sur elle-même. Elle aura duré cent ans (1940 - 2030). Et encore ! Qu'est-ce à côté des millénaires des autres civilisations. C'est pourquoi l'élection de novembre aux États-Unis est primordiale. Car une nouvelle guerre civile les guette, sur fond de racisme, de mépris pour ce qui n'est pas WASP depuis leur origine (White Anglo-Saxon Protestant) ; de mépris des populations latinos. Plusieurs ouvrages sérieux ont déjà décrit par le menu les complots ourdis contre le pape François par la finance d'outre Atlantique. Son tort ? être un héritier des peuples oppressés par Washington au sud de rio Grande et dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Il est l'héritier de la théologie de la libération.

L'Histoire du futur n'est pas encore écrite. Espérons que bientôt on dira « Feus les États-Unis d'Amérique » et que chaque minorité pourra enfin faire valoir ses droits... de l'Homme. N'est-ce pas Roosevelt qui disait qu'ils devraient passer avant les droits de l'argent ?

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 31 août 2020

Tête de Turc

Jusqu'à sa fin Recep Tayyip Erdogan semera le trouble, la mort, la désolation dans le Proche-Orient et la Méditerranée orientale. On a déjà vu ce dont il était capable. « Attendez-vous à savoir »  comme disait toujours Geneviève Tabouis, célèbre chroniqueuse radio d'après-guerre (quand il n'y avait pas encore le quota de femmes imposé) « ce que sera la suite de sa désastreuse politique ».

Déjà, en interne il a muselé toute opposition (journalistes et avocats compris). Et comme depuis toujours sous le joug musulman, après l'assassinat de nombreux prêtres à l'intérieur de cette vieille terre chrétienne, il vient, dans la foulée, d'attribuer au culte islamique non seulement la célèbre Sainte-Sophie de Constantinople mais, plus récemment encore, le non moins célèbre Saint-Sauveur-in-Chora, doté de six dômes et de fabuleuses mosaïques classées au patrimoine de l'UNESCO, que les touristes du monde entier venaient admirer. Moins grave que la destruction des Bouddhas géants de Bâmiyân, en Afghanistan par les talibans, mais l'esprit totalitaire reste le même. C'est l'éternel débat entre l'islam et la démocratie qui suinte jusque dans nos banlieues. Et les naïfs de s'étonner qu'en Inde, en Birmanie, en Chine... des peuples qui n'ont rien à voir culturellement avec les judéo-chrétiens occidentaux chassent les musulmans, non pas comme promoteurs de libertés qu'ils ne seront jamais, mais parce qu'ils sont fondamentalement dominateurs. Il n'y a que dans les démocraties de l'Ouest que l'on accepte le séparatisme, le dogmatisme contraire aux lois républicaines. Le procès des tueurs de Charlie Hebdo et de l'hyper-casher en est l'illustration. Sans laïcité, pas de liberté.

C'est bien ce qu'avait compris Kemal Atatürk, fondateur de la République laïque turque sur les ruines de l'empire ottoman (colonisateur, avant la France, de l'Algérie). C'est ce que « détricote » le fanatique Erdogan de nos jours.

L'Europe aurait bonne mine aujourd'hui si la Turquie, arrêtée dans sa conquête militaire lors du siège de Vienne au XVIIIe siècle, y était entrée plus tard, au XXe, par son adhésion à l'Union Européenne, comme elle le voulait.

Les données économiques le prouvent depuis quelques années. « L'insultant » Erdogan a échoué sur toute la ligne. D'où ses gesticulations islamo-nationalistes pour donner le change et perpétuer son pouvoir autocratique.

Déjà, avant lui, ses prédécesseurs avaient envahi Chypre et y sont demeurés depuis, sans protestations ni sanctions, afin d'y créer un État-croupion non reconnu par la communauté internationale. De même qu'il continue à nier le génocide arménien de 1915. Mais, dans sa folie arrogante, Erdogan veut faire « mieux que pire ».

On connaît ses persécutions contre les Kurdes de Turquie (comme de Syrie à une époque récente). Comme si cela ne suffisait pas, il envoie maintenant des troupes dans le bourbier libyen pour y dicter sa loi sectaire. Pauvres Libyens : après Khadafi, Erdogan... Ont-ils vraiment mérité cela ?

