Editorial 

L'Édito du 19 septembre 2022

Ni fascisme, ni stalinisme ...

Les temps qui viennent s'avèrent difficiles, voire dangereux. Non seulement à cause du réchauffement climatique comme d'autres bouleversements climatiques qu'a connu la Terre, mais à cause de la volonté des hommes et d'un homme en particulier, Vladimir Poutine qui a fait le choix de rendre possible une troisième guerre mondiale en menaçant de l'arme nucléaire ceux qui ne se soumettraient pas à son oukase : l'accaparement de l'Ukraine, pays démocratique libre et indépendant.

Il avait déjà donné le « la » en s'emparant de la Crimée, partie prenante de l'Ukraine en 2014. Puis a voulu, à partir de février 2022 faire main basse sur l'ensemble de l'Ukraine, soi-disant aux mains des nazis.

Après son échec pour prendre la capitale Kiev, il a cependant poursuivi sa folle entreprise contraire à tous les traités internationaux en se contentant, si l'on ose dire, des provinces de l'Est afin, au moins, de pouvoir, à l'avenir, relier par terre la Russie et la Crimée. Nul n'ignore désormais le bombardement à cette fin des hôpitaux, des écoles et de tout ce qui constitue l'infrastructure d'un pays, le tout accompagné de tortures, d'exécutions sommaires, de viols avec l'aide de ses soutiens tchétchènes et de la milice Wagner. Il y a donc un agresseur et un agressé, ce qui a eu pour effet de souder les pays de l'OTAN et même d'y rallier d'autres pays comme la Suède et la Finlande, traditionnellement neutres.

En réponse, cette fois, les pays démocratiques se sont d'abord mobilisés en aidant l'Ukraine et en instaurant un embargo, auquel il a retorqué en privant l'Europe de l'Est de son gaz, sur lequel ont stupidement tout misé des États comme l'Allemagne. D'où un scepticisme, qui gagne du terrain, car un embargo, arme pacifique, nécessite du temps que certains trouvent trop long pour aboutir à un résultat. Préfèrent-ils encore le fracas des armes ?

Pendant cette période, qui peut durer longtemps, l'autocrate de Moscou, qui tente de contrer l'information par la propagande unilatérale, tente aussi de mobiliser derrière lui tout ce que la planète compte d'anti-américains pour ne pas dire d'anti-démocratique. Deux blocs pourraient donc bientôt s'affronter : pays démocratiques d'un côté ; régimes autocratiques de l'autre, sans oublier que la Hongrie de Viktor Orban, membre de l'Union européenne, comme la Turquie membre de l'OTAN jouent un double jeu.

Leur ciment ? La haine des États-Unis qui ne sont pas privés de s'ingérer dans toutes les parties du monde : Vietnam, Irak, Afghanistan ... et qui ne les comprendrait ? Mais est-ce suffisant pour justifier la politique poutinienne de restauration de l'impérialisme russe ? Ne serait-il pas mieux, à l'heure où les États-Unis imposent leur diktat culturel, linguistique en particulier d'y mettre un cran d'arrêt ? Ne prenons que l'exemple de l'Europe. En France, les « marchands du temple » imposent l'anglais dans la vie courante, les medias, détruisant une civilisation vieille d'un millénaire. Trois villes majeures de la vie mondiale, internationale comme Bruxelles, Strasbourg, Genève, toutes francophones se prostituent devant l'hégémonie américaine, Ursula Von der Leyen en tête, bien qu'Allemande et bien que l'anglais soit devenu une langue ultra-minoritaire des 27 pays membres. Et nul ne dénonce. De gauche comme de droite et surtout pas les écologistes partisans de la sauvegarde des espèces animales, végétales. Mais surtout pas des cultures.

On serait donc tenté de passer dans l'autre camp en cours de formation. Mais surtout pas au prix de nos valeurs essentielles que sont nos libertés. Rappelons, c'est un fait majeur, que seuls trois grands pays ont rejeté le fascisme et le stalinisme qui nous menacent depuis un siècle : la Grande Bretagne, la France et les États-Unis. Ils étaient et restent la colonne vertébrale de ce qui était l'avenir du monde. Pour combien de temps ? Tel est l'enjeu du conflit actuel en Europe mais aussi en Afrique, en Asie ...

Déjà, en France, comme en 1940, le front se lézarde. L'extrême droite lepeniste et l'extrême gauche mélenchoniste trouvent des excuses au maître du Kremlin. Nos medias seraient « à la botte », comme les medias russes. On cacherait les « crimes » des Ukrainiens après 2014 quand leurs milices (à l'instar de de l'OAS chez nous) luttaient contre le séparatisme pro-russe dans le Donbass. D'où les propos à vomir de la ricanante Ségolène Royal pour réapparaître à coup de contre-vérité ; les propos du philosophe Luc Ferry prophétisant qu'il fallait arrêter immédiatement car il n'y aura « ni vainqueurs, ni vaincus » ... Mais, bien entendu, tous ces Gribouilles se réclament du général de Gaulle qu'ils auraient, en 1940, traité d'utopiste avant de rejoindre Pétain à Vichy ou, comme les communistes rallié la Résistance après la rupture du pacte germano-soviétique.

Comparaison n'est pas raison ? Que nenni. Pendant la guerre, le Général, en même temps qu'il combattait le fascisme n'a pas manqué de repousser les exigences exorbitantes des Américains, ses alliés. Ce qui était juste alors l'est tout autant maintenant. La liberté, par définition a plusieurs voix. C'est la différence entre les deux camps en gestation.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 12 septembre 2022

Au revoir Madame ...

Elizabeth II, reine d'Angleterre n'est plus et le monde s'en émeut, de l'infâme Poutine au pape François, ce qui ne laisse pas d'interroger car elle était ni César ni Jésus. Elle ne disposait d'aucun pouvoir sinon celui de sa personnalité propre placée au bon endroit au bon moment dans l'Histoire. Une icône en quelque sorte ; que l'on respecte malgré tout en des temps où l'on ne respecte plus rien. Mais c'est peut-être là la clef du mystère. Quand l'humanité subit nombre de bouleversements climatiques, technologiques, culturels, voire un risque de guerre généralisée. Elisabeth II incarnait à elle seule la stabilité, la continuité d'un ordre démocratique, libre bien qu'elle ne fût pas élue. Un paradoxe que même le républicain le plus convaincu se doit de noter et même de saluer en prenant du recul si l'on veut, comme on le doit, avoir une vision globale, philosophique des choses.

Curieusement, la reine Elisabeth tire sa révérence peu après Mikhaïl Gorbatchev qui lui, au contraire, vaut par le mouvement qu'il a enclenché à l'échelle planétaire. Est-ce contradictoire ? En apparence uniquement. Car le point commun des deux personnages est la liberté : à conquérir pour l'un, à maintenir pour l'autre, ce qui n'est pas une mince affaire.

Par delà les frontières et quelles que soient les critiques que l'on formule fort justement - et l'on ne s'en prive jamais - contre l'impérialisme, il faut bien reconnaître que trois pays : l'Angleterre, la France et les États-Unis sont les fondateurs (avec leurs contradictions) de la liberté dans leur histoire entremêlée depuis des siècles. De Jeanne d'Arc à De Gaulle et Winston Churchill en passant par Washington et La Fayette ce ne fut que rivalité entre eux, sinon guerre jusqu'au XIXe siècle - siècle de la première mondialisation qui aboutit au début du XXe à leur alliance lors des deux guerres mondiales. Car aucun n'a connu le fascisme ou sa version prétendument « de gauche », le stalinisme, à la différence de l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la Russie, la Chine, le Japon ... Voilà pourquoi, quelle que soit leur constitution, monarchique ou républicaine, c'est toujours vers eux, pourtant si décriées que les peuples avant et maintenant, ont voté avec leurs pieds. Jamais l'inverse, il faut sans cesse le rappeler quand le monde, à cause du mégalomane de Moscou à tendance à se séparer en deux. Régimes autoritaires d'un côté, pays libres de l'autre.

Dès lors, les querelles franco-françaises autour de la notion de « monarchie républicaine » sont réduites (en particulier par le bolivarien, tenant d'une VIe république Jean-Luc Mélenchon) à ce qu'elles sont : des idées pour ceux qui n'en ont pas. L'Angleterre (Royaume Uni) et États-Unis n'ont jamais changé d'institutions quand la France, « patrie des droits de l'Homme » devrait faire de sa loi suprême une loi ordinaire, changée au gré du temps. De Gaulle, en 1958 a clos, on l'espère, le cycle median entre régime d'assemblée (expérimenté deux fois pour s'effondrer) et monarchie, élue ou non. L'expérience vaut, y compris pour les «  poutinolâtres » de l'Hexagone.

Le seul vrai combat, hic et nunc, est pour la reconnaissance du « droit à la paix », en France et dans le monde : ce droit de l'Homme fondamental jamais reconnu, qui conditionne l'application de tous ceux reconnus en 1789 ou 1948 par l'ONU. Pas de liberté sans paix comme voulait le grand Jaurès. Car ensuite, comme toujours, il faudra beaucoup de temps pour le rendre effectif.

Alors, « au revoir » Madame Elizabeth, ... et non « adieu », car avec Gorbatchev, comme l'a dit avant de nous quitter votre ami François Mitterrand : « Là où je serai je veillerai ... ». Vous avez l'éternité pour cela.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 5 septembre   2022

Gorbatchev, ce géant au pied d'argile

Mikhaïl Gorbatchev n'est plus. Comme il fallait s'y attendre depuis plusieurs années où il vivait reclus, détesté par une population qu'il avait pourtant libérée de ses chaînes. Un modèle de simplicité, de grandeur discrète.

Certes, il aurait pu partir à l'étranger, en Occident, qui lui tresse des couronnes, pour vivre dans l'opulence. Mais la droiture de l'homme le lui interdisait. Outre qu'il n'aurait pas voulu laisser sa « Raïssa » en Russie pour vivre comme un oligarque poutinien. Là est la stature de celui qui, sans menacer le monde, comme il en a eu le pouvoir, a opté pour la démocratisation, le désarmement, la fin de plus d'un demi-siècle de dictature léniniste ...

Sa politique innovante ? La glasnost, la perestroïka, l'aventure : une ouverture dans la dignité le dégel après une longue guerre froide qui opposa deux camps. Celui de la liberté à celui des dictatures.

Quand il arriva aux responsabilités suprêmes, en 1985, malgré les règles de l'appareil totalitaire soviétique, l'Occident libéral figé pour sa part dans une posture rigide et défensive ne lui facilitera pas les choses. Et pour cause. Gorbatchev était l'héritier non seulement du stalinisme mais, plus loin encore, dans la culture russe, de siècles du tsarisme. Difficile dans ces conditions de faire une révolution en quelques années. D'autant qu'à l'époque, Ronald Reagan et Margaret Thatcher le regardèrent de haut par pure obsession idéologique libérale. Nul ne prit la main qu'il tendait avec sincérité. Bien au contraire, on lui mit des bâtons dans les roues, ce qui aboutit à un désastre économique qui lui fut fatal au final.

Et l'Europe dans tout cela ? Elle dormait sous le parapluie de l'Otan, incapable d'une vision à long terme qui l'aurait étendue, dans une perspective gaullienne, de « l'Atlantique à Oural » après la décomposition des États satellites de l'URSS. L'Europe, inféodée aux Américains, dépourvue de personnalité, n'a pas saisi le bouleversement en cours. Le principal souci des Français était surtout ce qui allait résulter de la réunification de l'Allemagne après la chute du mur de Berlin. François Mitterrand en est l'incarnation. Surtout pas un quart - nation.

D'aucuns diront que Mikhaïl Gorbatchev est sans doute allé trop vite dans les réformes, compte tenu de la psycho-sociologie d'un peuple drogué depuis toujours à la violence politique. Il n'aurait pas dû lâcher la pression aussi rapidement car une décompression sans entrainement progressif suscite inévitablement une perte de contrôle, avec un retour de bâton : une nouvelle dictature. Chassez le naturel il revient au galop ...

D'autres diront au contraire qu'il a trop tardé ; qu'il est allé trop vite. Bref qu'il aurait dû étaler dans le temps sa révolution silencieuse, pacifique. Mais au le risque alors de voir se lever une opposition interne qui l'aurait (et qui l'a renversé). Car le vieil appareil totalitaire était toujours en place, avec un KGB omniprésent, dont Poutine est le meilleur exemple.

Gorbatchev c'était donc la révolution ; Poutine, caché derrière Eltsine, la contre-révolution, plus adaptée que jamais à un peuple inapte à la modernité. Chacun peut désormais le comprendre. Les plaques « tectoniques » ne peuvent bouger que lentement. Poutine le barbare, le primaire est donc dès lors bien là pour longtemps - lui ou les apparatchiks qui l'entourent. C'est bien là le drame, la souffrance de Gorbatchev pendant plus de deux décennies ; c'est aussi sa grandeur, comme celle du président Zelinsky en Ukraine, qui a refusé l'avion que lui offraient les États-Unis pour fuir l'invasion russe. La vraie politique relève de l'Histoire. Elle s'inscrit dans l'Histoire, y compris avec ses tragédies. Dans le bras de fer engagé depuis février 2022 entre le monde libre et les autocrates, nul ne doit l'oublier, à commencer par ceux qui ont des velléités de transiger avec le mégalomane de Moscou en lui trouvant des excuses.

La différence fondamentale toutefois entre Gorbatchev et Zelinsky est que l'un n'a pas eu le peuple russe derrière lui tandis que l'autre fédère le peule ukrainien au nom de sa liberté. Un peuple aime la liberté ; l'autre, non. C'est d'ailleurs cette même équation qui se pose partout dans le monde. D'où les vagues migratoires que l'on enregistre. Ou bien l'on se bat sur place, pied à pied comme Aung San Suu Kyi en Birmanie, ou bien on fait on fuit vers les pays qui ont su, eux, arracher leurs droits. On l'a toujours observé, de tout temps : personne ne demande l'asile à une dictature.

Quelle que soit l'issue de la confrontation mondiale actuelle, tôt ou tard, l'œuvre entreprise par Mikhaïl Gorbatchev fera date dans l'histoire des peuples car il était un géant. Au pied d'argile, peut-être, mais cela n'enlève rien à sa grandeur.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 29 août 2022

La rentrée dans l'atmosphère

Les pays du Nord, après des vacances bien méritées par leurs combats sociaux centenaires, rentrent dans l'atmosphère, comme des cosmonautes. Mais, comme les hommes de l'espace, ils trouvent une atmosphère pour le moins changée. Ce qui laisse la porte ouverte à bien des calculs, bien des spéculations.

La crise climatique, d'abord, s'est intensifiée à l'extrême avec les incendies et elle s'impose à tous : aux agriculteurs en premier lieu, eux qui nous nourrissent ; à leurs animaux en plus (et l'on ne doit surtout pas oublier le bien-être animal). Avec les conséquences inéluctables sur la hausse des prix qui devient inflationniste, au détriment des plus pauvres.

De cela, tout le monde est responsable et devrait se liguer, pacifiquement pour élaborer des solutions (dessalement de l'eau de mer ; traitement des eaux usées ; économie dans l'usage de ce bien le plus précieux). Mais n'oublions pas cependant les variations climatiques au cours des millénaires, sur lesquelles le genre humain n'avait pas barre - par exemple quand le Sahara était, comme Paris, recouvert d'eau. A cela qu'est-ce que le genre humain, si évolué soit-il, peut opposer ? Cela risque encore d'être le combat de David contre Goliath ... On doit l'avoir présent à l'esprit. Même une alliance universelle est faible face à la nature. Nos observateurs se devraient de le rappeler. Faisons le maximum à travers les COP 21, 22, 23 mais sans trop d'illusion.

En second lieu, nos « cosmonautes » qui rentrent dans l'atmosphère (« atmosphère, atmosphère, est-ce que j'ai la gueule d'atmosphère ? » disait Arletty en 1938 dans un film célèbre, devraient constater que le monde se scinde désormais en deux catégories : le camp des démocraties et le camp des autocraties. Et donc dans l'affrontement, au lieu de s'allier, pour résoudre (ou du moins réduire) le risque de catastrophe mondiale.

C'est ainsi que, s'il ne faut pas oublier les fautes des impérialistes d'antan, abondamment rappelées, le problème actuel est celui de l'agression perverse (facho-stalinienne) de la Russie de Vladimir Poutine contre l'Ukraine démocratique : nul n'ignore les massacres de civils, les bombardements d'hôpitaux, les menaces nucléaires etc. en violation de tous les accords internationaux qui nous conduisaient vers un monde civilisé, plus serein. D'où notre appel constant à une retenue chinoise, maître du jeu, quand d'autres, même en France, en appellent à un compromis « munichois ». Il y a de quoi halluciner ...

Les cosmonautes de la rentrée trouveront cependant quelques motifs de satisfaction. Par exemple dans l'avancée que le président Macron a fait - sans succès vis-à-vis de la Russie - mais avec quelques espoirs du côté de l'Algérie dirigée par Abdelmadjid Tebboune. En se gardant des illusions, car aucun chef d'État français, en soixante ans n'a réussi une réconciliation que la France et l'Allemagne ; l'Allemagne et Israël ont réalisée en moins de deux décennies, eux ...

Déjà, au niveau officiel de l'accueil à Alger, les pupitres présidentiels étaient « étiquetés », pour chacun, « President of republic ». Tiens donc, l'anglais serait devenu entre Français et Algériens une langue d'échange - le rêve du pouvoir algérien de troquer un idiome partagé contre celui de l'impérialisme culturel (alors qu'il est plus près de la Russie que les États-Unis).

Quant au reste, bla - bla - bla, il faudra juger sur les actes concrets. Ainsi, l'Algérie revendique la liberté de circulation de ses ressortissants vers une France honnie, mais ne permet pas, à l'inverse - à la différence essentielle de la Tunisie et du Maroc - la liberté pour les Français, en tant que touristes de circuler, voire s'établir en Algérie. Faites ce que je dis ; pas ce que je fais. Or ceci est d'autant plus lamentable que si nombre d'Algériens importent l'islam, affiché sur leur drapeau, les Français, même après 1830 n'ont jamais, eux, imposé leur religion (si tant est qu'ils en aient une).

Le Droit a une source législative mais aussi conventionnelle. Tant qu'il y a déséquilibre dans une convention, tôt ou tard, celle-ci est rompue. Voyez-vous les Français, « ces pelés, ces galeux » manifester à Alger quand la France gagne un match, ou sortir leurs drapeaux tricolores en Algérie lors d'un mariage outre Méditerranée comme les expatriés algériens, fussent-ils devenus français administrativement ? Même notre vieil ami Ahmed Ben Bella, premier « President of the Republic » algérienne, renversé en 1965 par un coup d'État nous le confiait lors de nos longues conversations. Pire - c'est un « secret » - il rêvait de revenir à l'Ile d'Aix où il avait été prisonnier de la France, ce que Charles Hernu père putatif de NDH, ministre de la Défense avait volontiers accordé, mais que Gaston Defferre, ministre de l'Intérieur, a interdit. Sic transit gloria mundi ... Ben Bella dénonçait les conditions de son emprisonnement dans son pays « libéré » mais rêvait de revoir sa prison française ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 22 août 2022

De la Chine

Il serait temps, un jour, enfin, qu'en Occident on révise la vision de la Chine propagée par la propagande, renforcée, depuis quelques décennies, par la peur des États-Unis d'Amérique d'être doublés par le vieil Empire du Milieu. La Chine serait dangereuse, anti-démocratique, hégémonique ... Et quoi encore ?

Certes, elle n'est pas un parangon de vertus et on doit le lui dire, voire le lui reprocher. Certains s'y emploient comme l'ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin ; comme NDH, souvent invité dans les médias chinois. Mais dans le respect de la culture, de l'Histoire qu'on doit succinctement rappeler, tant elle est ignorée du fait des clichés largement répandus. Or une certaine arrogance, une certaine suffisance continue à régner en Occident - quand l'ancien Tiers monde, lui, a dépassé nos vieux poncifs de par sa douloureuse expérience.

Il est curieux d'observer, d'ailleurs, que quand, brièvement, la Chine fut portée au pinacle en Occident, ce fut lors de la période « maoïste », la plus exécrable, la « Révolution culturelle » dont le président Xi Jinping fut victime. Quelques intellectuels comme André Glucksmann, le père du Schtroumpf donneur de leçon en tête avant qu'il ne se replie, bien vite, derrière le libéralisme du drapeau américain. En 1989, lors de la répression de la place Tian'anmen, c'est notre ami Jean-Paul Goude, qui, réalisant le fameux défilé du bicentenaire sur les Champs Élysées, spontanément, mit en avant au contraire les ouvriers chinois avec leurs bicyclettes. Donc pas de confusion sur la démocratie.

La Chine est la Chine. Les mémoires courtes devraient cependant se rappeler que ce pays, Cathay, a toujours, peut-être trop, vécu replié sur lui-même, et jamais expansionniste, impérialiste malgré ses lignées d'empereurs et d'impératrices.

Ce pays, enfermé dans sa célèbre « Grande muraille » s'est toutefois laissé abordé par l'Occident, Marco Polo ; l'implantation de la « route de la soie ». Les missionnaires jésuites, dont Matteo Ricci, à la fin du XVIe siècle y entrèrent librement, en respectant les us et coutumes de sa civilisation.

D'ailleurs un seul grand marin chinois osa sortir de Chine pour aller jusqu'en Inde, puis rentra vite sur ses bases, sans volonté de coloniser.

Ce fut l'Occident (en incluant le Japon) par contre qui agressa constamment la Chine à partir du XIXe siècle, suscitant une révolte dont la plus célèbre fut celle des Boxers. Qui était alors impérialiste, colonisateur ? Les Chinois, confucéens, toujours plus que communistes ?

On doit donc prendre du recul, s'élever au-dessus des contingences historiques avant de prendre la Chine actuelle comme bouc émissaire comme le font les Étasuniens. Qui a colonisé le monde depuis la future « Amérique » ; l'Afrique, l'Inde ... ; qui a envahi le Vietnam, l'Irak, l'Afghanistan etc. Le « panda chinois », trop occupé à ronger ses bambous ou les dits Occidentaux avec les Russes et les Japonais ? Les faits sont têtus et il n'est pas inutile malgré tout de les rappeler à l'heure où Washington désigne Pékin au monde entier comme l'ennemi potentiel par des provocations via Taiwan. Ne confondons pas ; ne mélangeons pas l'Ukraine, victime de la mégalomanie poutinienne avec la Chine actuelle, qui croît et rayonne à sa façon (industrielle, commerciale ...) mais sans arme bien qu'elle se dote d'une puissance militaire au cas où ... L'expérience vaut.

La Chine actuelle éprouve un fort ressentiment après les humiliations qu'elle a subi pendant un siècle. Napoléon, prophète pour une fois, l'avait bien dit : « Quand la Chine s'éveillera, le monde tremblera » ...

Ne nous emballons pas ; ne nous laissons pas berner par la propagande américaine qui tente de sauvegarder les oripeaux de son règne en déclin, dont notre plus grand regret est la neutralité de tout l'ancien Tiers Monde lorsqu'il s'agit, aux Nations Unies, de voter contre l'agression dont est victime l'Ukraine. Ce vote est le fruit amer d'un siècle de domination qui voulait, même à la libération de la France du joug nazi, transformer l'Hexagone en protectorat, avec des préfets nommés d'Outre Atlantique ; puis aujourd'hui, imposer sa sous-culture au niveau universel, comme y convie musicalement France Inter, radio nationale qui n'a d'yeux que pour tout ce qui vient des « USA ».

Dénonçons, certes, avec constance et vigueur les manquements de la Chine à la Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948, soit, mais en regardant d'où elle vient. Il n'est pas inutile à ce propos de relire ce cher Pierre Loti, grand voyageur amoureux de toutes les cultures du monde, lorsque, officier de marine, il est à la manœuvre, en 1900, en Chine au nom de la France, avec les Anglais, les Allemands, les Japonais, les Américains (sept pays) pour dépecer le vieux pays pacifique. Relire « les derniers jours de Pékin » (Payot éditeur) Aucune différence avec les pratiques de la Russie d'aujourd'hui en Ukraine : monceaux de cadavres de civils, tortures, pillage, viols etc. Même Le Figaro s'en est alors ému. Et pourtant, c'était déjà, en France, la République, patrie des droits de l'Homme !

Donc ne donnons pas à la Chine « le bon Dieu sans confession » certes mais sachons raison garder à son égard. Si elle devient la seconde puissance mondiale, c'est par son labeur. La nouvelle route de la soie est, comme la première, un instrument de développement pacifique, de mondialisation dans la diversité, l'équilibre, un pluralisme universel. Ainsi, en acceptant cette concurrence, nous serons mieux placés pour lui reprocher vertement son soutien à des régimes aussi abjects que l'Iran, la Birmanie, voire la Russie du tyrannosaure Poutine. Tout dialogue commence par le respect, sans arrogance.

A noter aussi que pour la Chine, nul n'entend « les sanglots de l'homme blanc » chers à Pascal Bruckner, que l'on aime à citer. Une seule explication : parce que Cathay, elle, est capable de menacer désormais à son tour (pacifiquement) ses anciens colonisateurs.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 15 août 2022

Clausewitz c/ Poutine

Nos influenceurs, commentateurs, présents dans tous les medias devraient lire davantage lorsqu'ils s'interrogent sur la guerre en Ukraine : qui va gagner ? au bout de combien de temps ? Il n'est pour eux que de lire Carl von Clausewitz : « de la guerre » publié par ce militaire après les guerres révolutionnaires qu'ont engendré le basculement de la France dans la guerre populaire contre l'Europe réactionnaire (alors qu'auparavant les guerres n'étaient conduites que par des armées professionnelles, aux ordres des monarques).

L'analyse de Clausewitz est simple et jamais démentie : l'envahisseur, tôt ou tard, est toujours vaincu parce qu'une armée d'occupation - de 10.000 à 200.000 hommes ne peut pas faire le poids face à un peuple résolu à défendre sa liberté. Il est noyé un jour ou l'autre ...

Avant d'aborder l'affaire ukrainienne actuelle, revenons en arrière pour juger de la justesse de l'analyse de Clausewitz depuis près de deux siècles.

Bonaparte, devenu Napoléon, ne pouvait résister à la coalition des peuples européens ; guère plus pour l'Allemagne impériale de 1914, ou nazie de 1940. Idem pour le Japon expansionniste des années 30,40. La France républicaine, au début des années 50 n'a pas pu faire mieux dans l'ex-Indochine. Et il en fut de même en Afghanistan pour la Grande Bretagne, la Russie et les États-Unis. Question de temps, chaque fois. Passons sur la guerre américaine au Vietnam ; l'invasion de l'Irak par le niais Bush ... Sans guerre, grâce à l'intelligence d'un Gorbatchev, l'URSS, agonisante, a dû « libérer » l'Europe de l'Est après que la France eut libéré ses colonies, parfois au prix d'une guerre, comme en Algérie. Bref, les peuples, pour le meilleur ou pour le pire, parviennent toujours à s'émanciper, fut-ce pour entrer dans une dictature bien pire encore. Mais c'est « leur » dictature. On pourrait multiplier les exemples et analyser les différences puisqu'il n'y a pas de modèle unique. Seulement une règle générale que Clausewitz, en son temps, a su fort bien analyser.

Dès lors, comment l'autocrate Poutine, « sûr de lui-même et dominateur », selon la formule gaullienne, pourrait-il sortir vainqueur de sa conquête programmée de l'Ukraine? Nous n'en sommes qu'aux prolégomènes, mais qui pourrait douter qu'un peuple déterminé, appuyé économiquement, militairement par tous les pays démocratiques du monde puisse se résoudre à sa mise sous tutelle ? Simple question de temps. D'autant que la seule puissance véritablement en mesure d'aider l'autocrate : la Chine hésite à le soutenir - sauf comme la corde soutient le pendu.

Cette guerre, qu'il faut appeler « opération spéciale » se terminera un jour. Mais qui peut croire que ce soit par une défaite de l'Ukraine, et surtout du peuple ukrainien ?

Le vainqueur, cela a été dit et répété, est celui qui sait souffrir, résister « une minute de plus ». Donc, « attendez-vous à savoir » (comme disait la première chroniqueuse française, Geneviève Tabouis, dans les années 50) « que Vladimir Poutine sortira vaincu de son agression criminelle ».

Certes, Luc Ferry, notre philosophe de salon, ancien ministre de l'Éducation en France, a beau, sur toutes les ondes, radoter et dire que « c'est plié », que jamais Poutine ne rendra le Donbass ; Amnesty International, pondre son énième rapport, du haut de sa vertu «  politiquement » neutre pour dire que l'Ukraine viole les droits en installant des troupes et des armes dans des écoles, des hôpitaux, ce qui permet à Poutine de clamer « qu'Amnesty corrobore nos dires » ... les faits sont là. Il y a un agresseur et un agressé. Un adepte d'Hitler et Staline et une résistance, à l'instar de la Resistance française qui, une fois surprise, prend du temps à s'organiser avec l'aide des pays épris de liberté. Donnons alors du temps au temps.

Les paris sont donc ouverts. Dans le monde actuel, deux camps sont en train de se mettre en place. Les tenants de la démocratie face aux tenants des autocrates.

Dans lequel tomberont l'Inde, le Brésil, les pays arabes ... ? Nul ne le sait encore. Mais il est probable qu'avec « courage » ils se rangeront dans le camp des vainqueurs. Ce qui ne veut pas dire derrière les États-Unis, pays impérialiste en déclin, mais derrière une Europe sociale - démocrate, si elle sait trouver les voies de ce qui a fait sa grandeur intellectuelle dans les siècles passés. Sans l'avoir voulu, l'Ukraine, dont Poutine devra payer la reconstruction, est pour plusieurs années le vecteur du monde de demain.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 8 août 2022

Taïwan, le nœud gordien

En parallèle à l'agression russe en Ukraine, les États-Unis ont cru bon de susciter une forte tension avec la Chine en laissant Nancy Pelosi, présidente de la chambre des représentants se rendre à Taïwan. Le point commun entre ces deux affaires est qu'il s'agit de conflits qui impliquent un risque nucléaire, à la différence de bien d'autres (Éthiopie, Yémen ...) où les milliers de morts laissent indifférentes les autres nations. Cherchez l'erreur.

Y avait-il besoin, alors qu'il faut convaincre Pékin de ne pas soutenir le criminel Poutine, de jeter de l'huile sur un feu latent ? Encore une fois l'impérialisme américain est pris la main dans le sac.

Nul n'ignore que Taïwan est un sujet hypersensible pour la Chine et que l'on allait progressivement vers une solution depuis 1949, quand les troupes de Tchang Kaï-chek, président chinois vaincu par celles de Mao Zedong, se sont repliées sur l'île de Formose. Progressivement la France de De Gaulle puis les États-Unis de Nixon-Kissinger ont reconnu les faits ... en Droit.

Désormais, chacun admettait qu'il n'y avait qu'une seule Chine, qu'elle plaise ou non : celle de Pékin.

Ainsi, la Chine dite populaire remplaça comme membre permanent (avec droit de veto) la Chine nationaliste réduite à son pré-carré insulaire en 1971, selon le modus vivendi « une seule Chine ; deux systèmes ». Mieux encore, le commerce s'est dévéloppé entre les deux ex-rivaux et chacun qui s'est rendu en Chine n'a pas été sans noter un va-et-vient naturel, pragmatique entre les deux parties. L'esprit de Confucius est toujours présent ...

Pendant ces décennies, où les Occidentaux ont fait moult concessions - normales - à Pékin, la Chine s'est considérablement développée, au point de dépasser son mentor, l'ex-URSS et de rattraper les États-Unis qu'elle doublera sans doute bientôt. La donne mondiale a changé. Les trajectoires se croisent entre des États-Unis déclinants et une Chine ascendante. D'où la fébrilité américaine qui essuie échec sur échec (Vietnam, Irak, Afghanistan ...) tandis que la Chine, pacifiquement, trace sa « route de la soie » en direction de l'Ouest, si ce n'est en Afrique. Seul l'arrogant aveugle Poutine ne se rend compte de rien, ou du moins fait semblant, croyant que Pékin va lui laisser les mains libres pour rétablir l'empire stalinien.

Obama le premier a renversé la table, délaissant l'Europe, considérée comme une colonie et non une alliée, pour cerner la Chine de toute part, suivi en cela par Trump ... et Biden lui-même, tardivement.

Soit. Mais dans la concurrence planétaire légitime, de quoi la Chine est-elle réellement coupable ? C'est un grand et vieux pays, doté d'une immense culture, qui a toujours vécu à l'intérieur de ses frontières - dont la célèbre Muraille, purement défensive, qui a été attaqué, occupé, dépecé par les impérialismes anglais, français, japonais. Et maintenant qu'il retrouve sa dignité, sa fierté, il serait mis au banc des accusés par ceux là même qui l'ont humilié ?

Certes, sa conception de la démocratie, des libertés n'est pas la nôtre et on ne doit pas se lasser de la dire, de dialoguer, avec modestie, humilité, voire respect. Car qu'on fait les Occidentaux sur tout le continent américain, en Afrique et bien ailleurs quand la Chine elle-même était dépecée ?

Pour la Chine, la démocratie, vision marxiste, c'est d'abord vivre matériellement dignement. Et elle a réussi, elle, là où la Russie a largement échoué. Son « capitalisme d'État » a été un succès, au point de rattraper les pays les plus développés. Est-ce une raison pour la jalouser, la provoquer comme vient de le faire Nancy Pelosi ?

Les peuples ne sont pas dupes. On vient de le constater à l'occasion de l'invasion de l'Ukraine. Bien des pays d'Afrique, d'Amérique latine, l'Inde ... peu suspects de soutenir le criminel moscovite, ont cependant refusé de s'engager dans la coalition anti-Poutine. Et pour cause. La liberté ne doit pas être qu'un slogan. Les droits formels doivent aussi être réels.

Comme le président Chirac le fit pour l'Irak, gardons-nous, tout en sauvegardant les libertés démocratiques de Taïwan par le dialogue, fut-il musclé, de jeter de l'huile sur le feu ; de serrer le nœud gordien, sinon le président Xi Jinping sera contraint de faire comme Alexandre le grand. Sollicitons plutôt son aide, comme vient de le faire avec courage le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 1 août 2022

Pardon ?

Le mot « pardon » ne cesse de résonner depuis l'accession à la tête de l'Église catholique du pape argentin François. Mais s'il résonne dans l'Église, où il a succédé à saint Pierre après 2000 ans, son sésame chrétien n'a pas encore dépassé les frontières de l'institution. La preuve, le soutien de patriarche Kirill, chef suprême de l'Église orthodoxe russe au criminel Poutine, fraîchement converti. Pourtant, François, latino-américain n'a pas ménagé ses efforts, lui qui a été le témoin des nombreux coups d'État suscités par les États-Unis au sud du Texas et de la Californie (conquis par l'impérialisme nord-américain). Au point d'être suspecté de faiblesses - comme le président Macron - qui lui, a maintenu un temps un semblant de dialogue avec l'autorité moscovite.

Ce pape jésuite (le premier depuis la création de son ordre) a donc demandé « pardon » pour les abus sexuels dans l'Église ; puis vient de s'agenouiller devant les peuples autochtones du Canada ... Et il pourrait continuer : pour l'Inquisition, pour la tolérance de l'esclavage etc.

Il faut dès lors prendre acte de ce retour aux fondamentaux du christianisme  « philosophique ». D'autant que François est loin d'avoir achevé son œuvre : place des femmes, démocratisation ... Certes, il a dénoncé le « cléricalisme » (comme en France le « petit père » Combes, ancien séminariste, qui a abouti, en 1905, à la loi de séparation de l'Église et de l'État). Nos « islamo-gauchistes » actuels, qui y ont renoncé, eux, devraient s'en souvenir. Preuve que toute institution - a fortiori quand elle a traversé des siècles et des siècles - en arrive à oublier sa base idéologique. Mais ce qui est concevable à travers les millénaires, l'est moins dans une république démocratique de seulement deux siècles. On doit en conséquence rester modeste et mesuré. D'autant que « quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare je me console ».

Le pape argentin prêche dans le désert ? Soit. Mais pour combien de temps, pour lui comme pour ceux qui lui succéderont ? Car il représente un espoir.

En effet, avec un recul sur l'Histoire, quels sont ceux qui, eux, ont commis les pires crimes : communistes, fascistes ... au point de susciter deux guerres mondiales, ayant engendré des dizaines de millions de morts, qui ont, sinon demandé « pardon » ; au moins se sont excusés pour leurs crimes contre l'humanité au terme de leurs horribles aventures ? Aucun à notre connaissance. Pas même les démocrates états-uniens qui ont porté à bout de bras les Pinochet et autres Videla en Argentine.

Nos « fins analystes » auront alors le cœur soulevé : « il ne faut pas confondre religion et politique » ! Absolument. Sauf que la réalité elle, n'en a cure. Il n'y a qu'une seule Histoire des peuples.

Côté religion, la religion juive, la mère de bien d'autres, elle, n'a jamais été agressive, impérialiste. Toujours « défensive » de son pré-carré depuis que Yahweh, à Ur, a ordonné à Abraham de prendre tout ce qu'il possédait pour s'établir dans la terre promise, d'où les Juifs furent chassés plus tard par les Romains avant de se disperser. Puis - on hallucine - de rétablir l'État d'Israël ... en sortant des camps de concentration nazis alors sept croisades européennes n'avaient pas réussi à « libérer » la Terre sainte occupée par un islam conquérant depuis Mahomet.

Religion, politique ? Les premiers tenants du monothéisme n'ont en outre jamais tenté de convertir qui que ce soit. Ils ne demandent que la paix et le respect de leur histoire (sans nullement oublier les droits des Palestiniens, musulmans comme chrétiens, qui doivent être respectés par leur présence continue sur cette terre depuis des générations ...)..

D'autres religions comme le bouddhisme - si tant est que ce soit une religion et non une simple philosophie - ont prôné aussi la paix (comme Confucius en Chine) sans qu'il s'agisse, là encore, de religion mais bel et bien de politique - d'où la retenue actuelle de ce pays face au bellicisme de Poutine.

On mettra à part en revanche l'islam - comparer la vie de Jésus avec celle de Mahomet - et les modes de développement à l'origine du christianisme et de l'islam. L'un s'est fait par des conversions individuelles ; l'autre par les armes, jusque et y compris en Algérie - qui dénonce la « colonisation » française (laïque) mais oublie sciemment la colonisation arabe, puis turque avec les conversions forcées ; la résistance d'une femme, la Kahina, qu'a justement célébrée dans un ouvrage Gisèle Halimi. D'où, de nos jours, l'impossibilité, philosophie coranique oblige, de voir surgir des démocraties sur les terres qu'elle irrigue - sauf à renier ses textes fondamentaux, ce qui serait le comble.

Ainsi, le frêle pape François reste seul, « prophétique », puisque les maîtres du stalinisme, du fascisme, de l'islamisme n'ont pas un jour, reconnu leurs crimes. La guerre va donc se poursuivre en Ukraine, au Sahel. Mais sans doute pas à Taïwan, malgré la montée en puissance de la Chine confucéenne. De l'Évangile sont issus les droits de l'Homme, la laïcité (« rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ») donc la démocratie, dont on croyait qu'elle allait devenir universelle grâce au courage de Mikhaïl Gorbatchev. Erreur de naïveté.

Le chemin va encore être long. Il implique de reconnaître des fautes, comme l'a fait aussi Benjamin Stora, que poursuit Emmanuel Macron pas à pas. Mais sans tomber cependant dans « Les sanglots de l'homme blanc », que dénonçait à juste titre notre ami Pascal Bruckner. François, le pape, montre la route. Elle est un point de passage obligé. On attend donc que l'Allemagne, la Russie, le Japon ... proclament à leur tour leurs fautes et battent leur coulpe, fut-ce des décennies après. Dès lors, le monde aurait fait un extraordinaire pas en avant vers la paix qui, pour nous, est le premier des droits de l'Homme bien qu'il ne soit toujours pas reconnu officiellement.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 25 juillet 2022

L'Allemagne d'hier, d'aujourd'hui et de demain

Certaines générations ont connu plusieurs Allemagne : celle de nos grands- parents, celle d'après 1945 et celle qui est aujourd'hui confrontée à son héritage pour le XXIe siècle, en oubliant souvent celle d'avant : romantique, riche de philosophes, de compositeurs sur laquelle la Prusse a fait main basse.

Grâce à De Gaulle et Adenauer ; Willy Brandt, Helmut Schmidt, Giscard d'Estaing et Mitterrand les rapports franco-allemands ont trouvé un équilibre relatif quoique l'Allemagne ait cru bon de son côté de modifier le traité de l'Élysée au moment de sa ratification.

La question est donc aujourd'hui : à quelle Allemagne avons-nous à faire ? ce qui est essentiel compte tenu de ses contorsions politiques, dues en grande partie à son passé qui ne passe pas ...

Pour aller à l'essentiel, Angela Merkel (sainte Angela Merkel) que tout le monde a vénéré durant ses années à la chancellerie, bien que « démocrate chrétienne » a choisi de chausser les bottes de son prédécesseur Gerhard Schröder, c'est-à-dire, tout en maintenant la relation franco-allemande, de ménager la Russie ex-soviétique. Un pied à l'Ouest ; un pied à l'Est.

L'Allemagne contemporaine (qui préfère acheter des avions de combat américains plutôt que des avions français) a décidé de renoncer, poussée par ses Verts, à l'énergie nucléaire civile, au seul profit du gaz russe. Avec pour résultat (Nord Stream 1 et 2) qu'elle est pieds et poings liés à la Russie de Monsieur Poutine pour son approvisionnement énergétique et doit subir un inévitable chantage.

En matière de stratégie géopolitique, les Allemands auraient pu souhaiter mieux. D'où l'étonnement qu'on ne peut pas cacher devant ces observateurs soi-disant très informés qui n'ont cessé d'admirer, que dis-je, de vénérer l'Allemagne, première puissance économique de l'Union Européenne en même temps qu'ils dénigraient la France. Une Allemagne qui veut, en outre, être maîtresse dans la réalisation de l'Avion de Combat Futur, ce que Dassault refuse obstinément.

Après un passé très controversé, le futur reste donc à écrire. Que va faire, pour autant qu'il ait les mains libres Olaf Scholz, le nouveau chancelier social-démocrate issu d'une coalition avec les Verts ? Nul ne peut le prédire pour l'instant. Déjà réouvrir les centrales à charbon, les plus polluantes qui soient.

En matière de « bonne gouvernance » celles et ceux qui depuis un demi-siècle, en France, ne cessent de dénigrer leur propre pays pour nous proposer le modèle germanique en exemple devraient peut-être corriger leur myopie intellectuelle.

Certes on n'est plus en 1870, en 1914 ou en 1930 mais il faudrait peut-être cesser de donner à notre voisin « le bon Dieu sans confession ». François Mitterrand, homme d'État avisé, lui, l'avait parfaitement compris lorsque le mur de Berlin est tombé. Il a d'abord voulu connaître les conditions de la réunification des deux Allemagnes, sans toutefois tomber dans la formulation de François Mauriac (qui n'hésitait pas à dire « J'aime l'Allemagne ; j'aime tellement l'Allemagne que je suis content qu'il y en ait deux »)

Sans que le futur des pays soit lié à leurs passés - et surtout à leurs erreurs passées - on ne peut pas dire que celui-ci soit sans influence. Voilà pourquoi Poutine s'en réjouit ; en use et en abuse.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 18 juillet 2022

Frondeurs, fraudeurs

La fronde se termine toujours mal. A commencer par celle, historique, du XVIIe siècle, en France lors de la jeunesse de Louis XIV qui s'est terminée plus tard par la monarchie absolue puis une révolution sanglante aux antipodes des droits de l'Homme qu'elle avait pourtant proclamés.

Rien que de plus normal car les frondeurs sont avant tout des fraudeurs, qui passent leur temps à détruire, jamais à construire. Comme les casseurs.

L'opposition est, certes, légitime voire nécessaire en démocratie. Mais elle se doit d'abord d'être constructive ; non démagogique. Au nom de l'adage bien connu selon lequel « on ne supprime que ce que l'on remplace ».

Or qu'avons-nous vu en France ces dernières décennies sinon ce genre de politiciens des siècles passés qui ne pensaient qu'à démolir, sans rien proposer, à seule fin de se mettre en avant. Et le comble est qu'ils s'arrogeaient, s'auto-proclamaient « de gauche » ou, pire « plus à gauche que moi, tu meurs ».

C'est ainsi qu'ils ont « descendu » le président François Hollande, leur ci-devant camarade, l'empêchant de se représenter à un second mandat en laissant courir le bruit qu'il n'y avait qu'un seul coupable, un « traitre » du nom d'Emmanuel Macron, lequel pourtant n'a fait que ramasser les morceaux de la vaisselle qu'ils avaient cassées. D'où quelques faiblesses ... et aucun projet philosophique. Du « en même temps » sans boussole.

Le poids réel des frondeurs-casseurs ne s'est d'ailleurs pas fait attendre. Que sont devenus les faussaires politiques que sont Hamon et Montebourg (si encore vous vous souvenez de leurs scores et de leur nom) ?

Au jour d'aujourd'hui, le même scénario promet le même résultat. On a simplement changé le nom des « sectaires » (de latin sectare, « couper »). Tandis que le chef charismatique - façon secte - est parti se ressourcer auprès de ses camarades amis latinos, amis de Poutine (dont l'adversaire du fasciste Bolsonaro au Brésil) ses porte-paroles à l'Assemblée nationale française donnent dans la surenchère, envers et contre-tout, avec un accord tacite de l'extrême droite lepéniste.

Les « Nupes » sont contre tout et y contraignent leurs « alliés » socialistes et écologistes, jamais consultés au préalable. C'est la démocratie « mélenchoniste ». Leur représentant élu président de la Commission des finances est-il accusé d'agression sexuelle ? Toutes, tous derrière lui. En revanche, un handicapé de droite, accusé du même crime, qu'il ne peut «  concrétiser », les pseudo-féministes de LFI se ruent sur lui et exigent sa démission. Comprenne qui pourra. Haro sur le baudet !

On connait donc à l'avance la suite. Si la majorité (relative) sensée être battue, alors que ceux arrivés en troisième position sont sensés être vainqueurs, la politique intérieure et extérieure de la France sera bloquée. D'où, un jour prochain - ce qu'à Dieu ne plaise - la nécessité de dissoudre l'Assemblée nationale afin de dégager une majorité claire.

Dans cette situation, ce qu'il reste du Parti socialiste de Jaurès, Blum, Mitterrand (avec les résidus de la droite républicaine) seront les arbitres. Que l'on soit « macroniste » ou pas, il est à souhaiter que l'actuel Président de la République, reprenne la barre et à la différence de son prédécesseur, le trop tolérant François Hollande, parle haut et fort. Exit, par une dissolution de l'Assemblée, tous les gnomes qui n'ont que faire de leur pays à l'heure où Poutine, après avoir massacré femmes et enfants, détruit écoles et hôpitaux, s'allie avec les islamistes tortionnaires iraniens - que NDH combat depuis 42 ans.

Nos frondeurs sont des fraudeurs. Et ils doivent être éconduits comme tels. Dans tous les domaines : pouvoir d'achat, sécurité publique (ce que nous appelons « droit à la paix »), retraites, politique de l'eau, dont manquent nos paysans et leurs troupeaux. Ils ne sont que des démagogues sans vergogne. Vite, vite faisons entrer en scène Marine Le Pen, Anne Hidalgo, le Schtroumpf Glucksmann voire mieux : Olivier Faure ... et la France, l'Europe, le monde sont enfin sauvés.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Édito du 11 juillet 2022

La fronde contre la liberté

On croyait que les libertés étaient le bien le plus précieux, le plus recherché au monde depuis les origines ; à preuve tous ces migrants qui veulent absolument, à n'importe quel prix, entrer, même au péril de leur vie, en Europe et aux États-Unis. La contre-épreuve est que l'on émigre jamais vers une dictature, qu'elle soit communiste autrefois, ou simplement autoritaire. Faute de voter librement, on vote donc avec ses pieds. Sans compter en outre que la démocratie sont sensées être toujours plus prospères que les dictatures.

Donc, tout cumulé : liberté plus richesse, les pays occidentaux, à la rescousse de l'Ukraine envahie par la Russie devraient entrainer la quasi-totalité des États africains, latino-américains, asiatiques derrière eux puisqu'après la croisade contre l'islamisme, que l'on oublie pour l'instant, après le « haro » récent des États-Unis contre la Chine) c'est le « tous contre la Russie de Poutine » qui est devenu la grande affaire internationale, renvoyant tout autre sujet aux calendes grecques, comme s'ils s'étaient résolus d'eux-mêmes.

Chacun constatera que ceci n'est qu'artifices. On n'a fait que rejeter la poussière sous le tapis, le temps de régler son compte à l'agresseur criminel de Moscou et de sauver l'indépendance de l'Ukraine.

Étrange situation, nouvelle, qui donne à réfléchir où nombre de pays d'Afrique, d'Amérique latine, d'Asie, y compris des États démocratiques comme l'Inde, le Brésil se refusent à condamner le voyou de Moscou (et dès lors, se rangent derrière la Russie).

Mais alors quelles est la cause réelle qui fait qu'il n'y a pas un bloc unique, pourtant légitimement envisageable, derrière l'Occident prospère et libéral ? Ce serait tentant de reprendre la formule des années 60 appliquée au regretté Hervé Bourges : parce que « le monde est tiers mondain ; deux tiers mondiste ». En effet, resurgit à l'occasion des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité des tsarevitch, une vieille rancœur contre les États-Unis d'Amérique, voire contre l'Europe ancienne colonisatrice. Comme si la Russie n'était par elle-même une colonisatrice extrême. La grande secrétaire perpétuelle de l'Académie française, Hélène Carrère d'Encausse la rappelait : « on est revenu à la conférence de Bandoeng de 1955 » qui a posé les fondements de non alignement. Sic transit gloria mundi.

Comment les peuples d'Argentine, du Chili, d'Indochine, d'Irak ... auraient-ils déjà oublié l'impérialisme américain, d'abord militaire ; aujourd'hui culturel, linguistique ..., la décadence sociale de Washington qui vaut à ce pays une violence interne inouï à cause de la drogue et des armes à feu.

Nous ne cessons de le dire, à satiété, jusqu'à l'obsession :il faut contester, rejeter la dictature anglo-saxonne douce et préparer un monde qui respecte la dignité de tous les peuples. Avec d'autres mots, d'autres discours, pour éviter un monde unilatéral, monocolore. La protection de l'environnement culturel du monde doit se mettre en marche.

En conséquence, demandons bien sûr au « ci-devant » tiers monde de continuer à rejeter tout soutien à l'hégémonie américaine ... sans pour autant se taire devant la barbarie russe. Nous comprenons leur cause sans la partager car la liberté est le bien suprême, au- dessus des frontières. Reste alors la Chine, qui soutien « officiellement » Poutine mais ferait bien, au plus vite, de s'élever au-dessus des blocs pour être en position d'arbitre. Il y va de l'intérêt du monde, comme de celui de la Chine (de Confucius) qui doit s'élever au-dessus des impérialismes d'antan. Sans naïveté.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 4 juillet 2022

La « louisianisation » ...

Nos neveux et nièces québécois, par définition, sont plus jeunes que nous et, sauf le respect qu'ils nous doivent à ce titre, nous, nous leur devons cependant l'hommage de la nation fatiguée que sont les Français, prêts à tout accepter pourvu qu'on les laisse finir en paix sous un joug quelconque, en particulier américain.

Récemment, le parlement du Québec a voté une loi pour imposer l'enseignement en français au sein de tous les établissements scolaires de la « Belle province », ce qui a suscité une levée de boucliers chez les anglophones et les collaborationistes francophones, toujours trop nombreux. Le combat a fait rage.

L'objectif des Québécois ? Que leur patrie ne tombe pas dans un processus de «  louisianisation » ... Ce en quoi, la France, « accro » à tout ce qui anglophone ou, pire americanophone a pu enrichir son vocabulaire d'un mot nouveau. En effet, qu'est-ce que le «  louisanisation » ? Une invention de résistance culturelle à l'impérialisme qui s'impose au quotidien dans le monde. C'est d'ailleurs un mot que j'ai eu le plaisir d'apprendre il y a peu, aux journalistes chinois francophones qui m'interrogeaient sur leur chaîne destinée au monde de la « francosphère ».

La « louisianisation » est la politique menée après que Napoléon eut vendu cette colonie française aux jeunes États-Unis, lesquels s'étaient libérés, peu avant, du joug de la couronne d'Angleterre grâce à la France représentée par Rochambeau et le vaillant La Fayette. Merci qui ? Interdiction de parler ou d'apprendre, de transmettre leur langue aux Cajuns sous peine de sanctions. La Nouvelle-Orléans n'était qu'une ville de second zone, vouée à la musique, au folklore, principalement afro-américain.

On comprend donc le souci de nos amis québécois, enthousiasmés par le célèbre « Vive le Québec libre » du grand Charles en 1967, moins complexé que jamais. Il n'a pas que ranimé la flamme sous l'Arc de Triomphe. Il a fait mieux ...

Mais ce n'est pas par un chauvinisme, qui serait issu de la mondialisation, car la volonté de domination culturelle, sociologique s'est aussi imposée aux hispanophones de tout l'Ouest des États-Unis (et en Floride). Texas, Colorado, Californie s'exprimaient en espagnol. Comme les Philippines d'ailleurs. Des hispanophones qui résistent, comme nos Québécois qui accueillent beaucoup d'émigrés, lesquels deviendront francophones ou anglophones ?

Le monde entre dans une nouvelle phase de son histoire qui décidera de sa physionomie vers la fin du XXIe siècle.

Est-ce que ce sera un monde sous uniforme culturel anglo-saxon, appauvri, réduit à la politique d'une seule langue ; sorte de caserne monocolore, vouée à la drogue, à la violence, aux séries cinématographiques hollywoodiennes qui réduit les autres cultures à n'être que des sous-cultures (européennes, chinoise, russe, indienne ...) ? La menace est là, avec ses collabos, notamment en France, dans la publicité, les médias radio télévisés ; les instances qui, depuis Bruxelles, instillent le poison. Voir la Commission européenne qui, malgré le départ du Royaume-Uni, continue à s'exprimer officiellement dans la langue de Malte !

L'idéal serait, sans doute, de s'allier avec la Russie et la Chine pour contrer cet impérialisme qui anéantit le pluralisme culturel (comme la diversité animale et végétale se réduit de jour en jour). Mais, on le sait, cette alliance est une utopie quand l'Ukraine et son peuple sont noyés sous les bombes. C'est le choix entre deux libertés et l'on ne saurait s'y résoudre, d'autant qu'en France écologistes, socialistes, insoumis n'y songent pas une seconde ...

Qu'importe ! Soyons debout au quotidien pour lutter contre les collabos qui veulent nous imposer leur « playlist », leur « fashion weeks », leurs « mails » au lieu de courriels ... Vous voulez être « louisianés », tout en dénonçant Poutine et les menaces étatsuniennes contre la Chine, ou vous voulez courber l'échine ? Les droits de l'Homme, ce n'est pas que le combat que nous avons mené depuis deux siècles. C'est aussi le combat pour un futur de respect mutuel entre les peuples et leurs cultures qui sont la richesse de l'humanité tout entière.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 27 juin 2022

USA, IVG, GPA ...

Ou « le meilleur des mondes » selon Aldous Huxley

Le drame est humain et ne va faire que s'amplifier, (depuis des années, et pour des années encore) : l'avortement.

Jusqu'à présent la ligne de conduite était simple, droite ... voire inhumaine, tragique. Une seule victime, la femme ou, comme l'affirment les « pro vie », un être humain embryonnaire, qui a des droits.

Autrefois, les « faiseuses d'anges », de façon sordide, résolvaient le problème, souvent au détriment de la vie de la femme enceinte, qui mourrait de leurs méthodes archaïques. Où était alors la morale ?

La morale, avec son côté « absolu » est donc « relative ». Elle se doit d'évoluer, au fil des connaissances, des techniques, de l'émancipation du genre humain, ou de ce qu'on appelle les droits de l'Homme (au sens homo, « être humain » et non pas vir, l'homme « mâle ») qui doivent, petit à petit, s'accroître, comme nous le voulons, entre autres par la reconnaissance du « droit à la paix ».

En ces temps de guerre, à l'initiative de la Russie, l'arrogante « Amérique », contrainte de se retirer du Vietnam, de l'Afghanistan après une tentative d'invasion du Congrès par les facho-trumpistes, des meurtres en série comme dans aucune démocratie au monde - est secouée aujourd'hui par un arrêt de sa Cour suprême qui déclare illégale l'interruption volontaire de la grossesse (IVG), renvoyant la réglementation vers chaque État de l'Union. Et quand les États-Unis ont la grippe, la France tousse ... Nos démagos s'emparent aussitôt du sujet comme d'un drapeau. La belle occase ! Mélanchonistes comme macronistes font de la surenchère : il faut inscrire l'IVG dans la constitution ! la Ve ou la VIe République ? Comme si la loi française ne suffisait pas ; qu'elle n'avait pas déjà apaisé les esprits ou était remise en cause en pleine crise de notre système de santé ...

Nous qui avons vécu les combats de notre amie Gisèle Halimi, les troubles de Simone Veil, ministre de Valery Giscard d'Estaing, en sommes pantois. Alain Finkielkraut, académicien respecté, a répondu : « ce n'est que de la politique politicienne ». Et si on laissait les Françaises et les Français en paix ? Le Droit, les droits de l'Homme ne sont pas un jeu qui risque de re-ouvrir les plaies. D'autant que l'on peut tergiverser sur les délais accordés pour l'IVG (12 à 14 mois) mais le principe en est bel et bien reconnu depuis la loi Veil. Point barre. Parlons plutôt du viol, l'un des aspects de ce débat, ce crime inscrit comme tel dans le Code Napoléon et que la magistrature, au fil des décennies avait retrogradé, « correctionalisé » au détriment des victimes. Ce fut l'un des plus beaux combats de « Gisèle », qu'elle a remporté avec toute sa fougue. Une fougue qui nous manque bien aujourd'hui contre ce fléau qu'est le « féminicide », qu'il est si dur d'éradiquer en France comme dans le monde.

Les juges etatsuniens ont, eux décidé (comme les juges français autrefois avaient décidé, de leur propre chef, de « correctionaliser » le viol). Question : sont-ce les juges ou les parlementaires qui décident, comme, il y a trente ans, Simone Veil, qui approuvait l'idée de reconnaître de nouveau droits de l'Homme, voulait cependant que leur reconnaissance fut par la jurisprudence, donc la magistrature. D'où notre divergence majeure, qu'elle a imposé ensuite au président Sarkozy lorsqu'il l'a chargée de cette mission.

Mais puisqu'il est question d'éthique et de nouvelles règles concernant la vie intime du genre humain, parlons aussi de la GPA (Gestation pour autrui) qui met gravement en cause nos valeurs.

Certes, il est acceptable qu'une femme accepte d'assumer de porter l'enfant d'un couple dans l'impossibilité physique de procréer par lui-même. Affaire de générosité. Par contre lorsqu'il s'agit d'en faire commerce, la gente humaine, tirée vers le bas depuis quelques décennies, devrait s'interroger, y compris à travers ses parlementaires et sa Justice. Or que constate-t-on ? Un silence quasi général.

Ainsi, les juges américains interdisent l'IVG mais n'ont rien à objecter au commerce du corps humain (la GPA). Idem en Ukraine d'ailleurs. Les femmes peuvent louer leur corps pour aller jusqu'à la naissance de l'enfant d'autrui. Dès lors, les femmes pauvres, en Inde, aux États-Unis, ou ailleurs, deviennent des esclaves modernes ; des mères porteuses chroniques de neuf mois en neuf mois. Où est alors la dignité humaine ? Voyez-vous nos élus, comme pour une IVG s'insurger, mettre en garde, dénoncer la pré-éminence de l'argent sur les droits de l'Homme (donc de la femme) ?

Il faut dès lors raison garder et se méfier du gouvernement des juges, en lieu et place des parlements où l'on débat pour aboutir à un consensus. Surtout s'il s'agit du ricochet d'un arrêt venu de la Cour suprême de Washington. N'oublions pas la phrase (apocryphe) de François Mitterrand « Les juges tueront la république comme ils ont tué la monarchie ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 20 juin 2022

18 juin etc. etc.

Imitons Serge Gainsbourg avec sa Marseillaise en reggae. Adaptons-la au 18 juin 40, que, le 18 juin 2022, en France, on a apocopé pour cause d'élections nationales législatives, bien que tous les partis politiques de France (jusqu'à celui qui, à son origine, a fustigé jusqu'à pactiser avec ceux qui fomentaient des attentats contre l'auteur de l'appel du 18 juin). Motif ? durant une campagne politique nationale, on n'interfère pas dans les débats. Comme si, à part quelques nostalgiques du régime collaborationiste de Vichy, il n'y avait pas unanimité nationale ...

Voici pour le fait. Mais peut-être faudrait-il avant tout et surtout, rattacher à l'appel du 18 juin, passé sous silence, les évènements, que dis-je, la guerre qui se déroule en Ukraine : un pays démocratique envahi, lui aussi par des troupes aux mœurs fascistes (occupation du territoire national, bombardements à l'aveugle d'hôpitaux, d'écoles, exécutions sommaires de civils, viols ...). Bref des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. Or la France       « officielle », toutes tendances confondues, se fait petite ou se tait sur cette réédition du nazisme.

Le soir du deuxième tour de ces élections législatives quand 52% des inscrits se sont abstenus, on constate les dégâts de ce silence honteux : les deux bords extrémistes ont fait un bond en avant. Les Le Penistes et mélenchonistes, tous deux « pro-Poutine » ont connu un progrès exceptionnel.

Et qu'auraient dit et fait ces abstentionnistes en juillet 40 ... s'ils avaient pu voter ? Ils auraient voté comme les parlementaires réunis à Vichy, eux qui avaient été élus en 1936 pour constituer le Front Populaire ?

Bis repetita ... En pleine guerre d'agression impérialiste de la Russie contre l'Ukraine, le vote du 19 juin 2022 pousse vers les sommets les deux amis idéologiques de Poutine : l'héritière de « papa Jean Marie » et celui qui, à « coups de gueule mussoliniens » a mis sous tutelle la bonne vieille gauche. Celle de Jaurès et de Mitterrand. La gauche réaliste à visage humain. On comprend, dès lors, le quasi silence médiatique et politique sur l'appel du 18 juin cette année. Pas d'ingérence dans la campagne électorale. Rome n'est plus dans Rome ...

Il va donc falloir gérer la suite et ses conséquences politiques. Retour à la IVe République (ou à la IIIe) ce que veut explicitement le « camarade » trotskyste Mélenchon en appelant de ses vœux une VIe République ; mettre entre parenthèse, encore un peu plus les règles sur la laïcité (burkini, voile ...). Sans doute puisque les restes de la droite prétendument «  gaulliste » s'affirme, haut et fort contre l'actuel Président de la République, pourtant réélu sans contestation. Un seul espoir, que les « godillots » socialistes, sous la houlette de leur chef charismatique, Olivier Faure, se réveillent, toute honte bue et, comme en 40, apprennent à dire « Non », ce qui rappelle indubitablement la fable de la Fontaine : « Le chien et le loup ».

Vite à vos classiques ! La liberté a un prix ... Comme le disait notre ami et membre éminent de NDH Stéphane Hessel, un des rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, « Indignez-vous ». Cassez la laisse qui vous a conduit à la soumission aux Insoumis. Quant aux héritiers de Jean-Marie Le Pen, dont la fille ose se réclamer de de Gaulle, renvoyons-les tout simplement à leur propre histoire. Ils célèbrent chaque année la fête de Jeanne d'Arc, mais sans imiter sa chevauchée fantastique, que seul l'ermitte de Colombey a su suivre avec son caractère.

Bref, convoquons au tribunal de l'actualité immédiate cet autre chef de l'État qui disait dans un ultime message à la nation : « Je crois aux forces de l'esprit. Là où je serai je veillerai sur vous ». Chiche !

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 13 juin 2022

Une France à vau l'eau

Les électeurs français (ou ce qui en reste) se sont prononcés par la voie des urnes, le dimanche 12 juin, pour désigner leurs députés. Mais plus de la moitié (52%) ne se sont pas déplacés, insultant en cela leurs ancêtres qui se sont battus pour asseoir la démocratie par un vote libre. Pire, ils insultent les nombreux peuples qui, à travers le monde, rêvent être en mesure de voter librement, soit parce qu'ils vivent en dictature, soit que leur « démocratie », comme en Russie est artificielle. Et si, pendant des décennies, le camp des pays libres s'est étendu, actuellement, il serait plutôt en phase de régression, ce que les abstentionnistes des pays libres cautionnent.

A qui la faute ? D'abord à ceux qui ignorent ce qu'est le devoir civique, et qui mériteraient bien ce que les extrémistes, de droite ou de gauche, tous amis de Poutine, leur proposent secrètement.

La faute ensuite aux partis politiques français dont les programmes sont illisibles, voire nuls. La petite politique politicienne a tué l'envie de participer. A gauche comme à droite.

A gauche ? Qu'est devenu le parti socialiste de Jaurès, Blum, Mitterrand, voire de Lionel Jospin ? Incapable de mettre à la tête de ses listes des personnes issues de ses rangs : le schtroumpf Glucksmann pour les européennes ; Pulvar pour les régionales, il a cru se rattraper en se rangeant derrière la « personnalité » d'Anne Hidalgo, l'évanescente maire de Paris dont on connait les dégâts dans la capitale. Et le dit PS de continuer (« On ne change pas une équipe qui perd ») derrière le « charismatique » Olivier Faure qui a vendu (lui et son parti) au grand méchant Mélenchon pour garder sa circonscription plus une poignée d'autres. Grandeur et décadence.

Des idées, un projet de société ? Où ça ? On cultive l'entre-soi politicard sans vergogne à coup de magouilles d'appareil non pour gagner l'esprit et les cœurs mais pour survivre.

A droite, il en va de même, sinon pire. Ici encore, on a éliminé tous ceux qui pensaient haut et fort. Place, là aussi, à la versaillaise Pécresse, incolore, inodore et sans saveur. Comme si la chose publique, la « Res publica », était une affaire commerciale, un produit que l'on vend sur papier glacé. Ce n'est pas Evita Peron. Elle ne galvanise pas les foules. Pas plus qu'Hidalgo. Il faut gommer les caractères, les idées neuves ...

Certes, comme tout le monde, on se réclame de De Gaulle mais, d'un bord comme de l'autre où est la fibre gaullienne, son génie inventif ?

Alors, la « révolution » version Mélenchon, ressassant les vieilles idées des années 30 ? «  Demain, on rasera gratis ». Soit, mais cela mobilise-t-il un électorat, sauf les ringards qui vivent encore dans le passé et rêvent d'un régime autoritaire à la Chavez au Venezuela (l'ami des tyrans barbus d'Iran). Quid pour Mélenchon de l'invasion de notre culture par l'anglo-américain, en France et à Bruxelles ? Quid du droit à la paix, de la pollution par la publicité etc. Rien que de vieilles recettes des deux siècles passés martelées par une équipe dévouée au grand chef. Et idem côté Le Pen, ce qui est loin de faire rêver.

Du côté du pouvoir en place, dont la jeunesse aurait pu faire rêver ; que dis-je enthousiasmer, l'élan pour les électeurs n'est pas non plus au rendez-vous. D'où leur abstention. Le « en même temps » ne soulève pas les foules, même si c'est ce qu'il y a de plus rationnel. Notre ami Pascal Bruckner, lui, parle de « pendule » ; tic - tac, tic - tac. On gère en techno. On recrée des comités Théodule pour suppléer aux carences supposées de la future Assemblée nationale, ou du Conseil Économique, Social et Environnemental, création de 1936, coûteux et parfaitement inutile.

Bref, avec l'Insoumis Mélenchon (qui se présente comme quasi vainqueur de l'élection présidentielle, puis des législatives) préparons-nous à gagner le troisième tour : dans la rue, avec de nouveaux gilets jaunes, des vitrines brisées, des magasins pillés, des flics caillassés ...

« C'est moi la République » a-t-il craché au visage des autorités venus pour une perquisition. Et quelle république !

On notera, durant ces jours sombres, où l'Ukraine est martyrisée comme nos civils en 1940, un autre indice de la décadence politicienne : avez-vous remarqué que depuis vingt ans les partis politiques ne cessent de changer de nom ? Comme si changer de nom était un rajeunissement, un rafraichissement ! qu'est devenu le parti gaulliste ; le parti supporteur de Macron ; les Insoumis qui en sont à leur troisième ou quatrième avatar ? Le Parti Socialiste a aussi failli, puis s'est arrêté, provisoirement, durant la révolution d'Olivier Faure en cours. Seul le Parti communiste, fier de ses origines staliniennes, de son soutien aux démocraties populaires, lui ne change pas de titre. Et comme on le comprend ! La fidélité est une qualité première.

En avant vers un second tour électoral non moins calamiteux que le premier ! La rue remplacera les urnes quoiqu'il faudrait de toutes façons se déplacer ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 6 juin 2022

Le paradoxe de l'eau

Qui ose le dire, voire le marteler sans cesse et partout, qu'il soit politique, économiste ou scientifique : alors que la Terre est recouverte à plus de 80% d'eau, à cause du réchauffement climatique les déserts avancent sur tous les continents en même temps que les côtes reculent devant la montée des océans.

La France n'est pas la moins paradoxale dans cette situation de plus en plus dramatique puisqu'elle possède la deuxième plus grande longueur de côte au monde quand ses agriculteurs sont priés de moins arroser leurs cultures faute d'eau suffisante alors que la sécheresse menace en raison des dérèglements climatiques qui s'accentuent d'année en année. Cherchez l'erreur.

Les élections nationales (présidentielles, législatives) se succèdent mais qui met le problème sur la table, à part d'accumuler les mesures - utiles - pour prévenir la hausse de la température dans les trente années qui viennent. Dans le même temps, nombre de pays, y compris parmi les plus pauvres du monde, mettent en œuvre une autre politique, rationnelle quand on a rappelé les données fondamentales ci-dessus : installer et multiplier le long de nos côtes des usines de dessalement de l'eau de mer.

Réponse traditionnelle : le coût serait prohibitif, ce qui est parfaitement faux puisque le coût de construction baisse d'année en année ; qu'il baisserait encore plus par les économies d'échelle engendrées par la multiplication de telles installations. Et puis que coûteront les pertes agricoles provoquées par la raréfaction de l'eau pour les paysans, bientôt incapables d'arroser leurs champs, d'étancher la soif de leurs animaux ; les risques de famine ... Pourtant « gouverner c'est prévoir ». La myopie doit se soigner. Au plus vite avant qu'il ne soit trop tard comme ce fut le cas pour la formation des médecins en raison d'un numerus clausus imposé à tous les gouvernements par l'Ordre des Médecins qui, lui, n'a pas à répondre de ses choix aberrants, à la différence des élus.

Penchons-nous sur les données de base que le quotidien La Croix récemment a rappelées sous la signature de Camille Richir sous le titre « Des usines de dessalement pour remédier au manque d'eau ».

La Banque mondiale considère cet investissement comme « de plus en plus viable ». Actuellement, il y a environ 16000 usines de ce type contre 6000 aux alentours de 2000, ce qui signifie que cette technique n'est plus réservée aux riches pays du Golfe (Guinée équatoriale, Cap Vert, Sénégal, Barbade ... par exemple).

Question coût, ce qui est la base d'une politique, le prix d'un mètre cube d'eau dessalée coûte 1,34 €uros en moyenne, contre 10 €uros dit la Banque mondiale dans les années 70 (il était déjà descendu en dessous de la barre de 5 €uros dans les années 90). Selon les mêmes sources - au sens propre et au figuré - les usines de dessalement produisent 95 millions de mètres cubes d'eau potable par jour, soit l'approvisionnement de 300 millions de personnes. Deux tiers de l'eau dessalée dans le monde sont réservés à l'approvisionnement en eau potable des villes ; 30% sont destinés à l'usage industriel. Pour l'heure, 2% seulement sont destinés à l'agriculture.

On ne peut cependant ignorer quelques méfaits secondaires : la production de saumure - que l'on sait déjà traiter ; la quantité d'énergie nécessaire au dessalement, qui peut être résolu par la production d'électricité d'origine nucléaire, la moins polluante qui soit.

La question est si importante pour les décennies à venir et la solution si évidente, quelles que soient les recherches que cela nécessite encore, que l'on ne comprend pas la passivité généralisée. C'est une véritable industrie qu'il vaudrait la peine de lancer tant pour la France, bien placée sur le plan géostratégique que pour le monde où il serait utile d'exporter les usines qui sauveront des millions de femmes et d'hommes. L'initiative privée et publique doivent se manifester au plus tôt avant qu'il ne soit trop tard, sinon des responsabilités devront être recherchées par les générations futures.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 23 mai 2022

De la philosophie politique à la politique politicienne

C'est après une pandémie inédite que se sont déroulées les élections françaises : présidentielles d'abord ; législatives bientôt. Le tout alimenté par une guerre inattendue aux portes de l'Europe, en Ukraine, du seul fait d'un dictateur animé des mêmes sentiments et ressentiments qu'Hitler avant 1940. Le monde, au lieu de progresser a donc régressé. Jusqu'où ? Bien malin qui peut le dire. Raison de plus pour ne pas jeter de l'huile sur le feu et savoir raison garder.

Malheureusement, tel n'est pas l'état d'esprit de nombre de politiciens au petit pied toujours enclins à pratiquer leurs jeux stériles.

En d'autres temps, sportivement, les vaincus saluaient avec élégance les vainqueurs, voire leurs souhaitaient « bonne chance » puisque c'est le peuple en son entier qui s'est prononcé dans un combat pacifique « à la loyale ». Or tel n'est plus le cas de nos jours, en même temps que toutes les valeurs civiques se perdent dans la société. Comme si nous étions dans une sorte d'avant-guerre civile.

Emmanuel Macron est proclamé vainqueur de l'élection présidentielle ? On se précipite dans les médias pour expliquer qu'il n'est que l'élu d'une minorité des inscrits, donc d'une légitimité douteuse. Comme si, en Grande Bretagne ou aux États-Unis il n'était pas déjà souvent arrivé, avec leur mode de scrutin, qu'un parti accède au pouvoir bien qu'étant minoritaire en voix, ce qui est bien pire encore. Qui a alors contesté la régularité des élections ? Personne sauf Trump.

En France, par contre on rêve toujours du « chambouletout ». Il faudrait au plus vite changer la constitution, proclamer une VIe république, comme le veulent Mélenchon et, avant, Montebourg. Pour retourner aux combines de la IIIe et de la IVe qui nous ont conduit à la défaite de 40 et à un coup de force déguisé en 1958 ? A moins que ce ne soit pour opter pour un régime présidentiel à l'américaine. Ah, cette vieille et insubmersible « gauche américaine ».

Contestons, contestons disent-ils ... c'est valorisant pour l'égo. « Plus c'est gros, mieux ça passe » disait déjà Goebbels. Et le politicien le plus madré de sa génération lui-même, d'envelopper tous ses concurrents dans un jeu de dupes, sans véritable programme commun. Tous derrière le « lider maximo » qui par sa verve a su, lui, galvaniser ses troupes. Avec lui, le déluge. On verra après : économie, énergie, communautarisme, pouvoir d'achat, exportations ... Demain, on rasera gratis. Promis !

Au-delà des ruines du parti des socialistes et des écolos, aux multiples branches qui ne cessent de repousser à Strasbourg, à Bordeaux, Grenoble (en burkini) le grand homme réussira bien, en continuant à s'asseoir sur la laïcité, à fédérer toutes les minorités culturelles les plus éloignées du triptyque républicain qui lui sied si mal : liberté, égalité, fraternité.

Idem dans le camp autoritaire d'en face d'ailleurs où l'on gomme, rogne toutes les aspérités pour amalgamer. Une seule différence, dans le jeu menteur des mots : pour les premiers, le vainqueur de l'élection présidentielle est de « droite » alors que pour le second clan, il est de « gauche ». Mais qui donc, au fait, décerne les labels de ces deux camps unis seulement autour d'une admiration commune par Poutine ?

Avec les époques, on passe sans transition de Talleyrand à Woody Allen. Pour le premier, «  tout ce qui est excessif est insignifiant », pour le second « la réponse est toujours non. Au fait, quelle était la question ? ». Telle est la logique partisane qui dans tous les partis écrase les tenants de la raison au profit des seuls démagogues. Dans chacun d'entre eux, tous ceux qui brillent doivent être éliminés, marginalisés. D'où, au final, la suprématie des plus médiocres puis l'effondrement récents des partis les plus ancrés dans le paysage politique.

Un projet de société, des solutions d'envergure ? Jamais. Comme dans la société, l'éducation se perd ; la violence poind aux extrêmes.

Alors saluons, nous, la nouvelle Première ministre venue de la gauche, pur produit de la méritocratie républicaine, aussitôt accusée de tous les maux de la terre et souhaitons-lui «  bonne chance » pour elle et pour son pays. Elle sera jugée sur ses actes et non sur la caricature qu'en font quelques aigris par leur défaite.

Et pour nos écolos, nouvelle génération, pourriez-vous enfin songer au pluralisme culturel en faisant interdire la publicité uniquement en anglais ; faire étudier un programme massif, par un meilleur coût, de l'installation d'usines de dessalinisation de l'eau de mer puisque la France possède la deuxième longueur de côtes du monde. Nos agriculteurs vous en sauraient gré. Sans oublier un projet de grande Secu englobant les mutuelles ; la fin du numerus clausus pour les médecins hors Union Européenne afin de réduire les déserts médicaux. Ah, mais que voilà quelques idées écologistes, dont on se garde de parler, comme du « droit à la paix ». C'est vrai, il est plus facile de prendre la roue de Mélenchon ; moins fatigant. Comment disait la publicité Pathé-Marconi autrefois ? La voix de son maître.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du  16 mai 2022

Les États voyous

L'actualité a, en ce moment, les yeux fixés sur l'Ukraine martyrisée par le barbare Poutine, avec des risques de troisième guerre mondiale si le mégalomane poursuit sa course folle à des fins dominatrices. Veillons à ne pas baisser la garde car la nécessité de résister s'inscrira dans la durée, voyant apparaître par-delà les amis du despote (Mélenchon, Zemmour, Le Pen) des « petainistes » comme Luc Ferry qui, sans flirter avec le tsarevitch, clament partout qu'il a déjà gagné, qu'il ne quittera jamais l'Ukraine. Ukrainiens, rendez-vous! Laissez la soldatesque russe violer femmes et enfants, tirer dans le dos des civils ; bombarder écoles et hôpitaux ... Le sens de l'honneur, qu'est-ce que cela veut bien dire pour cet ancien ministre de l'Éducation qui aurait avant - guerre fait enseigner aux élèves qu'il ne fallait surtout pas imiter de Gaulle ou Jean Moulin ... parce que leur combat était vain ; perdu d'avance.

Mais l'arbre ne saurait pas cacher la forêt. L'Ukraine bousculée ne doit pas faire oublier qu'il y a encore d'autres pays où la mode (ou le retour) à la violence anti-démocratique prévaut. C'est le cas de l'Éthiopie, de l'Afghanistan, de la Corée du Nord, du Nicaragua, du Venezuela ... Et last one, but not least : l'Iran qui, depuis 1979 sème, comme Poutine, la mort partout où sa dictature religieuse s'impose, dans ses frontières comme chez ses voisins, sans cesser de faire hurler « A mort Israël » ...

En raison de la longévité du régime cependant les sanctions commencent à tomber (ce qui n'est pas encore le cas pour le potentat russe et sa clique d'oligarques). C'est un avertissement que les pays de liberté font front commun et, selon leurs méthodes, instruisent le procès des bourreaux.

Certes, chacun est impatient de voir battus les agresseurs. Mais avant de les juger ... il faut déjà les vaincre. Le temps de la justice ; le temps de la démocratie n'est pas le temps des dictatures, qui, elles, n'ont de compte à rendre à personne. Un despote, lui, n'a qu'à appuyer sur un bouton pour agir.

Par esprit pacifique, les nations libres, avant de prendre les armes, soutiennent les résistances, puis, celles-ci étant par nature faibles, imposent aux pays des sanctions économiques croissantes. L'Iran, pour cela, a été un champ d'expérimentation dont les leçons s'appliquent désormais à la Russie impérialiste. Résultat : le régime de Téhéran est désormais exsangue. Sa monnaie a fondu, sa population manifeste en permanence, son économie régresse, ce qui ne l'empêche toutefois pas, après le gel des accords de Vienne sur ses préparatifs nucléaires à cause du retrait américain imputable à Trump, de redoubler d'efforts pour dominer et son peuple et le Proche Orient.

Sa dernière méthode, son dernier moyen est la prise d'otages étrangers quand les démocraties, elles, appliquent leurs règles judiciaires normales contre les hommes de main du Guide suprême qui règne aveuglément, selon le testament de l'ayatollah Khomeiny, que la France avait abrité durant son exil.

Fariba Adelkhah, chercheuse franco-iranienne, a ainsi été condamnée en mai 2020 à cinq ans de prison ; puis ce fut le cas de Benjamin Brière, arrêté la même année pour espionnage; ce mois-ci, ce sont deux syndicalistes français, affiliés à FO qui ont été interpellés alors qu'ils faisaient du tourisme dans ce pays de haute culture. On attend donc avec impatience la réaction de Régis Debray qui, en pleine page du journal Le Monde, en 2014, chantait les louanges du régime terroriste et fustigeait la Resistance de l'OMPI, basée en France. Gérard Depardieu, ami de Poutine, lui, au moins, a eu le courage de dénoncer les crimes de celui qu'il considérait avant comme son frère.

Mais le pire est peut-être encore devant nous car après la condamnation à 20 ans de prison en Belgique des Iraniens instigateurs d'un projet d'attentat en France, à Villepinte, contre la Resistance, en juin 2018 ; après le jugement en Suède d'un des pires tortionnaires aux ordres des barbus enturbannés, (alors aux ordres du futur président d'Iran, Ebrahim Raïssi, qui fera, en 1988, près de 4000 morts - tous des résistants de l'OMPI - la Suède va bientôt à son tour en subir les conséquences. Déjà, le 6 Mai, un de ses ressortissants a été arrêté. En attendant d'autres prises d'otages ...

Alors que la Cour Pénale Internationale enquête sur place, en Ukraine, en vue d'instruire le procès futur de la bande à Poutine pour ses crimes de guerre et ses crimes contre l'humanité, on s'étonnera cependant, pour notre part, que cette jeune et respectable institution n'ait pas encore commencé, fut-ce par contumace le jugement des criminels iraniens, même si le pire d'entre eux, Raïssi, est, lui, pour un temps, protégé par son immunité diplomatique. Y aurait-il donc des différences entre les horreurs de tous les États voyous ? Rien n'empêche de le penser. Sinon aux pays démocratiques, fondés sur le Droit, collectivement, d'engager au plus vite des poursuites devant la CPI.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 9 mai 2022

Soumission

La politique politicienne est souvent loin de la politique conçue par les philosophes, les juristes, les scientifiques voire les guides spirituels de notre temps, comme de toutes les époques d'ailleurs.

On en a encore la preuve avec la soumission de deux formations démocratiques : les socialistes et les Verts, au parti « les insoumis » créé par Jean-Luc Mélenchon non pas pour rassembler les forces de progrès mais pour les diviser.

Cet avatar n'est pas sans rappeler le roman de Michel Houellebecq « Soumission », d'autant que le caudillo des Insoumis est un islamo-gauchiste patenté qui a renoncé à la laïcité posée par la loi de 1905, s'attirant de ce fait, selon les politologues le vote « communautariste » de plus de 70% de musulmans de France lors du premier tour de la dernière élection présidentielle. Le « wokisme » s'il devient Premier ministre comme il y aspire, a de beaux jours devant lui. Ses alliés nouveaux : Éric Piolle à Grenoble va pouvoir autoriser le burkini ; son homologue strasbourgeoise, Barseghian poursuivre la construction des mosquées ; le maire de Bordeaux interdire les symboles de Noël ...

Mais cette soumission aux Insoumis ne s'arrête pas là. Dans ce mariage de la carpe et du lapin il faut ajouter un total désaccord entre les compères sur l'énergie, si essentielle dans les décennies qui viennent. Le « chef, sûr de lui et dominateur » pour reprendre la formule gaulliste, est contre le nucléaire civil, avec ses complices verts, mais, dès lors, contre les socialistes et les communistes qui, eux, sont « pour ». Cherchez la cohérence de l'attelage, au risque de se retrouver comme l'Allemagne à devoir réouvrir les polluantes centrales à charbon. Çà tire à hue et à dia ... pour gouverner ensemble.

Qu'à cela ne tienne, reste l'Europe, que le « bas goût » de l'ami de Poutine n'a cessé de fustiger depuis des années. On va voir ce que l'on va voir. L'Europe, comme les socialistes et les Verts français, va marcher à la baguette sinon, au nom de la France, comme Marine Le Pen, il s'alliera à Viktor Orban, le Premier ministre hongrois qui trahit l'Union Européenne au profit du dictateur russe.

Quel beau gouvernement de la France nous promet la bande des quatre, avec des «  lendemains qui chantent » (avant sa démission faute de réaliser des missions d'ores et déjà impossibles ; tout du moins ensemble, tel que l'accord nous a été présenté). « Après eux, le déluge » selon le mot de Louis XV.

Macron a sauvé l'économie, les emplois en pratiquant le « quoiqu'il en coûte » keynésien, politique de gauche s'il en est. Cela veut-il dire, par esprit de contradiction que les revenants du Jurassic Park de la politique française vont, eux, revenir aux règles libérales antérieures : pas de déficit budgétaire supérieur à 3% ? On aimerait le savoir. On a le droit de le savoir. Sont-ils « libéraux », oui ou non ?

Enfin, n'oublions pas, surtout pas, la prétention du chef charismatique à instaurer une VIe République. En revenant aux régimes d'assemblée ? En enlevant à nos concitoyens le droit d'élire le chef de l'État ? Quelle importance quand les Anglo-Saxons, eux, s'en tiennent toujours aux mêmes règles depuis des siècles. Il faut bien que tout change pour que rien ne change. Ce serait une nouvelle définition de la gauche qui confine à une anarchie conservatrice.

Qu'en pense alors les détenteurs du bois de la « vraie croix » du socialisme pur, eux qui délivrent les certificats d'orthodoxie au risque, sinon, d'être rejeté comme suppôt de la droite ? Leur verdict est attendu avec intérêt. D'autant que la pièce de boulevard qui nous a été jouée par la bande des quatre à Aubervilliers, où revenait sans cesse « Embrassons-nous Folleville, embrassons-nous Folleville » a dû les séduire. Feydeau, bien que non politique a toujours eu le don de plaire à tous les publics. Rien de plus électoraliste ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 2 mai 2022

De la Chine

Avec l'agression russe contre l'Ukraine, nous sommes passés de la guerre froide oubliée à la guerre chaude, voire à la menace d'une troisième guerre mondiale, nucléaire cette fois. C'est dire l'enjeu de la situation actuelle dont le premier résultat est que les États-Unis d'Amérique - qui avaient délaissé l'Europe, trop insignifiante à leurs yeux depuis Obama - pour se tourner essentiellement vers l'Asie (la Chine en particulier, promue adversaire numéro un) font aujourd'hui machine arrière. N'est pas grand stratège qui veut. L'arrogance rend aveugle.

A qui dire « merci », sinon à Monsieur Poutine, lui-même méprisé par les présidents étatsuniens, qui a voulu ramener la Russie au rang de grande puissance dont elle était déchue parce qu'avec un PIB inférieur à celui de l'Italie il possédait cependant un armement nucléaire capable de rivaliser avec n'importe qui ?

Résultat, la Chine peut à nouveau souffler, tout juste handicapée par la résurgence de la covid 19. La Chine se doit donc de dire aussi « merci » à Vladimir le barbare qui a fait se retourner Washington peu enclin à essuyer un nouvel échec après le Vietnam, l'Irak et l'Afghanistan. Bref, l'impérialisme ne paye plus, ce qui ouvre peut-être enfin un créneau pour la reconnaissance du « droit à la paix », jamais acté malgré le désastre qu'ont été les guerres du XXe siècle. A l'Europe dès lors de jouer et à la France en particulier. Mais jouer avec qui ?

Avec la Chine bien entendu puisque ce pays que l'on appelait l'empire du Milieu se retrouve désormais vraiment au milieu. Les temps changent ...

Cette grande et ancienne civilisation, longtemps isolée par sa culture (que la grande muraille traduit concrètement) tandis que l'Occident se projetait dans le monde entier ; colonisée, humiliée par les Occidentaux et les Japonais tient sa revanche, tel le Raminagrobis de la fable de la Fontaine. Elle a réussi, mutatis mutandis, en un demi-siècle là où un système politique voisin, celui de l'URSS, échouait lamentablement sur le plan économique en un siècle. Cherchez l'erreur.

De ce fait, la Chine, formatée à la culture de Confucius plus qu'à celle de Mao Tsé Toung se retrouve en position d'arbitre du monde, membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU, usine du monde en même tant que puissance militaire et spatiale. On imagine le sourire du président Xi Jinping devant le recul américain et sa force tout en retenue.

Les medias et les bien-pensants occidentaux l'attaquent sur la question des Ouighours, minorité musulmane du Xinjiang qui a commis quelques attentats, comme nos islamistes à l'Ouest : la Chine réprime comme nous avons nous-même cerné les fous d'Allah. Quoi de plus normal et légitime. Elle est alors accusée de pratiquer le travail forcé ? Elle a signé la convention ad hoc le réprimant voici un mois.

Il serait temps par conséquent d'oublier le XIXe siècle ; le temps des traités inégaux et d'intégrer l'ancienne Cathay dans le concert des nations à part entière ; de la mettre en face de ses responsabilités mondiales sans devenir impérialiste pour autant. Le pape jésuite François, lui, dans la ligne du père Matteo Ricci, au XVe siècle et du père Teilhard de Chardin au XXe a su trouver la voie du compromis et de la paix avec Pékin. Pourquoi pas la France elle-même voire un compromis historique avec le Dalaï Lama au Tibet.

L'Europe doit convaincre la Chine que si elle partage bien avec les États-Unis la démocratie, la liberté : « elle, c'est elle ; eux sont eux ». En Europe en revanche on ne vend pas les armes librement ; on ne doit pas sortir sa carte bancaire avant d'être hospitalisé ; le communautarisme (wokisme) n'a pas encore cours sur notre continent ; on n'est pas obligé - pas encore - de ne parler ou chanter qu'en anglais. Pas de confusion, entre les deux côtés de l'Atlantique.

Certes nous nous sommes rapprochés d'eux par nécessité pour défendre l'indépendance de l'Ukraine martyrisée. Mais si Pékin cesse de rester globalement neutre face aux crimes de la Russie ; si Pékin met son poids dans la balance avec l'Europe pour préparer le monde de demain en le fondant sur le droit à la paix, Russes et Américains pourront, les uns comme les autres, remiser leur impérialisme au rang des objets obsolètes. Il y a des musées pour cela.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 25 avril 2022

Tout et son contraire

Les urnes ont parlé. Le président de la République sortant a été réélu pour un second et dernier mandat avec 58% des voix. Beaucoup s'en réjouiraient ... sauf en France où, en dépit des résultats il faut toujours être « contre », des commentateurs aux politiciens extrémistes, de gauche comme de droite. A les croire, Emmanuel Macron aurait quasiment échoué tandis que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon auraient quasiment gagné. Selon ce dernier d'ailleurs, Emmanuel Macron serait mal élu quand tant de ses prédécesseurs ont été mis au rencart par les Français ou n'ont pas osé se présenter pour un second mandat. L'abstention ? Encore un échec aux dires de ceux qui ont voix au chapitre alors qu'à quelques pourcents près, celle-ci est grosso modo stable.

Ah mais vous oubliez « les jeunes ». Oui, les jeunes qui manifestent pour tout et pour n'importe quoi. Les jeunes sont l'avenir. Donc ils ont raison par définition. Ils bouderaient les urnes ? soit. Mais quel système politique proposent-ils pour désigner les dirigeants du pays ? Démagogie quand tu nous tiens ... Il n'est que de voir la révolte de mai 68 ; De Gaulle, c'était la « chienlit ». Et maintenant des communistes aux « Lepenistes-Zemmouriens » tout le monde adule le fondateur de la Ve République, confirmant sa célèbre phrase « Tout le monde est, a été ou sera gaulliste ».

A croire nos medias, Emmanuel Macron fait l'objet d'une haine rare. C'est vrai ? On ne s'en était pas aperçu. Mais lequel de ses prédécesseurs n'a pas été l'objet d'une vindicte populaire au point, pire encore, d'être battu ou empêché de se représenter ? « Être contre » est toujours valorisant. Une sorte de sport national. Ce serait une preuve d'intelligence et de caractère. Ceux qui sont « pour » ne seraient que de veaux, voire des arrivistes ou des opportunistes.

Question : si le jeune Macron n'était pas sorti de nulle part en 2017, qui aurait alors occupé l'Élysée ? « La critique est aisée ; seul l'art est difficile » dit-on. Les deux partis traditionnels, de droite comme de gauche, ont été balayés faute de candidats d'envergure. Ne restait alors, et ne reste encore, que les extrémistes, menés par Le Pen et Mélenchon, tous deux amis admirateurs du régime de Poutine ou de Chavez. Est-ce cela que l'on veut ?

Hélas, en France, les négatifs ont toujours une forte tendance à l'emporter sur les positifs. Critiquez, critiquez, il en restera toujours quelque chose.

Au nombre de ces contradictions « génétiques », voyez aussi l'exemple de nos îles, Corse ou Antilles, qui réclament plus d'autonomie, dont certains résidents insultent la France, cassent, brûlent, se présentent en « victimes » de l'État. Mais, lorsqu'il s'agit de voter, ils placent en tête le Rassemblement National, parti nationaliste chauvin centralisateur qui, s'il accédait un jour au pouvoir à Paris ne manquerait pas de les réprimer.

Alors ? La France va mal ? Une vieille antienne « Quand je me regarde je me désole, quand je me compare, je me console ». C'est d'ailleurs pourquoi de Poutine à Zelenski ; de Xi Jinping à Ursula van der Leyen ; de Joe Biden à Boris Johnson ... tout le monde, et pas seulement par tradition, a adressé ses félicitations au nouvel élu et poussé un « ouf » de soulagement. La France est restée la France, celle qu'aiment les étrangers, au point que les Allemands ont même forgé un adage « Heureux comme Dieu en France » mais là attention «  laïcité républicaine oblige » ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 18 avril 2022

Pâques, la crucifixion des Ukrainiens

La fête de Pâques est le symbole de la paix, après la torture et l'exécution honteuse de Jésus sur une croix. Dépasser cet épisode et tous les épisodes semblables de la part de forces politiques abusant de la violence contre des innocents reste donc à l'ordre du jour, plus que jamais.

Nous en sommes témoins à notre tour, après des siècles de barbarie qui symbolisent le primum de la force sur le Droit. Un Droit en gestation trop lente pour dominer une sauvagerie aveugle. Une de nos amies, experte près la Cour Pénale Internationale nous le faisait remarquer : le « droit à la paix » n'existe pas. Pas encore. En revanche le droit de la guerre, lui, existe bien puisqu'on adopte des conventions internationales pour le régir. Conclusion : la guerre est l'état normal ; la paix, l'exception.

Notre tâche est donc là : renverser l'ordre dit « naturel » des choses. La paix doit être l'état normal et permanent. La guerre, l'exception en dépit des vieux adages comme « l'homme est un loup pour l'homme ».

Certes, les démocraties et les démocrates doivent être « aguerris », être prêts à la guerre défensive, telle que Jaurès l'envisageait, en se fondant sur les théories éprouvées de Clausewitz. Mais avant, au plus vite, proclamons le « droit à la paix », sans naïveté, comme fondement de l'ordre international démocratique. Ce n'est pas fait ; cela doit être fait. Le droit de la guerre doit venir après, comme les pompiers luttent contre l'incendie.

Actuellement, on voit se multiplier le nombre d'États voyous, façon Russie de Poutine qui agressent, mentent, travestissent la vérité et la réalité, auxquelles s'ajoutent des morts, des blessés, des destructions massives. Il est donc nécessaire, hors une ONU impuissante, de former une coalition des pays libres qui s'engagent à coopérer au service de la paix et de la démocratie, en excluant ceux qui tergiversent comme la Hongrie, nombre de pays africains ou d'Amérique latine ... Une alliance positive, sans état d'âme, qui se consultera régulièrement sur la situation de la paix et de la démocratie.

Il n'y a pas de « si » ni de « mais » disait un de nos grands hommes, « Il faut réussir ».

Joyeuses Pâques.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 11 avril 2022

Le monde de tous les dangers

Les Ukrainiens votent avec leurs armes et leurs pieds. Les Français, eux, ont encore cette chance de s'exprimer par un bulletin de vote, comme ils l'ont fait le 10 avril. Mais au vu des résultats il y a de lourds nuages noirs au-dessus de la traditionnelle démocratie

hexagonale. Et pas seulement des nuages venus de l'Est de l'Europe comme on le craignait depuis un mois. La menace contre nos libertés essentielles vient aussi de l'intérieur de nos frontières sous une forme cyclonique en cours de formation, dont on ne sait présentement si elle s'amplifiera ou si, dans un sursaut salutaire, les « forces de l'esprit » qu'évoquait François Mitterrand feront une parade face au danger qui guette.

Les chiffres sont nos maîtres. Car des trois candidats arrivés en tête du scrutin, deux représentent un réel danger pour celles et ceux qui militent pour un monde meilleur, dans la lignée du testament laissé par nos ancêtres il y a deux siècles. Une démocratie faible est vouée à l'échec. Déjà si elle se réfugie frileusement dans la « ni, ni » qu'est l'abstention. C'est Paul Claudel qui écrivait « ils ont les mains blanches ... mais ils n'ont pas de mains ».

On sait ce qu'a fait le chef de l'État sortant face à la crise « poujadiste » des gilets jaunes en éloignant la violence que les partis et les syndicats n'avaient vu venir en dehors des urnes, comme de Gaulle en 1968 après dix ans de « règne ». Emmanuel Macron, lui, n'avait tenu les rênes du pouvoir que peu de temps lorsqu'il a succédé à François Hollande. Peut-on dès lors lui en faire grief et le tenir pour entièrement responsable de cette crise systémique qu'il a cependant gérée avec doigté ? Puis vint la pandémie, la Covid 19, qui obligea les Français à un dur confinement qui le conduisit à une gestion à vue, comme dans tous les pays du monde, sans être meilleur ou pire que partout ailleurs.

A la sortie de ce tunnel de cinq années, il était donc naturel que ses concitoyens se défoulent un peu, tout en rassemblant autour de lui nombre de responsables de gauche comme de droite. Mais ce qu'ignorent superbement les populistes qui le taxent de « libéralisme », c'est que le fond de sa politique économique, son fil conducteur, était «  keynésien », diamétralement opposé au « laisser faire, laisser passer » de tous les libéraux dont le dernier avatar fut « l'école de Chicago » qu'ont suivi Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Le « quoiqu'il en coûte » a sauvé les entreprises et les emplois en maintenant la croissance économique, au détriment certes, d'une justice sociale qui est son maillon faible mais il a paré au plus pressé, sans quoi la France se serait retrouvée bloquée, au bord d'une de ces révolutions chroniques qui la caractérisent.

Face à lui, la droite classique et la gauche non moins classique ont fait pâle figure avec leurs candidat(e)s sans envergure, sans vision, porteurs de leurs vieilles recettes à l'odeur de moisi.

De là la montée aux extrêmes, avec ses dangers non moins glaçants que ceux que nous avions connu avant-guerre.

Une Marine Le Pen, héritière politique sans « taxation » de son capital intellectuel et moral : racisme, xénophobie, chauvinisme, culte du chef, rejet de l'Europe, proximité avec Poutine, le bourreau du peuple ukrainien, sans, toute honte bue, se réclamer toutefois du Général de Gaulle que son père avait si violemment combattu. On hallucine ...

Sur l'autre bord, Jean-Luc Mélenchon, trotskyste reconverti en socialiste de gouvernement puis en populiste ami de Castro, de Chavez pour terminer dans le chœur des adeptes de Poutine jusqu'à ce qu'il ne tire en urgence sur le frein devant les crimes de guerre de son dernier maître à penser. Mais encore n'est-ce pas tout car au plan intérieur, combien de fois, sans foi ni loi, a-t-il soutenu les islamistes, localement ou nationalement en leur manifestant son soutien ... au nom d'une laïcité dévoyée.

La perte de mémoire à l'occasion du second tour serait une marque de sénilité pour tout un peuple fatigué par les épreuves. On se doit d'éviter d'avoir à entrer en résistance pour plusieurs années. Pour cela il faut se lever, se mobiliser, parler. Car, on ne le redira jamais assez, c'est toujours avec ses pieds que l'on exprime sa liberté, sur tous les continents, de l'Afrique à l'Amérique en passant par le Proche Orient ou l'Europe ... Alors « aux urnes les citoyens » pour éviter d'être « aux armes ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 4 avril 2022

Enjeux de civilisations

On représente souvent la terre sous une forme ovale, comme un ballon de rugby aplatie aux deux pôles. Elle ne tourne donc pas rond. Mais c'est toujours mieux qu'une terre plate, comme le prétendent certains complotistes.

Ceci dit, cette forme ovale, politiquement, est de plus en plus proche de la réalité ! Le monde est en pleine mêlée : régimes démocratiques contre régimes autoritaires sans que l'on sache de quel côté va sortir le ballon. Raison de plus si l'on est du côté des démocraties, des libertés pour s'engager dans le rapport de force planétaire à peine de se retrouver demain habitants d'une planète sous la botte de grands ou petits dictateurs. La décennie qui vient sera décisive pour déterminer ce que sera la configuration du monde pour les générations futures, quand le ballon ovale sortira de la mêlée actuelle : côté libertés ou côté autoritarisme. Croisons les doigts et poussons encore et encore ...

Côté « équipe des libertés » tous les titulaires ne se valent pas hélas. Les participants n'ont pas le même âge, la même expérience, la même force. Par définition, la liberté c'est le pluralisme.

Les États-Unis sont parmi les plus jeunes derrière la Grande Bretagne et la France, mais qu'ont-ils fait au Vietnam, en Irak, en Afghanistan ? Sinon le contraire de leur idéal ...

Leurs alliés européens, pressés de s'unir, France, Grande Bretagne, Allemagne, Italie, Espagne ... n'ont pas le même entraînement historique ; certains ont même vécu une phase dictatoriale après un vote populaire qui sème toujours le doute sur leur capacité à monter en première ligne.

Quant aux autres, Japon, Inde ... leur intérêt ne les entraîne pas encore à être dans la ligne d'avant.

Bref, c'est une bonne équipe, le plus riche, la plus développée techniquement mais un tantinet disparate. Le camp des libertés ne s'unit d'ailleurs pas régulièrement pour sceller une union autour de valeurs communes. D'autant que l'hégémonie américaine, en imposant ses mœurs, sa langue crée une légitime méfiance.

Côté équipe autoritaire, voire dictatoriale, les nuances ne sont pas moindres. Toutefois, le réflexe de l'appel à la violence les unit. Les composantes de cette équipe n'ont jamais connu le XVIIIe siècle et sa révolution libérale, mère de la démocratie en Europe de l'Ouest.

En tête du camp rétrograde fondé sur l'étranglement des droits de l'Homme, chroniquement, des tsars à Poutine en passant par les lénino-staliniens : la Russie bien sûr, incapable de s'arrimer à une Europe éprise de progrès, tant politique qu'industriel. La presse y est bâillonnée en permanence. D'où son incapacité à évoluer « vers un » monde épanoui, concurrentiel. Un pays dirigé par des primaires qui ne savent que pratiquer l'assassinat, l'empoisonnement, l'emprisonnement voire l'agression des peuples voisins malgré sa grande culture faites d'écrivains, de musiciens, de scientifiques. Pour Poutine et sa bande de militaires et d'oligarques le mot « liberté » est un mot obscène.

Non loin derrière, quoiqu'avec mille nuances en société, la Chine, qui soutient la Russie comme la corde soutient le pendu, attendant son heure pour occuper, avec son milliard et demi d'habitants les immenses territoires russes d'Asie quand le maître du Kremlin, lui, s'ingénie à humilier l'Ukraine. La Chine, superficiellement maoïste, profondément confucéenne pousse, évidemment, elle aussi dans la mêlée, mais avec modération. La sagesse a toujours été son fondement moral, mutatis mutandis.

L'Iran des mollahs, qui emprisonne à tour de bras, torture, assassine a également sa place dans la nébuleuse autoritaire. Au point qu'Israël, nation démocratique, hésite à condamner l'invasion de l'Ukraine par peur de se couper de la Russie, meilleur allié des barbus enturbannés qui menacent son existence depuis quarante ans.

Quant à l'Afrique, à l'Amérique latine, elles tergiversent. A l'ONU notamment. C'est dire si, dans la mêlée d'où sortira demain le ballon ovale qui représente la terre (son avenir libre et démocratique promis depuis 1945) les jeux ne sont pas faits. Car même les droits de l'Homme exigent un rapport de force. Jaurès, socialiste que l'on aime à citer pour avoir sacrifié sa vie au progrès avait, rappelons-le, écrit « Vers l'Armée nouvelle ».

Les États-Unis sont en déclin après leurs échecs au Vietnam, en Irak et en Afghanistan. Mais ils sont aussi un impérialisme culturel que peu contestent encore. La Russie aurait pu en conséquence, si elle s'était ancrée en Europe engendrer un monde plus équilibré, plus rationnel et éviter l'affrontement, voulu délibérément par Washington, (d'Obama à Biden en passant par Trump l'apprenti dictateur) avec la Chine. Il n'en a rien été à cause du dérèglement mental d'un seul homme.

Dès lors, la règle du rugby oblige. La balle de la liberté, de la démocratie est au centre de la mêlée, sans que l'on sache de quel côté elle sortira. Du sort de l'Ukraine dépend le sort du monde. A cause d'un fou, nous sommes revenus en 1940 ; les massacres se multiplient, les alliances s'affaiblissent. Alors poussons, poussons. Il est désormais trop tard pour réfléchir. La liberté est au bout.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 28 mars 2022

Russie-Ukraine : le tragique retour de l'Histoire

La guerre menée actuellement par la Russie contre l'Ukraine démocratique devrait rappeler à chacun un précédent qui date d'un siècle. La Russie, devenue bolchevique depuis 1917, après avoir libéré l'Allemagne impériale sur le front de l'Est - ce qui lui permit de renforcer son offensive à l'Ouest contre les démocraties, avant, en 1939, de signer le pacte germano-soviétique, s'en prit à la sortie de la première guerre mondiale à l'Ukraine indépendante présidée à cette époque par Simon Petlura.

Le chef de l'État ukrainien d'alors était un socialiste démocrate opposé tant à la Russie de tout temps expansionniste qu'à la dictature dite du prolétariat. Mal lui en prit car déjà à l'époque, comme celui de Vladimir Poutine, le pouvoir n'hésitait pas un instant à éliminer physiquement ses adversaires dont Léon Trotski est un des cas les plus célèbres.

Simon Petlura né en 1879 était le troisième Président de l'Ukraine indépendante, notoirement anti-tsariste, membre dirigeant du Parti ouvrier social-démocrate ukrainien, sans verser dans un nationalisme chauvin.

En janvier-février 1917, il avait repoussé l'Armée rouge à Kiev et l'indépendance totale de l'Ukraine fut proclamée le 22 janvier 1918, avant qu'un coup d'État, le 29 avril 1918, conduit par le général Pavlo Skoropadsky, à l'instigation des empires alliés allemand et austro-hongrois, ne mène à son arrestation.

Cependant, le général Skoropadsky fut à son tour renversé le 14 décembre 1918 quand la guerre pris fin le 11 novembre 1918 et la République populaire ukrainienne fut alors restaurée, mettant à sa tête Vynnytchenko, le 13 novembre 1918, lequel démissionna très vite, en raison des attaques soviétiques, avant d'être remplacé par Simon Petlura le 11 février 1919.

Mais dès février 1919, l'Armée rouge, à la façon poutinienne, s'empara de Kiev et de nombreux pogroms eurent lieu en Ukraine, pays qui abritait alors une forte minorité juive.

Petlura, qui commandait l'Armée populaire ukrainienne, combattit, à cette époque troublée, l'Armée rouge comme l'Armée blanche, ennemie jurée du bolchevisme triomphant sans que la France, malgré sa demande, lui accorde son soutien dans sa lutte pour une Ukraine indépendante et démocratique. D'où son alliance forcée avec la Pologne, un traité de Varsovie du 22 avril 1920, quand celle-ci était dirigée par le maréchal Pilsudski. Il prévoyait une Ukraine indépendante et la fixation d'une frontière polono-ukrainienne, avant de mener ensemble l'offensive contre les bolcheviques. Offensive qui se conclut après la prise de Kiev (7 mai 1920) par un armistice entre la Pologne et la Russie soviétique.

Simon Petlura, privé du soutien polonais prit dès lors le chemin de l'exil quand la Russie et la Pologne se partageaient l'Ukraine, avant que ne soit proclamée une « République socialiste soviétique ukrainienne ».

Après avoir été emprisonné en Pologne, il constitua aussitôt un gouvernement ukrainien en exil qui pactisa, de guerre lasse, avec le responsable sioniste Vladimir Jabotinsky pour protéger les Juifs lors d'une future reprise de l'Ukraine.

Dans le même temps, Moscou tenta sans cesse de réclamer Petlura aux Polonais. En vain. D'où une tentative d'assassinat contre lui, selon la « tradition » en 1923, puis son départ de Pologne lorsque Pologne et URSS établirent des relations diplomatiques. Finalement il s'installa à Paris, en 1924, d'où il continua à diriger un gouvernement ukrainien jusqu'à son assassinat, le 26 mai 1926, rue Racine, par un anarchiste juif Samuel Schwartzbard, originaire de Bessarabie, sous prétexte d'un pseudo-antisémitisme de l'exilé ukrainien.

Étrangement, l'assassin fut défendu par l'avocat Henry Torrès, membre du Parti communiste français, avec le soutien de l'Humanité, organe du PCF, dont le résultat fut l'acquittement du criminel avoué par 8 voix contre 4, bien que le prédécesseur de Volodymyr Zelensky eut été reconnu comme exempt de tout hostilité, bien au contraire, contre ses compatriotes juifs.

D'ailleurs, le célèbre Beria, dans une lettre du 11 août 1930 reconnut que le crime avait été commandité par les autorités soviétiques avant que deux sœurs de Petlura, religieuses dans un couvent orthodoxe soient, elles-mêmes, assassinées par le Guépéou.

En conséquence, Volodymyr Zelensky, actuel Président de l'Ukraine libre et indépendante, ce Churchill des temps modernes, sait ce qui l'attend. Que la Russie soit tsariste, soviétique ou poutinienne, ses buts, ses méthodes sont éternels et criminels. On comprend aussi la raison pour laquelle l'opinion publique mondiale est alignée derrière son peuple dont il est le drapeau.

Mais pourquoi Israël est-il si discret ? Pour se protéger de l'Iran, allié de Moscou ? pourquoi la Chine, géant protecteur de la Russie des oligarques lui ouvre-t-elle les bras ? Pour mieux la vassaliser ? Pourquoi l'Inde, géante, tergiverse-t-elle devant tant de crimes ? Pour contrer son rival chinois ? Pourquoi enfin une bonne partie de l'Afrique perd elle son honneur en ne condamnant pas l'invasion russe quand Moscou s'ingère dans nombre de ses pays ?

Ne soyons pas naïfs. Tout est résumé dans la forte personnalité de l'homme qui est l'héritier de Simon Petlura.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 21 mars 2022

Les Droits sont-ils humains ?

Peu à peu le phénomène gagne. On parle de moins en moins de droits de l'Homme et de plus en plus de droits humains. Comme si des droits pouvaient être « humains » ... En ce cas y aurait-il aussi des droits « inhumains » ?

A l'origine, en 1789, les auteurs, les « inventeurs » ont voté ce qu'ils considéraient comme les « droits de l'Homme et du citoyen ». Leur Déclaration a aussitôt fait le tour de la terre tant elle était appréciée, et nombre de révolutions libérales se sont faites en son nom. Plus d'un siècle et demi après, au lendemain de la seconde guerre mondiale, les Nations Unies elles-mêmes, à l'instigation de René Cassin, conseiller durant la guerre du général de Gaulle et d'Eleanor Roosevelt, veuve du Président américain, la Déclaration universelle des droits de l'Homme fut adoptée en 1948, à Paris, au palais du Trocadéro, siège passager de l'ONU avant son installation définitive à New York.

Mais là encore, point question de « droits humains ». La question d'ailleurs ne s'est jamais posée.

Certes la grande Olympe de Gouges, sous la Révolution française, celle qui considérait que « comme les femmes ont droit de monter à l'échafaud, elles doivent aussi avoir le droit de monter à la tribune ». Et de proposer une « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ». Sans succès.

Il faut aussi remarquer qu'avant notre époque, où l'on rend compliquée la langue française en multipliant la féminisation de la langue (abusivement le plus souvent, comme désormais parler d'auteur et d'autrice plutôt, tout simplement - surtout pour les étrangers - d'auteur et d'auteure), on faisait dans la simplicité, en héritiers de notre « mère » la langue latine. Sans cacher cependant qu'il y avait encore une domination masculine très forte, qui peut s'expliquer puisque le suffrage universel a exclu les femmes jusqu'en 1945 (y compris sous le Front populaire dix ans auparavant).

En latin, Homme a deux origines : « Homo », le genre humain dans son ensemble et « Vir » dans son acception masculine. Parler des droits de l'Homme inclut par conséquent les deux sexes, même si « homo » a pris de nos jours une toute autre signification pour tenir compte de l'évolution des mœurs. Ce n'est donc pas par abus de langage que nos ancêtres ont retenu l'expression consacrée universellement en 1948.

En fait ce n'est que récemment, depuis le succès mérité d'Amnesty International (à l'origine irlandaise) que s'est répandu le terme « droits humains », car cette organisation l'a imposé de fait. Et tous les gogos de le reprendre à leur compte, même s'ils n'en sont pas les meilleurs défenseurs. Cela traduit aussi, qui en douterait, l'hégémonie anglo-saxonne sur la culture mondiale.

La Commission nationale consultative française des droits de l'Homme, amenée à délibérer sur le soi-disant choix à faire, il y a plus d'une décennie, a d'ailleurs rejeté la version pseudo moderne pour garder la conception traditionnelle des droits de l'Homme. Mais qui connait cette instance ancienne, quoique nommée par le Gouvernement ?

Il en va de même des paroles de la Marseillaise que certains ont voulu modifier il y a vingt ans parce trop belliqueuses, dans lesquelles les hommes défendent « nos femmes et nos enfants ». Là encore il faudrait réécrire l'Histoire et ses pages glorieuses. De même que les femmes, protégées de la tyrannie, de nos jours, ne devraient pas l'entonner et devraient se garder de porter les armes ...

Vaste programme ! Gardons-nous dès lors d'être passifs car si les mots ont un sens, ils recouvrent aussi des idées.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 14 mars 2022

Droits de l'argent et droits de l'Homme

Bien que souvent passée sous silence, voire ignorée, la formule, « Les droit de l'Homme doivent passer avant les droits de l'argent » attribuée à Franklin Roosevelt aurait dû, depuis longtemps, être le slogan majeur de tout ce que le monde compte de socialistes démocrates, opposés au capitalisme libéral comme au socialisme de caserne.

S'il n'en a rien été, c'est d'abord parce que les progressistes du 19e siècle ont séparé les droits de l'Homme (de 1789) et le combat social. Pour eux, leurs légitimes revendications contre la misère étaient avant tout un rapport de force favorable à établir. Les droits de l'Homme, eux, étaient « bourgeois ». Donc on pouvait les négliger, surtout dans la frange marxiste des socialistes.

C'était une erreur historique car les auteurs de la Déclaration de 1789 avaient voté une motion (dite Mougins de Roquefort, le 27 août) qui obligeait à continuer leur œuvre, véritable projet de société démocratique mais qui n'avait pas eu le temps suffisant ultérieurement pour aborder, approfondir le volet économique et social au-delà de son article 17 trop succinct : « La propriété est un droit absolu et sacré » ce qui aurait mérité d'être immédiatement nuancé en raison de sa trop grande rigueur comme de sa nature de classe.  

Droits de l'Homme et droits de l'argent ont dès lors cheminé séparément pendant plus d'un siècle en s'ignorant, les droits de l'Homme n'ayant pour mission que de veiller sur les libertés publiques tandis que la classe ouvrière et ses représentants n'ont, eux, que peu évoqué les droits de l'Homme dans leurs luttes. Ce n'est guère qu'à partir de 1936, et surtout à la Libération, dans le préambule de la Constitution qu'ont été pris en compte les droits économiques et sociaux, comme des « frères mineurs » des grands droits de 1789. Mais cela n'a toutefois pas réalisé en soi une révolution culturelle. L'argent, bien souvent, y compris dans ce qui reste de pays communistes (Chine, Vietnam, Cambodge) reste roi. Et que dire de nombre de pays sous-dévéloppés dont les dirigeants ont pillé leurs pays pour acheter, dans des pays où les droits anciens sont respectés (Suisse, France, Grande Bretagne etc.) des « biens mal acquis ».

On doit rendre à l'Afrique les œuvres d'art primitifs pillées du temps de la colonisation. Soit. Mais on doit d'abord rendre l'argent des plus grandes fortunes expatriées au peuple du pays d'où il vient.

La « palme », si l'on ose dire, revient cependant à la Russie « poutinienne » dont la négation des droits de l'Homme est totale, pour les droits de quelque génération qu'il s'agisse, (quoique la séparation des pouvoirs n'en existe pas moins) ! Même si ce n'est la séparation dont on parle dans les démocraties ...

En Russie les choses sont donc claires, si l'on ose dire : à Poutine l'écrasement des droits de l'Homme traditionnels, « libéraux » ; aux oligarques la totalité des droits liés à l'argent, sans limite aucune. Et chacun de s'épauler, d'être complice de l'autre pouvoir. « On vit en bonne intelligence ». Une seule victime, le peuple russe, mais qui le plaindrait puisque, malgré la «  révolution » « gorbachevienne » (glasnost et perestroïka) il suit aveuglément son maître, depuis 22 ans, et déteste son ancien Président, lequel pourtant avait fait tomber le mur de Berlin et libéré les pays de l'Europe de l'Est.

Un beau mariage du pouvoir de la force et de l'argent dont ne veulent absolument pas les Ukrainiens d'aujourd'hui comme ceux d'il y a un siècle puisque les Russes ont alors fait assassiner à Paris le premier Président de leur pays indépendant Simon Petlura à l'instar du sort qu'ils réservent à l'actuel Président Volodymyr Zelensky.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 7 mars 2022

Vlad le Barbare

On connaissait Vlad l'Empaleur ... nous avons maintenant Vlad le Barbare, qui aspire à régner sur un empire soviétique reconstitué en s'emparant des États qui étaient autrefois sous la botte de l'URSS.

Vladimir le Barbare ne recule devant rien : ni les mensonges les plus grossiers, ni les destructions, ni les morts, que ce soit par des assassinats en Russie ou à l'étranger ou que ce soit par des bombardements aveugles.

Formé par le KGB stalinien, Poutine est l'archétype de cette école : ni la moindre expression du visage, ni mobilité du regard, ni sentiments. En parfait espion reconverti il peut passer partout. C'est une mécanique insensible aux arguments qui ne s'incline que devant la force.

L'Histoire a connu beaucoup de tyrans, mais celui-ci les surpasse car il n'a rien d'humain, de sensible, ce qui le rend imprévisible. Ceux auxquels il ordonne - c'est-à-dire tous les Russes moins un : lui, tremblent devant le deus ex machina. Ceux qui sont ses égaux, ses interlocuteurs, les autres chefs d'État (Emmanuel Macron, Jo Biden ...) se heurtent, eux, à un mur, à un robot qui ne parle que la langue de bois. Il faudrait en conséquence un traducteur idoine.

Il y a longtemps qu'ils auraient dû renoncer si ce n'était leur devoir moral de sauver la paix en apaisant le monstre.

Le résultat est là :

Immeubles d'habitation détruits, hôpitaux éventrés, populations terrorisées, territoires conquis dans le même temps où une chape de plomb, plus épaisse encore, tombe sur la Russie pour éteindre toute voix dissidente dans une population anesthésiée, dressée depuis longtemps par le stalinisme.

Le Conseil de Sécurité condamne - sans autre veto que celui de la Russie ; l'assemblée générale de l'ONU condamne à son tour les innombrables violations du droit international ; la Cour Internationale de Justice de la Haye va donc inévitablement condamner Vlad le Barbare. Mais l'animal à sang froid, s'en moque comme il se moque de toutes les sanctions économiques bien que son pays ait une richesse nationale inférieure à celle de l'Italie. Tout va dans l'armement et les poches des oligarques qui l'entourent. Son industrie est une économie Potemkine, comme il y avait autrefois des villages Potemkine...

La presse s'interroge, les peuples s'interrogent : comment arrêter celui qui met en péril le monde en faisant tirer sur une centrale nucléaire, menace de ses armes les plus sophistiquées les pays démocratiques ?

Réponse : résister, comme le fait le peuple ukrainien derrière son président Volodymyr Zelensky. Mais cela ne durera pas longtemps.

Dès lors, comme en Hongrie en 1956, en Tchécoslovaquie en 1968 va venir le temps de la résistance passive, dans le temps long.

Par contre, comme nul n'est au-dessus des lois morales et juridiques, les nations civilisées doivent, d'ores et déjà, annoncer, préparer, saisir la Justice criminelle internationale, (la Cour Pénale Internationale). Le procès du dictateur et de ses complices doit être immédiatement instruit publiquement, même si les juristes de salon ne manqueront pas de dire qu'il y a des impossibilités procédurales (comme de coutume) !

A ces timorés on répondra alors que le tribunal de Nuremberg n'avait aucun fondement juridique lorsqu'il a été mis en place ; qui plus est, on ne peut juger et condamner que sur la base des règles préexistantes - ce qui ne l'a pas empêché d'envoyer à la potence la triste bande de bourreaux nazis.

Que l'on y songe dès maintenant. L'annonce de la coopération judiciaire des États démocratiques aurait moralement son effet instantané ; ne serait-ce que pour empêcher les criminels de guerre de circuler dans le monde à peine d'être arrêtés. Hic et nunc, la liste des complices, militaires ou oligarques doit être dressée et publiée urbi et orbi. Ils sont hors la loi.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 28 février 2022

Partout dans le monde, on vote avec ses pieds

Dans les démocraties, dont le nombre se restreint, contrairement à ce que l'on avait pensé au XIXe, puis au XXe siècle après deux guerres mondiales, principalement après la chute du stalinisme en 1990, voter est toujours une question de pieds. Car non conscients qu'il s'agit d'un droit, devenu un privilège, de plus en plus de citoyens s'abstiennent. Peut-être l'état du monde depuis quelques décennies les incitera-t-il à réfléchir et à prendre leurs pieds pour se rendre aux bureaux de vote. Ne serait-ce que pour voter blanc ou nul.

De toute façon, démocratie ou non, c'est toujours avec ses pieds que l'on s'exprime. On fuit les régimes autoritaires, avec ou sans moyens, pour toucher ce Graal qu'est la liberté. Même, hélas, trop souvent pour importer des us et coutumes incompatibles avec la laïcité qui en est le fleuron, l'accomplissement.

Le mouvement, le flux (le « vote » de facto) se fait toujours dans le même sens. Jamais en sens inverse, ce qui prouve la supériorité de la démocratie qui n'a, de ce fait, aucun intérêt, malgré ses règles universelles, à se laisser contaminer par des porteurs d'idéologie qui refusent ses lois.

Sans rappeler l'excellent film « Good bye Lénine » où l'on voit une vieille dame, hospitalisée, ignorer la chute du mur de Berlin et ses enfants lui projeter un montage grâce auquel elle retrouve la santé parce les gens fuient l'Allemagne de l'Ouest pour rejoindre le paradis communiste, en réalité, et de tout temps, les femmes et les hommes ont toujours, faute d'élections libres, voté avec leurs pieds pour fuir les dictatures, quel que soit le type de dictature. C'est ainsi qu'en Asie, les Vietnamiens, les Cambodgiens, aujourd'hui les Birmans ont trouvé leur salut ... dans la fuite. Un réflexe mondial, humain.

Inutile donc de rappeler la trop longue histoire des habitants de l'ancienne «Europe de l'Est», sous la botte soviétique. Avez-vous vu un communiste français, espagnol ou italien demander l'asile politique là-bas, dans le pays de leur rêve ? La démocratie est donc à sens unique. Selon la formule de Churchill, « C'est le pire de régimes, à l'exception de tous les autres »

Aujourd'hui, la même et éternelle problématique s'est portée sur l'Ukraine, ce qui rappelle aux plus anciens celle des années 30 - 40, quand deux monstres, Hitler et Staline, ont voulu se partager l'Europe pour y imposer leur férule rétrograde. Vladimir Poutine après avoir imposé son diktat à la Russie libérée par Mikhaïl Gorbatchev prétend, en violation des règles internationales, régner aussi sur les anciens pays qui faisaient partie du glacis communiste : Géorgie, Crimée, Biélorussie ... Mais, est-ce un hasard ? aucun de ces peuples n'entend revenir sous le joug post soviétique, post tsariste. La liberté, pour tous, reste l'étoîle qui les guide. Aucun, parce qu'ils bénéficient désormais d'élections libres, n'entend se soumettre au mégalomane qui ment, insulte pour parvenir à ses fins. En l'occurrence, faire croire au monde entier que le pouvoir issu d'élections démocratiques en Ukraine est entre les mains de nazis qui organisent un « génocide » au Donbass ; que l'Histoire qu'il réécrit est la seule véritable, oubliant la famine que son modèle, le « petit père des peuples » avait instaurée en Ukraine avant de pactiser avec Hitler (près de trois millions de morts). A l'en croire - ce que corrobore en France Mélenchon et son siamois de droite Zemmour - c'est la faute à l'OTAN qui comprend désormais la Pologne, la Roumanie ... pays qui votent maintenant librement et n'entendent surtout pas retomber entre ses pattes d'ours mal léché. Ce serait aussi la faute des États-Unis, pourtant retirés de l'Europe comme de l'Afghanistan pour concentrer leurs forces sur la Chine qui les talonne en puissance.

Dès lors, pendant que le président de l'Ukraine, le courageux Zelensky, juif, qualifié lui-même de « nazi », organise la résistance, des centaines de milliers de femmes et d'enfants prennent la route de l'Ouest où ils sont accueillis à bras ouverts par les populations voisines qui ont eu, elles, la chance de rallier l'Union Européenne et l'OTAN. Là encore, une fois de plus, on vote avec ses pieds. Les peuples ont un instinct viscéral. Ils préfèrent cent fois les pseudo « nazis » à la démocratie poutiniène qui truque les élections, empoisonne ou incarcère ses opposants, interdit toute opposition. Le cynisme du maître du Kremlin est sans limite.

Mais pourquoi, direz-vous, l'Europe ouvre-t-elle si grands les bras à ses frères migrants d'Europe de l'Est et non à ceux qui viennent d'outre Méditerranée ou du Proche Orient ? Cherchez un peu et vous trouverez ... Ce pourrait être un thème de la campagne électorale présidentielle qui s'ouvre en France. Avec l'Europe orientale, pas de crainte de « grand remplacement » idéologique.

Reste donc à préparer la chute du tyran. Si ce n'est par les armes, cela doit être alors par une information massive des peuples sous sa férule, par quelque moyen technique moderne que ce soit. Car les sanctions économiques et financières ne suffiront pas. Entre la propagande mensongère diffusée par le dictateur Poutine et les informations vérifiables venues de l'Ouest, les peuples choisiront. Toujours avec leurs pieds.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 21 février 2022

Ukraine : Crimes de guerre avec préméditation

Un bruit des bottes se fait entendre à l'Est de la frontière de l'Ukraine. Une guerre de conquête y est annoncée de la part de Vladimir Poutine qui justifie, comme de coutume n'être en rien responsable, sinon d'une pseudo menace de l'OTAN.

Comme disait Goebbels « plus c'est gros, mieux ça passe ». Car qui masse troupes et matériels à la frontière de l'Ukraine ? Quelle pourrait être la visée expansionniste de l'Ukraine actuelle dont les frontières sont désormais internationalement reconnues ? Sont-ce les responsables russes (ou les responsables occidentaux, lesquels ne cessent de convaincre l'autocrate russe de s'en tenir à la situation actuelle, après qu'il ait envahi la Crimée), qui ont comploté pour envahir des territoires « russes » ? Bref, la guerre et son concert de morts, de destructions sont une menace unilatérale et non bilatérale. Mais qui ose le dire ? Quelles sont les manifestations organisées, comme celles, préventives, contre l'invasion de l'Irak par les États-Unis de Bush ? A fortiori parce que la Russie, sous quelque appellation que ce soit (tsariste, soviétique) a déjà, cent fois, mis sous sa botte les peuples riverains. Concernant l'Ukraine particulièrement : pourquoi nos commentateurs ne rappellent-ils jamais le génocide par la famine organisé par Staline avant la seconde guerre mondiale ? Des morts par millions pour exterminer un peuple entier, ce qui est la vraie définition du « génocide », comme contre le peuple arménien, le peuple juif ou le peuple rwandais. Rien à voir avec le sort des Ouighours au Xinjiang qui sont sans doute réprimés durement par la Chine (victime discrète d'attentats islamistes) mais qui n'extermine pas tout un peuple contrairement aux dires de propagandistes libéraux auxquels il n'est pas utile de faire ici de la publicité.

Poutine avec sa politique impérialiste, mélange de celle des tsars et de Staline (comme de Brejnev), rappelle, il y a près d'un siècle, les années 30 quand, avec leurs homologues fascistes Hitler et Mussolini, ils agressaient leurs voisins afin de s'emparer de leurs territoires, de leurs richesses ... et, pire, soumettre les populations à leur dictature.

Le « droit à la paix » dont nous demandons la reconnaissance, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des États depuis cinquante ans ? Il n'existe pas ; il n'a jamais été reconnu. Une pure utopie vous répond t-on ... Vous ne pouvez pas l'invoquer, l'opposer au chantage de Poutine. Pour lui, il suffit d'avancer n'importe quel prétexte, dès lors, pour justifier ses menaces sinon ses agressions (comme il y a peu les soi-disant armes cachées de Saddam Hussein, selon Bush).

Avant même toute action, de toute façon, le tsarevitch a gagné. Il a atteint son but : remettre en selle la Russie comme une puissance incontournable, position dont elle était déchue depuis 1989, ce qui lui permettra de diriger son pays vingt années encore puisque ce peuple, traditionnellement passif, ne se révoltera pas contre lui.

Dans le contexte mondial actuel, finalement, que voit-on ? Une Chine ascendante qui, espérons-le, saura rester confucéenne, dont la Russie, dépeuplée, deviendra tôt ou tard le vassal, l'obligé, sinon la proie compte tenu de la longueur de leur frontière commune et du milliard 400 millions de Chinois. A l'Ouest, autre vassalisé, la Grande Bretagne, colonisateur colonisé par la stupidité d'un Boris Johnson, qui conduit son pays à vau-l'eau (Irlande du Nord ; Écosse) et trahit l'Europe au profit de Washington (cf. affaire des sous-marins australiens).

Reste donc à savoir ce que sera le nouveau monde, après le déplacement de ces plaques «  tectoniques » politiques, à l'Est et à l'Ouest. Le peuple russe acceptera-t-il sa vassalisation ? La Grande Bretagne délabrée, délestée de l'Irlande et de l'Écosse, vassalisée par les États-Unis viendra-t-elle à Canossa, comme son Premier ministre Harold Macmillan est venu supplier à Rambouillet le Général de Gaulle de lever son opposition à son adhésion à l'Europe (qu'elle avait tenté de torpiller dans la décennie précédente ?)

On ne parlera toutefois pas comme la célèbre chroniqueuse de Radio Luxembourg, Geneviève Tabouis, dans les années 50 : « Attendez-vous à savoir ... », rare femme journaliste à l'époque. Car on ne sait pas encore vraiment ...

Par contre, si la tectonique des plaques continue à progresser, inexorablement ; que «  Poutine la menace » nous rejoue les années Staline ou Brejnev ; sans que l'Europe se jette dans les bras des Etatsuniens, il serait bon, salubre, souhaitable qu'à l'initiative de la France- sans renier le modèle européen actuel (« L'indépendance dans l'interdépendance ») une autre vision du monde soit développée, dans l'axe des Nations Unies, autour du « droit à la paix » qui n'est pas, encore une fois, l'affaire de moutons bêlant- que ce soient ceux de Panurge ou ceux prêts pour l'abattoir.

La campagne électorale présidentielle en France est peut-être l'occasion d'en parler pour l'avenir du pays, de l'Europe et du monde quand l'islamisme reste toujours aussi menaçant au Proche Orient dans un Sahel victime d'une épidémie dictatoriale. Préparons donc l'après Poutine, lorsque la Chine aura remis la Russie à sa vraie place : en Europe, « de l'Atlantique à l'Oural » selon la formule prémonitoire du grand Charles.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 14 février 2022

De la laïcité et du sectarisme

La laïcité est sans doute le facteur de paix et de démocratie le plus important qui soit. Une «  invention » française de la fin du 19e siècle, directement issue de la parole de Jésus que l'on interrogeait : « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». C'est la loi de 1905 qui, hélas, ne s'applique toujours pas, pour des raisons historiques à l'Alsace-Moselle alors qu'après consultation de la population, elle pourrait très bien y être acclimatée, comme partout en France.

Tout autre est la règle dans nombre de pays démocratiques anglo-saxons, Allemagne ... où la confusion existe encore, voire dans la Russie post - communiste où l'Église orthodoxe, après avoir été persécutée, a retrouvé ses marques auprès du pouvoir de l'impérialiste Poutine.

Dans l'Hexagone cependant, la règle posée en 1905, qui avait reconcilié les Français durant la première guerre mondiale, et pour toujours croyait-on, fait encore l'objet de controverses, en grande partie à cause de l'immigration musulmane - qui ne connait pas cette séparation aujourd'hui admise par tous, ce qui en fait un sujet de prédilection pour Éric Zemmour. Non parce que nombre de Français seraient devenus réactionnaires mais avant tout parce qu'ils tiennent à leur culture bimillénaire principalement chrétienne, à leurs racines. En effet l'arrivée sur le territoire national de Juifs d'Europe de l'Est n'a jamais fait problème puisque leur religion, si tant est qu'ils en aient une, ne pratique pas le prosélytisme. L'esprit de tolérance, conforté par la loi de 1905, s'y reconnait parfaitement (à quelques exceptions près car il faudrait militer pour la suppression des « carrés » juifs, musulmans ou autres dans les cimetières où rien ne justifie, a fortiori post mortem ce communautarisme désuet). Le temps est à l'apaisement, non au wokisme qui élève des barrières. On se doit d'aller vers plus de fraternité, contre toute discrimination.

Malheureusement, malgré le progrès de connaissances, la mondialisation de l'information, l'avancée vers le tout numérique, il en est encore pour regimber, provoquer, distiller leur haine, comme ont pu le constater, il y a peu, les habitants de la Flotte en Ré, sur les instances de vieillards cacochymes, prétendument « libres penseurs », qui ont saisi la justice administrative contre la réinstallation d'une statue de la Vierge Marie, en place pourtant depuis 1945, sur financement privé d'une famille rétaise. Les mêmes adeptes d'une libre pensée auto-proclamée, qui sous-entend que les autres n'ont pas leur luminosité d'esprit. Les mêmes qui ont, en son temps, persécuté le grand socialiste Jaurès parce qu'il avait assisté à l'église à la première communion de sa fille. Un obscurantiste ce Jaurès, c'est bien connu.

Auparavant, aux Sables d'Olonne, les mêmes sectaires, toujours engagés pour ranimer de vieilles querelles que l'on croyait oubliées avaient déjà obtenu le déplacement d'une statue de Saint Michel installée depuis « perpète ». A quand, on doit s'y attendre de leur part, des actions juridiques pour supprimer les milliers de statues de Jeanne d'Arc, héroïne de la nation qui peuplent l'espace public après avoir bouté les Anglais hors de France parce qu'elle avait entendu des voix (dont celle de saint Michel. Encore lui !) ; idem pour les statues de Bouddha que les Français ont accueilli sans rechigner bien que provenant d'une culture étrangère.

Mais non, vous vous trompez. Nos petits vieux, modèle d'ouverture d'esprit, ne s'en prennent ni aux juifs, ni aux musulmans, aux bouddhistes : « Les chrétiens, voilà l'ennemi » ; ceux qui sont « priés » de tendre l'autre joue lorsqu'on les frappe. Comme si laïcité et sectarisme allait de paire ...

Cette agressivité envers une communauté qui ne demande aucune faveur particulière, n'est d'ailleurs pas anodine. Il n'est que de reprendre les chiffres du ministère de l'Intérieur. En 2021, les actes anti-religieux se sont traduits par plus de 800 attaques contre des lieux chrétiens, 300 contre des lieux juifs et 200 contre des lieux musulmans CQFD - ce qu'il fallait démontrer. Même le petit père Combes, ancien séminariste charentais, devenu «  bouffeur de curé » par vocation politicienne, n'en aurait pas rêvé, surtout à l'île de Ré, dans son propre département. Alleluia ! A quand une saisine de la Justice européenne par nos papys grincheux parce qu'ils ont omis, dans les années 50, lorsque l'Europe se constituait, à l'initiative des démocrates chrétiens, d'attaquer pour avoir choisi comme drapeau le bleu et les étoîles de Marie.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 7 février 2022

EHPAD : l'exploitation de l'homme par l'homme

La rumeur courait depuis des années ... Nous avions vu nombre de personnes âgées victimes de maltraitance, sans songer un instant que le phénomène fut « métastasé », en raison des normes éthiques qui sont celles de tous les pays du monde. En Asie notamment où les anciens font l'objet d'une véritable vénération.

Avec le livre (« culte », demain) de Victor Castanet, journaliste, non contesté pour des prises de position excentriques : « Les Fossoyeurs » (Fayard) la donne est changée. Chaque «  media » télévisuel, radio, ou de presse écrite s'en est aussitôt emparé pour dénoncer des abus attentatoires à la dignité humaine - comme il y a eu, peu avant, des ouvrages, des articles sur la maltraitance animale. Auparavant, la presse était aveugle.

Continuera-t-elle son action de salubrité publique ? Cela est à souhaiter car comment peut-on dénoncer les excès criminels de l'Iran, de la Syrie, de l'islamisme politique et tolérer en France la maltraitance sur des personnes âgées à des fins purement lucratives ?

On connait les bienfaits de l'action de l'Abbé Pierre dans le domaine de la précarité dans le domaine du logement ; celle de Coluche sur la sous-alimentation avec ses restau-du-Cœur ; d'autres, comme L214 pour la protection animale ... A quand une action d'initiative populaire pour assurer le bien-être des personnes qui, si elles ne peuvent terminer leur vie à leur domicile - ce qui est le plus souhaitable à tous points de vue - exercerait un contrôle comme lanceur d'alerte dans tous les EHPAD ? Des plus onéreuses aux plus modestes. Sorte de droit d'ingérence au nom de la dignité humaine. Rien ne doit être impossible, comme l'action que NDH avait lancée en 1994 pour éradiquer la mort par le froid en faisant imposer, par la loi du 24 juillet, à toutes les villes de France d'avoir des abris-refuges que le célèbre appel de l'Abbé, en 1954, n'avait pu malheureusement encore endiguer.

La principale entreprise d'exploitation systémique de maltraitance de nos ainés vise, comme par hasard, celle qui est devenue la plus grande de toutes : Orpea.

Rationnement de la nourriture ; non-assistance dans l'entretien intime quotidien ; absence de surveillance ; soins approximatifs etc. L'ouvrage du jeune Victor Castanet, sans être exhaustif, entre dans le détail des problèmes humains dont aucun parti politique, de droite comme de gauche, ne s'est soucié jusqu'à présent. Pourtant « les vieux » votent, ce qu'aucun politicien n'ignore puisque nombre d'entre eux leur offrent tous les moyens possibles pour les amener, à échéance régulière, jusqu'aux bureaux de vote.

Mais ORPEA n'est pas seul en cause. Korian n'est pas loin et combien d'autres, de moindre taille ?

Au-delà encore, se pose aussi le problème du prix à payer par les résidents et leur famille. Si certains peuvent payer jusqu'à 8000 voire 10 000 €uros par mois, beaucoup, avec leur maigre retraite ne peuvent pas assurer même les 2000 €uros des EHPAD les moins gourmandes. Où est alors l'égalité entre nos concitoyens devant la fin de vie ?

Un débat vient d'être lancé dans la campagne présidentielle actuelle sur l'héritage.

Chacun a son point de vue sur la question : forte ou faible taxation des successions ? Soit. Cependant, avant de se préoccuper de la dévolution des biens « post mortem », le plus important n'est-il pas d'abord de s'inquiéter des personnes de leur vivant plutôt que de leur patrimoine ? Une fois encore, les politiques risquent de s'être trompé. Les humains doivent passer avant leur argent ou, comme on l'a souvent dit : les droits de l'Homme doivent passer avant les droits de l'argent.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 30 janvier 2022

Bruits de bottes ...

Les plus anciens ont les bruits de bottes ancrés dans leurs oreilles. Le bourdonnement en est incessant. Les plus jeunes en revanche ne le connaissent et, surtout, n'imaginent pas un instant que cela soit, au XXIe siècle, en ce début de troisième millénaire, une menace réelle. Ils en plaisantent même ...

Les guerres, les dictatures (fussent-elles couronnées) ce serait pour le passé. Et le passé n'aurait pas d'avenir.

Terminée la seconde guerre mondiale, installées les Nations Unies, votée à la quasi- unanimité des États la Déclaration universelle des droits de l'Homme, un équilibre s'est établi que le grand Mikhaïl Gorbatchev a scellé, croyions-nous pour longtemps, sinon pour toujours dans les esprits. La planète serait désormais régie par le Droit. Las ...

Les cycles guerre et paix n'ont pas disparus, même si leur intensité, leur ampleur s'est réduite. Une épée de Damoclès demeure au-dessus de nos têtes. Le vieil adage latin « Si vis pacem para bellum » (si tu veux la paix prépare la guerre) reste d'actualité.

C'est ainsi qu'aujourd'hui à nouveau, le « tsarevitch » Poutine, formé à l'école stalinienne via le KGB roule les mécaniques dans le monde entier. Après avoir tenté d'occuper la Géorgie, avoir envahi la Crimée, il masse des troupes aux portes de l'Ukraine, prêt à envahir le Donbass, au lendemain de son soutien inconditionnel au criminel Bachar El Assad en Syrie et avant d'envoyer ses mercenaires au Sahel. Sans, évidemment, compter son appui total à la dictature biélorusse.

Mais, hélas, il n'y a pas que lui pour remettre en cause la phase pacifique, heureuse, où la démocratie, les libertés se sentaient pousser des ailes (de colombe).

L'islamisme a pris le relais du néo-stalinisme pour dicter sa propre loi, ou plutôt son ordre rétrograde au monde. L'Iran des mollahs, qu'a encensé Régis Debray dans un article au journal Le Monde en 2014, s'est ingéré en Irak, en Syrie, au Liban ... Emprisonnements arbitraires, tortures, pendaisons, abaissement des femmes. La panoplie complète que notre nouveau « Persan » n'a pas constaté. Puis l'Afghanistan a embrayé dans le fanatisme laissant libre cours aux Talibans, après vingt ans d'occupation américaine, pour réduire les femmes au rang de sous-hommes. Un futur nid de salauds pour susciter à nouveau des attentats sanglants dans le monde.

Non loin derrière par son idéologie islamiste, nul n'ignore, non plus, la sale patte de Recep Erdogan, qui conteste le génocide arménien, reconvertit les églises en mosquées, emprisonne tous ses opposants (notamment les Kurdes) et s'ingère lourdement en Libye, sinon dans toute l'Afrique, invitée à se convertir à l'islam, ni plus, ni moins.

Ce triste tableau, malheureusement, ne s'arrête pas là. Le « vent mauvais » souffle bien ailleurs. En Corée du Nord par exemple où le petit Kim, après avoir asservi son peuple, multiplie les dangereuses provocations atomiques et balistiques, au grand dam de son voisin du Sud et du Japon, sans que qui que ce soit ne lui torde le bras, par n'importe quel moyen, sauf à punir en même temps sa population « robotisée » à l'extrême.

Au-dessous de ces fauteurs de trouble à la paix du monde, reste cependant encore une autre catégorie de tyrans, des « tyranneaux » de bas étages qui, depuis peu, multiplient les coups d'État au Sud du Sahara, au Mali, en République Centre-africaine, en Guinée Conakry, au Burkina Faso, telle une épidémie. Incapables de combattre l'agression islamiste qui décime des innocents pauvres et désarmés, leurs armes servent contre les civils pour installer leurs dictatures, prompts à demander l'aide internationale tout en fustigeant la France comme un occupant illégitime. Cela tombe sous le sens !

Mais la Chine, alors, direz-vous ? La Chine, elle, ronronne comme un gros chat, forte de ses succès économiques (ce qui n'est pas le cas de la Russie dont l'agressivité est exacerbée pour tenter de retrouver son rôle de grande puissance). La Chine peut attendre son heure, gouvernée un pouvoir fort, à la hauteur de ses 1,4 milliard d'habitants qui se rapprochent de la prospérité d'antan.

Certes le cas des Ouighours, au Xinjiang, pose problème et ne doit surtout pas être ignoré. Sans cependant mentir, exagérer à l'envi en votant des textes dénonçant un « génocide ». Car un génocide vise à éradiquer la totalité d'un peuple (cf. Arméniens par les Turcs en 1915 ; Juifs par l'Allemagne après 1940). Or, en l'occurrence, il ne s'agit que d'une répression dure, sans doute, qu'il faut demander aux dirigeants de réduire, selon des normes humaines décentes (quoique sans oublier cependant que c'est de cette province que sont partis les islamistes auteurs de sanglants attentats dans l'empire du Milieu). En Chine on ne traite pas les islamistes comme en France, avec des procès.

Donc, si la gangrène anti-démocratique infecte la planète, tend à s'étendre, soyons vigilants et prenons l'initiative d'un forum annuel d'observation par les pays respectueux des droits de la personne humaine (en dehors des cercles onusiens par trop tendancieux). Au fil des années, on regardera alors avec plus d'objectivité les tendances lourdes. C'est ainsi que le même baromètre aurait enregistré, il y a un demi-siècle que les États-Unis suscitaient moult coups d'État en Amérique latine, puis envahissaient, après de grossiers mensonges, l'Irak, déstabilisant tout le Proche Orient. A la façon de Poutine aujourd'hui ce qui ne justifie pas, naturellement, que ce dernier impose à son tour ses diktats, comme Bush ou Reagan en leur temps.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 24 janvier 2022

« Les petits chevaux » 

                  de l'élection présidentielle en France

Autrefois, et encore maintenant, on jouait aux « petits chevaux » avec plusieurs écuries et des dès. Les jeux électroniques, n'existaient pas. Pas encore. Mais alors pourquoi l'élection présidentielle française qui arrive ressemble-t-elle fichtrement à une course de « petits chevaux » ? Par la taille intellectuelle et morale des partants ? Par les couleurs de leur casaque ? Par l'importance du hasard des dès qui sont lancés ?

C'est vrai, il n'y a plus de De Gaulle ou de Mitterrand en compétition. A part le président sortant, aucun n'émerge à proprement parler, ce qui rend le choix des électeurs d'autant plus difficile et beaucoup, de devenir un tantinet sceptique, donc enclins à l'abstention. Que nenni ! Il faut voter car il s'agit d'un droit et d'un devoir.

A tout seigneur, tout honneur.

Le président Macron a conduit une politique fort honorable durant l'épidémie. Qu'il en soit remercié, ce qui n'occulte pas la liberté. Après tout, Churchill comme De Gaulle ont été écartés du pouvoir après la guerre malgré leur génie politique. On doit aussi souligner, plutôt trois fois qu'une, que contrairement à la vulgate politicienne, en renonçant avec l'Europe aux règles de l'économie libérale ; en pratiquant une politique économique keynesienne (quoiqu'il en coûte) il n'a pas fait le choix des conservateurs, sauvant ainsi des centaines de milliers d'emploi ... La gauche « officielle », elle, en aurait-elle eu l'audace ? Certes, cela n'en fait ni un De Gaulle, ni un Churchill. Mais, à tout le moins un Roosevelt, l'ami de Vichy, l'ennemi de la France libre ... qui a son avenue à Paris !

Quant à ses oppositions, de droite comme de gauche, ses concurrents en avril prochain, qui émerge parmi les « petits chevaux » ?

A gauche, un Mélenchon inscrit au concours pour la troisième fois, qui soutient tous les régimes autoritaires de la planète de Poutine à Chavez ; condamne le nucléaire civil, seule énergie décarbonée à 100% ; pactise en sous-main avec les islamo-gauchistes ? Non, merci. Très peu pour nous.

Mais alors Anne Hidalgo, sortie de l'anonymat par le grand Bertrand Delanoë, auquel on en veut de s'être retiré trop tôt après avoir fait ses preuves ? Elle n'est que l'ombre du regretté maire de Paris. Qui l'a entendue sur l'immigration, sur l'invasion de la France par la sous-culture anglo-saxophone, à l'international où Poutine, comme Staline et Hitler, menace la paix du monde ? Serait-ce à dire que Jaurès est mort pour la seconde fois quand François Mitterrand, lui au moins, savait poser des bornes. Quid de l'intégration, après contrôle, des médecins francophones formés à l'école française de médecine, pour combler les déserts médicaux ? Nul ne lui a encore écrit la réponse. L'Église catholique a des prêtres africains dans la moindre paroisse, mais la France, elle, rejette les médecins africains du corps médical.

Restent alors, à gauche, Jadot, celui qui a attaqué son pays devant le Parlement européen sans faire le moindre reproche à sa nouvelle présidente, maltaise, hostile à l'avortement et qui s'exprime encore en anglais ... après le Brexit ! Quelle envergure ... sans même reparler du nucléaire ; du gazoduc Nord Stream 2 qui laisse l'Allemagne dépendante, un jour, du chantage de Poutine, tout à fait capable de couper l'approvisionnement sans avertissement préalable. Voilà un candidat qui a une vision mondiale, plus encore que Christiane Taubira, laquelle a voté la confiance à Balladur, s'est refusée à prôner la vaccination après avoir soutenu l'indépendance de la Guyane.

Pardon, on allait oublier le champion du Parti communiste français, l'héritier d'un grand parti, qui porte le même nom que celui de Joseph Staline-tout un programme-et se réclame de la classe ouvrière, laquelle, depuis longtemps, vote pour la droite extrême.

Bien, dès lors, restent à nos électeurs les candidats de droite. Madame Pécresse, l'authentique droite « versaillaise » ; la pseudo héritière du gaullisme qui souffre - pitié pour elle - à se démarquer de la majorité sortante (qu'ont rejoint nombre de ses amis) et de l'extrême droite dans ses deux versions actuelles. Croyez-vous que son ex-patron, Chirac, lui qui appelait à voter Hollande, aurait eu des états d'âme en la circonstance ? Qu'il soit permis d'en douter.

Reste alors, n'en déplaise, que l'extrême droite, version Lepeniste ou zemmourienne, qui, elles, mènent le bal et recueillent l'écoute des Français. Et pourquoi pas puisque cela traduit l'inquiétude d'un peuple ?

Bonnes questions. Mauvaises solutions. Au moins, eux suscitent le débat. Ost-racisme latent, solutions économiques à la Mussolini ; incapacité à aborder le concret de leur pays demain. Bref, l'aventure. On joue à se faire peur ...

Nos deux protagonistes sont pour l'heure suspendus au soutien de Marion Maréchal. L'un parce que son grand-père a publié les chants du IIIe Reich en chantant aussi « Maréchal, nous voilà » ; l'autre en prétendant que le Maréchal avait sauvé les Juifs de France ...

Il n'empêche. Leur chauvinisme évite cependant d'aborder la question de la langue française, ridiculisée par une publicité dévolue à l'anglais ; une radio nationale qui ne diffuse que des chansons anglo-saxonnes, oubliant la qualité des productions italiennes, espagnoles, brésiliennes ...

Une écologie culturelle devrait pourtant rejeter le « wokisme », sauvegarder notre dignité intellectuelle, sans même, pour autant, regarder l'avenir dans le rétroviseur. Bref développer une vision compatible entre un passé glorieux et un avenir qui ne doit pas l'être moins.

Conclusion, ne soyons pas dupes et osons parler haut et fort à tous les petits chevaux sur la ligne de départ, puisque tous les partis traditionnels ont disparu ; qu'un parti socialiste, hier grand et fort de ses élus enracinés dans la France profonde n'a eu, lors des dernières élections, qu'à proposer des gnomes non issus de ses rangs : le schtroumpf Glucksmann, Audrey Pulvar ... qu'Anne Hidalgo ne relèvera pas malgré le vote des parisiens.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 17 janvier 2022

Le « droit à la paix », 

un droit fondamental jamais reconnu

Pas besoin de faire partie des pacifistes bêlant, d'être objecteur de conscience, «baba cool » ou autres variétés de hippies logés dans « une maison bleue accrochée à la colline » pour s'étonner, voire s'insurger contre la non reconnaissance du « droit à la paix », intérieure et internationale. Il suffit d'avoir une philosophie du Droit et le sens de l'Histoire.

Au sortir de la dernière guerre mondiale, c'était un devoir pour les auteurs de la Déclaration universelle des droits de l'Homme (dont René Cassin, conseiller à Londres du Général de Gaulle ; Eleanor Roosevelt, épouse du président américain ...) qui la firent adopter à Paris - car l'ONU n'avait pas encore de siège fixe - au Trocadéro, le 10 décembre 1948. Or il n'en a rien été, ce qui est pour le moins étrange après deux guerres mondiales et l'échec de la Société des Nations (SDN). Dont acte. Pourtant, ce droit est le droit des droits. Celui sans lequel aucun autre, reconnu, ne vaut ; n'est réalisable. En effet, sans application du droit à la paix, que deviennent le droit à la justice (en cas de guerre civile ou extérieure) ; le droit à une justice sociale ; le droit de vivre de son travail ; le droit aux soins minimum, à défaut du « droit à la santé » ... Sans droit à la paix, l'arbitraire ancestral reprend le dessus ; c'est le retour de la loi du plus fort appliquée, seul ou en bandes armées (officielles ou rebelles). Bref, la loi de la jungle.

On pourrait en citer de multiples exemples, anciens, récents ou actuels pour le tenter, fut-ce utopique mais juridiquement fondé, si la France, l'Europe et les Nations Unies enfin s'y engageaient fondamentalement. Après tout, ce ne serait pas le premier droit reconnu qui ne serait pas immédiatement et rigoureusement appliqué. Cependant, comme les autres, il constituerait un idéal, un objectif, une boussole à suivre inlassablement dans les décennies et les siècles à venir, marqués au sceau d'une mondialisation. Sans naïveté, par simple usage de la raison et des fondements du Droit.

Ainsi, si les condamnations issues de l'application de ce droit ne peuvent s'appliquer rétroactivement aux agressions hitleriennes ou staliniennes passées, aux multiples colonisations, à l'occupation de Chypre par la Turquie, du moins pourraient-elles peser face aux menaces dont font l'objet l'Ukraine, Taïwan, la Géorgie, l'Arménie etc. Idem pour les atteintes à la paix intérieure telles que la communauté internationale les déplore en Birmanie, au Sahel de la part des fanatiques islamistes, voire en Éthiopie ... par un Premier ministre Prix Nobel de la paix !

Cette ligne de progrès philosophique, qui deviendrait juridique par un vote de l'assemblée générale de l'ONU, ne date pas d'hier cependant, sans qu'elle ait comporté de sanctions au fil des millénaires. Elle n'est restée qu'un espoir pour les peuples meurtris. Jésus, Bouddha, Confucius s'y étaient attachés quand d'autres, eux, prononcent la charia islamique ... Plus près de nous Gandhi, Mandela, Luther King après Jaurès ont prêché à leur tour dans le désert, le payant souvent de leur vie.

Il est donc temps que l'humanité se reprenne et agisse juridiquement pour compléter par un article essentiel la Déclaration universelle que, quasiment seule, l'Arabie Saoudite a refusé d'adopter en 1948. Car, dès lors, non seulement les atteintes à la paix internationale feraient l'objet d'une dénonciation et de sanctions mais les violences criminelles intérieures aussi comme celles qui se poursuivent en Iran depuis 40 ans, les attentats islamistes partout dans le monde ...

Soyons non seulement idéalistes, dans la veine des précités, mais concrets juridiquement après l'avoir été politiquement.

La France, patrie des droits de l'Homme pourrait demander à l'Europe, durant sa présidence de le reconnaître et de l'organiser. Après tout, c'est d'Europe que sont parties les guerres mondiales qui ont ensanglanté la planète. Puis l'Union Européenne est devenue à l'initiative des démocrates-chrétiens français, italiens allemands un havre de paix depuis près de 80 ans, par application de leur philosophie. Elle a donc une obligation morale, appuyée depuis par les sociaux-démocrates, les écologistes pour s'emparer de cette question.

Monsieur Poutine menace l'Europe de l'Est ? Il exclut l'Europe de discussions sur son propre avenir, en privilégiant les Étasuniens pour faire croire qu'il est encore un des grands de ce monde ? Sans rire ou sourire, que l'Union Européenne lui réponde au plus vite par le « droit à la paix », à la non-violence, au droit des peuples d'être libres et égaux, en droit et en fait. D'ailleurs, en interne, à une Russie agressive du fait d'un seul homme, il n'est que d'interroger aussi l'Église orthodoxe de son propre pays pour savoir quel est son choix philosophique ... Le pape François peut encore prendre son bâton de pèlerin !

A la suite de la reconnaissance du droit à la paix intérieure et extérieure, tout en laissant les Justices nationales gérer les atteintes à ce nouveau droit, les pouvoirs de la Cour Internationale de Justice de la Haye et ceux de la Cour pénale internationale pourraient, devraient, être accrus en conséquence. Un projet de longue haleine mais qui devrait mobiliser éthiquement, politiquement au plus vite, comme nous avions, en vain, avec Roland Dumas tenté de faire saisir la CIJ de la menace d'invasion de Bush en Irak, soutenus par notre ami Hans Blix, rapporteur de l'ONU (qui n'avait découvert aucune arme de destruction massive et auquel nous avons ultérieurement attribué le Prix littéraire des droits de l'Homme). Certes des juriste coupeurs de cheveux en quatre prétendront encore que la proclamation de ce droit existe déjà dans quelques paragraphes de textes inconnus des peuples de la terre. A la France, à l'Europe donc de reprendre le flambeau pour l'avenir à la hauteur juridique qu'il mérite. Peut-être en convoquant à son tour une conférence internationale ad hoc. Mais sans en exclure les pays les plus impliqués, contrairement à ce qu'a fait récemment Joe Biden. Le centre du monde pour la paix, d'ailleurs, n'est pas aux États-Unis mais dans une Europe décomplexée.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 10 janvier 2022

En 2022, les foyers de guerre immédiate sont multiples à travers le monde : de l'Iran à l'Asie du Sud-Est ; du cœur de l'Afrique au Caucase en passant par la frontière algéro-marocaine ... On retient son souffle en croisant les doigts. Mais le pire est sans doute, en pleine pandémie mondiale, à redouter du côté de l'impérialiste autocrate du Kremlin, à la fois héritier des Tsars de toutes les Russies et du criminel Joseph Staline, dont il veut réhabiliter la mémoire, malgré le célèbre rapport Khrouchtchev au 22e congrès du Parti communiste de l'Union soviétique. Pourtant, l'actuel Parti communiste français, lui-même héritier de cette philosophie politique terroriste se tait, et nul journaliste n'interroge son candidat à la prochaine élection présidentielle française. Sujet tabou ? Probablement.

Mais l'Europe ? disent les observateurs. Où est l'Europe ? Que fait l'Europe ? Rien, naturellement car l'Europe est une œuvre de paix de « démocrates-chrétiens » Schuman, Adenauer, de Gasperi après deux guerres mondiales. Elle n'a pas vocation à se doter d'une Armée car, après la désintégration de l'URSS, l'Europe n'est pas devenue agressive pour autant. A fortiori puisque les États qui la composent sont très divers, de par leur histoire propre comme par leur capacité militaire. Et n'est-ce pas mieux comme cela ?

Malgré tout, à des fins traditionnellement impérialistes et à des fins personnelles, Vladimir Poutine agite le spectre d'une menace sous couvert de l'OTAN (ou de ce qui en reste selon Emmanuel Macron). L'OTAN, les Occidentaux, bien qu'ils aient d'autres chats à fouetter sont érigés en fauteurs de troubles par le maître du Kremlin - l'ami de Gérard Depardieu, de quelques politiciens français qui se réclament abusivement du Général de Gaulle, voire comme François Fillon, ancien Premier ministre, ou l'ancien Chancelier allemand Gerhard Schröder, qui ont signé, à titre personnel, un contrat rémunérateur en Russie. En dépit des menaces, les affaires continuent ... Foin des sanctions qu'a prises l'Europe après l'invasion de la Crimée par le cher Vladimir.

Alors que le Président de Russie aurait eu un rôle remarquable à jouer pour la paix, dans la foulée de Mikhaïl Gorbatchev, en coopérant avec l'Europe pour la prospérité de son peuple, il a choisi la provocation permanente, le retour à la guerre froide, les dépenses militaires bien que le produit intérieur de son pays soit inférieur à celui de l'Italie ...

Militairement, il a agressé la Géorgie, violé la Crimée, suscité des troubles graves en Ukraine, assuré Assad de son soutien armé en Syrie pour réprimer le soulèvement démocratique avant, il y a peu, d'envoyer ses mercenaires du groupe Wagner en Libye et au Mali, On pourrait allonger la liste ...

A l'intérieur de la Russie, dans le même esprit, il pourchasse ses opposants, en empoisonne, truque les élections, fait taire les journalistes et, « cerise le gâteau » : fait déclarer « illégale » la désormais réputée organisation « droits de l'Homme et mémoire » Memorial.

Heureusement diront les naïfs, les Etats-uniens veillent. Biden rassure les Ukrainiens. Les Allemands, complexés depuis la première moitié du XXe siècle, coopèrent à la « prospérité » de la Russie, achetant son gaz tout en évitant l'Ukraine (Nord Stream 2) au risque majeur de se voir couper le robinet dans les années qui viennent, en pleine crise de l'énergie, ce qui renforcera encore l'arrogance du maître chanteur.

Conclusion : la paix comme les libertés, la démocratie sont mal barrées à l'avenir, là où Poutine s'ingère. Il est un danger pour un monde uniquement épris de progrès et de lutte contre le réchauffement climatique. D'autant que ce n'est pas ce pauvre Joe Biden en négociant d'égal à égal avec lui le sort de l'Ukraine, tout en écartant les Européens des pourparlers, qui va calmer le jeu pervers du nouveau tsar. Au contraire, en caressant la bête dans le sens du poil, il l'incite encore à poursuivre son entreprise de restauration impériale.

Au lieu de « l'Europe de l'Atlantique à l'Oural » souhaitée par Charles de Gaulle, peut-être notre génération verra-t-elle les vastes contrées asiatiques russes - actuellement vides de population - comblées par le milliard trois cent millions de Chinois et, naturellement «  occupées » « pacifiquement » sans que le pyromane du monde actuel (ou ses héritiers) puisse s'y opposer. Nul n'est prophète en son pays. Il sera alors temps de reprendre l'idée visionnaire du grand Charles avec la Russie européenne Car le grand peuple russe avec ses écrivains, ses compositeurs, ses savants n'est pas l'ennemi de l'Europe mais bien une de ses composantes essentielles. Les « mamours » actuelles de Poutine au président Xi Jinping ne suffiront pas

Pierre Bercis

Président de NDH 


L'Edito du 27 décembre 2021

Déserts médicaux : bis repetita

Une campagne électorale majeure s'annonce : l'élection présidentielle, en avril 2022. Et, déjà, à quelque exception près, tous les cavaliers sont sur la ligne de départ, piaffant d'impatience, même pour n'engranger que 1 à 5 % des suffrages populaires à l'arrivée. Comme le disait de Gaulle en son temps : « Après moi, je ne crains pas le vide mais le trop plein », à l'instar d'un Marcel Barbu, lui-même candidat contre de Gaulle lors de la première présidentielle au suffrage universel en 1965. « Tristes tropiques » eut dit Claude Levi-Strauss !

Pour nous, l'important est d'abord le fond, le concret. D'où notre appel insistant pour la réalisation de nouveaux droits de l'Homme : une grande Sécurité Sociale qui englobe les mutuelles (lesquelles sont hors de portée des plus pauvres, et donc ne couvrent pas les soins les plus lourds, actuellement réservés aux plus nantis ; l'éradication des déserts médicaux, qui croissent plus vite que les déserts qu'engendre le réchauffement climatique aux confins du Sahara ...)

Nouveaux Droits de l'Homme, à cette fin n'a pas manqué d'alerter, depuis des années les gouvernants, les parlementaires de droite comme de gauche. En pure perte ...

Les médias, tant écrits qu'audiovisuels ont beau ressasser le sujet des déserts médicaux, force exemples à l'appui. Rien n'y fait. D'ailleurs, on notera qu'ils se gardent bien d'interroger sur ce sujet crucial les candidats déjà en lice, ou ceux qui pourraient l'être bientôt. Silence absolu.

Mais il y a peut-être une raison à cela : tous ont leur part de responsabilité de n'avoir pas prévu, donc résolu ce problème majeur, depuis qu'en 1971, a été instauré le numerus clausus, qui est à l'origine de l'absence de soins pour une bonne part de la population française. Celle qui croit encore naïvement qu'elle vit avec « la meilleur couverture santé du monde depuis 1945 ». Et de dauber en outre sur ces « pauvres » Américains à la merci du sort, malgré la tentative de Barack Obama de réformer le système.

Quand les medias français vont-ils enfin s'attaquer non plus au mal mais à sa solution en interrogeant chacun des candidats sur ses propositions ? Assez de balivernes. Oui, la question climatique, l'émigration, les sources d'énergies sont importantes. Mais quid de la santé qui en conduit plus d'un, inutilement, aux urgences ?

Il est de bon ton d'accuser l'Europe de tous les maux (au propre et au figuré). Cependant, en l'occurrence, l'Union, toujours prompte à exiger une réglementation uniforme n'y est pour rien (si ce n'est toutefois que, pour les déserts médicaux, elle se tait, elle aussi).

Comme l'a montré la crise sanitaire actuelle, nombre de professeurs de médecine viennent de l'étranger, avec une compétence qui n'est plus à démontrer. Sinon faites les taire après qu'ils aient gagné leurs galons en redoublant de travail par rapport à leurs confrères originaires de l'Hexagone. Un magnifique exemple de discrimination que subissent encore les moins âgés d'entre eux ...

En effet, à la différence de l'Espagne, de la Belgique, de la Roumanie ... où l'on ouvre les bras aux médecins étrangers non issus de l'Union, en France un médecin formé hors Union Européenne, même francophone, même formé à l'École française de médecine doit refaire tout son cursus, ce qui en décourage naturellement plus d'un. Sauf, hélas, si vous êtes un réfugié politique - car cela confère la compétence requise automatiquement ! Nous avons déjà connu cela lors de la dictature argentine (1978 - 1983).

Bien entendu, l'Ordre des Médecins, pur produit de Vichy, a aussi une grande part de responsabilité. Chuut ! il ne faut pas le dire. Dans ce monde clos, on ne parle pas. On reste dans l'entre soi. Complices ...

Alors jetons le pavé dans la mare pour que s'arrête cette honteuse discrimination qui nuit à nos concitoyens dépourvus du moindre « bobologue » à proximité. Un jeune médecin ivoirien à 30 ans serait-il plus à risque qu'un de nos vieux médecins qui exerce encore à 75 ans malgré le respect que nous leur devons ?

Vous ne devez pas ignorer cependant qu'un médecin étranger, formé hors Union Européenne, peut tout de même actuellement exercer ès qualité. A la condition que ce soit dans un hôpital, moyennant une rémunération de 1300 €uros par mois. C'est-à-dire moins qu'un employé de base de Carrefour, lesquels, récemment, se sont mis en grève pour crier au scandale.

Il s'agit donc de protester pour que cesse cette hypocrisie nationale dans laquelle, droite comme gauche sont entièrement responsables. Le « quoiqu'il en coûte » macronien, qui enfreint, fort justement, les règles du libéralisme pour pratiquer les recommandations de J.M. Keynes, (qui ont profité à Roosevelt avant-guerre pour juguler la crise de 29) doit être mis en œuvre au plus vite. Non sans la garantie, évidemment, d'un contrôle des connaissances préalables ; cela va sans dire (et mieux en le disant).

Des centaines de médecins compétents, formés hors l'Union, sont prêts, quasi immédiatement, à assurer la relève. Pourvu que les moulins à paroles cessent de tourner pour jouer enfin carte sur table. Un « cataplasme sur une jambe de bois » ? Peut-être. En attendant que la récente suppression de l'imbécile numerus clausus porte ses fruits. Mais pas avant dix ans ; le temps de la formation, nul ne l'ignore ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 15 décembre 2021

Le Prix littéraire des droits de l'Homme

une distinction devenue majeure

Le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti a remis le 14 décembre, le 38e Prix littéraire des droits de l'Homme au sein même de la chancellerie. Une véritable consécration pour une distinction créée en 1984 afin d'encourager la publication d'ouvrages favorisant un idéal vieux de plus de deux siècles.

Cette année, le Prix a été attribué par le jury à Rachel Khan pour son livre « Racée » aux Éditions de l'Observatoire, tandis qu'à titre étranger, c'est le livre de Monique Ilboudo (« Carrefour des Veuves ») publié par « Les Lettres mouchetées » qui était récompensé, attestant de l'engagement sur le terrain de l'ancienne ministre des droits de l'Homme du Burkina Faso.

Loin des honneurs qui ne sont qu'un simple écrin pour valoriser une philosophie nécessaire il s'agit d'une pierre posée, année après année, pour contribuer à la construction d'un édifice consacré à la paix et à la liberté, au sens où nous l'entendons à Nouveaux Droits de l'Homme, c'est à dire en progrès permanent au-delà de l'œuvre des grands ancêtres de 1789.

Car le Prix littéraire des droits de l'Homme a un double intérêt, qui l'a valorisé dès sa naissance : les auteurs reconnus, bien sûr. Mais aussi les personnalités éminentes qui l'ont remis au nom de NDH. Comme si les uns soutenaient les autres.

Il existe une liste exhaustive de ces piliers qui se rejoignent pour l'occasion afin de marquer l'avenir, en forme de voûte protectrice des témoins d'une époque.

Côté « personnalités » ayant engagé leur crédit moral au service d'idées convergentes, on notera Danielle Mitterrand, la première ; puis notre ami président d'honneur de NDH, Léopold Sédar Senghor, académicien, ancien président du Sénégal ; le président du Conseil constitutionnel lui-même, Jean-Louis Debré ; les présidents de l'Assemblée nationale Jacques Chaban-Delmas, Laurent Fabius ... ou du Sénat Christian Poncelet, Jean-Pierre Bel sans omettre le directeur général de l'UNESCO Federico Mayor ; le maire de Paris, Bertrand Delanoë comme les ministres Jack Lang, Bernard Kouchner, George Pau-Langevin ... Jean-Pol Baras, ambassadeur de la Wallonie.

Côté « récipiendaires », c'est probablement Hans Blix, Suédois, auteur du rapport des Nations Unies sur les soi-disant « armes cachées » de Saddam Hussein qui aura le plus impressionné avec Geneviève de Gaulle, Erik Orsenna, Claude Hagège, Françoise Héritier, Jorge Semprun, Ismaïl Kadaré ... tous porteurs d'un message spécifique.

Les présidents du jury ont aussi, pour leur part, façonné le Prix en lui donnant sa forme définitive. La grande Janine Alexandre-Debray fut la première. Sénatrice, écrivaine elle dirigea jusque dans la célèbre maison de Pierre Loti à Rochefort son studieux cénacle. Puis lui succéda Jacqueline Raoul-Duval, éditrice qui passa le relais à Philippe de Saint Robert, ancien Commissaire à la langue française.

Aujourd'hui, maintenant que la statue du Prix littéraire des droits de l'Homme a été sculptée, façonnée, à nous de poursuivre une entreprise purement morale car elle ne rapporte rien à ses bénéficiaires sinon une gratitude supplémentaire et un sceau de la Ville de Paris, qui comme toute œuvre humaine « fluctuat nec mergitur ».

Pierre Bercis, Président de NDH 

Dounya Dlimi, Présidente du Jury


L'Edito du 6 décembre 2021

Déconstruire ...

Il a fallu des dizaines de millénaires pour construire nos civilisations, ou simples sociétés, qui vont de l'art pariétal aux empires romain, aztèques, indiens, orientaux, chinois ... Il a fallu beaucoup d'intelligences, de sacrifices pour entrevoir la démocratie et l'unité humaine avant la conquête de l'espace. Il a fallu après 1918, après 1945 des visionnaires pour imposer une nouvelle philosophie du monde dont la paix est le fondement à travers les Nations Unies avec, pour charte fondamentale, la Déclaration universelle des droits de l'Homme.

Aujourd'hui, l'humanité semble fatiguée, voire épuisée, en recherche, tentée par le recul, le retour vers ses vieux démons : la violence, le racisme ... Comme si le monde avait tourné trop vite. L'environnement est en cause ; le réchauffement climatique imprime, sur fond de pandémie dite « Covid 19 » laquelle impose un sévère coup de frein dans les relations humaines dont les migrations massives sont l'apparence la plus visible. Les COP 21, 22 ... 26 se succèdent, en vain pour l'heure. Ne nous est offert que la rivalité entre Chine et États-Unis, la conquête islamique, les sous-impérialismes russe, turc ... qui troublent un ordre mondial qui aurait pu être serein, fondé sur les droits de l'Homme de 1948 dont le droit à la paix - non reconnu quoique basique - aurait normalement dû être, après deux guerres mondiales, la pierre angulaire ...

Or la marche en avant de l'humanité stagne (en espérant qu'elle ne reculera pas). On a le sentiment que la planète bleue, comme les carabiniers d'Offenbach chante en chœur «  marchons, marchons » en faisant du sur-place. Des gnômes, des rats surgissent de partout, tentant de faire leur marché à leur seul profit personnel, pour leur gloriole sur le compte d'un monde nouveau, anonyme, gouverné par l'informatique et autres technologies aveugles, surgies trop rapidement sans être assimilées.

Le plus dur n'est hélas pas encore derrière nous. Il est devant nous.

Au niveau le plus bas, c'est le Conseil de l'Europe (!) qui prône la « liberté » pour les femmes d'être voilées (comme en Iran ou en Afghanistan) ; au Mali, ce sont les militaires putschistes qui dialoguent avec les djihadistes - quand les mêmes tuent les soldats des forces de paix accourues à leur secours ; à Bruxelles, une représentante de l'Union Européenne qui produit un catalogue prônant de ne plus parler de fête de « Noël », de ne plus stipuler « homme ou femme », de bannir les prénoms traditionnels à consonance chrétienne, comme la mode s'en instaure au Canada. Il faut absolument « déconstruire », faire table rase du passé, des vieilles civilisations comme le font les maires écolo de Strasbourg, Grenoble, Lyon, Bordeaux. Mais pour quelles bases nouvelles, positives ?

La laïcité, gage d'égalité, de respect mutuel n'est pas mise en exergue alors qu'elle est une vieille valeur, fondement d'un monde unifié, apaisé demain. Le communautarisme à l'anglo-saxonne gagne du terrain parce que la gauche française l'a mise au rencart alors qu'elle devrait en revendiquer la paternité historique, laissant à Éric Zemmour un positionnement d'hostilité et non de neutralité pour combattre tout ce qui participe de la déconstruction de notre société. Pas plus qu'elle ne préconise une grande Sécurité Sociale pour les riches et les pauvres ; une éducation nationale purgée des relents contestataires de l'Histoire, où l'assassinat de Samuel Paty peut être l'objet d'un doute, sans sanction ...

Le dit Zemmour, dans son discours inaugural, le dimanche 5 décembre à Villepinte, là où, il y a quelques années, nous avons risqué nos vies, lors du grand rassemblement de nos amis de la Resistance iranienne à l'islamisme, lors d'un attentat avorté, n'a proposé qu'une «  reconquête ». Pas un mot sur un nouveau fondement du Droit qui doit, selon nous, être fondé sur la réciprocité et non une verticalité juridique issue d'instances éloignées des réalités. Place au droit conventionnel.

Ainsi, immigration, voile islamique, protection sociale, usage des langues ... pourquoi pas ? Mais à la condition expresse qu'il en aille de même de part et d'autre des frontières. Comme la France et l'Allemagne ont su, avec courage le faire ... après trois guerres, moins de vingt années leur dernier conflit. Ce que l'Algérie, par exemple, se refuse à poser comme base, près de soixante ans après son indépendance. Elle ne veut que l'unilatéralisme.

Alors vive le Droit « conventionnel », cette autre face de l'égalité dans la dignité de chaque peuple, qui prévient les déséquilibres sources de conflits.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 29 novembre 2021

Le droit à la santé, ce droit inachevé

Le droit à la santé fait partie de ces droits de l'Homme que n'incluait pas la Déclaration de 1789 mais qui a été conquis par bribes au XIXe siècle et, surtout, dans sa globalité, en France par l'ordonnance du 4 octobre 1945 qui instaure la Sécurité Sociale, à la suite des travaux du Conseil national de la Résistance.

La boucle était-elle bouclée ? On pouvait le croire. L'avenir a prouvé le contraire, comme vient de la montrer le récent rapport du Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie qu'avait commandé le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Et de fait, la Sécurité Sociale officielle, obligatoire est loin de couvrir toutes les dépenses liées à la santé. Elle ne couvre que 78,2% de la consommation médicale.

Pour le reste, c'est-à-dire les actes les moins nombreux mais les plus onéreux, il faut avoir une « complémentaire santé » prestation uniquement fournie par le secteur privé (mutuelles, sociétés d'assurance, institutions de prévoyance). Or il s'agit d'un véritable maquis où il n'est guère possible d'avoir une vue globale, rationnelle comparative tant les conditions sont obscures et disparates.

Les chiffres à ce sujet sont cependant très clairs et à rapprocher du sempiternel « trou de la Sécu » sur lequel il est de bon ton de se lamenter ; comme si l'institution de 1945 était mal gérée, ce qui est faux.

Alors qu'ils ne couvrent qu'une petite partie de la dépense totale de la santé, les organismes complémentaires ont un coût de gestion (7,6 milliards d'€uros) supérieur à celui de l'Assurance Maladie Obligatoire (7,2 milliards) qui protège pourtant tous nos concitoyens. Pire, le premier a augmenté de 46% pendant que le second baissait de 5%. Qui ose le dire ? En 2020, l'Assurance Maladie Obligatoire (AMO) a financé environ 75% des dépenses de santé. Les mutuelles, seulement 12,3% ...

De ce fait, la question du remboursement des frais occasionnés est complexe, lourd et les personnes à bas revenu, non couvertes faute de moyens par une complémentaire, en sont la plupart du temps exclues tandis que les nantis n'ont rien à débourser. Ce qui est d'autant plus scandaleux que la partie au-delà de l'AMO concerne des frais indispensables à la survie, où il n'y a aucune fraude possible. Il ne s'agit plus là des petits soins prodigués par des « bobologues » qui remplissent ensuite la caisse des pharmacies, lesquelles se multiplient comme des petits pains.

Une réforme s'impose donc en urgence pour le bien-être des plus pauvres du pays. Mais avez-vous à ce sujet entendu un projet de réforme des gauches, Verts compris ; une revendication syndicale étayée, argumentée ? Quel candidat à la prochaine élection présidentielle va s'exprimer sur ce sujet essentiel dont dépend la qualité de la vie d'un pays qui, par ailleurs clame que « son système de santé est le meilleur du monde »

Le Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie, lui, a fait des propositions. On peut les résumer sous le titre de projet de « grande Secu », tel que les quotidiens La Croix et Le Monde l'ont résumé avec force détails.