Mais le meilleur, de la part du mégalo d'Ankara, est peut-être encore à venir. Il va désormais prospecter des champs sous-marins gaziers et pétroliers dans les eaux territoriales grecques. Cette Grèce que les Turcs ont déjà occupée pendant des siècles jusqu'à leur célèbre et romantique libération nationale au XIXe siècle. D'où un risque d'affrontement militaire auquel la France veut parer en envoyant quelques unités de sa marine en appui à la marine hellène. Et dire que tous ces pays, Turquie comprise, sont membres de l'OTAN... On croit rêver. Bientôt une guerre entre alliés du fait d'un fanatique ?

Finalement, ce sera peut-être l'Allemagne, ancien allié de la Turquie, où ont émigré beaucoup de Turcs (avec les problèmes qui s'ensuivent) qui calmera l'activiste du Bosphore, à moins que « le bon Monsieur Poutine », à la tête d'un pays majoritairement « chrétien orthodoxe » - de tradition - ne lui demande des comptes pour la conversion forcée des sites byzantins en mosquées. Il existe une filiation spirituelle entre les patriarcats de Constantinople et de Moscou, n'est-ce pas ? Oublions un instant, juste un instant, l'occupation de la Crimée et d'une partie de la Géorgie...

On ne le redira jamais assez, tout en célébrant les mérites du « Tigre » : que n'a-t-il, lors des traités de Versailles et de Sèvres, après la première guerre mondiale, imposé le rejet de la Turquie au-delà du Bosphore et la libération du valeureux peuple kurde partagé entre Turcs, Irakiens, Syriens et Iraniens... C'eut été plus utile et visionnaire que de se partager une partie du Proche-Orient avec la Grande-Bretagne.

En attendant, aujourd'hui, que fait-on de cet héritage aux mains du satrape provocateur ?

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 24 août 2020

La perte des repères et des valeurs 

Les historiens trouveront sans doute d'autres périodes de la déjà longue histoire de l'humanité où les valeurs, les repères des sociétés ont disparu, au moins passagèrement. Fut même un temps où les « braves gens » disaient avec un gros bon sens populaire : « on aurait besoin d'une bonne guerre », comme si les guerres purgeaient, remettaient les compteurs à zéro ; que les sociétés retrouvaient alors une nouvelle jeunesse. C'est ainsi que la France après la dernière guerre mondiale et la défaite de 1940 s'est régénérée. Exit les vieilles élites fatiguées ; place à une génération issue de la Resistance ; « baby-boom » ; renouveau industriel et agricole puis, dans la foulée... les « trente glorieuses ». Il en avait été de même après 1870 et la chute du second empire. La IIIe République avait relancé la France sur tous les plans ; peintres et écrivains illustraient les succès obtenus par ailleurs sur le plan technique (aviation, automobile, chemin de fer etc.)

Sans doute y a-t-il une part de vérité dans cette vue simpliste de la marche des sociétés, dont la société française. Mais cette explication est un peu courte pour être satisfaisante.

Au-delà de ces données brutes, tangibles il y a les valeurs immatérielles, éthiques qui guident un pays. Pour nous, ce furent longtemps les valeurs judéo-chrétiennes, puis les valeurs démocratiques et républicaines à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, dont la Déclaration des droits de l'Homme fut le résumé. Même anti-cléricale, la IIIe République maintint globalement les règles d'antan, grâce aux « hussards noirs », ces instituteurs dévoués à la chose publique. L'ordre continua de régner sans aucune dictature pour cela. L'ordre avec le progrès qui fit de la France, malgré son implication dans deux guerres mondiales, un pays de Cocagne où beaucoup voulurent émigrer pour bénéficier de ses avantages indéniables : Polonais, Espagnols, Italiens, Portugais... Ce que notre ami et vice-président de NDH, Bernard Stasi appela dans un ouvrage célèbre « une chance pour la France »

Las, les temps ont changé ; une autre immigration est arrivée, contestant les vieilles valeurs républicaines et judéo-chrétiennes. Finie l'intégration « à la française ». Place au communautarisme, au séparatisme. On conteste les enseignants et l'enseignement. On exige dans les cantines scolaires des menus différents. La laïcité est plus défendue par la droite que par la gauche. Les forces de l'ordre sont agressées. La notion de respect est inversée. Ce sont les gardiens de la paix qui devraient s'incliner devant les « caïds »

Mais ce n'est pas tout. Dans le même temps, les sociétés démocratiques européennes ont subi à haute dose l'influence perverse venue des États-Unis, qui a tiré la jeunesse vers le bas et s'est mélangée avec le premier courant déstabilisateur. Comme aux « USA » il fallait, pour être jeune et moderne, être violent, se droguer, être « punk », provocateur, aduler le « rapp » avec ses paroles de haine et de mépris pour les femmes.

Ainsi est née une sorte de contre-société où l'on écrase le policier qui vous demande de vous arrêter ; on organise, nuit et jour, des rodéos à moto autour des cités ; on fait régner l'ordre des grands frères et les trafics en tous genres pour gagner de l'argent facile quand ce n'est pas la polygamie que finance les allocations familiales ; on obtient une discrimination positive pour accéder, sans peine, au niveau supérieur de l'éducation quand autrefois il fallait « cravacher » lorsque l'on était fils de paysan ou d'ouvrier.

Bref, deux types de sociétés se confrontent et s'affrontent aujourd'hui. Laquelle l'emportera ? Rien n'est joué, hélas. Films, télévisions... continuent à diffuser des images de crimes, de violence « à l'américaine ». La musique est essentiellement anglo-saxonne. « Il faut faire américain » à tout prix, comme les « fils de pub » nous y incitent à longueur de journée.

Face à cette vague, que pèsent désormais notre enseignement ; les défenseurs du patrimoine intellectuel et moral ; des partis politiques sans idéologie claire... Nos compatriotes sont pris en étau, entre l'enclume et le marteau des deux modèles communautaristes qui ont fait irruption en Europe : l'islamiste et l'anglo-saxon.

Question de mode diront les optimistes. On aimerait qu'ils aient raison. En attendant, on ne voit pas surgir les Jaurès, Clémenceau ou de Gaulle capables de faire entendre une voix qui rappelle à l'ordre laïque, démocratique et républicain. La mode serait plutôt au style « dément » : Trump, Bolsonaro, Erdogan ... « Mais où sont les neiges d'antan ? » eut écrit François Villon.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 19 août 2020

      L'emprisonnement de Khaled Drareni
                              journaliste algérien pour trois ans ferme

Avec l'Algérie, tous les démocrates vivent dans un psychodrame. Un psychodrame qui dure depuis près de soixante ans, date de l'indépendance en 1962.

Les plus fervents partisans de ce pays, qui fut occupé par la France pendant 130 ans après avoir été colonisé par l'empire turc, succédant lui-même aux Arabes ne savent plus à quel saint se vouer. Et le président Macron ferait une faute capitale en mettant un genou à terre devant un pays dirigé depuis l'origine par un clan militaire qui ne sait que pratiquer le chantage vis-à-vis de la France, chargée de tous les maux, fut-ce six décennies plus tard.

Dernier avatar : l'incarcération, pour trois ans ferme, du journaliste quadragénaire Khaled Drareni directeur du site « Casbah Tribune », animateur du « Café presse politique », collaborateur de la chaîne française TV5, sans oublier qu'il est aussi le correspondant de « Reporters sans frontières ». Bref, pour le pouvoir algérien, tout du « délinquant ».

Mais venons en aux faits. Son vrai tort, son crime : avoir couvert honnêtement, objectivement depuis ses origines le Hirak, ce soulèvement populaire durable qui a obtenu le retrait de l'éternel président Bouteflika, figure de proue d'un régime militaire dissimulé.

Chefs d'inculpation ? Toujours les mêmes : « incitation à des attroupements non armés»,  «atteinte à l'intégrité du territoire national »...longtemps après que les manifestations massives hebdomadaires se soient arrêtées pour cause de Covid-19.