Il s'agit, en l'occurrence, de supprimer les « mutuelles » et d'intégrer leur champ de couverture dans la Sécurité Sociale actuelle, ce qui induirait des économies d'échelle, une simplification de la paperasserie qui serait profitable à un corps médical lassé de ces tâches administratives. Mais avant tout cela engendrerait une plus grande justice sociale devant les maladies graves, ce qui était l'idée de base de mon maître Pierre Laroque lorsqu'il a construit, à la Libération, la Sécurité Sociale, souvent prise pour une vache à lait depuis.

Une telle réforme, qui doit absolument voir le jour rapidement, ne profiterait en rien aux cibles favorites du tandem Zemmour - Le Pen, au titre de la CMU (Couverture Maladie Universelle) car ils sont déjà protégés par l'AMO depuis belle lurette. En revanche, pour les grosses interventions, où il est impossible de tricher, nos compatriotes les plus démunis n'auraient plus à renoncer aux thérapies lourdes faute de moyens financiers.

Dès lors, certes, les sociétés d'assurances, les mutuelles et autres associations de prévoyance, (autant de « pompe à fric » opaques) hurlent déjà à la mort et dénoncent un étatisme qui n'a jamais exister puisque les syndicats y sont partie prenante. Mais qui osera leur prendre une part du gâteau pour le redistribuer aux plus mal lotis ? Les futures élections sont là pour en décider : solidarité ou charité ?

Olivier Véran, ministre macronien issu du Parti socialiste l'a voulu, preuve que l'on peut faire du socialisme sans le savoir comme Monsieur Jourdain faisait de la prose.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 22 novembre 2021

« J'écris ton nom : liberté » Paul Éluard

La liberté, mais surtout son contenu, ses limites ne cessent d'être malmenées en ces temps de mutation de société voire de civilisation. De sorte que l'on a du mal à être tous alignés derrière ce concept à géométrie variable ...

Autrefois, avant et après 1789, au moins les choses étaient-elles claires. C'était encore le «  Fay ce que voudras » inscrit, selon Rabelais au fronton de l'abbaye de Thélème. Depuis, cependant, beaucoup d'eau est passée sous les ponts. D'abord chez les marxistes qui ont distingué - fort justement - entre « libertés formelles » et « libertés réelles ». Jusqu'à ne voir de liberté que dans les libertés « réelles » au détriment des libertés dites « bourgeoises ». D'où le goulag stalinien, avec ses héritiers actuels à l'Est ; des frontières de l'Europe jusqu'à Vladivostok, voire au-dessous.

Mais il y a aussi le monde islamique, que l'on n'inclura pas cependant dans la problématique des libertés car ce concept y est totalement ignoré puisque chacun y est soumis à la loi de Dieu qui exclut cette notion « judéo-chrétienne ». Comme le reconnaissait, honnêtement Malek Chebel « Il n'y a aucun pays musulman qui soit démocratique ». Il aurait pu dire qui puisse être démocratique. Et pour cause. Inutile donc de tenter de faire entrer l'idée même de liberté dans des têtes programmées, comme ont tenté, en vain, de le faire les Étatsuniens en Irak ou en Afghanistan. Cela suppose un renoncement, une conversion préalable qui est interdite sous peine de mort.

Reste alors, à l'intérieur de l'Occident démocratique un débat pleinement actuel, qui oppose la vision « universaliste », « laïque » de la liberté à la conception anglo-saxonne, promue il va sans dire, par les États-Unis et leur colonie britannique sous le nom de « wokisme ». Elle est proche, souvenons-nous, de l'apartheid qui sévit longtemps en Afrique du Sud sous la formule : « séparés mais égaux ».

On est loin, là, de 1789, de l'intégration citoyenne des Français juifs, de l'abolition de l'esclavage ... La liberté, ce serait le communautarisme (selon la race, la religion, la couleur de peau). Merveilleuse liberté où les sangs mêlés, les non croyants n'ont pas leur place.

D'ailleurs, la religion, vos caractéristiques ethniques doivent être stipulées sur votre pièce d'identité ou passeport. Un apartheid non déclaré.

A l'intérieur de ce qu'il est convenu d'appeler l'Occident, la guerre idéologique est donc engagée, qui va jusqu'à la sexualité, la grammaire comme vient de le montrer le dictionnaire « Le Robert », en proposant qu'au-delà du pronom « il » ou « elle » on accepte le « iel », ni l'un, ni l'autre (ou les deux en même temps). Alain Rey, le linguiste grand-père du Robert doit se retourner dans sa tombe.

Ainsi, un simple groupuscule parisien en a décidé, même si ce n'est pas pratique courante. Aussitôt, nos médias de se précipiter vers des « jeunes » qui ne peuvent qu'applaudir à cette initiative « moderniste ». Et l'Académie française, gardienne de la langue depuis Richelieu ? Laissons-la dormir sous ses ors. Et les francophones du Canada ; ceux d'Afrique (un milliard à la fin du XXIe siècle) ? Pourquoi ne pas solliciter leur avis ? Ils ne comptent pas ? Esprit colonial où es-tu ?

On n'en finirait pas de recenser les variantes autour de la liberté projetée dans le monde par la Révolution, malgré l'alliance initiale entre Washington et La Fayette, le temps de la guerre d'indépendance.

Aujourd'hui, deux conceptions font en conséquence débat, au cœur même de l'actualité marquée par une pandémie qui s'éternise. La première est celle d'une liberté responsable qui impose scientifiquement l'administration d'un vaccin (à répétition) et l'autre, égoïste complotiste qui prétend que c'est la liberté de le refuser ; donc en faisant courir un risque au reste de la population. Il y a de quoi halluciner ! Les premiers limitent les dégâts. Les seconds les amplifient, derrière Trump, Bolsonaro et quelques milliers de manifestants en France qui, toute honte bue, crient à la dictature. Rien de moins. Aucun responsable politique en Guyane, à commencer par Christiane Taubira n'a voulu appeler à la vaccination. Idem aux Antilles, à La Réunion quand, dans le tiers-monde, les peuples pauvres tombent sous le Covid-19, faute de doses, réservées au pays riches ... Rationnel, logique, non ?

La liberté a parfois son revers. Raison de plus pour s'engager au service d'une vision que la France, la première, a promue, dès l'ère des Lumières, et de batailler au quotidien contre le communautarisme, qu'il soit éthique, religieux, sexiste ...

Rama Yade, ancienne ministre française « réfugiée » depuis trois ans aux États-Unis où elle dénonce une France « raciste » a peut-être raison contre Joséphine Baker, Américaine, elle, réfugiée en France pour fuir les discriminations avant de s'engager dans la Résistance ... et d'entrer au Panthéon.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 15 novembre 2021

L'ombre du vieux chêne ...

La France vient de vivre une semaine incroyable, que peu de peuples peuvent éprouver (à part peut-être la Grande Bretagne autour de la statue de Winston Churchill qui incarna la Résistance au nazisme avant d'être congédié par une majorité de ses concitoyens). «  L'ingratitude est la force des grands peuples » dit-on.

Pour ce qui concerne la France, mutatis mutandis il en va cependant un peu différemment, dès l'origine, d'ailleurs, entre De Gaulle et le Premier ministre britannique. Ce dernier avec son humour typique n'hésitant pas à dire que « La croix la plus lourde qu'il ait jamais portée était la croix de Lorraine ». Car De Gaulle, lui, après leur résistance commune et tumultueuse, instaura en outre en 1958, une république nouvelle, la Ve, qui résiste au temps et aux tempêtes. D'où cette dimension supplémentaire qui est aujourd'hui reconnue après avoir été tant décriée, à droite comme à gauche.

N'est-il pas curieux en effet de voir que tous les politiciens en lice pour la prochaine élection présidentielle se précipitent sur les lieux qui ont marqué la présence de Charles De Gaulle, qui à Lille, qui à Colombey qui à Courseulles pour lui rendre un hommage bien tardif et grappiller un peu « du bois de vraie croix » ? Celle du vieux chêne dont l'ombre portée prouve que ce n'est pas du bois mort et nous rappelle une des plus belles chansons de Brassens : « Auprès de mon arbre », je vivais heureux ...

« Tout le monde a été, est on sera gaulliste » prophétisait l'icône (et non l'idole).

Mais, dans l'ombre d'un grand chêne, quasiment rien ne pousse. Certes, il y a eu François Mitterrand, Jacques Chirac, Valery Giscard d'Estaing quand il n'était pas encore abattu, et avant qu'il n'atteigne sa hauteur historique. Puis vinrent Nicolas Sarkozy, François Hollande, peu après, qui ont aussi bénéficié des dernières lueurs qui passaient à travers ses feuilles jaunies. Ils réagirent toujours en « gaullistes ». Aujourd'hui, par contre, à la veille d'un scrutin présidentiel décisif, lequel incarne encore le sursaut ? Une envie de souveraineté et de justice sociale tout à la fois.

Tous les postulants ne font qu'un pèlerinage pour graver leurs initiales sur le vieux chêne, à son pied (surtout pas en hauteur car ils ne peuvent pas l'atteindre). C'est un De Gaulle «  totem ». Une petite révérence hypocrite devant les caméras et ils repartent munis, croient-ils, d'un précieux viatique pour faire, comme disait le grand Charles lui-même « leur petite soupe dans leur petite casserole. »

Après le retrait contraint de François Hollande en 2017, poussé vers la sortie par des «  piailleurs » pseudo-gauchistes - dont l'inénarrable islamo-gauchiste Benoît Hamon, puis le succès « prévu » de François Fillon (« la roche tarpéienne est proche du Capitole ») comme la nature a horreur du vide, Emmanuel Macron s'est alors vu offrir une voie royale, par défaut.

Ne lui reste donc qu'à combler ce vide, si il veut lui aussi endosser le costume du Général.

Il a commencé en renvoyant les Verts (et des pas mûrs) à leur vide sidéral en relançant le programme nucléaire civil en vue d'une énergie électrique non carbonée ; en dominant la longue et dure crise pandémique ; en commençant la réforme des retraites ; en pratiquant une politique « non libérale », c'est-à-dire keynésienne du « quoiqu'il en coûte ». Mais quid des ordonnances de 1967 sur la participation des salariés, quand des grandes fortunes se bâtissent ? Quid de la décentralisation ? Quid d'une politique internationale qui dépasse les clivages traditionnels, en laissant les idéologies pour ce qu'elles sont, afin de s'unir contre le fascislamisme, la nouvelle plaie de notre temps ? Promouvoir la laïcité contre le « wokisme » anglo-saxon ... Exiger qu'une fois les Anglais partis de l'Europe on n'y parle plus la langue de l'impérialisme « sûr de lui-même et dominateur » ; que les commerçants et les fils de pub s'expriment en France en français ; que la radio nationale, financée par nos impôts, diffuse autre chose que les chanteurs anglo-américains (Nous ne sommes plus sur «radio Londres », version 1940-1944, qui, elle, s'exprimait en français quand on scandait en même temps «  radio Paris ment, radio Paris est allemand » ...

Alors que nos voisins allemands sont dans une impasse énergétique totale (sans nucléaire, avec des mines de charbon en voie de fermeture, dépendant du gaz russe-Nord Stream 2) quelle aubaine pour le quinquennat à venir ... (avant un nouveau match Hollande-Sarkozy en 2027 ?) « L'expérience est une lanterne qui éclaire le futur » disait Confucius. Un sage «  chinois » contre lesquels on voudrait nous enrôler derrière la bannière étoîlée.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 8 novembre 2021

Le fascislamisme ne passera pas

Le débat est plus actuel que jamais. En France, bien sûr. Mais partout ailleurs dans le monde.

Notre ami Pascal Bruckner (Prix littéraire des droits de l'Homme 2017) s'est exprimé, sur ce sujet, sur Radio Classique, comme chaque jeudi matin à 8h45). Il est naturellement pessimiste et a rappelé les centres d'où part la propagande islamiste : Pakistan, Afghanistan, Turquie, Iran ... pour ne citer que les principaux pays qui jettent de l'huile sur le feu car il faudrait en citer d'autres comme l'Algérie qui souffle sur les braises au Sahel pour voiler ses échecs économiques dont le résultat est une émigration massive digne des États sous la botte communiste autrefois. En effet, instrument de mesure essentiel, a-t-on déjà vu des populations sous ces jougs fuir les démocraties pour leur demander l'asile ? Là est le critère décisif, emblématique ...

Pascal Bruckner y voit, fort justement, une force expansionniste qui fait courir un risque aux régimes démocratiques qui, au nom de la liberté, doivent alors accueillir ces migrants lesquels n'exportent pas que leurs personnes physiques mais aussi leur idéologie. En effet, l'Europe en particulier a accepté depuis des siècles des réfugiés polonais, russes, italiens, portugais, arméniens, non chrétiens souvent, comme les juifs qui fuyaient les dictatures de leur pays d'origine. Ce fut aussi le cas des migrants asiatiques qui, à leur tour, se sont parfaitement intégrés sans (globalement) susciter un communautarisme contraire aux lois de la nation qui les accueillait. Bienvenue au club des pays où la loi est la même pour tous, sans y importer des règles incompatibles avec la laïcité, ce concept français à valeur d'exportation. D'où le regain d'attrait pour l'extrémisme de droite qui ne propose rien d'autre que la radicalisation, l'arrêt de l'immigration quelle qu'elle soit puisque droite et gauche traditionnelles ont renoncé aux fondamentaux (soutenus en cela par la vague anglo-saxonne du « wokisme » qui, lui, engendre un communautarisme pervers pour mieux coloniser les vieux pays, bien qu'ils aient fait leurs preuves). Dès lors, le voile islamique, l'interdiction des mariages, la multiplication des boucheries et autres restaurants « halal », quand ce n'est pas l'interdiction de serrer la main à une femme, voire la négation, dans les écoles, de l'Histoire ...

Pascal Bruckner a raison. Il existe bel et bien des centres expansionnistes, une vague que, faute de soutien de l'impérialisme anglo-saxon, les pays traditionnellement tolérants ont peine à endiguer pour maintenir leur cohésion. Pire encore, on a vu récemment le Conseil de l'Europe lancer une campagne de propagande en faveur du voile islamique quand les Iraniennes, les Afghanes, elles, n'ont pas le choix. Le Droit n'est donc pas « conventionnel » c'est-à-dire réciproque, égal entre les pays.

Mais là où peut être, Pascal Bruckner pèche par pessimisme - on l'espère provisoirement - c'est qu'il ne prend pas en compte le fait que, du moins en théorie, les cinq puissances membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies sont toutes hostiles à l'islamisme, ce fascisme nouvelle génération, qui divise les peuples pour mieux avancer, comme le vers dans le fruit.

Ayant recruté jusque dans l'extrême gauche française par exemple - les islamo-gauchistes - l'islamisme phagocyte aussi désormais les Verts, comme à Strasbourg où la maire, Barseghian, petite fille de victimes du génocide arménien, s'engage jusqu'à la construction de mosquée avec les deniers publics. Le schtroumpf Glucksmann, promu député européen par le Parti Socialiste (car il ne représente que lui-même bien qu'étant toujours reçu sur la radio d'État France Inter quand son épouse Léa Salamé est en congé) attaque - comme les Américains - la Chine qui, fidèle à sa doctrine ancestrale entend sauvegarder son unité après, elle-même, avoir été victime d'attentats. Après tout, Pékin ne vient-il pas de passer un accord avec Rome sur le respect de règles communes ? Un exemple à suivre ...

Il y a peut-être, donc, mieux à faire. Notamment que les pays essentiels de l'ONU se liguent contre le fascislamisme qui est leur ennemi commun, à l'instar du fascisme dans les années 40. Une utopie ? peut-être. Mais qui ne tente rien n'a rien. Et même si Vladimir Poutine est un responsable insaisissable. Son pays ne peut oublier que, comme les États-Unis, il a été rejeté d'Afghanistan pour les mêmes raisons. Nous avons dès lors un intérêt vital commun à minima pour que règne un jour la paix et la liberté (de nos banlieues jusqu'au Sahel, en passant par les chrétiens persécutés au Pakistan) de sorte que la laïcité s'impose après les inégalités de traitement actuelle. Un « croissant » anti-islamique devrait voir le jour dans le futur afin d'entourer les pays qui constituent une réelle menace pour le reste du monde. Il n'est que de se souvenir qu'il y a à peine un demi-siècle, tout un chacun pouvait prendre l'avion pour aller à l'autre bout du monde comme on prend le métro. La pollution n'est pas uniquement que dans le réchauffement de la planète. Mais pour cela, encore faut-il une volonté exempte d'ostracisme à la Zemmour.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 1 novembre 2021

Drogues : déraison et raisons

Il est de bon ton, voire très chic, de manifester à défaut de sympathie, de la compréhension sinon une complicité explicite ou implicite vis-à-vis des drogues qui pourrissent le fonctionnement normal d'une société. La France n'y échappe pas. C'est une preuve d'intelligence à bon compte, surtout au profit de ceux qui en tirent de juteux bénéfices qui dispensent les vendeurs, revendeurs d'avoir à travailler comme doit le commun des mortels. La réponse est sempiternellement : « il faut comprendre ». Dès lors, soyons logiques, tout le monde devrait s'adonner à ce juteux marché peu fatigant. A commencer par celles et ceux qui n'ont que 1000 €uros par mois pour vivre (ou survivre).

On a constaté récemment la révolte des habitants du Nord-Est de Paris, lassés de voir leurs quartiers pollués par des individus qui, parfois, n'hésitaient pas à les agresser ou croisaient leurs enfants sur le chemin de l'école. On a vu également des vieilles dames assassinées dans leur appartement par des consommateurs accros. On voit toujours la police attaquée lorsqu'elle entend contrôler des « cités interdites », hors des lois de la République. Donc, nos concitoyens sont témoins en permanence de ce fléau auxquels les élus, les gouvernements successifs, depuis des décennies, ne songent qu'à mettre un « cataplasme sur une jambe de bois » au lieu de proclamer la « tolérance zéro » face aux agressions.

Mais, diront alors les bonnes âmes, pétries d'esprit démocratique, il en va de même pour l'alcool et le tabac, même ni comparaison n'est pas raison. Car les effets ne sont en rien similaires. De plus, des campagnes anti-alcool et anti-tabac sont régulièrement lancées pour en dénoncer les méfaits. Outre qu'on ne justifie pas le mal par le mal ...

Au-delà des atteintes à la tranquillité publique, à la création de zones de non-droit, on voit aussi, de plus en plus maintenant, les risques que font courir à autrui ceux qui conduisent un véhicule sous l'emprise de la drogue. Un phénomène nouveau qui ira crescendo si, à l'unanimité, des interdictions, assorties de lourdes peines, ne sont pas prononcées au plus vite.

Dans les débats, autre argument récurrent : « vous n'y connaissez rien. Il y a drogue et drogue. Ne confondez pas l'usage du cannabis (aux relents « baba-cool », soixante-huitards) la cocaïne et le crack, aux effets immédiats ». Certes, on devrait nous initier puisque il est grave de rester ignorant et de ne juger qu'à partir des résultats inciviques que cela engendre pour une société démocratique. Quoique ...

Peut-être les auteurs de notre proposition de loi constitutionnelle relative à la reconnaissance de nouveaux droits de l'Homme auraient-ils dû il est vrai s'en soucier, au détour du millénaire, et l'insérer dans notre projet de société, signé et déposé par plus de 500 parlementaires de tous bords. Tous des ringards, probablement, de n'avoir pas ajouté à leur texte le « droit à la drogue », cette liberté « fondamentale ».

D'ailleurs, de manière beaucoup moins juridique mais beaucoup plus pragmatique, certains ont pallié notre carence en caressant à défaut la bête dans le sens du poil. Car les drogués en effet ne sont pas des volontaires, librement conscients, mais des « malades » ; rien que de pauvres malades. Des victimes auxquelles les revendeurs (dire « dealer ») dans leur grandeur d'âme, leur générosité, apportent un « précieux secours ». Même des élus viennent à leur rescousse. C'est ainsi qu'à Paris, on leur ouvre des salles de « shoot » où ils peuvent satisfaire leurs besoins, au grand dam, là encore, des habitants qui entourent ces havres de bonheur artificiel.

Franchement, nos élus ne vont pas assez loin ! Comme d'habitude. Ils devraient, en outre, après en avoir légalisé la consommation (comme vient encore de le répéter Jean-Luc Mélenchon) puisqu'il s'agit bien de malades, prévoir un remboursement par la Sécurité Sociale, chargée de couvrir toutes les maladies ! Nier cette logique est être réactionnaire, revenir à l'époque de la prohibition alors qu'il est désormais interdit d'interdire. Comment, d'ailleurs, a-t-on fait, au début du siècle dernier, pour prohiber purement et simplement la consommation d'absinthe, dont les ravages étaient connus de tous ?

Autre solution tout de même, afin de restaurer la paix civile, puisque ces consommateurs invétérés sont incapables de travailler - ils sont assez généreux pour laisser les emplois disponibles aux chômeurs - à défaut d'être emprisonnés ou condamnés à des amendes, les éloigner sous bonne garde à la campagne (ou la montagne) loin des villes, le temps d'un sevrage contrôlé aussi long que de besoin. Mais, en tout état de cause, ne plus tergiverser sur leur responsabilité pénale, comme on l'a vu récemment dans plusieurs affaires criminelles sordides. Car, en ce cas, ce ne sont plus eux les malades mais la société tout entière qui l'est. Bref, instaurer un service « militaire » uniquement réservé à ceux qui ne sont pas intégrés dans la vie de la cité.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 25 octobre 2021

Le grand remplacement de la langue française
ou le silence éloquent d'Éric Zemmour

Le discours d'Éric Zemmour est maintenant rodé, ressassé... voire usé. Mais si il porte, c'est parce qu'il traduit le ressenti des Français dans quelques domaines spécifiques comme l'immigration, la sécurité, le communautarisme. Comme Marine Le Pen il s'auto-proclame «  patriote ». Résultat : les partis de droite comme de gauche doivent tenir compte de ce succès et, tout en le traitant de « facho », s'imprégner de son discours (y compris les islamo-gauchistes beaucoup moins « sûrs d'eux-mêmes et dominateurs » qu'il y a peu). Chacun réduit la voilure devant la marée Zemmour pour affronter les élections prochaines. Même la gauche, qui avait perdu sa laïcité en route, l'a retrouvée. Enfin, un miracle laïque ! De quoi raviver sa foi pour un nouveau siècle et la reprendre à la droite qui l'a récupérée contre des émigrants récalcitrants à l'intégration pour cause d'incompatibilité de leurs valeurs religieuses avec les lois républicaines.

Mais là où on attendait sérieusement Zemmour, « Zorro n'est pas arrivé » pour parodier une célèbre chanson du « non-blanc » Henri Salvador. Jamais il ne dit mot, jamais il ne dénonce, jamais il ne fustige l'entreprise colonisatrice de « grand remplacement » de la langue française sur notre sol, voire dans les institutions européennes, bien que les Britanniques les aient quittées. Ainsi Ursula von der Leyen présidente de la Commission ne prononce-t-elle ses allocutions, y compris devant le Parlement européen qu'en anglais. Pas même en allemand, sa langue d'origine. Dans les médias, contre lesquels la droite rassemblée autour du Figaro, de Valeurs Actuelles, a lancé une offensive parce qu'ils seraient accaparés par la gauche, pas un mot non plus. Notre droite, de A à Z, cible une pseudo gauche mais « silence radio » sur le fait que la radio nationale (France Inter) ne diffuse quasiment que des chanteurs anglo-saxons. Il n'y a plus d'auteurs brésiliens, italiens, argentins. Sans doute trop ringards quand on se veut jeune, dynamique relayé par des pseudo humoristes nuls à pleurer qui devraient aller à l'école de Coluche ou de Raymond Devos. Donc si la radio-télévision de service public est truffée de gens de gauche, c'est probablement ce que les amis de Jean-Pierre Chevènement appelaient autrefois « la gauche américaine », sous-entendu rocardienne. Car il est paradoxal que la majorité des médias soit, soi-disant, de gauche en même temps que 35% des sondés se déclarent pour la droite extrême (Le Pen- Zemmour). Ou bien alors la droite doit féliciter les journalistes dits « de gauche » qui la fait monter, en priant qu'ils continuent jusqu'à passer la barre des 50%. Autre hypothèse, confirmée par les sondages, les Français n'ont que peu confiance en la Presse, d'où ce constat qu'ils ne la suivent pas électoralement.

Quelle est la raison du silence honteux d'Éric Zemmour (et de tous ceux qui lui courent après) sur la lâche non dénonciation de l'abandon du français au seul profit de l'anglo-américain alors que tout devrait normalement, logiquement, les y porter avec un immense succès populaire, puisque chacun « râle » tout en se reconnaissant impuissant ? Inutile de chercher très loin... La raison est dans la nef de la guerre : l'argent ou, sans parler « le Poutou » couramment, dans le mode de fonctionnement du capitalisme mondialisé ; qui nivelle tout pour tout centraliser vers et au profit des États-Unis. Car la publicité est chargée d'une promotion déguisée, moderne (voire mensongère) qu'enfourche Renault, Mercedes, Air France... Les commerçants, toujours avides de profits, nous glissent des « since », des «  by » sur leurs annonces. Même par « mail », à défaut du courriel...

On attend donc que le polémiste, dont on comprend qu'il a besoin d'argent se taise sur le grand remplacement de la langue française pour ne pas tarir ses sources et préfère ne parler que du grand remplacement des populations. Mais alors qu'il se taise aussi sur les rééquilibrages stratégiques, diplomatiques Est-Ouest. Puisque l'un ne va pas sans l'autre. C'est un projet global, d'autogestion culturelle à l'échelle planétaire, où Chinois, Russes, Indiens .... ont leur mot à dire étant donné qu' eux, sans doute, ne voudront pas passer sous les fourches caudines américaines (comme l'Australie il y a peu). La défense des langues, racines de la biodiversité culturelle ne se fait pas par des sous-marins, heureusement, mais par des femmes et des hommes de caractère, insensibles à la corruption, base du libéralisme planétaire.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 18 octobre 2021

De Guy Monnerot à Samuel Paty ...

La France s'est un peu « réveillée » à l'occasion du premier anniversaire de l'assassinat de Samuel Paty, professeur d'histoire géographie à Conflans Sainte-Honorine (Yvelines). De partout sont venus les hommages à l'enseignant de 47 ans décapité par un Tchéchène, réfugié en France, Abdouallakh Anzorov. Un fait méprisable qui ne contribue pas peu à la montée dans les sondages d'Éric Zemmour et repose la question de l'islamisme, de la liberté et de la laïcité. En France et ailleurs : en Norvège récemment, en Grande Bretagne où un député vient d'être tué par un Somalien, moins de deux ans après une autre parlementaire.

Mais, parce qu'ils ne sont pas des « politiques » et que leur mission est d'éduquer, les enseignants, eux, devraient être à l'abri des attaques car ce sont ceux qui créent les fondamentaux d'une société démocratique (à l'instar des pompiers et des médecins, base d'un service public neutre). Sans ces femmes et ces hommes, le fonctionnement d'un pays s'enraye. Ne pas réagir, massivement et rapidement, est l'assurance de la montée du racisme, voire de la guerre civile. Inutile de se jeter dans les bras de la droite extrême. Déjà et d'abord, combattre les islamo-gauchistes qui depuis des années, oublieux de la loi de base de 1905, instillent le poison, comme on vient de le constater, non loin de Conflans-Sainte-Honorine, à Trappes, où le maire Ali Rabeh, soutenu par Benoît Hamon, ce brillant candidat à la présidence de la République dont il était avant le directeur de cabinet à l'Éducation nationale, vient d'être réélu contre notre ami Guy Malandain.

Un épiphénomène ? N'ayons pas la mémoire courte, par pitié. La pratique est ancienne, même si il faut rappeler, au moment où il est nécessaire (comme l'ont fait, le 17 octobre, tant Emmanuel Macron... que le préfet de police de Paris !) les crimes de Papon, en 1961, contre des manifestants qui dénonçaient pacifiquement un couvre-feu imposé aux Algériens de France. Un Papon, ancien vichyste, que Zemmour se garde cependant de dénoncer, voire cautionne en soutenant Pétain qui aurait, selon lui, sauvé des Juifs.

Si « saint Paty » est devenu un saint laïc, il n'est toutefois pas le premier, et la République doit prendre les mesures d'urgence pour qu'il soit le dernier car, souvenons-nous, puisque la guerre d'Algérie est de retour dans le débat public que la première victime fut déjà... un instituteur, Guy Monnerot, un enseignant de Limoges nommé en Algérie, dans le Bled, assassiné lorsqu'il a été prendre son poste. Il s'agit, dès lors, d'une longue saga qui ne saurait se poursuivre.

Guy Monnerot est tombé exactement le 1er Novembre 1954 sous les balles du FLN ce qui n'est pas « innocent » et a marqué pour toujours la suite de l'Histoire, en expliquant peut-être pourquoi (sans doute) le régime algérien actuel est hémiplégique, au point d'oublier sciemment les colonisations turques et arabes qui ont précédé la colonisation laïque française. Pour les dirigeants au pouvoir à Alger depuis 1962 (lesquels ont volontairement « gommé » les colonisations fondées sur l'islam), on ne doit rien céder ; en particulier sur la laïcité, l'objectivité. Car le pouvoir, outre Méditerranée, ne connaît pas de limite dans ses dénégations de l'Histoire : exit l'émir Abdelkader, exilé dans un château de la Loire, franc maçon protecteur des chrétiens massacrés au Liban ; exit Messali Hadj fondateur du mouvement d'indépendance algérienne avant 1940 (dont l'épouse, française, a créé le premier drapeau algérien). Mais non violent, lui, à la différence du FLN. Pour les tenants du « coran saignant » qui l'ont évincé, il n'était qu'un « édulcoran » ; d'où leur recours permanent, depuis, à la force, à la répression ... jusqu'au rejet des conclusions récentes de Benjamin Stora.

Bref, notre ami et membre fidèle Hocine Aït Ahmed, Kabyle, un des responsables de l'indépendance, condamné se réfugier en France, ne s'était pas trompé lorsqu'il s'était éloigné des tenants de la rente « mémorielle ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 11 octobre 2021

   Rapport Sauvé sur les abus sexuels : 

      Vers la fin du cléricalisme ?

Après près de trois années de travail, la commission d'enquête présidée par Jean-Marc Sauvé, ancien vice-président du Conseil d'État, à la demande des évêques de France, a rendu public son rapport sur les abus sexuels commis au sein de l'Église de 1950 à nos jours. Un rapport accablant dont ferait bien de s'inspirer d'autres institutions qui, loin de se réjouir, rasent plutôt les murs. « Qui n'a jamais pêché jette la première pierre »

Le mal était connu, depuis bien longtemps bien qu'il ne concerne que 2% des prêtres : des religieux, des éducateurs abusaient d'enfants innocents qui leur avaient été confiés par des parents sereins, n'imaginant pas un seul instant que des personnes adultes, dont c'était la mission de former de jeunes esprits, pouvaient, au contraire, les mener mentalement au bord du gouffre.

Certes des dénonciations ont bien été faites, ici ou là, mais sans guère de suite tant la hiérarchie avait souci d'étouffer les scandales. Il aura fallu qu'éclate la bulle, grâce au combat préalable des féministes dans leur sphère propre, pour que la vague atteigne l'Église. Car il est de notoriété publique que le viol, le harcèlement sexuel des femmes et des enfants existent depuis la nuit des temps. Récemment encore, dans la première version du journal Libération, dans l'émission de Bernard Pivot, c'était encore celles et ceux qui dénonçaient les abus commis qui étaient pointés du doigt, ridiculisés au nom de la liberté. Gabriel Matzneff était alors idolâtré. De même que la délinquance financière, fiscale fut longtemps tolérée jusqu'à, autres temps autres mœurs, certains qui se croyaient toujours à l'abri ne soient soudainement cloués au pilori.

Il n'en va pas ainsi cependant en ce qui concerne l'Église, dont le respect des enfants est même une des bases dans l'enseignement du Christ : « Laisser venir à moi les petits enfants ». Donc une donnée constante depuis deux millénaires, qui n'a rien à voir avec une mode, une époque (ce qui ne risque pas d'arriver aux idéologies éphémères qui disparaissent aussi vite qu'elles ne sont apparues). On doit par conséquent dénoncer le vers dans le fruit, un dysfonctionnement inadapté au monde moderne qui en a mené plus d'un, silencieusement, à partir sur la pointe des pieds, faute d'être écouté, voire entendu, sans perdre pour autant ses convictions de base.

« Le cléricalisme, voilà l'ennemi » s'écriait déjà Clémenceau. Et il n'avait sans doute pas tort quand on voit l'incapacité de l'Église à se réformer, à soigner sa sclérose due à l'âge. Même le pape François, ce jésuite réformateur venu d'Argentine, n'y parvient pas. Ses ennemis guettent silencieusement sa fin pour revenir au fonctionnement hiérarchique ancestral, calqué sur celui de l'empire romain. De la fraternité évangélique originelle nul ne parle et encore moins ne la pratique.

Le constat horrible du rapport Sauvé pourrait-il bientôt faire trembler la base ? Rien n'est moins sûr tant que la parole ne se libère pas plus et ne mette à terre une forme de corporatisme que l'on retrouve d'ailleurs partout (dans le sport, l'Éducation, le cinéma). « Vox populi, vox Dei » n'est qu'un adage creux sinon, il y a belle lurette que toutes ces chapelles (sinon sectes) : catholique, protestantes, orthodoxes auraient retrouvé l'unité autour de convictions et de leur philosophie de base unique. Elles auraient également, sans contrainte promu les femmes à leur juste place au lieu de les considérer encore comme des mineures (en commençant par en nommer « cardinales » afin de participer à l'élection du pape puisqu'il n'est pas pour cela nécessaire d'être prêtre).

NDH, de manière prémonitoire, avait un peu anticipé ces mutations de société actuelles puisque dans la rédaction de notre projet de loi constitutionnelle, portant titre II à la Déclaration de 1789 (signée et déposée par 522 parlementaires de tous bords en 2002, après un appel de centaines de personnalités, il est écrit-cf. www.ndh-france.org): Article 21 : « chaque individu a droit au respect de son intégrité physique, psychique et génétique... »

Reste, dès lors aussi, après le rapport Sauvé, ce véritable tremblement de terre, au-delà de la réforme de structure, la question du « pardon », tel qu'il est enseigné, depuis vingt siècles. Les victimes des prédateurs sexuels s'en contenteront-elles ou voudront-elles le monnayer, ce qui serait ajouter de l'indécence à l'inacceptable, parce que seuls alors les plus fortunés, comme partout et pour tout, pourraient se permettre de transgresser les codes ? Là n'est pas véritablement le problème car « indemniser » ne changera rien au fait et à ses dégâts psychiques. En revanche, est bel et bien posé le problème, préalable, de la confession sans aveu concomitant à la Justice des hommes dont le président des évêques de France Éric de Moulins-Beaufort a dit qu'elle était « au-dessus des lois de la République » (et donc autoriserait à couvrir n'importe quel crime, tel le secret professionnel d'un avocat ou d'un médecin). Quand l'Église aura fait sa révolution et sera retournée à ses sources, cela devrait lui valoir, à lui, avec une parole libérée, d'être destitué car il retourne encore le couteau dans la plaie des victimes. On aura du mal à lui pardonner !

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 4 octobre 2021

La vie en rose plutôt qu'en vert

La crise actuelle de l'énergie, la hausse des prix du gaz et de l'électricité interrogent sur l'intérêt qu'il y a pour nos concitoyens à soutenir les Verts (EELV en France) lors des élections à venir, même s'ils ont, à quelques voix près, écarté la candidature de la radicale «  écofeministe » Sandrine Rousseau au profit de Yannick Jadot. Car « vert clair » ou « vert foncé », leurs idées fixes stratégiques en matière d'énergie nous auraient conduit, ou nous conduiraient, à la catastrophe qu'ils prétendent éviter pour le réchauffement bien réel, lui, de la planète. En effet, leur obsession est l'énergie nucléaire civile, depuis leur origine. Comme si celle-ci avait un rapport (quoi que) avec le nucléaire militaire. Mais c'est un autre sujet ...

L'atome « civil », lui, est totalement neutre sur le plan climatique ; il n'envoie pas de CO2 dans l'atmosphère. Bref il ne pollue pas. A la différence des centrales à charbon qui, par contre, sont la plus vieille et la pire des sources pour produire l'électricité, de plus en plus nécessaire pour alimenter voitures électriques, TGV, chauffage etc ... Cela, nos Verts ne le contestent pas, ou ne le contestent plus de manière audible. Mieux, il se taisent honteusement alors qu'on devrait les interroger sur cette faute historique qui leur ôte toute crédibilité.

Certes, ils ont, entre temps, réussi à convaincre les dirigeants socialistes de s'aligner et de fermer quelques centrales (pour faire moderne, futuriste). Mais heureusement, François Mitterrand et ses successeurs ont trainé les pieds, sauvegardant encore notre indépendance en matière d'électricité. Car, nul ne l'ignore, nos centrales hydrauliques ont atteint, elles, le maximum de leur capacité et des centrales au fuel coûteraient plus cher que les centrales atomiques.

Restait cependant encore le risque d'accident dont les Verts ont agité le spectre afin d'affoler les populations (grâce à Three Miles Island, Tchernobyl, Fukushima...) ce à quoi les Français ont répondu « Même pas peur », grâce à la compétence d'EDF - qui, malheureusement, semble se réduire, comme on le constate pour les EPR toujours en souffrance.

L'Allemagne, très industrialisée, a connu et connaît le même problème. Mais l'a résolu autrement malgré son fort parti Vert (les Grunen). Angela Merkel - peut-être en raison de la culpabilité historique qui pèse sur son pays- a décidé de renoncer au nucléaire civil, non polluant, pour produire son électricité avec ses ressources inépuisables de charbon, une plaie pour le réchauffement climatique. Et qu'en disent dès lors les Verts, de part et d'autre du Rhin ? Rien. Comme les autruches, ils mettent leur tête dans le sable.

Ah mais, dira-t-on alors, l'Allemagne importe du gaz de Russie (Nord Stream 2) à travers un gazoduc dans la mer Baltique, pour contourner l'Ukraine, pourtant amie de l'Europe et sous la menace permanente de Moscou. Chante Poutine, chante ! Mais que fera l'Allemagne si un jour le nouveau tsar, coutumier des renversements de position, décide de fermer le robinet ? Elle importera de l'électricité (nucléaire) de France, pour autant d'ailleurs que nos Verts n'aient pas fait suffisamment pression en faisant fermer d'autres centrales.

Dans la situation présente en France, où le prix du gaz et de l'électricité monte en flèche au détriment des consommateurs les plus modestes, Bruno Le Maire, ministre des Finances a, à juste titre, dénoncé l'accord européen qui base le prix de l'électricité sur le prix du gaz, lequel atteint des sommets. D'où l'envolée du prix de notre électricité, principalement nucléaire, en autosuffisance et à bas coût, ce qui est un non sens économique, au nom de la solidarité européenne que l'Allemagne, amie de la Russie, des Etats-Unis (pour sa protection) et de la Chine (pour vendre ses machines outils) elle, ne pratique pas. Il sera donc bon de «  cuisiner » - au propre et au figuré - le candidat Jadot sur leur rejet fondamental du nucléaire civil, pour lequel son parti a contourné les socialistes depuis trente ans...

Mais, qu'à cela ne tienne cependant. Il reste les éoliennes, la panacée universelle, dans laquelle se sont engouffrés les financiers, à bon compte, bien que leur rendement soit faible en énergie et qui détruisent nos paysages, perturbent le voisinage, suscitant, en outre l'ire des pêcheurs qui devront « slalomer » lorsqu'ils se rendent sur le lieu de leur travail. Là encore, « soyons réalistes, demandons l'impossible », comme on disait en 68. Soyons solidaires des habitants et des travailleurs de la mer. Ce n'est pas aux tribunaux, très sollicités pour cela, mais aux gouvernants librement élus d'en décider. Posons clairement le problème à l'occasion des élections à venir : « Vous êtes TGV ? » (ce qui est un fort attrait pour les investisseurs étrangers en France) ou partisan, avec des Verts irresponsables, du retour à la machine à vapeur ? En gros, pour la décroissance.

Les socialistes semblaient avoir tranché, il y a peu. Qu'ils restent alors sur leurs positions, au risque, sinon, qu'Anne Hidalgo batte bientôt le record « historique »de Benoit Hamon. La vie en rose plutôt qu'en Vert ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 27 septembre 2021

Faut-il « brûler » Eric Zemmour ?

La campagne présidentielle française s'annonce inédite avec l'irruption d'Eric Zemmour dans la course au titre, même s'il ne s'est pas encore déclaré candidat. La raison ? Le débat d'idées qu'il a lancé pour lequel certains verraient bien l'interdire à la première occasion, même si, dans les profondeurs de la France, il recueille quelque écho. A fortiori parce qu'aucun autre débatteur ou parti politique n'ose incarner ses idées dérangeantes à plus d'un titre sur des sujets qui préoccupent les Français ; du pays profond aux banlieues des métropoles urbaines.

Alors faut-il « brûler » Zemmour, le non conformiste, comme on a brûlé Jeanne d'Arc ? Ce serait sans doute lui faire trop d'honneur, même si, comme la « Jeanne », il se croît investi d'une mission que n'aurait pas désavoué Jean-Marie Le Pen. Parti du Figaro et de Cnews comme la Pucelle est partie de Domrémy, il caracole en tête des taux d'écoute quand la concurrence, elle, a du mal à se faire entendre. Et pour cause...

Car quelles sont les questions qu'il ose aborder, sur lesquelles les partis traditionnels, comme des autruches, se mettent la tête dans le sable : l'immigration, la sécurité, la politique étrangère, la laïcité (sous-entendu l'islam) ...

Son débat, sur BFM, face à Jean-Luc Mélenchon a été, de tous les points de vue édifiant, à défaut d'être convainquant. C'est d'ailleurs pourquoi, provisoirement peut-être, il a gagné dix points dans les sondages. Ceux que perdaient Mélenchon, « l'islamo-gauchiste » qui croît incarner le souhait de nos concitoyens en vantant les charmes d'une « créolisation » de l'Hexagone. Version nouvelle du populisme. Mais, au fait, dans le même temps, avez-vous ouï la voix du Parti socialiste ou celle des héritiers de François Fillon ? Que nenni... Il leur suffit d'ostraciser Zemmour pour tout programme. Et pendant ce temps le pseudo héritier de Jeanne d'Arc prospère, s'incruste dans la tête des électeurs. Dès lors, son procès sera de plus en plus difficile à faire.

Prenons l'exemple de la laïcité, ce qui devrait être si j'ose dire, le « dogme » de tout républicain digne de ce nom. La gauche établie y a quasiment renoncé ... au nom de la tolérance ! Quand les femmes afghanes doivent s'emprisonner dans leur burqua, en France, de Saint-Germain-des-Près aux banlieues délaissées, d'autres femmes, voilées de la tête aux pieds, elles, affirment, de fait, leur hostilité à l'égalité femmes-hommes ... sans que les féministes patentées ne s'insurgent. C'est la « liberté » n'est-il pas ? La maire de Strasbourg (dixit Alain Finkielkraut) parle de « femmage » à Gisèle Halimi et non « d'hommage » à la grande Gisèle, bien que son grand-père, notre ami Armen Barseghyan ait été victime, avec ses parents du génocide des Arméniens, en 1915. « Vive les femmes ! » aurait dit Wolinski.

Z, comme Zorro-Zemmour, parle de confrontation des civilisations. Tiens donc. Comme Xavier Bertrand ? Comme Anne Hidalgo ? On peut toujours rêver ! Or qui pourrait, là, lui donner tort quand notre monde audio-visuel, publicitaire ne donne à entendre qu'un son de cloche, celui des Etats-Unis d'Amérique.

Tout doit être anglophone, y compris dans les institutions européennes que vient de quitter le Royaume désuni. La présidente de la Commission, Ursula Van der Layen, prononce son discours devant le Parlement européen, à Strasbourg, en anglais. Pourquoi pas en allemand, en français ou en espagnol ? Dans le même temps, le pape François, lui, hispanophone, ne s'exprime qu'en italien. Et il est écouté, sinon entendu.

Monsieur Z. a raison. La France, avec ou sans l'Europe, doit établir des équilibres nouveaux. Après tout, les civilisations russe, chinoise, indienne, espagnole, italienne ...valent bien, par leurs cultures millénaires, la culture états-unienne droguée, rappeuse, décadente après à peine un siècle de règne absolu sur le monde : un modèle instilé partout par des messages subliminaux. N'a-t-on pas entendu d'ailleurs des journalistes patentés (comme Gérard Leclerc sur LCI) juger « normale » la politique hypocrite de Biden à propos de l'affaire des sous-marins australiens parce que la France n'était qu'un « nain » (sic) pour nos alliés de plus de deux siècles ?

Mais alors, que sont les 180 autres pays du monde qui n'ont pas de siège au Conseil de Sécurité de l'ONU, pas la seconde surface maritime du monde, pas de territoires aux quatre coins de la planète ? Rabaisser, rabaisser, toujours rabaisser... ce qui veut dire que l'Égypte, la Turquie, le Congo, l'Argentine, le Brésil sont, eux, des sous-nains (ou, pour céder à l'anglais des « under dogs », des sous-chiens ? Vive alors l'égale dignité entre les peuples ! A genoux devant le maître colonisateur.

Par contre, on ne sera pas sans remarquer que Monsieur Z, lui aussi combat très peu pour le respect de la langue française alors que les « non germano-pratins » sont encore une écrasante majorité dans ce pays et qu'ils lui feraient un triomphe en raison de leur lassitude de se voir imposer par les « fils de pub » une sous-culture essentiellement fondée sur leur lien à l'argent (modèle anglo-saxon oblige). Idem pour la pseudo- « patriote » Le Pen et autres candidats à gouverner la France. Mais ceci s'explique très bien si on y réfléchit un tant soit peu.

Si ces dames et messieurs montaient quotidiennement au créneau pour défendre notre langue (comme la langue espagnole ou russe d'ailleurs), au nom d'un droit de l'Homme fondamental, la manne financière publicitaire cesserait de tomber, de ruisseler ; le robinet serait coupé immédiatement. Or chacun sait que l'argent est le nerf de la guerre. Donc on continuera, dans une démocratie, droite comme de gauche ; extrême droite comme extrême gauche, à s'agenouiller devant le « Veau d'or » qui devrait, si on est réaliste, remplacer la statue de la Liberté.

De ce point de vue également, notre Jeanne d'Arc médiatique est totalement défaillante. Mais qui osera le lui dire en face ?

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 20 septembre 2021

Fable : « L'âne, l'éléphant et les sous-marins »

Le bon Jean de la Fontaine nous pardonnera une mauvaise suite à ses célèbres fables. Mais ne s'était-il pas inspiré lui-même du sage Esope ? C'est ainsi que l'on doit écrire la fable de l'âne, de l'éléphant et des sous-marins, laquelle comme à l'époque du fabuliste plonge dans la réalité.

Pour cela, note en bas de page, il faut se souvenir que dans la démocratie américaine, de longue date, l'âne représente le parti démocrate et l'éléphant, le parti républicain ; l'un plutôt de gauche ; l'autre plutôt de droite.

Lors donc, les Etats-Unis sortent de l'ère républicaine, incarnée par l'inénarrable Donald Trump, véritable éléphant dans un magasin de porcelaine dont chacun a pu estimer la casse. Puis est arrivé Joe Biden, l'âne démocrate. Et le monde entier de respirer, de s'extasier... jusqu'à ce qu'il se révèle incapable de sortir dans l'ordre ses troupes d'Afghanistan, abandonnant à leur triste sort « islamique » toutes celles et ceux qui, pendant vingt ans, avaient fait le pari de la démocratie. Nul ne l'ignore désormais.

Mais le grand « sleeping Joe », de manière inattendue a poursuivi son rêve, hérité de Trump: encercler la Chine devenue après la Russie, l'ennemi numéro un. Et pour cela, a donné en bon démocrate, « le coup de pied de l'âne ».

La première victime en est le premier allié historique des futurs Etats-Unis : la France. Celle de Rochambeau et La Fayette. Le premier bénéficiaire : le Royaume Uni qui a combattu cette indépendance jusqu'à oser reprendre et brûler, après le traité de paix signé, en 1814, Washington la capitale des treize États émancipés. On voit ce que vaut la parole donnée, écrite et signée pour les WASP (White Anglo-Saxon Protestant). Même si, selon le mot de Jean-Yves le Drian, ministre des affaires étrangères, « la Grande Bretagne n'est que la cinquième roue du carrosse » voire, désormais le 53e État des États-Unis, donc la colonie de l'ex colonisé. Toute honte bus.

L'objet du reniement, le complot entre Washington Canberra et Londres n'est que la vente actée entre la France et l'Australie de douze sous-marins à propulsion classique. Car, changement de pied, la Chine serait soudainement devenue dans la sphère indo-pacifique une menace qui nécessiterait maintenant des sous-marins à propulsion nucléaire, malgré les traités de non-prolifération que l'on oppose, fort justement, à l'Iran des mollahs. Qu'à cela ne tienne : la France sait faire aussi et aurait pu fournir à l'Australie ce fleuron de technologie si besoin était. Nul besoin de palabres secrètes. Entre alliés de plus de deux siècles, on se dit tout. On peut même oublier les liens officiels des États-Unis avec le gouvernement de facto de Vichy ; la volonté de Roosevelt de nommer les préfets à la Libération et sa haine du chef de la France libre (entrevue d'Anfa pour imposer le général Giraud). Oublions la belle Amérique de Tocqueville. Mais soyons lucides, sans rejoindre la logorrhée de Zemmour, auquel Biden donne des points.

Une nouvelle ère s'ouvre, de par le coup de pied de l'âne démocrate états-uniens.

Certes, la France des droits de l'Homme, qui devrait être le chantre de la laïcité dans le monde actuel, contre l'expansion islamiste, humiliée par ses pseudo-alliés, doit relever le gant, mais elle doit, surtout, initier les fondements d'une nouvelle diplomatie, avec ou sans l'Europe. Car en Europe, à cause de la Russie, héritière de l'agressive URSS, il y a des maillons faibles, comme l'Allemagne dont la mémoire des crimes passés demeurent, la Pologne aux plaies historiques toujours vives depuis plusieurs siècles...

Dorénavant, les rapports, sans naïveté doivent être fondés sur la culture, le pluralisme culturel dans tous les sens du terme ; les droits de l'Homme étendus, dans l'acception écologique, environnementale des choses. La France, donc, doit tenter, seule ou avec ceux des Européens qui sont conscients, de combattre l'hégémonie anglo-saxonne sur le monde. Il s'agit de biodiversité intellectuelle. La Russie, la Chine, l'Inde doivent être désormais nos partenaires pour cela, ce qui ne nous empêche, au contraire, nullement de dénoncer chez eux leur non-respect des droits de l'Homme classiques.

De Gaulle a su dialoguer avec Staline, avec Mao Tsé Toung. Pourquoi pas notre futur chef de l'État. A peine, sinon, comme on le constate dans la France actuelle, colonisée dans les médias, la publicité, etc ... d'être bientôt totalement sous la coupe d'un arrogant pays qui est parti, la queue de l'âne entre les pattes du Vietnam et de l'Afghanistan.

Pas de complexe, de grâce. La Chine confucéenne d'abord a près de trois mille ans d'existence et d'expérience ; une culture qui lui permet de rivaliser dans tous les domaines; l'Inde elle-même ne s'en laisse pas conter; la Russie, quoique plus jeune, a toujours su résister, quel que soit son régime. Alors pourquoi pas la France millénaire qui, au pire de son Histoire a su dire « non », avec de Gaulle et Jean Moulin.

Ce n'est pas à un pays « dit de liberté », qui a écrasé la démocratie en Amérique latine, éliminé la langue française de Louisiane, l'espagnol de la moitié de son territoire et des Philippines où toute la population est armée jusqu'aux dents, où l'on massacre dans les écoles et les universités ; où la sécurité sociale est quasi inexistante ; où l'on est expulsé de son logement au moindre impayé de dicter sa loi au monde, après deux siècles et demi d'existence (dont une guerre civile pour cause de racisme). Certes la Chine, l'Inde, la Russie ne sont pas notre tasse de thé, loin s'en faut, mais il est urgent toutefois de remettre les pendules à l'heure avec fierté, fermeté, dans la durée. Frédéric Pierucci, ce cadre français pris en otage outre Atlantique pour que la France cède un des fleurons de son industrie aura du mal à dire le contraire.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 13 septembre 2021

Agnès Buzyn : responsable mais pas coupable

La mise en examen d'Agnès Buzyn, ancien ministre des solidarités et de la santé par la Cour de Justice de la République (CJR) pour « mise en danger de la vie d'autrui », le 10 septembre, est une pure aberration au plan démocratique, quelles que soient ses erreurs voire ses fautes. Non que sa responsabilité ne puisse être mise en cause dans un Etat de droit. Mais certainement pas devant une instance judiciaire, sauf acte de droit commun volontaire pénalement répréhensible.

Montesquieu, penseur incontesté de la séparation des pouvoirs doit se retourner dans sa tombe car, ainsi, l'Exécutif est soumis au Judiciaire, non élu par le peuple. La responsabilité politique, démocratique incarnée par le Parlement est battue en brèche. Dès lors quel responsable, national ou local, osera prendre le risque de choix qui puissent être mis en cause (en dehors de l'assemblée parlementaire ou locale chargée de le contrôler, sinon de la sanctionner)?

On se souvient de la formule lapidaire de l'ancienne ministre du gouvernement de Pierre Mauroy, Georgina Dufoix : « Je suis responsable mais pas coupable ».

Si un responsable politique, quel que soit son niveau, doit pouvoir être mis en examen pour faute pénale - toujours envisageable - c'est à l'instance élue dont il émane de saisir la Justice compétente et non à la Justice de s'autosaisir de son cas, fut-ce, ce qui est celui d'Agnès Buzyn, après avoir été « victime » de 15000 plaintes « téléguidées » de citoyens devant la Cour de Justice de la République - cette anomalie qui peut défaire n'importe quelle réputation en quelques heures, quitte, des années après, à blanchir le ou la mise en cause.

Laurent Fabius en son temps a dû se battre durement, pied à pied, longuement après avoir été attaqué dans l'affaire du sang contaminé pour enfin être totalement innocenté. Et combien d'autres ...

Une révision des responsabilités s'impose donc en urgence. A défaut, les vocations politiques, de plus en plus rares, comme la participation aux élections, vont encore se raréfier à l'avenir. Car qui osera courir le risque de perdre sa réputation pour des honneurs souvent fictifs ? Et qui y perdra au final, sinon la bonne gestion du pays à tous les niveaux, voire au niveau international ? Un chef d'entreprise doit prendre des risques ; un élu non ?

D'aucuns, par facilité, réclament à cor et à cri un changement de République (Montebourg, Mélenchon ...) alors que la Ve est sans doute la meilleure que la France ait connu. En revanche, on ne les entend guère protester contre le « gouvernement des juges », qui risque de paralyser le pays à tous les niveaux. On dénonce une « monarchie » républicaine mais on se garde, par peur, de fustiger le pouvoir judiciaire absolu.

Le domicile d'Olivier Véran, actuel ministre de la santé a été perquisitionné de fond en comble. Même les ordinateurs de ses enfants ont été « fouillés » aux fins d'instruction avant, nous annonce t'on par avance, sa mise en examen programmée ... Toujours pour une gestion de la crise sanitaire dont nul, en ses débuts, ne pouvait connaître les solutions à envisager pour l'endiguer.

Certes la France, à l'origine, en 2020 a manqué de masques. Mais qui avait ordonné la destruction des stocks lorsqu'est arrivée la Covid 19 ? Va-t-on alors poursuivre ceux qui ont ordonné cette légèreté « blâmable » ? Donald Trump, lui qui a conseillé de se soigner en buvant de l'eau de Javel a-t-il été inquiété pour avoir proféré de telles débilités ?

Nos institutions, qu'on le veuille ou non, ont correctement fonctionné, sans être parfaites pour autant. Les ministres concernés ont déjà été longuement entendus par les commissions de l'Assemblée nationale et du Sénat. Il ne tenait dès lors qu'à elles, si besoin était, de saisir la Cour de Justice de la République aux fins de poursuites éventuelles. A nul autre ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 6 septembre 2021

Guinée-Conakry : plus dure sera la chute

Le Président Alpha Condé était l'ami de bien des militants français des droits de l'Homme : Bernard Kouchner, le professeur Edmond Jouve, Jean-Pierre Chevènement, Pierre André Wiltzer ... il était même un fidèle cotisant de NDH, pour lequel nous avons lutté durant des années afin qu'il puisse être démocratiquement élu à la tête de son pays, la Guinée-Conakry. Une amitié fidèle, non négociable tant « Alpha » était responsable, cultivé, démocrate ...

Ce militant, issu de l'université française était notre alter ego africain depuis plusieurs décennies lorsque, après la dictature sanguinaire de Sékou Touré, père de l'indépendance, sous la férule de Lansana Conté, il décida avec courage de rentrer au pays où, bien entendu, le despote l'incarcera, ce qui provoqua notre protestation unanime. On ne touche pas à une icône. A fortiori à une icône démocratique.

Jacques Chirac, alors Président de la République devant se rendre en visite officielle à Conakry où notre ami et camarade était emprisonné, NDH lui demanda d'intervenir officiellement pour la libération d'Alpha Condé, ce qu'il fit sans barguigner. Du grand Chirac qui ne mégotait pas- sauf avec son paquet de Gitanes.

Le tyran de Conakry l'insulta, pour toute réponse, lui faisant remarquer que lui, pour sa part, ne se mêlait pas des droits de l'Homme en France...

Notre cheminement avec le grand Alpha Condé se poursuivit jusqu'à des élections libres qui lui permirent d'accéder au pouvoir. Et avec quel mérite après plus de trois décennies de combat pacifique contre un régime sanguinaire.

Mais, immédiatement, le nouveau président coupa les ponts avec ses amis, sauf quelques uns, par pur intérêt. Il rompit, par principe, nombre de contrats en cours avec des entreprises étrangères mais n'engagea pas toutefois son pays, riche en minerais, sur la voie du développement. Son pouvoir devint personnel, voire répressif (sans toutefois reprendre à son compte la tradition ubuesque de ses prédécesseurs). « Alpha n'était plus notre ami », de par sa volonté de rupture unilatérale « Tristes tropiques » eut écrit Claude Lévi-Strauss.

Nous n'étions pas encore cependant au bout de notre effarement car, au lieu de se retirer du pouvoir au terme de deux mandats, comme le stipulait la Constitution de la Guinée, il fit modifier la loi suprême afin, comme d'autres potentats africains, de briguer un troisième mandat.

Notre ami et Président d'honneur, Léopold Sédar Senghor, Président du Sénégal, lui, avait au contraire fait le sage choix de se retirer de la vie politique.

Aujourd'hui, Alpha Condé a été déchu de sa fonction présidentielle par une bande de putschistes qui prétendent se soucier de son sort. Dont acte.

Peut-être repartira-t-il en exil vers la France qu'il connaît mieux que quiconque. Mais, cette fois, qu'il ne compte plus sur notre amitié fraternelle qu'il a lui-même reniée. D'autant que, s'il ne fut pas un tyran à son tour, il est loin d'avoir été le démocrate qui aurait été un modèle pour une Afrique en quête d'avenir.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 30 août 2021

Fils de pub,environnement et pollution

Les écolos sont sensés dénoncer les atteintes à l'environnement et à la qualité de la vie d'une manière générale. Puisqu'ils veulent accéder au pouvoir bien que n'ayant aucun programme mais surtout beaucoup d'ambitions personnelles pour cela, peut-être pourrait-on les y aider en profitant de la disparition du Parti socialiste et de la régression de Jean-Luc Mélenchon, adepte inconditionnel du « contre tout ». Car leurs nouveaux élus municipaux tant à Bordeaux (supprimer les sapins de Noël) qu'à Grenoble (interdire le Tour de France) ou Strasbourg (financer une mosquée gigantesque) ne brillent guère par leur ingéniosité. C'est le moins qu'on puisse dire... Ce n'est pas d'eux que viendra la révolution qui nous protègera des dérives sociétales récentes. En effet, ce sont des maires très traditionnels qui ont, depuis quelques années, commencé à interdire le déploiement d'immenses panneaux publicitaires à l'entrée des villes jusqu'à les défigurer totalement.

Autre atteinte à la qualité de la vie qui pollue l'existence de nombre de nos concitoyens, les appels publicitaires téléphoniques incessants qui, malgré les quelques mesures prisent par les derniers gouvernements continuent de plus bel sans qu'on puisse à notre tour « harceler les harceleurs » en les rappelant, à notre tour, jour et nuit ou en déposant plainte contre eux, puisque leur anonymat est garanti. Entendez-vous le « futur président de la République » Yannick Jadot partir en guerre pour notre droit à la paix ? Que nenni ... Nous restons seuls, démunis, et les écolos patentés se taisent, eux pourtant si bavards sur d'autres sujets moins prégnants.

La pollution moderne, hélas, ne s'arrête pas là et peut-être faut-il y voir un conflit d'intérêt entre politiques, d'une manière générale, et puissances d'argent. C'est ainsi que personne, de droite comme de gauche n'essaie, par la loi, de faire mettre au pas le matraquage publicitaire indécent qui sévit dans les radios et télévisions. Sans interdire la publicité (cette vieille recette connue autrefois comme de la « réclame », dont Publicis est l'héritier) peut-être pourrait-on au moins la réguler et, par exemple, éviter que l'on entende en même temps cinquante fois par jour, sur tous les médias, les mensonges « scientifiques » de « Comme j'aime » sensés vous faire maigrir en un temps record ou, à nouveau, prohiber les coupures publicitaires de TF1 ou M6 au milieu d'un film, inacceptable, et que ne pratiquent pas les médias sérieux, responsables, ce qui est une inégalité totale.

Une grande loi de rationalisation s'impose donc. Mais pour une autre raison. Culturelle cette fois. Car désormais la plupart des publicités françaises ou étrangères, en France se font « en anglais ». C'est tellement plus « efficace » et preuve de « jeunesse », de « modernité ». La SNCF, Air France, Peugeot, Renault y sont « accros ». Et nos fils de pub les y poussent puisqu'ils prétendent incarner la communication du futur, « à l'américaine ». La langue française ? Du passé ! « faisons table rase ». Foin du respect de la biodiversité culturelle. Nous sommes tous des colonisés. D'ailleurs, pourquoi les politiciens y mettraient-ils leur nez puisqu'ils croient généralement, depuis plus de vingt ans, avoir besoin des « pubeux » pour dynamiser leurs campagnes électorales. Chacun croit se faire élire comme on vend des savonnettes. Pas question donc de se fâcher avec ceux qu'ils croient être leur planche de salut.

Même Marine Le Pen, soi-disant porte-drapeau de la France, se garde de défendre notre idiome national. Dès lors, intérêts croisés bien compris, faisons cause commune sur le dos d'électeurs qui pourtant se détournent des urnes, conscients d'être pris pour des naïfs incapables de comprendre le dessous des cartes. Des idées ? Non, le fric d'abord.

La défense de l'environnement culturel n'est pas l'affaire des écolos ; encore moins de partis de gauche qui se voulaient autrefois contre l'argent-roi. Quant aux gaullistes (ou ce qui en reste) il y a belle lurette qu'ils ont oublié les leçons de dignité du Général ou d'André Malraux. Ceux qui donnent le « la » maintenant, à tout un pays, ne sont plus les élus, qui se taisent, toute honte bue, mais ceux que tous croient être les « faiseurs de roi », avec l'argent comme nerf de la guerre. Bref, la corruption n'est pas loin : pollution et corruption seraient-elles alors les deux mamelles de la France de demain ?

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 23 août 2021

« Courage, fuyons »

La liberté se traduit par un bulletin de vote. A condition, bien sûr, que les conditions de pluralisme, de secret et de sincérité du dépouillement soient remplies, ce qui est encore rare depuis deux siècles que la démocratie a émergé en Occident.

L'autre forme de la liberté est dans la fuite à défaut de résister à l'oppression. On vote alors avec ses pieds, pour des raisons diverses, mais rarement glorieuses sauf s'il s'agit d'organiser la résistance (comme ceux qui ont répondu à l'Appel du 18 juin 1940) le reste de la population restant face aux tortionnaires nazis.

Ainsi, de par le monde, le nombre de pays « libres » est-il restreint, ne se comptant qu'en quelques dizaines contre près de deux cents Etats membres des Nations Unies. Et encore ne faut-il pas trop chipoter sur le degré de libertés, de droits de certains d'entre eux, comme la Tunisie, le Nicaragua, l'Indonésie, les Philippines ...

Pour aller à l'essentiel, le critère de base pour définir une authentique démocratie libre, d'instinct, sans analyses savantes, philosophiques ou juridiques, c'est le flux migratoire observé. En effet, ce mouvement est le véritable thermomètre de la réalité. Que ce soit «  libertés formelles ou libertés réelles », selon l'analyse marxiste. Car si on peut encore se passer d'écrire un article de presse, on ne peut se passer de pain quotidien. La liberté est avant tout concrète.

Si l'on observe le monde du dernier siècle, les choses sont donc claires. Les humains fuient tout totalitarisme d'une manière générale, que celui-ci soit politique, comme le communisme, ou religieux, comme l'islamisme, la forme religieuse du fascisme. Ne pouvant pas obtenir d'élections libres et transparentes, avec la laïcité comme clef de voûte, on se rue alors vers les pays où les peuples, à force de sacrifices, se sont épanouis dans des régimes aux formes variées mais choisies (monarchie parlementaire, république, présidentielle ou non). Rappelons-nous du merveilleux film « Goodbye Lénine » qui est une fable moderne exemplaire. Jamais on a émigré vers l'URSS et ses satellites ; jamais on a émigré d'un quelconque pays vers un Etat où l'islam dicte sa loi archaïque, tout comme vers la dictature d'un quelconque caudillo ou raïs (Franco, Pinochet, Saddam Hussein ...). Là est véritablement la ligne de crête, la ligne de partage des eaux entre pays libres et non libres ; pays supportables ou insupportables : le ressenti des peuples.

Mais il ne faudrait pas - il ne faut pas - prendre les Etats refuges pour des éponges, prêts à tout accepter. Celles et ceux qui ont fui les dictatures communistes n'ont pas tenté, eux, d'implanter dans leur pays d'accueil, l'idéologie qui les répugnaient (hormis peut-être Trotsky lequel a suscité ailleurs des groupuscules qui végètent encore comme en France). Par contre, dans le monde contemporain, on ne cesse de constater que celles et ceux qui, délibérément, sont partis d'une dictature islamique vers des démocraties laïques tentent, étrangement, par tous les moyens d'y propager l'idéologie qui les a poussés à s'exiler - souvent d'ailleurs avec la complicité des gauchistes locaux dont les « islamo-gauchistes » qui font flèche de tout bois contre un soi-disant capitalisme exploiteur. Quand peu auparavant les femmes étaient contraintes, subrogées dans leur pays, dans l'Occident « libéral », ensuite on y diffuse malgré tout, une forme d'apartheid. De gré ou de force, elles ne peuvent épouser n'importe qui ; elles paradent dans les magasins affublées de leur tchador, se baignent en burkini ; pratiquent clandestinement la polygamie ; ne serrent pas la main d'un homme. Explication : c'est la liberté ! Il fallait y penser ! La liberté retournée contre elle--même. Sous-entendu : les démocrates n'ont pas le monopole de la liberté. « La nôtre vaut la vôtre ». « Nous sommes égaux » quand ça nous arrange ...

Le drame, voire la future tragédie de l'Afghanistan en est, ou en sera probablement la preuve. Menacée par les Talibans, une population qui, pendant vingt ans a eu la liberté de porter la burqua, de pratiquer le ramadan etc. aurait très bien pu s'exiler vers les pays musulmans limitrophes - dont le Pakistan, où vit une minorité afghane ; vers l'Iran des mollahs qui pratique la charia depuis quarante ans. Avec ses seuls pieds comme moyen ... Or ils n'ont cependant choisi que l'aéroport de Kaboul, cet entonnoir où ils s'entassent comme des animaux angoissés par la peur, à l'entrée d'un abattoir. Comprenne qui pourra ! Même le fils du célèbre commandant Massoud, auquel NDH avait remis (des mains de Bertrand Delanoë) en 2002 - le Prix littéraire des droits de l'Homme à son ami Christophe de Ponfilly pour leur résistance acharnée contre l'occupant soviétique, ne pourra apparemment faire quoi que ce soit dans sa région du Panchir.

Que de leçons à tirer d'une époque en pleine mutation, qui modifie la donne. Internet, qui attente souvent à la liberté, la sauvera t'elle par une information courageuse ? Nul ne peut encore le prédire. Mais, d'ores et déjà, au niveau international, il est urgent de faire entrer dans le concert des nations (unies) les grands Etats, comme la Russie et la Chine qui, bien que « non démocratiques », sinon anti-islamiques, trouvent cependant encore des arrangements avec les pourfendeurs de la laïcité, pierre angulaire de nos libertés.

Il y a eu autrefois une sainte alliance réactionnaire. Pourquoi pas une sainte alliance laïque, même aux formes variées, aujourd'hui ? La France de demain s'honorerait à en prendre l'initiative compte tenu de son passé, et de sa remarquable loi de 1905 en particulier.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 16 août 2021

Afghanistan : c'est fait et fort fait

NDH avait lancé un appel à la responsabilité des Nations Unies, en particulier des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité contre la prise de pouvoir par les talibans. Pascal Brukner, philosophe et Bernard Kouchner l'ont signé ... mais il était trop tard déjà. Les islamistes, tout en faisant « patte de velours », étaient aux portes de Kaboul, cueillant un fruit mûr sans même recourir à leur violence traditionnelle.

Le peuple afghan, les femmes et les enfants en particulier sont donc à leur merci pour un endoctrinement bien connu, que ne propage aucune autre religion : christianisme, bouddhisme, shintoïsme ... quand le judaïsme, lui, se veut confiné au sein d'un peuple qui n'assène ses vérités à personne. Malek Chebel, regretté intellectuel musulman le reconnaissait volontiers : « Aucun pays au monde où l'islam est majoritaire n'est démocratique ». Un propos qui honore son honnêteté.

Ne reste qu'à en tirer un bilan : celui de l'échec des occupations étrangères successives (britannique, russe, américaine). Et surtout celui des Nations Unies, incapables collectivement, au nom de la communauté internationale « civilisée » de prendre le relais des Américains qui ont échoué, comme ils ont échoué au Vietnam. Celà en dit long sur ce que sera le monde futur si, même tardivement, les cinq Etats permanents du Conseil de Sécurité n'arrivent pas à s'entendre sur une politique commune vis-à-vis de l'islamisme qui n'est qu'un fascisme. On s'en étonnera d'autant plus, rappelons-le, qu'aucun d'entre eux n'est gangrené par ce totalitarisme religieux d'un autre âge - même si certains ont eu à le combattre à l'intérieur de leurs frontières (et même si ce totalitarisme n'en exclut pas d'autres !) ...

Les troupes régulières afghanes, formées, entrainées, surarmées pendant 20 ans par les Américains se sont débandées. Le président du pays Ashraf Ghani a fui, abandonnant lâchement son peuple. Lancera-t-il un appel du 18 juin, façon de Gaulle ? On peut toujours rêver. La résistance ne se fera, si elle surgit, que par les jeunes formés pendant deux décennies aux us et coutumes occidentaux (presse, internet, voyages ...). Une résistance passive, souterraine. Car si elle est trop voyante, comme dans l'Iran des mollahs, elle sera atrocement réprimée, ôtant alors toute velléité de rébellion.

Mais déplorer, condamner ne suffit évidemment pas. Car le fascislamisme est une pieuvre aux centaines de tentacules. On le voit bien dans nombre de pays démocratiques où il avance masqué (ou plutôt voilé) pour diffuser son idéologie contraire aux droits de l'Homme: femmes interdites dans les cafés, port de la burqua, piscines réservées etc. sans que les tenants de la laïcité ne réagissent, laissant ce combat du quotidien à l'extrême droite. Reculer, toujours reculer comme en Afghanistan - ou en Iran que Régis Debray, dans un article au Monde du 24 janvier 2014 célébrait comme un régime tout à fait « acceptable » (au même titre que Cuba autrefois), fustigeant même la Resistance à l'oppression des affidés de Khomeiny.

Ouvrons donc les yeux et imposons à la Russie comme à la Chine d'être enfin claires sur ce sujet qui les concernent également mutatis mutandis. Ce n'est pas de la naïveté, c'est du réalisme. Sur le fascislamisme, il doit y avoir une unanimité universelle, comme au siècle passé sur le nazisme. Il est donc du devoir de la France de provoquer un débat convergent pour que les Nations Unies ne soient plus un ventre mou. Sinon la prochaine étape sera inéluctablement la chute du Sahel : fermeture des écoles, enfermement des femmes, conversions imposées, polygamie, exécution sommaires, émigrations de masse etc.

Avant que cela ne se produise et que la France ne rapatrie (légitimement) ses troupes, comme l'ont fait les Américains en Afghanistan, peut-être, au moins le Conseil de Sécurité de l'ONU, devrait-il, lui, assumer ses responsabilités, issues de sa légitimité, bien plus forte que celle des Français ou des Américains. L'unilatéralisme a vécu. Le monde doit, expérience faite, s'y préparer ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 10 août 2021

« Vive l'anarchie ? »

La France, mais pas uniquement ce pays, « tombe en quenouille » comme on disait autrefois. L'autorité, les autorités, l'ordre et la loi ne sont que de vains mots, toujours de plus en plus creux, vidés de leur sens. Bref, l'anarchie, au sens original du terme (« privé de gouvernement ») poind à l'horizon des dix années à venir, à grands pas s'il n'y a pas de sursaut.

Le plus bel exemple est le « traitement » de la Covid 19, cette pandémie partie de Chine voici deux ans.

Par un tour de force extraordinaire, un vaccin a été trouvé en moins d'un an, à charge pour les industries pharmaceutiques de le produire rapidement et en quantité suffisante pour des centaines de millions d'êtres humains. Ce qui fut fait.

La première vague passée est arrivée la seconde puis la troisième vague qui ont nécessité des mesures drastiques (masques, confinement, tests...) mais surtout un vaccin puisqu'il a été démontré qu'ensuite, quasiment aucune personne vaccinée ne se retrouvait en réanimation ; ou bien, inversement, que plus de 90% des personnes hospitalisées n'étaient pas vaccinées. Les données du problème, après des mois de tâtonnement légitime de la part du corps médical dans le monde étaient claires.

Les pouvoirs publics, en France (et ailleurs en Europe) en ont tous tiré les conséquences : faites-vous vacciner. Le risque est nul.

Gouvernement, opposition, Assemblée, Sénat, syndicats, quasiment 100% des médecins ont tenu le même langage. L'Exécutif a rédigé une loi ad hoc qui a été votée après consultation du Conseil d'Etat puis du Conseil Constitutionnel. Une quasi unanimité de tout l'ordre républicain.

C'est alors que quelques gnomes politiciens, presque tous issus de la droite extrême, représentant une infime infâme minorité (Dupont-Aignan, Florian Philippot ...) se sont mis en tête, contre la sauvegarde de la santé du peuple français, de crier « liberté ». En particulier, liberté de contaminer les autres, contre les règles les plus élémentaires de santé publique.

On les a vu arborer l'étoîle jaune, crier à la dictature, manifester, pour la première fois sans doute dans l'Histoire, devant le Conseil constitutionnel après qu'il ait validé une loi au fondement incontestable « techniquement » autant que juridiquement. Bref, le rejet de toute gouvernance démocratique. Quelques centaines de milliers de « beaufs » eut caricaturé Cabu dénonçant un vaccin puis un « pass sanitaire » quand le vaccin, cependant, n'a pas été rendu obligatoire, que les écoles n'ont pas été fermées, que moult entreprises ont été sauvées en dépit des règles budgétaires libérales. Eux, ignorant tout des règles de la médecine, en savaient bien plus que des médecins et professeurs après dix ou quinze années d'études, voire des décennies d'expérience sur le terrain.

Nous sommes donc en plein délire, sans civisme, le mot « Liberté » usurpé, galvaudé ; foulé au pied en dépit de la raison et du bon sens. L'anarchie, autrefois « de gauche » extrême à la fin du XIXe siècle est dorénavant « de droite » extrême. Pour quelques menteurs, avec la quatrième vague de la Covid-19, les lits de réanimations risquent à nouveau de ne plus suffire d'ici peu... et, par conséquent, de nombreux morts supplémentaires, comme les départements d'outre-mer en ont pris la responsabilité lourde en refusant à une forte majorité la vaccination, contraignant à des transferts onéreux vers la métropole. Dès lors, c'est tout un peuple, celui qui finance la Sécurité Sociale qui va devoir, en outre, payer le surcoût de la crise sanitaire, déjà lourd, à cause de quelques démagogues. Ils contestent le droit démocratique et républicain en s'en prenant au Conseil constitutionnel, aux pharmacies, aux centres de vaccination, voire en menaçant de mort plusieurs parlementaire? Ils se jugent alors eux-mêmes ce faisant. D'autant que ces fieffés réactionnaires devraient savoir qu'au-delà même du droit positif il y a toujours, en outre, le droit coutumier, non écrit, issu de la tradition, de la sagesse populaire. Et que ce droit là, par contre ils ne peuvent s'en prendre à lui puisqu'il est par définition sans visage, sans représentants élus. La dictature des minorités, très à la mode depuis trente ans dans n'importe quel domaine (races, religions, langues...) ne peut, ne doit pas durer plus longtemps. Renversons la vapeur ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 2 août 2021

Afghanistan : un peuple abandonné par le monde ?

Le compte à rebours est enclenché. Les Américains dans quelques semaines ; au plus quelques mois auront quitté l'Afghanistan qu'ils avaient investi pendant plus de 20ans. Un choix du président Donald Trump confirmé par son successeur Joe Biden. Et qui ne les comprendrait au risque pour les Etats-Unis d'enregistrer un troisième échec après la désastreuse guerre du Vietnam et le fiasco en Irak dont le Proche Orient paye la dette aujourd'hui. Mais ils ne sont pas les premiers à être tenus en échec en Afghanistan. Avant eux, les Britanniques puis les Russes avaient pris la mesure de l'impossibilité d'installer, dans ce pays au peuple à la nuque raide, un régime importé. Tous auraient dû lire Clausewitz avant de s'aventurer au cœur d'une civilisation fondée sur des valeurs totalement étrangères aux normes occidentales. Même le vénéré commandant Massoud, bien qu'issu de ce peuple, n'a pas réussi à s'imposer alors que lui en possédait les clefs.

Une leçon pour le monde ? Sans aucun doute. Mais cette leçon ne saurait s'arrêter là. Surtout pour les membres des Nations Unies qui sont tenus par la Charte, sans même compter la Déclaration universelle des droits de l'Homme laquelle a édicté des droits intangibles depuis son adoption à Paris, en 1948. Il n'est que de la relire...

Quand les Etats-Unis, qui ont pris leurs responsabilités en s'y ingérant puis en se retirant, auront terminé la mission qu'ils se sont fixée, quelle sera la situation au cours des dix ou vingt ans qui vont suivre ?

Nul ne l'ignore : les Talibans finiront d'occuper le pays, balayant le gouvernement légitime avant d'imposer la loi islamique à tous. Et surtout à toutes les femmes, depuis leur plus jeune âge. Qu'en pensent nos féministes, leurs sœurs des pays développés ?

Après des massacres, des règlements de compte viendra l'heure de la charia. Aucune femme ne pourra sortir de chez elle si elle n'est pas voilée ; les filles seront exclues de l'instruction, mariée à l'adolescence dans le cadre d'une polygamie acceptée par le Coran. Elles redeviendront les inégales de l'homme, au risque d'être lapidées pour les plus rebelles. Chronique d'une déchéance annoncée... Fini l'espoir, même ténu d'un semblant de démocratie.

Annoncée, certes. Mais « acceptée », en outre en silence, par tous les Etats membres de la communauté internationale qu'incarne l'ONU ? Là est bien la question. Une question qu'il est urgent de poser. Car cette catastrophe humaine est prévisible. Nul n'en doute.

Ne pas agir ou réagir trop tard est une sorte de complicité passive. Une quasi préméditation pour laquelle il vaut mieux encore par avance, stigmatiser les nations humanistes qui ne manqueront pas ensuite alors, de verser des larmes de crocodiles sur le sort d'un peuple dont les femmes seront les premières et perpétuelles victimes. Qui ne le constate déjà en Iran depuis quarante ans ?

Les démocraties occidentales, qui ont par le passé fréquemment montré leurs faiblesses avant la dernière guerre mondiale, sont-elles prêtes à nouveau à subir cet opprobre ; à mettre un genou à terre devant les barbares pressés de donner l'assaut contre le gouvernement légitime du président Ashraf Ghani, replié sur Kaboul ? Sans aucun doute. C'est pourquoi un sursaut immédiat des membres de l'ONU, et surtout du Conseil de Sécurité (dont les cinq membres permanents sont le bras armé) s'impose. A l'initiative du Secrétaire général Antonio Guterres ou bien de celui d'entre eux qui sera le plus diligent, sinon le plus courageux.

La France pour sa part y est-elle prête ? On veut l'espérer, même si ce n'est plus une diplomatie gaullienne, au verbe haut et à l'action intransigeante. Elle pourrait bien sûr exciper de ce qu'elle est déjà engagée au Sahel contre les mêmes forces obscurantistes et qu'elle est lasse d'être vilipendée longtemps après pour ses actions « humanitaires » au Rwanda, puis, désormais, en Bosnie. Qui ne le comprendrait ? En revanche, le pays des droits de l'Homme de 1789, fidèle à sa mission peut mobiliser les autres membres au Conseil de Sécurité ; à commencer par ses membres permanents. Car ce n'est plus l'impuissante Société des Nations, qui n'a fait qu'enregistrer le démarrage du train de la mort vers la deuxième guerre mondiale sans réagir.

Les Etats responsables

Quels sont donc ces États en responsabilité ?

Tout d'abord la Grande Bretagne qui est longtemps intervenue en Afghanistan favorisant le développement de la culture du pavot, cette plaie qui ne va pas tarder de nouveau à se développer (si tant est qu'elle ait jamais cessé...).

La Russie, ex URSS, qui, elle, s'y est embourbée malgré sa dure et vaine répression contre le peuple.

Les Etats-Unis ensuite qui y ont traqué Ben Laden avant de le retrouver au Pakistan voisin. Vingt années d'action, un appareil militaire hors norme, des milliards de dollars engloutis n'y ont pas suffi. D'où leur choix, compréhensible, de se retirer du pays sur la pointe des pieds.

Reste la Chine enfin, puissance mondiale émergente que les Etats-Unis veulent dorénavant clouer au pilori et qui aurait tout intérêt, en raison de la conjoncture internationale qui lui est hostile, à coopérer pleinement afin de montrer à toutes les nations qu'elle est bien digne de son nouveau rôle dans le monde. L'Europe devrait d'ailleurs l'y aider sans condition, voire l'encourager à assumer ce statut qu'elle revendique ouvertement.

Mais pour quoi faire ?

On comprend que les trois pays qui se sont frottés au peuple afghan par le passé soient réticents. Leur ingérence était douteuse à cette époque car « unilatérale » et à vocation dominatrice.

Par contre, pour sauver le peuple afghan (et les femmes en priorité) il s'agirait, là, d'une action « multilatérale », sous mandat et drapeau unique des Nations Unies. Donc sans visée impérialiste cette fois.

Il y a pour cela deux préalables.

Le premier est un appel du gouvernement légitime actuel. Le second est un moratoire au retrait en cours des forces américaines pour laisser le temps aux Nations Unies d'organiser cette véritable assistance à un peuple en danger.

« Utopie » diront les pseudo réalistes. Pourtant qui ne constate que les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité ont tous, séparément, à un moment donné ou à un autre, lutté contre le même hégémonisme islamique qui menace toujours la paix ? Et que, dès lors, il est inutile de les informer plus longtemps sur ses risques. C'est leur lot commun. Or l'union fait la force.

Certes, le climat actuel des rapports internationaux ne porte guerre à l'optimisme en vue d'une coopération militaire pacifique, où que ce soit. Cependant, naturellement, comme le disait Churchill « C'est contre le vent que s'envolent les cerfs-volant » ...

Schématiquement, pour bien manifester une volonté unanime, dans le cadre de la Charte, les cinq membres permanents devraient envoyer chacun un contingent de 3000 hommes armés par leur soin sous le commandement unique d'un général issu d'un pays tiers. Sa mission serait alors d'assurer la sécurisation de l'Afghanistan en laissant toute latitude à son gouvernement légal de gérer librement son pays, en toute indépendance. Car il ne s'agit en aucun cas d'une mise sous tutelle.

Bien au delà encore ce pourrait être aussi l'amorce d'une nouvelle ère dans les rapports internationaux, où la confiance surpasserait la défiance, puisqu'il va bien falloir, tôt ou tard, pour le moyen et long terme affronter d'autres questions latentes comme les rapports commerciaux, industriels, l'environnement, l'espionnage dans un monde entièrement numérique. Par contre pour la dignité des Afghans il y a urgence dans le court terme. Moins « d'America first », moins de Chine bouc émissaire et la planète ne s'en portera que mieux avant une conquête commune de la Lune et de Mars, « la mano en la mano » eut dit un certain général, toujours irremplaçable pour les équilibres mondiaux. On attend par conséquent, avec impatience, un nouveau « discours de Phnom Penh », sur l'Afghanistan.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 26 juillet 2021

Il était interdit d'interdire

Les moins jeunes, pour ne pas dire les plus anciens s'en souviennent. En Mai 68, le slogan fétiche était « il est interdit d'interdire ». Expérience faite, qu'en est-il, en 2021, à l'orée d'un nouveau monde ?

Bien léger serait celui qui, après l'avoir scandé, il y a un demi-siècle, s'y accrocherait encore malgré l'idéal optimiste qu'il traduisait alors. En effet les sociétés (et la société française en particulier) ont basculé dans le tout est permis. Tout est droit sans aucun devoir. Il n'y a plus de règles, et beaucoup de règles nouvelles sont donc à établir, ce qui va prendre bien des années, surtout dans un contexte devenu international, sans frontières. Il en est ainsi, notamment, pour tout ce qui touche à internet, un mot, une technique inconnus à cette époque et qui permet maintenant tous les abus, y compris, anonymement, l'appel au crime. Même les archaïques islamistes, qui prônent une société féodale où la femme n'est qu'un être second, entre l'homme et l'animal s'y sont rué pour imposer la charia, le maintien de la peine de mort, le rejet de la démocratie...

On peut alors parler de régression collective, car jusqu'à la veille de l'an 2000, une morale commune prévalait, à valeur universelle, sans baigner pour autant dans une civilisation angélique. Mais les normes, que l'on pourrait qualifier, sommairement de  judéo-chrétiennes  donnaient le « la » et s'imposaient « naturellement » au monde. Même les marxistes les plus sectaires ne les remettaient pas en cause d'entrée de jeu. Le mot « vérité » avait un sens, fut-il souvent bousculé.

Tel n'est plus le cas désormais. Tout est relativisé : il n'y a plus à se gêner pour traiter le président de la République de dictateur ; la communauté médicale, en plus haut niveau, de charlatans ; les minorités qu'elles soient ethniques, religieuses ou autres, de détentrices des mêmes valeurs que la majorité. Deux et deux ne font plus quatre. D'où un besoin, une nécessité de remettre de l'ordre, une hiérarchie sans être réactionnaire pour autant. En clair, si les sociétés fonctionnaient avec des lois mais surtout sur des valeurs, une morale commune « naturellement », « quasi automatiquement », il n'en va plus de même dorénavant. Ainsi dans le domaine de la bioéthique, des petits notables médiatiques, affranchis de tout, pratiquent et prônent la GPA, c'est à dire la marchandisation du corps de la femme en même temps que toutes les femmes du monde sont en quête de plus d 'égalité et de dignité. On brûle des centres de vaccination, on agresse des élus, des médecins, des pompiers, des policiers, on saccage l'Arc de Triomphe, des magasins, on brûle des voitures tous les ans au nouvel an... Oui, mais, « il faut comprendre ». Désormais tout est possible puisque quand les bornes sont passées il n'y a plus de limite.

Cela s'appelle la permissivité. Le salut dans la fuite en avant - comme l'interdiction de la vente et de la consommation de drogues, condamnables, dans le même temps où Madame Hidalgo, maire de Paris, offre avec les derniers publics, des salles de « shoot » aux délinquants, (sans argent pour se loger mais en ayant suffisamment pour acheter leurs produits).

Dès lors que le fonctionnement d'une société, basé sur une éthique naturelle est perturbé, le « il est interdit d'interdire » devient caduque. Place, grâce à une démocratie revigorée, à un encadrement plus strict que le ministre Dupont-Moretti se doit de mettre en œuvre. Est-ce être « reac » ? Cela voudrait dire alors que les régimes issus du vieux marxisme-léniniste le sont depuis toujours. Pourtant, jamais ce type d'accusation ne leur a été adressé. La loi et l'ordre ont encore de beaux jours devant eux.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 19 juillet 2021

Crimes contre l'humanité annoncés

La communauté internationale, à travers l'ONU, frise le ridicule.

Certes, elle a organisé une grande enquête sur les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis par DAECH en Irak durant le « califat » : exécutions sommaires, tortures, esclavagisme (notamment contre les femmes yezidies, vendues, réduites à l'état d'objet sexuel) au nom de l'islam. Une enquête nécessaire avant une éventuelle comparution devant la Cour Internationale de La Haye. Mais quid des crimes de masse de Bachar El Assad ? Quid des crimes perpétrés en Iran depuis 1979 par le régime des mollahs, qui vient de promouvoir à sa tête Raïssi, un des plus grands assassins de son peuple ? N'évoquons même pas le génocide arménien qui n'a jamais connu ni en Turquie ni au niveau international de jugement, ne fut-il que moral. Il ne faut pas fâcher monsieur Erdogan, lequel continue depuis des décennies d'occuper en toute impunité un tiers de Chypre, État membre de l'ONU.

Pour le Rwanda, la justice passe, même avec parcimonie. Il n'y a pas de déni. Et la France y est totalement « blanchie », n'en déplaise à certains en vaine de publicité malsaine, avant, comme on l'a lu dans le journal Le Monde, de s'attaquer désormais au rôle des gouvernements Mitterrand en Bosnie durant la guerre dans l'ex-Yougoslavie. Il vaut mieux s'en prendre, fut-ce sans le moindre commencement de preuve à un pays démocratique qu'aux forces totalitaires Sic transit gloria mundi. Les accusations, même ignobles sont sans risque de retour de bâton, voire valorisantes pour leurs auteurs tout de blanc vêtu.