La France se tait. Ses confrères français se taisent. Et pour cause. Il est soupçonné, à demi-mot, d'être un « collabo » de la France. Il fallait y penser ! C'est la France qui a instauré ce régime monolithique ; c'est la France qui, depuis plus d'un demi-siècle, a fait que l'Algérie ne vit que de ses ressources pétrolières, donc de ses importations pour l'essentiel : alimentation, biens d'équipement... La France, ce petit doigt derrière lequel on cache la corruption. Accusée France, levez-vous ! Confessez, comme dans les procès staliniens que vous êtes coupable. Et, surtout, payez, non pas pour faire vivre mieux le peuple algérien, mais pour engraisser davantage la caste qui détient le pouvoir et n'entend pas le lacher de sitôt.

Pauvre Khaled Drareni, il est mal barré. Il aurait mieux fait, comme des centaines de milliers de ses concitoyens de choisir l'exil. Le salut dans la fuite en quelque sorte. Mais voilà, ce journaliste expérimenté n'est pas un lâche. Il a fait le choix du témoignage.

Pour d'autres, la presse française et internationale se serait mobilisée. Non seulement les dirigeants français, mais aussi les élus européens seraient montés au créneau. Pas pour la victime d'un pouvoir qui continue à exploiter le filon d'une indépendance acquise par le sang.

Jusqu'à quand ? Jusqu'à ce que le filon soit vide. Or il l'est, même pour ceux qui prennent en otage un journaliste indépendant. Il n'est pas nécessaire d'être un support de la bande à Le Pen pour le proclamer. Fini les complexes.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 10 août 2020

Liban - Bilan

Le Liban est le pays arabe le plus proche de la France, depuis des siècles, puisque François 1er, avait obtenu de l'empire ottoman, celui de Soliman le Magnifique la protection des chrétiens régulièrement persécutés par des musulmans toujours en quête de domination. Un lien qui s'est maintenu après l'expédition de Bonaparte lors de son aventure en Égypte, puis sous Napoléon III lorsque l'émir Abdelkader, vaincu en Algérie avant de devenir le meilleur ami de la France, choisit de vivre au Levant où il fit cesser d'autres massacres. Ce fut enfin l'établissement du protectorat français après la première guerre mondiale, en application du traité de Sèvres qui finit par démanteler l'empire turc, allié de l'empire allemand et auteur du génocide arménien de 1915.

Devenu indépendant, le Liban instaura alors un système en apparence démocratique, basé sur une répartition du pouvoir entre communautés rivales, souvent à couteaux tirés, qui aboutit à l'assassinat du jeune Président élu, Bachir Gemayel et à une guerre civile sans fin, entre 1975 et 1990, suspendue par les accords de Taëf. Mais comme si cela ne suffisait pas, survint encore l'attentat mortel contre le Premier ministre Rafic Hariri, grand ami de Jacques Chirac.

Beau et triste Liban dont le bilan est globalement « négatif », pour parodier Georges Marchais qui considérait avec son talent de boni menteur que le bilan des pays communistes était, selon son expression « globalement positif ».

Les manifestations massives de la fin 2019 ont montré à quel point le pays était malade, victime non seulement d'une corruption généralisée mais aussi d'une classe dirigeante qui se partage le pouvoir, depuis des décennies, à son seul profit. Elle l'a, par pur égoïsme, voire cupidité, conduit à la ruine. La monnaie, la livre libanaise, a perdu toute valeur ; l'électricité en est venue à manquer ; la nourriture, importée à 80% de l'étranger, réservée aux classes aisées. Bref la gabegie totale dont la double explosion du 4 août sur le port de Beyrouth semble n'être qu'une traduction caricaturale.

On aurait pu penser que le général Aoun, devenu Président du Liban après un long exil en France, aurait eu la poigne nécessaire, allié aux islamistes pro-iraniens du Hezbollah, pour rétablir la situation du pays. Hélas il n'en fut rien et ses déclarations, après les dévastatrices explosions le confirment : cet homme est apparu sénile, ridicule. Il ne s'est même pas rendu sur les lieux du drame.

En premier lieu, notre homme de paille refuse toute enquête internationale sur les causes du désastre, ce qui n'incitera guère les bailleurs de fonds à se montrer généreux pour la reconstruction du pays. Toujours les sempiternelles magouilles indignes d'une démocratie. En second lieu, ce chrétien en relation avec l'Iran des fanatiques barbus, qui ont eux-mêmes conduit leur pays à l'échec, laisse entendre que les explosions du 4 août seraient peut-être dues à un missile... Peut-être, pourquoi pas, puisqu'on est dans le délire : un missile iranien ? Puisque la république islamique de Téhéran s'entraîne à développer ses missiles, futurs vecteurs de son armement nucléaire théoriquement arrêté par les accords de Vienne de 2015 et que c'est avec un missile persan qu'a été abattu récemment un avion de ligne...

Au-delà de la catastrophe généralisée, mais qui ne doit pas cependant autoriser à s'ingérer dans les affaires intérieures du Liban, si on s'élève un peu au-dessus des contingences, il faut bien constater que ce pays arabe, n'est guère différent des autres. Le communautarisme en est la philosophie de base. À la différence de la France mais comme les États-Unis, chacun appartient à un clan: sunnite, chiite, chrétien, druze... La laïcité n'existe pas, ce qui compromet l'unité nationale du haut au bas de la pyramide. Le Président de la République est forcément chrétien ; le Premier ministre forcément sunnite ; le Président du Parlement forcément chiite (assis sur une fortune personnelle accumulée au fil de ses mandats successifs).

Il faudrait donc donner un coup de pied dans la termitière ; que la société civile libanaise, marginalisée, après des élections jouées à l'avance (et afin de ne pas retomber dans les mêmes ornières) exige la tenue d'une assemblée constituante dont la pierre angulaire serait la laïcité qui, seule, empêchera le retour à la consanguinité traditionnelle, et donc à la mort du pays. Un rêve ? Pourquoi pas ? Ce serait, certes, des difficultés nouvelles. Mais quel exemple pour d'autres pays eux-mêmes bloqués pour des raisons similaires. De pays déchu, le Liban deviendrait alors un pays arabe exemplaire à plus d'un titre.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 3 août 2020

Repentance

Le tic-tac, tac-tic est reparti entre l'Algérie et la France, 58 ans après l'indépendance. On en finira donc jamais, alors que dix-huit ans après la seconde guerre mondiale, trois agressions prusso-allemandes (1870-1914-1940) des millions de morts, des destructions immenses sur le territoire français, De Gaulle et Adenauer signaient le traité de l'Elysée pour marquer la réconciliation voire l'amitié franco-allemande. L'Allemagne avait-elle auparavant présenté des excuses ? s'était-elle repentie ? Pas à notre connaissance en tous cas.

Alors pourquoi ce contentieux permanent et rampant entre l'Algérie et la France sur l'aspect mémoriel d'un divorce violent (1954-1962) aujourd'hui réactivé côté officiel algérien, car il y a longtemps qu'en France les partisans de l'Algérie française sont tombés dans les oubliettes de l'Histoire. Même Marine Le Pen se prétend désormais sans la moindre pudeur « gaulliste »

Le président de la République française, Emmanuel Macron ferait cependant une faute impardonnable s'il poursuivait sa tendance à culpabiliser son pays, en révisant l'Histoire et en la revisitant à la lumière des critères actuels (comme les imbéciles qui renversent les statues de Victor Schœlcher, père de la seconde abolition de l'esclavage).

Oui, il a raison, la colonisation est un « crime contre l'humanité », vue quatre siècles après. Mais que serait le monde sans la rencontre des peuples qu'elle signifiait ? Où en serait l'Afrique, la globalisation du monde, les échanges culturels qui font la richesse de la planète ?

Le choix par l'Elysée de Benjamin Stora, grand spécialiste de l'histoire algérienne pour établir une réflexion sur la mémoire franco-algérienne est un excellent choix car ce natif d'outre Méditerranée ne parle pas à tort et à travers. C'est avant tout un intellectuel sage, expérimenté. Et, puisqu'on parle de « mémoire » franco-algérienne, il fera entendre que la mémoire ne doit pas être courte. Car il faut « en même temps » (concept macronien s'il en est) convoquer les autres colonisations de l'Algérie, bien plus longues que la colonisation française et surtout qui, elles, ont imposé une religion en éradiquant la précédente, pacifique. Celle de saint Augustin que tout le monde révère de nos jours.