Pour nous, tout autre est en revanche les crimes contre l'humanité annoncés, comme c'est le cas en Afghanistan avec l'arrivée des talibans au pouvoir. Le totalitarisme islamique est prophétisé, programmé. Les Britanniques, les Russes, les Américains s'y sont cassés les dents ? Alors abandonnons ce peuple aux ogres religieux fanatiques, comme ce serait le cas au Sahel si la France n'assurait pas un minimum de dissuasion. Mais pour combien de temps ?

Comme le disait Geneviève Tabouis, cette chroniqueuse politique des années 50 que l'on aime citer : « Attendez vous à savoir... » que les élus du régime actuel vont être massacrés, que les talibans, frères des djihadistes vont imposer l'islam selon la tradition, que les femmes n'auront plus accès à l'enseignement, que la polygamie sera la règle et le voile obligatoire, comme en Iran.

Donc, au lieu d'instaurer des tribunaux pour crime contre l'humanité dans 20 ou 30ans afin de juger ces fanatiques, peut-être les membres du Conseil de Sécurité de l'ONU, unanimement hostiles à ces mœurs d'un autre temps pourraient-ils convenir, d'un commun accord au nom de la communauté internationale et sur proposition du gouvernement de l'Afghanistan de relayer les troupes américaines qui ont fait, Trump et Biden étant solidaires, le choix de partir. Chinois, Russes, Britanniques, Français voire Américains s'honoreraient à ne pas lâcher un peuple abandonné à un fanatisme religieux que tous condamnent. Un rêve, une utopie ? Que nenni si une diplomatie humaniste et active s'y engageait. Nous avons trois mois pour agir collectivement contre des crimes contre l'humanité programmés. Après toutes les larmes ne seront que celles de crocodiles.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 12 juillet 2021

La liberté bornée ...

La liberté, première pierre de notre triptyque républicain a toujours été et reste plus que jamais le mot passe-partout de ses amis, de ses ennemis et, souvent de fieffés hypocrites qui le mettent en avant pour nuire aux autres. Elle rejoint la problématique traditionnelle entre les droits et les devoirs de l'Homme.

Ainsi, de nos jours, à l'heure où un fléau affublé du nom de Covid 19, comme autrefois la peste, le choléra ou la grippe, perturbe en profondeur la vie humaine, économique, sociale et culturelle de la planète Terre, grâce au bond en avant de la science médicale, on pouvait espérer qu'un vaccin serait mis au point rapidement pour éviter des ravages, notamment chez les plus pauvres, moins protégés. Surtout au pays de Pasteur où les convictions de nos concitoyens ont vite abouti à cette fin à la création de la Sécurité Sociale.

Tel fut le cas. En moins d'une année des industries pharmaceutiques ont trouvé la parade au mal. Il n'était dès lors que d'industrialiser le ou les vaccins pour rendre au monde son activité normale en sauvant des centaines de milliers de vies humaines. Un exploit qui fera date. Mais c'était sans compter cependant avec nombre de sectaires qui, usurpant le beau mot de liberté, s'en sont emparé pour refuser d'être vaccinés, au risque d'être atteints - ce qui ne serait que mérité - sinon, pire, de contaminer les autres, dans l'anonymat complet (c'est-à-dire sans risque de condamnation). Que leur importe que le taux de réussite du vaccin soit quasiment égal à 99% et ses effets négatifs, infinitésimaux, pour eux, comme pour ceux qui croient que la Terre est plate, l'affaire est entendue. La raison humaine n'a que faire dans une telle affaire. Nos tartuffes portent leur « droit de l'Homme », comme leur vertu, au bout d'une pique, et ce droit, bien sûr, englobe ipso facto le droit de polluer les autres ; de ramener à l'étiage l'économie de leur pays. Comme disait Einstein : « Il est plus facile de désintégrer un atome qu'un préjugé »

Pourtant, qui ne sait, par le bon sens, que notre droit, notre liberté s'arrête là où commence celle des autres et que la mise en danger de la vie d'autrui est criminelle ? La liberté a des bornes, même pour les bornés qui considèrent que l'avis d'un corps médical unanime et l'accord de tous les partis politiques comptent pour rien. Eux prétendent savoir mieux que tous les responsables, reconnus comme tel, qui y jouent leur réputation.

Voyons donc comment, et si, dans l'année qui vient ces « je sais tout mieux que tout le monde » vont prendre le risque de laisser se développer une quatrième vague de contamination, en particulier par le variant Delta. Auquel cas la liberté, au centre des sociétés libérales occidentales, aura vécu puisqu'elles ne seront plus gouvernées par la raison. Viendra alors, pour s'y substituer, une société de type fasciste ou soviétique qui les enfermera alors comme malades mentaux. Liberté formelle ; liberté réelle affirme la doxa marxiste ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 5 juillet 2021

Chine, Chine ...

Au coup de sifflet des Américains, donné par Trump durant son unique mandat, le monde entier a été prié de s'aligner sur la politique de Washington contre la Chine, promue soudainement adversaire numéro un, à contester par tous les moyens possibles : commerciaux, industriels, technologiques voire militaires. « Le chef a dit ... ». Silence dans les rangs !

Le nouveau Président, Joe Biden, bien que bon connaisseur de l'empire du Milieu, hélas, semble avoir repris, mutatis mutandis, ce slogan impérialiste primaire.

Est-ce un risque pour la Chine ou la reconnaissance de ce qu'elle peut devenir (ou est devenue) : la première puissance mondiale ? En tous cas, il s'agit au moins d'un aveu et la révélation de la peur ressentie par les Etats-Unis d'être détrônés de leur place de maître du monde après la chute de l'URSS. Leur domination n'aura duré que cinquante ans.

Dès lors, quelle va être la réponse des autres pays asiatiques, africains et, surtout européens ? Est-ce un diktat ou une invitation à coopérer rationnellement en mettant toutes les cartes sur la table avant de faire des choix communs ?

On voit bien ce qu'il en est pour l'Iran, pays dirigé depuis quarante ans par des fanatiques religieux qui continuent à torturer, massacrer, emprisonner leurs opposants en s'ingérant grossièrement dans les pays voisins (Irak, Syrie, Liban ...) voire en menaçant l'existence d'Israël. Tous les Etats, les entreprises étrangères ont alors été contraints de se retirer et de s'aligner en raison des menaces commerciales ou financières, sur fond de dollar hégémonique. Résultat, la dictature des mollahs est étranglée (même si les Européens n'ont pas cédé pour ce qui concerne le maintien des Accords de Vienne de 2015, sur le contrôle du nucléaire). Au contraire, ce sont les Américains qui ont ensuite souhaité revenir dans la négociation d'où Trump les avait retirés unilatéralement. Mais la Chine n'est pas l'Iran bien que ces deux pays aient en commun d'être les héritiers de vieilles civilisations à côté duquel les « USA » ne sont que des freluquets sans expérience et surtout beaucoup d'arrogance.

Tout va donc dépendre de la façon dont l'équipe Biden va traiter ses alliés.

S'ils continuent à les considérer en vassaux, interdits de faire valoir leur point de vue à égalité de dignité, il y a fort à parier que, comme du temps de Charles de Gaulle, le résistant puis le chef de l'Etat, il y ait une fronde des vieilles nations qui ont « des milliers de kilomètres au compteur » par rapport à un pays hégémonique, sans respect des autres. Certes il réussira à diviser l'Europe qui peine à parler d'une seule voix. On en connait les maillons faibles : Allemagne, la Pologne, la Suisse (hors U.E) qui ont été traumatisés par le nazisme puis le soviétisme et n'aspirent qu'au protectorat américain, préférant toujours les avions et armes venus d'Outre Atlantique. Ne parlons même pas de la Grande Bretagne qui « surjoue » son rôle de puissance, en bon « caniche » aux côtés de son ancienne colonie et aboie aux ordres de Washington.

Alors, quid de cette Chine, elle qui fut longtemps humiliée par les pays occidentaux, puis le Japon et retrouve enfin aujourd'hui sa fierté nationale ?

Il était bon de connaître le sentiment de Jean-Pierre Raffarin, fin connaisseur, depuis longtemps de l'ancienne « Cathay », plus confucéenne que marxiste - léniniste, même si elle célèbre avec faste le centenaire de la création du Parti communiste chinois.

Sans être naïf, il est primordial d'échanger, de dialoguer et de parler clair avec le peuple chinois dont la culture est un trésor trop souvent ignoré par ceux qui en sont restés à une Chine tout juste émancipée des occupations étrangères. Que nous dit l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, lui-même féru de civilisations asiatiques et digne héritier du Chef de l'Etat français qui a reconnu de jure le cinquième pays membre du Conseil de Sécurité de l'ONU, conseillé alors par Alain Peyrefitte et Edgar Faure (avant que les Etats-Unis de Richard Nixon ne lui emboîtent le pas) ?

On savourera son expression imagée, surtout lorsque, comme nous, nous sommes appelés à échanger publiquement, ès qualité d'organisation de droits de l'Homme au cœur même de la Chine actuelle. Ses conseils sont précieux pour la conduite à tenir.

L'ancien Premier Ministre conseille d'appliquer la ligne de notre « drapeau » ... A savoir ?

  • bleu : « nihil obstat », rien n'empêche alors, sans aucun risque, d'échanger avec la Chine (culture, commerce ...). Cela est même recommandé, comme pour l'ouverture de l'antique « route de la soie » dont l'Europe était si friande.
  • blanc : attention. Ouvrons l'œil car des technologies où nous sommes en pointe peuvent être récupérées, même si c'est de « bonne guerre » entre pays depuis la nuit des temps.
  • rouge : il faut marquer la ligne claire qui, selon la charte des Nations unies ne doit pas être dépassées (au risque d'être accusé d'ingérence). Il s'agit de progresser par une dialectique : thèse, antithèse, synthèse. Ainsi en va-t-il des libertés universellement admises comme la liberté de penser, les droits de peuples à disposer d'eux-mêmes ... ce bien commun à toute l'humanité. Là, on n'avancera pas sans confrontation.

Il n'y a pas, contrairement à ce que disent les Chinois deux conceptions possibles des droits de l'Homme. Et c'est là tout l'enjeu. Qu'il s'agisse du peuple tibétain, de Hong Kong sinon des Ouighours ...

Certes, leur nomenklatura n'a pas tort, en réponse, de dénoncer les propres turpitudes de l'Occident : le racisme, le colonialisme dont la Chine fut elle-même victime, ou bien encore l'usage imbécile des armes à feu aux Etats-Unis. Mais, au moins, peut-on le dénoncer ce qui n'est, hélas, pas encore le cas dans la Chine contemporaine pour ses propres excès.

« Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage » écrivait le bon Jean de La Fontaine. Peut-être faudrait-il le donner à lire à ceux qui rêvent d'en découdre de suite avec la Chine sous n'importe quel prétexte. Car nous ne sommes plus aux siècles passés, quand l'Occident dictait au monde ce qui devait être ; selon ses normes. A croire même qu'un sentiment de jalousie s'est emparé d'Etats qui, pour la première fois, se voient concurrencés par le boomerang d'un ancien colonisé. Soyons donc réalistes avec nos propres valeurs, sans suivre l'ex super puissance dominante, comme des moutons de Panurge. De Rabelais à La Fontaine il n'y a qu'un pas : celui de la sagesse.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 28 juin 2021

« Omar m'a tuer ... »

La Justice en France est actuellement soumise à rude épreuve, pour le meilleur et pour le pire. Mais pourquoi serait-elle la seule institution, avec l'Exécutif et le Législatif à ne pas l'être, même si elle détient le pouvoir suprême : celui devant lequel les deux autres piliers de la démocratie républicaine peuvent être mis en cause ?

Inutile de remonter jusqu'à Montesquieu pour autant. Il n'est que de se plonger dans l'actualité des dernières décennies, sans même aller jusqu'à étudier de près les sentences du Conseil Constitutionnel ou du Conseil d'Etat, d'un autre ordre mais, bien souvent sujettes à caution. Restons-en à l'ordre judiciaire qui aboutit à la Cour de cassation, au stade suprême.

Grâce à François Mitterrand, qui en a pris, seul, le risque électoral en 1981, heureusement, la peine de mort est abolie. Les dégâts, humainement parlant, sont dès lors limités et pour partie réversibles. Est-ce pour autant que le peuple français ne doit pas avoir d'opinion sur son fonctionnement, souvent remis en question ? Même encadré strictement par le Droit, il a bien souvent failli en se protégeant derrière le célèbre « dura lex, sed lex », comme un masque.

L'affaire Dreyfus est, certes, bien lontaine. Mais après, il y a eu aussi l'affaire Seznec qui n'a pas vu, elle, la réhabilitation du célèbre breton, lequel n'est sorti du bagne de Cayenne que par la grâce du Général de Gaulle. De même (encore, plus près de nous) la ténébreuse affaire Omar Raddad, où cet ouvrier marocain a été jugé coupable de l'assassinat de la riche héritière Ghislaine Marchal (qui aurait signé avec son propre sang « Omar m'a tuer » sur une porte).

Sans la grâce présidentielle - cette fois celle de Jacques Chirac - ce modeste jardinier aurait purgé totalement sa peine de huit années de prison, même si le doute doit profiter à l'accusé. Une chance dont n'a pas bénéficié Ranucci, lui que Valery Giscard d'Estaing a laissé exécuter dans l'affaire dite du « pull-over rouge ».

Un seul constat donc : la justice est faillible, doit le reconnaître avec humilité et s'expliquer, comme viennent de le faire publiquement(enfin) les deux plus hauts magistrats de la Cour de cassation. Car l'opinion publique, désormais, exige de comprendre non de subir même s'il n'existe pas de « tribunal médiatique ».

Dans l'affaire Seznec, malgré l'absence de preuves et de cadavre, la Justice a, jusqu'au bout, refusé de réviser le procès. Espérons donc que dans l'affaire Omar Raddad, à la lumière de traces d'ADN retrouvées récemment et qui n'appartiennent pas au jeune Marocain, la lourde et paresseuse machine judiciaire ne va pas mettre dix ans à réexaminer sa cause.

Autre sujet qui concerne également, de nos jours, la bonne administration de la Justice : la place conférée aux psy dans les procès. On l'a mesurée il y a peu dans le cas du meurtre de Sarah Halimi, (où l'auteur a été considéré comme non responsable en raison d'une «  bouffée délirante » lors de son crime antisémite). Qui juge alors ? Les psy, dont la science est tout sauf exacte, ou les juges qui peuvent toujours se cacher derrière eux pour conclure dans n'importe quel sens ?

Si la Justice doit être respectée, elle doit commencer, elle-même, par être totalement respectable.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 21 juin 2021

Résilience ...

« Résilience » que voilà un beau mot inventé ou réinventé par Boris Cyrulnik auquel Nouveaux Droits de l'Homme avait attribué, en 2013, son 30e Prix littéraire des droits de l'Homme pour son ouvrage « Sauve toi, la vie t'appelle » (éditions Odile Jacob). C'est notre amie George Pau-Langevin, alors ministre des départements et territoires d'Outre-Mer, députée de Paris, puis actuelle adjointe à l'étonnante Défenseure des droits qui le lui avait remis en présence de notre Vice-président Bernard Derosier et de tous nos amis de la Resistance iranienne. Rien que pour ce mot, l'aimable Boris devrait entrer à l'Académie française ... Et, de fait, grâce à lui, on voit de la résilience (ou de la résistance partout).

C'est ainsi que tous les esprits chagrins, qui n'observent que des échecs dans la France d'Emmanuel Macron sur le plan économique - comme ils ne voyaient, pareillement que des échecs pour François Hollande, surlignés alors par ses contestataires « frondeurs-  gauchistes » pourront aller se rhabiller - mais sans succès cette fois. On peut l'espérer.

« Les faits sont têtus » disait le « démocrate » Lénine. Et donc on se doit d'entériner, volens nolens l'expertise économique internationale qui atteste, pour la seconde année consécutive, que la France est le pays le plus attractif d'Europe pour les investissements devant le Royaume Uni et l'Allemagne, avec 985 projets d'implantation. Une superbe «  résilience » pour les « travailleurs, travailleuses » malgré la pandémie qui a ravagé la vie économique du pays après la crise des gilets jaunes, ce qui pourrait nous promettre des « lendemains qui chantent », façon Louis Aragon.

Il faut dire aussi que pour cela (ou malgré cela) la France est passée d'une politique «  libérale », de l'orthodoxie financière limitée à 3% de déficit budgétaire à une politique

keynésienne qui n'ose pas dire son nom. D'ailleurs, aucun syndicat ne bronche devant tant de « quoiqu'il en coûte ».

Mais la résilience ne s'arrête pas là. On l'observe également dans d'autres domaines, et ceux-ci, plutôt contestataires du pouvoir en place.

La politique de folie « éolienne » de la ministre de l'environnement Barbara Pompili, avec l'aval de l'Exécutif n'est pas la moindre, ce qui permet à l'extrême droite de sauter sur cette opportunité politique.

En effet, outre leur faible rendement en électricité ; leurs dommages pour l'environnement (nuisances sonores ; obstacles aux oiseaux ...) ces moulinets nuisent au paysage, aussi bien en mer que sur terre. Ainsi, que sera l'île d'Oléron cernée par ces moulins à vent comme il est actuellement envisagé ? Par contre, rien pour l'île de Ré, plus bourgeoise ...

Alerte, alerte ... il faut rappeler Don Quichotte pour combattre à nouveau ces moulins à vent au nom de la résilience culturelle ; du respect de nos paysages « naturels ». Laissons aux écolos politiciens l'interdiction des sapins de Noël et toutes leurs lubies extravagantes mais ne cédons pas un pouce à la beauté de la France originelle.

Tiens, Stéphane Bern vient de prendre la tête de ce mouvement. On veut bien être son Sancho Panza dès lors.

« Résilience, résilience ... ». Vous avez dit résilience ?

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 6 juin 2021

Langue, langues

Une guerre larvée et inutile vient d'être relancée en France par la « grâce » du Conseil constitutionnel, seul vrai « souverain » en ce pays, qui a censuré une loi sur les langues régionales votée par la majorité parlementaire. Cette censure inattendue, au prétexte que la Constitution stipule que « la langue de la République est le français » a suscité le 29 mai nombre de manifestations dans les régions les plus concernées : pays basque, Alsace, Corse, Bretagne ... Et qui ne le comprend. En effet, on ne voit pas en quoi l'affirmation constitutionelle de la primauté du français est en contradiction avec la présence d'idiomes provinciaux enracinés depuis plus longtemps que la langue officielle. D'autant que ces langues n'ont pas empêché l'unité du pays de se faire puis de se maintenir en cohabitant avec un français fédérateur.

Mais ces manifestations ont aussi prouvé une chose ; une chose nouvelle : les instances suprêmes (Conseil constitutionnel, Conseil d'Etat, Cour de Cassation) autrefois incontestables et incontestées sont aujourd'hui soumises à la critique au même titre que l'Exécutif ou le Parlement avant elles. Nul n'échappe désormais à une éventuelle remise en cause. C'est ainsi que l'arrêt de la Cour de Cassation dans l'affaire Halimi a provoqué un tollé généralisé et sans doute une modification de la loi sur l'irresponsabilité en matière criminelle.

Donc pour les langues régionales comme pour l'irresponsabilité pénale, le législateur doit reprendre la main en contournant le blocage juridico-politique qui est dressé devant lui et en réaffirmant sa suprématie.

Ce débat n'est pas nouveau pour nous. En effet, lors de notre rencontre avec Simone Veil, magistrate, pour la convaincre de s'engager pour de nouveaux droits de l'Homme, elle ne s'y était pas opposée formellement mais nous avait dit le fond de sa pensée : s'il doit y avoir de nouveaux droits de l'Homme, cela doit être par la jurisprudence (les « cours suprêmes ») et non par la loi ... Exit le Parlement. D'ailleurs, lorsque le Président Sarkozy, quelques années plus tard, lui a confié une telle mission, après l'avoir acceptée, elle l'a purement et simplement sabotée.

Ah, mais « c'est qui le chef ? »

Pour nous, dès l'origine, en 1977 nous avons milité pour le maintien des langues régionales, déjà mises à mal par la Révolution jacobine puis par la Grande Guerre où ne pas parler français était le risque de ne pas comprendre les ordres et, dès lors, de courir un danger supplémentaire. De plus, quand on est pour l'écologie, la biodiversité, on ne saurait s'arrêter aux animaux et aux végétaux. Le pluralisme des langues et des cultures fait partie de la philosophie destinée à préserver la richesse du monde - ce que nos écolo-politiciens, hélas, n'envisagent pas, trop préoccupés par les sapins de Noël, la construction de mosquées voire le futur des jeunes pilotes d'avion comme la maire de Poitiers. Ils n'ont connu ni René Dumont, ni Alain Bombard pour les former.

Dans ce pays paradoxal qu'est la France, « la cerise sur le gâteau » est cependant ailleurs encore, et sans émouvoir qui que ce soit. Or là (on veut parler de l'intrusion massive, colonisatrice de l'anglo-américain dans le français courant) nul ne proteste, sauf quelques mal pensants jugés archaïques. L'Académie française ? Elle reste endormie. La loi Toubon qui édicte des règles protectrices ? Bafouée quotidiennement ... Les fils de pub règnent en maître et ce sont eux - et non le Parlement - qui dictent leur loi, que ce soit pour vendre des meubles, des voitures ou toute autre chose. Mais l'exemple vient de haut puisque nos zélés représentants à Bruxelles, malgré le Brexit, continuent à écrire, s'exprimer en anglais sans être rappelés à l'ordre par leur gouvernement.

Une seule question pour conclure : qu'est ce qui fait le plus de tort à l'article de la Constitution qui, reprenant l'édit de Villers-Cotterêts, consacre le français « langue de la République » ? les langues régionales ou l'invasion anglo-saxonne ?

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 31 mai 2021

Drogues : « la meilleure façon de résister à la                                           tentation, c'est d'y céder » Oscar Wilde

C'est un éternel débat, toujours recommencé : doit-on légaliser le commerce de la drogue. Ou plutôt des drogues : cannabis, cocaïne, opium, crack ...

Comme pour la pédophilie autrefois, le sujet fait débat avec ses irréductibles opposants et ses partisans, enclins à mettre le doigt voire la main dans l'engrenage.

Le principal argument (spécieux) à l'heure actuelle est que ce serait le meilleur moyen d'arrêter le trafic qui gangrène nombre de banlieues (sans en apporter naturellement la démonstration). Alors, il n'est que d'essayer... tout en sachant très bien qu'il sera impensable ensuite de faire machine arrière. Ou que l'on nous démontre le contraire...

S'il s'avère, à l'expérience qu'il s'agit d'un fléau social, mettra-t-on dès lors en place des services de police spécialisés, avec le coût que cela induit pour réprimer à nouveau le commerce et la consommation ? Quand le diable sera sorti de sa boîte, comment arrivera-t-on à l'y faire rentrer de nouveau ? On frise l'utopie du côté des tenants de la légalisation. Et surtout l'irresponsabilité.

De nos jours, l'alcool et le tabac, sur la pression justifiée du corps médical font l'objet d'une publicité intense pour que leur consommation soit refrénée. Et non sans motif en raison du coût pour la Sécurité Sociale, du nombre de crimes et accidents que cela génère. Est-ce donc pour ajouter une autre cause de dysfonctionnement de nos sociétés, souvent bien plus grave encore ?

Il n'est que de lire - rien qu'à l'heure actuelle où même les drogues dites « douces » sont interdites - le nombre de crimes et de délits (notamment routiers) provoqués par leur consommation, pas même abusive. Encore un travail supplémentaire pour policiers et gendarmes, déjà trop sollicités, sinon accusés de laxisme.

Nous avons cité la célèbre phrase d'Oscar Wilde que les tenants d'une démission généralisée devraient mettre en exergue dans leur propagande. Elle fait écho au non moins célèbre Gribouille qui se jette à l'eau par peur de la pluie...

Si les « abolitionnistes » l'emportent à l'usure, l'État aurait sans doute alors le monopole de la commercialisation. C'est lui et ses douaniers qui réceptionneraient la « cam » dans les ports et les aéroports, puis délivreraient les autorisations de vente au tout-venant. D'un côté les pouvoirs publics lutteraient pour la santé et la sécurité publique mais de l'autre ils toucheraient les bénéfices de leur détérioration. Logique, cartésien n'est-ce pas ?

Du calme diront les fins connaisseurs : il ne faut pas confondre drogues douces et drogues dures. Sauf que c'est avec les adeptes des drogues douces que l'on fait les consommateurs de drogues dures...

Depuis plusieurs années, certains responsables politiques locaux ont par faiblesse, opté pour la tolérance (comme autrefois les maisons du même nom, aujourd'hui fermées ; c'est à dire la pratique, à petite échelle, de ce que serait, à grande échelle, la légalisation à laquelle poussent nombre de parlementaires prétendument « ouverts ». Encore un combat entre « libéraux » et « réactionnaires répressif »? Un de plus ? Que nenni ...

A Paris, où l'on a lâchement baissé les bras, demandez l'avis des habitants des quartiers où la ville a installé des salles de « shoot » pour satisfaire une clientèle « accro » ; où leurs enfants, partant ou rentrant de l'école, ramassent des seringues sur le trottoir quand ils ne se font pas agresser. Voyez aussi la révolte récente des résidents du quartier de Stalingrad, envahi par des drogués que l'on parque seulement à l'écart au lieu de les embarquer puis de les sevrer de force. Le maire du 19e arrondissement, notre ami Pascal Dagnaud, socialiste lui-même, n'en peut plus ; débordé à son tour.

Heureusement direz-vous, Eric Zemmour est là pour prôner « la loi et l'ordre », comme           d'hab! Eh bien non. Vous faites erreur. Il s'est à son tour déclaré pour la fuite en avant, le salut dans la fuite donc la légalisation. Ainsi, ceux qu'il vilipende régulièrement : les petits trafiquants, qui préfèrent leur commerce mortel, mais juteux, autour des cités, pourront-ils continuer à gagner en un jour ce qu'un travailleur gagne en un mois. Il ne faut tout de même pas casser le marché des grosses cylindrées, autos ou motos. Après tout, s'il y a des gens assez stupides pour étudier, travailler pour vivre, c'est leur affaire. Faisons cependant le pari qu'un jour, comme pour le viol, la pédophilie et autres symptômes de détraquement social et environnemental, à force de résistance, la peur changera de camp.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 24 mai 2021

1922 - 2022 : du fascisme au fascislamisme

Il y a un siècle, Mussolini préparait la « marche sur Rome » puis s'emparait du pouvoir pour y installer sa dictature. Son siamois, un peu plus musclé en Allemagne, à son tour lui emboîtait le pas (de l'oie) au mépris de la loi démocratique. Dans le même temps, à l'Est de l'Europe, loin d'à « l'Est de l'Eden », après la mort de Lénine, en 1924 le « divin » Staline instaurait lui aussi sa dictature implacable. Une sanglante vague autoritaire allait alors submerger le monde pour des décennies avant de se retirer dans un sursaut salutaire des démocraties. Mais cette leçon a-t-elle été comprise par tout le genre humain ? On a quelques raisons d'en douter ...

Cent ans après, un autre totalitarisme a fait son apparition, qui menace non seulement les démocraties, vieilles ou jeunes mais tout Etat, tout peuple, fut-il sur ses gardes. En un temps où l'on n'a plus le droit ou le courage de nommer les choses, appelons-le par son nom : l'islamisme, un ersatz du fascisme qu'avec nos amis de la Resistance iranienne depuis 40 ans nous appelons le « fascislamisme ». Une entreprise totalitaire aveugle qui a pour objectif, ou du moins comme ambition, de conquérir le monde. Une idéologie pour laquelle l'islam serait la version « Canada dry » ; la version culturelle, historique qui lui permet, tel un poison lent, de s'installer partout, à commencer par les démocraties occidentales, sommées de respecter leurs propres règles de tolérance. C'est d'ailleurs plus facile pour cette idéologie mortifère puisqu'elle y trouve des alliés, les « islamo gauchistes » qui lui servent de paravent de tête de pont pour s'introduire, tel le ver dans le fruit, afin d'être élus, ou réélus, quand la marée électorale se retire comme un cheval au galop. L'exemple le plus fragrant est la banlieue parisienne mais aussi celles de Lyon, Marseille voire Strasbourg où le socialiste Ries a fermé les yeux pour la construction de « la plus grande mosquée d'Europe », aux ordres de la Turquie, avant même la naïve écolo Barséghian. On ne résiste pas à l'appât des voix. Ainsi, à Trappes où la gangrène menaçait. Notre ami Guy Malandain résistant de la première heure a été balayé par Ali Rabeh, homme lige de Benoît Hamon.

Dès lors, les sous-marins sortent ensuite leur périscope. L'islam « normal » s'impose petit à petit, comme à Lille où la socialiste Martine Aubry, a accepté des heures de piscines différentes pour les femmes ; le menu des cantines s'adapte ; les librairies islamiques s'installent ; les femmes portent le foulard symbole de leur assujettissement, de la reconnaissance de leur infériorité ; les professeurs d'Histoire doivent élaguer leur programme « Ben quoi, c'est la liberté, c'est notre droit ... ». Heureusement, il n'y a pas encore eu d'enterrement officiel de la laïcité mais cela ne saurait tarder. Mélenchon en sera le grand ordonnateur, tel le défroqué Talleyrand.

L'Europe, la France en particulier, n'est pas le seul champ de bataille où s'affrontent l'islamisme et la démocratie. C'est le cas dans bien des pays du monde, souvent de manière plus dure encore. Voyez l'Iran après la chute du Shah, en 1979 ; voyez l'Afghanistan, le Pakistan, l'Egypte etc. L'Algérie, propriété du FLN a bien failli y succomber au début des années 90. Ces pays où l'islam est présent, au lieu d'avancer vers une démocratie laïque stagnent ou régressent vers une religion rigoriste pour, comme la Syrie, le Sahel, être déstabilisé par DAECH avec les femmes réduites en esclavage sexuel, les mains ou les têtes coupées. Même le Turc Erdogan tient à participer à ce banquet islamiste d'ampleur mondiale en s'ingérant à Chypre, en Syrie, en Libye. L'islamisme est comme une drogue dont les doses doivent être sans cesse augmentées jusqu'à la paralysie totale.

Il n'y a que les « idiots utiles », selon la formule communiste, pour se mettre, tel les autruches, la tête dans le sable. La liberté, la démocratie sont un boomerang. Car c'est en leur nom que le fascislamisme avance, masqué ou voilé hypocritement, à la différence du fascisme des années 1920 qui lui, annonçait clairement la couleur. Ce n'est pas une raison cependant, comme le pauvre Gribouille, par peur de la pluie, dans les années 1920, d'aller se jeter dans la mer, dans les bras des héritiers du fascisme, en 2022. La peur n'évite pas le danger et si nos vieux anticléricaux d'antan, qui ont combattu notre culture des cathédrales, sont épuisés, qu'une jeunesse laïque se lève à son tour pour festoyer joyeusement autour d'un cassoulet ou d'une choucroute bien arrosée. On appelait cela, à la fin du XIXe siècle, des banquets républicains ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 17 mai 2021

Israël - Palestine : la der des guerres ?

Et c'est reparti, comme en 14 : Israéliens contre Palestiniens. Deux peuples sémites pour une seule terre. Chacun avec ses droits : les mêmes, mais de légitimité différente. Même le grand Alexandre ne parviendrait pas à défaire, sinon à le trancher, encore une fois, ce nœud gordien...

Le peuple juif, selon la Bible, reçut cette terre en héritage à Ur dans l'actuel Irak quand Abraham, le père de toutes les religions monothéistes accepta la mission de Yahwe d'aller occuper une « terre promise », à l'Ouest : le futur Israël d'où les descendants furent, plus tard, chassés pour être exilés en Égypte, à Babylone puis dans le monde entier pendant deux mille ans. Ce peuple d'exception, soudé par sa religion survécu cependant, y compris au génocide nazi après les pogroms d'Europe de l'Est. Mieux encore, il réussit à reconquérir son pays perdu quelques années après l'holocauste quand les puissances occidentales chrétiennes, par leurs huit croisades successives (de 1096 à 1270) n'avaient, elles, pas réussi à libérer le même territoire, désormais peuplé par les conquérants islamistes, arabes ou ottomans. D'où le conflit de légitimité qui est né à partir de 1948, lorsqu'a été proclamé l'État hébreu après le départ des Britanniques qui remplissaient encore, sur place, le mandat donné par la SDN (Société des Nations) après la fin de l'empire ottoman, auteur lui-même du génocide des Arméniens en 1915.

En matière de droit et de légitimité, on ne peut guère faire mieux ! D'où des éruptions quasi volcaniques, à intervalle régulier depuis 70 ans, entre Israël (qui a reconquis sa capitale historique, Jérusalem, en 1967) soutenu par les pays occidentaux contre les États arabes entourant le petit État juif, émergeant des cendres des crématoires, tel un Phénix.

Au fil des ans, la résistance palestinienne s'est reconnue dans une organisation : l'O.L.P. (Organisation de Libération de la Palestine) et dans un homme charismatique : Yasser Arafat, mais dont les méthodes terroristes suscitèrent crainte et haine.

Tous les processus de paix engagés échouèrent, y compris celui des accords d'Oslo qui avaient abouti, sous la présidence de Bill Clinton à une reconnaissance réciproque et à la solution de deux États pour deux peuples.

La France où, sur le perron de l'Élysée, de Gaulle avait proclamé « Israël, notre amie et notre alliée » en serrant publiquement la main du Premier ministre Ben Gourion ; lui avoir révélé les secrets de l'armement nucléaire, changea de position, en 1967, lors de la guerre des six jours où le Président français qualifia le peuple juif de « sûr de lui-même et dominateur ». Paris rééquilibra alors sa politique, gauche et droite confondues puisque c'est sous la présidence de François Mitterrand que Yasser Arafat fut exfiltré du Liban lors de l'attaque israélienne.

De Gaulle, comme très souvent, avait vu juste. Le frêle État qu'une morale élémentaire impose de soutenir est devenu un tantinet arrogant. Il n'est que de s'y rendre pour mesurer son esprit obsidional, même si on peut le comprendre après deux millénaires d'exil. Et que dire des humiliations infligées aux populations arabes, chrétiennes ou musulmanes ; la colonisation plus ou moins rampante de leurs territoires en dépit de la reconnaissance officielle de la communauté internationale sous l'égide des Nations Unies.

Chacun, de part et d'autre, a pratiqué en son temps le terrorisme, à commencer par les pionniers juifs de l'Irgoun qui ont tué par un attentat Folke Bernadotte, le Suedois représentant l'ONU dans l'hôtel King David. Yasser Arafat, à son tour, a été légitimement accusé des mêmes dérives sanglantes (mêmes méthodes que le FLN en Algérie plutôt que de faire reconnaître ses droits légitimes par des méthodes pacifiques comme Gandhi, Mandela ou Luther King). Question de culture ...

On le lui a toujours reproché, même après sa « conversion » à des méthodes non violentes. Lors de notre rencontre à Tunis, le chef de l'O.L.P. m'assura de la sincérité de ses intentions et s'engagea à venir à Paris pour parler devant la Commission nationale consultative des droits de l'Homme, alors présidée par mon ami Jean Pierre-Bloch, ancien député socialiste, grand résistant, pour témoigner de son nouvel engagement. Mais ce cher Jean, un peu effaré, bien que prêt à soutenir cette opération « mains propres » y mis une condition qui ne s'invente pas : il fallait au préalable, disait-il « cacheriser » l'affaire. En clair, obtenir l'aval du président du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) ce que j'ai jugé inacceptable dans un pays laïque et souverain, mais que, Français humilié, j'acceptai cependant en raison de l'importance de l'enjeu. Résultat ? négatif. Refus d'approuver la venue d'Arafat à Paris pour l'engager sur les droits de l'Homme, comme il avait pu dire auparavant que la charte de l'O.L.P. était « caduque », devant micros et caméras.

Rien n'a donc évolué depuis dans l'aveuglement. Isaac Rabin, Premier ministre a été assassiné par un de ses concitoyens. Arafat est mort, avec pour héritier un Mahmoud Abbas sans charisme, ce qui a alors suscité la montée en puissance du Hamas, unanimement dénoncé, lui, comme mouvement terroriste.

Aujourd'hui, dans une nouvelle configuration même la grande ONG américaine Human Rights Watch dénonce un « apartheid » qui vise à marginaliser les Arabes israéliens tandis que l'État hébreu, abusivement soutenu par le mégalo Donald Trump, chasse les Palestiniens de Jérusalem Est, et s'entend désormais avec les Émirats, Bahreïn, le Maroc, le Soudan pour contrer les visées expansionnistes de l'Iran... Encore et toujours le nœud gordien plus serré que jamais par un Benyamin Netanyahou, suffisant et corrompu.

En conséquence, les camps se dessinent et se renforcent aux extrêmes : d'un côté Israël, les Américains, les Européens et ses nouveaux amis du Golfe face aux terroristes patentés - le Hamas dans la bande de Gaza au Sud et le Hezbollah au Nord, au Liban, soutenus par ce qui reste de la Syrie, mais soutenue surtout par un État lui-même terroriste (l'Iran héritier de Khomeiny) qui a juré la disparition de l'État hébreu.

Avec qui, dès lors, reprendre le dialogue interrompu pour une paix durable ? Avec le Hamas qui pilonne jour et nuit le territoire israélien ? Avec l'héritier élu de Yasser Arafat qui est incapable d'organiser des élections dont, de toutes façons il sortirait battu, ultra minoritaire, où il perdrait à coup sûr ce qui lui reste de « légitimité » ?

Malheureusement, comme en France notamment, l'islamisme et sa philosophie totalitaire, mène le bal et empêche une approche pacifique, faite de concessions réciproques ; l'établissement d'une paix durable. Seul le rapport de force est pris en compte. La laïcité, mère de toutes les paix n'est qu'une chimère. Raison de plus alors, peut-être, d'en rappeler les bienfaits comme un droit de l'homme fondamental au même titre que le droit à la paix. Mais pour cela, il faudrait une France qui croit encore en elle-même...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 10 mai 2021

Nostalgie Mitterrand

10 mai 1981, la France explose de joie, avec 51% des voix à la gauche. Mais le pays reste uni, curieux de l'expérience qu'il va vivre, tout en étant confiant en l'homme qu'il a choisi : François Mitterrand dont le général de Gaulle disait en son temps à ses ultras, pressés de lui tendre des chausses-trapes « n'insultez pas l'avenir ». Toujours prophète ce général à titre éternellement provisoire.

L'alternance, les cohabitations se sont ensuite bigrement bien passées ce qui rend ridicules les propositions de quelques nains, au jour d'aujourd'hui, de mettre en place une VIe république. Pardon une V bâton république comme il faut dire maintenant (puisque « les jeunes » ne comprennent pas ce que veut dire Louis XIV qu'il faut traduire pour qu'ils comprennent) : Louis X bâton V. Un grand progrès ; une grande victoire des forces prolétariennes.

Caricature ? Que nenni ! On pourrait en enfiler des dizaines et des dizaines comme cela. Qui plus est bien plus graves, lourdes, clivantes pour un pays plus que millénaire.

Ainsi, au premier chef du ridicule, mais à risque, la persistance d'un discours pro-drogue, par le détour provisoire, soi-disant « inoffensif » du cannabis, soi-disant thérapeutique ou festif ... Il est des parlementaires pour signer. Même le très réac Zemmour s'y est converti. Imaginez François Mitterrand ou Charles de Gaulle fumer un join. C'est comme les imaginer chez un psy (comme fit Giscard d'Estaing). Le primum n'est plus à la raison. Et pourtant, on en est encore à s'interroger sur « interdiction-répression » - ce qui serait, parait-il réactionnaire quand les revendeurs (dire « dealer » pour être moderne) s'enrichissent à millions, conduisent à risque, pourrissent la vie des cités et, maintenant, n'hésitent même pas, comme à Avignon, à abattre un policier - ceux que l'on appelait autrefois « gardiens de la paix ».

Donc, soyons « libéral ». Laissons faire le marché. Les « jeunes » ont plus besoin de cela que de réussir des concours, que l'on ouvre d'ailleurs à tout le monde, sans effort. Ce serait, soi-disant, la démocratie. Cannabis pour tous, bac, Sciences Po pour tous. On l'a déjà dit et écrit, ces adolescents qui partaient par tous les moyens rejoindre Londres en 40 n'étaient que des imbéciles, au lieu de s'éclater comme pendant la pandémie.

Mais il y a mieux. Enfin il y a pire encore. Désormais, presque chaque jour, des « jeunes » brûlent des voitures, cassent des vitrines, tabassant médecins, pompiers, policiers ... ce qui est l'opportunité pour l'hebdomadaire Valeurs Actuelles d'engranger des recettes en publiant les textes d'une infâme minorité de militaires en toute illégalité ; d'en appeler à la «  grande muette ».

Question : la liberté d'expression de la presse est une chose. La complicité d'appel à la violation de la loi en est une autre. Dès lors, quand le parquet va-t-il engager des poursuites puisque la loi de 1881 est explicite à cet égard ? On l'attend avec impatience, et surtout, de voir si le reste de la presse se solidarise avec ces lepenistes de bon aloi.

De Gaulle, Mitterrand ont été tolérants jusqu'à l'extrême. Nous allons voir jusqu'où ira l'actuel Président et son gouvernement. Notamment en révisant, en urgence, avant les prochaines échéances électorales, l'âge de la responsabilité pénale. Car s'il est plausible de ramener le droit de vote à 16 ans, il est non moins nécessaire que de jeunes mineurs qui savent trafiquer de la drogue, caillasser les pompiers et brûler des véhicules ou magasins, répondent comme des adultes de leurs actes. L'un ne devrait pas aller sans l'autre. En même temps !

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 3 mai 2021

Cedant arma togae

Qui parmi les inconditionnels du Droit, de la démocratie et de la République ne se souvient de cet adage romain qui nous ramène à nos racines historiques pré-chrétiennes : « cedant arma togae » ... Une formulation claire, nette et précise que n'ont pas connue nos politiciens - même élus - pas plus que nos commentateurs journalistiques. Quant aux adeptes des réseaux dits « sociaux », on ne l'imagine même pas. Et ce n'est pas à Sciences Po, en voie d'américanisation qu'on l'enseignera.

Pour ceux qui auraient encore besoin d'une traduction de la langue de nos colonisateurs, cela signifie, signifiait et signifiera toujours : « les armes s'inclinent devant la toge » (des élus ou de la justice). En ces temps où il est de bon ton de cracher sur tous ceux qui ont propagé une culture, au premier rang desquels Jules Ferry père de l'école républicaine, grand laïcard devant l'Eternel (colonisateur dit « le tonkinois » par Clémenceau) il était bon de rappeler les sources de notre éthique politique.

Ainsi, de nos jours encore, se doit-on de condamner l'appel de généraux à s'immiscer dans la politique nationale par le biais d'un manifeste publié par l'hebdomadaire de droite extrême Valeur Actuelles, auquel s'est empressé de souscrire Marine Le Pen, au nom de son parti, héritier d'un groupuscule qui soutenait les terroristes de l'OAS à la fin de la guerre d'Algérie. Rien de moins ... La même Le Pen d'ailleurs qui est miraculeusement devenue « gaulliste » après que son père Jean-Marie ait tout tenté pour abattre de Gaulle, au propre comme au figuré.

Aucun doute possible d'ailleurs puisque l'appel de quelques militaires félons a été publié le jour même de l'anniversaire du putsch d'Alger, le 21 avril 1961 par le tristement célèbre «  quateron de généraux en retraite » (Salan, Challes, Jouhaud, Zeller) qui avaient menacé de faire sauter leurs paras sur Paris s'il n'y avait eu la riposte populaire de Michel Debré, alors Premier ministre et de notre ami Charles Hernu, futur ministre de la Défense de François Mitterrand. Pour mémoire également, les « gars » du contingent, l'oreille rivée à leurs premiers transistors, l'Armée du peuple, avaient alors, eux, refusé de suivre ces «  aventuriers de l'Algérie perdue »

A un an des élections présidentielles en France, l'appel de cette infâme poignée de militaires est clair : s'ingérer dans le vote populaire à venir, en dehors même des règles et de la tradition qui s'imposent à eux, au profit de l'ex Front National qui sera probablement en lice contre le Président sortant (faute d'autres candidats d'envergure).

Une majorité de sondés (58%) nous dit une presse avide de combats de coqs pour doper son audience serait favorable à l'appel illégal de ces galonnés proche de l'extrême droite. Voir. Car ceux qui répondent à « radio trottoir » n'ont certainement pas en tête la guerre d'Espagne, le 11 septembre 1963 au Chili ou la dictature argentine que nous avons combattue pendant 365 semaines de 1978 à 1984. Lorsque l'on oublie l'Histoire, on est appelé à la revivre.

Non qu'il faille être bêtement anti-militariste. Le grand Jaurès, auteur de « l'Armée nouvelle » qui nous a inspirés Charles Hernu, Jean-Pierre Chevènement, Hubert Védrine, François Heisbourg et quelques autres à fonder les Conventions pour l'Armée Nouvelle, en 1975, en est la preuve. Un pays, la France en l'occurrence, a besoin d'une armée, moderne de préférence, comme l'avait voulu (en vain) Charles de Gaulle avant-guerre, ce dont le Sénat conservateur, nous confiait son fils Philippe n'avait pas voulu afin de continuer de vendre le foin d'un pays massivement encore agricole à l'Armée. Cavalerie montée plutôt que cavalerie blindée. On aimerait savoir ce qu'en pense Philippe de Villiers fielleux frustré invétéré, sinon son frère le général Pierre de Villiers, devenu auteur à succès. Car la ligne de clivage passe par là. Entre Républicains et crypto fachos. Nul ni échappera si le nœud gordien, comme en 36 en Espagne, en 40 chez nous, se resserre, contraignant les loyalistes de tous les bords (le colonel de la Rocque et autres Cordier ...) à dire, fut-ce tardivement et symboliquement mais aussi pratiquement : « No pasaran »

De Gaulle, lors d'une conférence de presse restée dans toutes les mémoires, en réponse à une question le soupçonnant de dictature répondait : « Ai-je jamais attenté à la République. La République, je l'ai sauvée deux fois ». Avis aux amateurs.

La République laïque est une et indivisible, loin du communautarisme américain qui proclame « In God we trust ». Si quelques chefs étoîlés, non répertoriés au Guide Michelin parce qu'ils se dégonflent, persistent et signent encore, cela appellera alors un contre manifeste de gradés de gauche, bien plus nombreux, héritiers des vainqueurs de Valmy. Mais que sera ensuite l'unité de l'Armée, dont la « discipline est la force principale » ? Si les militaires ont tous les droits des citoyens jusqu'à avoir le devoir de se présenter à chaque élection quand ils veulent « fendre l'armure », en revanche ils doivent au préalable « rendre les armes » car celle-ci appartiennent à la nation. Et puis qu'ils se souviennent aussi de la phrase d'un expert en la matière, un certain Napoléon Buonaparte : 'l'épée est toujours vaincue par l'esprit ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 26 avril 2021

Rwanda : qui mal y pense ...

L'épouvantable génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 continue à faire couler beaucoup d'encre après une rivière de sang. Mais il semblerait que la vérité émerge enfin sur les responsabilités puisque la culpabilité, elle, ne fait aucun doute : les Hutus, l'autre composante ethnique du Rwanda, a massacré à une échelle totale, sinon totalitaire, la seconde ethnie (en nombre) du pays. Ce que l'on appelle, depuis 1945, un génocide.

Ceci étant dit, compte tenu des éternels « sanglots de l'homme blanc » dirait notre ami Pascal Bruckner, une population noire ne pouvait pas, décemment, être seule en cause. Il fallait bien trouver un peuple « majeur », d'une « race supérieure » pour assumer ce que n'aurait pas pu faire seul un peuple forcément « innocent », « naturel », au sens «  rousseauiste » du terme. Les clichés ont la vie dure. La France, présente sur place après la Belgique fut donc désignée au moins comme « complice », et de supporter cette infâme «  tunique de Nessus » collée par une certaine presse française avide de doubler son audience et ses ventes. C'était, soi-disant, la preuve de son honnêteté intellectuelle à elle et de son intégrité voire de sa rigueur morale. Soit.

Va donc pour la France responsable sinon coupable, en 1994, en pleine période de cohabitation : François Mitterrand, chef de l'Etat ; Edouard Balladur, Premier ministre ; Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères.

Mais nos fins limiers, auxquels on ne la fait pas, ont ensuite précisé leur vision. Du « grand angle », ils sont passés au « zoom » et ils ont trouvé la vérité dans la vérité. En définitive, le seul responsable moral, c'était François Mitterrand et puis « un peu beaucoup », pour ajouter du sel sur les plaies sans se tromper (car tout est relatif) son entourage. Ainsi en ciblant large, on est sûr d'atteindre son but. Même si le flou artistique n'a que peu à voir avec l'Histoire, quoique « calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose » ...

La France actuelle, celle du président Macron a donc été priée de faire repentance, comme elle est sommée de le faire pour l'Algérie en oubliant toutes les colonisations antérieures de ce pays, bien que plus prégnantes pour son avenir démocratique.

Las pour les vautours avides de sensationnalisme historique, politique et moral, les archives ont été ouvertes. Zut alors ! encore raté ...

Le président Macron a confié un rapport à une commission d'experts incontestable sous la direction d'un homme au-dessus de tout soupçon, Monsieur Duclert laquelle a conclu clairement que la France n'était ni responsable, ni complice.

L'actuelle présidence du Rwanda, pourtant très « remontée » contre la France, (sinon hostile), a estimé que ce rapport était acceptable et a alors ouvert la porte au dialogue entre la France et le Rwanda. C'est pour cela aussi d'ailleurs que le président Kagame avait, de son côté, demandé auparavant un autre rapport, indépendant, à des experts, avocats américains - donc tout sauf bienveillants à l'endroit de Paris.

La conclusion récente de cette étude, dite rapports Muse, du nom de son auteur, corrobore le rapport des historiens franco-français. Il exonère la France, en excluant une participation quelconque au génocide des Tutsis, y compris de « complicité » ...

Pour ceux qui suivent de près ce tragique dossier : Hubert Védrine, Paul Quilès, Alain Juppé ... (et NDH, qui n'aurait pas eu scrupule à au moins « regretter » des dysfonctionnements, des erreurs voire des fautes), on avance enfin dans la bonne direction. On aurait aimé cependant que les belles âmes, promptes à bafouer la présomption d'innocence fussent aussi rapides à dénoncer l'invasion de l'Irak, qui a déstabilisé le Proche Orient, au faux prétexte de la détention d'armes de destruction massives par Saddam Hussein - ce qu'a pointé Hans Blix, rapporteur suédois de la Commission d'enquête de l'ONU auquel notre organisation, en 2004, a remis le Prix littéraire des droits de l'Homme, des mains du Président de Sénat Christian Poncelet (« Irak, les armes introuvables » Editions Fayard).

Mais, comme dans tout bon « procès » ou processus, le dernier mot doit revenir sinon à la défense, du moins aux interlocuteurs « légitimes » qui ont droit, sans vaine polémique, à faire des mises en cause, à distiller leurs soupçons. En l'occurrence donc, à l'actuel pouvoir en place au Rwanda et non aux commentateurs en vaine de sensationnel. Car le Droit a deux sources principales : la loi et les conventions ...

« Conventionnellement » dès lors, jusqu'à preuve du contraire, les autorités de Kigali baissent un peu la garde dans cette tragique et sordide affaire. Le chef de la diplomatie rwandaise, Vincent Biruta le reconnait avec honnêteté. La France n'est en rien coupable même si Paris a, ce qui est bien légitime, tenté de jeter un voile pudique sur certaines erreurs commises. Car nul ne pouvait imaginer un tel massacre.

L'actuel Président Paul Kagame s'est rendu en France. Le Président Macron, à son tour, devrait se rendre au Rwanda. Même si rien n'est effacé, oublié. Surtout pas les 800.000 morts. La triste réalité est ou sera bientôt reconnue de part et d'autre. Là est l'essentiel. Un bel exemple pour les dirigeants algériens qui veulent, eux, mettre la France à genoux en dépit des faits.

A l'heure de l'anniversaire du génocide du peuple arménien, que le nouveau Président Joe Biden vient à son tour de reconnaître, une belle leçon pour la Turquie d'Erdogan lequel s'inscrit dans la ligne bornée des dirigeants algériens qui, maintenant, essayent de faire croire que le mouvement Hirak, pro-démocratique, est suscité par les islamistes.

Certes, mutatis mutandis, le génocide des Arméniens, des Tutsis, la guerre d'Algérie, l'invasion de l'Irak n'ont rien de commun. En apparence tout du moins. En apparence seulement car, au fond, il s'agit bien de l'honnêteté intellectuelle et morale dans tous les cas. La seule qui devrait prévaloir en définitive.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 19 avril 2021

Sarah Halimi : un irresponsable non coupable

Selon un polémiste médiatique en vogue, le Président François Mitterrand aurait déclaré: «  les magistrats ont tué la monarchie ; ils tueront la République ». Certes, « on ne prête qu'aux riches » mais pourquoi pas après que la Cour de cassation ait empêché de juger un certain Kobili Traoré, reconnu l'auteur du meurtre, le 4 Avril 2017, de sa voisine, à Paris, Sarah Halimi, âgée de 73 ans.

Les faits ne sont aucunement contestés : l'individu a roué de coups sa victime puis l'a défenestrée en criant « Allah Akbar », en ajoutant : « J'ai tué le sheitan » (le diable en arabe), ce qui va sans dire dans notre république laïque (... mais mieux encore en le disant). L'auteur des faits avait 27ans.

Verdict, cour d'appel avec audition des « experts » psychiatres, qui, tous, confirment : «  abolition du discernement » du supposé criminel au moment des faits. Normal, car le    tortionnaire et meurtrier de Sarah Halimi avait été « victime » d'une  bouffée délirante aiguë lorsqu'il avait commis son acte. Donc lui-même « victime » le pauvre, d'une surconsommation de cannabis lors du passage à l'acte, voire d'autant plus « victime » qu'il avait peu de moyens pour acheter sa drogue. Il faut comprendre sa situation dramatique !

Quatre « psy » ont confirmé. Une belle unanimité, scientifiquement incontestable en somme. Voilà pourquoi, notre Cour suprême, qui ne juge qu'en droit, à la différence des deux premières instances judiciaires (cour d'assise, cour d'appel) qui traitent les faits et le droit avant de rendre leur sentence elle, à son tour a confirmé. Donc la hiérarchie judiciaire a été unanime : monsieur Kobili Traoré, selon l'article 122-1 du code pénal ne peut être pénalement responsable, ou, si l'on traduit mot à mot, les « psy » sont au-dessus des juges qui ne font qu'exécuter une « expertise » incontestable, qui en douterait ?

Les jugements rendus « au nom du peuple français » sont subrogés à des hommes de l'art, de « science » dont les rapports seraient aussi valables que ceux de médecins qui diagnostiquent un cancer ou une défaillance cardiaque mortelle. Leur savoir n'est nullement approximatif ! En conséquence, citoyens français, buvez jusqu'à plus soif, droguez-vous puis tuez votre voisin ou le premier venu, vous serez exonéré de peine. Vous pouvez même prendre le volant de votre véhicule si vos moyens financiers, hors vos consommations onéreuses d'alcool ou de drogue vous le permettent.

Voilà pourquoi, d'ailleurs, des pouvoirs publics élus ont ouvert des centres où l'on peut se piquer à loisir puis laisser traîner sur les trottoirs environnant des seringues que les enfants ramassent au grand dam de leurs parents. Claudel avait raison « La tolérance, il y a des maisons pour ça ». Dans une société permissive, qui n'est plus régie uniquement par le droit, il est interdit de faire de la publicité pour l'alcool, le tabac, ces fléaux pour la Sécurité Sociale que paye tout un chacun ? Soit mais il ne l'est aucunement de signer des pétitions pour la consommation de drogues. Au même titre - mutatis mutandis - que la pédophilie faisait rire les invités de Bernard Pivot et conspuer l'écrivaine Denise Bombardier.

Dès lors, juridiquement, selon la loi et pratiquement, le tortionnaire et l'assassin antisémite avoué de Sarah Halimi sera (est) libre, en France, de toutes charges pénales. Comme au Pakistan ceux qui appelaient à la mort de la jeune paysanne chrétienne Asia Bibi qui avait osé boire un verre d'eau dans un puits de musulmans. Cette foule déchaînée devait être absoute ... puisque telle est la loi et que la psychologie collective, là-bas et ailleurs, s'impose à tous.

Les avocats de la famille Halimi veulent-ils saisir désormais la Cour européenne des droits de l'Homme ? Ils sont sans doute trop naïfs car comment pourraient-ils l'emporter puisque nos psy, toujours prompts à se précipiter lors des accidents ou catastrophes pour tout faire digérer, expliquer sont au-dessus des faits ? Il n'y a que ce pauvre Lénine pour dire que

« Les faits sont nos maîtres ». Tout le reste n'est qu'interprétation ; tout est relatif. Une morale, l'éthique ? On ne va tout de même pas retomber dans le « vieux monde » où la formule était

« dura lex, sed lex », ou la loi du talion. Soyons modernes, que diable ! A moins que le Parlement français, explicitement, ne rappelle enfin que nous sommes tous égaux devant la loi et que la consommation volontaire de drogue ou d'alcool n'exonère pas de ses responsabilités civiles et pénales. Un beau débat en perspective entre la droite et la gauche avant les élections présidentielles à venir. Les paris sont ouverts et nous sommes prêts à les prendre au-delà des graves querelles en cours sur l'islamo-gauchisme, le racialisme de l'UNEF et de madame Pulvar.

Comme finissait toujours ses chroniques Geneviève Tabouis, journaliste femme des années 50 que l'on aime à citer : « Attendez-vous à savoir... » que des djihadistes ont brûlé une église ou tué un enseignant mais sont dispensés de peine parce qu'ils avaient bu un verre d'alcool, ce qu'interdit le Coran mais que comprend la loi républicaine.

Le relativisme, voilà l'ennemi des droits de l'Homme ... Après le père Hamel curé de Saint Etienne du Rouvray, paix à l'âme de Sarah Halimi qui a sans doute rejoint celle de Samuel Paty au paradis... laïque !

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 12 avril 2021

Pandémie et libertés

Depuis plus d'un an que la Covid 19 a entrepris son lugubre parcours sur la planète, dirigeants, scientifiques sont mobilisés pour endiguer le mal.

Ce n'est pas la première fois que l'humanité est confrontée à un tel fléau : peste noire, choléra, grippe « espagnole » ... Mais c'est la première fois depuis que le monde est réuni par les moyens de communication instantanés ; depuis que l'on voyage d'un bout à l'autre du globe en permanence. Dès lors, à mal nouveau remèdes nouveaux ...

On peut se féliciter que les chercheurs aient trouvé un ou des vaccins en un temps record. On peut déplorer que la France de Pasteur, dotée d'un système sanitaire exceptionnel soit le seul pays membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU à n'avoir pas proposé son propre vaccin. Mais le temps n'est pas encore venu à l'introspection. Laissons à quelques politiciens en vaine de publicité malsaine le soin de jeter de l'huile sur le feu.

La question, pour nous, au-delà de la problématique « technique », dans un monde ouvert (et pas forcément démocratique) est celui de la compatibilité entre le remède et les libertés.

Pour faire court, on pourrait assimiler l'épidémie qui submerge la terre entière à une guerre sans arme, avec bien des dégâts d'un conflit, selon l'opinion de la majorité des chefs d'Etat ou de gouvernement, à l'exception, on l'oubliera bientôt, de quelques responsables bornés comme Trump, Johnson ou Bolsonaro qui ont commencé par nier la réalité du mal ; d'un mal universel. Car même les Chinois, du pays desquels serait venu le fléau, se sont immédiatement attelés à la tâche : arrêter le virus.

Au dire des experts, sous le contrôle des gouvernements, la solution, avant d'avoir trouvé le ou les vaccins, a consisté à confiner les populations, ce qui ne se fait pas, hélas, d'un coup de baguette magique. D'où des rebellions, ici ou là, dans nombre de pays. En France en particulier.

D'aucuns ont bravé le couvre-feu ; d'autres se sont réunis en nombre ; d'autres encore comme certains restaurateurs ont poursuivi inciviquement et clandestinement leurs activités lucratives. De « bonnes âmes » médiatiques ont même déploré que « les jeunes », en regrettant qu'ils ne puissent poursuivre leurs études, surtout, ne pouvaient plus « s'éclater », faire la fête ... à leur âge ! L'horreur absolue ...

Certes, cette situation restreint nos libertés, de circulation notamment. Mais qu'est-ce à côté de la mobilisation exceptionnelle de tous les soignants en France, en Italie, en Espagne, en Allemagne etc. Le remède ne doit-il pas être à la hauteur du mal ? Fallait-il que les dirigeants politiques, tout en tâtonnant parce nul n'avait la réponse immédiate, pratiquent, comme Trump et consorts « la politique du chien crevé au fil de l'eau » ?

C'est bien là où l'on sent et ressent la régression morale, éthique des peuples de ce début du XXIe siècle. On crie à l'atteinte à nos règles de confort physique, social, financier, puis, désormais, à des dérèglements psychiques. Mais que ne prennent-ils le manche ceux-là, en lieu et place de tous les gouvernements des Etats qui doivent, avec tout le corps médical faire face.

« Faire face» tel était la devise du grand aviateur Guynemer, « l'as des as », durant la première guerre mondiale, comme celle de tous les « poilus » de 14 et des résistants de 40. Mais aujourd'hui, on ne saurait plus se mobiliser, se serrer les coudes, respecter les ordres de se protéger en protégeant les autres.

Pleurons donc avec les démagogues sur le triste sort « des jeunes » d'aujourd'hui qui n'ont pas à monter au front et tomber par centaines sous la mitraille, leurs corps abandonnés dans la boue, ou ceux de l'île de Sein qui réquisitionnaient un bateau pour rejoindre l'Angleterre. Ils vont sans doute manquer une année d'études ces « victimes » de l'horrible pandémie. Comme s'ils ne pouvaient les reprendre d'ici un an quand leurs ainés, qui ont survécu à l'horreur n'ont, eux, repris leurs études que quatre années plus tard.

La fête est finie ? Non, elle n'est que remise, jusqu'à la restauration de toutes les libertés qui sont provisoirement suspendues. D'ailleurs pourquoi ne pas, alors, conquérir de nouveaux droits de l'Homme comme l'ont fait en 1945 les résistants au nazisme. Ce serait une belle sortie de crise par le haut ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 3 avril 2021

A fronts renversés

Même en prenant son vélo pour être à la mode, il est difficile de suivre le monde des idées dans le contexte actuel. Rien ne correspond aux ancrages des décennies, voire des siècles passés sur le plan des valeurs.

C'est ainsi que Marine Le Pen met beaucoup d'eau dans son vin sur l'Europe, le racisme, la laïcité, ... contournant la droite traditionnelle « par la gauche » tandis que le « front républicain » destiné à lui faire barrage s 'effrite en cas de second tour Macron - Le Pen, laissant des chances à son élection.

Mais ce n'est pas qu'à droite que le socle des engagements est bouleversé. Il en va de même à gauche où le mal est peut-être pire puisqu'elle était sensée incarner jusqu'à présent une certaine moralité. Or si on ne fait pas de politique avec la morale, on n'en fait pas sans morale non plus.

L'irruption des Verts sur la scène politique lors des dernières élections municipales a sans doute accéléré la désintégration des atomes intellectuels qui, regroupés, formaient avant des molécules à gauche ; « union de la gauche » contre nébuleuse de droite, plus ou moins gaulliste... Il faut dire qu'en matière « atomique », les Verts ont toujours été aux avant-gardes, plus partisans de la fission que de la fusion. Qui n'en voit le résultat face à un Parti Socialiste exsangue, incapable de nommer ses têtes de listes aux élections européennes comme aux élections départementales, régionales à venir et, à coups sûr, présidentielles. Il faudrait quasiment en revenir aux vieux slogans « anti-alcool » d'il y a quelques années : « Un vert ça va ; deux verts, bonjour les dégâts », en incitant les socialistes à commencer à se désintoxiquer au plus vite de la potion que leur administrent les petits hommes verts.

Laïcité ? Il faudrait un « rappel à la loi » de 1905, même si en Alsace Moselle, le Concordat de Napoléon prévaut encore. Que ne lance-t-on un referendum local pour régler démocratiquement cette question qui n'est qu'une survivance du lien de l'Eglise et de l'État d'antan.

Au lieu de cela la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian fait voter une subvention de 2,5 millions d'€uros à une association musulmane turque (Milli Gorus) aux ordres d'Erdogan, et qui refuse de signer la charte sur l'islam de France, pour construire la plus grande mosquée d'Europe... Voilà un geste qui l'honore quelques mois après que le satrape d'Ankara eut reconverti la basilique Sainte Sophie en mosquée. Sans doute les petits voyous qui brûlent régulièrement des voitures en banlieue de la capitale alsacienne viendront-ils y prier. Madame Barseghian a d'autant plus de mérite qu'au-delà de ses relations privées avec l'Allemagne, pays où il y a la plus grande communauté turque depuis l'alliance entre l'empire ottoman et Berlin, durant la première guerre mondiale, les Arméniens ont été victimes du premier génocide de l'Histoire moderne, avant que l'Allemagne, à son tour n'entreprenne le génocide de tout ce que l'Europe comptait de citoyens juifs. Or, que l'on sache, la maire de Strasbourg a des origines arméniennes puisque son grand père, notre ami Armen Barseghian, avocat socialiste à Paris, avait fui les massacres avec sa mère tandis que son père, lui, était exterminé. Ses ancêtres doivent dès lors se retourner dans leur tombe, si tant est qu'ils en aient une !

Décidément, il faut que « tout bouge pour que rien ne bouge ». Il en va de même pour l'économie où le PS accuse Macron d'être un « libéral » au moment où lui (et l'Europe) renversent les vieux dogmes libéraux de la droite pour se lancer à corps perdu dans une politique keynésienne que la gauche n'avait jamais osé pratiquer « quoiqu'il en coûte » (exit le déficit budgétaire à moins de 3% ; un endettement national qui submerge le PIB ; subventions et aides aux plus défavorisés etc.). Ce qu'avait fait Roosevelt après la crise de 29 et que récusait Reagan avec son alliée Thatcher. Donc, là encore, il s'agit d'un « affront renversé ». Mais l'équipe Faure continue cependant à nous reciter du Jean de La Fontaine dans « Renard et les raisins verts » avec ses nouveaux alliés et maîtres écolos : « Ces raisins sont trop verts et bon pour les goujats ». Idem aussi pour le réchauffement climatique où le maintien, voire le développement de l'atome civil s'impose puisque c'est la seule énergie «  non carbonée ». Nos petits hommes verts, venus d'une autre planète, dictent leur loi extra-terrestre : place (comme dans le soi-disant modèle allemand) à la fermeture des centrales quand le Japon lui, malgré Fukushima relance son programme nucléaire civil. Que l'on sache il n'y a pas eu de Three Miles Island, de Tchernobyl, ou de Fukushima dans l'Hexagone grâce aux ingénieurs du service public d'EDF (même s'ils ont un peu perdu la main en raison du programme de dénucléarisation de la vieille gauche - à l'exception toutefois des alliés communistes).

L'effet « municipal » n'a pas servi de leçon. Le retournement des valeurs se poursuit donc. Inéluctable. Après l'alignement derrière le Schtroumpf Glucksmann aux Européennes, derrière une « verte » (et des pas mûrs) aux prochaines régionales dans le Nord, Anne Hidalgo, pâle héritière du « battant » Bertrand Delanoë, propulse l'écolo (hors parti) Audrey Pulvar : celle qui chantait les louanges de son père, pour nous apprendre que les « blancs » peuvent peut-être assister à des réunions publiques programmées mais pas à y prendre la parole : un racisme inavoué soutenu par la clique Mélenchon et ses islamo-gauchistes lesquels volent au secours de Jeanne Barseghian à Strasbourg (« en même temps » dirait Emmanuel Macron).

Mais le « front républicain » fissuré, disloqué ne s'arrête pas là en s'alignant derrière le    « diktat » vert. Comme des algues envahissantes, il pollue le syndicalisme étudiant à travers UNEF dont on est surpris d'apprendre de la bouche de sa présidente que les discriminations raciales ont leur raison d'être. « C'est nouveau, ça vient de sortir » à l'instar du NPA de Besancenot qui présentait, il y a peu, des candidates voilées (comme l'est la vice-présidente de l'UNEF).

Conclusion, la gauche historique devait probablement auparavant avoir « tout faux » avec ses convictions laïques, son antiracisme, ses politiques économiques et budgétaires alignées sur le « moins disant » étatique. Qu'en pensent nos amis et frères de SOS racisme ? Vont-ils enfin rappeler leurs combats de l'époque Mitterrand, dénoncer la nouvelle propension des jeunes à être bienveillants avec le foulard islamique qui traduit l'assujettissement de la femme ? La laïcité est un combat ; le combat pour la liberté et l'égalité. Pas de lendemain qui chantent, comme disaient les socialistes d'après Epinay sans valeurs constantes, historiques. On n'est pas « vert écolo » en faisant des alliances contre nature (au propre et au figuré). Question d'honnêteté intellectuelle. A croire que le monde de demain, celui en gestation est paradoxale en termes de valeurs. La droite, très adroite, elle, pendant ce temps récupère, valorise les idées de la gauche d'hier. Bref, si l'on ose dire :      « Rome n'est plus dans Rome ». Autre preuve, le tandem Zemmour - Onfray, pour sa part, conteste le pape François « trop gauchiste » à leurs yeux parce qu'il a trouvé un accord avec Pékin sur la nomination des évêques ; qu'il s'est rendu en Irak pour dialoguer avec l'ayatollah Ali al-Sistani. Bref : le grand chambardement que se complaisait à chanter Guy Béart il y a cinquante ans, de sorte que le soi-disant sérieux Paris Match ne dit pas un mot du voyage historique du pape en Irak, préférant ne s'intéresser qu'à la vie des « people ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 22 mars 2021

R.A.S. Poutine

Un monde nouveau est en train de naître. Les maîtres du monde ont changé ou vont changer. Jusqu'en 1940, l'Europe dominait, puis vint le temps de la guerre froide, de la rivalité entre Étatsuniens et Russes soviétiques. Ce temps-là, à son tour, semble être dépassé, bientôt du passé. La confrontation sera plutôt dans la ou les décennies à venir entre les États-Unis et la Chine, sans zone tampon comme aurait pu l'être l'Europe si elle avait su être cohérente, volontariste, porteuse d'un modèle propre que l'on appelait autrefois le modèle européen. Hélas, cette Europe est « incolore, inodore et sans saveur ». Et, de fait, dans l'orbite de Washington sur tous les plans : militaire, économique, culturel. La Pologne               s'approvisionne en matériel militaire américain, l'Allemagne sabote la coopération militaire avec la France ; on subit l'extraterritorialité des lois américaines et l'anglais est, de fait, la langue de l'Union Européenne.

Tout autre aurait été la situation et l'avenir si, faisant foin du fonctionnement moutonnier issu de la dernière guerre mondiale, des voix s'étaient élevées notamment parmi les membres fondateurs, pour tendre la main à la Russie ex. soviétique après 1989, quand Mikhaïl Gorbatchev a eu le courage de mettre à bas le système. Car enfin, la Russie est avant tout une de ces nations européennes à part entière qui aurait contribué à un nouvel équilibre, voire à un ordre mondial plus juste, sinon plus justifié.

Au lieu de cela, le clown Eltsine, indigne successeur de Gorbatchev a laissé la chienlit s'installer ce qui a suscité la reprise en main (de fer) de Poutine, héritier à la fois des tsars et de Staline (mutatis mutandis). Et le peuple russe de s'en satisfaire, en ayant seulement le sentiment d'être revenu de loin.

Une Russie de Gorbatchev aurait, si elle avait perduré, évolué vers l'Europe, avec ses règles de fonctionnement démocratique. Mais c'était sans compter avec les pays d'Europe de l'Est qui, eux, lassés par la domination stalinienne, l'ont rejetée d'emblée, trop pressés de se mettre sous le parapluie nord-américain de l'OTAN.

En n'aidant pas « Gorby » les Occidentaux ont suscité l'installation de Poutine au Kremlin, l'américanisation de l'Europe et l'irruption de la Chine sur la scène mondiale, selon la formule prêtée à Napoléon « Quand la Chine s'éveillera, le monde tremblera ». Une aubaine pour Poutine, même s'il est désormais vassalisé par Pékin.

Les militaires ont coutume de dire R.A.S (Rien à signaler). C'est dorénavant, et pour longtemps encore, la formule qui caractérise une Russie toujours militarisée, jamais démocratisée, comme le prouve encore l'empoisonnement d' Alexeï Navalny puis son emprisonnement arbitraire. De mauvais esprit pourrait même dire si ce n'était raviver de tragiques souvenirs, « R.A.S. Poutine » depuis plus de deux décennies...

La patrie de Catherine II, de Tolstoï et de Dostoïevski, arrimée à l'Europe de par la volonté de Pierre la grand a été écartée de celle-ci alors qu'ensemble, « de l'Atlantique à l'Oural », selon la formule chère à de Gaulle, elle aurait constitué un bloc culturel rayonnant, capable de garder à distance, sinon de contrer l'invasion de notre continent par une sous- culture américaine décadente. Au lieu de cela son économie est à l'étiage, avec un PIB inférieur à celui de l'Italie, que seule la vente de son gaz naturel à l'Allemagne (Gazoduc Nord Stream 2) parviendra peut-être à relever si l'opposition des Etats-Unis ne l'emporte pas au final en raison des sanctions que continue de vouloir imposer Joe Biden à la Russie en qualifiant Poutine du « tueur ».

Nous sommes donc arrivés, avant la fin de la pandémie, à un carrefour ; l'Europe, elle la première, est à la croisière des chemins... L'Allemagne, dépourvue d'énergie nucléaire, contrainte de réouvrir ses très polluantes mines de charbon (ce qui est contraire aux accords sur le climat) est face à un dilemme à propos de sa source d'approvisionnement en gaz russe. Soit elle tient tête à son allié américain et passe outre, ce qui satisferait Poutine tant pour les rentrées de devises que par le chantage à la fermeture du robinet qu'elle lui offrira sur un plateau d'argent ; soit elle s'incline, démontrant, une fois encore, la faiblesse de l'Europe.

En tout état de cause il n'est pas besoin d'être grand prophète pour entrevoir que tant que l'ancien agent du KGB trônera à Moscou, la situation restera figée et qu'il serait peut-être utile d'envisager d'amplifier, en attendant, les rapports culturels avec la Russie afin que le jour où il sera rayé des cadres, le peuple russe, que les Étatsuniens le veuillent ou non, rejoigne son espace naturel, à l'Ouest, rendant ainsi possible la réalisation de la vision gaullienne du monde. Dans la partie de bras de fer qui s'engage actuellement entre la Chine et les États-Unis, Pékin y a tout intérêt, aussi paradoxal que cela puisse paraître.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 15 mars 2021

Un pape nommé François

Selon le mot de François de Sales « le bruit fait un peu de bien ; le bien fait peu de bruit ». Et pourtant, c'est à François d'Assise plutôt que le pape actuel a emprunté son nom ; à l'ami des bêtes, écolo avant l'heure. Ce n'est pas sans signification, au jour d'aujourd'hui, quand les écolos politiciens, avides de pouvoir, réduisent leur programme plutôt que de l'étendre, à seule fin de déborder en France ce qui reste des partis socialiste et communiste.

Il faut dire que leur premier cheval de bataille, historiquement, leur a échappé. Désormais depuis qu'il est avéré que l'énergie nucléaire civile est celle qui contribue le moins au réchauffement climatique, c'est silence radio. A peine parle-t-on encore de l'énergie solaire et moins encore des forêts d'éoliennes qui suscitent la révolte des populations locales ou des marins pécheurs qui vont être contraints de veiller à ne pas heurter au large ces    moulins à vent  dont la rentabilité est variable, faible ou quasiment nulle sans même parler de la pollution des paysages.

Il serait bon que les socialistes, communistes voire mélenchonistes, nouveaux alliés dans le Nord de Pierre Mauroy mettent les choses au clair publiquement puisqu'ils ont la prétention, fort légitime, tous, de participer à l'élection principale : l'élection présidentielle 2022 qui déterminera nos choix gouvernementaux en matière d'environnement. A moins que les socialistes, une fois encore, comme pour les élections européennes ou les prochaines régionales dans le Nord et en région parisienne, ne fassent le choix de disparaître : le « droit de mourir dans l'indignité » plutôt que ce « droit de l'homme à vivre dans un environnement sain » que nous réclamions depuis 1977 avec leur « père », notre ami René Dumont ou le docteur Bombard, premier ministre de l'environnement de François Mitterrand , voire encore, à l'Assemblée nationale lorsque Nicolas Hulot a remis pour nous le 36ème Prix littéraire des droits de l'homme à Paul François, agriculteur victime de Monsanto. L'écologie, on connait depuis longtemps.

Mais le droit au pluralisme des espèces animales, végétales ne s'arrête pas à interdire les arbres de Noël à Bordeaux, ou la viande dans les cantines scolaires, loin de là. Au lieu de faire un droit rabougri, rétréci comme une peau de chagrin dans le monde éponyme qu'ils nous annoncent ce qui nous conduira à nous éclairer à la bougie si l'on ferme notre parc nucléaire civil en raison des besoins qui s'amplifient pour le parc automobile électrique de demain, nos écolos en pantoufles feraient mieux de songer à l'étendre à la culture, laquelle, visiblement, n'est pas leur tasse de thé, sinon à la publicité qui pollue nos écrans, nos boîtes à lettre et nos téléphones à des fins mercantiles.

Quoi ? La culture, quelle culture diront les nouveaux chefs de la pensée unique, « sûrs d'eux-mêmes et dominateurs ». Oui, la culture des civilisations et des langues chers maîtres. Vous voulez tous parler l'anglo-américain demain ? Vous voulez que, comme dans une caserne, le monde soit aligné, silencieux, asservi, colonisé à l'heure où il est de bon ton de fustiger les anciennes colonisations et que l'uniformité précède l'uniforme ? Vous êtes en retard d'une guerre, même si - c'est votre chance - la gauche et la droite se taisent sur cette question primordiale pour le monde de demain. Vous êtes pour l'Europe au-delà de l'Hexagone ? Pourquoi pas ? Alors vous avez une autre chance : la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, comme le commissaire Thierry Breton, librement, même après le Brexit et sans raison apparente adorent, au nom de l'Union s'exprimer en anglais, une langue exclue d'elle-même.

Pendant ce temps, le pape François, lui, s'adresse à la terre entière en une seule langue, l'italien. Jamais en anglais bien qu'il aurait pu parler en espagnol sa langue maternelle, partagée par des centaines de millions de locuteurs. Un bel exemple de respect de l'environnement culturel qui corrobore son engagement physique d'être allé en Irak au péril de sa vie, sans sous-pape de sécurité, pour prêcher la paix aux victimes du génocide des chrétiens par Daech et dialoguer avec l'ayatollah Al Sistani, représentant des chiites. Prêcher la paix ? Mais oui, la paix, cet autre droit de l'Homme fondamental jamais reconnu bien qu'il conditionne tous les autres droits et que nous réclamons en vain, à cor et à cri. Un droit dont son prédécesseur, Paul VI, à la tribune des Nations Unies disait : « Avec la paix, tout est possible, sans la paix rien n'est possible ». Un vrai jauressien cet homme !

Le pluralisme des cultures, des langues est le fondement de l'indépendance, donc de la liberté : ne prenons que l'exemple d'Israël, État créé de toutes pièces après la seconde guerre mondiale. N'a-t-il instauré sa propre langue ? Et nul, pas même l'impérialisme iranien ne l'obligera à y renoncer et à se soumettre à une puissance étrangère. Voilà pourquoi il est regrettable que - provisoirement on l'espère - les descendants d'Abraham n'aient pas eu leur propre représentant à Ur d'où il est parti il y à 2500 ans.

Simple question de religion diriez-vous. Que nenni. Israël, l'Israël, des origines récentes, des fondateurs Ben Gourion, Golda Meir était avant tout socialiste et laïque. Car la laïcité est un de ces autres droits de l'Homme fondamental, ignoré, non explicité ! Alors que nos écolos opportunistes qui veulent éclore l'an prochain la mettent en tête de leur programme, au risque de déplaire à Mélenchon l'islamo-gauchiste.

Qu'ils oublient de combattre la chasse et les chasseurs, ceci est grave ; qu'ils négligent la laïcité est encore plus grave.

On attend donc désormais, dans l'année qui vient, un vrai débat sur les vraies valeurs, avec des vrais socialistes sortis des ruines de leur parti. Il doit bien en rester quelques uns pour relever le drapeau porté autrefois par Jaurès, Blum et Mitterrand... Sinon, qu'ils chantent une dernière fois, en chœur avec Françoise Hardy « Mon amie la rose est morte ce matin » puisqu'ils n'entonnent plus, depuis longtemps l'hymne que leur avait composé Mikis Theodorakis : « changer la vie ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 8 mars 2021

L'Algérie de la haine

Aucun pays au monde n'a porté aussi longtemps, la haine dans sa philosophie officielle que l'Algérie contre la France. Pas même la France contre l'Allemagne, après trois guerres ; la Chine contre ses envahisseurs ; le Vietnam contre les Français et les Etatsuniens etc. C'est un cas unique au monde dans l'Histoire. Le président Emmanuel Macron a beau, plus que ses prédécesseurs multiplier les gestes de reconnaissance et de rapprochements comme pour l'enseignant Maurice Audin, l'avocat Ali Boumendjel rien n'y fait, rien n'y fera tant que le pouvoir à Alger sera aux mains d'une camarilla islamo-militaire qui tient le pays en coupe réglée depuis l'indépendance, en 1962. Il ne sert donc à rien de poursuivre la tentative que Benjamin Stora a engagée à la demande du chef de l'Etat. Tout est voué à l'échec par avance en raison de l'intérêt intérieur et extérieur qu'a l'Armée du pays (quoique sans ennemis à l'étranger) à une telle politique du bunker.

A l'intérieur, ainsi, aucun vent de liberté ne peut souffler : élections truquées, lois islamiques, tourisme verrouillé, presse sous contrôle, enseignement orienté, manifestations interdites, emprisonnement à tout propos, économie sous - développée totalement dépendante du pétrole au seul profit d'une poignée de dirigeants le plus souvent corrompus etc.

A l'extérieur, passivité, agressivité, ferméture ... Non seulement vis-à-vis de la

France, bouc émissaire historique mais aussi vis-à-vis de l'Europe des Lumières, du Maroc ...

Les étrangers, comme le peuple algérien lui-même sont suspects. Tous doivent être au garde à vous, voire à genoux devant ceux qui détiennent seuls la vérité depuis près de 60 ans. Il n'y a que les islamistes, à la fois par les urnes et par une violence inouïe qui ont réussi, au début des années 90, à faire vaciller le pouvoir. Mais sans que la leçon en soit tirée, même un quart de siècle plus tard, après plus d'une année de manifestations de masse hebdomadaire : le Hirak

Quand bien même la France ferait-elle acte de repentance, ce qu'à Dieu ne plaise, l'Algérie du « toujours plus » exigerait encore davantage. Voilà pourquoi il est inutile d'attendre quoi que ce soit à l'occasion, en 2022, du soixantième anniversaire de l'indépendance. Chaque pays devra séparément commémorer l'évènement.

Non que la France soit exempte de fautes. Mais si sa colonisation était une erreur liée à un contexte historique, en quoi la conquête de 1830 est-elle plus condamnable que la colonisation ottomane, bien plus longue et menaçante à l'extérieur pour la paix en Méditerranée ? En quoi est-elle plus condamnable qu'une conquête arabe qui a imposé (et continue d'imposer à la majorité berbère) une religion porteuse d'inégalités sans espoir de démocratie, comme partout ailleurs où elle est ? Il y aurait donc une bonne et une mauvaise colonisation ?

Quant au 8 années de guerre, peut-être aurait-on pu les éviter si Messali Hadj, premier père du mouvement pour l'indépendance, dès avant 1940, n'avait été éliminé par le FLN ou si un Gandhi, un Mandela avaient conduit une marche inéluctable vers la séparation.

Le pêché originel, l'assassinat d'un instituteur, premier mort du conflit marque de son sang (comme celui de Samuel Paty) un futur qui perdure aujourd'hui encore. Qui en doute après qu'un million d'Européens se soient vu proposer le choix entre « la valise ou le cercueil » ; que des centaines de milliers de harkis aient péri sur place dans des conditions atroces. Voire : un véritable plébiscite qui ne dit pas son nom, que des centaines de milliers d'Algériens fuient aujourd'hui leur pays pour l'étranger, y compris vers l'ancienne métropole, soi-disant « criminelle » condamnée « à perpétuité » par des manipulateurs hémiplégiques.

Inutile, dès lors, pour les dirigeants français qui se succèdent de s'abaisser à tenter une impossible réconciliation tant qu'un pouvoir démocratique ne gouverne pas l'Algérie. Ils se heurteront toujours à un mur, tout en humiliant la France pour le plus grand profit des héritiers de Le Pen.

Un jour peut-être, les « pieds noirs » et parents de harkis pourront revoir leur pays et y honorer leurs morts, ce droit de l'Homme basique. Mais de toute évidence ce mur n'est pas prêt de tomber. Sachons raison et dignité garder ...

Nous, nous restons fidèles à Nafissa Sid Cara, notre amie oubliée qui, après que De Gaulle eut donné le droit de vote aux femmes françaises et algériennes, à la Libération, devint sa ministre en 1959. En cette journée des droits de la femme, il était bon de le rappeler, monsieur le président Macron, (en même temps « diriez-vous ») que les regrettés Audin et Boumendjel. Les voies de l'émancipation du peuple algérien étaient alors impénétrables comme les voies du Seigneur.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 1er mars 2021

Ecolos politiciens ...

C'est à qui sera plus écolo que les autres, et qui ne le comprend dans le « climat » (si l'on ose dire actuel). A l'instigation de l'Exécutif, un « projet de loi sur le climat » issu de la  convention citoyenne pour le climat  sera donc débattu à l'Assemblée nationale, fin mars. Un projet comportant 69 articles dont le Haut Conseil pour le climat, présidé par Corinne Le Quéré a eu la responsabilité ponctuelle, sous le contrôle d'un cabinet privé : le Boston Consulting Group / BCG) mandaté par le gouvernement. Rien de moins ... Et si vous ne suivez pas, prenez votre vélo pour suivre, c'est plus écolo. Mais le CESE (Conseil Economique Social et Environnemental) troisième assemblée permanente de la République après l'Assemblée nationale, le Sénat, direz-vous ? Il « végète » car pour l'environnement, rien de plus normal malgré son titre.

A travers ces méandres, ces tergiversations, ces approximations, on sent bien un manque de philosophie politique globale qui ferait grincer des dents notre ami René Dumont (l'homme au chandail rouge, premier candidat « vert » à l'élection présidentielle de 1965 qui venait manifester avec nous, plus tard, contre la dictature argentine durant nos 320 semaines d'action) ou l'incomparable docteur Alain Bombard, futur ministre de l'environnement de François Mitterrand, membre fidèle de NDH jusqu'à sa mort. Quant à Nicolas Hulot lui-même, qui remit le Prix littéraire des droits de l'Homme en notre nom à l'Assemblée nationale à Paul François, victime de Monsanto, ministre de l'environnement à son tour, il a préféré se retirer sur ses terres en bord de mer.

Le projet de loi sur le climat qui va donc être examiné n'est pas nul cependant, même si d'aucuns le jugent insuffisant. Mais ceux qui se préparent à le combattre sont-ils eux-mêmes à la hauteur du défi de notre temps ? Revenons dès lors à nos fondamentaux qui nous ont valu d'obtenir la signature puis le dépôt de notre proposition de loi constitutionnelle portant reconnaissance, sous la forme d'un titre II à la Déclaration de 1789 (comme nos ancêtres l'ont voulu) par 520 parlementaires de tous bords, de nouveaux droits de l'Homme, dont le « droit à vivre dans un environnement sain ».

Pour nous, si l'environnement est la lutte pour le climat, la biodiversité, le sauvegarde des espèces animales et végétales qui sont la garantie de la survie du genre humain, cela va malgré tout bien au-delà - ce que nos nouveaux écolos politiciens négligent tout en amusant la galerie avec des mesures gadget comme la suppression à Bordeaux des sapins de Noël ou, à Lyon, l'imposition dans les cantines scolaires de menus végétariens (pour éviter la viande hallal ou cachère). Laïcité oblige.

Certes, ils profitent de l'absence de vision des autres partis, de droite comme de gauche, ce qui les fait toujours apparaître, eux, comme « en pointe ». Toutefois, ne serait-il pas temps, en tant que philosophie politique et morale, pour toutes les organisations qui visent à prendre de pouvoir, d'étendre leur conception, que dis-je, d'élever leur conception à un environnement immatériel, intellectuel en tenant compte de nos « racines » ... et pas seulement de nos racines terriennes.

Deux seuls exemples :

- La langue. Les écolos et autres politiciens se soucient comme d'une guigne de la disparition progressive de la diversité des principaux idiomes de la planète, pourtant porteurs de cultures millénaires. L'anglo-américain envahit nos rues, nos écrans, nos machines. A Bruxelles, comme à Strasbourg ou à Genève, toutes cités francophones, la langue française recule dans des organisations internationales qui y siègent, par paresse ou snobisme. Voire, bien pire, parce que les esprits sont totalement colonisés, alignés sur le monde anglo-saxon qu'ils veulent absolument singer. La présidente de la Commission de l'Union Européenne, Ursula von der Leyen, allemande, comme le commissaire Thierry Breton, français, s'expriment en anglais malgré le Brexit. « So chic, isn't it ? »

- La publicité. Jugez-en vous-même ! Les fils de pub, essentiellement motivés par l'argent, le profit ne vendent leurs affaires qu'en anglais. Même pour des consommateurs français, italiens, espagnols ou allemands. Où est le respect de la diversité, du pluralisme ? Air France, Renault, Peugeot ... prennent le train de la soi-disant « modernité ». Même la mode, le luxe qui ne se vendait autrefois qu'en français a baissé pavillon. Dehors Dior ! Passons sur la publicité dont on nous assaille quotidiennement au téléphone, une pollution sans fin contre laquelle les écolos patentés ne montent pas au créneau ; pas plus qu'ils n'ont poussé des cris d'orfraie quand Patrick Le Lay, patron de TF1 parlait de notre « part de cerveau disponible » pour la publicité.