Mettons donc sur un pied d'égalité la colonisation arabe, la colonisation ottomane et la colonisation française. Les guerres d'expansion musulmane jusqu'à Vienne et jusqu'à Poitiers étaient-elles des « guerres justes » ? Non l'inverse ? Les razzias en Méditerranée à l'époque de Philippe II (relire le grand Fernand Braudel) pour fournir en femmes les bordels d'Alger (pardon, les harems) ; le rachat des prisonniers n'aurait jamais existé ? Pas plus que l'esclavage arabe, qui perdure en Mauritanie ? ...

Si Messali Hadj, le premier promoteur de l'indépendance de l'Algérie avait été suivi, dès les années trente, par les Algériens eux-mêmes, par des moyens pacifiques, tel un Gandhi, nous n'en serions pas là actuellement. La France, avec ou sans de Gaulle, avec un Mendès-France, un Edgar Faure aurait reculé aux Nations Unies jusqu'à lâcher l'indépendance.

On juge un arbre à ses fruits. La façon de procéder du FLN a suscité une guerre en rétorsion. Après l'indépendance, en juillet 1962, la suite logique en fut une dictature déguisée, corrompue, qui ne vit que de la rente pétrolière et pousse des cris d'orfraie dès que la France émet une opinion sur l'Algérie. Mais si l'ancienne puissance coloniale est aussi horrible que cela (car la mémoire en est encore très fraîche) pourquoi des millions d'Algériens veulent-ils venir, ou sont venus vivre dans l'Hexagone ? seraient-ils masochistes ?

Bref, soyons enfin clairs et objectifs. Ou bien l'Algérie convoque à des fins d'expiation ses trois derniers colonisateurs (arabes, turcs, français) ou bien elle s'assume enfin en en profitant pour instaurer un régime démocratique et laïque selon les critères des Nations Unies. Soyons en sûr le roi d'Arabie et l'ottoman Erdogan seront d'accord pour battre leur coulpe colonialiste passée comme la France du XXIe siècle.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 27 juillet 2020

Violences 

Le « droit à la paix » est un droit de l'Homme qui n'a hélas jamais été reconnu, ni en 1789 ni en 1948 par le vote de la Déclaration universelle des droits de l'Homme des Nations Unies, réunies à Paris, au Trocadéro. Il faut dire que nous sortions alors d'une seconde guerre mondiale. Il n'empêche...

Sans un tel droit fondamental à quoi bon tous les autres droits officiellement reconnus ? C'est pourquoi NDH se bat pour sa reconnaissance par la France qui devrait ensuite « l'exporter » à l'Europe et au monde. Non que ce soit une formule magique mais comme les autres droits, il serait un but qui pourrait sans cesse être invoqué, revendiqué, non seulement à l'extérieur de l'Hexagone mais également à l'intérieur de nos frontières où la violence, longtemps endémique devient de plus en plus flagrante.

Autrefois monopole de la l'Armée et de la Police, pour raison d'État, aujourd'hui n'importe qui, sous n'importe quel prétexte (voire sans prétexte du tout) a recours « gratuitement... » à la violence.

Même les services publics de première nécessité : pompiers, médecins, gardiens de la paix... sont attaqués au risque de leur vie quand ils en sauvent d'autres. Bref, l'anarchie gagne les démocraties comme un cancer. Le « mal » pour reprendre une vieille terminologie l'emporte sur le « bien ». Nous sommes en pleine confusion des valeurs. Le droit « théorique » à la paix s'estompe et appelle inévitablement à la répression, seul moyen de rétablir ou de maintenir l'ordre républicain qui porte avec lui la paix.

Dans les siècles passés, « le sabre et le goupillon » entretenaient une vie en société relativement organisée. Mais un certain discrédit jeté sur les forces de l'ordre ; la perte d'influence des Eglises, souvent remplacée par une philosophie religieuse fondée sur l'inégalité, le primum de la violence, un rejet universel de la liberté, engendre un nouveau contexte auquel la gauche, par intérêt électoral et laxisme, après un anti-clericalisme justifié, a ouvert un champ très large, soutenue par les « psy » qui expliquent soi-disant tout, c'est-à-dire justifient tout ou à peu près tout.

Faut-il, dès lors, devenir « réactionnaire » et en appeler à la répression, accuser les « étrangers » globalement, eux qui, Italiens, Portugais, Polonais... se sont intégrés pacifiquement et ont enrichi la France depuis longtemps ? Il faut savoir raison garder, « séparer le bon grain de l'ivraie » comme dit l'Évangile

On l'a vu, la justice sociale mise en œuvre depuis plus d'un siècle, en particulier en 1936 et 1945 ne suffit plus. D'ailleurs ceux qui massacrent un chauffeur de bus innocent, foncent « à tombeau ouvert » sur une jeune policière, imposent leur « loi » afin de poursuivre leurs trafics de drogue, ne sont pas issus du « lumpen prolétariat ». Les ouvriers de 1900, 1936 ; les paysans aux revenus de survie n'avaient (ou n'ont) aucun de leurs avantages sociaux. Et pourtant ils ne dégradaient pas la démocratie, fruit des droits de l'Homme de 1789. Il y avait une convivialité, des règles communes respectées.

Face à la dégradation actuelle, à la disparition lente du « vivre ensemble », le gouvernement Castex, comme celui de Manuel Valls auparavant, veut durcir la législation punitive. Soit, c'est quasiment inévitable. La « tolérance zéro » est à la mode. Mais une telle politique ne devrait-elle pas être doublée par un enseignement du Droit, et des droits de l'Homme en particulier, dans l'enseignement secondaire, tel que nous le revendiquons depuis trente ans, ce qui nous a toujours été refusé ? Comment également prôner la paix nationale (et internationale) quand tous les écrans de cinéma et de télévision sont remplis de meurtres « en veux-tu en voilà » ? Comme si on exigeait le respect des droits de la femme et ceux des enfants en continuant de promouvoir les films sexistes, une littérature sexiste (à la Matzneff !)

Le nouveau ministre de la Justice, Eric Dupont-Moretti a dit qu'il s'engageait sur les droits de l'Homme. Chiche ! Excellente idée. Avec Blanquer, son collègue de l'Education nationale. Cela fera moins de travail pour Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur qui a déjà fort à faire avec ses propres affaires.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 21 juillet 2020

 La folie éolienne

Le « droit au respect de l'environnement » est le premier des nouveaux droits de l'Homme que nous avions demandé à Jacques Chirac, maire de Paris, avant son élection à la présidence, de faire reconnaître avec le « droit à la paix ». C'était en 1992, ce qu'il avait tenu le jour même à nous confirmer par lettre, puis qu'il a fait inscrire dans la Constitution de la France. Pour ces deux droits du futur, l'homme ne nous a pas déçu, ne serait-ce qu'en refusant de s'engager dans la guerre américaine en Irak.

Nos écologistes, eux, pour leur part, pendant ce quart de siècle, n'ont cessé de contester l'énergie nucléaire, qui fournit plus de 50 % de notre électricité, sans polluer, à la différence des autres moyens (charbon, pétrole) à l'exception de l'hydraulique mais dont tous les sites possibles sont désormais construits depuis des années. On notera cependant que depuis que les écolos flirtent avec le pouvoir, ils ont mis une sourdine sur le nucléaire car s'ils y accèdent un jour, plus qu'avec Nicolas Hulot, de Rugy ou Barbara Pompili, il faudra qu'ils ferment alors les centrales nucléaires, comme ils l'ont obtenu pour Fessenheim, au grand désarroi des populations locales.

A moins qu'ils n'optent pour une solution « à l'allemande » en renonçant totalement au nucléaire pour ouvrir des centrales à charbon qui polluent dix fois plus.

Certes, EDF a montré une perte de ses capacités techniques en ce domaine et peine à achever la réalisation de ses nouveaux projets à La Hague, au Royaume Uni ou ailleurs dans le monde, ajoutant au retard des coûts faramineux que vient d'épingler la Cour des Comptes. Et donc on devrait faire surenchérir les écolos « à l'ancienne », devenus « vieux sans être adultes » comme chantait Jacques Brel.

Ne reste, dès lors, que l'électricité d'origine éolienne, très peu requise