Bref, nos pseudo écolos, comme leurs concurrents de droite ou de gauche n'ont pas la culture, l'intelligence, « l'immatériel » dans leur valise soi-disant « plurielle ». Ce que tous veulent, c'est le pouvoir pour le pouvoir et, pour cela, ils ont tous besoin depuis trente ans des « communicants » qui leur soufflent quelques slogans. Ce n'est plus dans les partis que naissent les idées nouvelles, fortes, c'est désormais dans les cabinets de « consulting », chez les marchands de vent ou d'eau tiède.

Ainsi, la France, l'Europe dans son ensemble, nous préparent une planète uniforme sur le modèle anglo-saxon ; sorte de dictature libérale où le dieu Mammon règnera en maître. Car on ne voit pas poindre chez nos gnomes écolo un homme (ou une femme) du « 18 juin » qui appellerait au sursaut. Ailleurs non plus d'ailleurs ... Une seule ligne d'horizon : la neutralité carbone en 2050. Voilà tout ce que permet la myopie politicienne et encore ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 22 février 2021

Islamaux gauchistes

Il faut répéter la formule « islamo gauchiste » comme un mantra depuis que le philosophe Pierre-André Taguieff l'a lancée, lorsqu'il analysait les alliances ambigües contre Israël. Bien que moins poétique que son épouse, la chanteuse yiddish Talila, il a fait mouche et on ne peut que le suivre dans son analyse politico-historique d'une certaine perversion des idées qui perdure, voire fait tâche d'huile. Mais nous ne sommes plus dans le conflit arabo-israëlien cette fois. Nous sommes bel et bien en France. Dans la France du premier quart du XXIe siècle.

Que voulait dire Pierre-André Taguieff en forgeant ce concept ? Tout simplement que les gauchistes, ennemis de la démocratie et les islamistes totalitaires forcenés étaient capables de faire cause commune contre l'existence de l'Etat hébreu, sans état d'âme après l'holocauste. L'union de la raison et de la déraison. Une seule victime en l'occurrence : la laïcité, ce gain précieux de notre loi de 1905 que la France, hélas, n'a pas su exporter comme elle l'a fait, avec plus ou moins de succès, de la Déclaration des droits de l'Homme de 1789.

D'aucuns s'en étonneront avec candeur, n'y voyant (à petite échelle) que, selon la phrase célèbre du « démocrate » Lenine : « le gauchisme, maladie infantile du communisme ». Un véritable « centriste » ce Vladimir Ilitch Oulianov ; un Lecanuet russe avant l'heure.

Mais revenons à nos moutons, et à l'actualité récente. C'est la ministre de l'enseignement supérieur, Frédérique Vidal qui, cette fois, a remis la balle au centre en demandant au très docte CNRS de faire rapport sur l'islamo-gauchisme au sein de l'université. Comme si telle était la tâche d'un organisme à vocation scientifique et non politique. Une bévue de plus après celle de Claire Hédon, Défenseure des droits (!) qui a imaginé créer des « zones blanches » où il serait interdit aux forces de l'ordre (républicain) de contrôler les identités avant de rétro-pédaler devant une levée de boucliers unanime - et pas seulement ceux des CRS ...

Frédérique Vidal n'a pas tort sur le fond, quoique totalement tort sur la méthode, au point que le président de la République lui-même a dû la recadrer.

Sur le fond, puisque c'est là l'essentiel, la question posée est celle du mariage de la gauche, surtout extrême, avec l'islam, en tant qu'organisation politique et non religieuse (mais avec les mêmes « valeurs »). Ce que l'on pourrait qualifier de « mariage de la carpe et du lapin ». Soyons clairs : la liberté avec l'oppression. Interdiction de se convertir, polygamie, héritage divisé par moitié pour les femmes etc. Tout ce que contient le Coran et qui donc ne peut être reformé, revisité, sauf à être considéré comme « mécréant », donc passible du pire ...

Or telle n'a pas toujours été l'option stratégique de la gauche vis-à-vis des religions, historiquement. A l'aube du XXe siècle, il s'agissait au contraire de « bouffer du curé », d'attaquer les chrétiens même s'ils enseignaient ex cathedra que « si l'on te frappe il faut tendre l'autre joue » ; « bienheureux les pauvres », voire drastique laïque « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». « In illo tempore » (en ce temps là) le petit père Combes, ancien séminariste, expulsait religieuses et religieux - sans sectarisme bien sûr, au nom de la laïcité - oubliant leur engagement pour les plus défavorisés quand ni la gauche ni le service public n'existaient encore. Sans Jaurès, sans Aristide Briand, seuls vrais laïcs, jusqu'où ne serait-on pas allé ? (et puis, surtout, hélas ! sans la première guerre mondiale : « Les curés sacs au dos ! ») qui a réconcilié la France, clivant alors la IIIe république en deux : celle d'avant 1914 et celle d'entre les deux guerres mondiales, plus conciliante.

En revanche, telle n'est plus le choix, de nos jours d'une certaine gauche, notamment dans les villes de banlieue de nos plus grandes cités, même si la philosophie chrétienne (comme sa mère juive et la bouddhiste) est aux antipodes de la philosophie islamique : pacifisme contre rapports de force ; liberté individuelle contre astreinte collective. Au diable (si l'on ose dire) la philosophie-ce qui est l'essentiel-sans aucun rapport avec les croyances théologiques. On introduit donc le vers dans le fruit, dont Trappes est le plus bel exemple, avec la prise de la municipalité de notre ami Guy Malandain par la bande de Benoît Hamon ; la fuite de la minorité « juive » de villes comme Sarcelles ; la participation de Jean Luc Mélenchon aux défilés contre l'islamophobie avec la sénatrice Esther Benbassa affublée d'une étoile jaune. Le comble scandaleux de la récupération. La gauche « laïque » a désormais vécu. C'est la droite, voire l'extrême droite qui a récupéré l'héritage de cette valeur essentielle de la liberté qu'est la laïcité. La gauche a basculé ... et elle s'étonne d'être mise en minorité tandis que la bande à Le Pen « tutoie » la prise du pouvoir. Au motif ? Au motif hypocrite que les musulmans de France ... et d'ailleurs seraient de pauvres exploités, prolétarisés par les affreux capitalistes ; ils seraient victimes de discrimination.

On hallucine quand le développement de l'islam en France n'est pas le fruit de conversions à une philosophie religieuse qui engendre le séparatisme mais de la seule immigration, avec le financement des mosquées par l'Arabie Saoudite, l'Algérie, le Maroc etc. D'où l'expansion du port de voile ; la non intégration conviviale et alimentaire ; des heures de piscine séparées pour les femmes et les hommes comme l'avait promu Martine Aubry ; le refus pour les femmes d'être soignées par des médecins hommes ...

Grâce à une gauche qui a oublié ses fondamentaux la concitoyenneté régresse. Elle a combattu nos valeurs fondamentales historiques, culturelles mais favorise désormais les porteurs de valeurs philosophiques totalement opposées qui nous viennent non pas du christianisme mais de la pax romana (rappelons le convivium, le connubium et le concubium ou bien encore : « à Rome, vis comme les Romains »)

Conclusion des tenants « gauchistes » de l'époque actuelle, si on ne les suit pas dans leur délire rétrograde, on est islamophobe, raciste ... comme si une religion était attenante à une race ! Par contre, silence abyssal des mêmes sur la persécution des juifs et des chrétiens en Afrique du Nord et au Proche Orient dont on a dix mille exemples. Deux poids, deux mesures. Dommage que le Droit ne soit pas « conventionnel », c'est-à-dire, par obligation, égal entre chaque pays, par réciprocité. La loi au Talion est effectivement rétrograde. Résultat des courses, les citoyens européens, contraints au silence par des politiciens de bas étage, comme ils se sentent, à leur tour discriminés, dans les urnes, ouvrent un boulevard à la droite extrême. Madame Le Pen, on dit « merci » à qui ?

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 15 février 2021

La première guerre mondiale sans arme

La planète bleue est entrée dans une nouvelle ère après 4 milliards d'années, ce qui est bien peu par rapport aux 13,7 milliards d'années de l'univers, selon les scientifiques les plus au fait des connaissances.

Depuis, l'Homme l'a conquise, souvent à coup de batailles, de tragédies qu'il serait trop long, inutile d'énumérer, pour en arriver au « XXe siècle après Jesus-Christ » (après J.C.) ou, comme on est prié d'écrire, désormais « XXe siècle de notre ère » pour n'offenser personne. En effet, Jésus était Juif et il ne faut froisser qui que ce soit. Laïcité de com. oblige. Aussi hypocrite que le drapeau de l'Europe, issu du voile de Marie, sa mère, ce qu'il ne faut surtout pas dire, car cela a été acté, officiellement : l'Europe n'a pas de racines « chrétiennes » : les cathédrales, les moines qui ont sauvegardé la culture gréco-latine, l'art roman ... détails de l'Histoire que tout cela.

Vient alors le XXe siècle et ses deux guerres mondiales, qui ont scellé, par les armes et ses dizaines de millions de morts, volens nolens, l'unité du monde. Puis on crut à la paix, malgré la guerre froide ; à un progrès technologique plus fort qu'au XIXe siècle ; on crut à la mondialisation après la chute de l'empire totalitaire soviétique. Bref, des temps nouveaux s'annonçaient avec le tout numérique ; l'hégémonie américaine qui ne veut qu'une seule langue, qu'une seule monnaie : le dollar. Tous les peuples, toutes les civilisations allaient, devaient se retrouver en position de « colonisés ». Trump incarna même cette acmé pendant quatre ans quand le vieux peuple chinois, lui, commença à regimber alors que l'Europe, elle, se couchait en ne s'exprimant qu'en anglais, malgré le Brexit voulu par le frère jumeau de Trump, Boris Johnson.

C'est à ce moment là que surgit ce que nous vivons aujourd'hui : une troisième guerre mondiale. Mais sans arme, contre un ennemi invisible, un virus appelé Covid 19, qui obligea les pays à se barricader à nouveau, les populations à se confiner, les avions à rester cloués au sol, les activités économiques, à être réduites au minimum. L'inverse des décennies précédentes.

Bien sûr le tandem anglo-saxon nia aussitôt tout danger et continua à parader sans masque pour le plus grand malheur des peuples qui les avaient élus. Puis il accusa la Chine d'avoir créé le fléau pandémique.

Nous en sommes donc là sans savoir, comme dans toute guerre quand elle se terminera. Les chercheurs, ces nouveaux soldats, avec tous les soignants, ont été mobilisés contre l'armée invisible. En un an, ils sont sensés avoir trouvé la parade à travers de multiples vaccins quand, autrefois, il fallait plusieurs années pour éradiquer le mal. On ne peut que s'en féliciter, même si la France de Louis Pasteur doit porter le bonnet d'âne des nations avancées en la matière puisque l'Institut qui porte son nom ou le géant Sanofi ne sont pas allés en finale, éliminés « dès le premier tour » ...

Bien qu'il soit encore tôt, beaucoup trop tôt pour dresser un bilan, les observateurs peuvent tout de même commencer à analyser les conséquences de l'annus horribilis que nous avons vécu d'un bout à l'autre de la planète et les comparer avec les dégâts causés par les deux guerres mondiales armées.

Première remarque, mutatis mutandis, si l'on compare avec les conflits guerriers armés du XXe siècle, le coût de cet arrêt du monde est bien moindre. En pertes humaines tout d'abord. Verdun, en 1917, c'était des dizaines de milliers de morts à la minute. L'Holocauste (la Shoah) sept millions de vies supprimées. Or si comparaison n'est pas raison, ce salaud de virus est loin de ces sacrifices voulus, eux, par la seule volonté des gouvernants.

En second lieu, il n'y a, du fait de la pandémie aucune destruction matérielle, à la différence des guerres armées qui ont détruit immeubles, usines, infrastructures routières, ferroviaires, portuaires etc. Les dégâts en sont donc limités.

« Oui mais », martèleront les medias pour accroître leur audience et faire monter les enchères : vous oubliez les dégâts psychiques, notamment chez les jeunes.

Pas question de minimiser. Seulement de relativiser, même si le président Macron a diagnostiqué que « c'est dur d'avoir 20 ans en 2020 ». En effet, si vous aviez 20 ans en 1914 ou en 1939 on vous offrait un sac à dos et un fusil et en route pour le front. Terminées les études pour au moins quatre ans.

La jeunesse actuelle serait-elle moins apte à l'adversité ? moins résistante que les générations précédentes ? D'où cette portée au pinacle des « psy » de tout poil dont le seul but est de faire « prendre des vessies pour des lanternes ».

Il faut savoir raison garder. Au lieu d'un fusil, l'Etat offre des revenus de substitution, un accès à des denrées alimentaires dont bien des SDF rêvent. Rien de comparable, dès lors, avec la jeunesse de 14 ou de 39. A moins que les sociologues ne nous déclarent que l'actuelle jeunesse a perdu les qualités morales des générations précédentes ... parce qu'entre les deux, il y a eu les « baby boomers » qui n'ont connu ni guerre ni pandémie. Voilà un bel os à ronger pour les médias. Des heures d'antenne, des pages de journaux sans peine.

Dans le même temps, professeurs, médecins, soignants ont pris le pouvoir médiatique, ce qui est la moindre des choses pour ces temps tragiques, bien qu'ils ne soient pas comparables avec la peste, le choléra, voire la grippe espagnole ... des épidémies en rien universelles comme notre actuel Covid 19 qui court de l'Australie au Chili, du Portugal à la Russie etc. Eux ne sont pas des psy. Ils s'attaquent au dur, au concret mais gare en même temps à nos libertés qu'ils auraient parfois tendance à confiner avec tout le monde, par précaution, car on le sait grâce au docteur Knock, « une personne bien portante est un malade qui s'ignore ». Un principe de précaution dont on nous rebat les oreilles de nos jours pour tout et pour n'importe quoi. Là, l'affaire devient politique.

On sait comment Trump et Johnson, stupidement, ont voulu conjurer le sort, à coup de menton et de dizaines de milliers de mort. Mais on sait aussi qu'Emmanuel Macron, lui, en s'entourant de conseils a, pour l'instant, maîtrisé le fléau malgré quelques bavures administratives concernant masques et vaccins ... Dont acte. Il n'a pas été Churchill, certes. Inutile. Au moins a-t-il été Clémenceau, lequel, rappelons-le, disait que « la guerre est une affaire trop sérieuse pour être confiée aux militaires » ...

Militaires en 1917 = médecins en 2020, ce jeune homme a de la mémoire ! Il a donc été « le Tigre ». Espérons qu'il n'aura pas à être « le Lion », car on sait ce que les Britanniques ont réservé à leur vieux Lion après guerre.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 8 février 2021

Iran contre Belgique

Nous attendions le verdict de la Justice belge avec anxiété. Oserait-elle faire passer le Droit avant les menaces, toujours latentes depuis quarante trois ans que les fanatiques islamistes ont pris le pouvoir à Téhéran ?

En l'occurrence, elle avait à se prononcer sur l'attentat projeté le 30 Juin 2018 à Villepinte, lors du grand rassemblement annuel de la Résistance iranienne par une bande de terroristes masqués, sans couvert d'immunité diplomatique. La cible principale était en premier lieu, Maryann Radjavi, Présidente du CNRI (Comité National de la Résistance Iranienne) mais les victimes se seraient sans doute comptées par dizaines, vu l'arsenal trouvé sur le commando, armé au sommet même du pouvoir criminel qui règne sur l'ancienne Perse depuis trop d'années.

L'homme clef était Assadollah Assadi, troisième conseiller d'ambassade en poste à Vienne (Autriche). C'est l'individu spécialiste en explosifs qui a remis une bombe à base de peroxyde d'acétone à ses comparses, un couple belgo-iranien, après avoir lui-même repéré les lieux l'année précédente. Une bombe fabriquée en Iran et transportée, après enquête, par la valise diplomatique à bord d'un avion de ligne.

Le quatrième membre du groupe, Mehrdad Arefani, pour sa part, a été arrêté à Villepinte puis extradé vers la Belgique (de même que l'Allemagne a remis à la Justice belge Assadi, bien que bénéficiant de l'immunité diplomatique lorsqu'elle l'a interpellé). La solidarité européenne a donc joué à fond. Mais c'est en Flandre, à Anvers, que devait être jugés les terroristes puisque le couple, qui avait réceptionné l'arme du crime au Luxembourg (Amir Saadouni et Nasimeh Naami) avait été arrêté à Bruxelles.

Sentences, rendues le 4 février 2021 : 20 ans de prison pour Assadi, le diplomate criminel, mandaté par Hassan Rohani, président soi-disant « libéral » de l'Iran actuel (sinon inspiré par le Guide suprême Ali Khamenei, héritier de l'ayatollah Khamenei). 15 à 18 ans pour ses comparses.

Cela signifie-t-il pour autant que la page est tournée ? Jamais tant que le régime terroriste restera en place à Téhéran. Il continuera aveuglement à susciter le trouble en Irak, en Syrie, au Liban en même temps qu'il poursuivra sa quête inlassable d'un armement nucléaire, dénoncé pour la première fois, on s'en souvient, justement par le CNRI, son ennemi juré.

Après le retrait des États-Unis de l'accord de Vienne de 2015, qui limitait l'enrichissement de l'uranium nécessaire, celui-ci a repris de plus belle, comme un pied de nez à Trump et malgré les tentatives des trois Européens (France, Allemagne, Grande Bretagne) pour apaiser l'ire des barbus, plus engagés que jamais. Nos maîtres chanteurs exigent désormais, pour revenir dans l'accord que le nouveau Président, Joe Biden, lève les sanctions économiques qui étranglent leur pays ... ce qui sera un test de responsabilité pour ce dernier à la face du monde. Or on sait d'ores et déjà qu'il s'y refuse ...

Pour notre part, nous qui avons vu sauvagement assassiné à Paris notre ami, l'ancien Premier ministre Chapour Bakhtiar, partagé la lutte de la Resistance auquel le Président Mitterrand a accordé l'asile politique en France ; déploré les emprisonnements, les tortures, les pendaisons par dizaines de milliers en Iran, sans toutefois nous substituer à la direction des opposants à ce régime barbare ( parce qu'elle a fait ses preuves d'intelligence et de courage) nous revendiquons que soit préparé, instruit par la Cour pénale internationale le jugement des criminels qui, depuis quatre décennies martyrisent leur pays. Utopie ? Non. Simple question d'éthique et de volonté politique. Une telle épée de Damoclès doit dorénavant peser sur leurs têtes enturbannées. D'ailleurs, s'il en est encore qui doutent, comme notre ex-ami Régis Debray, du caractère fasciste de la pseudo « République » islamique d'Iran qu'ils attendent quelques temps. On ne tardera pas à apprendre que des personnes sont arrêtées à seule fin de servir de monnaie d'échanges contre la libération des quatre condamnés en Belgique à l'instar de la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkkah emprisonnée depuis le 5 juin 2019. Le chantage, le rapport de force a toujours été l'apanage de Khomeini et de ses héritiers.

N'espérons alors qu'une seule chose ; que l'Union Européenne, voire les États-Unis version Biden fassent corps autour de la courageuse Belgique, sans barguigner. Elle est un exemple pour tous.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 1er février 2021

Poisons ...

Il n'y a pas que cette maudite Covid-19 dans l'actualité. Si l'on y regarde de plus près, d'autres fléaux sont réapparus dans nos mémoires défaillantes que la multitude de medias ne met pas à sa « une », sauf exception quand, comme le journal Le Monde on veut instiller, comme un poison lent, depuis un quart de siècle, que la France est complice du génocide des Tutsi, au Rwanda en 1994.

La thèse ne passe pas ? Qu'importe, on en remet une couche jusqu'au jour où, peut-être, ce poison subtil aura fait son œuvre. Quand les acteurs, en particulier auront disparu. Il n'est que d'attendre ... même si dix mensonges ne font pas une vérité.

Celui que l'on montre du doigt au premier chef est le président de la République d'alors : François Mitterrand, secondé après les élections législatives de 1993 par le nouveau Premier ministre, Edouard Balladur. Un Hubert Védrine, proche du Président à l'Elysée, puis ministre expert en relations internationales a beau rappeler, préciser, contester, rien n'y fait. La France et son chef d'Etat de 1994 sont présumés « coupables ».

Avec une petite goutte de poison à la fois, on finira bien par y arriver à la façon Poutine. D'ailleurs, ce François Mitterrand, ce rassembleur de la gauche qui a aboli la peine de mort ne présente-t-il pas le profil idéal ? Quant à la France elle-même il est bien connu que « la patrie des droits de l'Homme » a fermé les yeux devant le massacre de 800.000 Tutsi. Il n'est que de lire l'entretien accordé par François Graner, directeur de recherche au CNRS au journal Le Monde du 17-18 janvier 2021 pour s'en convaincre ... « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose » ...

Par contre, silence quasi absolu de la part de l'ensemble des medias sur un crime contre l'humanité bien réel perpétré par l'armée des Etats-Unis, d'abord au Vietnam, puis au Laos et au Cambodge, lorsque au commencement, John Fitzgerald Kennedy étant président, ceux-ci ont commencé à utiliser à grande échelle une arme chimique dite « l'agent orange ». Et cela, pendant une décennie (1961 - 1971) grâce à Monsanto et Dow Chemical.

80 millions de litres de pesticide ont été déversés sur les forêts, sur les cultures vivrières, avec les conséquences que l'on sait sur les populations, d'alors ... et, de nos jours ... toujours : cancers, tuberculose, diabète. Y a-t-il un doute sur ces faits ?

Pour ces crimes, ce poison, pas de Tribunal pénal international (que les Etats-Unis récusent) ; pas de revendication des écolos ; nul en outre ne parle de prescription.

Certes, on nous ressort le film de cette petite fille nue, brûlée au napalm qui court en hurlant après un bombardement de civils. Mais de crimes contre l'humanité, point. D'ailleurs voyez le long et récent combat de l'agriculteur charentais Paul François, auquel NDH, avec Nicolas Hulot, en 2018, a remis son 35e Prix littéraire des droits de l'Homme, à l'Assemblée nationale, pour son épuisant combat contre Monsanto. Encore Monsanto, toujours Monsanto ...

Aujourd'hui, une femme, une Franco-Vietnamienne victime du célèbre « agent orange » elle-même, reprend le combat devant le tribunal d'Evry. Son nom ? Tran To Nga. Peut-être Le Monde lui consacrera-t-il, à elle aussi, deux pages entières ... comme à François Mitterrand, qui, hélas, ne peut plus se défendre. Mais il nous l'a promis, lors des derniers vœux « Là où je serai, je veillerai ». Chiche !

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 25 janvier 2021

Un talon d'Achille constitutionnel

Nul ne s'en inquiète parmi les politiques ou les observateurs de toutes tendances, mais la République peut être mise en danger à la suite d'un vote pour l'élection présidentielle.

Sans vouloir jouer les Cassandre, ou comme la célèbre Geneviève Tabouis, autrefois, sur les ondes de Radio Luxembourg qui concluait toujours ses commentaires politiques  par             « attendez-vous à savoir...» on se doit tout de même de tirer - que dis-je - d'agiter la sonnette d'alarme dans ce pays où la politique politicienne prévaut sur la rigueur du Droit. Sinon un débat national aurait été lancé depuis longtemps.

A savoir ?

Quid de la légitimité, et de la légalité, de l'élection au suffrage universel d'un candidat qui a très largement dépassé les frais de campagne autorisés lors d'une élection présidentielle ?

Hypothèse d'école ? Ne soyons pas naïfs. Ce cas de figure, voire ce cas de conscience a déjà existé. Et il a été résolu par la real politik d'un de nos bienveillant amis, alors président du Conseil constitutionnel, l'aimable Roland Dumas, ci-devant avocat puis ministre des Affaires étrangères. C'était en 1995 ... Cela aurait encore pu être le cas lors de l'élection présidentielle qui vit Nicolas Sarkozy devenir chef de l'Etat puisqu'une contestation est toujours en cours.

Bref, la France pourrait, un jour ou l'autre, si l'on n'y prend garde se retrouver, mutatis mutandis, dans le scenario de la dernière élection américaine où le sortant-sorti Donald Trump, a contesté devant tous les tribunaux la régularité du scrutin qui a permis à Joe Biden d'entrer à la Maison Blanche.

Revenons en arrière ... vers le futur.

En France, ce n'est pas la presse mais, très officiellement, le ministre de l'Intérieur qui, le soir de l'élection, dès 20 heures, annonce les résultats. On se souvient encore des images : François Mitterrand apparait à l'étage du « Vieux Morvan » ; Valery Giscard d'Estaing exprime en anglais sa satisfaction au monde entier ; Jacques Chirac parade dans Paris en voiture, vitre baissée etc.

Soit. Quelques temps après, l'heureux élu s'entretient avec son prédécesseur qui lui confie les codes. Jusqu'à ce moment, tout va bien, comme disait celui qui tombait du 50e étage en passant devant le 25e. Souvent le prédécesseur raccompagne même son successeur jusqu'au perron où l'attend sa voiture. Comme on disait avant 1789 « Le roi est mort ; vive le roi », ce qui, heureusement, n'a plus cours, mais ...

Revenons pour l'exemple à 1995 ...

Le Président Chirac était déjà installé à l'Elysée depuis plusieurs mois. Il avait nommé un gouvernement lorsque le Conseil constitutionnel a constaté, à l'automne, que les comptes de campagne du nouveau premier des Français avaient largement dépassé les bornes comptables prévues. Quant à ceux du candidat Balladur, la Cour de Justice de la République (un quart de siècle après) commence à les radiographier après qu'ils aient été, comme ceux de Jacques Chirac en son temps, validés par le Conseil constitutionnel avant qu'il n'entreprenne un second mandat.

Or, si l'on sait que les frais de campagne électorale sont limités afin d'éviter que les plus riches n'écrasent par leur propagande les plus pauvres, dans un souci démocratique et républicain, la question est primordiale pour égaliser les chances. Sinon, comme on veut en instaurer la mode de nos jours, désignons ou faisons désigner les élus ... par tirage au sort ; voire consultons un aréopage d'astrologues. Nostradamus aurait à coup sûr prédit le nom du futur chef de l'Exécutif.

Mais revenons au cadre actuel des élections présidentielles en France, qui sera encore celui de 2022. Selon l'article de Simon Fiel dans Le Monde (19 janvier 2021) article très documenté, si Roland Dumas et le Conseil constitutionnel n'avaient pas fermé les yeux sur les graves irrégularités du compte de campagne de Jacques Chirac en 1995, cela n'aurait pas entrainé la nullité du scrutin. La seule conséquence eut été le non remboursement de ses dépenses de campagne par l'Etat ... Alléluia !

Alors, donnons-nous en à cœur joie. Car, chacun le sait « quand les bornes sont passées, il n'y a plus de limites ». Dépassons, dépensons ... pourvu que l'on touche le Graal élyséen. Où est l'égalité des chances entre les candidats puisqu'on sait que l'argent est souvent le nef de la guerre ? Philippe Poutou n'est pas Trump pour engager une multitude de recours, judiciaires ou autres.

Dès lors, soyons sérieux. Un candidat à l'élection présidentielle ne peut être élu s'il a dépassé abusivement les frais régulièrement prévus (avec une marge de tolérance, mais l'Elysée n'est pas une maison pour çà, pour parodier Paul Claudel, malgré la petite histoire du palais). Un candidat, potentiellement élu, ne peut l'être effectivement que si ses comptes sont certifiés. Donc, soit les comptes de chacun sont vérifiés tout au cours de la campagne par un représentant de la Cour des comptes pour que l'élu soit, comme de coutume, proclamé au soir de l'élection, soit, comme aux Etats-Unis - mais pour d'autres raisons, dues au système des grands électeurs - on doit attendre la certification des comptes de chacun, plusieurs mois après.

Dans la réglementation actuelle, il y a largement place pour la triche sans sanction. Au lieu du non remboursement des frais du mal élu, il aurait dû quitter l'Elysée purement et simplement. On imagine ! Et refaire les élections ? En lui interdisant de se représenter ? Le Président du Sénat eut alors joué les intérimaires du spectacle ? Voire l'élu en seconde position, remplacer le premier si cela se joue à une poignée de voix près comme lors de la joute Giscard-Mitterrand ?

Bref, il y a urgence de ne plus attendre car il s'agit bien du talon d'Achille de notre élection majeure. Et Laurent Fabius n'est pas Roland Dumas, d'autant que le Conseil constitutionnel tend, de plus en plus, à s'ériger en Cour suprême ... La France ne doit pas se donner en spectacle comme outre Atlantique.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 18 janvier 2021

La déchéance du roi Pétaud ...

Les personnes d'un certain âge, voire d'un âge certain (grosso modo celles qui peuvent se faire vacciner contre la Covid - 19) ont du mal à accepter le déferlement littéraire et médiatique contre les agressions sexuelles, les viols, la pédophilie, l'inceste ... Beaucoup considèrent, non pas que ces crimes sont inacceptables mais qu'il est inacceptable d'en parler. En clair, pour nombre de citoyens, pourtant bien formés, les bourreaux sont les victimes et, les victimes, les bourreaux. Logique, non ? Et parfaitement « moral » de surcroît !

Longtemps le Droit, cette règle du jeu démocratique, a couvert les auteurs de ces actes inqualifiables ou en a minimisé la portée. Combien d'années, de combats a dû mener notre amie Gisèle Halimi pour faire admettre que le viol était un crime - comme le stipulait le Code de Napoléon - quand les juges, eux, l'avaient correctionnalisé. Donc le renversement de l'éthique en la matière ne date pas d'aujourd'hui, ce qui aurait dû permettre aux Gabriel Matzneff et autres Duhamel (comme à leurs complices) de savoir que le vent avait déjà  tourné.  Inutile de  jouer, aujourd'hui,  les pintades effarouchées, lors    de la publication du     « Consentement » de Vanessa Springora  ou, plus récemment, de la « Familia grande » de Camille Kouchner. Imaginez-vous, seulement un instant, femme ou enfant, aux mains de ces dominateurs sans scrupule qui vous transforment en objet et obèrent votre avenir jusqu'à la fin de vos jours. Pour nous, qui y avons été confrontés, nous avons alors préféré perdre un ami que perdre notre âme et n'avons pas laissé insulter l'écrivaine Denise Bombardier laquelle dans « Apostrophe », l'émission de Bernard Pivot, était moquée par tous parce qu'elle y dénonçait voici 20 ans, le pervers Matzneff.

Aujourd'hui, une nouvelle génération a pris le relais. Comme le message, aussi fort qu'explicite de Gisèle et Denise n'a pas été entendu, compris, nombre de femmes (voire quelques hommes) prennent la plume, accusées toutefois de faire fortune par leurs révélations scabreuses sans que l'on range en outre leurs écrits sous la rubrique « droits de l'Homme ». Car enfin, c'est bien connu, on ne viole pas les droits de l'Homme dans la « patrie des droits de l'Homme ». Mais, d'abord, est-ce qu'une  femme, un enfant, est un Homme ?      « Bonne  question, je vous remercie de l'avoir posée ... »

On enrage quand, depuis près de cinquante ans, nous nous battons pour l'extension des droits de l'Homme de 1789 (que l'Assemblée de la Révolution avait pourtant précisé être               inachevés ; donc à compléter) selon la motion de l'ancêtre de notre regretté Vice-président de NDH, Mougins de Roquefort (votée le 27 août 1789).

Faute pour la France d'aller de l'avant, malgré la signature et le dépôt de notre proposition de loi ad hoc par 520 parlementaires de tous les groupes du Parlement, les prédateurs sexuels ont continué à parader, comme l'a décrit magnifiquement Camille Kouchner. Ils sont restés les rois des medias, inattaquables, « solaires », selon ses propres mots. La honte n'était pas pour eux. Duhamel brillait de tous ses feux à Sciences Po, sur LCI, au cercle du Siècle, ou encore comme     «avocat», associé dans le cabinet de Jean Veil, le fils de Simone (laquelle avait empêché le Président Sarkozy de faire étendre les droits de l'Homme, après son discours du 8 janvier 2008). Ce pauvre Louis XVI, qui avait écrit et signé au bas de la Déclaration «accepté pour être exécuté» n'a pas bénéficié, lui, d'autant d'indulgence puisqu'il en a perdu la tête.

Dans son ouvrage, la jeune juriste, digne fille de notre « frère » Bernard, son père, décrit la cour du roi, à Sanary, dans le Var, où chacun se pressait pour rendre hommage à sa majesté «solaire» ; un Louis XV au petit pied. Sauf qu'en réalité ce n'était que la cour du roi Pétaud et, comme le chante Brassens, « il n'y a que le roi des cons qui soit indétrônable ». Or il ne l'était pas encore lui, de par ses liens avec la haute bourgeoisie qui tenait toutes les ficelles en main. Qu'importe ! Elle a cependant démontré que le roi était nu en réalité. Au propre (si l'on ose dire) comme au figuré. L'Ubu des temps moderne est donc tombé de son piédestal. Le prétendu astre solaire s'est enfin couché. Il bénéficiera de la prescription trentenaire, ce qui n'est pas le cas de Gabriel Matzneff ? Dont acte.

La Justice « morale » a d'autres moyens que la Justice « judiciaire ». Et c'est heureux. La Justice immanente, elle, a fait son œuvre. L'arrogant « solaire », qui se refusait à parler à ses congénères issus de la méritocratie républicaine (on peut donner des noms) a plongé - hors de sa mythique piscine de Sanary - d'une manière définitive. Les tâcherons de la société peuvent désormais garder la tête haute car, selon la vieille formule « Le roi n'était pas leur cousin » mais, au moins, il a perdu sa morgue.

Le roi est mort ; vive la République : une et indivisible.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 11 janvier 2021

« De la démocratie en Amérique »,

de Tocqueville ... à Trump

Les évènements qui ponctuent la fin du mandat de Donald Trump ne laissent pas d'interroger les démocrates du monde entier. D'autant que la démocratie, projet universel, acté comme tel, officiellement, par le vote de la Déclaration des Nations Unies de 1948, à Paris, au palais du Trocadéro, est loin d'être acquis, trois quarts de siècle après.

Le monde est encore plein de mollahs iraniens, de Bachar El Assad, d'Erdogan, de Maduro, de Bolsonaro etc. Et, dernier venu au club, Donald Trump, président des Etats-Unis d'Amérique qui, non seulement conteste comme un malade le résultat de la dernière élection présidentielle dans son pays, mais, dans un dernier baroud d'honneur (ou de déshonneur) a appelé à manifester en masse devant le parlement américain (le Congrès) au point que celui-ci a été envahi par des milliers d'extrémistes qui nient le résultat d'élections, contrôlées et recontrôlées, y compris par le pouvoir judiciaire.

Ceci nous ramène directement à Montesquieu (« De l'esprit des lois ») qui a inspiré la Constitution américaine de 1787 où le grand bordelais prône la séparation des pouvoirs (Exécutif, Législatif et Judiciaire) et à Alexis de Tocqueville qui, plus tard, au début du XIXe siècle, vint voir vivre la jeune démocratie américaine, ce dont, il rend compte dans son célèbre ouvrage « De la démocratie en Amérique ».

Ah, quelle belle démocratie, avec ses jeunes filles pures et idéales, ses présidents propriétaires d'esclaves qui bientôt massacreront les indigènes dits « peaux rouges » pour les regrouper dans des réserves, sans aucun droit ... « La plus grande démocratie de monde », selon nos observateurs actuels après que Roosevelt ait coopéré avec le chef de l'Etat français, un certain maréchal Pétain, puis ait tenté de nommer des « gouverneurs » dans nos départements à la Libération ...

Au moins, avec la présidence Trump, fin de l'hypocrisie : « America first ». Bas les masques ! Ce président des Etats-Unis veut tout le monde à sa botte, à l'intérieur comme à l'extérieur.

A l'extérieur, il s'éloigne de l'Europe et soutient le Premier ministre britannique, son clone Boris Johnson ; taxe et surtaxe les produits européens ; ménage son complice Poutine et, surtout attaque la Chine qui, comme la France en 1940, a été envahie par des régimes fascistes ... Dont acte.

A l'intérieur, le milliardaire, devenu président des Etats-Unis, laisse se développer les mouvements extrémistes et racistes, conteste les élections, bafoue la constitution. Bref, comme on disait autrefois, « Rome n'est plus dans Rome », avec d'autant plus de facilité que, dans le monde, il trouve moult complices qui assurent gratuitement la promotion de l'american way of life, à tous les niveaux de la culture, si ce n'est de la sous-culture. On est prié partout de parler anglais, de chanter anglais, de commercer en anglais. Même les institutions européennes s'y mettent, toute honte bue. Les Chinois résistent-ils, concurrencent-ils ? On les accable de tous les maux ... Le monde doit s'aligner derrière les Etats-Unis, façon Trump. « Je ne veux voir qu'une seule tête » ... un seul modèle, une seule langue. Ceux qui commercent encore en dollar (les idiots) sont soumis aux risques de sanctions s'ils enfrayent les lois US. Qu'on se le dise !

Et ce qui devait arriver arriva ... La mégalomanie crypto-fasciste de Trump le poussa à l'acte de trop : l'appel à la manifestation contre les élus du Capitole, un certain 6 janvier 2021 ; une violation quasi explicite de la constitution qu'il avait juré sur la Bible de respecter. Exit Montesquieu ; exit Tocqueville. Le petit César a franchi le Rubicon.

Un espoir cependant. L'Europe, un peu poussée par Angela Merkel, est en voie de signer un accord avec la Chine sur les investissements. Comme disait autrefois son grand Timonier, Mao Tsé Toung «un voyage de mille pas commence par un pas» et, comme nous, disions en mai 68:  « ce n'est qu'un début, continuons le combat ».

Aujourd'hui, nous dirions plutôt, « continuons le débat » par l'installation d'une structure permanente de coopération entre l'Europe et la Chine. Mettons tout sur la table : la concurrence inégale, les règles sanitaires, Hong Kong, les Ouigours, les libertés individuelles etc.

Sans prétentions et sans arrogance car les Chinois, eux si souvent humiliés par le passé, fort légitimement, ne manqueront pas de rappeler la colonisation, l'esclavage, la traite des noirs, la dévastation du Palais d'été quand, même mon ami Pierre Loti avait ramené en France le trône de l'impératrice ! Nous ne sommes plus au XIXe siècle et le XXIe ne fait que commencer. Au moins, que le passage de Trump à la Maison Blanche serve de leçon au monde entier.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 4 janvier 2021

La symphonie du nouveau monde

Après la catastrophe de 2020, tant sur le plan sanitaire qu'économique (voire politique ; avec la fin ridicule du clown Trump, le retrait du Royaume Uni de l'Union Européenne, la persistance du terrorisme, l'irruption du fanatique Erdogan en Turquie et alentour ...) le soleil ne peut que se lever en 2021. De préférence au son de la symphonie N°5 d'Anton Dvorak, ce Bohémien qui nous ouvre les portes de demain avec sa célèbre « Symphonie du nouveau monde », laquelle vaut bien la 9ème symphonie d'un autre grand Européen, Ludwig Van Beethoven, qui lui-même, peu avant, nous avait fait déjà vibrer vers le futur avec son « hymne à la joie ».

Alors, place à l'espoir, en musique, puisque l'Europe « continentale », purgée de ce balourd anglais, qui disait « non » à tout, comme Nikita Khrouchtchev autrefois (Monsieur « Niet ») : non à la monnaie unique, non à l'espace Schengen, non à une participation équitable au budget communautaire, non à Erasmus... peut enfin entrevoir des perspectives nouvelles ; optimistes s'il en est.

L'ère qui pointe à l'horizon, au seuil de 2021 est sans doute, sans trop d'illusions tout de même, celle due à l'accord commercial majeur, négocié depuis 2013 entre la Chine et l'Union Européenne. Quand ce fou de Trump agressait en permanence l'Empire du Milieu, la vieille Europe, elle, tissait discrètement sa toile en toute indépendance, au point de conclure, en fin d'année 2020, sans même attendre l'installation à la Maison blanche de Jo Biden. Preuve que le monde n'est plus bi-polaire ; que les 27 ont peut-être atteint l'âge de raison. Mais sachons raison garder ...

Certes la Chine du Président Xi Jinping fait peur mais cette peur est irrationnelle, due à notre méconnaissance des cultures asiatiques, chinoise en particulier. En effet, celles-ci n'ont jamais été (sauf le Japon) expansionnistes, conquérantes quand nous, Européens allions, au contraire, occuper, piller cette vieille civilisation, à la philosophie confucéenne. La Chine est avant tout  « défensive », comme le prouve sa grande muraille, uniquement destinée à arrêter les envahisseurs étrangers. Même devenue « communiste » elle a conservé sa sagesse légendaire. Gardons-nous, nous Européens (Français en particulier) qui nous sommes laissé coloniser depuis 1945 par les Etats-Unis sur tous les plans - le pire étant le plan culturel - d'épouser plus longtemps la cause hégémonique mondiale des étatsuniens.

La « symphonie du nouveau monde », c'est un futur rapport équilibré entre l'Orient et l'Occident dans le siècle qui vient. Un rapport qui permettra aux citoyens du monde de demain de sauvegarder la richesse, le pluralisme des cultures, comme on s'emploie désormais à sauvegarder la diversité des espèces animales et végétales. Pourquoi pas linguistique ?

La Chine n'est pas une démocratie, diront quelques belles âmes. Regardez Hong Kong, regardez les Ouigours, voyez ces procès à huis clos ...

Ceci est un fait. Mais c'est justement l'occasion inespérée de dialoguer avec les dirigeants chinois au-delà des discussions commerciales qui vont se poursuivre, sans naïveté et surtout sans mépris ni arrogance. Chacun doit écouter l'autre. On doit instaurer un forum permanent entre l'Europe et la Chine pour rapprocher nos points de vue jusqu'à leur convergence. Nous n'avons pas besoin de Washington pour cela ; nous sommes assez grands et respectés parce que nous avons fait la Révolution puis la Commune de Paris, que l'on célèbre toujours à Pékin ; pour avoir aussi lutté, comme le peuple chinois, contre le désastreux fascisme de la première moitié du siècle dernier.

Certains, à l'instar du célèbre schtroumpf Glucksmann, attaquent la Chine essayant de jeter de l'huile sur le feu, alors que son père André, philosophe, était maoïste et fervent soutien de la        «révolution culturelle » (dont Xi Jinping en personne a été victime dans sa jeunesse). Quelle aberration quand on sait que les Ouigours, forts respectables en tant que minorité, sont aussi des islamistes dont certains, comme chez nous, ont commis de lâches attentats. En France, pour des faits similaires, le Président Macron et son gouvernement, ont préparé une loi contre la  «  séparatisme ». Mais la Chine, elle, n'en aurait pas le droit ... ? «  Erreur en deçà des Pyrénées ; vérité au-delà » dit-on chez nous.

On parle également de « travail forcé », ce que le gouvernement de Pékin conteste à demi-mots. Soit. Remettons-nous en, alors, à des commissions d'enquête car la Chine, enfin, ne refuse pas de progresser puisqu'elle se prépare à signer les conventions internationales ad hoc dont le Bureau International du Travail, à Genève, est le gardien. Ainsi, tant sur le plan des droits de l'Homme que sur le plan commercial tendrons nous alors vers la parité. Inutile, dès lors, pour France Inter d'inviter régulièrement le week-end, à son micro, quand Léa Salamé, son épouse est absente , le « député européen Glucksmann » par la grâce d'un Parti Socialiste exsangue, incapable - comme pour les prochaines élections régionales à Paris - d'avoir un candidat, en tête de liste, issu de ses rangs, qui tienne un langage responsable et non démagogique.

Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre de Jacques Chirac, fin connaisseur de la Chine (sinon Michel Barnier, qui vient de faire ses preuves dans la négociation sur le Brexit) voire Hubert Vedrine ont, eux, une autre capacité morale comme intellectuelle pour aboutir à une solution d'avenir sans avoir, auparavant, eux, déjà été semer la zizanie en Géorgie et en Ukraine à des fins nombrilistes.

Ceci n'est qu'une « impression soleil levant » pour 2021, comme l'a illustré Claude Monet. Mais elle compte beaucoup pour le monde en gestation après les évènements de 2020. L'élection présidentielle, qui se profile déjà à l'horizon, en 2022 en France, nous dira peut-être si ce nouveau monde est né, sain et équilibré, entre l'Est et l'Ouest. Alors, on pourra encore chanter  « l'hymne à la joie ». En allemand ; pas en anglais...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 28 décembre 2020

31 décembre 2020 : le « break seat » de l'Angleterre

Tout le monde s'y attendait mais nul ne pensait que ce fait d'hiver aurait lieu, en pleine crise sanitaire mondiale, qui a touché, plus que tout autre, le Royaume désuni sous la conduite symptomatique du Trump local, comme l'appelle le président élu des Etats-Unis, Jo Biden.

Tournons la page et reconstruisons le monde sans cet iconoclaste, mais non sans avoir relu le dernier chapitre de notre histoire commune qui rappelle, mutatis mutandis (mais à l'initiative anglaise cette fois) le « blocus continental » des années 1800 quant à la répartition des forces.

Lorsque la France prend l'initiative de créer avec ses partenaires européens continentaux la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier), puis l'Euratom et enfin, par le traité de Rome, en 1957, le Marché Commun avec cinq partenaires historiques (Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) la Grande Bretagne s'y oppose. Elle tente même de créer une entité rivale, l'AELE (Association Européenne de Libre échange) sans finalité d'intégration ou de simple harmonisation. Car l'ex maîtresse des mers ne saurait admettre d'être isolée. Perdante et mauvais joueur, voire, pour tout dire, arrogante.

Le succès du Marché Commun étant évident, puisque de Gaulle lui-même ne l'a pas remis en cause après 1958, ne restait alors au dit Royaume-Uni que de venir à genoux quémander son admission pour le saper de l'intérieur, ce qu'il fit deux fois, la première, célébre, étant au château de Rambouillet lorsque son Premier ministre d'alors, le conservateur Harold Macmillan vint supplier le « grand Charles » de lever son veto, ce qu'il se refusa de faire - peut être en souvenir des humiliations gratuites subies par lui pendant la guerre lorsqu'il incarnait la France.

Seul Pompidou, gaulliste en demi-teinte, accepta l'adhésion de Londres, ce qui provoqua ensuite d'incessantes querelles du temps de Margaret Thatcher, la dame de fer devenue un loup dans la bergerie. Que de fois n'entendit-on pas « I want my money back », ce leitmotiv britannique traditionnel. Plus hypocrite, tu meurs ... Même l'€uro cette belle réussite de l'Union fut rejetée au nom d'un impérialisme archaïque, qu'une Allemagne, réunifiée et assagie, elle, prit en compte, malgré quelques réticences bien compréhensibles ...

Mais Margaret Thatcher (encore moins le travailliste Tony Blair, pourtant à la remorque de Bush fils) n'osa poser la question d'un de leurs successeurs, David Cameron : « Voulez-vous quitter l'Union Européenne ? » Bref, casser le siège (break seat) qui avait été attribué à leur pays en difficulté puisqu'il n'a plus d'industrie, que son agriculture est largement déficitaire et que ne lui reste que la finance qui, croient les Anglais, gouverne le monde (ce que la Covid 19 dément largement). A force de mensonges grossiers du candidat Boris Johnson, le « oui » l'emporta donc, à 52%, sauf dans le grand Londres dont il avait été maire, au pays de Galles, en Ecosse et en Irlande du Nord ... Donc une victoire à la Pyrrhus pour un royaume désuni dont le monarque Elizabeth II touche pourtant de larges subventions européennes pour ses domaines agricoles privés. « Never explain, never complain »

Et maintenant dira-t-on ? maintenant, il importe d'en tirer immédiatement et concrètement les conséquences chez les 27 membres qui n'ont pas accepté le chantage de l'aventurier « Bo Jo ». En premier lieu, que les représentants de l'Union, à tous les niveaux, éradiquent la langue anglaise de leurs documents, de la base au sommet puisque ce n'est plus une langue officielle, y compris au sein de la Banque Européenne. Bruxelles comme Francfort, en outre, ne sont pas, que l'on sache, des villes anglophones.

En second lieu, l'Europe se doit d'avoir une diplomatie plus convergente et plus affirmée dans le monde, d'autant qu'avec la France, elle possède un outil militaire de haute qualité. Quelques exemples : est-il normal que notre pays soit quasiment le seul à se battre au Sahel contre l'invasion islamique ? voire que ce soit encore la France qui vole au secours de la Grèce et de Chypre menacées par le fascislamiste turc Erdogan ; que la Pologne, largement bénéficiaire de l'Europe, achète avions et hélicoptères aux Etats-Unis etc.

Sans doute Poutine, ce tsar intelligent et pervers a-t-il accaparé la Crimée, menacé la Géorgie, l'Ukraine avant d'abandonner les Arméniens au Haut-Karabakh, mais il est aussi très vulnérable (rappelons que le PIB de la Russie est inférieur à celui de l'Italie pour un territoire vingt fois plus grand). On doit dès lors remettre, sans naïveté, à l'heure le mythe gaullien d'une « Europe de l'Atlantique à l'Oural » (car rien ne dit qu'un jour, ses vastes et vides terres asiatiques ne tomberont pas sous influence chinoise).

Bref, l'Europe qui a une personnalité mondiale unique dans une très précieuse diversité, doit l'affirmer, maintenant qu'elle est débarrassée du poids mort anglais : ce qui veut dire ouvrir les bras à l'Ecosse, à l'Irlande du Nord et au pays de Galles si ces nations en expriment démocratiquement le souhait et dialoguer en même temps avec la Chine, en oubliant leurs fautes du XIXe siècle dans le but de coloniser, humilier cette vieille civilisation qui a su se relever pour occuper aujourd'hui toute sa place.

Sortons enfin de la guerre froide en redonnant toute sa place aux Nations unies et à chacun de ses membres. Un nouveau tiers monde peut naître, sans rapport avec celui des années 50-60. L'Europe se doit de l'incarner entre ces deux géants que sont les Etats-Unis et la Chine. Un rôle pacificateur.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 21 décembre 2020

                              Référendum climat :

      « La réponse est non. 

                    Au fait, quelle était la question ? »

                                    Woody Allen 

Le 14 décembre, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé la tenue d'un référendum pour ajouter à l'article 1 de la Constitution « la protection de l'environnement et de la biodiversité, la lutte contre le réchauffement climatique ». Une proposition issue des 150 actées par ladite Convention citoyenne pour le climat.

Sauf quelques climato-sceptiques (espèce en voie de disparition) qui serait « contre » ? Mais là n'est pas la question ... La vraie question est ailleurs puisque la réponse a déjà été apportée par la Charte de l'environnement, intégrée depuis 15 ans dans le bloc de constitutionnalité comme l'a immédiatement rappelé le professeur de droit public Jean-Philippe Derosier, enseignant à l'Université de Lille. Le Conseil constitutionnel lui-même en a jugé ainsi par une décision du 10 décembre 2020.

NDH, pour mémoire, pour le bicentenaire de la Déclaration, en 1989, avait, avant Nicolas Hulot, introduit dans sa proposition de loi constitutionnelle portant Titre II à la Déclaration de 1789 (en application de la motion Mougins de Roquefort votée par l'Assemblée le 27 août 1789) « le droit à vivre dans un environnement sain ». Une proposition de loi signée, puis déposée plus tard par 522 parlementaires députés et sénateurs de tous bords.

Aucune hostilité donc. Uniquement la dénonciation du caractère superfétatoire d'une idée, d'une norme qu'il est totalement inutile d'ajouter au « maquis » législatif qui est la spécificité française. Un maquis, d'abord c'est par définition écolo.

Question d'opportunité, direz-vous. Sans aucun doute, même si elle est issue de ce « machin » eut dit de Gaulle que l'on appelle (que l'on a appelé) la « Convention citoyenne pour le climat » où 150 personnes ont été tirées au sort pour réfléchir ensemble. Là est peut-être le péché originel d'où sort un péché véniel ... En effet, la désignation des penseurs de notre futur ne se joue pas aux dés. Où est-ce à dire que le suffrage universel dont sont issus nos parlementaires est dépassé, voire incapable d'engendrer des idées nouvelles ? Bien peu osent poser la question. Nulle levée de bouclier, chez les élus eux-mêmes ...

En second lieu, le « prince » sans être disciple de Machiavel, a retenu, dit-on, très peu des 150 propositions de ces désignés au « loto politique ». L'ingrat ! Heureusement, il avait en réserve, dans sa poche, l'arme atomique qu'il a brandie pour calmer la colère des 150 frustrés : le référendum. L'arbre qui cache la forêt car il sait très bien qu'il n'aura pas le temps de faire voter cet additif inutile avant l'élection présidentielle de 2022. Et puis, « la fête passée, adieu le saint ». D'autant qu'aux termes de l'article 89 de la Constitution (rien à voir avec la Déclaration) la question doit être au préalable votée en termes identiques par les deux assemblées. Or l'on sait, d'ores et déjà, que le Sénat est hostile ... et que beaucoup de députés macronistes ne suivront pas. Ce ne sont pas des godillots ; pas même des escarpins.

Donc le président Macron joue gagnant à tous les coups :

  • Il parait plus écolo que les écolos partisans (ou désignés par le tirage sort)
  • Son projet de référendum n'a aucune chance (ou très peu) d'être soumis au peuple, seul détenteur de la légitimité. Dès lors aucun risque. Bien joué l'artiste !

Cette question de « légitimité populaire » m'en rappelle une autre, vécue personnellement, en tant que responsable de Nouveaux droits de l'Homme. En 2005, nous avions rencontré Simone Veil, ancienne magistrate, puis ministre, pour recueillir son opinion personnelle sur le vote par le Parlement de nouveaux droits de l'Homme. La future « panthéonisée » était d'accord sur le contenu de notre proposition de loi préparée avec les meilleurs juristes des années 80 : Maurice Duverger, Paul Bouchet, Guy Braibant, Louis Edmond Pettiti, Edmond Jouve, Maurice Buttin. Mais elle nous fit objection sur un point ; basique. Pour elle, notre proposition ne devait pas être adoptée par le Parlement (issu du vote des Français) mais être prise en compte progressivement par la jurisprudence, c'est-à-dire la Cour de Cassation, le Conseil d'Etat voire le Conseil constitutionnel- en gros l'ensemble des magistrats qui rendent la justice au nom du peuple sans être les élus du peuple. Bref, le « corporatisme » qu'avait aboli la Révolution pour donner la souveraineté au peuple.

Sans être « populiste », on peut s'étonner que la grande Simone ait voulu revenir à 1788 et faire table rase de la Révolution en optant pour le statu quo ante.

L'anecdote ne s'arrête cependant pas là. Plus tard, le président de la République, Nicolas Sarkozy, très fervent soutien à notre projet de société en termes de droits nouveaux lorsqu'il était député, fit un discours, le 8 janvier 2008 pour annoncer sa proposition de reconnaissance de nouveaux droits. Il en confia alors la mission rédactionnelle à Simone Veil, par décret (N° 2008 - 328 du 9 avril 2008). Mission qu'elle accepta pour présider un « comité de réflexion » qui ne reçut personnes ou organisations, contrairement à ce qui lui avait été demandé très officiellement. Résultat, elle rendit une copie blanche au Président, en concluant qu'il était inutile de légiférer en la matière. NDH, même cité deux fois dans son rapport n'a jamais été auditionné, en respect de son décret d'attribution.

On trouvera tous les détails dans notre revue Arc en Ciel N°58 du quatrième trimestre 2008 (www.ndh-france.org). D'où notre hostilité à tout projet de portée législative qui ne respecte pas les parlementaires, voire tendrait à démontrer qu'ils sont inutiles. La règle est la même sous toutes les républiques, quel que soit leur numéro.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 14 décembre 2020

Atmosphère, atmosphère ...

On se souvient tous de la célèbre réplique d'Arletty dans le film de Marcel Carné, lorsqu'elle s'adresse à Louis Jouvet, sur le canal Saint Martin, à Paris en 1938 : « atmosphère, atmosphère, est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? »

Comment ne pas l'avoir en mémoire quand le monde entier se retrouve confiné, depuis plus de six mois, pour cause de pandémie et que la levée des barrières sanitaires s'éloigne chaque fois que l'on s'en rapproche ?

Certes, il ne s'agit pas d'une atteinte aux libertés traditionnelles, comme en temps de guerre ; les peuples ne subissent aucune destruction mais la nouveauté du phénomène déconcerte et trouble les esprits les plus équilibrés.

La mort, même lointaine pour beaucoup, rôde et menace, aggravée par les moyens modernes de communication ; le défilé des experts qui parfois se contredisent ; l'impossibilité aléatoire de rencontrer ses proches ; la fermeture, même temporaire des lieux de convivialité : bars, restaurants, cinémas ... Il y a un phénomène cumulatif.

Le travail, si vilipendé depuis deux siècles, sous l'œil contestataire des syndicats et des partis de gauche qui dénoncent l'exploitation des travailleurs, s'écoule comme du sable entre les doigts tandis que l'instauration massive du télétravail (une libération physique ne serait-ce que des transports pour nombre d'entre eux) est mal ressenti.

Peu à peu donc, les économies les plus prospères, sorties des « trente glorieuses », s'étiolent malgré la récente invasion du tout numérique qui laissait espérer un monde nouveau. Même les plus fanfarons (les Trump, Johnson et autres Bolsonaro ...) ont dû s'incliner devant la persistance de la menace qu'hier encore ils balayaient d'un revers de main. La question qui se pose désormais est, dès lors, comme dans l'attente de la sortie d'une guerre : qui en sortira parmi les vainqueurs (et les vaincus) ?

L'Europe, si décriée par les chauvins, il y a peu encore, a su réagir en dépit de la question du Brexit auquel Boris Johnson, ce Trump du vieux monde, n'a pas renoncé, en dépit du vote hostile de l'Ecosse, du pays de Galles, de l'Irlande du Nord ... et de Londres - capitale. L'Europe a appliqué les préconisations de l'économiste britannique John Maynard Keynes, aussi paradoxal cela puisse-t-il paraître. Elle a injecté 750 milliards d'€uros dans l'économie de ses membres pour les soutenir et en éviter l'effondrement. Adieu, et pour longtemps, les règles d'or du libéralisme, les sanctions si un budget national dépassait un déficit de 3%, en même temps que s'éloignait, sous nos yeux, la célèbre formule de Saint Just : « Le bonheur est une idée neuve en Europe ».

Et maintenant que nous sommes au milieu du gué ? Maintenant, en France, la CGT ; les résidus du trotskysme continuent, eux, de manifester chaque semaine, même après qu'une grande manifestation nationale ait obtenu le retrait de l'article 24 d'une loi qui attentait à la liberté de la presse (en attirant quelques centaines de casseurs). Sans doute, manifester est-il un droit sacré. Mais ce n'est pas encore une profession, à seule fin de prouver que l'on existe ...

Quand l'atmosphère est plombée à ce point, on se serre les coudes ; on s'entraide, comme les font nombre d'associations de solidarité envers les plus démunis ... jusqu'à ce que le soleil se lève à nouveau à travers le brouillard. « Que la charité fasse ce que la loi ne peut pas faire » disait au début du XIXe siècle un célèbre partisan du catholicisme social ... avant, on l'espère, que ne soit voté au plus vite, à nouveau, un impôt sur la fortune au profit des plus démunis. C'est en 1945 en effet, après une guerre ruineuse, qu'ont été adoptées les lois sociales les plus bénéfiques après celles du Front populaire, en 1936, au sortir de la grande crise de 1929. Résultat : des décennies de progrès et d'espoir. Les droits de l'Homme, économiques et sociaux, ne sont pas une charge, un fardeau qui freinent l'économie ; ils sont un tremplin qui permet de rebondir. On en revient toujours à Keynes ... La solidarité va de pair avec les règles de base de l'économie. La morale avec la logique.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 7 décembre 2020

Casser les casseurs

D'années en année, de mois en mois et maintenant de semaine en semaine, chaque manifestation démocratique dûment autorisée se termine par des blessés, des destructions de biens privés et publics, des commencements d'incendie ... Bientôt ce sera des morts qu'on sera prié de déplorer.

Si les forces de l'ordre sont parfois auteur de bavures lourdes, que leurs représentants syndicaux ont tort de ne pas reconnaître, ne serait-ce que par honnêteté intellectuelle, en l'occurrence, sauf à être des politiciens retors, celles et ceux qui s'affichent complaisamment dans tous les medias ne doivent parler que d'une seule voix, qu'ils soient de gauche, de droite ou des extrêmes. En cas contraire, ils sont les complices objectifs des nuisibles qui polluent la vie civique républicaine.

Le droit de manifester est reconnu et appliqué en France depuis plus d'un siècle. Chacun : partis, syndicats, associations, voire simples particuliers, comme les « gilets jaunes », en usent sans limite. Et c'est heureux, fut-ce au détriment de la vie courante de nos concitoyens qui ne peuvent alors pendant ce temps, sur place, pratiquer leurs activités normales (commerce, circulation ...)

Mai 68 avait vu surgir, au beau milieu d'un soulèvement populaire, les premiers casseurs qui ont gâché la « fête » et ramené à l'Assemblée nationale une majorité de droite, peu encline aux réformes et s'empressa à l'instigation du futur président Giscard d'Estaing, en faisant voter « non » au référendum de 1969, de renvoyer Charles de Gaulle dans ses foyers. Bravo les artistes !

Cinquante ans après, on célèbre à l'unanimité l'année de Gaulle, des communistes aux lepenistes mais les casseurs, eux, ont repris du service, même si « americanisme » oblige, on les appelle désormais des « black blocs ». Ce sont eux qui ont pourri le mouvement profond des « gilets jaunes », eux qui décrédibilisent le soulèvement spontané contre la proposition de loi historique de 1881 sur la liberté de la presse (« darmanisation » du droit de filmer les policiers en action).

Nos amis, le préfet Grimaud, hors fonction, signataire de notre appel au vote de nouveaux droits de l'Homme ; l'ancien Premier ministre, Jacques Chaban-Delmas, porteur de la «nouvelle société» avait, en son temps, en 1969, fait voter une loi anti-casseur, plusieurs fois remaniée depuis. En vain hélas. Le cancer casseur a eu des rechutes.

Les victimes en sont, à 99,9%, les mouvements démocratiques (politiques, syndicaux, associatifs ...), les biens publics, les commerçants, voire les forces de l'ordre elles-mêmes, dans un singulier amalgame souvent intéressé. Une infime et infâme ultra-minorité - tout au plus 500 voyous - brûle, pille, détruit, y compris les lieux publics les plus sacrés comme l'Arc de Triomphe. Nul n'est à l'abri. Il en va des dits « black blocs » comme des terroristes islamiques. Dans une République, ce sont, hélas, eux qui dictent la loi, marquent le tempo pour 70 millions d'habitants.

Souvent, par le passé, dans nombre de pays, la réaction a été un glissement populaire vers la répression massive au détriment des libertés communes. Saura-t-on l'éviter cette fois en France ? Les partis, syndicats ouvriers ou patronaux, les associations à toutes vocations, les pouvoirs publics eux-mêmes (qui ne cessent de balancer entre alignement sur les organisations de policiers et regret par leurs abus) sauront-ils dépasser leurs querelles, quant bien même légitimes pour se mettre autour d'une table afin d'arrêter une règle commune contre la violence ?

Nous avons fait l'unanimité lors des attentats contre Charlie, le Bataclan ... En sommes-nous encore capables, non pas en réaction à des crimes commis mais avant, pour prévenir et non guérir le cancer qui se démultiplie ? La question doit être posée, en urgence. C'est l'intérêt de tous.

La première mesure est à l'évidence l'interdiction de participer « masqué » à un regroupement autorisé (sauf provisoirement, le masque anti-covid ) avec interpellation et condamnation en flagrant délit. Non deux ans après, comme actuellement.

Chaban-Delmas disait « Les casseurs seront les payeurs » ce qui est rarement le cas. Il faut donc, en outre généraliser cette mesure de bon sens.

Mais, en préventive, comme pour les islamistes, un travail de dépistage, de repérage doit être effectué, systématiquement, car les voyous qui relèvent du « droit commun » sont une plaie qui gangrène le tissu social.

Sans doute d'autres mesures « techniques » sont-elles à prévoir. C'est l'affaire d'une concertation entre toutes les victimes que les responsables doivent provoquer d'urgence.

Une démocratie faible n'est pas une démocratie.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 30 novembre 2020

Transmettre

Avec la mort de Daniel Cordier, les dernières pages d'un livre se tournent : celles de la Resistance et du gaullisme de de Gaulle, historique. Celui des héritiers compte pour peu. Il n'est qu'un ersatz. Bienvenue dans le nouveau monde ? Qui ne le souhaite en même temps que l'on n'a pas le choix, faute de femmes et d'hommes de la trempe de celles et ceux qui ont fait de leurs mains, de leur courage, de leur détermination, la Resistance.

Le caractère de Daniel Cordier était bien trempé, jusqu'à la limite de l'erreur lorsque nous avions prévu une conférence de presse, à NDH, avec Paul Quilès, en 1983, alors que ce dernier était candidat à la Mairie de Paris - pour la première fois au suffrage universel direct.

La veuve de Jean Moulin, de nos membres, devait y être présente lorsque cet illustre Compagnon de la Libération appela pour me dire que « son » Jean Moulin n'avait jamais été marié (alors que j'avais entre les mains, publié aux « éditions Régine Deforges » en 1977 un livre avec photos au titre incontesté « J'étais la femme de Jean Moulin ». Erreur n'est pas compte même pour un historien illustre et reconnu. Ce qui n'empêcha pas, d'ailleurs, cette vieille dame de répondre ensuite, en nos locaux, aux questions de dizaines de journalistes lors du «rapatriement»  en France, par notre ex-ami Régis Debray, futur soutien de la république islamique d'Iran, du tortionnaire Klaus Barbie.

Ainsi va la vie, et l'on doit passer le relais en témoignant et en espérant, même contre toute attente, que demain sera meilleur qu'hier, voire avant-hier. Car qu'est-ce que le Covid-19 par rapport à ceux qui ont traversé la première guerre mondiale, la dévastatrice grippe dite  «espagnole» puis la seconde guerre, sans oublier les camps d'extermination, qu'ils soient staliniens ou nazis ? Il faut être pessimiste, mais point trop ...

C'est ainsi que fut, comme Cordier, Elisabeth de Miribel, signataire de l'appel à la reconnaissance de nouveaux droits de l'Homme, en 1992. Mais qui était donc cette femme, aujourd'hui oubliée ? Tout simplement celle qui frappa l'appel du Général de Gaulle, le 18 juin 1940. Par quel hasard ? Elle nous l'expliquait simplement, avec humour et modestie : « Je faisais partie de la délégation française à Londres, dirigée par Paul Morand diplomate et écrivain célèbre, qui se ralliera à Vichy. A l'ambassade, quelqu'un m'a demandé si j'accepterais de frapper le texte d'un général français présent à Londres, sans collaboratrice. Bien entendu je ne me suis pas dérobée. Voilà comment j'ai, la première, vu poser la première pierre de la France libre... et que ma famille, pétainiste me rejeta à mon retour en 1944 ».

Elisabeth, comme Daniel Cordier, Stéphane Hessel résistant, co-rédacteur de la Déclaration universelle de 1948, membre fidèle de NDH, Claude Bourdet, fondateur du réseau Combat, comme l'ami Pierre Daix (jeune communiste, futur collaborateur d'Aragon et Picasso qui allait, avec quelques camarades déposer une gerbe, le 11 novembre 1940, sur la tombe du soldat inconnu) nous ont entourés : quel caractère ces hommes et ces femmes ! Saura-t-on les remplacer ? Saura-t-on suivre leur exemple et « résister » alors que l'on est prié de ne parler qu'anglais, que de singer le « modèle » américain, oubliant qu'en 1944, déjà, le chef de la Résistance française avait été tenu dans l'ignorance du débarquement en Afrique du Nord puis en Normandie ; que le président des Etats-Unis, Franklin Delano Roosevelt, collaborait avec Pétain puis entendait nommer, dès 1944, ses représentants dans les départements ? Bref, une France occupée par les Etatsuniens après les Allemands...

Ces centenaires qui disparaissent, comme ce sera le cas un jour d'Hubert Germain, de Philippe de Gaulle, doivent nous alerter une dernière fois. L'indépendance est la liberté. Même si ce n'était pas encore de mise de leur temps, le pluralisme des cultures et des langues en particulier, est l'équivalent intellectuel du pluralisme des espèces animales et végétales (ce dont nos écolos se soucient comme d'une guigne). Il en va dès lors de notre liberté ... il en va aussi de la richesse culturelle du monde. Que leur message, mutatis mutandis ne soit pas vain. Ecrivons un nouveau chapitre par respect pour eux.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 23 novembre 2020

           La « darmanisation » des libertés
                                             ou une France illibérale ...

L'alerte a été cinglante. Toute la classe politique et médiatique a aussitôt réagi quand le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin a voulu, dans une proposition de loi dite « Sécurité globale » interdire de photographier ou filmer les forces de police en action (un article 24 maintenant célèbre) qui aurait porté atteinte à la plus célèbre encore « loi de 1881 » sur la liberté de la presse. Immédiatement, le Premier ministre Jean Castex a remis les pendules à l'heure en désavouant un de ses principaux ministres auquel il n'a cependant pas demandé sa démission.

Soit. Mais l'alerte est donnée. Cet homme a désormais du plomb dans l'aile et la confiance en lui est fortement entamée. A fortiori parce que nous sommes, à cause de la crise sanitaire qui se poursuit, dans une période où le doute s'installe sur les libertés un tant soit peu confinées elles-mêmes. Les seules bénéficiaires de cette faute ont été les ligues de vertus qui ont alors saisi l'opportunité pour ressusciter à bon compte ; comme si c'était elles qui avaient été outragées.

Le risque désormais, avec ce qu'on aurait appelé autrefois une « loi scélérate », c'est que le projet Macron sur le séparatisme - en clair l'islamisme - pour redonner du tonus à la laïcité va être mal accueilli, entaché par la grave bévue de Darmanin car elle ne sera pas oubliée de sitôt. Les oppositions ne vont pas manquer de faire l'amalgame,

bien qu'il n'y ait que peu de rapport entre la protection de la vie privée des représentants des forces de l'ordre et la lutte contre le communautarisme.

Nul doute que la sécurité des policiers et gendarmes, qui remplissent une dure mission de service public doit être protégée mais pas n'importe comment et à n'importe quel prix. Et certainement pas en attentant aux fondements de la démocratie, ce qu'est, en tout premier lieu, la liberté de la presse.

La France doit apporter des garanties à ces hommes, à ces femmes et à leur famille en sanctionnant lourdement ceux qui les agressent dans leur vie courante, dans ou hors service, parce qu'ils sont les « gardiens de la paix » au sens originel du terme. Mais n'oublions pas toutefois qu'il n'y a pas qu'eux : les pompiers, les médecins sont aussi victimes des voyous, pur produit de la montée de l'incivisme depuis une trentaine d'année.

Si l'on doit lutter contre la délinquance sociale, sans porter atteinte à nos libertés fondamentales, peut-être faudrait-il commencer par doubler les peines en cas d'agression contre les agents des services publics au sens large du terme : fonctionnaires d'autorité, pompiers, juges, médecins, enseignants. Ceux qui constituent la colonne vertébrale d'un pays démocratique et qui sont plus exposés que le commun.

Au ministre de la Justice, Eric Dupont-Moretti de reprendre la main dans cette affaire ignoble qu'ont laissé passer le Premier ministre et le président de la République. C'est son rôle et sa vocation d'ancien avocat gardien des libertés. Sinon la France, à son tour, rejoindra le peloton des démocraties « illibérales » au côté de la Pologne du PIS qui met le pays en coupe réglée et de la Hongrie de Viktor Orban qui ose comparer l'Union Européenne à l'ancienne URSS. La honte alors pour la patrie des Lumières de la Déclaration des droits de l'Homme...

Certes, Darmanin, ministre de l'Intérieur a reculé d'un pas sur la pression de Jean Castex en ré-écrivant l'article 24 de la loi « Sécurité globale ». Mais sa substance demeure : un pas en arrière, deux pas en avant, comme dans un tango. Après cet « exploit » destiné à complaire essentiellement à certains syndicats de policiers, on peut se douter qu'il recule pour mieux sauter. Par tous les moyens, il va tenter de réintroduire la notion subjective, floue « d'intention de nuire » aux policiers filmés ou photographiés. Il s'impose donc de lui demander sa démission pure et simple car avec sa manipulation législative, s'il avait réussi son coup, aucune violence de la part des forces de l'ordre ne serait révélée à l'opinion (et combien de photographes amateurs ou professionnels seraient immédiatement mis en garde à vue).

Heureusement, reste toujours ici un Conseil Constitutionnel pour arrêter les dérapages puisqu'il n'est pas encore, comme en Pologne, à la botte de l'Exécutif. Mais pour combien de temps, même si le vieux slogan de Mai 68 : « il est interdit d'interdire » est un peu passé de mode ?

Pierre Bercis 

Président de NDH


L'Edito du 16 novembre 2020

Le droit à la paix

Le droit à la paix est un droit de l'Homme fondamental quoique jamais reconnu explicitement, officiellement, par les textes les plus sacrés en la matière, tant en France, patrie des droits de l'Homme qu'au niveau international par la nouvelle Société des Nations après la première guerre mondiale ou après la seconde à l'ONU qui proclama la Déclaration universelle des droits de l'Homme en 1948, à Paris.

Est-ce parce qu'il s'agit d'une utopie ? Mais alors tout est utopie, à commencer par la liberté elle-même que les analyses, notamment marxistes, ont « radiographiée » en liberté formelle et liberté réelle.

Reconnaître un droit (en même temps qu'un devoir) est la fixation d'un objectif que l'on s'emploiera ensuite à concrétiser au fil des années. C'est ainsi que les droits de l'Homme de 1789, proclamés par la France commenceront par être violés, puis, progressivement, firent leur chemin au niveau des nations malgré les guerres dont deux mondiales.

On a donc tort d'être sceptique voire ironique sur le droit à la paix dont aucun chef d'Etat actuel ne se fait le chantre. Sans doute par peur d'être quotidiennement moqué et démenti par les faits qui, chacun le sait, sont têtus. Pourtant ce « combat pour la paix » serait une bouffée d'oxygène, une petite musique qui ferait rêver tant de peuples qui y aspirent et auraient ainsi, enfin, le droit de vivre qui y est accolé. Mais aucun des gouvernements de la planète, hélas, n'a vocation à être traité de Sisyphe. Et ils ont tort car ce serait, qu'ils réussissent ou non, un objectif salutaire qui se concrétisera tôt ou tard quand le genre humain sera enfin devenu rationnel.

Naïveté ? Que nenni. Le grand Jaurès, auteur de « L'Armée nouvelle », mort pour la paix, était avant tout un réaliste. Charles de Gaulle, comme Jeanne d'Arc avant lui, connaissait le prix de la paix et dès qu'il revint au pouvoir en 1958, s'empressa de signer avec l'Allemagne un traité d'amitié, dit de l'Elysée. Jacques Chirac lui-même, sous les applaudissements de tous, refusa d'enrôler la France dans l'aventure états-unienne en Irak.

Le droit à la paix, est par conséquent, un droit de l'Homme qui reste à conquérir au plus vite, comme le pape Paul VI à la tribune des Nations Unies, à New York osait le dire « avec la paix tout est possible ; sans la paix rien n'est possible », ce que Martin Luther King, lui, traduisit par «I have a dream».

Qui va dès lors aujourd'hui prendre son bâton de pélerin pour agiter le drapeau de la paix, faire proclamer ce droit essentiel pour l'humanité toute entière, solennellement, en rappelant que l'utopie est la réalité de demain ? Un droit concret qui réunira tous ceux qui s'opposent aux islamistes conquérants lesquels se croient encore à l'époque où il fallait convertir de force à leur religion dont on connait la philosophie anti-démocratique ; un droit que l'on relira à Monsieur Poutine après son occupation de la Crimée ou à l'obsédé Erdogan qui met sa grosse patte sur les Kurdes, à Chypre, en Azerbaïdjan, voire en Libye ... Qui parle dans le monde au nom du droit à la paix quand deux « Prix Nobel de la paix », Aung San Suu Kyi en Birmanie ou Abiy Ahmed en Ethiopie opposent les armes à une partie de leurs peuples ?

Pourtant la France, on ne veut pas le voir, est, si j'ose dire « armée » pour cela. Avec la laïcité, elle a un idéal à faire valoir partout dans le monde. Or au lieu de cela, elle est « défensive » et devrait presque s'excuser de ce qui est à la base de sa démocratie. Une partie de sa « gauche » pactise avec ses « islamo gauchistes ». Elle se laisse miner de l'intérieur par une poignée de  «séparatistes». qui entendent, à terme, dicter à la majorité leurs règles inégalitaires sur les rapports    femmes-hommes, sur (ne cessons de le redire) ce que les Romains nommaient dès l'antiquité :  «le convivium, le concubium, le connubium ...» 

Chinois, Indien, Birmans, Etats-uniens ... ne l'ont pas compris, qui recourent encore à la force pour contraindre au respect mutuel. Poutine pactise partout avec Erdogan au lieu de le contrer au nom de la laïcité, donc de la paix. Il couvre de ses moyens militaires la violation des droits du peuple arménien déjà victime d'un génocide turc en 1915 (c'était hier !). Et l'on se tait, honteusement. L'Europe, l'Allemagne en particulier, son ex allié, se tait, rase les murs. « La laïcité ? Connait pas ». Pourtant, elle est la pierre angulaire de la paix, ce bien les plus précieux qui soit.

Pour préparer le monde demain, peut-être la France devrait-elle, si elle était encore la France, provoquer une conférence mondiale (après une conférence européenne ad hoc) sur les fondements de la paix. Combattre au Sahel, c'est bien. Préparer les règles du savoir vivre ensemble, c'est mieux. A condition que nous ayions une diplomatie active et non « a minima ». N'attendons pas Joe Biden pour faire le travail, nous serions encore déçus ...

Pierre Bercis

Président de NDH



L'Edito du 9 novembre 2020

Va-t-il falloir passer à Donald Trump une camisole de force pour le sortir de la Maison blanche ? Ce n'est pas totalement exclu tant l'individu est borné après son echec à l'élection présidentielle.

Mais il y a deux façons d'être « borné ». Borné par une mégalomanie exacerbée ou borné par une folie qui n'a cessé de croître jusqu'à lui faire croire et dire qu'il avait gagné contre toutes preuves contraires.

Dans le premier cas les juges l'attendent pour les nombreuses instructions en cours contre lui. Dans le second cas il doit être interné en psychiatrie. Dans le premier cas les règles de la morale la plus élémentaire doivent s'appliquer pour ses mensonges, ses insultes graves. Dans le second cas, comme on le fait souvent en France, il doit être exempté de toute peine pour irresponsabilité mentale et pénale.

Certes, il n'est ni le premier ni le dernier à tenir les rênes du pouvoir dans un état psychique à la limite de la folie furieuse. L'Histoire en a connu, en connait et en connaîtra d'autres malgré les progrès universels de la Raison et des sciences médicales et psychiques. Les Caligula, les Néron, les Staline, Hitler et autres Pol Pot constituent une galerie longue de plusieurs centaines de mètres. Mais à la tête d'une démocratie, qui plus est la plus grande puissance militaire de l'époque, jamais. On innove en la matière, même si l'individu n'a entrepris aucune guerre. Sa façon de nier le réchauffement climatique, de nier la dangerosité du covid-19 ; de bousculer toutes les règles démocratiques ou diplomatiques ; d'encourager la fracturation hydraulique auraient dû le mettre au ban des nations. Or il n'en a rien été tant ses partenaires ou adversaires ont mis du temps à s'interroger puis à en tirer les conséquences.

A toutes choses cependant, malheur est bon. Le monde peut sortir de l'épreuve plus expérimenté, plus équilibré, plus apte à préparer son avenir en commun. Les adorateurs inconditionnels du modèle « américain » vont devoir en rabattre, à commencer par les Européens de l'Est, comme de l'Ouest (mais surtout de l'Est à l'exemple des Polonais). Les « nains » vont se sentir « grandis », relativement. Mais, hélas, certainement pas ; (pas encore) dans le domaine culturel où ils continueront longtemps, malgré le Brexit, à ne s'exprimer qu'en anglais au sein des institutions. Nos radios, à l'instar de France Inter, la radio dite « nationale », continueront à promouvoir des chanteurs - chanteuses qui ne produisent des textes qu'en anglais afin d'être mondialisés et reconnus outre Atlantique où est toujours La Mecque du succès.

On est loin encore, malheureusement, du modèle décrit par Alexis de Tocqueville dans « De la démocratie en Amérique » où tout était naturel, équilibré, beau à souhait. Même les jeunes filles n'avaient pas leur pareil en Europe. Pourtant, les premiers présidents des Etats-Unis possédaient des esclaves, puis plus tard ont eu une guerre civile dite de « Sécession » et la ségrégation raciale jusqu'à il y a peu.

Après la tragi-comédie trumpiste, les risques que le monde a encouru, espérons que la leçon aura été reçue par tous les peuples de la terre et que nul ne s'en laissera plus conter, sans chauvinisme pour autant. L'élection de Joe Biden et Kamala Harris est un gage pour le futur, même si 50% de la population de ce pays continue à s'époumoner en criant que Trump a gagné, ce qui prouve que rien n'est gagné d'avance.

Ouvrons maintenant les yeux, rassemblons-nous car il reste au-delà du défi environnemental un autre défi tout aussi grand : celui de l'islamisme qui nous menace tous de l'Iran à l'Afrique, de l'Inde à l'Europe, des écoles à la plus petite église ... Les meutes hurlant au Pakistan, au Bangladesh contre la France laïque ont plus d'un point commun avec celles qui, aux Etats-Unis, crient au vol de la victoire par les démocrates en faisant de Trump une victime.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 2 novembre 2020

Le monde du silence

« Le monde du silence ». C'est ainsi que le commandant Jacques-Yves Coustaud avait appelé ce monde secret, à « 20000 lieues sous les mers » avait prédit le grand Jules Verne. Un monde que l'on découvre au contraire, bruissant, même dans ses profondeurs extrêmes, de mille sons qui se propagent à une vitesse vertigineuse selon les scientifiques. La science n'a pas fini de nous étonner, voire, comme disait Pasteur : « un peu de science éloigne de Dieu ; beaucoup de science y ramène ».

Et s'il en était de même, non pas au fond des abysses mais également sur l'écorce terrestre qui est devenue un monde globalisé réduit à un même silence par un virus qui court comme le furet. Après la série d'attentats en 2015, autour de Charlie voici donc l'assassinat de père Hamel, en pleine messe, la décapitation de Samuel Paty, professeur emblématique puis pour finir (provisoirement) le tableau de chasse, le triple assassinat à l'intérieur de la basilique de Nice le 29 octobre dernier qui frappent de stupeur.

Certes, comparaison n'est pas raison, mais il faut convenir cependant qu'il y a bien désormais « un monde du silence » parallèle aussi au-dessus du niveau de la mer. Par exemple, d'aucuns tout en dénonçant les lâches attentats, se gardent encore d'utiliser le mot « laïcité » ; d'autres, s'agissant des assassinats de Saint Etienne du Rouvray ou de Nice, d'employer les mots « catholiques » ou  « chrétiens » ; d'autres encore (ou parfois les mêmes) de stigmatiser les « islamistes » ... Une belle hypocrisie, cachée derrière un masque, façon Covid-19 ou vénitien ? Peut-être le silence d'une forme d'autocensure.

Nos plus hardis commentateurs, qui pullulent dans les médias, eux, parlent alors « d'interdit de nommer ». Sans doute ont-ils raison car circule dans nos sociétés dites « libres » un virus du tabou qui interdit d'appeler un chat, un chat. Par exemple, ne jamais s'étonner que dans un pays où les femmes se sont battu, se battent et se battront encore, il soit loisible d'afficher ostensiblement, par sa tête empaquetée, que l'on s'oppose explicitement à l'égalité femme-homme stipulée par la loi (surtout pour que rien n'y rentre) ; par exemple aussi que la personne de Jésus, toute de paix et d'amour est aux antipodes du guerrier Mahomet dont l'héritage contemporain est qu'aucun pays sous sa botte n'est une démocratie ; par exemple encore que les Juifs ont une religion non totalitaire et n'ont jamais cherché à conquérir des peuples ou fonder un empire. La terre que Yahweh a donné à Abraham leur a suffi.

Mais, bref, ceci n'est qu'une partie du « monde du silence », version cette fois « au-dessus des eaux ». On croirait que la démocratie audiovisuelle planétaire a atteint ses limites. Elle nous montre des foules de types hurlant au Bangladesh, en Somalie, au Pakistan ... (surtout pas de femmes, qui, elles, doivent restées cloîtrées) « à mort Macron, à mort la France » mais ne va pas jusqu'aux racines du mal, qui, elles, comme toutes racines, sont enfouies, et, peut-être au plus profond, atteignent le monde du silence immergé. Un autre monde, un nouveau monde ...

Si, comme on le dit en France (notamment les écolo-jardiniers) « on juge un arbre à ses fruits » alors, mesdames, messieurs les commentateurs patentés, soit vous manquez de culture- au propre ou au figuré- pour en parler, soit vous êtes superficiels par profession. En ce cas, prenez l'exemple de Samuel Paty pour lequel, c'est là la différence, le langage n'était pas une profession mais une vocation. Lui, « nommait », ce qui lui a valu le sort que l'on sait.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 26 octobre 2020

Résistances

La France est en guerre, quoiqu'on dise, sur deux fronts : le front sanitaire et le front islamique. Deux fronts totalement différents, asymétriques, sur lesquels nos concitoyens attendent le meilleur de leurs gouvernants, tant au sommet de l'Etat que dans les régions.

Comme ce n'est pas l'Exécutif qui a attaqué, ce ne peut donc qu'être des guerres de résistance de la part de tous les élus du pays ; une mobilisation générale, sachant que « la guerre est le prolongement de la politique par d'autres moyens ». D'ailleurs, tout citoyen, comme en 1940 y est convié, chacun ayant sa propre responsabilité. Pas besoin d'être un lecteur assidu de Clausewitz pour le savoir. L'expérience d'un peuple plus que millénaire nous l'enseigne suffisamment. Même si cela prend du temps, comme le prouvent nos amis de la Resitance iranienne depuis quarante ans. Le vainqueur, celui qui gagne, au final, est toujours celui qui se défend et le vaincu, celui qui a attaqué (en se souvenant que ce qui est honteux, ce n'est pas d'être battu - provisoirement - mais de ne pas s'être battu). La paix, ce droit de l'Homme fondamental, hélas, jamais reconnu, même par l'ONU en 1948, est une conquête. « Si vis pacem, para bellum » disaient déjà nos colonisateurs romains, qui furent défaits pour avoir trop attaqué, comme tant d'autres après eux. Churchill (comme de Gaulle) l'avait bien compris : « Je me battrai dans les villes et dans les campagnes ; sur terre comme sur mer ; dans les rues comme dans les montagnes ; je ne me rendrai jamais ».

Lors donc, le premier assaillant est un virus « inconnu au bataillon », le covid-19 qui mène, peu ou prou, au confinement, à la désorganisation des vies et des économies, où chaque pays a une riposte différente. Celle de la France n'a rien de commun avec celle de la Grande Bretagne (au début tout du moins), à celle des Etats-Unis ou à celle du Brésil. Les Européens, toujours équilibrés tâtonnent, eux, depuis six mois, en quête du moindre mal. Car comme en 1940 l'effet de surprise a été total. Mais n'exagérons rien, si les restaurants, les théâtres, les cinémas sont fermés ; si un couvre-feu est décrété, les usines continuent de produire ; il n'y a pas de ticket de rationnement ; le masque obligatoire n'est pas un masque à gaz. Raison de plus pour être discipliné, individuellement et collectivement, sans pousser les cris d'orfraie de quelques juristes bien en place qui hurlent déjà aux prémices d'une dictature. Ce n'est pas la guerre traditionnelle, même si cela y ressemble un peu, avec la mobilisation de tout le corps médical. Le point de presse hebdomadaire n'est pas émis à la BBC mais à Paris.

Le second front est le front islamiste, que certains collabos islamo-gauchistes, (une sorte de cinquième colonne, avec les ennemis de l'intérieur), ont laissé prospérer depuis trente ans et qu'il nous faut désormais endiguer après les tragédies du Bataclan, de Charlie, de l'hyper-cacher puis dernièrement de Conflans - la mort horrible de Samuel Paty, un Hussard noir garant de nos libertés démocratiques.

A l'appel du sinistre Erdogan, les produits français sont désormais boycottés, les Français de l'étranger doivent être sous protection parce que le président de la République, Emmanuel Macron, lors de l'hommage de la nation, a rappelé nos principes républicains après avoir, quelques jours avant, fait l'éloge de la laïcité. Avec son discours grossier, à la Trump, il insulte le chef de l'Etat qui a enfin revêtu l'habit du résistant en s'exprimant comme les républicains espagnols, voire la célèbre pasionaria Dolorès Ibarruri. Malheureusement Jean-Luc Mélenchon, qui est allé manifester avec les islamistes l'an dernier, quand on scandait « Allah Akbar » dans les rues de Paris n'est pas fait de ce bois. Cela lui collera à la peau comme une tunique de Nessus.

Rafraîchissons les mémoires. Ce monsieur Erdogan, auquel il faut redire que « les insultes sont les arguments de ceux qui n'en ont pas » et que « la gifle prend la forme de celui qui la reçoit , non de celui qui la donne » est le même qui refuse de reconnaître le génocide du peuple arménien, qui massacre les Kurdes, s'ingère en Libye et au Nagorny-Karabakh ... sans que les Nations-Unies ne s'en émeuvent. L'Allemagne, qui fut jadis l'alliée de la Turquie, elle-même, se tait. Combien de centaines de milliers de Grecs sont morts pour leur indépendance au XIXe siècle face à des Turcs impitoyables après avoir été arrêtés aux portes de Vienne, près de trois siècles auparavant. Autre « taiseux », le « bon » Vladimir Poutine bien que protecteur attitré des chrétiens orthodoxes (dont ceux de Sainte Sophie de Constantinople qui vient d'être convertie en mosquée). Les Chinois, eux, ont moins de soucis avec les Ouighours turcophones auxquels les dirigeants du pays inculquent les principes fondamentaux de l'unité nationale. En ce cas, Erdogan se tait. Si la future « route de la soie » pouvait passer par son pays, ce serait bon à prendre. Quant aux étatsuniens, eux, ils ont assez à faire avec leur propre psychopathe, qui, lui aussi, injurie son adversaire démocrate en le traitant de malade mentale. Donc ils se taisent, même s'il s'agit de deux membres de l'OTAN.

Dès lors, conclusion très « Sciences Po » : l'avenir tranchera. Mais ce ne sera pas sans résistance, sans discipline, sans faire corps autour de nos valeurs, la laïcité, la liberté d'expression, à commencer dans l'éducation qui doit redevenir « nationale ». La paix est à ce prix et pas forcément à coup (à coût) de milliards d'Euros ...

Dommage qu'après la première guerre mondiale, le « père la victoire », le grand Clémenceau, qui avait su faire la guerre n'ait pas su faire la paix en rejetant l'agressive Turquie au-delà du Bosphore, dans des frontières naturelles. L'Occident souffrirait moins un siècle plus tard.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 17 octobre 2020

Le coran saignant contre le corps enseignant

Cela devait arriver. C'était inévitable. Après les attaques mortelles contre un prêtre, le père Hamel célébrant la messe en Normandie, contre des parents d'élèves devant une école juive à Toulouse, contre l'hyper cacher et Charlie Hebdo ... ne manquait qu'une attaque contre les piliers de la République, cœur battant de la laïcité, donc de la liberté des enseignants eux-mêmes. Mission accomplie. L'assassinat d'un professeur d'Histoire près de Conflans Saint Honorine parachève le tableau de chasse des islamistes dans une démocratie.

Tout un symbole, comme le premier mort de la guerre d'Algérie en 1954, qui était un modeste instituteur descendu de l'autocar lorsqu'il allait prendre son poste dans le bled, puis exécuté sommairement. On en connait le résultat : près de 80 ans après, quand l'opposition est muselée après qu'en 1962, les européens se soient vu offrir le choix « démocratique »        « entre la valise et le cercueil », ce qui en fit fuir un million. Tel avait déjà été le cas lors de la conquête arabe, puis de la conquête ottomane dont Erdogan se veut le digne héritier. La Kahina, cette Jeanne d'Arc berbère à laquelle notre amie Gisèle Halimi a consacré un ouvrage n'avait pas gagné sa guerre de résistance contre les oppresseurs.

Bien entendu, l'islamisme n'a rien à voir avec l'islam, « forcément » modéré, même si Mahomet était d'abord un guerrier dont la culture, aux antipodes de la culture judéo-chrétienne, s'est propagée jusqu'en Andalousie, ce soit disant modèle de société où les têtes de celles et ceux qui refusaient de se convertir sont tombées comme la pluie à Gravelotte. Dans l'islam modéré, l'héritage des femmes est toujours de moitié celui des hommes ; il est interdit, sous peine de mort de se convertir à une autre religion ; un non musulman ne peut épouser une musulmane sans se convertir au préalable ; les femmes ont intérêt à se voiler la tête ... surtout pour que rien ne puisse y entrer (cf. l'Iran post Khomeiny).

Pourquoi les premiers habitants du Proche Orient (Irak, Syrie ...) devenus majoritairement chrétiens par des conversions individuelles, malgré les persécutions romaines, sont-ils aujourd'hui contraints de quitter la terre de leurs ancêtres ? Connait-on un seul pays à majorité musulmane (modérée) où la démocratie soit la règle ? La colonisation française en Afrique du Nord a-t-elle imposé une religion aux populations locales ? Pourquoi en Inde, en Chine, en Birmanie ... les pouvoirs (de culture « non occidentale ») pourchassent-ils les minorités musulmanes pour cause de séparatisme de fait - avec une méthode propre à chacun, sans rapport avec la politique de tolérance laïque de la France ?

Dans les années qui viennent, après l'embrasement de la Syrie, prise en étau entre son dictateur « historique », les djihadistes du Khalifa et les pasdarans iraniens c'est, à son tour l'Afrique qui est sous la menace d'un islam radical. Boko Haram au Nigéria ; le Burkina Faso, ancien havre de paix ; le Mali où les forces françaises dépêchées en urgence par le Président Hollande maintiennent encore un ordre contesté par quelques groupuscules au nom du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ... avec le soutien inattendu de Maryam (ex. Sophie) Petronin qui nous a annoncé qu'une femme suisse avait été exécutée durant sa détention. Normal. Il est bien connu que la Suisse est un pays « impérialiste »

Avec la décapitation de Samuel Paty, une nouvelle étape est franchie. Les « laïcards », qui discriminaient sous la IIIe République les catholiques (les généraux devaient dénoncer leurs officiers qui allaient à la messe), chassaient les communautés religieuses, ont souvent pactisé, communistes compris, avec les islamistes pour des raisons électoralistes dans les « territoires perdus de la République ». Gloire à eux ! Souvent, chacun le sait, dans les écoles de France, les enseignants ne pouvaient pas même évoquer la Shoah. La « vérité », c'est eux, les minoritaires musulmans pour lesquels la « laïcité » signifie « athéisme », de Saint Denis à Oran, de Strasbourg à Bagdad, de Marseille à Tripoli.

Autrefois, on aurait parlé d'ennemi de l'intérieur. « Sachons raison garder », même si on entendra encore comme un mantra « ça n'a rien à voir avec l'islam », hypocritement car, nul ne l'ignore, l'islam n'est pas « totalitaire ». Les laïcards « à l'ancienne » devenus islamo-gauchistes doivent donc revoir leur logiciel pour l'adapter au contexte actuel. Ils ont réussi à affaiblir ceux dont la pierre angulaire était « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Espérons qu'ils seront (enfin) aussi militants que contre leurs compatriotes du début du XXe siècle.

Mais le risque est, désormais, l'autocensure de la part des enseignants. Qui osera encore imposer en classe, sans trembler, le déroulé de notre roman national ? Vont-ils devoir parler encadrés par des policiers ou, comme aux Etats-Unis, en étant armés ?

Le principe de précaution, si souvent évoqué dans tous les domaines, va-t-il devoir être mis en œuvre au sein de l'école de la République ? Si tel n'était pas le cas dans la loi en préparation sur la laïcité, on imagine désormais qu'une batterie d'avocats, en quête de publicité, comme pour la politique de combat contre le covid-19, ne manquerait pas de déposer une plainte devant la Cour de justice de la République et provoquer le viol du domicile (pardon, la perquisition) du domicile des principaux ministres concernés. Comme si, devant un phénomène jusqu'alors inconnu, tant des experts que des responsables politiques, on ne pouvait pas tâtonner en quête de solution optimale entre économie nationale et santé.

Est-ce que la « judiciarisation » de la vie politique de la France est une solution ? Déjà, il y a trente ans, nous en avions fait les frais lorsque Simone Veil, d'accord avec nous pour reconnaître de nouveaux droits de l'Homme (dont la laïcité) voulait que cette reconnaissance fut l'œuvre des magistrats (la jurisprudence) et non du Parlement élu par le peuple - ce qui fut un camouflet également par le Président Sarkozy qui entendait saisir la représentation nationale pour le même projet que nous.

Mais alors, qui jugera les juges s'ils jugent les élus ? La question est posée, tout en rappelant que les juges qui ont sévi sous Vichy, aux ordres, sont néanmoins restés en place sous la IVe République, drappés dans leur robe sans tâche.

L'heure n'est pas encore au débat, inévitable, sur la laïcité. Il faut cependant s'y préparer, avec un seul mot d'ordre, légué par les républicains espagnols, relancé par le Président Macron : « No pasaran ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 12 octobre 2020

Sophie Petronin ou le syndrome de Stockholm

Enfin libre ! Nous espérions et attendions tous la libération de Sophie Petronin, cette humanitaire de 75 ans qui a donné des années de sa vie aux plus pauvres du Mali. Quatre années de captivité, c'est long, très long. Puis la nouvelle est tombée. Les putschistes de Bamako en négociant avec les djihadistes ont obtenu la libération de Soumaïla Cissé, opposant au Président déchu, plusieurs fois second aux élections présidentielles et celle de Sophie Petronin en échange de la libération de 200 islamistes, tueurs de civils et de militaires, maliens ou français. On parle aussi de centaines de millions d'Euros, voire ...

Chacun appréciera sur le point de savoir si ce n'est pas un marché de dupes. L'avenir, un avenir prochain dira ce qu'il faut en penser lorsque seront enlevés les prochains otages et que tomberont les premiers soldats.

Pour l'heure, bienvenue en France à Sophie Petronin qui avait été enlevée parce que les islamistes locaux l'accusaient, sous couvert d'action humanitaire, de faire du prosélytisme chrétien. Le crime ! Et même si cela avait été vrai. N'était-elle pas d'abord celle qui soignait le corps des plus démunis dans un pays démuni ?

A son retour en France, on a alors appris de sa bouche tout le bien qu'il fallait penser des islamistes : elle avait été retenue quatre années sans que cela soit condamnable. Qui en est amateur, sans le moindre jugement ? On apprit aussi qu'elle avait été très bien traitée. Pas comme ces femmes Yezidis, Kurdes, chrétiennes du Proche Orient, vendues comme esclaves sexuelles. Idem au Nigéria avec Boko Aram. Non, non, là ce sont des islamistes bon chic bon genre, auxquels on céderait volontiers le pouvoir pour qu'ils appliquent les règles immuables, intangibles du Coran. Voilà pourquoi, sans aucune pression, Sophie Petronin s'est convertie à l'islam, librement, et non « à l'insu de son plein gré » comme disait un célèbre cycliste il y a vingt ans. Mais alors, que ne l'ont-ils, ces doux agneaux, libérée sans attendre quatre années ? D'autant que cette humanitaire sincère sait jouer sur les mots et depuis son retour, ne parle pas de djihadistes, de terroristes, d'islamistes mais seulement de « groupes armés d'opposition » (qui massacrent, enlèvent, torturent, égorgent des milliers d'innocents, femmes et enfants compris)

Est-ce ce que l'on appelle depuis des années le syndrome de Stockholm, qui crée une empathie de la victime pour son bourreau ? Cette victime, qui se fait désormais appeler « Maryam » au lieu de « Sophie » (son horrible prénom chrétien) et ne cesse de clamer, en dehors de toute question ou menace « je suis musulmane, je suis musulmane ». Soit. La liberté de conscience est de droit. Mais qu'elle soit alors conséquente et, en tant qu'humanitaire incontestable et incontestée, qu'elle parte au plus vite aider les femmes esclaves de ses copains islamistes du Proche Orient ou d'Afrique de l'Ouest.

Une femme suisse, missionnaire au Mali, n'a pas eu, elle, la même chance. Les islamistes qui la retenaient, elle aussi, l'ont exécutée.

Peut-être est-ce pour cela que le Président Macron, venu l'accueillir à Villacoublay, n'a pas respecté la tradition et s'est gardé de prononcer le discours de bienvenue prévu pour tous les anciens otages. Nos soldats, qui ont vu leurs frères d'armes tomber, tombent, ou tomberont pour la liberté de l'Afrique, mis en cause indirectement, n'auraient pas forcément apprécié... On le comprend ; on les comprend.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 5 octobre  2020

Séparatisme : le « discours de la méthode »
de Descartes à Macron

Cela fait un demi-siècle que, petit à petit, l'unité nationale est remise en cause de manière rampante et parfois violente, par de lâches attentats, sans qu'aucun gouvernement ne prenne le problème à bras le corps. Tous les Exécutifs (chefs de l'Etat, Premiers ministres) de droite comme de gauche n'ont pris que des demi mesures, par prudence et par peur d'être accusés de stigmatiser une religion - qui n'est pas le fruit du succès de conversions libres mais de l'immigration par choix.

C'est l'honneur du président de la République, Emmanuel Macron, dans un discours, le 2 octobre aux Mureaux, d'avoir posé clairement les bornes en matière de laïcité sans toucher un iota à la loi de 1905, laquelle reste l'alpha et l'oméga pour la France (comme la loi de 1901 sur les associations). Sans doute aussi pourquoi, à la différence de tous les projets politiques, en tous temps, le concert des critiques de toutes les oppositions (quasi automatique) ne s'est pas fait entendre cette fois.

Pour remettre en perspective la situation dégradée actuelle, rappelons (pour mémoire) que la France a toujours accueilli à bras ouverts les étrangers qui ont souhaité s'y installer dans le respect de nos lois : Polonais, Russes, Italiens, Espagnols, Portugais, africains, asiatiques ... Certains diront « parce qu'ils étaient chrétiens, comme les Français eux-mêmes ; ce qui est faux, archi faux. Les Juifs venus d'Europe de l'Est ou d'Afrique du Nord ; les ressortissants chinois ou indochinois ne sont pas réputés pour sentir l'eau bénite. Or ils se sont intégrés tout naturellement, sans remettre en cause nos lois. Bienvenue à ces nouveaux Gaulois ! Hydromel pour tous !

Dès lors, qu'est-ce qui a fait problème au cours de ce dernier demi-siècle sinon une immigration sectaire qui prétendait vivre selon ses us et coutume, importés, sans pratiquer ce que je rappelle toujours, et que nous ont légué nos colonisateurs romains : « le convivium, le concubium et conubium » (vivre ensemble, dormir ensemble et se marier) dont sont issus ensuite les Gallo-Romains.

Nos politiques ont longtemps, sinon toujours, tourné autour du pot. Emmanuel Macron lui-même a hésité à dire que l'islam était un problème. On a cherché à noyer le poisson, hypocritement. Maintenant les choses sont plus claires. On appelle un chat, un chat sans toutefois dire « la vérité, rien que la vérité, toute la vérité ». Par exemple, comme j'avais un jour, posé publiquement la question au brillant intellectuel, Malek Chebel : « connaissez-vous un pays, un seul, où l'islam soit majoritaire et qui vive en démocratie ? » Réponse de l'écrivain : « aucun ». Et pour cause. On juge un arbre à ses fruits. Bouddha, Confucius, Moïse, Jésus ne sont pas Mahomet. Aucun n'a été guerrier ; aucun d'eux n'a dévéloppé sa pensée les armes à la main.

Le clivage n'est donc ni à gauche, ni à droite. Il est dans la démocratie et la laïcité républicaine. Les migrants d'Algérie, du Pakistan, d'Egypte, de Turquie etc. ne peuvent, dès lors, transférer dans l'Hexagone que leurs traditions ancestrales (l'homme doit obligatoirement se convertir pour épouser une musulmane, la fille n'hérite que la moitié de ce qu'a son frère, la polygamie est autorisée ...) sauf à se couper de leurs racines, ce que certains, certaines osent tout de même faire.

Face à ces données éthiques, sociologiques et psychologiques, le président Macron a tenté de remettre les pendules à l'heure : « réenchanter » les valeurs de la République (une et indivisible) en réaffirmant le rôle de l'école ; un contrôle des associations qui confondent volontairement la loi de 1905 (sur les religions) et la loi de 1901 (sur les associations) ; neutralité des services publics ; sport sans fanatisme etc.

Par contre, léger bémol : pourquoi vouloir activer l'enseignement de l'arabe à l'école ? Les migrants concernés ne le possèdent-ils pas depuis leur pays d'origine. Et ne le parle-t-on pas déjà dans leur famille, comme on y cultive toujours l'islam et ses tabous ?

En fait, dans ce cher vieux pays qui est le nôtre, les négatifs l'emportent toujours sur les positifs. Se soucie-t-on de nos compatriotes asiatiques, qui ne posent aucun problème, ne se font les propagandistes d'aucune religion : sont souvent arrivés en France « pauvres comme Job » pour réussir, dès la première génération, sans se ghettoïser, même s'ils aiment garder leurs liens culturels ?

Enseigner l'arabe, soit. Mais pourquoi ne pas mettre autant en avant le mandarin ou le japonais ? ce serait bien plus utile pour vendre nos productions en Asie. Hélas, à cette fin, nos exportateurs préfèrent l'anglo-américain. Le droit au respect des cultures, l'écologie culturelle, ces « marchands du temple » ne connaissent pas. C'est pourquoi ils promeuvent leurs Airbus, leurs Renault, leurs Citroën... sans respect de la langue du pays ; donc sans respect de son peuple, alors que la prendre en compte augmenterait leur potentialité. Dès lors, enseigner l'arabe, certes. Mais n'oublions pas le chinois parce que nos amis immigrés du Sud Est asiatique s'intègrent discrètement en France, sans troubles à l'ordre public, comme tous les peuples qui, par le passé nous ont fait l'honneur de choisir notre pays.

Jamais, en France, la foi musulmane n'a été attaquée, remise en question. Elle relève de la liberté de conscience. En revanche, la philosophie dont elle est porteuse dans le quotidien peut l'être, doit l'être, si nécessaire, si elle remet en cause le consensus républicain. D'ailleurs, vous les complexés (souvent de gauche) vis-à-vis des musulmans, comme Martine Aubry à Lille - qui réservait les piscines à certaines heures aux femmes « séparatistes », avez-vous noté que l'islam, pas seulement en France, faisait pour les mêmes raisons, l'objet d'un rejet très fort dans les deux pays les plus peuplés de la planète, la Chine et l'Inde, en Birmanie aussi ... (chaque pays avec ses propres méthodes, évidemment). La façon de contrer un islam invasif, peu respectueux des lois, est par nature différent selon que l'on est en Chine, en Inde démocratique ou dans la Birmanie de Aung San Suu Kyi. A fortiori dans un pays libre comme la France où l'on ne peut pas tout se permettre, heureusement. Pas même dénoncer ces femmes à la tête empaquetée qui affichent explicitement au quotidien que, pour elles, la femme n'est pas, ne sera jamais l'égale à l'homme. Pourtant elles pourraient, elles aussi, scander « balance ton porc » sans déguster une choucroute ou un cassoulet pour autant ! Nul ne les y forcerait ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 28 septembre 2020

Iran : Et si Trump avait raison ?

Cela fait quarante ans que NDH dénonce le fascislamisme iranien. Presque deux générations ! Et nous qui pensions que nos 320 semaines de manifestations, chaque jeudi, avec François Mitterrand, Michel Rocard, Lionel Jospin, Yves Montand, Catherine Deneuve... contre la dictature argentine (1978 - 1984) était le summum de la solidarité ! Record battu. Tout ceci parce que la démocratie est un combat global que l'on ne peut pas déserter.

Mais il n'y a pas de hasard. En effet, c'est lorsque les militants de la Resistance iranienne se sont joint à nous pour l'Argentine qu'un lien indéfectible s'est créé entre nous, puis s'est renforcé lorsque notre ami Chapour Bakhtiar, ancien Premier ministre en exil a été lâchement assassiné en France. Ce fut alors un chemin sans retour.

Massoud Radjavi, au risque de sa vie participa à nos colloques ; Maryam Radjavi poursuivit sa route... jusqu'à la chute de la tyrannie... comme les Juifs ont longtemps scandé « l'an prochain à Jérusalem ». C'est d'ailleurs l'OMPI, qu'elle préside qui a alerté le monde sur les préparatifs militaires nucléaires des mollahs, en même temps que ceux-ci noyautaient les pays voisins : Irak, Syrie, Liban afin d'y établir un bouclier chiite.

En 2015, à Vienne, l'Iran des tyrans a fait mine de vouloir ralentir sa volonté hégémonique en conditionnant l'arrêt de ses préparatifs nucléaires à la suspension des sanctions commerciales à son encontre. On pouvait alors espérer, en parallèle, une libéralisation de la dictature des barbus sanguinaires. Hélas, il n'en fut rien, car l'arrivée de Trump à la Maison Blanche remit, unilatéralement, en cause les accords de Vienne. Un bon prétexte pour Téhéran de reprendre l'enrichissement d'uranium bien que la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne soient, elles, restées fidèles à leurs engagements. Résultat, au jour d'aujourd'hui l'Iran possède un stock d'uranium enrichi qui dépasse dix fois la limite stipulée par l'accord international. C'est dire sa volonté, sinon son plaisir, de reprendre sa course aux menaces guerrières, qui visent non seulement Israël mais tous les Etats à majorité sunnite de la région.

Dans le même temps la répression « terroriste » du régime (qui n'avait jamais cessé véritablement) a repris de plus belle, y compris après l'extension de la vague pandémique du covid-19, que les fanatiques nient parce qu'ils sont incapables de la maîtriser. Derniers hauts faits en date : l'exécution d'un jeune athlète de 27 ans, Navid Afkari, pendu après torture pour avoir manifesté en 2018 avec une population révoltée ; emprisonnement de l'avocate des droits de l'Homme Nasrin Sotoudeh , lauréate du Prix Sakharov, que lui a attribué le Parlement européen... En grève de la faim depuis le 11 août dernier, sa vie est désormais en danger... Une aubaine pour Donald Trump de justifier sa politique agressive en abandonnant les Palestiniens à la domination de Benyamin Netanyahou ; en rassemblant autour de lui tous les Etats sunnites menacés par l'Iran. Il a peut-être parfois raison sur le fond, mais, à coup sûr, tort sur la méthode.

Finalement, Trump, qui ment comme il respire, a retrouvé le beau rôle et bande ses muscles, menaçant, en sus, tout pays qui passerait outre aux sanctions étatsuniennes. On hallucine ! Le président des États-Unis retrouve donc le positionnement impérialiste de George W. Bush avant son invasion de l'Irak. « Je décide. Le monde obéit ». Et il n'y a plus de Chirac pour le contrer...

Dès lors, s'il est réélu pour un second mandat, en novembre, osera-t-il aller plus loin, comme son prédécesseur (et son allié Tony Blair) ? C'est une hypothèse, même si l'Iran, hostile aux États-Unis depuis le renversement de Mossadegh dans les années 50, fort de ses 70 millions d'habitants, n'est pas l'Irak de Saddam Hussein. Pour l'heure, Trump peut encore parader mais il met son pays en difficulté par avance si Biden est élu, car celui-ci devra sans doute alors, reculer... et la République islamique, elle, proclamera son triomphe... (en accentuant sa répression interne). Régis Debray, notre ex-ami de trente ans, pseudo « philosophe » passé du maquis avec Che Guevara à la célébration de la démocratie islamique en pleine page dans les colonnes du journal Le Monde, où il fustigeait la Resistance au fanatisme pourra à nouveau être invité en Iran puis s'autoproclamer « prophète » : « je vous l'avais bien dit »...

À n'en pas douter, comme disait le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, pour l'OMPI comme pour nous, « la route est droite mais la pente est raide ». Je rajouterai « elle est à risque », pour la paix mondiale comme pour le bonheur du peuple iranien.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 21 septembre 2020

Drogues, violence etc.
« La tolérance, il y a des maisons pour çà »
Paul Claudel

Drogue, violence ... la société française et surtout les classes moyennes ou les moins biens loties se plaignent, sans être entendues : trafics de drogues, violences en tous genre, dont les agressions sexuelles ne sont pas les moindres.

Face à cette régression sociétale, droite comme gauche ont toujours réagi verbalement avec fermeté. Sauf que les victimes n'ont jamais vu de résultat concret : depuis plus de trente ans on continue à vendre de la drogue (cannabis, cocaïne, crack ...) au vu et au su de tout le monde pour s'amasser un pactole sans travailler (voire en touchant des indemnités sociales). 

Les XIXe et XVIIIe arrondissements de Paris sont les plus touchés par une mafia jeune, plus intéressée par l'argent que par les études. Ce seraient donc ces bandes les victimes et non ceux qu'ils polluent. Et que dire encore des communes de banlieues comme Saint-Ouen, Aubervilliers, Bobigny, des quartiers Nord de Marseille, de Lyon, Grenoble, Toulouse etc.

Dans le même temps, certaines « bonnes âmes » autorisées à accéder aux grands médias prônent la vente libre (ou prétendument contrôlée du cannabis). Bien sûr, il est condamnable, et condamné, de conduire sous l'emprise d'alcool mais rien de cela - sauf a posteriori, après quelques morts - contre la consommation de drogues, et surtout de cannabis. On se moque alors de qui ? Quels sont ceux qui sont pris pour des idiots, sinon les victimes innocentes ?

Nous sommes dans un pays qui a affronté trois guerres en 75 ans, a suscité une résistance farouche lors de la dernière guerre mondiale et qui n'est même plus capable d'éradiquer les bandes de petits voyous qui minent la démocratie, pourrissent la vie des habitants de quartiers entiers dont ils contrôlent les entrées d'immeubles... Le citoyen, la citoyenne qui subit cela au quotidien est donc désemparé. Ce sont eux, en premier lieu qui sont les victimes du trafic de drogues, des agressions gratuites.

Basta les beaux discours officiels, les rodomontades en tous genres. Veut-on, oui ou non, briser net ces us et coutumes venus d'ailleurs (et on sait d'où) ? Idem aussi pour les ventes d'armes, les rodéos motorisés, les agressions en tous genres qui ont les mêmes origines. La démocratie ne saurait être mollassonne, approximative. Tolérance zéro, point barre. Paul Claudel disait fort justement, pour la prostitution - que certaines féministes protègent encore au nom de la « liberté du corps » - mais il en va de même pour la drogue, les bandes organisées etc. qui rongent certaines banlieues : « la tolérance, il y a des maisons pour cela ». Les petits caïds installent le « caïdat », Al Qaida en miniature (provisoirement).

Une république démocratique, fondée sur le Droit n'a pas à laisser prospérer la délinquance au quotidien au détriment, d'abord plus des démunis. Une Justice qui absout dans les trois quarts des cas les voyous, petits voire grands, n'est pas la Justice. Elle est complice.

Au lieu de cela, nos beaux esprits, souvent de gauche, hélas, ouvrent pour la drogue des lieux, soi-disant contrôlés, de consommation dont les habitants des quartiers concernés trouvent ensuite les trottoirs couverts de seringues et ne peuvent plus laisser sortir seuls leurs enfants. Les mêmes en outre qui ont longtemps dénoncé les caméras de video-surveillance avant de les installer. Une gauche posture, démago, qui ne défend plus les plus démunis. Bref, la porte ouverte à l'ex Front national ...

On ne peut nier par conséquent que les partis traditionnels, volens, nolens montrent donc une certaine forme de complexe. Ils condamnent, certes, verbalement, mais concrètement, pratiquent une forte compréhension, de peur d'être taxés d'être répressifs. Exécutif et Justice « la mano en la mano ». A bas les « salauds de pauvres » selon la formule chère à Marcel Aymé.

D'aucuns ne manqueront pas, dès lors, de rappeler les prisons surchargées, les mutations de la société. Cela fera une « belle jambe » aux parents contraints de déménager malgré leurs faibles ressources. Et surtout, surtout, pas de répression. La répression des transgressions ne saurait être que fasciste ou stalinienne ! Hors de question d'ouvrir à la campagne des camps de rééducation à la saine vie démocratique dont les peines seraient incompressibles. Vous n'y pensez pas. Les droits de l'Homme sont pour les trafiquants de drogue, d'armes... Pas pour les gagne-petit qui triment jour et nuit pour des salaires de misère. Eux ne sont bons que pour se plaindre, une fois de temps en temps, dans telle ou telle chaîne de télévision, de leur triste sort. Après, on passe à la météo du jour...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 14 septembre 2020

« Bienvenue aux khmers verts » 

A peine arrivés au pouvoir dans quelques grandes villes de France, voire sans y être encore, comme à Paris, les Verts d'EELV lancent leur offensive contre tout ce qui est notre culture ancestrale. Pas la culture agricole, car ils ne sont élus que dans les villes, mais contre notre culture historique, sociale et bientôt industrielle. Ils croient arriver ainsi au nirvana élyséen.

Cela, évidemment, n'a rien à voir avec la première génération des militants écologistes : notre ami René Dumont (et son célèbre chandail rouge qui venait souvent manifester avec nous lorsque nous faisions nos 320 semaines de manifestations, chaque jeudi contre la dictature argentine ; Nicolas Hulot qui remit notre 38e Prix littéraire des droits de l'Homme à Paul François, agriculteur intoxiqué par Monsanto ; François de Rugy, Barbara Pompili ou encore l'ancien député maire de Begles, Noël Mamère.

Non. Pour Jadot et son équipe aux dents longues, il faut être radicalement vert et se préparer à l'élection présidentielle de 2022 « sans blanchir sous le harnois » auparavant. D'ailleurs Jadot vient de « Jade », cette merveilleuse pierre verte. Et sur cette pierre « il bâtira son église », quitte à prendre les allures d'une secte.

À Paris, ses amis ont manifesté contre le « pedoland » obtenant alors le départ d'un adjoint d'Anne Hidalgo, Christophe Girard réputé pour son action culturelle. À Bordeaux, Pierre Hurmic, le nouveau maire décrète la fin des sapins de Noël. À Lyon, Gregory Doucet, plus raide que doux, fustige le traditionnel Tour de France, source de pollution, avant même de prendre un prénom français pour la sauvegarde de notre langue.

Mieux (ou pire encore) il refuse d'être présent à la cérémonie multiséculaire du Voeu des échevins qui se tient dans la basilique de Fourvière - pour cause de laïcité sectaire - mais, le lendemain, pose la première pierre de la future mosquée de Gerland. Comprenne qui pourra. Peut-être est-ce parce que le vert est la couleur de l'islam, allié objectif d'une certaine gauche en perte de vitesse dans les banlieues.

Idem à Rennes où la maire socialiste, alliée des Verts, condamne la grande boucle qui a fait le bonheur de dizaines de générations. Les pédaleurs doivent être partout dénoncés...

Bref, après les Khmers rouges, les Khmers verts « annoncent la couleur » s'ils arrivent un jour au pouvoir. Ils s'y emploient d'ailleurs, convaincus désormais, de leur suprématie à gauche, tant sur le Parti communiste que sur le Parti socialiste. Seul Mélenchon et ses « bolivariens » font encore de la résistance. Au PS, le brave et charismatique Olivier Faure a déjà mis bas les armes et se soumet, une fois de plus. Après avoir promu le Schtroumpf Glucksmann aux Européennes, le parti de Jaurès va se ranger aux présidentielles derrière Jadot ou Piolle, maire de Grenoble qui effectue actuellement quelques « tours de chauffe » (pardon, c'est encore du cyclisme)...

Bientôt, selon leur programme, si cette nouvelle secte l'emportait, alors que l'on combat l'alcool et le tabac, le cannabis serait en vente libre ; des forêts d'éoliennes couvriront la France et ses côtes ; les centrales nucléaires qui produisent la seule électricité sans pollution seront fermées une à une ; la 5G ne sera pas admise, surtout si elle est chinoise. Greta Thunberg sera accueillie en France par tous ces pères verts et le drapeau bleu étoîlé de l'Europe, dont chacun connaît l'origine mariale, sera interdit (pour cause de laïcité !).

Iront-ils jusque-là ? Les laissera-t-on aller jusque-là ? En auront-ils le temps si leurs amis « collapsistes » ont raison et que la fin du monde commence ?

Le peuple français n'est pas aveugle. Il va très vite réagir, avec ou sans résurrection du Parti socialiste. Il a prouvé sa résistance depuis longtemps quand Pétain, déjà prônait, lui-même, le retour à la nature, avec le même slogan que nos « futurs » maîtres : « La terre ne ment pas ». En attendant, Emmanuel Macron, après avoir phagocyté les gilets jaunes, avec des opposants comme cela peut dormir tranquille. Et que l'on cesse de scander, à Saint Etienne « Allez les Verts»,  s'il vous plaît ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 7 septembre 2020

Feus les Etats-Unis d'Amérique ?

L'impérialisme étatsunien a-t-il vécu ? Nous commencerons à le savoir en novembre prochain, lors de l'élection présidentielle dans ce pays qui aspire et prétend diriger le monde alors que la planète Terre n'a nul besoin d'une hégémonie à fondement hyper- capitaliste, à fondement raciste. Car depuis l'ancien Testament, le dieu Mammon n'existe plus, ou doit être combattu et, depuis le nouveau Testament, tous les hommes sont frères (y compris les femmes !). Malgré tout, le président des États-Unis jure encore sur la Bible, fut-il élu, comme Trump, avec une minorité de voix.

La crainte ? C'est que cet individu, sans la moindre moralité, ne soit réélu lors d'une élection aussi « truquée » qu'en Russie ou en Bielorussie... En doutez-vous alors qu'il a annoncé publiquement que ses concitoyens pouvaient voter deux fois : dans les urnes et par correspondance. Et qu'il se prépare, de toutes façons, à contester les résultats officiels.

Mais qui s'en étonnerait, sauf les niais qui ne jurent quotidiennement dans l'économie, la finance, la culture que par le nouveau colonisateur du monde ?

Ouvrez les yeux : ce pays prétend dicter ses règles commerciales à tous les pays sous peine de sanctions démentes devant lesquelles chacun s'incline - en faisant mine de résister. Il impose sa langue dans les radios et télévisions, les réseaux sociaux. Les publicités de la plus petite à la plus grande entreprise ne sont qu'en anglo-américain (Air France, Peugeot, Renault, SNCF...). Sans la moindre pudeur, sans la moindre fierté, sans le moindre honneur. La jeunesse française ne pourra plus entendre Brassens, Bécaud, Brel... place à la modernité, et, comme a osé Laurent Delahousse : en « direct live ». Sur la radio nationale française une certaine Rebecca Manzoni vous initie chaque jour à tous les secrets de la musique « américaine » : qui était le batteur de tel chanteur « made in USA » des années 20 ; où a-t-il enregistré ? Vous devez tout savoir : apprendre avant de réciter à votre tour. La musique brésilienne, argentine ? C'est quoi ça ? La musique arabe : Fairouz, Oum Kalsoum... France Inter ne connait pas ; n'en a jamais entendu parler. Et comme on comprend cette radio « nationale ». Il n'y a pas d'Arabes en France ou, s'il y en a, ils doivent s'aligner derrière le « modèle » voulu par les « USA ». Pas droit pour les Portugais, pourtant si nombreux (et silencieux) d'entendre Amalia Rodrigues ou celles qui lui ont succédé etc. etc.

Mais de quoi cette soi-disant démocratie est-elle le nom pour nous être imposée clandestinement, subjectivement ? De ses pères fondateurs, portés au pinacle : Washington, Jefferson tous propriétaires d'esclaves ? D'un pays qui a connu une guerre civile dite « de Sécession » parce qu'il faisait perdurer l'esclavage... avant de coloniser les Philippines, de réprimer la langue française en Louisiane jusqu'à sa disparition ; de considérer les « Latinos » du Texas, de Floride ou de Californie comme des citoyens de seconde zone ?

Oui, diraient ces « pseudos-chrétiens » adorateurs de l'argent-roi et ennemis des lois sociales - en contradiction avec les textes auxquels ils se réfèrent sans cesse (pas de sécurité sociale, expulsion du logement au premier loyer impayé...). Mais ils sont venus sauver l'Europe en 1917, en 1944 de l'impérialisme allemand ! Soit ! Chaque fois à la fin des deux guerres mondiales, et pour tenter d'y imposer leur idéologie (au moins en 44).

Respect cependant pour ces jeunes gens, morts loin de leur sol natal, et que Trump insulte désormais en les traitant de « losers » (perdants) et autres qualificatifs méprisants... voire en refusant de se rendre sur leurs tombes en Normandie.

On aurait pu alors penser que la Chine, humiliée pendant des décennies aurait, elle, contrebalancé l'hégémonie mercantile grâce à sa nouvelle puissance, sur le fondement de sa philosophie confucéenne ; étendre pacifiquement son influence par la nouvelle « route de la soie » ; être partenaire de l'Europe sur tous les plans, en particulier au sein des Nations Unies, de l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) de l'UNESCO. Hélas, après avoir suscité l'espoir, la vieille Chine millénaire retombe dans les travers du maoïsme, même édulcorés. Au lieu de se rapprocher du Taiwan (Formose), dont elle revendique légitimement l'appartenance, elle y combat la démocratie ; au lieu de ramener à la raison en Corée la monarchie héréditaire « communiste », elle ne la « rabroue » pas et elle « sinise » les Mongols de l'intérieur, après le Tibet.

Face à ces deux mastodontes, dont leur idéologie basique veut prendre le monde en étau, reste alors l'Europe et son modèle historique : démocratie plus de justice sociale. Saura-t-elle relever le défi durant les années à venir ? Sans doute si elle évite les deux pièges qui sont devant elle : une Union fédérale à « l'américaine » qui effacera son Histoire ; la désunion sur les valeurs et les objectifs.

Le rapprochement de la France et de l'Allemagne est de bon augure, mais pour combien de temps ?

Ce qui constitue désormais le modèle européen est l'unité dans la diversité, le pluralisme. L'Italie, la Grèce en sont les mères ; l'Autriche a Mozart ; on parle polonais en Pologne ; l'Espagne a rayonné grâce à Christophe Colomb etc. et d'aucuns voudraient maintenant singer le modèle nord-américain ? L'Europe, comme la Chine, le Japon a des milliers d'années d'Histoire, de culture, de science. Néanmoins, à Bruxelles (pas la Belgique, l'Union européenne) on voudrait que l'anglais demeure la langue unique de travail alors que le Royaume-Uni la snobe sous la houlette du Trump local, Boris Johnson.

Peuples d'Europe, réveillez-vous ! Vous n'avez pas toujours été exemplaires, soit. Mais c'est vous qui détenez les clefs du futur à travers les Nations Unies. Imposez par le raisonnement un autre cinéma que celui issu de la violence quotidienne ; parlez haut et fort ; sans complexe. Dites-le sans cesse à vos alter ego chinois, japonais, indiens, africains... plutôt que d'être le « moins-disant » culturel. Exprimez-vous en chœur.

Il ne faudra pas dix ans pour que la suprématie étatsunienne ne s'effondre sur elle-même. Elle aura duré cent ans (1940 - 2030). Et encore ! Qu'est-ce à côté des millénaires des autres civilisations. C'est pourquoi l'élection de novembre aux États-Unis est primordiale. Car une nouvelle guerre civile les guette, sur fond de racisme, de mépris pour ce qui n'est pas WASP depuis leur origine (White Anglo-Saxon Protestant) ; de mépris des populations latinos. Plusieurs ouvrages sérieux ont déjà décrit par le menu les complots ourdis contre le pape François par la finance d'outre Atlantique. Son tort ? être un héritier des peuples oppressés par Washington au sud de rio Grande et dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Il est l'héritier de la théologie de la libération.

L'Histoire du futur n'est pas encore écrite. Espérons que bientôt on dira « Feus les États-Unis d'Amérique » et que chaque minorité pourra enfin faire valoir ses droits... de l'Homme. N'est-ce pas Roosevelt qui disait qu'ils devraient passer avant les droits de l'argent ?

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 31 août 2020

Tête de Turc

Jusqu'à sa fin Recep Tayyip Erdogan semera le trouble, la mort, la désolation dans le Proche-Orient et la Méditerranée orientale. On a déjà vu ce dont il était capable. « Attendez-vous à savoir »  comme disait toujours Geneviève Tabouis, célèbre chroniqueuse radio d'après-guerre (quand il n'y avait pas encore le quota de femmes imposé) « ce que sera la suite de sa désastreuse politique ».

Déjà, en interne il a muselé toute opposition (journalistes et avocats compris). Et comme depuis toujours sous le joug musulman, après l'assassinat de nombreux prêtres à l'intérieur de cette vieille terre chrétienne, il vient, dans la foulée, d'attribuer au culte islamique non seulement la célèbre Sainte-Sophie de Constantinople mais, plus récemment encore, le non moins célèbre Saint-Sauveur-in-Chora, doté de six dômes et de fabuleuses mosaïques classées au patrimoine de l'UNESCO, que les touristes du monde entier venaient admirer. Moins grave que la destruction des Bouddhas géants de Bâmiyân, en Afghanistan par les talibans, mais l'esprit totalitaire reste le même. C'est l'éternel débat entre l'islam et la démocratie qui suinte jusque dans nos banlieues. Et les naïfs de s'étonner qu'en Inde, en Birmanie, en Chine... des peuples qui n'ont rien à voir culturellement avec les judéo-chrétiens occidentaux chassent les musulmans, non pas comme promoteurs de libertés qu'ils ne seront jamais, mais parce qu'ils sont fondamentalement dominateurs. Il n'y a que dans les démocraties de l'Ouest que l'on accepte le séparatisme, le dogmatisme contraire aux lois républicaines. Le procès des tueurs de Charlie Hebdo et de l'hyper-casher en est l'illustration. Sans laïcité, pas de liberté.

C'est bien ce qu'avait compris Kemal Atatürk, fondateur de la République laïque turque sur les ruines de l'empire ottoman (colonisateur, avant la France, de l'Algérie). C'est ce que « détricote » le fanatique Erdogan de nos jours.

L'Europe aurait bonne mine aujourd'hui si la Turquie, arrêtée dans sa conquête militaire lors du siège de Vienne au XVIIIe siècle, y était entrée plus tard, au XXe, par son adhésion à l'Union Européenne, comme elle le voulait.

Les données économiques le prouvent depuis quelques années. « L'insultant » Erdogan a échoué sur toute la ligne. D'où ses gesticulations islamo-nationalistes pour donner le change et perpétuer son pouvoir autocratique.

Déjà, avant lui, ses prédécesseurs avaient envahi Chypre et y sont demeurés depuis, sans protestations ni sanctions, afin d'y créer un État-croupion non reconnu par la communauté internationale. De même qu'il continue à nier le génocide arménien de 1915. Mais, dans sa folie arrogante, Erdogan veut faire « mieux que pire ».

On connaît ses persécutions contre les Kurdes de Turquie (comme de Syrie à une époque récente). Comme si cela ne suffisait pas, il envoie maintenant des troupes dans le bourbier libyen pour y dicter sa loi sectaire. Pauvres Libyens : après Khadafi, Erdogan... Ont-ils vraiment mérité cela ?

Mais le meilleur, de la part du mégalo d'Ankara, est peut-être encore à venir. Il va désormais prospecter des champs sous-marins gaziers et pétroliers dans les eaux territoriales grecques. Cette Grèce que les Turcs ont déjà occupée pendant des siècles jusqu'à leur célèbre et romantique libération nationale au XIXe siècle. D'où un risque d'affrontement militaire auquel la France veut parer en envoyant quelques unités de sa marine en appui à la marine hellène. Et dire que tous ces pays, Turquie comprise, sont membres de l'OTAN... On croit rêver. Bientôt une guerre entre alliés du fait d'un fanatique ?

Finalement, ce sera peut-être l'Allemagne, ancien allié de la Turquie, où ont émigré beaucoup de Turcs (avec les problèmes qui s'ensuivent) qui calmera l'activiste du Bosphore, à moins que « le bon Monsieur Poutine », à la tête d'un pays majoritairement « chrétien orthodoxe » - de tradition - ne lui demande des comptes pour la conversion forcée des sites byzantins en mosquées. Il existe une filiation spirituelle entre les patriarcats de Constantinople et de Moscou, n'est-ce pas ? Oublions un instant, juste un instant, l'occupation de la Crimée et d'une partie de la Géorgie...

On ne le redira jamais assez, tout en célébrant les mérites du « Tigre » : que n'a-t-il, lors des traités de Versailles et de Sèvres, après la première guerre mondiale, imposé le rejet de la Turquie au-delà du Bosphore et la libération du valeureux peuple kurde partagé entre Turcs, Irakiens, Syriens et Iraniens... C'eut été plus utile et visionnaire que de se partager une partie du Proche-Orient avec la Grande-Bretagne.

En attendant, aujourd'hui, que fait-on de cet héritage aux mains du satrape provocateur ?

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 24 août 2020

La perte des repères et des valeurs 

Les historiens trouveront sans doute d'autres périodes de la déjà longue histoire de l'humanité où les valeurs, les repères des sociétés ont disparu, au moins passagèrement. Fut même un temps où les « braves gens » disaient avec un gros bon sens populaire : « on aurait besoin d'une bonne guerre », comme si les guerres purgeaient, remettaient les compteurs à zéro ; que les sociétés retrouvaient alors une nouvelle jeunesse. C'est ainsi que la France après la dernière guerre mondiale et la défaite de 1940 s'est régénérée. Exit les vieilles élites fatiguées ; place à une génération issue de la Resistance ; « baby-boom » ; renouveau industriel et agricole puis, dans la foulée... les « trente glorieuses ». Il en avait été de même après 1870 et la chute du second empire. La IIIe République avait relancé la France sur tous les plans ; peintres et écrivains illustraient les succès obtenus par ailleurs sur le plan technique (aviation, automobile, chemin de fer etc.)

Sans doute y a-t-il une part de vérité dans cette vue simpliste de la marche des sociétés, dont la société française. Mais cette explication est un peu courte pour être satisfaisante.

Au-delà de ces données brutes, tangibles il y a les valeurs immatérielles, éthiques qui guident un pays. Pour nous, ce furent longtemps les valeurs judéo-chrétiennes, puis les valeurs démocratiques et républicaines à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, dont la Déclaration des droits de l'Homme fut le résumé. Même anti-cléricale, la IIIe République maintint globalement les règles d'antan, grâce aux « hussards noirs », ces instituteurs dévoués à la chose publique. L'ordre continua de régner sans aucune dictature pour cela. L'ordre avec le progrès qui fit de la France, malgré son implication dans deux guerres mondiales, un pays de Cocagne où beaucoup voulurent émigrer pour bénéficier de ses avantages indéniables : Polonais, Espagnols, Italiens, Portugais... Ce que notre ami et vice-président de NDH, Bernard Stasi appela dans un ouvrage célèbre « une chance pour la France »

Las, les temps ont changé ; une autre immigration est arrivée, contestant les vieilles valeurs républicaines et judéo-chrétiennes. Finie l'intégration « à la française ». Place au communautarisme, au séparatisme. On conteste les enseignants et l'enseignement. On exige dans les cantines scolaires des menus différents. La laïcité est plus défendue par la droite que par la gauche. Les forces de l'ordre sont agressées. La notion de respect est inversée. Ce sont les gardiens de la paix qui devraient s'incliner devant les « caïds »

Mais ce n'est pas tout. Dans le même temps, les sociétés démocratiques européennes ont subi à haute dose l'influence perverse venue des États-Unis, qui a tiré la jeunesse vers le bas et s'est mélangée avec le premier courant déstabilisateur. Comme aux « USA » il fallait, pour être jeune et moderne, être violent, se droguer, être « punk », provocateur, aduler le « rapp » avec ses paroles de haine et de mépris pour les femmes.

Ainsi est née une sorte de contre-société où l'on écrase le policier qui vous demande de vous arrêter ; on organise, nuit et jour, des rodéos à moto autour des cités ; on fait régner l'ordre des grands frères et les trafics en tous genres pour gagner de l'argent facile quand ce n'est pas la polygamie que finance les allocations familiales ; on obtient une discrimination positive pour accéder, sans peine, au niveau supérieur de l'éducation quand autrefois il fallait « cravacher » lorsque l'on était fils de paysan ou d'ouvrier.

Bref, deux types de sociétés se confrontent et s'affrontent aujourd'hui. Laquelle l'emportera ? Rien n'est joué, hélas. Films, télévisions... continuent à diffuser des images de crimes, de violence « à l'américaine ». La musique est essentiellement anglo-saxonne. « Il faut faire américain » à tout prix, comme les « fils de pub » nous y incitent à longueur de journée.

Face à cette vague, que pèsent désormais notre enseignement ; les défenseurs du patrimoine intellectuel et moral ; des partis politiques sans idéologie claire... Nos compatriotes sont pris en étau, entre l'enclume et le marteau des deux modèles communautaristes qui ont fait irruption en Europe : l'islamiste et l'anglo-saxon.

Question de mode diront les optimistes. On aimerait qu'ils aient raison. En attendant, on ne voit pas surgir les Jaurès, Clémenceau ou de Gaulle capables de faire entendre une voix qui rappelle à l'ordre laïque, démocratique et républicain. La mode serait plutôt au style « dément » : Trump, Bolsonaro, Erdogan ... « Mais où sont les neiges d'antan ? » eut écrit François Villon.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 19 août 2020

      L'emprisonnement de Khaled Drareni
                              journaliste algérien pour trois ans ferme

Avec l'Algérie, tous les démocrates vivent dans un psychodrame. Un psychodrame qui dure depuis près de soixante ans, date de l'indépendance en 1962.

Les plus fervents partisans de ce pays, qui fut occupé par la France pendant 130 ans après avoir été colonisé par l'empire turc, succédant lui-même aux Arabes ne savent plus à quel saint se vouer. Et le président Macron ferait une faute capitale en mettant un genou à terre devant un pays dirigé depuis l'origine par un clan militaire qui ne sait que pratiquer le chantage vis-à-vis de la France, chargée de tous les maux, fut-ce six décennies plus tard.

Dernier avatar : l'incarcération, pour trois ans ferme, du journaliste quadragénaire Khaled Drareni directeur du site « Casbah Tribune », animateur du « Café presse politique », collaborateur de la chaîne française TV5, sans oublier qu'il est aussi le correspondant de « Reporters sans frontières ». Bref, pour le pouvoir algérien, tout du « délinquant ».

Mais venons en aux faits. Son vrai tort, son crime : avoir couvert honnêtement, objectivement depuis ses origines le Hirak, ce soulèvement populaire durable qui a obtenu le retrait de l'éternel président Bouteflika, figure de proue d'un régime militaire dissimulé.

Chefs d'inculpation ? Toujours les mêmes : « incitation à des attroupements non armés»,  «atteinte à l'intégrité du territoire national »...longtemps après que les manifestations massives hebdomadaires se soient arrêtées pour cause de Covid-19.

La France se tait. Ses confrères français se taisent. Et pour cause. Il est soupçonné, à demi-mot, d'être un « collabo » de la France. Il fallait y penser ! C'est la France qui a instauré ce régime monolithique ; c'est la France qui, depuis plus d'un demi-siècle, a fait que l'Algérie ne vit que de ses ressources pétrolières, donc de ses importations pour l'essentiel : alimentation, biens d'équipement... La France, ce petit doigt derrière lequel on cache la corruption. Accusée France, levez-vous ! Confessez, comme dans les procès staliniens que vous êtes coupable. Et, surtout, payez, non pas pour faire vivre mieux le peuple algérien, mais pour engraisser davantage la caste qui détient le pouvoir et n'entend pas le lacher de sitôt.

Pauvre Khaled Drareni, il est mal barré. Il aurait mieux fait, comme des centaines de milliers de ses concitoyens de choisir l'exil. Le salut dans la fuite en quelque sorte. Mais voilà, ce journaliste expérimenté n'est pas un lâche. Il a fait le choix du témoignage.

Pour d'autres, la presse française et internationale se serait mobilisée. Non seulement les dirigeants français, mais aussi les élus européens seraient montés au créneau. Pas pour la victime d'un pouvoir qui continue à exploiter le filon d'une indépendance acquise par le sang.

Jusqu'à quand ? Jusqu'à ce que le filon soit vide. Or il l'est, même pour ceux qui prennent en otage un journaliste indépendant. Il n'est pas nécessaire d'être un support de la bande à Le Pen pour le proclamer. Fini les complexes.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 10 août 2020

Liban - Bilan

Le Liban est le pays arabe le plus proche de la France, depuis des siècles, puisque François 1er, avait obtenu de l'empire ottoman, celui de Soliman le Magnifique la protection des chrétiens régulièrement persécutés par des musulmans toujours en quête de domination. Un lien qui s'est maintenu après l'expédition de Bonaparte lors de son aventure en Égypte, puis sous Napoléon III lorsque l'émir Abdelkader, vaincu en Algérie avant de devenir le meilleur ami de la France, choisit de vivre au Levant où il fit cesser d'autres massacres. Ce fut enfin l'établissement du protectorat français après la première guerre mondiale, en application du traité de Sèvres qui finit par démanteler l'empire turc, allié de l'empire allemand et auteur du génocide arménien de 1915.

Devenu indépendant, le Liban instaura alors un système en apparence démocratique, basé sur une répartition du pouvoir entre communautés rivales, souvent à couteaux tirés, qui aboutit à l'assassinat du jeune Président élu, Bachir Gemayel et à une guerre civile sans fin, entre 1975 et 1990, suspendue par les accords de Taëf. Mais comme si cela ne suffisait pas, survint encore l'attentat mortel contre le Premier ministre Rafic Hariri, grand ami de Jacques Chirac.

Beau et triste Liban dont le bilan est globalement « négatif », pour parodier Georges Marchais qui considérait avec son talent de boni menteur que le bilan des pays communistes était, selon son expression « globalement positif ».

Les manifestations massives de la fin 2019 ont montré à quel point le pays était malade, victime non seulement d'une corruption généralisée mais aussi d'une classe dirigeante qui se partage le pouvoir, depuis des décennies, à son seul profit. Elle l'a, par pur égoïsme, voire cupidité, conduit à la ruine. La monnaie, la livre libanaise, a perdu toute valeur ; l'électricité en est venue à manquer ; la nourriture, importée à 80% de l'étranger, réservée aux classes aisées. Bref la gabegie totale dont la double explosion du 4 août sur le port de Beyrouth semble n'être qu'une traduction caricaturale.

On aurait pu penser que le général Aoun, devenu Président du Liban après un long exil en France, aurait eu la poigne nécessaire, allié aux islamistes pro-iraniens du Hezbollah, pour rétablir la situation du pays. Hélas il n'en fut rien et ses déclarations, après les dévastatrices explosions le confirment : cet homme est apparu sénile, ridicule. Il ne s'est même pas rendu sur les lieux du drame.

En premier lieu, notre homme de paille refuse toute enquête internationale sur les causes du désastre, ce qui n'incitera guère les bailleurs de fonds à se montrer généreux pour la reconstruction du pays. Toujours les sempiternelles magouilles indignes d'une démocratie. En second lieu, ce chrétien en relation avec l'Iran des fanatiques barbus, qui ont eux-mêmes conduit leur pays à l'échec, laisse entendre que les explosions du 4 août seraient peut-être dues à un missile... Peut-être, pourquoi pas, puisqu'on est dans le délire : un missile iranien ? Puisque la république islamique de Téhéran s'entraîne à développer ses missiles, futurs vecteurs de son armement nucléaire théoriquement arrêté par les accords de Vienne de 2015 et que c'est avec un missile persan qu'a été abattu récemment un avion de ligne...

Au-delà de la catastrophe généralisée, mais qui ne doit pas cependant autoriser à s'ingérer dans les affaires intérieures du Liban, si on s'élève un peu au-dessus des contingences, il faut bien constater que ce pays arabe, n'est guère différent des autres. Le communautarisme en est la philosophie de base. À la différence de la France mais comme les États-Unis, chacun appartient à un clan: sunnite, chiite, chrétien, druze... La laïcité n'existe pas, ce qui compromet l'unité nationale du haut au bas de la pyramide. Le Président de la République est forcément chrétien ; le Premier ministre forcément sunnite ; le Président du Parlement forcément chiite (assis sur une fortune personnelle accumulée au fil de ses mandats successifs).

Il faudrait donc donner un coup de pied dans la termitière ; que la société civile libanaise, marginalisée, après des élections jouées à l'avance (et afin de ne pas retomber dans les mêmes ornières) exige la tenue d'une assemblée constituante dont la pierre angulaire serait la laïcité qui, seule, empêchera le retour à la consanguinité traditionnelle, et donc à la mort du pays. Un rêve ? Pourquoi pas ? Ce serait, certes, des difficultés nouvelles. Mais quel exemple pour d'autres pays eux-mêmes bloqués pour des raisons similaires. De pays déchu, le Liban deviendrait alors un pays arabe exemplaire à plus d'un titre.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 3 août 2020

Repentance

Le tic-tac, tac-tic est reparti entre l'Algérie et la France, 58 ans après l'indépendance. On en finira donc jamais, alors que dix-huit ans après la seconde guerre mondiale, trois agressions prusso-allemandes (1870-1914-1940) des millions de morts, des destructions immenses sur le territoire français, De Gaulle et Adenauer signaient le traité de l'Elysée pour marquer la réconciliation voire l'amitié franco-allemande. L'Allemagne avait-elle auparavant présenté des excuses ? s'était-elle repentie ? Pas à notre connaissance en tous cas.

Alors pourquoi ce contentieux permanent et rampant entre l'Algérie et la France sur l'aspect mémoriel d'un divorce violent (1954-1962) aujourd'hui réactivé côté officiel algérien, car il y a longtemps qu'en France les partisans de l'Algérie française sont tombés dans les oubliettes de l'Histoire. Même Marine Le Pen se prétend désormais sans la moindre pudeur « gaulliste »

Le président de la République française, Emmanuel Macron ferait cependant une faute impardonnable s'il poursuivait sa tendance à culpabiliser son pays, en révisant l'Histoire et en la revisitant à la lumière des critères actuels (comme les imbéciles qui renversent les statues de Victor Schœlcher, père de la seconde abolition de l'esclavage).

Oui, il a raison, la colonisation est un « crime contre l'humanité », vue quatre siècles après. Mais que serait le monde sans la rencontre des peuples qu'elle signifiait ? Où en serait l'Afrique, la globalisation du monde, les échanges culturels qui font la richesse de la planète ?

Le choix par l'Elysée de Benjamin Stora, grand spécialiste de l'histoire algérienne pour établir une réflexion sur la mémoire franco-algérienne est un excellent choix car ce natif d'outre Méditerranée ne parle pas à tort et à travers. C'est avant tout un intellectuel sage, expérimenté. Et, puisqu'on parle de « mémoire » franco-algérienne, il fera entendre que la mémoire ne doit pas être courte. Car il faut « en même temps » (concept macronien s'il en est) convoquer les autres colonisations de l'Algérie, bien plus longues que la colonisation française et surtout qui, elles, ont imposé une religion en éradiquant la précédente, pacifique. Celle de saint Augustin que tout le monde révère de nos jours.

Mettons donc sur un pied d'égalité la colonisation arabe, la colonisation ottomane et la colonisation française. Les guerres d'expansion musulmane jusqu'à Vienne et jusqu'à Poitiers étaient-elles des « guerres justes » ? Non l'inverse ? Les razzias en Méditerranée à l'époque de Philippe II (relire le grand Fernand Braudel) pour fournir en femmes les bordels d'Alger (pardon, les harems) ; le rachat des prisonniers n'aurait jamais existé ? Pas plus que l'esclavage arabe, qui perdure en Mauritanie ? ...

Si Messali Hadj, le premier promoteur de l'indépendance de l'Algérie avait été suivi, dès les années trente, par les Algériens eux-mêmes, par des moyens pacifiques, tel un Gandhi, nous n'en serions pas là actuellement. La France, avec ou sans de Gaulle, avec un Mendès-France, un Edgar Faure aurait reculé aux Nations Unies jusqu'à lâcher l'indépendance.

On juge un arbre à ses fruits. La façon de procéder du FLN a suscité une guerre en rétorsion. Après l'indépendance, en juillet 1962, la suite logique en fut une dictature déguisée, corrompue, qui ne vit que de la rente pétrolière et pousse des cris d'orfraie dès que la France émet une opinion sur l'Algérie. Mais si l'ancienne puissance coloniale est aussi horrible que cela (car la mémoire en est encore très fraîche) pourquoi des millions d'Algériens veulent-ils venir, ou sont venus vivre dans l'Hexagone ? seraient-ils masochistes ?

Bref, soyons enfin clairs et objectifs. Ou bien l'Algérie convoque à des fins d'expiation ses trois derniers colonisateurs (arabes, turcs, français) ou bien elle s'assume enfin en en profitant pour instaurer un régime démocratique et laïque selon les critères des Nations Unies. Soyons en sûr le roi d'Arabie et l'ottoman Erdogan seront d'accord pour battre leur coulpe colonialiste passée comme la France du XXIe siècle.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 27 juillet 2020

Violences 

Le « droit à la paix » est un droit de l'Homme qui n'a hélas jamais été reconnu, ni en 1789 ni en 1948 par le vote de la Déclaration universelle des droits de l'Homme des Nations Unies, réunies à Paris, au Trocadéro. Il faut dire que nous sortions alors d'une seconde guerre mondiale. Il n'empêche...

Sans un tel droit fondamental à quoi bon tous les autres droits officiellement reconnus ? C'est pourquoi NDH se bat pour sa reconnaissance par la France qui devrait ensuite « l'exporter » à l'Europe et au monde. Non que ce soit une formule magique mais comme les autres droits, il serait un but qui pourrait sans cesse être invoqué, revendiqué, non seulement à l'extérieur de l'Hexagone mais également à l'intérieur de nos frontières où la violence, longtemps endémique devient de plus en plus flagrante.

Autrefois monopole de la l'Armée et de la Police, pour raison d'État, aujourd'hui n'importe qui, sous n'importe quel prétexte (voire sans prétexte du tout) a recours « gratuitement... » à la violence.

Même les services publics de première nécessité : pompiers, médecins, gardiens de la paix... sont attaqués au risque de leur vie quand ils en sauvent d'autres. Bref, l'anarchie gagne les démocraties comme un cancer. Le « mal » pour reprendre une vieille terminologie l'emporte sur le « bien ». Nous sommes en pleine confusion des valeurs. Le droit « théorique » à la paix s'estompe et appelle inévitablement à la répression, seul moyen de rétablir ou de maintenir l'ordre républicain qui porte avec lui la paix.

Dans les siècles passés, « le sabre et le goupillon » entretenaient une vie en société relativement organisée. Mais un certain discrédit jeté sur les forces de l'ordre ; la perte d'influence des Eglises, souvent remplacée par une philosophie religieuse fondée sur l'inégalité, le primum de la violence, un rejet universel de la liberté, engendre un nouveau contexte auquel la gauche, par intérêt électoral et laxisme, après un anti-clericalisme justifié, a ouvert un champ très large, soutenue par les « psy » qui expliquent soi-disant tout, c'est-à-dire justifient tout ou à peu près tout.

Faut-il, dès lors, devenir « réactionnaire » et en appeler à la répression, accuser les « étrangers » globalement, eux qui, Italiens, Portugais, Polonais... se sont intégrés pacifiquement et ont enrichi la France depuis longtemps ? Il faut savoir raison garder, « séparer le bon grain de l'ivraie » comme dit l'Évangile

On l'a vu, la justice sociale mise en œuvre depuis plus d'un siècle, en particulier en 1936 et 1945 ne suffit plus. D'ailleurs ceux qui massacrent un chauffeur de bus innocent, foncent « à tombeau ouvert » sur une jeune policière, imposent leur « loi » afin de poursuivre leurs trafics de drogue, ne sont pas issus du « lumpen prolétariat ». Les ouvriers de 1900, 1936 ; les paysans aux revenus de survie n'avaient (ou n'ont) aucun de leurs avantages sociaux. Et pourtant ils ne dégradaient pas la démocratie, fruit des droits de l'Homme de 1789. Il y avait une convivialité, des règles communes respectées.

Face à la dégradation actuelle, à la disparition lente du « vivre ensemble », le gouvernement Castex, comme celui de Manuel Valls auparavant, veut durcir la législation punitive. Soit, c'est quasiment inévitable. La « tolérance zéro » est à la mode. Mais une telle politique ne devrait-elle pas être doublée par un enseignement du Droit, et des droits de l'Homme en particulier, dans l'enseignement secondaire, tel que nous le revendiquons depuis trente ans, ce qui nous a toujours été refusé ? Comment également prôner la paix nationale (et internationale) quand tous les écrans de cinéma et de télévision sont remplis de meurtres « en veux-tu en voilà » ? Comme si on exigeait le respect des droits de la femme et ceux des enfants en continuant de promouvoir les films sexistes, une littérature sexiste (à la Matzneff !)

Le nouveau ministre de la Justice, Eric Dupont-Moretti a dit qu'il s'engageait sur les droits de l'Homme. Chiche ! Excellente idée. Avec Blanquer, son collègue de l'Education nationale. Cela fera moins de travail pour Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur qui a déjà fort à faire avec ses propres affaires.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 21 juillet 2020

 La folie éolienne

Le « droit au respect de l'environnement » est le premier des nouveaux droits de l'Homme que nous avions demandé à Jacques Chirac, maire de Paris, avant son élection à la présidence, de faire reconnaître avec le « droit à la paix ». C'était en 1992, ce qu'il avait tenu le jour même à nous confirmer par lettre, puis qu'il a fait inscrire dans la Constitution de la France. Pour ces deux droits du futur, l'homme ne nous a pas déçu, ne serait-ce qu'en refusant de s'engager dans la guerre américaine en Irak.

Nos écologistes, eux, pour leur part, pendant ce quart de siècle, n'ont cessé de contester l'énergie nucléaire, qui fournit plus de 50 % de notre électricité, sans polluer, à la différence des autres moyens (charbon, pétrole) à l'exception de l'hydraulique mais dont tous les sites possibles sont désormais construits depuis des années. On notera cependant que depuis que les écolos flirtent avec le pouvoir, ils ont mis une sourdine sur le nucléaire car s'ils y accèdent un jour, plus qu'avec Nicolas Hulot, de Rugy ou Barbara Pompili, il faudra qu'ils ferment alors les centrales nucléaires, comme ils l'ont obtenu pour Fessenheim, au grand désarroi des populations locales.

A moins qu'ils n'optent pour une solution « à l'allemande » en renonçant totalement au nucléaire pour ouvrir des centrales à charbon qui polluent dix fois plus.

Certes, EDF a montré une perte de ses capacités techniques en ce domaine et peine à achever la réalisation de ses nouveaux projets à La Hague, au Royaume Uni ou ailleurs dans le monde, ajoutant au retard des coûts faramineux que vient d'épingler la Cour des Comptes. Et donc on devrait faire surenchérir les écolos « à l'ancienne », devenus « vieux sans être adultes » comme chantait Jacques Brel.

Ne reste, dès lors, que l'électricité d'origine éolienne, très peu requise jusqu'à présent en France mais que les groupes de pression (lobbies) poussent en avant au maximum actuellement pour les bénéfices qu'ils ont tireront. Si l'on ose le dire « ils ont le vent en poupe » parés de toutes les vertus « vertes », paraît-il... Et seuls quelques politiques courageux comme l'ancien président Giscard d'Estaing ou Dominique Bussereau, président du Conseil départemental de Charente-Maritime, ancien ministre (et président des départements de France) osent s'y opposer frontalement. Avec succès, on l'espère, car ce mode de production d'énergie électrique et tout, sauf non polluant.

En effet, le premier grief contre ces moulins est la défiguration des paysages, lesquels sont le B-A-BA en matière d'environnement. Imagine t'on ces engins, qui doivent être en grand nombre, au large des côtes de Bretagne, de Nice ou de Cannes, à portée des îles d'Oléron et de Ré, dans la chaîne des volcans d'Auvergne ... comme certains en caressent l'idée avec gourmandise ?

Il faut savoir, en outre, que faute de vent, les dites « gentilles» éoliennes ne fonctionnent en moyenne qu'à 23 % de leur capacité ; qu'elles engendrent une pollution sonore et attente à la biodiversité, que des vaches à proximité, à l'intérieur des terres sont victimes de « mort subite », ce qui ne manquera pas de se produire aussi pour les humains eux-mêmes. Vite, que L214, cette remarquable organisation qui dénonce, preuves à l'appui les souffrances animales intervienne avant que Brigitte Bardot et sa fondation ne pointent du doigt des éoliennes au large de Saint-Tropez !

On le sait, pour convaincre, les promoteurs font miroiter jusqu'à 15 000 €uros de revenus annuels aux propriétaires qui cèdent leur terrain pour y installer leurs engins de malheur. Mais quid de leurs voisins qui résistent à cette corruption et devront cependant en subir les méfaits ?

N'ayons crainte, les riches propriétaires des zones menacées sauront se faire entendre de leurs élus de terrain (ou des territoires, selon le Premier ministre Jean Castex). Par contre, pour les « salauds de pauvres » comme disait Marcel Aymé ils devront subir sans broncher et accepter ce soi-disant « pain béni » - au propre comme au figuré.

Conclusion : la solution pour le futur, si l'on observe la solution allemande, ne serait-elle pas plutôt de secouer un peu EDF, endormie sur ses lauriers, et que les dirigeants politiques de la France actuelle reprennent le chemin ouvert avec prémonition par De Gaulle, Pompidou et Giscard d'Estaing, que François Mitterrand a suivis malgré les réticences affichées par le parti socialiste version années 70 ?

Parodions un des slogans de Mai 68 « Ce n'est qu'un début, continuons le débat ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 13 juillet 2020

Ce dangereux Monsieur Poutine

Depuis 1934, la basilique Sainte Sophie, construite à Constantinople par l'empire romain d'Orient, convertie en mosquée après la conquête ottomane, était devenue un musée que tout le monde venait visiter. Telle était la volonté de Kemal Atatürk fondateur de la république laïque de Turquie, annulée par le président turc cette semaine.

Cet acte provocateur d'Erdogan a été condamné par les pays à majorité orthodoxe (Russie, Grèce) mais aussi par la France, les Etats-Unis, le pape François en raison du symbole qu'il représente, car d'autres églises ont déjà été reconverties en mosquée, de force, par la bande qui dirige la Turquie dans un silence assourdissant.

Mais qui s'en étonnera ? On l'a oublié : la Turquie occupe militairement une partie de Chypre, Etat indépendant, ce sur quoi les Nations Unies, l'Europe ont jeté un voile pudique dans le même temps où le pays agresseur d'un des membres futur de l'Union européenne prétendait cependant adhérer à la dite Union ... Aucun honneur, aucune dignité, aucune solidarité.

Au-delà du viol de Sainte Sophie à Istanbul, de l'occupation de Chypre, nos « braves » Européens, auxquels les Turcs ont voulu se joindre pendant des années, ont aussi oublié qu'ils avaient tenté de s'installer de force en Europe au XVIIe siècle, arrêtés après un long siège à Vienne, en Autriche ...

Là n'est pas le pire cependant. Ce pays héritier de l'ancien empire ottoman continue à nier le génocide, en 1915 de plus d'un million d'Arméniens chrétiens, comme la déportation des survivants vers l'Irak et la Syrie. Bref avant Erdogan, comme avec Erdogan, l'empire ottoman devenu Turquie après sa défaite à l'issue de la première guerre mondiale durant laquelle les Turcs ont soutenu les empires germano-autrichiens agresseurs des démocraties, était et demeure un fauteur de troubles ; un défi à l'ordre démocratique qu'incarnent l'Europe et les Nations - Unies. L'islam était et reste son étendard. C'est une faiblesse du grand Clémenceau, lors des traités mettant fin à la guerre, en 1919, de ne pas avoir restitué à l'Europe la capitale de l'empire byzantin en fixant la nouvelle frontière de la Turquie au Bosphore. Le viol de Sainte Sophie ne serait pas poursuivi.

La Turquie ottomane a encore une autre chance dans ses aventures expansionnistes et impérialistes : l'Algérie, qu'elle a longtemps colonisé, et qui, au jour d'aujourd'hui, ne dénonce pas le colonialisme arabe, puis turque pendant onze siècles. L'Algérie ne connait et ne dénonce qu'un seul colonisateur qui n'a jamais imposé, lui, sa religion aux habitants berbères durant ses cent trente années d'occupation : la France.

A quand le mea culpa de ces odieux Français que l'on a rejetés en 1962 ... avant de rêver, par centaines de milliers, de venir s'installer dans l'Hexagone ? On dit que l'actuel président de la République y serait prêt ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 29 juin 2020

Colonisation - décolonisation

La France vivait avec ses problèmes économiques et d'environnement, au sortir des « trente glorieuses » après la crise pétrolière de 1973. Puis, ce furent la crise financière de 2015, la longue crise sociale des gilets jaunes en 2019... avant que n'arrive le redoutable pandémie qui a fini par créer un véritable « tribunal » pour juger « les coupables » dans la Santé, bien qu'ils aient réalisé une performance par rapport à la plupart des pays avancés.

On croyait donc la barque assez chargée lorsque « coucou » ! les adeptes du système communautariste étatsunien, venus librement en France (et non « déportés » comme les afro-américains dans les futurs États-Unis d'Amérique où ils furent tenus en esclavage) ont trouvé opportun pour leur promotion personnelle, de s'estimer « victimes » d'un racisme imaginaire et de la colonisation. Grâce à cette accusation ignoble, voir débile, ils ont pu, comme « victimes » passer dans tous les médias et faire croire à l'étranger que la France n'était pas cette terre de Cocagne que le monde entier était venu rechercher. Bonne pioche ! La victimisation est devenue très porteur et peut rapporter gros, surtout si on accuse les forces de l'ordre, parfois coupables de bavures dans le cadre de leur difficile mission face à de vrais délinquants.

La colonisation est le nouveau vecteur de la contestation en cours de la part des communautaristes hostiles à l'unité de la nation dans sa diversité bretonne, auvergnate, alsacienne... à laquelle se sont joints les Polonais, les Portugais, les Italiens...

Soit. La colonisation n'est pas une page glorieuse de l'Histoire de l'humanité. Mais est-ce que la vente de prisonniers africains par les Africains aux négriers européens l'était davantage ? Imaginons un instant ce que serait l'Afrique subsaharienne, au début de ce siècle ou du siècle dernier sans la colonisation ? Pas de commerce, de moyens de transport automobiles, ferroviaires ou aériens ; pas de téléphone et autres moyens de communication. Un continent laissé à l'écart du monde, figé comme dans une sorte de réserve naturelle.

Nous-même, Gaulois, colonisés par les Romains, avons-nous craché sur ceux qui, tout en dominant nos tribus nous ont apporté routes, ponts, édifices qui souvent subsistent de nos jours ; sans même compter l'écriture, la littérature, les mathématiques etc. Bref « un plus » indéniable.

Il ne sert à rien de se leurrer, de se mentir et de mentir aux peuples pour les monter les uns contre les autres. Le métissage est l'avenir dans le respect et la fraternité. Pas le communautarisme qui divise ou accentue les divisions.

Mais ces récriminations qui conduisent à renverser des statues, comme l'ont fait les talibans ne sont pas nouvelles. Au siècle dernier, un célèbre penseur sénégalais Cheikh Anta Diop expliquait dans ses ouvrages (dont « Antériorité des civilisations nègres ») que l'Égypte pharaonique était issue de l'univers « négro-africain » (sic). Rien de moins. Ce serait donc des peuples du sud du Sahara qui auraient inventé des hiéroglyphes, les pyramides, même s'ils se sont bien rencontrés aux sources du Nil. Et après il y aurait eu une régression au cœur de l'Afrique ?

Écoutons aussi ceux qui dénoncent l'occupation française en Algérie. Dont acte. A condition d'occulter les colonisations antérieures : arabe et turque qui ont imposé une religion aux Kabyles ce que n'a pas fait la France issue des Lumières. L'une, la française serait un crime contre l'humanité ; les autres l'avènement de la liberté (notamment de conscience). On hallucine ...

Le grand écrivain et journaliste Kamel Daoud (l'auteur du célèbre « Meursault, contre-enquête » (Actes Sud 2014) lui, n'est pas dupe lorsqu'il écrit (Le Monde du 23 juin) « Faut-il détruire l'Occi- dent? Le mettre à feu et à sang pour mieux le reconstruire ou mieux le piétiner dans ses ruines ». Et de poursuivre : « L'Occident étant coupable par définition selon certains, on se retrouve non dans la revendication du changement mais, peu à peu, dans celle de la destruction, la restauration d'une barbarie de la revanche ».

Merci à vous pour ce courage, cette lucidité qui vous place face à ceux qui ont pignon sur rue (médiatique) pour s'autopromouvoir victimes du racisme systémique - anti-noir ou anti-musulman, (comme si on n'avait pas déjà scandaleusement inventé la « discrimination positive » qui permet à des minorités activistes d'être favorisées, là où le fils, la fille d'ouvriers ou de paysans français de souche, sans bibliothèque à sa disposition, doit travailler dix fois plus que les enfants de bourgeois pour un même résultat).

Comme l'écrivait Pascal Bruckner (« Les sanglots de l'homme blanc ») les Occidentaux, en raison de leurs vieux complexe judéo-chrétien, céderont toujours au chantage... ou bien, sinon une minorité, jusque-là honteuse, s'affichera raciste et fasciste. Est-ce ce que veulent les paltoquets qui sèment la confusion dans l'opinion ? Probablement.

Il est loin le temps où Bernard Stasi, notre Vice-président, député-maire d'Épernay pouvait écrire  « Ma France je l'aime parce que je l'ai choisie. Ou plutôt, je l'ai choisie parce que je l'aime. J'ai pleuré le jour où me fut remise ma première carte d'identité ». Bernard, cher Bernard, reviens ils sont devenus fous ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 15 juin 2020

Revisiter l'Histoire ou la reviser ?

La boule est lancée dans les quilles depuis l'horrible mort de George Floyd aux Etats-Unis, assassiné par un policier raciste à Minneapolis. Toute minorité politique, sociale, raciale, syndicale ... peut, sinon doit, exiger d'obtenir satisfaction devant sa moindre revendication. Le rapport démocratique majorité-minorité n'existe plus. La Res-publica (la République : littéralement la chose de tous) est menacée par quelques uns d'autant plus arrogants qu'ils sont minoritaires. 

Le communautarisme a le vent en poupe. Comme disait Goebbels : « plus c'est gros, mieux ça passe ... »

Chaque jour apporte son attaque contre la démocratie républicaine, donc laïque. Jusqu'à quand cette dérive ? Il n'est que d'attendre.

Aujourd'hui ce sont les forces de l'ordre (police-gendarmerie) - les mêmes qui n'osent plus rentrer dans certaines cités, comme les pompiers, les médecins parce qu'ils sont menacés, caillassés. C'est la loi de la minorité qui règne. Il suffit de dire que « les flics » sont racistes et le tour est joué. Le débat est clos. Il suffit de se victimiser et l'on peut continuer à saper les fondements d'une culture pacifique et démocratique.

Certes il y a nombre de policiers racistes, ni plus ni moins que chez d'autres fonctionnaires (comme il nous a été donné de constater durant des décennies) et ils ne peuvent honnêtement le nier. De là à pratiquer l'amalgame afin de continuer ses fraudes à la loi, pourrir la vie dans certaines banlieues il y a un pas à ne pas franchir.

Dans l'affaire Adama Traoré, qui vaut à la France des comparaisons ignobles avec les États-Unis, le président de la République François Hollande était socialiste, le ministre de l'intérieur, premier flic de France Bernard Cazeneuve aussi ; le premier ministre Manuel Valls était né en Espagne ; la ministre de la justice Christiane Taubira noire de peau... il faut donc les poursuivre pour complicité de racisme puisque tout, désormais est judiciarisé. Finalement ne sont-ils pas semblables à l'abominable Trump ? Comme on veut poursuivre ceux qui ont géré la crise pandémique dont nul ne connaissait à l'avance la solution et qui, finalement, ont obtenu un résultat honorable, seulement devancés par l'Allemagne.

Ah ce racisme français ! Demandez à tous les Polonais, Italiens, Espagnols, Asiatiques, Africains si ce n'est pas par masochisme qu'ils ont émigré en France et s'ils n'ont pas songé à repartir en courant ; demandez à ceux qui traversent la Méditerranée au péril de leur vie ce qui les motive ?

La pauvreté diront naturellement les bienveillants. A leur arrivée en France, ils sont victimes de discriminations, comme en Seine-Saint-Denis, où nombre de maires sont communistes ou socialistes. Peu de Front national.

Où est la faute ? N'ont-ils pas droit à l'éducation, accès à tous les moyens de formation, d'ascension sociale auxquels, sauf dans la bourgeoisie, nul Français de souche n'avait pratiquement pas droit il y a peu. Expliquez comment nombre de professeurs de médecine que la télévision a révélés lors de la crise du covid-19 étaient d'origine maghrébine malgré les obstacles que l'Ordre des médecins (vichyste) a mis sur leur route ?

En se prétendant « victime », on peut ainsi « monter » avec moins d'efforts que les autres. Notre président d'honneur, Léopold Sédar Senghor a-t-il été avant-guerre condamné à végéter dans la société raciste française ? Tous les artistes Étatsuniens noirs qui choisissaient la France comme Joséphine Baker, Sidney Bechet... Fuyaient-ils le racisme pour un autre racisme ?

Aujourd'hui, même les enseignants, nos fameux « hussards de la République » sont contrés dans leur travail éducatif. Nombre d'entre eux ne peuvent plus enseigner l'Histoire de France sans être agressés, insultés. Pourtant, l'Histoire est notre saga commune, que l'on descende ou non des Gaulois (les victimes du colonialisme romain !)

Le communautarisme, qu'il soit islamiste ou étatsuniens est, et sera toujours, une forme plus ou moins grande de totalitarisme, de volonté de domination d'une majorité par une minorité.

Dès lors, au lieu de revisiter l'Histoire, révisons là ! Tolérance zéro ! Abattons la statue de Victor Schoelcher (et même sortons - le du Panthéon) bien qu'il ait obtenu l'abolition de l'esclavage. Débaptisons les rues Jules Ferry « le Tonkinois » (la formule est de Clémenceau) lui qui a rendu l'école laïque et obligatoire. Coupons la tête de la statue de Colbert, un grand ministre qui a fait rationaliser les horreurs de l'esclavage - qu'il n'avait pas inventé - dans un « code noir », qui, quatre siècles après fait frémir.

Mais, au fait, que fait aussi le gouverneur Félix Éboué compagnon de la libération au Panthéon ? Encore un « salaud », comme ce policier noir insulté par des excités, récemment, lors d'une manifestation « anti blanc » alors que l'on embrassait un autre policier noir, en 2015 après l'attentat du Bataclan.

Les islamistes, en Afghanistan ont détruit les célèbres Bouddha de Bâmiyân. Les premiers chrétiens, jetés dans la fosse aux lions, crucifiés, décapités auraient dû eux aussi songer, après Constantin, à détruire les temples, les théâtres de leurs persécuteurs et surtout pas, comme il l'on fait, perpétuer à travers les millénaires la langue latine, la culture latine qui avait entretenu l'esclavage, ce fléau qui revient comme le monstre du Loch Ness.

La statue de Winston Churchill vient d'être profanée en Grande Bretagne. Une grande victoire des forces de l'intelligence. A quand celle de Nelson Mandela coupable de n'avoir pas vengé des décennies d'apartheid ? Un traître, comme les policiers noirs en France : il a collaboré avec le pouvoir blanc de Frederik De Klerk. Bientôt ce sera à notre ami le préfet de Police Maurice Grimaud que l'on cherchera des poux dans la tête alors qu'il a maintenu l'ordre sans un mort en mai 68 quand les manifestants scandaient « CRS - SS ». Oser dire cela est forcément « raciste », de droite et ne pas avoir oublié que nos compatriotes, blancs ou non blancs, d'origine étrangère, à la différence des noirs étatsuniens, n'ont pas été, eux, expatriés de force en France.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 8 juin 2020

Courir, encore et toujours, derrière les Etatsuniens

L'affaire George Floyd, fort heureusement, fait le tour de la terre, tout en continuant de ravager les Etats-Unis déjà doublement impactés par la crise sanitaire et la crise économique. Le « modèle » étatsunien fait eau de toutes parts. Est-ce pour autant que les esprits colonisés par nos medias, la publicité, les institutions européennes qui ne s'expriment plus qu'en anglais, même après le Brexit, vont se ressaisir, ne serait-ce que par dignité ? On en doute.

Un seul exemple : le racisme des forces de l'ordre.

Certes, il y a des brebis galeuses en France, comme dans tous les pays. Mais de là à mettre un signe « égal » entre le système d'outre Atlantique et le système français, il y a un pas que seuls les gens de mauvaise foi n'hésitent pas à franchir en instrumentalisant quelques rares affaires sombres. On pratique l'amalgame sans scrupule.

« Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ». Non qu'il ne faille avec rigueur améliorer les procédures de contrôle (notamment en instituant un organisme d'enquête indépendant, qui comprendrait des médecins, ce que n'est pas l'IGPN actuel). Tout propos raciste comme tout acte raciste doit être condamné dans la police, la gendarmerie, comme chez n'importe quel individu.

À entendre nos manifestants français (auxquels partis et syndicats ne se sont pas joints) notre vieux pays serait, au-delà de la Police, lui-même « raciste », discriminant noirs et arabes en particulier. Bref, du grain à moudre pour certaines organisations de droits de l'Homme en sommeil et en quête de scandales. S'ils avaient connu l'avant-guerre, quand être juif rendait soupçonneux... Qu'ont dit les mêmes lorsque, dans les années récentes, nos compatriotes asiatiques ont été attaqués, voire ostracisés durant l'épidémie venue de Chine ? Que ne protestent-ils quand les médecins étrangers hors Union Européenne n'ont pas le droit d'exercer en France malgré leur compétence attestée et les déserts médicaux ?

Deux poids, deux mesures lorsqu'il s'agit de s'autopromouvoir comme gardien de toutes les vertus. Combien des personnes d'origine étrangère, de tous les continents, en 43 ans, NDH n'a t'il pas aidées à mettre le pied à l'étrier pour intégrer ce pays où ils sont venus librement. Certains, même sans parler notre langue à l'arrivée, ont réussi en une génération. D'autres ...

Mais l'essentiel, pour nos protestataires est d'abord de faire croire que la France est raciste (sa Police en particulier). Adama Traoré = Georges Floyd. Point barre. C'est parce qu'il était noir ! même si un jeune « blanc de blanc », de quatorze ans, a été inutilement frappé par des policiers, il y a peu, lorsqu'il dérobait un scooter en banlieue.

L'acteur Omar Sy, d'ailleurs né à Trappes (Yvelines) promu par le cinéma français avant de s'installer en Californie, lui, n'en doute pas un instant. Selon ses déclarations, la Police française est raciste. Notre ami Guy Malandain, maire socialiste de Trappes a donc échoué : Guy le républicain laïque n'a réussi, malgré des années d'efforts qu'à renforcer le communautarisme dans sa commune, comme aux « USA » (ou en Afrique du Sud d'avant Nelson Mandela) : séparés mais égaux.

Conclusion, soyons « américains » à tout prix. Ne changeons surtout pas de modèle, pour le meilleur et pour le pire donc. Comme chez nos chers alliés, faisons figurer sur nos papiers d'identité la couleur de peau de chacun ; brandissons place de la Concorde ou au Champ de Mars nos pancartes en anglais en agitant notre vertu autoproclamée au bout d'une pique. Voilà ce qu'il nous faut : un esprit paresseusement colonisé sous couvert de modernité. Pour la dignité on verra demain ...

Tout ceci, bien sûr, en hommage à notre premier Président d'honneur, Léopold Sédar Senghor, ancien président du Sénégal, agrégé de grammaire, membre de l'Académie française, poète marié à une normande auquel quelque imbécile disait un jour : « y'a bon Banania ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 1 juin 2020

George Floyd, martyr du racisme

Ainsi, un homme jeune, noir, sans problème, est-il mort, asphyxié par un policier de Minneapolis. Un scandale qui révolte des milliers de ses concitoyens, noirs ou blancs, sinon le monde entier.

George Floyd était son nom. Il ne sera pas oublié car son calvaire « légal » a été filmé et fera date, à la différence de celui de nombreux noirs, lynchés dans le Sud des Etats-Unis, sans la moindre poursuite, même après la guerre de Sécession, même après l'abolition de l'esclavage. Un arbre, une corde et ce que bien des gens ne feraient pas subir à un animal était immédiatement exécuté, hors la loi ...

Mais cela vous étonnera-t-il dans un pays où les pères fondateurs : Washington, Jefferson possédaient des centaines d'esclaves ? Dans un pays où les indigènes, dits « peaux rouges » furent chassés de leurs terres, exterminés dans des conditions atroces. Leur tort ? Vivre dans leur domaine pluri-centenaire.

Malgré tout, l'intoxication publicitaire donna lieu à une légende filmographique : le mythe du Far West dans lequel le « blanc » incarnait le bien et la civilisation contre la sauvagerie autochtone.

Et c'est ce pays qui prétend aujourd'hui mener le monde, dicter sa loi à tous les peuples de la terre ; le seul pays où les armes soient en vente libre avant qu'elles ne soient déchargées par n'importe quel malade dans une école, une université ou un centre commercial, au prix de dizaines de morts innocents.

On dit que ce pays est une démocratie, l'exemple que tous les autres pays d'Europe, d'Afrique ou d'Asie doivent suivre, en commençant par la colonisation culturelle (pas de pub sans anglais ; pas d'Eurovision sans Français qui ne chante en anglais ; pas de France Inter sans matrage jour et nuit à base d'idoles anglo-saxonnes fabriquées de toutes pièces etc.). Tout affichage est «by, since ...».  Les pompes à fric préparent les esprits à la civilisation globale, donc « anglo-saxonne ». Même l'Union Européenne, que les Britanniques ont snobée, méprisée par le Brexit, continue à s'exprimer en anglais, alignée sur le seigneur et maître de Washington.

En élisant un mégalo-maniaque à la Maison Blanche - bien que minoritaire en voix - les Etats-Unis ont fait un choix : celui du pire. Et c'est ce choix déshonorant qui s'imposerait au reste du monde ? On hallucine.

Des élections se profilent avant la fin de l'année ? Si Trump est réélu grâce à sa propagande, à ses milliards de dollars, c'en est fini de l'équilibre planétaire. Il faudra alors entrer en résistance à l'échelle mondiale.

Après tout, comme lors des accords de Paris sur le climat (qu'il a quittés) l'UNESCO et l'OMS qu'il refuse de financer, le reste des peuples, des Etats peuvent se réunir et avancer sans ce pays devenu voyou.

Paix à l'âme de George Floyd. Il sera pour le futur l'un des nombreux martyrs de la cause des droits de l'Homme avec le pasteur Martin Luther King. Que leur sang n'ait pas été répandu en vain.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 25 mai 2020

« Heureux comme Dieu en France ? »

« Heureux comme Dieu en France » est un vieux dicton allemand que ce peuple n'a jamais oublié, au point de s'inviter souvent dans notre pays, botté et armé, de manière inopportune, sans y chercher Dieu.

Le temps a passé et, à l'initiative de Robert Schuman, comme il a été rappelé récemment, à l'occasion du soixante dixième de son appel à fonder une communauté européenne du charbon et de l'acier, la France, l'Allemagne et quatre autres pays (Italie, Pays-Bas, Belgique, Luxembourg) ont jeté les bases de la future Union Européenne.

Aujourd'hui, après moult épreuves, dont la dernière est celle de la pandémie du Covid 19, les pays de l'Union sont étreints par la peur du lendemain : des milliers de morts, une industrie à l'arrêt, des moyens de transports paralysés ... Comme dans la fable de La Fontaine « Les animaux malades de la peste » : « Ils n'en mourraient pas tous mais tous étaient frappés »

La France, pays de cocagne, le plus visité au monde pour ses attraits naturels, culturels voire gastronomiques est de plus le premier des 27 membres actuels à frôler la dépression et à s'autoflageller, selon son habitude.

Comme la chante Alain Souchon : « carrément méchant, jamais content ». « Heureux comme Dieu en France ». D'accord. Sauf que les Français ne le savent pas, toujours prêts à jouer, une nouvelle fois, au « chamboule-tout » avec leurs dirigeants (au plus bas selon les sondages) alors que ce fou de Boris Johnson, vecteur du Brexit, victime du coronavirus qu'il a négligé au point de le contracter lui-même et de provoquer bien plus de morts qu'en France est, lui en revanche, porté au pinacle par son opinion publique. Dans l'Hexagone, tout est prétexte à dénigrement, à la culture du pessimisme, à la division, même si la mobilisation extraordinaire des soignants (négligés il y a peu encore) a permis de limiter les dégâts. Quelques balbutiements initiaux, notamment sur les masques - des fautes imputables à plusieurs gouvernements successifs - ne valent tout de même pas la mort du pêcheur.

Ce que l'on pourrait appeler le « syndrome Louis XVI » est une constante dans ce pays : il faut résoudre les problèmes, soigner le mal, en coupant la tête du chef, victime expiatoire de tous les maux.

En 1793 physiquement ; désormais par la guillotine électorale, soigneusement huilée auparavant par des sondages « sur mesure » mais bientôt « en prêt-à-porter », en série.

Finies les élections, les sondages les remplacent. Vive le populisme ; à bas la « gueuse » et la démocratie républicaine démonétisée par les polémiques pour tout et pour rien. Les élus sont responsables et coupables. D'ailleurs on les traine devant la Cour de Justice de la République. Foin du Parlement pour contrôler selon la Constitution.

Les medias, évidemment, n'y sont pas pour rien qui se valorisent eux-mêmes en recherchant toujours ce qui est négatif dans tous les sujets abordés, tentant par-là de montrer qu'ils sont  « objectifs ». Ils font mine d'être « au-dessus » de la mêlée. Donc au-dessus des élus sans avoir, eux, à assumer la moindre part de responsabilité ; à rendre des comptes au peuple souverain. Seul le taux d'audience vaut.

Comme désormais ils sont omniprésents dans la vie de nos concitoyens, le résultat ne se fait pas attendre. Tous les cinq ans, on change de président de la République. Bon ou mauvais chef de l'Etat, le « dégagisme » est ... une constante. Aucun n'y échappe ou n'y échappera.

Durant la dernière guerre, la radio de la France libre dirigée par Schumann (Maurice) ne cessait de diffuser : « Radio Paris ment, Radio Paris est allemand ». Peut-être faudrait-il recréer une telle antenne pour à nouveau appeler à la résistance face au défaitisme ambiant, façon 1940. Et que son slogan permanent soit ... « Heureux comme Dieu en France » !

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 11 mai 2020

« L'Europe, l'Europe, l'Europe ... »

Ainsi s'exclamait le Président de Gaulle lors d'une conférence de presse célèbre, où on le pressait d'accélérer sa politique vers une Union Européenne renforcée. Ce qu'il traduisait en faisant quelques bonds sur son fauteuil. Chacun s'en souvient. Comme on se souvient qu'il avait refusé l'adhésion de la Grande Bretagne, suspectée d'être le loup dans la bergerie. Rétrospectivement, après le Brexit, qui oserait dire qu'il n'était pas prophétique ?

Aujourd'hui, l'heure est plutôt au rappel de l'appel de Robert Schumann, au nom du gouvernement français, de jeter les bases d'une union pour le charbon et l'acier, qui devait aboutir à la CECA (Communauté Européenne pour le charbon et l'acier). C'était il y a 70 ans ... après un colloque très discret, voire secret, tenu dans l'Est de la France par quelques responsables politiques catholiques européens soucieux d'effacer les séquelles de la guerre. Seul le journal Le Monde l'a rappelé dans un article peu suivi par les autres medias. Pas plus pour les origines du drapeau européen, bleu étoilé, repris de la représentation traditionnelle du voile marial. Il faut bien entretenir le mystère, ou l'ignorance.

Vient ensuite le débat sur les « racines chrétiennes de l'Europe ». Ah, là, ce n'était plus pareil ! Chacun put s'en donner à cœur joie et contester cette vision historique de la construction, européenne, jusqu'à la faire repousser. L'Europe était laïque, nom de Zeus ! Oublié non seulement les cathédrales, les monastères, le chemin de Saint Jacques de Compostelle, Charlemagne, Jeanne d'Arc... Mais oublié aussi Robert Schumann, qui dut changer trois fois de nationalité avant de poser la première pierre de l'Europe contemporaine ; oublié aussi les autres pères de l'Europe actuelle : les Konrad Adenauer, les Alcide de Gasperi, tous démocrates chrétiens ... D'ailleurs, rendez-vous devant la maison de Robert Schumann, rue de Verneuil à Paris. Vous n'y verrez qu'une plaque que les touristes ignorent superbement alors qu'en face, dans la même rue, la maison de Serge Gainsbourg est, elle, couverte de dédicaces louangeuses.

« Sic transit gloria mundi »

Il faut dire qu'entre temps, les socialistes s'étaient ralliés au panache bleu étoilé et, avec le zèle des néophytes, entendaient bien couper ces racines « chrétiennes » pour faire oublier leur absence initiale. Comment on réécrit l'Histoire ... Seul un Jacques Delors, militant syndical chrétien, initiateur d'une nouvelle société avec Jacques Chaban-Delmas rallié au Parti Socialiste d'Epinay avant de présider la Commission européenne, aurait pu rappeler les fondements du projet européen. Hélas, trois fois hélas, sa modestie l'empêcha même d'être candidat à la présidence de la République française.

Qu'à cela ne tienne, l'Histoire sera écrite pas d'autres, moins sectaires sans doute. Pour l'heure, il faut regarder vers l'avant et écrire l'Histoire de demain : brasser l'Europe du Nord et celle du Sud ; celle de l'Est et celle de l'Ouest ; exiger de la nouvelle présidente de la Commission Ursula von der Leyen et des fonctionnaires européens qu'ils cessent de s'exprimer en anglais puisque ce n'est la langue d'aucun des 27 membres ; rééquilibrer les rapports diplomatiques et économiques avec les Etats-Unis et la Chine. Bref, replacer l'Europe au centre du monde pour faire prévaloir sa philosophie démocratique, fondée sur le respect des droits de l'Homme. Et mieux encore, sur l'extension des droits de l'Homme, dont le premier à reconnaître serait le « droit à la paix » que la Chine, confucéenne plus que maoïste, ne pourra qu'accepter après un dialogue culturel approfondi. Ne serait-ce que pour éviter que le monde de demain soit uniforme, ne parlant qu'une seule langue : celle de l'impérialisme. Après tout l'Europe a été historiquement grande alors qu'elle parlait des dizaines de langues ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 4 mai 2020

France, prends garde

De la démocratie en Amérique


L'Edito du 27 avril 2020

Covid-19 : Pour une union des Fautqu'on-Yacca

Depuis le début de la crise pandémique la plus étrange de l'histoire de l'humanité, puisqu'à la différence de tous les autres fléaux précédents (peste noire, grippe soi- disant espagnole ...) les trois quarts de la population mondiale est plus ou moins confinée, les gouvernants de tous les pays cherchent dans le noir, avec une lanterne, la meilleure solution, pour le court terme déjà ; puis dans une perspective à long terme. Usines fermées, transports arrêtés, personnel soignant sur tous les fronts, comme dans les grandes guerres. Nul n'a vu venir le cataclysme. Et pourtant comme dans le fin fond de la Gaule, du temps d'Astérix et Obélix, il y en a qui ont de la potion magique ...

Les premiers fiers à bras ont été l'inénarrable Trump, toujours « sûr de lui et dominateur » ; le clown Boris Johnson, après avoir vaincu dans le Brexit ; le fringant Bolsonaro au Brésil, paradant après avoir fait emprisonner le populaire Lula ... sans compter l'arrogant Erdogan en Turquie et les barbus de Téhéran qui testent des satellites militaires, après l'accord de Vienne de 2015, plutôt que de combattre « coran-avirus ... » Du grand n'importe quoi qui fait douter, non seulement, de ces tristes individus mais d'abord des peuples qui les ont, peu ou prou, portés au pouvoir quand ils ne l'ont pas pris de force comme en Iran.

Ailleurs, les pays démocratiques plus sérieux tatonnent toujours à juste titre, comme en Suède, au Danemark, à Taïwan, en Corée du Sud, en Allemagne, en Italie, en Espagne avec plus ou moins de succès ...

La Chine, première atteinte, a, elle, réussi au moins provisoirement, par des méthodes radicales qui ne tiennent pas à son régime mais à sa culture confucéenne, trois fois millénaire, d'encadrement de son peuple dont on pourrait parfois s'inspirer si ce n'était la vieille arrogance occidentale qui se prétend supérieure ; maîtresse du monde.

Mais qu'en est-il en France, qui a joué au « Chamboule-tout » avec ses dirigeants depuis près d'un demi-siècle ?

En France, contre ceux qui ont conquis le pouvoir en 2017 après l'effondrement des partis traditionnels, il y a les « Fautqu'on » et les « Yacca », surgis de ce qu'ils croient être les décombres du pays, tandis que les dirigeants élus se démènent, comme partout, au mieux, soutenus par des soignants qui révèlent leur courage, les humbles éboueurs, les caissières et autres sans grades ... Alors ? Ce serait l'union nationale, ou presque ? Que nenni. Le peuple, le vrai, le seul, ce sont eux, ceux qui n'ont pas réussi à se faire élire et détiennent toujours la solution à tout.

Une partie d'entre eux clament partout, en ces temps nouveaux où les medias sont rois : « on avait prévenu, on vous l'avait bien dit » parce que « nul n'est prophète en son pays ». Heureusement pour eux, le ridicule ne tue plus depuis longtemps.

Il y en a d'autres, plus modestes, qui avancent leurs solutions, toutes préparées à l'avance : on verrouille les frontières, on éjecte les étrangers, on distribue des millions de masques (qu'ils n'avaient pas songé à commander à l'avance). Pour certains, le Président, le Premier Ministre parlent trop. Pour d'autres pas assez. L'essentiel est de jouer les mouches du coche ; de se montrer le plus souvent possible en recours, comme Pétain en 40.

Extrême droite ? Extrême gauche ? tout naturellement. Mais aussi la bonne vieille droite qui a tout fait auparavant pour réduire notre système de santé. Même le MEDEF, l'organisation patronale s'en mêle, n'oubliant jamais les profits dont elle est la gardienne suprême.

Haro sur le baudet ! comme l'âne succombant sous trop de poids, chanté par Brassens, sur un poème de Francis James.

« I have a dream » clamait le pasteur Martin Luther king. « I have a dream » ...

Il faut donc qu'ils continuent leur travail de sape quand la population française se serre les coudes. Cela ne marche pas trop mal, après tout, puisque la côte de confiance à l'Exécutif s'étiole.

« Macron démission ». Vite, un gouvernement de salut public sur les ruines de la nation. Le Pen - Mélenchon, même combat ! Et la France est sauvée. Même le modéré Bruno Retailleau, depuis les ors du Sénat, y va de son couplet, en parallèle avec ces syndicats « constructifs » que sont la CGT version Martinez, FO et Sud ...

Mais le PS direz-vous ? Le PS ? Il fronde, en lisière, plus occupé à gérer ses propres ruines, oublieux de la gestion calamiteuse de Marisol Touraine. Olivier Faure distille ses petites phrases qui veulent tout dire et rien dire. Le gris est à la mode ... La formule est connue depuis longtemps : « A défaut d'être à l'origine de la victoire future, faisons semblant d'en être les inspirateurs ». Le grand Charles aurait dit, lui : « il fait sa petite soupe sur son petit feu ».

En définitive, si Emmanuel Macron était ce que ces bonnes âmes en disent, il leur donnerait satisfaction. Il démissionnerait. Après tout, à quarante ans, il a des années devant lui pour profiter de ses titres universitaires, de sa carrière professionnelle puis politique. Aidons-le avec les fautqu'on-yacca à lui savonner la planche. Cherchons, dans toutes les mesures que lui et son équipe prennent (en expérimentant au jour le jour), où est la faille, le défaut. S'ils disent blanc, il faut dire noir. S'ils disent noir il faut dire blanc. Harcelons les nuit et jour. On devient ainsi ce que les medias appellent 'un bon client ». « Vanitas vanitatis ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 20 avril 2020

La sécurité sanitaire n'est pas l'arbitraire

La France, comme de multiples pays au monde, est en confinement et nul ne saurait le reprocher à ses gouvernants. Il ne faut cependant pas que les mesures décidées fort opportunément d'en haut deviennent une punition à géométrie variable selon le lieu et l'heure. Car les « Gaulois réfractaires » ne sont pas devenus pour autant des enfants qui tombent sous le coup de l'arbitraire policier ou gendarmesque.

Que l'on sache, l'article 16 de la Constitution n'a pas été mis en œuvre et l'état de Droit demeure la règle, même s'il va falloir faire rentrer beaucoup d'argent. Le pays de droits de l'Homme reste celui de la résistance à l'oppression.

Ainsi, qu'une infirmière travaillant dans un hôpital à la frontière suisse soit verbalisée lorsqu'elle revient de remplir une tâche que les Français applaudissent tous les soirs parce qu'elle a oublié son attestation réglementaire, est minable et n'honore pas les forces de l'ordre.

Qu'un homme muni d'une autorisation officielle soit arrêté à l'entrée de l'île de Ré après avoir parcouru 300 kilomètres pour rendre visite à son père nonagénaire mourant dans sa maison est abject.

Quand deux promeneurs solitaires se promènent dans les marais, sans interdiction à l'entrée, munis de leurs « ausweis » (comme dit Daniel Cohn-Bendit) mais trouvent une barrière à la sortie ... et un policier municipal qui verbalise - sans avertissement - l'un et pas l'autre, sans doute au nom de l'égalité, c'est du délire. D'autant que dans ces lieux encore naturels, il n'y a pas âme qui vive, sinon quelques oiseaux en quête de subsistance. La hiérarchie municipale, saisie, couvre lâchement son policier qui risquait d'être bredouille, trois minutes avant de rentrer chez lui pour déjeuner.

Autre cas ? Muni de l'autorisation de sortie d'une heure pour retirer de l'argent liquide et acheter un quotidien, des gendarmes, expédiés en renfort dans une région maritime sans coronavirus, se permettent de verbaliser, séance tenante, quand leurs collègues, la veille, dans des circonstances rigoureusement identiques, se contentent de contrôler les identités avec bienveillance, voire plaisantent avec les « délinquants » présumés.

L'absurdité, c'est que, dans le même temps, à Paris (entre autres) des centaines de personnes se côtoient dans le 18e, le 19e arrondissement, rue Montorgueil ou rue Mouffetard, sans la moindre sanction alors que le nombre de contaminés explose et que l'on affrète des TGV pour transférer, ailleurs dans l'Hexagone, les victimes de la pandémie. Cherchez l'erreur ...

Reste que vous pouvez cependant refuser de payer en écrivant à un « officier du ministère public » basé à plus de 400 kilomètres qui, à son tour, tranchera, sans rien connaître des circonstances et des lieux. Encore « le bon plaisir », l'arbitraire d'avant 1789. Et, naturellement, la balance penchera, quasi automatiquement, vers la « punition ». Ah, mais alors ! On est tous égaux quoique certains sont plus égaux que d'autres. Question de chance, non de Droit. D'ailleurs qu'est-ce que la Justice a à voir désormais dans ce pays puisqu'en outre, les tribunaux sont fermés depuis des semaines pour le commun des mortels.

Comme il y a encore quelques décennies, quand les Français ignoraient tout du Droit, il faut  « avoir peur du gendarme ». C'est lui le maître absolu.

Brassens, au secours, ils sont devenus fous ... fous de pouvoir et d'abus de pouvoir. Gare aux gorilles comme tu chantais, cher Georges.

En France, on n'a pas de masques, de gants, de gels hydroalcooliques mais on a des gendarmes, nom de Zeus ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 13 avril 2020

Un monde plus petit

Le coronavirus est passé par là, se rajoutant à l'impasse environnementale qui s'est approfondie depuis deux décennies pour rendre la planète terre de moins en moins vivable.

Aujourd'hui le monde est à l'arrêt et sa relance - car il y en aura une - est pour le moins incertaine, dans le temps comme dans la forme, d'autant que, pour l'heure aucun dirigeant ne s'est levé et élevé pour tracer la route du futur. On marche donc à tâtons.

Ce que l'on sait par contre, c'est qu'il faut mettre hors d'état de nuire le plus rapidement possible les responsables malfaisants comme Trump, Johnson, Bolsonaro, voire la clique des barbus islamiques de Téhéran, qui ont embrasé le Proche Orient par leur fanatisme.

Bref, il faut remettre un monde rabougri, dans une impasse morale et matérielle sur ses pieds puisqu'il ne « tourne plus rond », si l'on ose dire...

Des sages comme le pape François, l'ancien Prix Nobel de la paix Adolfo Perez Esquivel, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres ont lancé des appels en ce sens en réclamant le       « droit à la paix », ce droit de l'Homme fondamental jamais reconnu. Et à fortiori jamais mis en œuvre. Bien au contraire, on voit le président des Etats-Unis surenchérir dans l'indécence. Après avoir dénoncé l'accord sur le climat, s'être retiré des accords de Vienne sur le nucléaire militaire iranien, ce nuisible dénonce l'Organisation Mondiale de la Santé en refusant d'y acquitter sa quote-part quand le coronavirus ravage son pays.

« Au pays des aveugles, les borgnes sont rois » dit-on. Alors, qu'au plus vite, Européens, Chinois, Russes ... même sans responsables charismatiques mettent sur pied la conférence internationale qui sera chargée, au moins, de tenter de parer au retour d'une nouvelle pandémie ; relancer le commerce mondial sur des bases moins déséquilibrées que durant la globalisation qui vient de marquer un temps d'arrêt ; sauvegarder l'environnement dans la durée...

Il est banal désormais de dire qu'il y aura « un avant et un après ». Encore faudrait-il poser cartes sur table pour, rationnellement, expérience faite, tracer les voies du futur sans attendre le feu vert des Etats-Unis qui se sont si souvent fourvoyés depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 6 avril 2020

Union nationale sur l'impôt sur la fortune 

Le monde, l'Europe, la France traversent une crise sanitaire qui débouchera sur une crise économique majeure, laquelle va accélérer encore la menace climatique en cours.Tous les prophètes de malheurs, les « collapsologues », les millénaristes et autres Cassandre au petit pied sont aux aguets pour clamer à tout va « on vous l'avait bien dit » ... preuve de leur intelligence auto-proclamée.

Certes, la mondialisation, la financiarisation, le libéralisme, le développement de l'économie artificielle sont une réalité incontournable dans cette triste perspective où les fils de pub, avec leur matraquage quotidien en anglais (ou plutôt en américain) ont leur part de responsabilité sans que qui que ce soit parmi les responsables politiques ne songe un seul instant à condamner cette autre pollution qui va de pair avec les pollutions dénoncées par les gentils écolos (pesticides, déforestations, appels téléphoniques abusifs etc.)

Il serait temps donc d'ouvrir le chantier de la résistance planétaire, si l'on ne veut pas aller à tombeau ouvert jusqu'à l'apocalypse en attendant le retour du coronavirus sous une forme ou sous une autre, qui, cette fois risque d'être fatale.

Mais avant que ne s'ouvre la nécessaire conférence mondiale sur un rééquilibrage des rapports internationaux, avec ou sans les Etats-Unis et leur cinquante deuxième Etat, le Royaume Uni (dont on espère que l'Ecosse, le pays de Galles et l'Irlande du Nord se seront détachés pour rejoindre l'Europe) soyons pragmatiques. Pour l'heure, dans chaque pays - et en France en particulier - il faut remettre l'économie sur pied car le redressement en cours a périclité. On doit le faire avec courage, efficacité mais, cette fois, avec un sens aigu de la justice sociale. Rappelons que la dette de la France a désormais dépassé une année de PIB (produit intérieur brut).

Plusieurs mesures ont déjà été prises, ou vont l'être (peut-être) : interdiction des dividendes au profit des actionnaires ; plan d'urgence de la BCE (Banque centrale européenne) malgré les réticences de l'Allemagne et des Pays-Bas, pourtant membres fondateurs de la future Union Européenne ; suspension des règles budgétaires orthodoxes - déficit à moins de 3% ; création de « coronabonds » ... Mais est-ce suffisant au regard de l'enjeu qui est de relancer le pôle européen pour qu'il soit en capacité de dialoguer avec une Chine requinquée quand les Etats- Unis, eux, conduits à leur perte par la politique absurde de Trump, vont se retrouver affaiblis ?

On doit songer, d'ores et déjà, au rééquilibrage politique et économique mondial après que le monde eut mis trop longtemps « tous ses œufs dans le même panier » : une mondialisation ultra-libérale où l'on fait fi des plus pauvres, de l'environnement, du réchauffement climatique. Non pour suivre les délires souverainistes de Le Pen, Salvini et consorts, mais pour un ordre économique et social juste ; porteur d'avenir après être sorti de l'impasse de ces quarante dernières années.

En France, la brève expérience macroniste elle-même a atteint ses limites et suscité la révolte : gilets jaunes, grèves à répétition ... Faire « ami - ami » avec Trump n'a conduit qu'à l'échec. La suppression de l'impôt sur la fortune ; la politique aveugle de Buzyn en matière de santé ont provoqué une fracture sociale sans précédent, dont le pays aura du mal à se remettre, quoique le «vieux pays, recru d'épreuves » cher à De Gaulle en ait connu d'autres...

Le premier objectif est dès lors de rééquilibrer la politique internationale de la France et de l'Europe (si elle suit) après le Brexit. Tant sur le plan politique, économique qu'environnemental (en y incluant, selon nous, le pluralisme culturel)

Foin de l'hégémonisme des Etats-Unis, qui, rappelons-le, ont soutenu Pétain, puis Giraud durant la guerre, et pas même averti l'homme du 18 juin du débarquement en Afrique du Nord et en Normandie (dans le même temps où la Chine, elle-même envahie par le Japon, luttait pour recouvrer son indépendance nationale).

Sans doute la France n'est-elle pas la Chine mais nos deux nations ont connu la même catastrophe, à cause du fascisme, avant de se retrouver au Conseil de Sécurité des Nations Unies, chacune dotée de l'arme nucléaire. Et que nul n'oublie que la Chine est confucéenne avant d'être maoïste : équilibre, sagesse, primum des concours ... comme la France de la IIIe République!

Le second objectif, comme pendant la première guerre mondiale (et après la seconde guerre) est de rétablir les grands équilibres économiques et sociaux. Le Président Macron l'a dit : « il y aura un avant et un après le covid-19 ». Alors chiche !

Durant la première guerre, un vaste emprunt national avait été lancé, qui a permis de vaincre l'adversité qui menaçait notre indépendance et nos libertés. Pourquoi ne pas y songer maintenant alors que les comptes d'épargne des Français débordent ... à un taux zéro.

Puis, bien plus tard, vint la CSG et l'impôt sur la fortune qu'un Président novice s'est empressé de supprimer, troublant de ce fait une majorité pleine d'espoirs ...

Depuis, même dans ses rangs, les élus ont trainé les pieds. C'est donc l'occasion unique, l'occasion rêvée, de prolonger l'union nationale initiée par la pandémie sans se soucier du « qu'en dira-t-on » outre Atlantique où le chômage suit la courbe des morts du virus, sans qu'une Sécurité sociale vienne au secours des rescapés ; où Boeing plonge par manque de sérieux technique quand Airbus poursuit son ascension historique.

Aux parlementaires, de droite gaullienne jusqu'aux pseudo insoumis en passant par les socialistes (ou ce qu'il en reste, momentanément), les écologistes, voire les macronistes sincères, d'en prendre l'initiative et de voter, haut les cœurs, le rétablissement de l'impôt sur la fortune. Un impôt mieux réparti que le premier. Un impôt de solidarité qui permettra au jeune ministre de la santé Olivier Véran, issu du PS, de rétablir notre système de santé, de Sécurité sociale tel que le Conseil national de la Résistance l'avait voulu - depuis les démocrates chrétiens (MRP) jusqu'aux communistes en passant par la vieille SFIO.

Il ne suffit pas d'acclamer tous les soirs les soignants, de dire qu'il y avait du vrai dans la révolte des gilets jaunes ... Encore faut en tirer les conséquences.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 30 mars 2020

Covid-19 : sortir de la pandémie et après ?

Les pouvoirs publics, tous les agents des services de santé sont sur le pont pour combattre le fléau qui s'est abattu sur deux tiers des pays du monde, avec les inégalités habituelles selon que l'on est africain, asiatique, européen ou américain. Le covid-19 résume à lui seul une situation qui, elle-même, est le fruit de décennies, voire de siècles de modes d'exploitation totalement différents. Ceci n'est qu'un constat. Mais lorsqu'on a dit cela, on n'a rien dit ...

Pour la première fois dans l'épopée humaine, après les stupides guerres armées, voici l'ennemi invisible, que nul n'arrive à cerner et donc à abattre. Nous assistons impuissants au relevé quotidien du nombre de morts, même si 98% des personnes atteintes en réchappent. Les  « responsables » politiques, qui daubaient à propos des risques encourus par leur population (Trump, Boris Johnson, Bolsonaro ...) ont enfin enclenché la marche arrière.

Il était temps, mais nul ne devra oublier ultérieurement leur irresponsabilité dans le futur. En effet, il y aura un avant et un après.

En premier lieu sur le plan médical : comment se prémunir à l'avance contre ce virus ou n'importe quel autre qui surgirait aussi soudainement.

En second lieu sur le plan économique. Car toutes les industries, le commerce, les transports du monde sont à l'arrêt. Bientôt, ce sera l'agriculture, elle-même, celle qui nous nourrit, avec les risques de famine que cela implique demain.

La menace est désormais à nos portes et si dans l'année, le monde réussit à surmonter cette épreuve aux airs de catastrophe planétaire, les dirigeants des deux cents Etats des Nations Unies n'en auront pas fini pour autant.

C'est donc aux plus responsables de prendre les initiatives qui s'imposent puisque rien ne dit que le coronavirus, comme la grippe saisonnière, ne reviendra pas hanter le monde dans un, deux ou trois ans. Et si ce n'est ce virus, ce sera peut-être un autre ...

Dès lors, sur le plan de la santé, une vigilance scientifique mondiale nouvelle s'impose.

En parallèle, le monde pourrait-il, tous les deux ou dix ans, se permettre d'être à l'arrêt technique complet comme aujourd'hui ?

Là sont les deux questions essentielles auxquelles les Etats doivent sinon répondre, du moins se préparer avec gravité, ambition.

Il est à prévoir que les arrogants anglo-saxons (qui défient le monde, quittent l'Europe), prétendront une fois encore, être au-dessus de tous les peuples de la terre. Va-t-on alors renoncer ; se coucher devant quelques dirigeants immatures dont la superbe nous conduit vers un effondrement mondial prématuré ?

La planète est dorénavant au pied du mur. Qu'importe leur dérisoire veto. La résistance doit être préparée et non improvisée. Ils suivront, de gré ou de force.

La mondialisation est un fait sur lequel on ne pourra pas revenir, qu'on la considère comme un bienfait ou comme une machine infernale.

En conséquence à l'Europe et à la Chine, parmi les trois premières puissances économiques, technologiques, scientifiques du monde de prendre l'initiative d'une conférence permanente sur les deux questions essentielles que sont la santé et l'économie. L'une et l'autre sont des vieilles civilisations, dotées d'une grande sagesse. La première chrétienne, la seconde confucéenne. Ce ne sont pas des pays belliqueux. Si les Etatsuniens, qui se sont précipités dans les armureries ... pour combattre le virus et sont, au XXIe siècle, dépourvus de sécurité sociale, regimbent, passons outre. Ce ne sont plus eux les maîtres du monde. Achevons la restauration des antiques routes de la soie. Et si beaucoup de pays européens traînent les pieds, que la France seule aille de l'avant avec l'empire du Milieu, l'antique Cathay.

Qui disait « attendre est un crime » ? On jugera l'actuelle génération de gouvernants à son caractère, à sa volonté, à son intelligence. A condition que le temps nous en soit encore donné.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 26 mars 2020

La première guerre mondiale pandémique ?

Après deux guerres mondiales armées, voici la première guerre mondiale dont l'ennemi, qui plus est invisible, est donc plus difficile à combattre. Comme dans une guerre électronique.

Certes, il y eut par le passé d'autres épidémies : peste, grippe dite espagnole, choléra ... mais toujours localisées. Jamais mondiales. Comme si les prophètes de malheur, qui annoncent régulièrement la fin du monde « humain », les « collapsologues » avaient raison ... Voilà pourquoi les plus extrémistes d'entre eux se réfugient loin des villes, stockent les denrées, prévoient leur autonomie en eau. Mais alors, est-ce vivre que de survivre dans un bunker, quand la vie culturelle, humaine aura disparu alentour, si ils ont raison ?

Il faut être lucide et réaliste ; sans naïveté. La guerre armée, mondiale, après la mondialisation du transport, des communications, du commerce n'est plus, en principe, une menace (expérience faite depuis des années). Sauf contre l'islamisme fanatique, totalitaire qui est l'ennemi, la menace en Europe, en Amérique du Nord, en Inde, en Chine ... Son dernier front est au Sahel où il sème la zizanie entre animistes, chrétiens et musulmans à coup de massacres de civils. La France y est engagée ... comme la Russie en Syrie (!) derrière l'odieux Bachar El Assad. Entre deux maux, il faut choisir le moindre, dit-on. Bonne chance donc à ceux qui demandent le retrait de nos troupes. Si la France cède, ils devront assumer la catastrophe ...

En définitive, hormis l'islamisme (dont l'Iran chiite n'est qu'un rameau dangereux) ne reste comme menace que la Corée du Nord du jeune mégalo Kim qui serait vite neutralisé si la Chine coopérait avec les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud.

Quand Trump sera jeté aux oubliettes, la communauté internationale pourra avancer de nouveau vers la réalisation du « droit à la paix » que NDH réclame par réalisme, et non par un idéalisme idiot. Car la Chine, elle, n'a jamais été une puissance agressive : qu'elle se réclame de Confucius ou de Mao, elle est pacifique dans l'âme, même si ce n'est pas une démocratie à l'occidentale. L'empereur lui-même avait mis fin aux missions de découvertes maritimes du grand marin Zheng He, au quinzième siècle lorsque le danger mongol se fit sentir au Nord.

Dès lors, après le triste spectacle du coronavirus qui paralyse toutes les économies du monde, il ne faut pas laisser le champ ouvert à une nouvelle, voire à une troisième ou une quatrième pandémie si, comme la grippe, le mal devenait récurrent.

Quand le fléau actuel sera résorbé, Trump ou pas Trump, chaque pays dont la France, l'Europe, la Chine doivent se concerter après avoir tiré en interne toutes les conséquences de leur impréparation afin de prévenir le retour d'une telle catastrophe. Il faut désormais guetter le futur ennemi invisible sans attendre qu'il ait frappé. D'autant, ne soyons pas niais, que si aucun pays n'est soupçonné d'avoir propagé à des fins suprémacistes le coronavirus, rien ne dit qu'un jour prochain, un dictateur fou ne sera pas à son origine. Une guerre bactériologique que certains ont déjà imaginée. Après tout, les attaques au gaz des Allemands durent la première guerre mondiale, le napalm au Viet Nam, les armes chimiques de Saddam Hussein contre les Kurdes et de Bachar El Assad contre son peuple en sont les prémices.

Conclusion : ne préparons pas la dernière guerre (sans cependant l'oublier) mais préparons, au niveau international, les guerres du futur en tirant les leçons de l'affaire du coronavirus. A la France - seule si les 27 Européens trainent les pieds - à la Chine d'en prendre l'initiative. Car ce sont les deux pays qui ont été envahis, humiliés durant la dernière guerre mondiale et qui sont membres du Conseil de Sécurité de l'ONU.

Le président Macron, qui a dit « qu'il y aurait un avant et un après » doit aller de l'avant avec l'appui de ses prédécesseurs. Comme de Gaulle entre les deux guerres mondiales avait anticipé la guerre mécanique. Le vainqueur de Verdun en 1917 avait tort en 1940 car il n'avait rien vu venir.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 16 mars 2020

Coronavirus : la première guerre mondiale sans armes

On se croirait en 1940 ou en 1914. Chaque pays se replie sur lui-même, à l'abri, soi-disant, derrière ses frontières, attendant que l'ennemi, cette fois invisible, arrive. Les autorités fourbissent leurs armes non létales : masques, médicaments, lits ... Les responsables politiques, enfin, communient dans l'union nationale, une union sacrée dans laquelle la tête de l'Exécutif est écoutée avec attention alors que, quelques semaines auparavant, sa parole était dévalorisée. Branle-bas de combat derrière une ligne Maginot, réelle ou supposée que, seule Marine Le Pen, stratège, voit comme étant capable d'arrêter l'ennemi Coronavirus qui progresse, à l'instar du nuage de Tchernobyl (lequel, chacun le sait, s'est arrêté à la frontière française, juste avant de franchir le Rhin).

Sans doute, diront certains. Mais il y avait eu dans les siècles passés la peste, la grippe dite espagnole (plus de dix millions de morts en 1920). Sauf que ces fléaux précédents n'étaient pas attendus. Les peuples les subissaient. Pas de place alors pour l'attente, le doute, la psychose.

Avec le Coronavirus le monde se retrouve dans la même situation que durant la  « drôle de guerre » de septembre 39 à mai 40. Les « médecins politiques » vont-ils trouver la formule magique pour apaiser le monstre nazi ? En cas d'échec, le mal va-t-il arriver par l'Est ou par le Nord ? En attendant, enfermons-nous chez nous, faisons des provisions et écoutons la radio : la BBC ou radio Paris ? Que personne ne bouge : fini les spectacles, les sports, les restaurants. Fermons les écoles, réduisons les transports aériens ou ferroviaires...

Jusqu'à quand ? Comme dans les guerres armées, nul ne le sait. Mais c'est cependant l'occasion de compter ses amis, ses alliés. C'est ainsi que le raciste Trump a fermé brutalement la porte des Etats-Unis aux Européens (à l'exception des Britaniques - mais sont -ils encore « Européens » après le Brexit ?)

La Chine, première victime du monstre Coronavirus, en revanche, vole au secours de la belle Italie en lui envoyant du matériel protecteur, quand les Etats européens claquent des dents derrière leurs frontières. En souvenir de Matteo Ricci ? Ce jésuite italien célèbre pour avoir dialogué avec l'empereur d'égal à égal avant que les Européens puis les Japonais colonisent, dépecent le pays ? En souvenir des routes de la soie que « Cathay » veut aujourd'hui restaurer ?

En tous les cas saluons ce geste humanitaire, diamétralement opposé à la politique américaine «  America first » et préparons un rééquilibrage des rapports internationaux. Car peut-être que, dans un futur (pas si lointain que cela) n'y aura il plus de guerres traditionnelles ; que tous les armements classiques devront être ferraillés. Parce que le « droit à la paix » dont NDH réclame la reconnaissance, depuis cinquante ans, sera reconnu et appliqué ? Ne soyons pas naïfs... Mais il faut y songer toutefois et commencer à faire basculer une partie du budget « défense » vers le budget « santé », même si la France, l'Europe n'est pas comme ces Etats-Unis, dont rêvent les idiots, qui n'ont pas de sécurité sociale (pourtant voulue par Obama) et dont le test de dépistage du Coronavirus coûte 3000 €uros, entièrement à la charge de chacun. Et, donc de fait, des plus fortunés. Mais commençons déjà par le rapatriement de la fabrique des médicaments essentiels, à notre indépendance médicale.

Conclusion provisoire : gardons les yeux ouverts face à la menace nouvelle ; que les penseurs de toutes obédiences réfléchissent aux formes des guerres du futur. C'est sans doute cela le «  monde nouveau » : identique au monde ancien mais plus secret, invisible, intellectuel ...

Si Marine Le Pen était, par malheur, élue, un jour, à la tête de la France, peut-être serait-on par contre, alors, sauvés, car, d'un coup de menton mussolinien, elle ferait de la France un bunker et commanderait au Coronavirus nouveau de reculer ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 9 mars 2020

La résurrection de la Cour Pénale Internationale

L'idée de punir les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité est une idée récente dans l'histoire du monde. Elle avait affleuré en 1918, à la fin de la première guerre mondiale pour juger Guillaume II, l'empereur d'Allemagne lorsque celui-ci s'enfuit aux Pays-Bas, échappant à toute condamnation.

En 1945, ce projet de jugement des crimes « politiques » revint en force pour aboutir aux tribunaux de Nuremberg et de Tokyo qui expédièrent à la potence quelques gros poissons des régimes militaires allemand et japonais. Puis ces instances de jugement éphémères disparurent, mission accomplie.

Car la « vieille » Cour Internationale de Justice, qui siège à La Haye depuis le début du XXe siècle n'a pas la même vocation. Elle vise, après la guerre de 1914-1918 à régler pacifiquement et juridiquement les différends entre Etats. Donc elle n'a aucun pouvoir au plan pénal mais aurait cependant pu, comme NDH l'avait tenté avec Roland Dumas ancien ministre des Affaires étrangères, avant l'invasion de l'Irak, faire condamner juridiquement et moralement les Etats-Unis puisque Hans Blix, représentant les Nations Unies n'avait découvert aucune arme de destruction massive sur le sol irakien. Même purement morale, cette condamnation aurait compté pour l'Histoire.

Ce n'est donc que bien plus tard, à l'exception des tribunaux spéciaux pour l'ex Yougoslavie, le Rwanda et la Sierra Léone, en 1998, à Rome, qu'un tribunal pénal international fut conçu à nouveau, et en permanence, par un traité que chacun des Etats membres doit ratifier, ce qui est un processus lent. D'autant que certains pays et non des moindres s'y opposent farouchement, estimant être au-dessus des lois communes à l'humanité.

A ce jour, sur près de 200 Etats, seule une centaine l'ont ratifié et reconnaissent sa compétence.

Toutefois, cette la Cour Pénale Internationale (CPI, qui siège à La Haye comme le CIJ) peut cependant enquêter, voire condamner des pays qui ne la reconnaissent pas, ce qui est aujourd'hui, potentiellement, le cas pour les Etats-Unis pour leurs crimes durant leurs dix-huit années de présence armée en Afghanistan. Idem, d'ailleurs pour les Talibans et Al-Qaida qui ne sont eux-mêmes pas exempts de crimes...

Pendant longtemps la CPI, avec à sa tête le procureur Luis Moreno Ocampo était restée silencieuse. Toute autre est l'action conduite par l'actuelle procureur Fatou Bensouda, qui n'est pas de nature à s'en laisser conter et instruit à marche forcée sur les tortures des troupes américaines et de la CIA, autorisées par George Bush fils, notamment dans la trop célèbre prison de Bagram, mais aussi dans ses lieux de détentions secrets de Roumanie et de Pologne.

Aussitôt, l'administration Trump, (en accord avec les démocrates) a dénoncé, insulté la procureure à laquelle son titre d'accès diplomatique aux Etats-Unis a été immédiatement retiré. Mais sans doute en faut-il plus pour dissuader cette courageuse femme dont le Droit est la règle de vie

La grande leçon (et le grand paradoxe de ce dernier soubresaut) c'est de constater que l'impérialisme américain atteint actuellement des sommets puisque, dans le même temps où le secrétaire d'Etat Mike Pompeo qualifie la CPI « d'Institution politique irresponsable se faisant passer pour un organisme juridique », la Justice nationale américaine, elle, considère que ses propres jugements sont applicables sur toute la terre, ce qui permet au Trésor américain de récupérer les dizaines de milliards de dollars d'amende qu'elle inflige à des sociétés étrangères.

On attend le de Gaulle qui va dénoncer publiquement ce comportement voyou au lieu de raser les murs, comme le font les Européens. Qu'on le leur dise enfin, haut et fort : le monde n'est pas leur Far West.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 2 mars 2020

 L'islam et le boomrang

Les ouvrages se sont multipliés ces dernières décennies et surtout ces dernières années sur l'islam. Longtemps, ce furent des livres quasi scientifiques, non polémiques, comme l'œuvre de Massignon. Puis, plus récemment, avec la vague terroriste, l'immigration de populations musulmanes, nombre de livres furent essentiellement critiques vis-à-vis de l'islam vu, non plus comme une religion, une culture, mais comme un mal absolu, une idéologie qui, à l'instar de projets politiques totalitaires : le communisme ou le fascisme gangrènent la démocratie qu'ils visent à éliminer dans un monde voué, normalement, depuis le XVIIIe siècle au développement des Lumières.

Ne refaisons pas l'Histoire. L'Europe, la première, a craint pour ses valeurs, son modèle de société, dont le tournant millénaire s'est inscrit dans la Déclaration des droits de l'Homme puis s'est ensuite poursuivi dans les droits économiques et sociaux, l'égalité femmes-hommes, la laïcité etc. tandis que les pays musulmans, eux, continuaient à cultiver leur philosophie populaire voire populiste: rejet de la démocratie, interdiction de se convertir à une autre religion, enfermement de la femme etc. : le grand écart avec l'Occident et une montée de l'intolérance au sens où Saint Just, ce révolutionnaire laïque, proclamait « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ... »

Ce que nos nombreux analystes ne disent pas cependant, c'est que le rejet, plus ou moins grand, de l'islam n'est pas qu'un phénomène européen ou occidental. Il est désormais mondial. Et il n'est pas fondé sur sa négation de la démocratie puisque nombre de pays, de sociétés, qui le rejettent comme un obscurantisme, ne sont pas eux-mêmes des modèles de libertés, ou de religion chrétienne.

Ainsi, aujourd'hui, les deux pays les plus peuplés du monde, tous deux asiatiques (la Chine et l'Inde) ne tolèrent qu'à peine l'islam, perçu comme un corps étranger qu'il faut réduire, voire éliminer. A fortiori parce qu'il n'incarne pas, non plus, la modernité technologique des pays occidentaux.

En Chine, au Xinjiang, à l'Ouest de cet immense pays, les Ouïgours font l'objet d'une surveillance accrue, doublée souvent d'une rééducation sévère. D'aucuns parlent de « sinisation » forcée. Surtout après, comme en Occident, que des actions terroristes islamiques eussent été commises dans des lieux publics de l'empire du Milieu.

En Inde, après la partition d'avec le Pakistan, puis du Bengladesh, dont on pouvait penser qu'elles auraient calmé les tensions entre communautés, la politique du Premier ministre Narendra Modi, qui exclut l'acquisition de la nationalité indienne par des musulmans, a remis le feu aux poudres, provoquant des dizaines de morts, il y a peu.

Reste alors l'Afrique qui, seule, en adaptant l'islam à ses coutumes avait réussi une cohabitation entre diverses religions. Elle était une belle réussite comme le Sénégal, le Burkina Faso l'ont montré. Mais pour combien de temps ? Car régulièrement, depuis quelques années, les islamistes de toutes obédiences attaquent les églises, les écoles, les marchés. Au Nigéria, Boko Haram enlève les jeunes filles pour les convertir de force et les marier à la manière des islamistes du Proche Orient (quels que soient leur groupe) qui vendaient à vils prix les jeunes non musulmanes capturées.

Autre facteur majeur des troubles anti-musulmans dans ce rejet planétaire : l'Iran, depuis sa révolution fanatique de 1979. Toujours avec cette obsession dans les gènes depuis Mahomet : conquérir, imposer par la force. Un totalitarisme stalinien appliqué à la religion.

On pourrait disserter à l'infini à travers les siècles et l'espace pour compléter le tableau de ce rejet mondial (depuis les banlieues françaises jusqu'aux règlements de compte au Sri Lanka). On pourrait aussi dénoncer la folie d'Erdogan, en Turquie qui, reniant Ataturk, s'ingère grossièrement en Afrique (Libye, Guinée ...) au nom de l'islam, en s'attaquant à l'intégrité territoriale de la Syrie, tout en continuant à occuper une partie de Chypre depuis trois décennies.

Laissons cela aux spécialistes bien qu'ils soient souvent myopes et ne voient pas l'effet boomerang qui se propage d'Est en Ouest, du Nord au Sud. Mais peut-être sont-ils eux-mêmes terrorisés à l'idée d'en faire le constat objectif. Serait-ce l'effet « Charlie » ?

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 24 février 2020

Iran : une victoire à la Pyrrhus

Les élections législatives du 21 février 2020 en Iran sont révélatrices d'une dictature le dos au mur depuis plusieurs années mais qui peut se maintenir sans discontinuer depuis 1979 par une répression aveugle : tortures, exécutions sommaires, emprisonnements incontrôlés, mise en tutelle des femmes, expansion impérialiste dans les pays voisins (Irak, Syrie, Liban), attaque d'avions civils ...

Les manifestations de masse contre un régime économiquement aux abois, en novembre 2019 ; la fuite vers l'étranger d'une jeunesse sans avenir ; l'action de la Resistance, (qui a révélé la préparation, en secret d'un armement nucléaire destiné à exercer un chantage en direction des pays voisins et d'Israël en particulier) sont la preuve de la fragilisation d'un régime qui ne se maintient que par la politique agressive du Président américain Trump, lequel provoque un réflexe populaire nationaliste autour d'un guide - que l'on appelait au début du XXe siècle, en Europe, duce ou führer.

En n'obtenant officiellement la mobilisation que de 40% de votants pour les élections législatives, après avoir éliminé auparavant les candidats de son camp soi-disant « libéraux », on peut donc parler de « victoire à la Pyrrhus ». Encore un « succès » comme celui du 21 février et les mollahs devront trouver le salut dans la fuite. Sauf si Trump, une nouvelle fois, par ses provocations, mobilisait le peuple iranien derrière ses bourreaux, démobilisait les pays européens enclins à une solution pacifique en les rapprochant des Russes et des Chinois qui, eux, sont prêts à s'opposer à l'hégémonisme américain, coûte que coûte, sur tous les points de la planète.

Au-delà de ces hypothèses, deux facteurs sont, cependant, sûrs et certains, et restreignent, de fait, les variantes d'évolution en Iran dans les années qui viennent :

  • Le peuple iranien, plusieurs fois millénaire ne baissera jamais sa garde face à un ennemi extérieur, fut-ce au profit du diable en personne
  • Trump n'osera jamais attaquer militairement l'Iran, au risque d'aboutir pour les Etats-Unis à un nouveau Vietnam qui contribuerait ipso facto à les positionner définitivement, et plus tôt que prévu, derrière la Chine.

Finalement, après les éléphants de Pyrrhus, l'éléphant Trump, dans le magasin de porcelaine mondial, est tout aussi inconséquent. Les éléphants ne trompent plus personne, aujourd'hui comme dans l'antiquité.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 17 février 2020

Colère 

Le soi-disant « nouveau monde » connait un accouchement difficile, c'est le moins que l'on puisse dire. Les peuples, à commencer par le peuple français ont du mal à y entrer. Le « c'était mieux avant » connait un grand succès, comme le livre de Michèle Delaunay, médecin, ancien ministre socialiste : « Le fabuleux, destin des baby-boomers » (Plon) l'atteste, preuve à l'appui.

Plus le monde progresse (ou, croit-on, « progresse ») : équipement ménager, télévision aux centaines de chaînes, salles de bain, voitures performantes, téléphone portable, internet etc., plus les gens - et nos concitoyens français en particulier - râlent, protestent, contestent ... Le fait à noter est qu'auparavant, nombre d'entre eux, conformément au caractère national, exprimaient déjà leur mécontentement. Mais sans haine, sans colère, sans être désabusés. Or désormais, écoutez le changement de ton, malgré les progrès matériels. On ne parle plus de mécontentement. On ne parle que de « colère » - relayé par les médias dont cela augmente l'audience, par démagogie, pour être toujours « du bon côté du manche ». En avance sur son temps. Surtout, pas de retard dans l'info !

Autrefois, la révolte était joyeuse ; désormais elle est haineuse. Le Front populaire, c'était la fête ; Mai 68 aussi. L'imagination prenait le pouvoir. Coluche, Le Luron, Devos caricaturaient, bousculaient en faisant rire. Maintenant, en particulier sur la radio nationale, France Inter, il ne reste que de soi-disant « humoristes » qui ne sont en fait que des « déconneurs de cour de récré » auxquels, comme l'écrit Beigbeder, il est interdit de répondre, par définition. Ce sont eux les maîtres ...

Sur le plan socio-économique, il en va de même. La parole est d'abord aux nihilistes du style Martinez (toujours façon Woody Allen) la finesse en moins ou Nikita Khrouchtchev, surnommé Monsieur Niet. Pour la CGT, la réponse est toujours « non », comme pour le « je sais tout » Besancenot. Une loi a-t-elle été comprise dans un programme électoral, validé par une majorité populaire ? Peut-être, mais, eux, sont « le peuple » et s'appuient sur des sondages - dont on connait la rigueur. Eux sont « la gauche », seule détentrice de la Vérité, avec Mélenchon et consorts. L'autre gauche, socialiste, n'a qu'à suivre ... et elle le fait, avec humilité, heureuse d'exister encore, même si elle ne se met pas en colère, à la façon de notre « bolivarien » Chavez- Maduro - Mélenchon, grands experts en économie, comme chacun le sait.

Une attitude « responsable », contestataire avec raison, (façon CFDT avant et avec Laurent Berger) ? On envahit aussitôt ses locaux ... puisqu'on est le « peuple », le premier syndicat de France n'étant, lui, qu'un ramassis de « collabos ».

Avec la « colère » va la violence, qui s'amplifie à la vitesse V. Elus du peuple agressés, permanences dévastées, commerces saccagés. Normal : c'est la « colère » le nouveau mot à la mode qui permet, qui justifie tout. Même les pires excès. Colère et violence sont les deux doigts d'une seule main. « Du passé faisons table rase », comme dans l'Internationale. Comme les vieux loups de mers, nous sommes dans les 40ème rugissantes, au risque du chavirage si le capitaine (Macron ?) ne tient pas la barre avec dextérité ; s'il est, disait Roland Dumas, il y a quarante ans, pour le regretté Michel Rocard « un barreur de petit temps ».

Colère égal violence. Rejetons l'une et l'autre. Rappelons encore Coluche qui chantait « misère, misère » en mimant un chanteur raté qui voulait faire son beurre sur la pauvreté. Idem pour la colère, devenue sociologique donc démagogique.

Michel chante nous, désormais, « colère, colère » ... Oublie « ton Krasucki - qui - qui, syndicat, cac ... » Car, dans le fond, dans « l'ancien monde », avec Georges Séguy, Henri Krasucki, Bernard Thibault, André Bergeron, Edmond Maire, Jacques Chérèque, on n'était pas borné, rétrograde. C'était un monde humain, rien qu'humain. Et c'était déjà beaucoup ...

A défaut (et en parallèle avec la dégradation grave de l'environnement) sur le Titanic terrestre qui s'engloutit, tu devras alors entonner le célèbre et funèbre « Dies irae, dies illa ... » (Jour de colère que ce jour là) que certains n'ont pas oublié, même si l'anglais remplace le latin.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 10 février 2020

Après le Brexit, la sortie de l'anglais

(pour mieux rentrer)

L'Europe pratique, au quotidien, est un vrai bal des hypocrites. Grands ou petits, ses acteurs ne parlent ou ne veulent parler qu'une seule langue : l'anglais, ce qui continuera, à coup sûr, après le retrait de la Grande Bretagne de l'Union Européenne le 30 janvier 2020, tant cette technostructure à l'esprit colonisé ! Et pourtant, ses sièges officiels : Bruxelles et Strasbourg sont des villes francophones depuis belle lurette.

C'est Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie, ancienne ministre des affaires étrangères du Rwanda, ex-colonie belge francophone, (qui œuvre actuellement à remplacer la langue française par l'anglais dans son pays qui le dit) ... Et on peut la croire dans son action et dans sa conviction, comme dans celle qui l'a précédée à son poste, après avoir été la représentante de la reine d'Angleterre au Canada !

Selon elle - et elle a raison - 90% des documents du Conseil européen et de la Commission ainsi que la plupart des communications orales des institutions européennes privilégient la langue anglaise (cf. son article dans Le Monde) alors que la Grande Bretagne a rejoint tardivement l'Union après avoir tenté de la torpiller. Mais, comme la langue des 27 autres membres, l'anglais avait cependant droit de cité... jusqu'à ce que le Royaume Uni quitte l'Union en 2020. Ni plus, ni moins. Or ce fut plutôt « plus que moins » quand les langues des six pays fondateurs, pionniers étaient progressivement éliminées par faiblesse. Pourtant, aujourd'hui, quand les arrogants Britanniques ont snobés tous les pays du continent, nul ne réclame - y compris les gaullistes - que deux des langues de l'Union les plus parlées dans le monde, le français et l'espagnol soient les premières langues de communication de l'Union, ce qui en dit long sur la colonisation des esprits et sur l'idéologie dominante.

Selon Louise Mushikiwabo (sic) « l'anglais arrive désormais en 17e position des langues maternelles les plus parlées par les citoyens de l'EU. Et l'anglais n'est plus la langue officielle d'un seul pays membre, donc devrait être purement et simplement rayé de toute communication à Bruxelles comme à Strasbourg ».

Ecoutons encore cette ardente « militante » : « Le français est une langue parlée par 130 millions d'Européens, dans laquelle se reconnaissent 19 des 27 Etats de l'Union, membres cotisants de l'Organisation internationale de la francophonie qu'elle dirige ». Et de poursuivre son plaidoyer : 300 millions de personnes sont actuellement francophones dans le monde. En 2050, ils devraient être 700 millions ».

Question : que font les autorités françaises pour tirer les conséquences de cette prostitution intellectuelle passée et du vote de la Grande Bretagne contre l'Europe ? Pas grand'chose sans doute, voire « rien » compte tenu du tropisme du président de la République actuel qui ne rate jamais une occasion de manifester son allégeance au monde anglo-saxon en s'exprimant en anglais. Côté extrême-droite, pas mieux : pour vivre heureux, vivons couché. Quant aux socialistes, la défense de nos valeurs culturelles n'a jamais été leur tasse de thé.

Alors, les écolos ? Interdit de rire. Ils sont pour la bio-diversité animale, végétale. Mais la protection de la diversité des langues n'est pas encore à leur ordre du jour. Sans doute trop intellectuel quand les querelles de chapelles sont encore leur souci fondamental.

Bref, nos voisins anglais vont encore pouvoir brûler Jeanne d'Arc par un tour de passe-passe : en étant en dehors de l'Union tout en restant dedans grâce à la technostructure de Bruxelles et aux fils de pub qui, chacun peut le constater quotidiennement, ne peuvent vanter une marque, un produit qu'en anglais (ce que Renault, Peugeot, Air France etc. acceptent sans broncher).

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 3 février 2020

Mila

La presse et les politiciens ont tenté d'étouffer l'affaire. Même les organisations de droits de l'Homme se sont tues, selon Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo. On a voulu, on a tenté de jeter un voile (si l'on ose dire en l'occurrence) sur l'affaire Mila, cette jeune fille de 16 ans qui, le 19 janvier a dénoncé l'islam sur les réseaux sociaux auxquels elle est accro.

Erreur de jeunesse, internet sans borne ? Sans doute. Sauf que cela a déclenché une rafale de réactions des islamistes patentés ou cachés qui l'ont menacée de mort après avoir « dévoilé » son identité, son lieu de résidence, le lycée qu'elle fréquentait... Avis aux amateurs de meurtres. Comme si on était au Pakistan, en Afghanistan ...

Les partis autrefois laïques, qui par le passé « bouffaient » du curé, ont-ils réagi ? Que nenni ... Il va y avoir des élections municipales et on compte bien sur les voix des islamo-gauchistes qui gangrènent nos banlieues comme le décrit dans un récent ouvrage, aux éditions du Cerf, François Pupponi, ancien maire de Sarcelles, député du Val d'Oise quand Ségolène Royal, de son côté, blâme Mila pour son manque d'éducation. Pire que ce silence honteux, Nicole Belloubet, ministre de la Justice s'est, elle, même fendue d'un commentaire sur Europe 1, en dénonçant la littérature primaire de Mila comme « une attaque à la liberté de conscience ». Rien de moins ; en violation de nos lois sur la liberté de blasphème et alors qu'elle est juriste, ancien membre du Conseil constitutionnel. Mais ce n'était pas encore là le summum qui fut atteint par un certain Abdallah Zekri, délégué général du très officiel Conseil français de culte musulman (CFCM) interlocuteur des pouvoirs publics lequel, à son tour, a condamné la jeune Mila en justifiant, selon ses mots : « qui sème le vent récolte la tempête ». Sans rectification ultérieure de sa part évidemment.

Etrange pays que la France qui, dans le même temps, sur les ondes de France Inter, radio nationale financée par une taxe, le 10 janvier, a laissé sans réagir un soi-disant « humoriste » Frédéric Fromet chanter en gratouillant sa guitare que « Jésus est un pédé, un enculé » Liberté de pensée, de religion ? Soit. Mais cet individu aurait-il le droit de le dire pour un homme ou une femme politique, pour un artiste, pour un magistrat ? Là, il ne s'agit plus de religion, de répression d'un blasphème. Il s'agit de la vulgarité d'un crétin, d'un pauvre type ce qui nous autorise à réclamer le remboursement de la taxe que l'on nous prélève pour le payer.

N'ayons crainte toutefois, car cet individu vulgaire va bientôt demander (en chanson) que l'on cesse de chercher des crosses aux chrétiens en Algérie sur leurs lieux de culte ou parce qu'ils ont une bible dans leur bagage. Patience. Il n'est que d'attendre ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 27 janvier 2020

Un faquin « à l'ombre des jeunes filles en pleurs »

Dans un monde en constante mutation, restent, quand même, quelques rocs auxquels les citoyens peuvent s'accrocher en cas de naufrage intellectuel et moral, comme on le constate actuellement après la sortie du livre de Vanessa Springora, victime « à son corps défendant » (si l'on ose dire) à l'âge de treize ans d'un pédophile notoire, qui s'est targué de ses exploits pendant des décennies, sans le commencement d'une poursuite judiciaire alors qu'il violait non seulement des enfants- en France et aux Philippines-mais aussi les lois sur la protection de la jeunesse. Au lieu de « Le consentement », elle aurait dû titrer son livre « A l'ombre des jeunes filles en pleurs ». C'eut été plus proustien à moins de préférer « Le mal dominant ».

Le comble est que ce faquin, comme eut dit Molière, pérorait partout, dans le landerneau éditorial comme dans les médias, avec l'approbation d'une communauté intellectuelle (ou considérée comme telle) qui en faisait des gorges chaudes, même après sa mise en cause, dans la célèbre émission Apostrophes, par une écrivaine québécoise, Denise Bombardier la bien nommée, aussitôt ostracisée par la presse française pendant vingt ans. Cela rappelle furieusement un vers de Voltaire :

« Un jour, dans un vallon, un serpent piqua Jean Fréron.

Que croyez-vous qu'il arriva ?

ce fut le serpent qui creva...»

Heureusement, la Denise n'est pas morte. En revanche l'auteur des crimes contre ces enfants, filles ou garçons, continue à se positionner en « victime ». On « cherche des poux dans la tonsure » du cardinal Barbarin (comme chantait Brassens) pour non dénonciation de faits similaires prescrits alors qu'aucune poursuite n'est engagée contre les complices de celui qui a gâché des dizaines de vies innocentes au prétexte de leur initiation-en fait de leur « instrumentalisation ». Brassens encore qui, sans doute par erreur, proclamait alors dans

« Trompettes de la renommée » : « Le crime pédérastique aujourd'hui ne paie plus ».

Plus récemment, Bashung chantait, lui « Gaby, oh Gaby », sans allusion au divin chauve Gabriel Matzneff dont seul le crâne en tête d'œuf était vraiment poli, malgré ses prétentions littéraires nauséabondes, entretenues grâce à un logement social de la Ville de Paris et une pension du Centre National du Livre (donc sur fonds publics) à défaut de vendre ses œuvres impérissables. Chauve qui peut !

Mieux vaut en rire ? comme la pseudo intelligensia. Certainement pas. Mieux vaut en pleurer. Pas trop tout de même car cela ferait encore monter le niveau des océans en sus du réchauffement climatique.

Dès lors construisons plutôt une nouvelle Arche de Noé pour y faire entrer, comme à l'époque biblique, toutes les espèces animales qu'il faudra sauver dans le futur. Cela pourrait créer des milliers d'emplois à Saint-Nazaire, aux Chantiers de l'Atlantique, sauf si les gros bras minoritaires de la CGT en bloquent l'accès afin de prouver qu'ils existent encore et qu'ils peuvent détruire l'économie française comme un vulgaire Maduro au Venezuela.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 13 janvier 2020

Droit « au » travail et droit « de » grève

Les semaines passent et le nœud gordien se resserre de jour en jour entre conceptions de la démocratie économique et sociale. D'un côté les syndicats et partis tenants de la négociation, y compris par le recours au droit de grève et de l'autre syndicats et partis qui ne jurent que par le blocage total du pays, sans dialogue entre les partenaires, comme en Russie en 1917. L'affrontement, sinon rien, pour les totalitaristes héritiers du soviétisme dont on connait historiquement les résultats économiques, d'expérience, dans le développement du bien-être des peuples du monde.

Dans la France actuelle-après la longue saga des gilets jaunes que retrace très bien l'ouvrage d'Ingrid Levavasseur, égérie du mouvement « Rester digne » (Flammarion 19 €uros) que chacun devrait lire pour ressentir ce qu'est la spontanéité-la réforme des 42 régimes de retraite par un régime unique, universel, a permis aux tenants de la guerre sociale de monter en première ligne sur le plan politique en impliquant dans le conflit des millions de salariés, concernés eux-mêmes, mais qui n'entendaient pas être enrôlés à leur corps défendant dans une guerre totale. La démocratie c'est d'abord la liberté de choix, sans avoir un pistolet sur la tempe, comme dans «Tintin chez les soviets » vus par Hergé.

Dès lors, en termes de droits économiques et sociaux, complément indispensable des droits de l'Homme de la Déclaration de 1789, deux logiques se sont opposées en France : un « droit de grève » mis en œuvre par une minorité et le « droit au travail » que les socialistes démocrates, derrière Jaurès, exigent depuis un siècle et demi, sans renoncer pour autant à dénoncer l'exploitation capitaliste de l'homme par l'homme. En 1936, en 1945, en 1968 ces deux logiques se sont déjà affrontées pour terminer par un compromis, comme il se doit dans une république démocratique. Pourquoi pas en 2019 - 2020 quand le suffrage universel s'est prononcé ? La faute à un gouvernement passé de « et droite et gauche » à « et droite et droite » ? Sans doute mais il a la légitimité que lui a conféré le peuple quand les meneurs du jusqu'auboutisme ont tenté, eux, de renverser leurs scores électoraux minables par la prise en otage de millions de femmes et d'hommes qui n'en pensaient pas moins (tout en entendant continuer à vivre de leur travail, ce droit aussi absolu que le droit de grève). Cela me rappelle, lorsque nous avons créé NDH, en 1977, les critiques contre nous du député droitier Alain Madelin dans les colonnes du Figaro Magazine, en se référant à un professeur de Droit italien : « Les droits de 1789 sont des droits de et non des droits à ... Les uns sont des droits actifs ; les autres des droits fainéants ». Donc les premiers sont de droite, légitimes, les autres de gauche, illégitimes. En conséquence, selon cette théorie, faire passer le droit au travail, comme nous le demandons, avant le droit de grève serait « gauchiste » et non droitier. Madelin avait raison et je m'en excuse auprès de lui avec des décennies de retard !

A entendre les minoritaires incapables de se faire entendre par les urnes, eux seuls seraient « les travailleurs », « le peuple », uniques détenteurs de « la vérité », de la « justice sociale ». Exit le premier syndicat de France, la CFDT ; l'UNSA premier syndicat de la SNCF et de la RATP. Cela leur donne droit d'insulter les syndicalistes partisans d'un rapport de force dans le dialogue, d'occuper leurs locaux, de brûler les permanences d'élus, de qualifier de « collabos » les représentants élus des salariés, de couper l'électricité en plein hiver etc. L'intimidation, la violence, la peur devrait primer sur tout autre moyen pour réformer le système économique et social français. Le « tout ou rien ». Donc, hélas, ce sera plutôt « rien » que « tout » quand une minorité fait passer le droit de grève avant le droit au travail en bafouant même le droit à la dignité de milliers de salariés, transportés dans des conditions que l'on dénoncerait pour des animaux.

Les grandes gueules, « sûres d'elles-mêmes et dominatrices » pour parodier une formule employée par le général de Gaulle en 1967 pour Israël, devraient se souvenir, au moins, du dicton de Mao Tsé-Toung : « Un voyage de mille pas commence par un pas » ... Mao, un maître révolutionnaire pragmatique pour eux ; un modèle à suivre.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 13 janvier 2020

Otages

On croyait depuis des années que l'avenir serait la consécration des droits, de l'état de Droit et des droits de l'Homme en particulier. Après la chute des fascismes, la fin du totalitarisme soviétique, la voie était ouverte à la démocratie sur tous les continents sous l'égide des Nations Unies.

Certes, tel a bien été le cas, mais avec tant d'exceptions que beaucoup ont un doute sur la notion de progrès, jusqu'à trouver des charmes au dangereux populisme qui n'est qu'une caricature des libertés.

Prenons quelques exemples, proches ou lointains.

Dans le catalogue des idées reçues, les Etats-Unis d'Amérique sont le plus beau modèle de pays démocratique qui existe, son président, l'illustre Trump voulant même l'imposer à la planète entière. Or dans le même temps, il exige, dicte, sanctionne à coup de centaines de milliards de dollars des entreprises étrangères auxquelles il veut appliquer le droit étatsunien. Rien de moins.

Qui n'a lu le livre de Fréderic Pierucci (écrit avec Matthieu Aron) - éditions Jean-Claude Lattès:   « Le piège américain » qui a fait de lui l'otage d'un système pseudo judiciaire qui l'a fait croupir en prison durant deux longues années.

Il en va de même du Japon où Carlos Ghosn, qu'on l'aime ou pas, a été arrêté, emprisonné, interrogé sans relâche pendant des jours sans l'assistance d'un avocat.

Sûr d'être condamné, comme c'est le cas dans 99,6% des affaires pénales dans l'archipel, il n'a trouvé le salut que dans la fuite, faute de mieux. Mais il n'est pas le seul ...

Même si la presse n'en fait pas de tonnes, voyez ces nombreux cas d'époux étrangers au « pays du soleil levant » dont les conjoints sont repartis dans leur Japon natal avec les enfants du couple sans jamais revoir leur légitime progéniture et, a fortiori, avoir un droit de visite ou de garde alternée, ce qui nous semble la moindre des choses dans un Etat (état) de Droit. Carlos Ghosn a été pris en otage ? Des enfants aussi par un scandale couvert sous le sceau de la loi nippone.

Mais la France elle-même n'est pas exempte de prises d'otages tout aussi soi-disant « juridiques » que dans les exemples ci-dessus. Ainsi, quand des responsables syndicaux minoritaires contraignent des millions de personnes pendant des semaines à galérer du matin au soir afin de pouvoir exercer leur droit au travail, on peut s'interroger sur la légitimité d'utiliser un droit de grève, constitutionnel, certes, mais dévoyé par des gens qui se prétendent « le peuple », « les travailleurs » contre les élus de la nation qui n'ont rien caché de leur projet dans leurs programmes électoraux.

Cela ne signifie pas qu'une réforme est bonne (ou mauvaise). Cela signifie sur le plan des principes démocratiques qu'une minorité organisée n'a aucun scrupule à imposer à la majorité de nos concitoyens des épreuves non justifiées. Dura lex sed lex. La loi est dure mais c'est la loi dit l'adage en droit romain.

D'ailleurs, que représentent en termes électoraux (donc démocratiques) leurs alliés politiques : parti communiste, groupuscules trotskystes voire un parti socialiste « résiduel » après avoir connu de « riches heures » ? Si la classe ouvrière, globalement, ne vote plus « à gauche », c'est peut-être parce qu'il lui reste encore un bon sens « populaire » qui fait qu'elle se sent libre désormais. Elle-même n'est plus « otage » ... ce qui n'est pas une raison se jeter dans les bras de Le Pen car ce serait alors ... la double peine (Pen).

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 2 janvier 2020

De Gabrielle Russier à Gabriel Matzneff

Qui ne se souvient de Gabrielle Russier, jeune enseignante agrégée de lettres qui entretenait une relation amoureuse avec un de ses élèves âgé de 16 ans, à Marseille et qui s'est suicidée en 1969, à l'âge de 32 ans, après avoir été emprisonnée fin 1968 pour cette relation avec un mineur. Le président Pompidou, lors d'une conférence de presse restée célèbre lui a rendu hommage en récitant un poème de Paul Eluard.

Rien à voir avec un autre Gabriel (Matzneff celui-là) qui « consommait » allègrement à la même époque jeunes filles et jeunes gens de moins de quinze ans, s'en vantant dans ses ouvrages en même temps qu'il paradait à la télévision, notamment dans la célèbre émission « Apostrophes » de Bernard Pivot où il a été invité treize fois pour narrer ses exploits sexuels pourtant condamnés par la loi depuis 1945.

Jamais le prédateur de chairs fraîches ne fut inquiété ni par la police ni par la justice. Au contraire, la caste médiatique louait son talent narcissique. Sauf une fois où la courageuse écrivaine québécoise Denise Bombardier, l'interpelle dans l'émission de Pivot sur ses crimes (non seulement en France mais partout dans le monde).

Malgré cela, c'est Denise Bombardier qui a été ostracisée en France depuis quarante ans tandis que le bellâtre pouvait continuer à se vanter de ses exploits sans risques.

Question : pourquoi Gabrielle Russier a-t-elle été condamnée à un an de prison quand Matzneff, lui n'a jamais été inquiété ? parce qu'elle était une femme ; parce qu'il était un homme. Qui plus est un « surhomme ».

Repose en paix, Gabrielle Russier (au cimetière du père Lachaise) et achetez le livre de Vanessa Springora, la première victime de Matzneff qui ose parler :

« Le Consentement » Grasset 18 €uros. Sans faire œuvre de justice (défaillante), cela contribuera à achever le monstre.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 23 décembre 2019

Droit de grève et droit à la dignité
Le respect du pacte républicain

Le droit de grève est un droit constitutionnel incontestable mais la liberté des uns s'arrête où commence celle des autres. Nous en avons la démonstration actuellement en France, quand une minorité syndicale prend en otage des millions de salariés entassés dans des transports en commun comme on ne tasserait pas des animaux sans que les ligues de défense des bêtes ne protestent. Souvent, ils doivent se lever des heures plus tôt, voire marcher des kilomètres pour rejoindre le lieu de leur travail (le droit au travail étant reconnu lui-même depuis longtemps comme un quasi devoir).

Tout cela pourquoi ? Parce que le chef de l'Etat et les députés, élus au suffrage universel, eux, veulent mettre en œuvre une réforme des retraites en supprimant 42 régimes dont les régimes spéciaux qui favorisent nettement certaines catégories de personnel, notamment les « roulants » de la SNCF et de la RATP.

On peut, certes être en désaccord avec cette réforme annoncée dans le programme électoral du candidat Macron et de sa majorité en 2017. Mais le peuple français a démocratiquement tranché et le parlement, en 2020, devrait, tout aussi démocratiquement, voter cette réforme « systémique », avec ou sans l'adjonction « paramétrique » de l'âge pivot de 64 ans, ce que conteste la CFDT syndicat dit « réformiste » (que je qualifierais plutôt de « progressiste »).

Dès lors, en termes de droits de l'Homme, que constate-t-on ? Qu'une minorité prend en otage la majorité de ses concitoyens, qui plus est en s'autoproclament « le peuple » comme font les groupuscules d'extrême gauche. Et si encore, ces syndicats qui procèdent à la façon « léniniste » de 1917 étaient aussi puissants que les syndicats allemands ou britanniques. Or tel n'est pas le cas. Ils ne sont qu'une minorité de la minorité, en nombre, et c'est légitimement le premier syndicat de France, la CFDT qui, seule, avec l'UNSA, conteste, tout en acceptant de négocier la concrétisation du vote populaire.

L'équation est donc claire : vote démocratique ou chantage pour le maintien de privilèges, c'est-à-dire violation du régime de libertés voulu en 1789. Retour au corporatisme que nos ancêtres ont pourtant banni en 1791 par la loi Le Chapelier.

Dire et écrire cela n'est en rien souscrire au « macronisme » qui, de « ni droite ni gauche » tend fortement à devenir et « ni gauche ni gauche », avec une superbe technocratique. « Mais où sont les neiges d'antan ? ». Pardon. Où sont les partis de gauche ? incapables de clamer, haut et fort, qu'une minorité syndicale de blocage met à mal les règles républicaines, après s'être comportée d'une manière tout aussi puérile sous le quinquennat de Français Hollande (les « frondeurs »), puis en portant à sa tête aux élections européennes de 2019 le « schtroumpf » Glucksmann pour ne pas rallier le « bolivarien » Melenchon ; quand FO, autre syndicat progressiste, renie ses responsables passés André Bergeron, puis Jean-Claude Mailly pour s'aligner, pieds et poings liés sur le borné cégetiste Philippe Martinez, qui ne sait dire aux salariés majoritaires victimes immédiates de sa prise d'otages, toujours façon Woody Allen (sic) « La réponse est non ». « Au fait, quelle était la question ? »

Face à cet aveuglement qui fait de la France, une fois de plus, un pays ingouvernable, le pire est peut-être encore à venir car depuis quelques jours, les pseudo « camarades » coupent l'électricité, empêchant alors les plus modestes de se chauffer en plein hiver et les entreprises de continuer à produire. Bref, la politique de la terre brûlée, à la façon des casseurs qui n'ont jamais su construire quoi que ce soit, leur seul talent étant pour détruire uniquement.

Est-ce comme cela que l'on va donner les moyens de vivre aux petits agriculteurs, aux aides-soignants, à tous les « gagne-petit » ? Voyez-vous les ouvriers de Michelin, d'Alstom, de Renault, des chantiers navals, d'Airbus ... se mettre en grève en affaiblissant leur entreprise ? Certainement pas. Il n'y a qu'une minorité de la minorité d'une autre minorité de ce qui faisait autrefois la fierté de la France : les services publics pour étrangler la nation tout entière alors qu'elle a la garantie de l'emploi ce que n'ont pas les salariés ordinaires.

Les démocraties « illibérales » ont le vent en poupe en Europe de l'Est (Hongrie, Pologne ...) Bientôt, ce sera aussi à l'Ouest (si ce n'est pire encore) avec la bande à Le Pen qui rivalise en démagogie avec celle de Mélenchon.

Fin de partie en 2022 ? On aura peut-être alors oublié la trop grande mansuétude de François Hollande avec ses saboteurs pseudo gauchistes. Pour l'heure, c'est bel et bien la démocratie qui est en jeu. La France doit renoncer à son traditionnel moteur à explosion et passer au moins excitant « tout électrique », plus écolo. Sauf si quelques hurluberlus bornés de la CGT coupent le courant républicain qui a déjà des difficultés à passer.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 9 décembre 2019

Retrait / Retraites

La machine à perdre, une invention française, digne de notre génie industriel est en marche, au motif que la majorité élue, il y a moins de trois ans veut mettre en œuvre une promesse électorale entérinée, tant par l'élection présidentielle que par les élections législatives qui ont suivi. Cette majorité sort des urnes et pas de la rue ou de la grève quand les services publics du quotidien, avec leurs régimes spéciaux qui génèrent des inégalités entre nos concitoyens, devraient être alignés sur le régime général.

Le projet ? Un régime unique, universel, par points, pour le futur, en maintenant les acquis de l'ancien système pour ceux qui sont déjà en retraite. Quel scandale : un régime simple, clair au lieu de quarante deux régimes différents. Ce serait cela l'inégalité ? maintenir une différence entre le chauffeur de bus de la RATP et le chauffeur de bus des Deux-Sèvres ou de la Lozère ; un régime identique entre le conducteur de TGV et le conducteur de locomotive à vapeur à la Libération... Comme si les situations n'avaient pas changé en 80 ans; que les uns pouvaient prendre leur retraite à moins de 55 ans et d'autres à plus de 60 ans alors que la durée de vie a fait un bond en avant.

Revenons à la Libération, en 1945. Imagine-t-on, en 2020, créer 42 régimes de retraites différents, tel qu'on les connait aujourd'hui, quand des agriculteurs, les smicards, perçoivent moins de 900 €uros par mois ? Or tel est le but de la réforme en cours, où les gréviculteurs professionnels veulent maintenir leurs avantages, voire leurs privilèges. Il n'est que de le constater concrètement : voyez-vous les salariés de Peugeot, Renault, Alstom, Michelin ... se mettre en grève, paralyser le pays, prendre en otages des millions de salariés à des fins corporatives ? Il y a le droit ... et l'abus du droit.

Le service public, cette belle invention française a atteint ses limites, hélas. La France ne fonctionne qu'avec un moteur à explosion ; pas de réformes, pas de négociations : la révolution pour le maintien d'avantages totalement obsolètes.

En tête du mouvement anti-modernisation : la CGT, le PCF, les groupuscules trotskystes, les mélenchonistes, tous bien connus pour leur savoir-faire en matière de gestion de l'économie (cf. l'Union soviétique, les pays d'Europe de l'Est, le Venezuela, le Nicaragua ...) Avec eux, on est sûr qu'expérience faite, pendant cent ans, chacun aura un niveau de vie et de libertés supérieur aux économies de marché régulées par des services publics dignes de ce nom.

« La politique du chien crevé au fil de l'eau » est la seule qui vaille pour eux, ce qui permet, en empêchant les réformes, de faire monter la pression en vue de la révolution espérée, comme un grand soir toujours rêvé, jamais réalisé.

En définitive, seule la CFDT - heureusement devenue majoritaire - réformiste sans être collaborationniste, accepte de faire table rase du passé, comme en 1789, et de négocier, pied à pied la reconstruction d'un projet de société clair, égalitaire, social.

Reste le déficit, en termes de milliards d'€uros, à résoudre dans l'immédiat et qui va s'accroître, avec le butoir « théorique », selon lequel le montant des retraites ne doit pas dépasser 14% du PIB. Théorique, car s'il atteignait 15% où serait le drame ? Donc « il y a du grain à moudre » comme le disait en son temps le patron de FO André Bergeron que l'on aimerait entendre sur le sujet.

Michel Rocard, Premier ministre apprécié avait inventé la CSG. Il faut maintenant trouver autre chose. Pourquoi ne pas, enfin ! restaurer l'impôt sur la fortune en l'affectant à la solidarité nationale et à la réduction des scandaleuses inégalités sociales. Mais, pour cela, encore faut-il que la majorité nouvelle pratique son « et en même temps » : simplifier un système archaïque, inégalitaire, soit, tout en mettant à contribution les plus grandes fortunes qui se gavent en dividendes.

De Gaulle, lors d'une conférence de presse célèbre disait « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille » (et d'instaurer aussi en 1967 les ordonnances sur la participation). Son réformisme lui a coûté cher puisque peu après, un referendum lui a valu de renoncer à ses fonctions.

Bis repetita ? Nous sommes au milieu du gué. Espérons que le bon sens prévaudra dans les mois qui viennent grâce au premier syndicat de France. Selon la formule « historique » : « la réforme, oui ; la chienlit, non » ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 2 décembre 2019

Les islamo gauchistes, à l'intérieur
comme à l'extérieur

Cela n'étonnera que les naïfs ou les non-initiés, l'ultra-gauche française (ou prétendue telle) : parti communiste, France insoumise de Mélenchon, Nouveaux Parti Anticapitaliste de Besancenot, Lutte Ouvrière de Nathalie Arthaud, incapables de l'emporter dans les élections démocratiques, n'hésitent plus à s'afficher avec les islamistes afin de grappiller quelques voix supplémentaires aux élections qu'ils perdent toujours.

La laïcité ? Ils n'en ont que faire, à commencer par l'égalité femmes-hommes.

D'ailleurs, il y a quelques années, le NPA ne présentait-il pas sur ses listes une femme voilée ? Récemment encore, lors de la manifestation contre un prétendu anti-islamisme, où l'on a scandé «Allah Akbar », à l'instigation des organisateurs salafistes, la clique des dirigeants de la pseudo gauche étaient tous présents pour donner un coup de pouce aux communautaristes partisans du burkini, de l'exclusion des femmes des cafés et des horaires séparés pour les hommes et les femmes dans les piscines. Quelle hypocrisie, surtout, historiquement, de la part du parti communiste (les autres n'ayant jamais eu le pouvoir) qui a toujours été à la botte de Staline et fait fermer ou détruire en Union Soviétique des centaines d'églises.

En fait de tels rassemblements hétéroclites n'ont qu'un seul point commun, avec leurs alliés fascistes : la haine de la liberté.

Mais, hélas, la collusion entre les islamo-gauchistes, devenu anti-laïques et les totalitaires musulmans ne s'arrêtent pas là. Elle va bien plus loin. Ainsi, après la mort au combat de treize soldats français au Mali dans un accident d'hélicoptère, Mélenchon la « grande gueule-je sais tout », demande le rapatriement de la force Barkhane, qui protège au prix de vies humaines les populations du Sahel, pour les abandonner aux fanatiques djihadistes ... Un grand « plus » pour les femmes, à coup sûr, comme sous le règne du califat au Proche-Orient - demandez aux femmes yezidies réduites en esclavage sexuel, voire en Iran, sous la férule d'un guide suprême qui mitraille un peuple quand il manifeste à mains nues contre sa paupérisation.

Vous n'êtes pas d'accord avec les islamo-gauchistes qui vont bientôt s'allier, comme la carpe et le lapin, avec les sectaires sortis des mosquées de banlieues, à l'occasion des prochaines élections municipales ? C'est que vous êtes raciste, de droite, voire d'extrême droite. Car ce sont eux, les amis de Chavez, qui a ruiné le Venezuela, comme Ortega au Nicaragua, qui sont les uniques propriétaires du label « de gauche » et l'attribuent sur leurs critères opportunistes. Ils en ont le monopole, l'exclusivité.

Voir le PCF, bientôt centenaire, cautionner, avec ses ex-rivaux trotskystes, un tel dévoiement, après avoir quasiment jusqu'au bout, collé à la répression soviétique, mérite d'être salué ; d'autant que les travailleuses-travailleurs, désormais, votent davantage pour le parti lepeniste que pour le soi-disant « parti des prolétaires ». On attend donc avec impatience, en 2020, les festivités qui rappelleront ses cent années d'histoire, dont la fuite de Maurice Thorez à Moscou et l'emploi de Georges Marchais chez Messerschmitt pour fabriquer, durant la dernière guerre, des avions destinés à tuer les français.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 25 novembre 2019

12 décembre : Alger ? rien ...

Depuis plus de six mois, les Algériens et Algériennes manifestent, pacifiquement, chaque vendredi contre le « système ». Il faut le saluer car ce pays ne nous avait pas habitué à cela, bien au contraire ...

De 1954 à 1962, la population majoritaire a lutté par les armes contre la colonisation française quand cette lutte, légitime, pour l'indépendance aurait pu et du se mener pacifiquement, comme le combat de Gandhi, en Inde et, mutatis mutandis, celui de Nelson Mandela en Afrique du Sud ... Il n'en fut rien. Il n'y avait qu'un colonisateur inacceptable : les Français qui devaient quitter (pour un million d'entre eux) leur terre natale. La colonisation turque ? De quoi parlez-vous ? La colonisation arabe ? A-t-elle seulement existé, même si l'on peut se demander pourquoi une trentaine de manifestants, aujourd'hui, ont été emprisonnés pour avoir manifesté avec un drapeau berbere, population originelle majoritaire de ce pays après avoir été convertie de force - malgré la résistance d'une femme : la Kahina, à laquelle notre amie Gisèle Halimi a consacré un ouvrage. A quand un film sur cette héroïne ... et sur saint Augustin, évêque d'Hippone, voire sur Jacques Gaillot, nommé évêque de Partenia, en Algérie par Jean Paul II ? Et que dire d'Enrico Macias, toujours interdit de rentrer sur sa terre natale ? Chuuutt...

Un million d'Européens priés de choisir entre « la valise et le cercueil » en 1962 quand le capitaine Khelifi, soldat de l'Armée française, futur président de la mosquée de Lyon tentait, lui, début juillet, d'éviter les enlèvements, les tortures, les viols, à Oran, après la signature des accords d'Evian. Comment, alors, prévoir qu'autant d'Algériens, devenus indépendants, voudraient ensuite, dans les décennies suivantes, venir s'installer dans l'ex métropole ? Où est la logique, la raison ?

Nous ne sommes pas révisionnistes puisque qu'Hocine Aït Ahmed fut un membre éminent de NDH ; qu'Ahmed Ben Bella, décoré pour sa participation à la conquête du Monte Cassino, en 1943, a été un ami apprécié, désireux de revenir dans sa prison de l'île d'Aix, en 1981, avec l'accord de Charles Hernu, ministre de la Défense (ce que Gaston Defferre, ministre de l'Intérieur, a empêché sur pression des autorités algériennes).

L'Algérie paye en ce moment ses choix initiaux si l'on veut bien se souvenir de l'acte fondateur du divorce franco-algérien : l'assassinat d'un instituteur, sans arme, qui allait prendre son poste, en 1954, dans le bled.

De part et d'autre de la Méditerranée, il faut reprendre le fil de l'histoire pour mieux la comprendre.

Le F.L.N. continue, de fil en aiguille, à régenter un pays, mis en coupe réglée, corrompu bien avant la prise de pouvoir par Bouteflika. Le seul président qui ait honnêtement tenté une réforme en profondeur : Mohamed Boudiaf a été assassiné, et pour cause, après s'être exilé longtemps au Maroc. Sans oublier les années de plomb, au début des années 90, quand les islamistes ont pris le pouvoir « municipal » avant d'être repoussés de justesse par l'Armée. La violence, toujours la violence ... et la corruption.

Les Algériens ont obtenu le départ de « Boutef » ? Soit. Ils seraient convertis à la démocratie pacifique ? Soit encore. Mais il faut maintenant remonter des siècles d'histoire, de philosophe, d'idéologie. Car l'hydre présente depuis la conquête arabo-musulmane reste bien vivante dans la vie quotidienne : fermetures des cafés, femmes de plus en plus voilées, ramadan obligatoire, arrestation de ceux qui ont une bible dans leur sac etc. Laïcité ? Connais pas.

S'il y a cinq candidats au simulacre d'élection présidentielle du 12 décembre, tous sont issus de la couveuse Bouteflika. Les Algériens vont-ils l'accepter en boycottant les urnes massivement ? Tel est l'enjeu ... enfin pacifique. Encore un effort. Le monde - et pas seulement la France - qui se tait, de peur d'être encore insultée, observe et espère. La tunique de Nessus ne collera sans doute pas toujours à la peau de ce peuple...

Et peut-être, après, saura t-on qui a assassiné les moines de Tiberine.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 11 novembre 2019

Islam : retour sur manif 

Le dimanche 10 novembre s'est déroulé à Paris une manifestation prétendant dénoncer l'islamophobie, qui plus est, souvent, comme un « racisme ».

On ne voit pas très bien le rapport, sinon malhonnête entre l'islam et une race quelconque puisque cette religion historique est liée à nombre de races largement implantées en France. Mais ...

En fait, cette manifestation était liée, dès l'origine à des groupuscules radicaux islamiques, c'est-à-dire, liés à un islam politique quand aucun mouvement bouddhique, chrétien ou autre ne serait, en revanche, toléré dans les pays contraints de se convertir à l'islam après le 7e siècle. Ne refaisons pas l'Histoire ...

Quels ont été les alliés de cette mascarade prétendant dénoncer nos lois soi-disant «liberticides»
 (qui interdisent le voile à l'école et la burqua dans l'espace public) ? Les pseudo gauchistes, en quête de voix électorales quand « le vrai peuple » (les prolétaires) refusent, eux, depuis des décennies de voter pour eux. En clair, cela s'appelle du clientèlisme, de l'électoralisme, sinon de la prostitution car les Mélenchon, Besancenot, Nathalie Arthaud et autres approuvent-ils ce qui se cache derrière la revendication du voile ; la charia (l'inégalité femmes-hommes, l'héritage réduit de moitié, le port du voile obligé, l'interdiction de fréquenter les cafés, seule, pour une femme ...) ?

Hypocrites ! Tartuffe pas mort. Alors que s'ils incarnaient encore « la gauche », à ses racines, nos gauches en carton-pâte, exigeraient que le voile, qui porte le contraire des valeurs de la République égalitaire, laïque, interdisent le port du voile dans tout espace public car il signifie clairement, explicitement, le refus des lois de la France. Et cela, peut-on l'accepter si on est laïc ? Est-ce être « islamophobe », voire raciste (sans race) parce que, comme tout un chacun, on demande de se plier à la règle commune ?

Fut un temps où le « parti laïque », vers 1905, au nom de la liberté, forcément laïque, fermait les églises, expulsait les congrégations ...Dont acte. Pourtant, c'était notre culture depuis 20 siècles. Mais aujourd'hui, le même parti, n'ose pas dire à des nouveaux venus, qui contestent nos lois: «  basta ». Dura lex sed lex. La loi est dure (et ne vous plait pas) mais c'est la loi.

Dans ce beau capharnaüm, le vieux parti de Jaurès rase les murs. Comme le parti communiste français, il danse d'un pied sur l'autre : pour la laïcité mais aussi, par clientèlisme, sans oser parler le langage de la gauche du début du XXe siècle. On ménage, sans foi ni loi.

Résultat : le parti lepeniste (car les Français n'acceptent pas cette lâcheté, ce deux poids deux mesures, cette tergiversation entre notre culture et la charia-minimale ou maximale- qui aboutit au communautarisme) a des beaux jours devant lui.

Parce que les Français seraient devenus « fachos » ? Non, parce qu'ils reprochent à la gauche de renier ses valeurs qui sont celles du pays, de tout le pays.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 3 novembre 2019

Halloween, halloween ... 

La publicité est une pollution dont aucun écologiste, de conviction ou par mode, ne se méfie alors qu'elle est un vrai fléau qui dégrade voire détruit les cultures, au nom du culte de l'argent. Il faudrait peut-être que les intellectuels et les partis traditionnels s'en soucient enfin.

En l'occurrence, il ne s'agit pas des cultures agricoles mais bien des cultures, fruits de l'intelligence humaine. Car l'un ne va pas sans l'autre. Elles sont les deux faces d'une même qualité de vie.

Actuellement, le grand fléau en publicité est dans les appels téléphoniques indésirés pour vendre n'importe quoi, quand ce n'est pas pour vous vanter les qualités de tel ou telle astrologue. Une véritable atteinte à la vie privée contre laquelle ni les écolos bon teint ni les pouvoirs publics ne réagissent sérieusement. Le système bloctel, sensé parer aux abus n'est qu'une passoire.

Mais la pollution publicitaire, c'est aussi les panneaux gigantesques à l'entrée des villes qui détruisent les paysages, les pavés de pub à la radio ou à la télévision vingt fois par jour sur le même media, dans le style « Comme j'aime » pour mentir à un public naïf. Au nom de quoi ce bourrage de crâne est-il toléré par tous ou, du moins, pas restreint à quatre pseudo « messages » par jour sur le même support ?

Il y a cependant pire encore. Une publicité essentiellement en anglais pour un public francophone à seule fin de se dire « moderne ». C'est le cas de Renault, Peugeot, Air France etc. Exit la loi Toubon. Avalez votre pastille d'anglais tous les jours pour que les caisses se remplissent sans le moindre respect pour les langues du monde. On ne veut en voir qu'une seule. Chacun doit s'aligner comme dans une caserne. Le totalitarisme est en marche sans que qui que ce soit proteste.

La pollution par et pour l'argent est partout dans notre quotidien.

Nous avons en France une fête traditionnelle : la Toussaint, consacrée au souvenir des morts les plus chers. Désormais, on en voit la fin, remplacée par Halloween à seule fin de remplir les caisses en s'alignant sur une coutume anglo-saxone. Aucune dignité. Les parents incitent leurs enfants à se déguiser quand ils ne se déguisent pas eux-mêmes, puis vient la mendicité des bonbons. Les commerçants, au lieu de rappeler que nous avons une culture et de refreiner le mouvement, l'accélèrent. Ainsi, un supermarché comme Carrefour demande t-il à son personnel de se déguiser lui-même. Viva la muerte !

Bref, la grande prostitution est en marche et ce ne sont pas les soulèvements populaires à travers le monde (gilets jaunes, Chili, Hong-Kong, Algérie, Liban ...) qui vont l'arrêter car ce ne sont que des canards sans têtes. Mais nos politiciens, fussent-ils écolos en ont-ils, une ? Cela reste à prouver ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 28 octobre 2019

Les peuples au-delà de la démocratie

On croyait que la marche en avant des peuples vers leur libération se traduisait par la conquête d'institutions démocratiques de plus en plus affinées, d'où l'avance acquise historiquement par certains pays occidentaux comme la Grande-Bretagne, la France, les Etats-Unis d'Amérique. C'était quasi « mathématique » : l'instauration d'institutions juridiques fondées sur le primum du suffrage universel conquis de haute lutte durant les derniers siècles.

Aujourd'hui, sans renier cette analyse, peut-être va-t-il falloir la moduler car depuis que la mondialisation est en marche un phénomène populaire pacifique semble en marche, non pas contre les pouvoirs (fussent-ils démocratiques) mais pour dépasser les pouvoirs en place, légitimes ou dictatoriaux. D'aucuns qualifient cette vague de « populiste », un terme un peu péjoratif voire méprisant. Soit, mais à quoi servirait-il de la négliger par un excès d'arrogance digne de la réaction aristocratique que nous avons connue en France après 1789. « Les faits sont nos maîtres » disait Lénine, grand manipulateur de foules devant l'éternel.

Soyons concrets. La planète Terre, depuis la montée en puissance d'outils de communication à la portée de tous : voyages, télévision, internet, téléphone portable etc. se rétrécit, peu à peu, jusqu'au jour où la démocratie athénienne qui ne concernait qu'une cité aura son équivalent au niveau mondial.

Que ce soit en France, avec le phénomène « gilets jaunes », au Soudan, au Liban, en Algérie, en Catalogne, à Hong Kong, au Chili, au Venezuela, en Egypte etc. une fraction importante de la population manifeste pacifiquement, durablement contre les autorités en place, sans forcément avoir un but précis et constant. On proteste par principe, dans ce que, vulgairement, on pourrait qualifier de « ras le bol ». C'est le grand défouloir, peu organisé, spontané, sans encadrement souvent et qui risque de se terminer dans une impasse.

Les partis politiques, qui autrefois, élaboraient des programmes rationnels, avec des chefs qui faisaient une carrière politique ? Exit. Ils ont été, comme le parti communiste chez nous renvoyés dans leurs foyers, ce qui est le cas du parti socialiste, de L.R. Mais pourquoi pas, bientôt, du mouvement « En marche » bien qu'issu du « nouveau monde ». Idem en Italie depuis une décennie ...

Dommage qu'il n'en aille pas de même au Royaume-Uni, aux Etats-Unis où deux taureaux furieux bouleversent la donne, l'un au détriment de l'Europe et l'autre au détriment des Kurdes et du commerce mondial.

Nul donc, ne peut préjuger de ce que sera l'avenir. Par contre, d'ores et déjà, nous pouvons pressentir dans quelle direction globale nous allons tous. Est-ce un bien, est-ce un mal ? Bien malin qui peut le dire (sauf préjugé). L'humanité a suivi un cours depuis des millénaires à l'instinct. Elle continuera, sauf si elle va dans le mur à cause du dérèglement climatique que l'on combat collectivement mais bien tardivement.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 14 octobre 2019

Hissez les voiles

La polémique vient de rebondir par l'intervention publique d'un conseiller régional du Rassemblement National de Bourgogne - Franche- Comté qui a demandé à la présidente (socialiste) de prier une musulmane présente dans la salle des délibérations, au motif qu'elle accompagnait une sortie de classe, d'enlever son voile islamique.

« Scandââle » ... Quoi ? Elle ne pouvait donc pas afficher publiquement dans une enceinte républicaine élue sa préférence pour ses valeurs personnelles, celles de l'islam : inégalités femmes - hommes, soumission à l'homme (mari ou frère ou fils), moitié d'un héritage, séparation dans les lieux communs des femmes et des hommes etc .

Autrefois, Clémenceau proclamait : « le cléricalisme, voilà l'ennemi ». Aujourd'hui, le Tigre serait vilipendé, traité de « raciste » s'il dénonçait pareillement un islam rétrograde. D'autant que les commentateurs font sciemment, volontairement, délibérément la faute qui consiste à confondre race et religion. Car l'islam n'a, sauf pour les analphabètes, jamais été une race mais une idéologie, au même titre que le communisme ou le fascisme. Une idéologie religieuse, certes mais une idéologie tout de même, à l'instar du mode de pensée de nombre de sectes.

Lorsque Lionel Jospin était ministre de l'Education nationale, il a autorisé l'exclusion de trois jeunes filles voilées de leur établissement parce qu'elles refusaient d'ôter la preuve de leur soumission à des valeurs contraires à celles de la République. Jean-Michel Blanquer, son successeur, lui, tient à peu près le même langage en jugeant « que ce n'est pas souhaitable que les accompagnatrices en sortie scolaire des enfants soient voilées ». Que n'a t'il pas dit là, comme l'âne de la fable, « ce pelé, ce galeux ».

Désormais, la gauche serait du côté des ennemis de la laïcité, comme on l'a entendu sur BFM de la part d'une représentante du Parti socialiste. Idem pour les islamo-gauchistes de la France Insoumise et autres Lutte Ouvrière, « besancenistes » en diable. On fait le lit du communautarisme et de la négation des droits fondamentaux de la personne humaine ? Que leur importe, leurs intérêts de « chapelle » (si l'on ose dire) d'abord.

A ce jeu pervers, malsain, le Rassemblement national a de beaux jours devant lui. Mais il ne faudra pas dire, un jour « on ne savait pas ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 14 octobre 2019

Requiem pour le peuple kurde

On croyait le valeureux peuple kurde sur la voie de la liberté après sa victoire sur les djihadistes du pseudo « état islamique », un prétendu « califat » à l'origine de milliers de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Deux chefs d'Etat, sans foi ni loi, le turc Erdogan et l'américain Donald Trump en ont décidé autrement, l'un en envahissant le territoire kurde après que l'autre eut annoncé le retrait de ses troupes du secteur.

Les autres gouvernements, l'ONU, ont alors réagi mollement et (comme Blum en 1936, après l'intervention armée des gouvernements fascistes, devant les républicains espagnols venus lui demander l'aide de la France) n'ont eu que leurs yeux pour pleurer. Lâche démocratie, faible démocratie qui incite, par son comportement geignard, les pseudo-virils à toujours dépasser les bornes.

Trump prétend étrangler l'Iran mais reste très évasif vis-à-vis de la Turquie, membre hypocrite de l'OTAN (comme elle aurait voulu, il y a peu encore, être membre de l'Union Européenne). Chacun, de plus, feint d'oublier le génocide du peuple arménien, en 1915, jamais reconnu par Ankara.

Pour mémoire, le peuple kurde est le plus grand peuple du monde sans Etat. Il est partagé, depuis la fin de la première guerre mondiale entre quatre pays : Irak, Syrie, Iran, Turquie. Car les vainqueurs, lors des traités, en finissant de dépecer l'empire ottoman, parce qu'il avait soutenu l'Allemagne de Guillaume II, n'ont pas pris en compte les 40 millions de Kurdes. De même qu'ils ont fait l'erreur de ne pas repousser la Turquie au-delà du Bosphore, en rendant à l'Europe Constantinople devenu, par la domination islamique Istanbul.

Clemenceau, le Tigre, n'a pas toujours été visionnaire.

Reste un espoir : la capacité militaire propre des Kurdes à résister à l'invasion. Les femmes kurdes ont déjà montré qu'elles pouvaient battre « à plate couture » (il y a longtemps qu'elles ne tricotent plus !) les djihadistes, lesquels - environ 10.000 emprisonnés - vont, grâce à Erdogan et Trump retrouver leur liberté ... après sept années de guerre pour les anéantir. Félicitations aux deux clowns et condoléances au peuple kurde.

Et Bachar El Assad, dont la Turquie envahit le territoire ? Et Poutine, le colonisateur de la Crimée, que presque chacun (dont Emmanuel Macron) veut voir revenir au G-8? Et la grande Chine, toujours silencieuse, comme un panda, qui ne pense qu'à ronger ses pousses de bambou ?

Que les Kurdes cherchent et trouvent leur De Gaulle, qui les fédérera et leur fera dépasser leurs drames du siècle passé. Après tout, qu'est-ce qu'un siècle pour un peuple qui compte son histoire en millénaires.

A fortiori parce qu'ils ont le soutien de Bernard Henri Levy, le sauveur de la Libye, depuis son P.C. de Saint Germain des Près et de son avorton, le Schtroumpf multinational Raphaël Glucksmann qui a roulé sa bosse auparavant au sommet de la Géorgie, de l'Ukraine avant que le Parti socialiste français ne le propulse à Bruxelles : Ne manque que Yann Moix dans cette équipe de France ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 9 octobre 2019

Aux fous ...etc

Le monde anglo-saxon, si éloigné fut-il de nos us et coutumes continentaux ne nous avait pas habitué à cela. Au moins pour les Français, nous partagions la démocratie, le primum de la raison, un certain savoir vivre. Même au temps de Reagan et de Margaret Thatcher, François Mitterrand, socialiste allié aux communistes trouvait un terrain d'entente avec nos alliés atlantiques ne serait-ce que dans le comportement et dans la diplomatie. Etait-ce un vieux monde ? Voire ..., car le dit « vieux monde » avait ses règles communes depuis des siècles. C'était une civilisation, une éducation quasi universelles.

Rien de tel désormais. Provisoirement, espérons-le.

Aux Etats-Unis un psychopathe a accédé au pouvoir, qui dit tout et son contraire, « tweete » comme un malade, trahit son pays en pactisant secrètement avec la Russie, pays rival pendant près d'un siècle, téléphone à son homologue ukrainien pour « dézinguer » son futur adversaire après avoir menacé de raser la Corée du Nord puis de s'y rendre avec force manifestations d'amitiés.

Le même embrasse le nouveau Président Macron, joue la carte de l'amitié éternelle avant de se retourner cavalièrement contre lui en l'insultant, pour au final décréter de taxer les importations de nos produits, à commencer par Airbus, rival de Boeing (en grande difficulté pour des raisons techniques).

Mais Trump n'est, hélas, pas le seul de son espèce. Il a un clone (ou un clown) le triste Boris Johnson, à Londres, qui a en commun avec lui de mentir comme un arracheur de dents, viole lui aussi les lois démocratiques constitutionnelles de son pays en congédiant la chambre de Communes, fonce comme un débile dans le mur du Brexit qu'il a auparavant contribué à édifier.

Face à ces nouveaux acteurs de la scène occidentale, que faire ? Etre discret comme le sont Emmanuel Macron et Angela Merkel ? Attendre que l'orage passe en faisant le dos rond ? C'est une attitude possible, sage, mais qui ne pourra pas durer éternellement. Les peuples américains et anglais, prochainement, auront le choix : soit reconduire au pouvoir ces deux malades, soit remettre en selle la raison, la courtoisie, la recherche de l'entente entre les nations ...

Il est, pour l'heure, urgent d'attendre.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 30 septembre 2019

« Chirac est une fête »

La disparition du Président Jacques Chirac a provoqué une immense émotion que même ses adversaires ne peuvent ignorer, tant en France qu'à l'étranger. Mais curieusement, cette mort prévisible d'un homme malade de 86 ans n'est pas triste. Peut-être parce qu'elle était attendue mais, sans doute, parce l'homme publique a, pendant quatre décennies été un bon vivant en même temps qu'il a incarné une volonté politique à la hauteur de ses fonctions.

Les Français ne sont pas tristes parce que, quelque part, ils sont fiers de l'avoir élu à la tête de l'Etat où il a su, comme de Gaulle et Mitterrand, résister aux pressions américaines, respecter les règles de la cohabitation qui ont permis à Lionel Jospin de réaliser son programme, rencontré les grands comme les plus humbles avec la même simplicité, en province comme dans le monde.

En favorisant l'élection de François Mitterrand en 1981, puis en déclarant publiquement qu'il voterait pour François Hollande, longtemps après avoir vendu l'Humanité et signé l'appel de Stockholm Jacques Chirac, l'homme de paix, ami de toutes les cultures du monde, a tracé un sillon dans l'axe de ses prédécesseurs depuis des siècles.

Pour nous, de plus, il sera celui qui, dès 1992, nous disait et nous écrivait, avant sa célèbre formulation : « La maison brûle et on regarde ailleurs » qu'il fallait reconnaître le droit à vivre dans un environnement sain, ce qu'il fit adopter en préambule de la Constitution.

A quand un chef de l'Etat qui fera, de plus, reconnaître le « droit à vivre en paix » comme Jacques Chirac l'appliqua pour l'Irak ? La présence à ses obsèques de tous les anciens chefs de l'Etat vivants est un gage d'optimisme.

La vie continue donc, loin du pessimisme ambiant, avec l'énergie de la sagesse qu'a tenu à souligner Vladimir Poutine dans son message à la France.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 26 septembre 2019

La nuit du 4 août ...

La nuit du 4 août (1789) est presque aussi célèbre que le 14 juillet (1789) dont, il est la suite logique, dans la foulée de la prise de la Bastille. La différence entre les deux est le modus operandi. En juillet 89 la révolte, la violence ; en août l'abolition des privilèges par l'Assemblée nationale. Quelles leçons en tirer pour nos contemporains ? Beaucoup plus qu'on ne le pense ...

Au XVIIIe siècle, les privilégiés étaient la caste aristocratique, contre lesquels la Constituante dans l'article 1er de la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'activité commune » espérait établir l'égalité pour toujours.

On chasse le naturel, il revient au galop.

De nos jours, malgré l'instauration de l'impôt sur le revenu voici un siècle de multiples lois sociales, l'écart ne cesse de s'accroître entre riches et pauvres et le pouvoir en place n'y est pas pour rien, ne serait-ce que symboliquement en ayant commencé son action par la suppression de l'impôt sur la fortune.

Mais les inégalités, les privilèges ne sont que d'un seul côté. Dans le monde salarié même, certains sont « plus égaux que d'autres » selon la formule du regretté Coluche.

Dans une vision simplificatrice, Emmanuel Macron a voulu, fort justement, instaurer un régime universel de retraites par points, en ménageant toutefois ceux qui ont eu des conditions de travail pénibles. De longues négociations ont été menées par Jean-Paul Delevoye afin de faire converger les quarante deux régimes vers un système unique et clair, ce qui implique parfois des sacrifices.

Immédiatement, ce fut une levée de boucliers. Certains parce qu'ils ne pourraient plus partir à la retraite à 52 - 55 ans (RATP, SNCF ...), d'autres (médecins, avocats ...) parce qu'ils craignent que l'on fasse main basse sur la cagnotte de leur régime actuel. Bref, comme toujours dans ce pays il est urgent de ne rien faire.

L'autoproclamé « premier de cordée » aurait du se douter qu'il attaquait l'Everest par la face nord.

Seule la CFDT parmi les syndicats, comme de coutume, accepte le principe de la réforme. Sans cesser de défendre les intérêts légitimes des travailleurs pour autant, mais après avoir constaté, comme Pascal Bruckner l'analyse dans son dernier ouvrage, que l'on vivait plus vieux et plus actif qu'il y a cinquante ans.

Le bras de fer est dès lors engagé. Il n'y aura pas de nouvelle nuit du 4 août puisque la CGT et FO l'ont clairement dit, façon Woody Allen « La réponse est non. Au fait quelle était la question ? » Il faut sauver les privilèges et les privilégiés ; que le chauffeur de bus de Bordeaux ou Toulouse ait sa retraite plus tard que celui de Paris... On n'est pas conservateur mais on ne touche à rien, sinon on déclenche une grève dont les premières victimes seront les salariés « ordinaires » qui, eux, n'auront jamais leur retraite à 50 - 55 ans mais plutôt à 63 - 65 ans.

La question n'est donc plus « droite ou gauche » mais « corporatisme ou pas » ... comme en 1789. La suite dans les futurs livres d'Histoire.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 16 septembre 2019

La pollution publicitaire

Les médias en parlent peu... et pour cause : ils en vivent, au détriment de nos concitoyens et de la langue française. Ils ne vont donc pas se tirer une balle dans le pied en ciblant la publicité excessive dans les articles ou émissions ce fléau qui s'est développé à la vitesse V depuis une trentaine d'année. Leur fric d'abord, les concitoyens après. Comme les constructeurs de « fermes de mille vaches », les éleveurs de poulets en batterie ou où les éleveurs de porcs qui produisent du lisier avant de polluer les côtes de Bretagne avec les mortelles algues vertes. Les droits de l'argent avant les droits de l'homme (ou les droits des animaux).

Toutes les publicités n'agressent pas de pareille façon cependant nos concitoyens réduits au rôle de vulgaire consommateur.

C'est ainsi que si les forêts de panneaux publicitaires enlaidissent la périphérie des villes et des paysages, ce qui a fait réagir nombre d'élus locaux ; que l'on peut tourner les pages des revues qui accumulent les pavés de pub, que l'on peut écrire sur sa boîte à lettre « Pas de publicité », en revanche il est difficile d'éviter le matraquage à la radio et à la télévision y compris sur les chaînes nationales, pourtant financées par une redevance.

Prenez l'exemple d'une marque longtemps inconnue : « Comme j'aime » qui vous abreuve de ses mensonges (lire « 60 millions de consommateurs ») en permanence, du matin au soir sur toutes les ondes, tel le scotch au bout du doigt du capitaine Haddock. Impossible de s'en défaire. Ce produit occupe, de force, votre quart de cerveau disponible comme s'en vantait un ancien président de TF1.

Qu'on le veuille ou non, ils nous font absorber leur bouillie verbale indigeste. Vous passez de BFM à C News, puis LCI, voire France Inter : « Comme j'aime, Comme j'aime, Comme j'aime » ... Une pollution légale

Mais ce n'est pas tout car les « fils de pub » se prétendent « modernes » ou, plus exactement, «américains » et vendent pour les Français (idem en Allemagne, en Italie ou en Espagne) leurs produits en anglais : c'est tellement plus chic et jeune. Voyez Air France, la SNCF, Renault, Peugeot ou Citroën ... Ils font reculer les langues et les cultures ? Ce n'est pas leur affaire car ce qui leur importe, avant tout, est le profit. Maintenant, on ne dit plus « depuis » mais « since ». On ne dit plus « par » mais « by ». Bref ces monstres d'arrogance et de suffisance à l'esprit colonisé nous prennent pour des imbéciles sans que les pouvoirs publics réagissent. Oublié François 1eret l'ordonnance de Villers-Cotterêts ; oubliée la loi Toubon, alors même que son auteur est devenu «Défenseurs des droits » et verse dans un gauchisme vertueux.

Que disent alors les organisations dédiées à la protection de l'environnement ? Rien bien sûr. Car l'art de vivre, la qualité de la vie, le respect des femmes et des hommes d'un pays, ce n'est pas leur affaire. La sauvegarde du patrimoine moral et intellectuel d'une nation ne les concerne pas. Pas plus qu'il n'intéresse les partis politiques de droite ou d'extrême droite comme de gauche ou d'extrême gauche qui se taisent honteusement, lamentablement. Tous se réclament (a posteriori) du Général de Gaulle mais tous enterrent son message fondamental.

Résumons : « il ne peut y avoir qu'une seule politique : celle du chien crevé au fil de l'eau » (qui ne peut plus aboyer contre l'Académie française, hélas en coma profond)

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 1er septembre 2019

Une rentrée à reculons 

On a connu meilleure rentrée que la rentrée 2019, avec son cortège d'incertitudes et de menaces. Ralentissez la vitesse, tenez bien le volant, pied devant le frein par précaution.

En France, les « gilets jaunes » sont toujours en lisière, mais surtout les casseurs qui se cachent derrière eux, prêts à en découdre pour le seul plaisir de détruire avec peu de risques ... La réforme des retraites sera un bon prétexte d'autant que l'on a appris que si les salaires stagnaient, les dividendes des actionnaires en France avaient fait un bond jusqu'à être les plus élevés dans le monde. Une vraie provocation pour les classes populaires.

Dans le monde, les « cinglés » sont de plus en plus nombreux au pouvoir et font courir des risques à la stabilité dont on est en quête depuis 1945.

Donald Trump a donné le « la », tout juste « canalisé » par le G7 à Biarritz. (Mais est-il le pire quand on voit Bolsonaro au Brésil qui, non seulement, fait brûler l'Amazonie, mais insulte les dirigeants d'autres pays, y compris leurs épouses).

En Grande Bretagne, c'est le fou Boris Johnson qui a accédé au pouvoir pour pratiquer un Brexit dur, le 31 octobre, quand les Ecossais, les Irlandais du Nord, les Gallois et les londoniens ont voté pour le maintien du Royaume-Uni dans l'Union Européenne. Pis encore, il envoie, d'office en congés, la Chambre des communes, plus ancien parlement de la planète, pour l'empêcher de s'exprimer librement. Un véritable coup d'Etat.

Petite lueur d'espoir, cependant notre chère mère l'Italie, a renvoyé dans ses vingt-deux mètres l'extrémiste Salvini, lui-même expert en insultes. Mais pour combien de temps ?

Les dirigeants de l'Est, voire la Chine, ont, eux, en bons marxistes encore gardé la tête froide. Le Président français, Manuel Macron semble avoir apaisé Vladimir Poutine dans ses excès en Ukraine, en Crimée voire en Géorgie. Reste à en attendre les preuves tant qu'il soutient le criminel Bachar El Assad et ne joue pas vraiment l'apaisement. Quant aux dirigeants chinois, ils hésitent, pour la première fois de l'histoire d'un pays communiste, à réprimer dans le sang la révolte de la population de Hong Kong.

Reste alors l'Iran pour lequel la France, très active a obtenu théoriquement que son président Rohani rencontre Trump pour régler sur le tapis un différend régional (nucléaire) réel. Cependant, nul ne parle de l'immixtion des Iraniens en Syrie, au Liban, en Irak ... Est-ce tabou ? Pas plus que les Occidentaux ne mettent sur la table les crimes contre l'humanité du régime de Téhéran depuis quarante ans. Tiens, tiens, les droits de l'Homme ne leur tiennent plus à cœur ? Qui va alors poser la question, sinon les militants de la Résistance (l'OMPI) refugiés en France, lesquels ont déjà été les premiers à dénoncer la tentative d'armement nucléaire de leur pays ? D'où la nécessité, comme le fait NDH depuis quatre décennies, de renforcer leur autorité dans leur volonté de donner enfin le pouvoir, la parole au vieux peuple perse dont la culture, notamment celle des femmes est brimée par un islam archaïque.

Bref, à défaut d'être optimistes, soyons vigilants, le feu est à nos portes.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 6 août 2019

Le mal américain

Les Etats-Unis d'Amérique avaient tout pour « régner » pacifiquement sur le monde après la seconde guerre mondiale, puis la chute de l'URSS. L'intelligence d'un Mikhaïl Gorbatchev le permettait largement. Hélas, dans une logique de puissance et non de démocratie, leurs gouvernants successifs ont voulu humilier la vieille Russie, sans même voir la montée de la Chine et l'irruption de l'islamisme sur la scène internationale. Tout sauf une preuve de clairvoyance et d'expérience, après leur expulsion du Vietnam : guerre en Afghanistan, invasion de l'Irak ... Le comble de la stupidité quand Trump, le dernier avorton de la présidence des Etats-Unis insulte le Président Macron pour seulement vouloir imposer aux GAFA de payer leurs impôts dans les pays où ils opèrent avec arrogance, en mode souveraineté « planétaire ».

Aujourd'hui, alors que les peuples se révoltent pacifiquement de l'Algérie au Soudan, de la Russie à Hong-Kong pour plus de démocratie, plus de transparence, le milliardaire aveugle persiste et signe, avec son homologue Anglais Boris Johnson (pas Britannique, car Irlandais, Ecossais, Gallois ... voire « londoniens » ont voté « contre » le Brexit pour demeurer dans l'Union Européenne ...).

On hallucine ! Que chacun lise, ou relise, le livre de Frédéric Pierucci et Matthieu Aron : « Le piège américain » (édition Jean Claude Lattès), 36e Prix littéraire des droits de l'Homme 2019, pour comprendre que les Etatsuniens, dits « Américains » veulent imposer leurs lois politiques, économiques et financières au globe terrestre entier au détriment des droits de l'Homme. Loin de « De la démocratie en Amérique » du cher Tocqueville.

Certes, Russie et Chine, entre autres, ne sont pas exempts de critiques - et NDH est le premier à les contester. Mais là, la coupe est pleine pour ce pays que La Fayette a aidé à s'émanciper avant qu'il ne vienne, tardivement, à son tour, en 1917 et 1943, aider l'Europe à se libérer de l'impérialisme allemand, prolongé par l'impérialisme stalinien.

En interne, la suprémacisme « blanc » s'impose, de jour en jour, à coup de fusillades dévastatrices (contre les juifs, les latino-américains, après avoir parqué les populations indigènes dans des réserves). Dans le pseudo pays de libertés, chacun a le droit d'être armé jusqu'aux dents et de s'attaquer, quotidiennement, à n'importe qui, avec ou sans prétexte.

Le 4 août 2019, à El Paso, ce sont 29 personnes qui ont été abattues, comme des lapins, près de la frontière du Mexique après que Trump, président des Etats-Unis n'ait cessé de vilipender ceux qui, depuis trois siècles, occupaient cette région (le Texas, comme la Californie). Ce n'était que la 251e fusillade de l'année 2019. Et le triste sire qui occupe la Maison Blanche, avec l'ambition d'y rester après 2022, ne demande pas (pas plus que ses adversaires démocrates) la prohibition des ventes d'armes aux particuliers. Il veut même édifier un mur de séparation, comme Netanyahou entre Israël et la Palestine ...

Donc, après la domination physique par la force, la domination par l'argent et la technologie des GAFA ... Où s'arrêtera t'on ?

Dans ce nouveau monde, certes, les droits de l'Homme demeurent encore la boussole philosophique mondiale, mais ce ne sera pas, hélas, sans rapport de force.

L'Europe, la Chine, la Russie, l'Inde ... se doivent dès lors de réagir. Franklin Roosevelt lui-même disait que « les droits de l'Homme doivent passer avant les droits de l'argent ». Ses descendants l'ont bien oublié. Alors, de Gaulle, le retour ? Même si nul n'est prophète en son pays ... Pourquoi pas ? L'homme de Phnom Penh et de Québec savait parler haut et fort, lui.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 22 juillet 2019

Iran : le « miracle » d'Achraf 3

Plus de 200 personnalités, venues du monde entier, en Albanie, près de Tirana ont pu découvrir la cité d'Achraf 3 où des milliers de réfugiés politiques iraniens sont désormais installés, à l'instigation de OMPI, première et plus grande organisation de résistance à la dictature religieuse instaurée en 1979 par l'ayatollah Khomeini, tombeur du shah Mohammad Reza Pahlavi.

Mais cette œuvre singulière a une histoire, une histoire tragique, hélas, qu'un musée des horreurs a rappelé aux visiteurs pour entretenir la mémoire des victimes du fanatisme islamique : photos de jeunes gens pendus en grappes à des grues de chantier ; doigts coupés, yeux arrachés ; emprisonnement dans de véritables « trous à rats » pendant des mois, sans jugement ... Bref un catalogue, preuves à l'appui, de la capacité du régime actuel de Téhéran d'agir « sans foi ni loi » alors qu'il se réclame de l'islam.

A quand un « Nuremberg » pour les auteurs de ces crimes « contre l'humanité » ? Que font les dirigeants démocratiques de la planète, à part contester la nucléarisation de l'Iran ?

Si Achraf 3 est une réussite technique exemplaire, encore faut-il en connaître l'histoire, les origines ...

Pour les novices, il est bon de rappeler que les démocrates iraniens, après s'être opposés, dès l'origine, à la dictature, n'ont eu d'autre choix que de quitter l'Iran pour l'Irak alors sous le joug du dictateur laïque Saddam Hussein. Cohabitation difficile mais nécessaire.

Lors de l'invasion américaine, les réfugiés politiques iraniens ont dès lors été confondus avec les partisans de Saddam, donc des ennemis à abattre par les Etats-Unis qui avaient, sans scrupule, auparavant, violés les résolutions de l'ONU sur le maintien de la paix. En conséquence la zone d'Achraf, en Irak où étaient concentrés les réfugiés iraniens, fut agressée et par les « nouveaux Irakiens », soumis, et par les Américains ...

Toutefois, c'était sans compter avec les convictions et l'ampleur de la Résistance iranienne (OMPI) qui, bien implantée dans son pays, a révélé les plans « atomiques » secrets de Téhéran ... d'où un retournement des Américains à leur endroit qui ont permis aux réfugiés iraniens d'ouvrir un nouveau site de protection (au camp de Liberty-Achraf 2) puis, finalement en Albanie (Achraf 3).

D'aucuns s'interrogeront à juste titre : où est Achraf ?

La réponse est dans l'exposition consacrée à la Résistance iranienne. Achraf est le nom de l'épouse de Massoud Radjavi, un des fondateurs de la Résistance, réfugié en France, à Auvers en 1981 avec l'accord de François Mitterrand, Président de la République. Celle-ci, arrêtée, torturée à mort par les fascislamistes, a laissé son nom comme emblème de la place des femmes dans la lutte des femmes contre le régime. Avec Maryam Radjavi, Présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) la ligne continue : ferme et sans états d'âme ...

Les arrestations actuelles d'intellectuelles à la double nationalité (dont une française) sous le prétexte d'espionnage, l'interception de navires de commerce dans le détroit d'Ormuz, le tir des drônes américains n'y changeront rien. La bande de Téhéran, malgré ses rodomontades guerrières, est aux abois économiquement, financièrement. A moins que Trump, par un retournement dont il a le secret ne change d'avis. Mais on peut en douter tant la guerre en Irak a été une honte pour les Etats-Unis, dont ils ne se remettent toujours pas.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 15 juillet 2019

Tout passe, tout casse, tout lasse... 

« Quand je me regarde, je me désole, quand je me compare, je me console » dit l'adage.

Il ne saurait mieux s'appliquer, en ces temps de troubles, quand tout l'hémisphère nord de la planète se prépare - pour les moins pauvres - à partir en vacances.

En France, vu de l'étranger, on ne parle que de la prise, la main dans le sac, de l'ancien président de l'Assemblée nationale, François de Rugy, qui invitait aux frais du contribuable ses amis pour des agapes royaux, y compris pour la Saint Valentin. Qu'en pensent les « gilets jaunes » qui luttent depuis des mois pour un minimum de justice sociale ? Encore une fois, les droits de l'argent passent avant les droits de l'Homme.

Mais ce n'est pas tout. Le soir du 14 juillet, fête nationale, lorsque tous les citoyens célébraient l'union de la nation autour des valeurs républicaines, une fois de plus, de jeunes Algériens, drapeau vert et blanc brandi à tout bout de champ, envahissaient les Champs Elysées pour hurler leur orgueil après la victoire de l'équipe de football de leur pays sur l'équipe du Nigeria, cassant les vitrines des boutiques, à Paris comme à Toulouse, Marseille...

De quel droit ? parce que l'Algérie passe pour eux avant la France qui les accueille ? Quand, dans leur pays, un manifestant, qui brandirait un drapeau français serait lynché puisque l'on a appris que, outre - Méditerranée, lors des manifestations anti-régime, « les jeunes » se gardent là-bas, de casser, sous peine d'emprisonnement, voire de sortir les drapeaux berbères (amazigh) qui sont pourtant la majorité de la population.

« Vérité en deçà de la Méditerranée, erreur au-delà ». Que sera dès lors la situation, le jeudi 18 juillet, si l'équipe de football algérienne emporte la CAN (Coupe d'Afrique des Nations) ? Les jeunes hurlant, klaxonnant seront-ils encore en pays conquis, comme lors de mariages dans les hôtels-de-ville français ? Mais pourquoi les émigrés portugais, espagnols, italiens, polonais n'en font-ils pas autant ? Et après, ils crieront encore au racisme ...

La gravité du moment ne s'arrête pas là toutefois. L'atmosphère s'échauffe aussi au Proche-Orient où Trump rêve d'en découdre avec les fanatiques tortionnaires iraniens qui maintiennent un des peuples les plus civilisés de la terre sous la botte de leur milice : les pasdarans. En jouant avec le feu on risque l'embrasement de la région, après celui de l'Irak et de la Syrie.

Certes, sur le fond, il a raison. Néanmoins pourquoi tant de modération pour le régime communiste répugnant de Corée du Nord, aussi dangereux que l'Iran et tant d'agressivité vis-à-vis du « fascislamisme » ?

A côté de cela, le Brexit est de la petite bière qui passionne de moins en moins les opinions. A moins que l'arrivée d'un autre fou, Boris Johnson au 10 Downing Street ne jette de l'huile sur le feu.

Pendant les vacances il est interdit de fermer l'œil, sinon le réveil risque d'être douloureux.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 8 juillet 2019

« L'Europe, l'Europe, l'Europe ... »

C'est par cette exclamation célèbre que le Général de Gaulle fustigeait ses opposants, notamment centristes, dirigés par Jean Lecanuet, surnommé la « pintade effarouchée » ou   le «kenedillon », lesquels ne juraient que par des états-unis d'Europe quand le président de la Répu- blique, lui, ne voulait que l'Europe des nations.

Un demi-siècle plus tard, la donne n'a pas changé, mutatis mutandis.A fortioriparce que de Gaulle en refusant l'entrée de la Grande Bretagne dans l'Europe communautaire avait, une fois de plus, été prophète puisque l'adhésion britannique s'est soldée par le Brexit.

Aujourd'hui à la veille des élections européennes l'Union a de nouveau été secouée par la montée des nationalismes italien, hongrois, polonais ... Mais tel le roseau de la fable, elle a plié sans rompre. Et c'est tout à son honneur. Cette Europe, menacée de régression, de dislocation sous les coups de boutoir des lepenistes, des salvinistes a su résister, montrer un haut degré de conscience commune.

Quand les commentateurs ne savaient que critiquer, dénoncer son impuissance à former son nouveau « gouvernement », tel un vulgaire régime parlementaire de la IIIeou de la IVeRépublique, l'Europe issue des élections de juin, comme le phénix, a su montrer son sens des responsabilités pour rebondir, voire renaître ...

En choisissant Ursula von der Leyen, Allemande, francophone, pour succéder à Jean Claude Juncker comme présidente de la Commission, le couple franco-allemand, colonne vertébrale de l'Union est consolidé. En nommant Christine Lagarde pour succéder à Mario Draghi à la tête de la Banque centrale européenne, la parité femme-homme progresse. Mais le renforcement de l'Union ne s'arrête pas là puisque le Belge Charles Michel remplace le Polonais Donald Tusk comme président du Conseil européen tandis qu'un Espagnol, Josep Borrell (qui plus est catalan non séparatiste) hérite de la « diplomatie » européenne avant qu'un Italien, David Sassoli, préside le Parlement des 27.

Les vieux grognons, parmi lesquels nombre de nos amis, devraient donc se réjouir : exit les Britanniques, francophonie renforcée, Europe des nations et non « supranationale » ...

Reste désormais aux Belges à acheter des avions de combat européens (et non américains) comme aux Polonais pour leurs hélicoptères militaires. Chutt ! Il ne faut pas le dire, ou le rappeler ...non sans avoir tiré un grand coup de chapeau à Alexis Tsipras, Premier ministre grec          gauchiste  qui a rétabli la situation économique de son pays « pour et avec » l'Europe, avant d'être défait électoralement par la droite qui avait auparavant ruiné son pays, berceau de notre culture. L'Union s'honorerait en lui attribuant une haute fonction.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 1 juillet 2019

Quel impérialisme choisissez-vous ?

Le monde était autrefois simple. Disons relativement simple. La France, l'Angleterre, l'Espagne se partageaient le monde. Puis vinrent l'Allemagne et les Etats-Unis à la fin du XIXe siècle.

Après 1945, seules survécurent ou surgirent les Etats-Unis et l'Union Soviétique (anciennement Russie). Le partage du monde dura jusqu'à 1989 et à la transition Gorbatchev qui ramena l'empire totalitaire à ce qu'il était : une coquille vide, malgré quelques succès spatiaux historiques.

Alors, la prophétie napoléonienne prit forme : « Quand la Chine s'éveillera... ». Et l'empire du Milieu ressurgit de ses cendres, après avoir été humilié par les Occidentaux, mais plus encore par le Japon.

Il a, jusqu'à présent, toujours fallu choisir son camp quand on n'était pas le premier ou les premiers de la classe. Seul de Gaulle s'y opposé, rééquilibrant les rapports en vogue de son temps en exigeant le départ des troupes américaines sur le sol français et la conversion de nos réserves en dollars (puisque celui-ci était encore convertible - as good as gold :soit 35 dollars l'once à cette époque). Mais tout le monde n'est pas de Gaulle.

L'Europe aurait pu se positionner elle-même (et pas seulement la France) sur cette position indépendante entre les Etats-Unis et l'URSS, puis la Chine, de nos jours. Tel n'a pas été le cas, chaque grand pays européen voulant, fort justement d'ailleurs, ne pas fusionner avec son ancien rival, ce que l'on aurait alors décrit comme la fin des nations.

Il n'empêche. Une coopération européenne, sans aliéner notre indépendance, au service d'un consensus idéologique (démocratie, respect de l'environnement, liberté d'entreprendre, justice sociale ...) n'a pas vu le jour, faute d'un personnage fédérateur d'idées ou d'un Etat dominant les autres.

Résultat : en 2019, tandis que le monde bouge, ni l'Europe ni la France ne font entendre leur voix, pourtant sage, équilibrée, et qui devrait être prophétique dans un monde de brutes où les Américains se veulent les maîtres de l'univers, où Poutine fait encore main basse sur la Crimée, une partie de la Géorgie et de l'Est de l'Ukraine ... Quant à la Chine, ce Raminagrobis, aux multiples vertus, elle attend son heure, patiemment ...

Difficile, dès lors, de tracer une route libre, entre égaux car il n'y a plus d' égalité. Seul un homme ou une femme de caractère le pourrait en bousculant les idées reçues, parvenir à un rééquilibrage durable. Cependant, photographier le passé s'il n'y a pas soif d'avenir, est vain.

Dès lors, faute d'un nouveau de Gaulle, qui parle haut et fort, à quel impérialisme les seconds couteaux doivent-ils s'affilier ? A l'Américain Trump qui écrase ses alliés, vassalise les économies concurrentes, détruit le climat ? A Poutine et à la Russie ex-puissance au PIB inférieur à celui de l'Italie ? A la Chine, puissance émergente qui rentre encore ses griffes mais ne tardera pas à occuper une Russie orientale vide d'habitants ?

Entre la peste et le choléra, on ne choisit pas. Il faut résister. Encore faut-il en avoir la volonté, ce qui ne semble pas évident, à première vue.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 16 juin 2019

Iran : bis repetita ?

La température monte autour de l'Iran et en Iran. La faute à Trump ? Bien sûr, mais d'abord la faute de la junte religieuse au pouvoir depuis 40 ans.

Dans ce jeu de poker menteur, les barbus tortionnaires qui ont dilapidé les richesses de leur pays en Irak, en Syrie, au Liban etc. sont le dos au mur, réduits a quia. Ils doivent partir, comme NDH, le réclame avec l'opposition iranienne depuis quatre décennies. Et il ne faudra pas oublier de les juger après leur chute, même si les belles âmes occidentales protesteront alors au nom du respect des droits de l'Homme qu'ils ont toujours violés. Hélas, nous n'en sommes pas encore là, même si l'on doit s'y préparer.

En revanche, que les Etats-Uniens ne nous refassent pas le coup de l'Irak, où ils ont perdu toute crédibilité depuis « l'invention » de soi-disant armes de destruction massives, comme l'avait dénoncé Hans Blix, rapporteur des Nations Unies, auquel NDH a rendu hommage en lui attribuant, en 2004, son Prix littéraire annuel des droits de l'Homme pour son ouvrage « Irak, les armes introuvables », éd. Fayard.

Trump, en prétendant que ce sont les gardiens de la révolution (pasdarans) qui ont miné plusieurs bateaux (preuves à l'appui, selon lui) joue les apprentis sorciers, à la manière de George Bush Jr. pour pouvoir envahir l'Irak. Ce faisant, il met en cause la paix mondiale car l'Iran est trois fois plus peuplé que l'Irak de Saddam Hussein et la clique islamiste au pouvoir régente des troupes fanatisées que n'avait pas le maître de Bagdad. Les poids sont totalement différents.

Le peuple iranien, enfin, dans ses profondeurs, est lassé des ingérences américaines dans ses affaires intérieures et aspire à une liberté de choix démocratique. Il n'oublie pas que, dès les années 50, en renversant le gouvernement de Mossadegh, les Etats-Uniens ont suscité la haine. Une haine tenace qui peut s'enflammer à tout moment, surtout parce qu'elle est attisée par le fanatisme religieux.

Lutter encore et toujours contre la dictature totalitaire, sans doute. Mais pas par le mensonge et la force.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du  3 juin 2019

Trump la mort au Royaume désuni

La venue en voyage officiel de Donald Trump à Londres tourne au grand guignol. Après avoir injurié avant son arrivée le maire de la capitale, d'origine pakistanaise, prôné un brexit dur alors que la Première ministre Theresa May a démissionné pour cette raison, suggéré la nomination à son poste de Boris Johnson, son alter ego britannique, on ne voit pas ce qui empêche désormais la Grande Bretagne, l'ex colonisateur de devenir le 52eEtat des Etats-Unis d'Amérique, tant le Royaume Uni a perdu tout sens de l'Histoire.

Jadis mère de la démocratie, la Grande Bretagne en est devenue le contre-exemple puisque toutes les nations qui la constituent : pays de Galles, Ecosse, Irlande du Nord ont voté pour rester dans l'Union Européenne mais qu'elles devront cependant la quitter, en même temps que ses deux partis traditionnels, conservateurs et travaillistes s'effondraient.

Que le pays de Winston Churchill, (qui a préconisé l'union de l'Europe dans un célèbre discours à Strasbourg, en même temps qu'il disait plus tard, qu'entre « L'Europe et le grand large, il choisirait toujours le grand large ») assume enfin ses contradictions : l'Angleterre en rejoignant les Etats-Unis tandis que l'Irlande, enfin réunie, le pays de Galles et l'Ecosse resteront intégrés dans l'Union Européenne puisque tel est leur vote démocratique.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 27 mai 2019

Européennes : une démocratie renforcée

Les urnes en Europe, terre natale de la démocratie et gardienne de ce modèle qui continue de guider le monde, même, parfois, avec la plus entière hypocrisie, ont parlé. Et l'on doit être fier d'être européen malgré les remugles de fascisme dans plusieurs pays dont la France et l'Italie, voire la Hongrie. « No pasaran » ! Ils ne dépasseront jamais 25%, sauf rupture du barrage républicain qui va de l'extrême gauche à la droite libérale, lequel a déjà fait ses preuves durant la seconde guerre mondiale.

Restent les commentaires, qui suivent des sondages, erronés pour la plupart.

On est abasourdi et par les résultats et par leur interprétation.

Macron aurait perdu ... alors que sa liste talonne à moins d'un point celle de Marine Le Pen et que cette élection a lieu après 28 semaines de manifestations des gilets jaunes, quand nul n'ignore, de surcroît, que les élections intermédiaires sont toujours perdues par le pouvoir en place.

Les Verts, parti en miettes du fait du départ de tous ses historiques, crèvent cependant tous les plafonds grâce au sérieux de Yannick Jadot jusqu'à devenir le troisième parti de France.

Quant à la France Insoumise et à la droite classique, l'illusion a cessé d'opérer. La « musculation » n'a pas sa place dans la vie démocratique. La « colère permanente », la « gueule » n'est plus une façade présentable au XXIesiècle. Où est l'humour gaullien, mitterrandien ? « Le style, c'est l'homme » ...

On oubliera, pour toujours, les rodomontades de Benoît Hamon et sans doute aussi celles du parti communiste français, ramené, progressivement, de 25% à 2,5%, en croyant que les Français ont oublié qu'il a cautionné l'échec économique de tous les pays où il s'était emparé du pouvoir et approuvé toutes les répressions staliniennes (au coup d'Etat en Pologne de Jaruzelski, en passant, avant, par Budapest, en 1956, et Prague, en 1968).

Mais alors, quid de ce pauvre Parti Socialiste, dont l'histoire et les idées furent si brillantes - de Jaurès à Mitterrand, de Rocard à Hollande (victime de ses propres camarades frondeurs) sans oublier Pierre Bérégovoy et le grand Pierre Mauroy, fils de bûcheron ?

Les nains qui le gouvernent désormais, incapables de choisir l'un d'entre eux pour mener la liste aux européennes 2019, ont fait appel à un « intérimaire du spectacle », qui avait déjà, auparavant, offert ses services en Géorgie, puis en Ukraine, avec, toujours autant de succès. Après, surtout, avoir craché sur François Mitterrand, soi-disant complice du génocide au Rwanda puis sur le Président François Hollande, qu'il a osé néanmoins solliciter, toute honte bue ...

On ne pouvait mieux faire. Le PS a alors atteint le degré zéro de la politique civique (pas politicienne). Sauf pour lui, l'arriviste, que la fusée socialiste a placé sur orbite européenne après ses échecs géorgien et ukrainien, et qui déclare « qu'il a gagné ... parce que les sondages le plaçaient à 5% et qu'il a fait 6,5%, quand le PS faisant 14% en 2014 ». Donc, le schtroumpf opportuniste a perdu la moitié des voix socialistes mais a gagné par rapport aux sondages ! Une grande victoire des forces prolétariennes ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 20 mai 2019

 Affaire Vincent Lambert

                                               « Mon fils, ma bataille » 

L'affaire de l'arrêt des soins à Vincent Lambert, dans le coma depuis dix ans, suite à un accident arrive à son terme, au propre comme au figuré. Elle oppose l'épouse de la victime qui demande la fin du calvaire à la mère de cet homme de 42 ans, réduit sur un lit d'hôpital, à une vie purement végétative tant que la science n'aura pas fait d'énormes progrès dans les décennies à venir.

Comme le chantait notre regretté ami Daniel Balavoine, lui-même victime d'un terrible accident (mortel celui-là) : « C'est mon fils ma bataille » « Les juges et les lois, ça ne me fait pas peur ... ». Et la mère de Vincent Lambert, elle-même, refuse de se résoudre à toutes les décisions de justice, y compris européenne, en appelant finalement à une décision extra-judiciaire ; que dire, « monarchique », du président Macron. Exit alors l'état de Droit. Retour vers un passé archaïque, arbitraire.

D'aucuns, à court d'arguments osent même dénoncer une euthanasie. Et pourquoi pas un Etat nazi tant qu'ils y sont ?

Il faut donc raison garder et la famille de ce malheureux Vincent Lambert devrait adopter une posture stoïcienne devant l'adversité dont les lois ne sont pas responsables. Ce n'est pas qu'une question de croyance, comme l'ont montré les familles des soldats tués au Burkina-Faso, elles-mêmes, croyantes. C'est une question de dignité.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 13 mai 2019

Europe : L'Allemagne et ses vieux démons

                                 Deuschland uber alles

                                               (L'Allemagne au-dessus de tout)

On avait cru l'Allemagne « normalisée » après sa conquête de l'Alsace - Moselle en 1870, sa tentative d'invasion de la France en 1914, puis son invasion totale de l'Europe en 1940, laquelle causa la mort de 50 millions d'êtres humains, dont 7 millions de Juifs dans des chambres à gaz.

Sous la houlette de sages comme Konrad Adenauer, Helmut Schmidt, Helmut Kohl, voire Gerhard Schröder, une nouvelle Allemagne semblait être née, prise de remords pour ses crimes répétés. L'amitié franco-allemande, scellée par le traité de l'Elysée, en 1963 entre de Gaulle et Adenauer, en était le symbole, avant même la réunion des Allemagne, de l'Est et de l'Ouest, malgré une certaine réticence du Président Mitterrand, sans doute adepte de celui qui fut un temps son ami, l'écrivain François Mauriac, lequel n'hésitait pas à dire, lui, de sa voix feutrée : « J'aime l'Allemagne. J'aime tellement l'Allemagne que je suis content qu'il y en ait deux ».

Aujourd'hui, croyant probablement qu'il y a prescription, Berlin réveille les fantômes. Le « couple » franco-allemande bat de l'aile. La chancelière Angela Merkel et son parti, la CDU, n'hésitent plus à contester la France et à se congratuler avec Theresa May, Premier Ministre britannique qui quitte l'Europe. Par des canaux indirects, notre voisin d'Outre-Rhin veut même partager, au nom de l'Union Européenne, notre siège de membre permanent du conseil de Sécurité aux Nations-Unies, afin d'y partager le droit de veto, alors qu'elle ne porte pas les responsabilités mondiales de notre pays, ni ne détient l'arme nucléaire - comme tous les autres membres permanents. L'Allemagne nouvelle réclame en outre le transfert du parlement européen de Strasbourg à Bruxelles ; veut maintenir la loi d'airain d'un déficit budgétaire inférieur à 3% et, cerise sur le gâteau, s'oppose à la France lorsque celle-ci veut fort légitimement que la Grande-Bretagne, qui a choisi de quitter l'Union (contre le vote du Pays de Galles, de l'Ecosse et de l'Irlande du Nord) parte rapidement après la négociation sans faute de Michel Barnier sur le Brexit.

Ne doutant plus de rien désormais, elle voudrait aussi imposer (avec « AKK » future chancelière de la CDU et ancienne présidente de la Sarre) comme successeur à Jean-Claude Juncker, un président de la Commission allemand, de droite, qui ne parle pas un mot de français. Bref, une Europe allemande, en lieu et place de l'ensemble équilibré et pacifié que l'on connait depuis le début des années 50.

Trop, c'est trop et c'est apporter de l'eau au moulin de Philippe de Villiers qui a basé son dernier ouvrage « J'ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu » sur la dénonciation des pères de l'Europe : Walter Hallstein, Jean Monnet, Robert Schumann ... tous ligués selon lui pour arrimer, la France à l'Allemagne et aux Etats-Unis.

Le populisme, tendance Le Pen aurait-il un avenir ? On peut, hélas, le craindre si Emmanuel Macron ne manifeste pas ostensiblement sa fermeté au nom de la France. En clair, sera-t-il Daladier ou de Gaulle ? Affaire à suivre ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 29 avril 2019

La théorie du ruissellement : un assèchement

La philosophie politico-économique du gouvernement de la France, depuis 2017, est, officieusement , celle du ruissellement. Elle consiste à enrichir les riches pour que mécaniquement, de cette richesse accrue des plus favorisés, retombe sur les plus pauvres un surcroît d'avantages par rapport au passé.

Qui ne s'en réjouirait, du moins, du bout des lèvres car, au final, le compte n'y est pas. Dix pour cent de revenus supplémentaires pour un multimillionnaire n'a rien à voir avec dix pour cent de plus dans l'escarcelle, qui plus est, des « salauds de pauvres » (selon la formule de Marcel Aymé) qui ne parviendrait de toutes façons, jusqu'à lui que bien plus tard - et sans intérêt prorata temporis !

Depuis la fin du 19e siècle et la révolution industrielle, qui a vu naître le socialisme, la théorie, acceptée, tant par la droite à visage humain, que par la gauche consistait, pour la gauche, à imposer une justice économico-sociale et, pour la droite, à ne resserrer que l'écart entre les branches de la fourchette haute et basse, de façon à éviter l'explosion politique.
Nous n'en sommes plus là, hélas. Même si le statu quo anten'était pas la panacée universelle, il avait au moins le mérite de tenter de rapprocher nos concitoyens en les considérant comme égaux en dignité. Il n'y avait pas que les riches, invités à être toujours plus riches, pour concéder des miettes supplémentaires aux pauvres laissés pour compte.

Idem dans le domaine de la culture où l'on met le paquet sur nos grands monuments nationaux, en laissant en déshérence le patrimoine local, comme ne cesse de le répéter Stéphane Bern. Le ruissellement y pourvoira ... Les millions de touristes s'agglutinent au Louvres, à Notre-Dame de Paris, au Mont Saint-Michel sans être invités, au lieu de découvrir les trésors de province, faute d'avoir vu sur une chaîne de télévision comme le réclame NDH, dans le cadre de la réforme de l'audiovisuel public, qui fasse découvrir des chefs d'œuvre en péril dans nos régions, ainsi que la capacité de nos artisans d'art qui pourraient ensuite exporter (leurs talents).

Bref, le ruissellement, dans l'économie comme dans la culture, loin d'être une irrigation est un assèchement, une mise en péril de ce qui fut le développement harmonieux et équilibré de ce pays comme de tous les pays, pendant des siècles.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 17 avril 2019

« Notre-Dame incendiée, Notre-Dame humiliée,

Notre-Dame dévastée, mais Notre-Dame sauvée 

par elle-même et par les peuples du monde »

                                                               (cc. Charles de Gaulle)

En regardant, Notre-Dame de Paris en flammes, le monde globalisé est resté muet de stupeur, puis a crié son incompréhension de Marseille à Lille, de Madrid à Londres, de Moscou à Pékin ... Allez comprendre, sauf si vous saisissez le fil de l'histoire des idées.

Notre-Dame de Paris (Marie) dont on ne prononce pas le nom, soit par ignorance soit par pudeur, a choisi d'être immolée durant la semaine sainte qui commémore la crucifixion de son fils Jésus, il y a vingt siècles. Tout un symbole. Plus qu'un symbole après les scandales qui ont éclaboussé une Eglise catholique, incapable de se réformer.

Que ce coup de tonnerre soit enfin entendu par tous. La France de Notre-Dame de Paris a envoyé un message subliminal à son héritière légitime, la France des droits de l'homme, comme au monde, qui a eu l'audace de suivre notre Révolution.

La reconstruction de Notre-Dame de Paris aura lieu, forcément. Mais il ne faudrait plus que cela fut en oubliant le message que porte cet incendie que l'on qualifiera « d'accidentel », pour faire simple. Le hasard, qui l'ignore, n'existe pas.

Puisse cette tragédie être intelligemment interprétée, dans un monde où l'Eglise catholique détient d'un droit spirituel sur Notre-Dame de Paris, afin qu'elle entende l'humble peuple (comme les grands de la planète) dire leur admiration pour ce sanctuaire de toutes les valeurs humaines.

Ne plus jamais oublier Jésus, chassant les « marchands du Temple », (la finance de son temps, qui adoraient encore le « veau d'or ») et les paroles du cardinal Marty, archevêque de Paris, déclarant, en mai 1968 « Dieu n'est pas conservateur ». 

Vox populi, vox Dei. Comprenne qui pourra ...

Pierre Bercis

Président de NDH



L'Edito du 8 avril 2019

Inquiétant Japon...

Les droits de l'Homme sont universels a t'on coutume de prétendre, à juste raison. Mais nul ne doit ignorer leur contestation latente dans le monde, notamment de la part de ceux qui affirment (tout en les saluant, hypocritement) qu'il s'agit d'une invention, d'une construction occidentale, voire chrétienne. Et ils n'auront pas tort dans les faits. Mais est-ce pour autant qu'ils n'auront pas tort dans l'objectif humain, humaniste à atteindre par une société où l'Homme, voire l'animal, le végétal sont respectés, sauvegardés dans leur intégrité originelle, naturelle.

Dans un monde qui s'unifie par ses moyens de transport, de communication, de créations techniques ; qui se rétrécit de fait puisqu'il est contrôlé depuis l'espace en un clin d'œil, il est, dès lors, indispensable d'avoir, tout en respectant les souverainetés nationales, des règles, une éthique commune de Washington à Tokyo en passant par Moscou, Paris et le Caire ...

C'est pour cela que nombre d'ONG, dont la notre, depuis des décennies, avons milité, protesté. Au nom d'une conception unique du genre humain qui pourrait, comme le disait notre ami Paul Bouchet, récemment disparu, si l'on voulait résumer tous les droits en un seul ce serait : « le droit à la dignité ».

Occidental ou non, ce droit fondamental fait loi, fait foi en Amérique comme en Afrique, en Europe comme en Asie,mutatis mutandis, quelles que soient les cultures, les religions, les régimes politiques, avec tout le respect dû au pluralisme qui fait la richesse d'un monde où l'on veut, subrepticement, nous imposer l'uniformité de pensée nord américaine par la langue, la musique, les mœurs.

De ce point de vue, on constatera donc honnêtement la mainmise russe sur la Crimée (tout en chantant les louanges de la culture russe), la main mise de la Chine sur le Tibet (tout en admirant la culture chinoise) etc. Mais l'actualité nous conduira aussi à manifester notre stupéfaction en découvrant l'étrange modus vivendi du Japon, soi-disant « converti » à la démocratie depuis 1945.

Soit, le passé est le passé, comme pour l'Allemagne nazie, le soviétisme et sa dictature étendue à l'Europe de l'Est, la colonisation de l'Afrique ... Encore faut-il, sans oublier les crimes contre l'humanité, ouvrir un nouveau chapitre de l'histoire du monde, en rapport avec la nouvelle réalité des choses, l'évolution technique et morale depuis 1945. Or le Japon, on le découvre petit à petit est loin d'être à la hauteur des normes généralement admises au niveau international.

En premier lieu, ce pays travailleur, de haute civilisation, avant même Pearl Harbor répugne à admettre les crimes qu'il a commis en Corée, en Chine et dans tout le sud-est asiatique. Ce n'est que tardivement qu'il a, du bout des lèvres, reconnu l'abus systématique des « femmes de réconfort » dans les contrées envahies quand l'Allemagne, elle, a depuis longtemps battu sa coulpe.

Sur le plan de l'environnement, ce droit de plus en plus exigible et exigé, le Japon continue à chasser les baleines sous prétexte d'études pseudo-scientifiques alors que la Commission baleinière internationale le lui a interdit comme à tous les pays à des nombreuses reprises depuis des années.

Récemment encore, la presse nous apprenait, force exemples à l'appui, que les enfants issus de mariages mixtes, entre ressortissants nippons et un étranger ne pouvait revoir leur parent étranger, selon le principe de la garde alternée ou du droit de visite, pourtant garantis par une convention internationale. Motif ? La loi japonaise prime sur toute autre règle, même si l'archipel l'a signée en toute liberté.

Actuellement, l'affaire Carlos Ghosn nous a aussi fait toucher du doigt la sauvagerie du système judiciaire japonais alors qu'il est de bon ton, généralement, de ne vilipender que la Chine, « ce pelé, ce galeux ».

Que le patron de Renault-Nissan ne soit pas un petit saint, nul n'en doute. Mais jusqu'à preuve du contraire, il est en droit de revendiquer la présomption d'innocence. L'habeas corpus, inventé par les Anglais, voici plus de trois siècles, selon lequel aucune personne ne doit être incarcérée sans jugement s'applique ou devrait s'appliquer. Or Carlos Ghosn (et il n'est certainement pas le seul, hélas) a été emprisonné, interrogé pendant des jours sans avocat, sans doute au nom du principe inconnu en démocratie qu'est le principe de présomption de culpabilité. Les conditions de sa détention ont été des plus humiliantes, pour lui comme pour tout autre individu d'ailleurs.

Les commentateurs nous expliquent doctement qu'il aurait été libéré rapidement s'il avait avoué plus tôt. Comme autrefois il était préférable d'avouer sous la torture ... Et l'on est bien là sous une forme de torture physique et morale.

Dernier avatar, notre homme, à peine libéré a, de nouveau, été arrêté au petit matin, son épouse humiliée jusque sous la douche. Motif ? Un nouveau chef d'inculpation tiré de derrière les fagots pour les besoins de la cause. Mais surtout, préalablement, parce qu'il voulait tenir une conférence de presse pour s'expliquer publiquement.

Nul ne peut préjuger des fautes réelles ou supposées du patron déchu après avoir redressé Nissan (ce qui est peut-être, aux yeux d'un pouvoir nationaliste son plus grand « crime »). Ce dont on pourra le gratifier cependant tout de suite, c'est d'avoir ouvert les yeux des naïfs occidentaux qui regardaient « le pays du soleil levant » avec bienveillance. « Chassez le naturel, il revient au galop ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 31 mars 2019

Hommage à Paul Bouchet

Paul Bouchet nous a quittés et nous portons son deuil, comme sa famille. Car Paul était aussi de notre famille. Un grand frère toujours à l'écoute, toujours de bon conseil, au franc parler qui ouvrait les yeux et les oreilles des sceptiques par ses convictions solidement ancrées.
De ce fait, il n'intéressait que peu les medias malgré les hautes fonctions qu'il a remplies.

Né en 1924 à Saint Etienne, Paul Bouchet s'est engagé dans la Résistance, dès 1942, au sein du réseau Témoignage chrétien alors qu'il n'a que 17 ans. A la Libération, il participe à la création de l'UNEF (Union Nationale des Etudiants de France) qu'il présidera. Puis, devenu avocat, il défendra nombre d'indépendantistes algériens durant la guerre d'Algérie.

Bâtonnier du barreau de Lyon, il intègre ensuite le Conseil d'Etat et préside la Commission nationale consultative des droits de l'Homme de 1989 à 1996

C'est là où nous avons eu l'honneur de faire sa connaissance et de nouer une relation d'amitié fraternelle.
L'homme, courtois, généreux, à la culture immense ne manquait pas d'autorité cependant. Il suscitait le débat tout en le contrôlant avec humour et fermeté.

Durant ces années, Nouveaux droits de l'Homme, créé en 1977, s'était lancé dans la folle aventure de la rédaction d'une proposition de loi constitutionnelle sous la forme d'un titre II à la Déclaration de 1789, selon la suggestion du professeur Duverger, en application de la motion Mougins de Roquefort, votée par l'Assemblée nationale le 27 août 1789. Humble parmi les humbles, Paul Bouchet vint se joindre à notre groupe de travail avec modestie et talent. Nombre de ses suggestions, observations ont été retenues, d'où le résultat inattendu au niveau parlementaire : 522 députés et sénateurs ont signé notre texte et six groupes l'ont déposé, tant à l'Assemblée qu'au Sénat.

Sans Paul Bouchet, cela aurait-il été possible ? J'en doute et je me souviendrai toujours d'une de ses phrases à graver dans le marbre, tant sa pensée était claire :

« Si on devait faire table rase de tous les droits de l'Homme et n'en garder qu'un seul, ce serait le droit à la dignité ».

Tout ceci se retrouve dans notre site : www.ndh-france.org et ne doit pas être oublié. A fortiori parce qu'en 2008, lorsque Nicolas Sarkozy, Président de la République, a voulu, dans son discours du 8 janvier 2008, mettre en œuvre un projet similaire, Simone Veil, à qui il en avait confié la mission, n'a pas conduit l'affaire jusqu'au bout parce qu'elle n'y croyait pas. Elle nous l'avait d'ailleurs dit en tête à tête. Erreur de « casting ». Paul, lui, aurait mené l'embarcation à bon port.

Mais son action ne s'arrête pas là. Homme de foi convaincu, il accepta, en 1998, de succéder à Geneviève de Gaulle à la tête d'ATD Quart Monde qu'avait fondé le père Joseph Wresinski pour faire reculer ce qu'il était convenu d'appeler « la misère » avant de participer à l'élaboration de la CMU (Couverture Maladie Universelle).

Adieu à toi, frère et ami tout à la fois. Merci pour ce que tu fus comme pour ce que l'on te doit. Tu vas manquer dans ce nouveau monde où tu aurais pu faire entendre un autre son de voix en donnant confiance à tous, du plus grand au plus petit d'entre nous.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 26 mars 2019

Affaire Geneviève Legay : 

le droit et l'honnêteté intellectuelle

« Victime, à tout prix » ! C'est bien ce qui résulte de l'affaire Legay, militante d'Attac blessée lors de la manifestation de la place Garibaldi à Nice.
Certes, on connaissait les excès d'Attac, organisation par définition « contre tout » et qui peine à continuer d'exister. Avec cet incident, qui est d'abord un accident, l'occasion était trop belle de se relancer par le biais médiatique, toujours preneur de scandale. A fortiori avec le soutien de la Ligue des droits de l'Homme, dont la prétention à incarner, seule, la vertu démocratique ne date pas d'aujourd'hui. C'est du Woody Allen pur jus, l'humour en moins : « La réponse est non. Mais au fait, quelle était la question ? »

Accuser la police de violence à Nice, sans preuve, relève d'un automatisme sans rapport avec les règles du Droit qui devrait donner lieu à des poursuites pour dénonciation calomnieuse, ne serait-ce que par principe, sinon, cela signifie que les « fausses informations » (fake news) sont maintenant la règle - et pas seulement dans les réseaux sociaux.

Car quoi, quand une manifestation est interdite, elle est interdite. Quand, dans le cadre des règles légales, le représentant de l'ordre ordonne la dispersion et que cet ordre est ignoré, il s'agit d'une provocation répréhensible qui peut engendrer des conséquences graves dont nul ne peut se prévaloir, sauf à considérer la police comme illégitime et la rabaisser, voire l'humilier ce qui engage sa crédibilité future.

Qu'est-ce qu'une police qui ne peut faire exécuter des ordres légaux ? Autant la supprimer et attendre que les évènements s'aggravant, l'Armée soit appelée à rétablir une situation qui se dégradera naturellement. Avant le règne de l'anarchie (au sens premier du terme) que de cris d'orfraie poussés par les détenteurs d'une vertu autoproclamée en recherche de victimisation.

Mais, heureusement, dans un Etat de droit républicain, la Police n'est pas exempte de soupçons. Au dessus d'elle, il y a la Justice ... qui, en principe, est égale pour tous.

En l'occurrence, le procureur de la République de Nice, Jean Michel Prêtre, a rendu compte des premiers résultats de l'enquête, d'où il résulte, après avoir visionné les films pris sur place lors de la manifestation interdite de Nice que « madame Geneviève Legay n'a pas été touchée par les forces de sécurité ».

Dès lors, de deux choses l'une : ou bien le procureur de la République ment (et il doit être sanctionné parce qu'indigne de ses fonctions) ou bien ceux qui accusent la police, abusivement, de violence illégitime, doivent être à leur tour être poursuivis. Il y va du respect des institutions de la République installées par le suffrage universel.

Prétendre, désormais, afin de se minimiser des accusations grotesques que le gouvernement veut restreindre les libertés publiques (dont le droit de manifester) est plus dangereux encore puisque, nul ne l'ignore, « le ridicule tue ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 18 mars 2019

Ils vont tuer Jaurès ...

Jacques Brel chantait avec ses tripes « pourquoi ils ont tué Jaurès ? » On croyait avoir la réponse. C'est une erreur. La direction actuelle du Parti socialiste vient de le prouver en mettant à la tête de sa liste pour les élections européennes du 26 mai un parachutiste autoproclamé « intellectuel » (dont on ignore l'œuvre).

Car la méthode Coué : « unité de la gauche, unité de la gauche ... » autour de son nombril, sans le moindre commencement de programme, en condamnant la « sociale démocratie collectiviste » ne constitue pas un programme, même un programme « attrape-tout ». Encore moins un projet de société. Encore moins une philosophie. Les autres partis de gauche ne s'y sont pas trompés, eux. 

Certes Raphaël Glucksmann a une expérience : celle de son père André, philosophe maoïste, qui a achevé sa carrière dans la droite ultra libérale. Paix à son âme. Son fils, lui-même, tout à fait « désintéressé » a tenté de faire carrière en Géorgie où son échec l'a conduit à tenter ensuite sa chance en Ukraine. Mais zut, encore raté !

Notre phare de la pensée a tenté dès lors, depuis, de conquérir l'Europe (après la gauche). Rien de moins. D'ailleurs s'il échoue il s'attaquera au monde, probablement. Que les cinq membres permanents des Nations Unies se tiennent prêts. Il faut dire que notre Schtroumpf national, cette fois, est soutenu, avant même qu'on ne voit les ruines fumantes du Parti socialiste, par une compagne qui, elle rayonne à juste titre dans les médias publics (radio et télévision) où elle gobe tout, avec les yeux et les dents. Donc si les deux premiers étages de la fusée ont été d'abord un magnifique raté, le troisième risque en revanche d'envoyer le divin enfant en orbite au parlement européen. Enfin ! élu. Comme tous les autres battus du suffrage par circonscription laissés sur la touche.

D'aucuns diront que le parti de Jaurès, Blum, Mitterrand n'a plus rien à perdre. Et alors ? Est-ce une raison pour lui de cacher sa nudité, sa nullité derrière une feuille de vigne, même pas vierge ? Mieux valait périr dans l'honneur, comme nos polytechniciens sur les bords de la Loire en 1940, que de s'offrir à celui qui n'a pas donné une minute à ce parti, après avoir été rejeté auparavant par les Verts et tous les partis de gauche lesquels, eux, ont su garder leur dignité, fut-ce dans l'indigence. De toutes façons 5% plus 0% fait toujours 5%, voire 3% si le peuple de gauche se venge.

Il n'est pas question pour une organisation des droits de l'homme de mettre un doigt dans la politique politicienne. Comme disait le général de Gaulle « Laissons les faire leur petite soupe sur leur petit feu ». Mais la politique au sens civique, elle, reste pour Nouveaux Droits de l'Homme la voie « royale » pour définir un projet de société, comme en 1789, en termes de droits de l'Homme.

Du temps de sa splendeur, quand le PS n'avait pas perdu son âme, 80% de ses députés signaient notre proposition de loi ad hoc et 62,8% au Sénat. 72,4% à l'UDF à l'Assemblée. Six groupes : trois à l'Assemblée, trois au Sénat déposaient notre proposition de loi constitutionnelle. L'esprit partisan n'est donc pas notre tasse de thé. En effet, la probité, la droiture, l'honnêteté intellectuelle sont le fondement de la démocratie réelle.

Les connexions, les conflits d'intérêts entre partis et médias (comme on l'avait déjà vu pour Strauss-Kahn) ne peut susciter que le dégoût, l'indignation des militants. Ces précurseurs des « gilets jaunes » comprendront que c'est peine perdue que de parler dans leur section, leur fédération si le « national », grâce à l'imposante carrure de l'actuel Premier secrétaire, Olivier Faure, impose pour les élections européennes, un « m'as-tu vu » mao-spontex de droite, comme son père le fut de gauche en son temps, sans consulter la base. Qui plus est après avoir prononcé un réquisitoire, réclamé un droit d'inventaire à l'encontre de François Hollande...

Les belles âmes, la tête basse, rappelleront qu'avant le congrès d'Epinay, le Parti socialiste était déjà à l'étiage mais qu'il avait ensuite tout conquis. Soit. Ce qu'elles oublient de dire, c'est que l'homme qui a alors lancé l'OPA sur le parti de Jaurès en 1969 connaissait la France par cœur, par le cœur, depuis un quart de siècle ...
France Inter, France Télévision, qui n'ont pas dit un mot sur les conditions de l'abandon du « Grande America » par le capitaine et son équipage avant qu'il ne menace nos côtes (au nom de l'information) ne manqueront pas d'inviter à nouveau la tête de liste du ci-devant PS. Pour éviter tout conflit d'intérêt, Madame Léa Salamé, d'ailleurs, restera en coulisse. Ne serait-ce que pour éviter les rires sardoniques des autres partis de droite et de gauche moins bien lotis en arrivistes. Après on continuera à s'étonner de la perte de crédibilité des medias ....

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 11 mars 2019

Le XXIIe congrès ... de l'Eglise catholique !

Qui ne se souvient du XXIIe congrès du parti communiste de l'Union soviétique, en 1956, quand Nikita Khrouchtchev, premier secrétaire, lut son rapport qui était le départ croyait-on, de la déstalinisation. Mutatis mutandis, son pendant dans une autre institution monolithique aurait pus être, quelques années après, le Concile Vatican II pour l'Eglise catholique à l'instigation du pape Jean XXIII, afin de rénover une structure bimillénaire.

On ne poussera pas plus loin la comparaison qui, chacun le sait, n'est pas raison entre deux organisations antagoniques. Car l'une, la communiste, a fauté dès la mort de Lénine, quasiment dès sa naissance après la prise de pouvoir par les bolcheviks tandis que la seconde, bimillénaire, a traversé les siècles avec des hauts et des bas, parfois peu glorieux, qui ont suscité des massacres, des scissions, qu'il est inutile de rappeler tant ils sont gravés dans l'Histoire. Mais globalement, sans se mettre des œillères, l'Eglise romaine a suscité des vocations qui incarnaient approximativement le message évangélique initial jusqu'à susciter la naissance des droits de l'Homme (sinon pourquoi ont-ils surgi en Occident et pas dans les grandes civilisations chinoise, indienne ou africaine ?)

Pas de polémique inutile donc. Par contre, il est urgent de revenir sur le fonctionnement d'une Eglise qui n'a pas su prendre le virage de la modernité démocratique (sans être « stalinienne » pour autant). Le concile Vatican II a accouché d'une souris, comme le rapport Khrouchtchev, lui, a mis des années avant que ne survienne Mikhaïl Gorbatchev. Le monolithisme institutionnel, basé sur l'absence de contre-pouvoir ne peut aboutir à la longue qu'à une cécité collective, à la sclérose quelle que soit la philosophie qu'il porte, bonne ou mauvaise (et l'idée communiste n'était pas encore la pire).

Ce qui interpelle, le plus, actuellement, si l'on approfondit la question posée par le fonctionnement de l'Eglise catholique, au-delà de l'absence de virage démocratique, lié à son ancienneté, c'est l'hypocrisie de nombre de ses représentants qui ont poussé leurs fidèles d'avouer, pour se faire pardonner, le moindre « pêché », la moindre faute dans des boîtes en bois dits « confessionnaux » quand eux-mêmes ne se privaient pas d'abuser des enfants, des religieuses soumises à un vœu d'obéissance ...

Certes, cela ne remet pas en cause les vertus de l'abbé Pierre, de mère Teresa ... dont les actes, le témoignage, en ligne directe avec le message simple, pauvre, du fondateur dont la crucifixion est encore un scandale, deux mille ans après. Ne surtout pas jeter le bébé avec l'eau du bain, confondre les bâtisseurs de cathédrales avec les auteurs d'abus de pouvoir dont les exploits remplissent les colonnes de la presse. Quel rapport, par exemple, entre les moines de Tibéhirine et les archevêques américain, australien écartés par nécessité, et non par conviction, que les enfants doivent être respectés.

Le pape François a une lourde charge, une responsabilité historique énorme. Il se heurte, depuis son élection, au conservatisme de ceux qui l'ont choisi, sans doute, par accident.

Peut être, a contrario, les scandales qui s'accumulent l'aideront-ils à faire la révolution qui s'impose, tant dans un célibat sacerdotal qui n'a pas cours chez les catholiques orientaux, les orthodoxes ou les protestants, qu'en conférant, enfin, aux religieuses les mêmes droits qu'aux hommes (puisqu'elles ont déjà les mêmes devoirs).

Finalement, les scandales à répétition pourraient être un « miracle », une « divine surprise » ... sauf pour les victimes auxquelles la Justice des hommes doit la vérité aux yeux du monde. Au moins, à la différence de la justice divine, a-t-on droit à un avocat dans la justice humaine.

Alors ? Quand l'islam explose, l'Eglise catholique implose ? A suivre.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 4 mars 2019

Féminisation de la langue et régression du français 

L'Académie française, dans un sursaut dont ses fauteuils ont sans doute fait les frais, vient de féminiser nombre de professions : écrivain, écrivaine ; magistrat, magistrate ; avocat, avocate ...

Une grande victoire ! Bientôt, il faudra s'adresser à une avocate en lui disant : « chère maîtresse. » A moins que dans un souci d'égalité salutaire, il n'y ait plus de « cher maître » mais des « madame ou monsieur. »

Trève de plaisanterie, même sérieuse. Mais qui ne sent l'effet de mode dans cette dérive un tantinet démagogique qui implique une réciproque. Par exemple, pourquoi toujours dire une girafe et jamais un girafe ; toujours dire une table, une chaise mais jamais un table, un chaise ? Un vrai scandale sexiste dont sont victimes tantôt les femmes tantôt les hommes.

Bref, les excités du sexe ont gagné une bataille dont les droits de l'Homme, eux-mêmes, font les frais depuis le succès (mérité) d'Amnesty International, qui ne veut connaître que les « droits humains ». Comme si c'était les droits qui étaient « humains ». Comme s'il s'agissait, à l'origine en latin, de l'homme (« vir »), le mâle et non de l'homme (le genre humain) alors que les droits de l'homme, dès 1789 se référent à l'Homme (Homo), à l'instar des droits de l'animal qui englobent les deux sexes, sans discrimination.

On comparera cette bataille d'arrière garde, réussie, avec la guerre mondiale pour le pluralisme des langues, en passe d'être perdue, alors qu'elle est cent fois plus importante. Que dire : fondamentale...

Voyez-vous des agités de la féminisation outrageuse de la langue française, s'exciter autant pour le seul vrai combat qui vaille : le pluralisme culturel, linguistique dans le monde, dont la francophonie est une des pierres angulaires. La version intelligente, intellectuelle de la protection des espèces animales, végétales, qui font la richesse de la planète terre, depuis toujours, mais que l'on voit mise en cause de nos jours. Demain, si l'on ne relève pas le gant écologique, culturel, par appât du gain, à cause de la financiarisation, moult sortes d'animaux, de plantes, de langues auront disparu pour toujours. Les Etats-Unis d'Amérique se seront enrichis ; le monde se sera appauvri. Il sera devenu uniforme, monocolore et ne s'exprimera que dans une seule langue : celle des maîtres de l'univers. Comme au sein d'une caserne, il n'y aura qu'un uniforme, une seule couleur qu'on appellera encore, sans rire, une démocratie, tous les peuples étant au garde-à-vous, risquant des sanctions financières de la part de la justice américaine qui affiche déjà sa souveraineté planétaire vis-à-vis des entreprises qui n'appliquent pas les sanctions émises depuis Washington.

Les pseudo féministes se battent pour la réforme de la langue française mais tous les partis se taisent honteusement lorsque les fils de pub, les commerçants se prostituent au profit d'un seul idiome : l'anglo-saxophone. Qui s'insurge contre la publicité pour les voitures uniquement en anglais ? Qui proteste contre les affichages utilisant le « by », le « since » ? Qui dénonce Air France lorsqu'il s'annonce « in the air » voire la SNCF qui prévoit des « stations helpers ». On en passe et des meilleures ... Couchés, tous couchés, comme des bons chiens de l'Empire afin de gagner, soi-disant, plus d'argent à travers ses « fashion weeks » quand la mode, le luxe, toujours français, est entre les mains de L.V.M.H.

Idem pour l'Europe, une culture plurielle depuis des siècles où, malgré le retrait des Britanniques, à Bruxelles (comme aux Nations Unies, à Genève) deux grandes villes francophones, les porte-paroles ne parlent qu'en anglais comme dans les rapports internes. La diversité linguistique ne mobilise ni les féministes ni les gouvernants.

En appelle-t-on alors, par souci d'un nouveau rapport de force mondial, à la Chine, à l'Hispanidad, au monde arabe ? Peine perdue ... Si vous allez participer à un colloque organisé par cette immense culture qu'est la culture chinoise, en Chine même, on ne vous offre que le choix entre le chinois (soit) et l'anglais malgré vos diplomatiques protestations en faveur des autres langues.

En France, même un Mélenchon, même les écologistes, tenants de la sauvegarde, souvent « populistes » de la protection de la nature dans sa richesse, s'en soucient comme d'une guigne. Quant aux pseudo gaullistes, aux socialistes, aux macronistes, même avec une lanterne, comme le maréchal de Soubise, on les cherche en vain.

Les habitants du fin fond de la France, gilets jaune ou non, n'ont qu'une chose à faire désormais puisque cela ne fera jamais l'objet du « grand débat national », apprendre l'anglais (plutôt que l'espagnol, l'allemand ou l'italien) s'ils veulent suivre la publicité de Peugeot, Renault, Air France ou celle de la SNCF. C'est plus utile que l'informatique. Quand les esprits sont colonisés, il faut se soumettre au maître.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 11 février 2019

 Le néofascisme italien

On ne s'attendait certainement pas à cela de la part d'un grand pays ami, pétri d'Histoire et de culture, dont Rome, la capitale, la Ville éternelle, a dominé le monde connu à l'époque des origines du christianisme, puis rétabli sa suprématie intellectuelle autant que politique, à la Renaissance, à travers Venise.

C'est la Rome antique qui, en nous colonisant nous a appris les règles de base de ce que nous appelons aujourd'hui la laïcité (convivium, connubium, concubium : vivre ensemble, se marier, dormir ensemble). Ce que l'on oublie trop souvent, à l'heure où l'on veut remettre en cause ici la loi de 1905 pour adapter à l'islam - qui interdit les conversions - sans obliger l'islam à s'adapter à la laïcité, suscitant une communautarisme inconnu jusque là en France.

C'est à Rome depuis deux millénaires, qu'un pape argentin, succédant à un Allemand, après un Polonais, ne cesse de prêcher la bienveillance, l'ouverture aux migrants que l'on voit resurgir la bête immonde, sous la forme d'un néofascisme dont on croyait la parenthèse historique refermée.

Après le folklorique Berlusconi vient en effet d'arriver au pouvoir une bande d'individus qui risquent non seulement de conduire l'Italie à la catastrophe économique mais de faire exploser l'Europe dont leur pays est pourtant l'un des six fondateurs à travers un traité qui, justement, s'appelle le « traité de Rome ».

Désormais, pas un jour sans que l'un de ces guignols n'insulte la France ou ses dirigeants, rompant avec les usages diplomatiques que leur pays a pourtant codifiés voici une dizaine de siècles et que l'Europe, puis le monde ont adoptés plus tard.

Quel est le pire d'entre eux ? Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur, vice président du conseil, qui « convoque » (rien de moins) son homologue français Christophe Castaner ? Luigi Di Maio, l'homme lige du clown Beppe Grillo qui a fondé le mouvement Cinq Etoîles et vient, quasi clandestinement en France, bien que vice président du gouvernement italien lui-même, discuter avec quelques « gilets jaunes » afin de jeter, chez nous, un peu d'huile sur le feu ? Giuseppe Conte, le très pâlot président du Conseil, dont on sait qu'il avait falsifié son CV avant d'être nommé ? On remet en cause la liaison TGV du Lyon-Turin ; on accuse la France d'avoir ruiné ses ex colonies ; on dénonce le franc-CFA. N'en jetez plus ...

Comme nous avons coutume de le dire « Rome n'est plus dans Rome » et il faut s'attendre à ce que les relations intra-européennes se dégradent encore davantage dans les mois à venir avant les élections du 26 mai.

Bruxelles s'est montré ferme lors de l'adoption du budget de l'Italie, qui manifestait de singulières dérives en raison de sa dette à hauteur de 130% de son PIB, mettant en danger notre monnaie unique. Soit.

Mais le gouvernement français, lui, sans faire montre de l'agressivité vulgaire des néofascistes italiens se doit aussi d'être intransigeant à l'avenir, sans faire le dos rond. A l'indignité doit répondre la dignité, jusqu'à ce que le peuple de la Botte, lui-même, leur botte ce sur quoi ils sont assis depuis peu ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 21 janvier 2019

Règlements de comptes judiciaires mondiaux

Le phénomène n'a pas encore été étudié par les observateurs économiques et politiques mais il n'en est moins pour autant engagé, avec de fortes chances de s'amplifier : aucun homme ou femme d'affaires, aucune entreprise n'est désormais à l'abri d'attaques ou de représailles à l'étranger sous des prétextes judiciaires plus ou moins farfelus, le plus souvent invoqué étant celui de « corruption ».

Sans doute ce nouveau cours de choses est-il dû à la mondialisation ; une mondialisation encore à l'état primitif, sauvage, incontrôlée : la justice du Far West.

Non que la corruption n'existe pas. Bien au contraire. Elle est très largement répandue, plus dans certaines parties du monde que dans d'autres, comme le démontrent les organisations spécialisées. C'est une véritable gangrène dans les pays les moins développés au détriment des peuples abandonnés à leur pauvreté quand leurs dirigeants bâtissent des fortunes qu'ils investissent à l'étranger dans des « biens mal acquis ».

Ce que l'on voit naître actuellement est cependant différent sous un vocable identique de « corruption » ...

En premier lieu, ce sont les Américains qui ont ouvert le feu en taxant les entreprises étrangères sous n'importe quel prétexte, comme celui d'avoir passé des marchés avec l'Iran, au ban des nations, en dollars. Selon la Justice américaine, qui utilise le dollar relève de la souveraineté des Etats-Unis. Rien de moins ...

Sous cette argutie fallacieuse, ou avec des variantes, la BNP, Total se sont vus imposer des amendes de centaines de millions. Idem pour les entreprises allemandes menacées aussi pour le gazoduc russe Nord Stream 2. Des sommes colossales qui viennent remplir les caisses de l'Etat fédéral américain. Pire encore, c'est un cadre supérieur français d'Alstom, Frederic Pierucci, qui, en 2013, a été arrêté à sa descente d'avion à New York, retour d'Indonésie et a été traité comme un criminel, sans jugement, incarcéré deux ans dans une prison de haute sécurité, parce que, en fait, General Electric voulait acheter une partie de l'entreprise française, ce à quoi s'opposait le ministre français des finances, Arnaud Montebourg. En fait, donc, un chantage. Les Américains ne se veulent-ils pas les maîtres du monde ?

Pendant ce temps, que font les Européens ? Rien ils font le dos rond, encaissent et décaissent des centaines de millions, toute honte bue ...

Par contre le même régime arbitraire et arrogant appliqué aux Chinois ou aux Russes n'a pas du tout les mêmes effets. Ainsi, lorsque les Canadiens ont arrêté une dirigeante de la firme chinoise Huawei, sur mandat d'Interpol à la demande de Washington, comme par hasard, un Canadien a été arrêté à Pékin et condamné. Il servira de monnaie d'échange.

Œil pour œil, dent pour dent. Avec les régimes forts, on ne fait pas dans la dentelle. A Moscou, Paul Whelan un Américain venu à un mariage, a été arrêté pour espionnage.

On pourrait, mutatis mutandis, en dire autant de l'affaire Ghosn au Japon.

Certes, Carlos Ghosn n'est pas un ange et un certain nombre d'accusations portées contre lui sont crédibles. Mais il est curieux que le conseil d'administration de Nissan n'ait rien su en interne, depuis plusieurs années, ce qui est une complicité de sa part, qui devrait donner lieu à des poursuites. Or tel n'est pas le cas.

En tout état de cause, au regard des règles de Droit admise au niveau international, est-il acceptable que cet homme, fut-il un patron, soit arrêté, incarcéré dans des conditions réservées aux pires voyous, interrogé sans avocat ? Est-il normal qu'il ne soit pas mis en résidence surveillée avec une caution monumentale, ce qui aurait préservé son honneur et sa dignité ?

Bref, la vie économique internationale a totalement changé. De l'impunité totale, quand les requins étaient libres de leurs mouvements, on avance vers un nouveau monde où l'arbitraire, les intérêts seuls décident : un monde incertain jusqu'à ce que les rapports de force politiques, économiques accouchent dans les années qui viennent d'un modus vivendi après des années de bras de fer.

Pour cela, la Chine peut être plus utile que l'Europe qui se tait, voire se couche et passe sous les fourches caudines de la première puissance économique actuelle. Alors cachons-nous derrière l'empire du Milieu, lâchement. Le Droit ... est un rapport de force !

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 5 janvier 2019

 2019 - L'accouchement d'un nouveau monde

De manière cyclique, depuis qu'il y a une Histoire des hommes, on annonce la naissance d'un «nouveau monde » dont le plus célèbre fut, sans doute, en 1492, la découverte de celui qui fut appelé ensuite « l'Amérique ».

Espoir d'un retour au paradis perdu (un monde meilleur, débarrassé du mal) ? Sans doute.

La réalité cependant est tout autre. L'accouchement en effet se fait toujours dans la douleur, comme une sorte de fatalité. Une lutte entre l'ancien monde qui ne veut pas mourir et le nouveau, qui peine à se définir. Et pour cause : le nouveau monde sera-t-il meilleur que l'ancien ? On peut à ce sujet s'interroger ...

Actuellement, en ce début d'année, la mondialisation est en cours depuis deux décennies, avec son cortège de bouleversements auxquels beaucoup ne sont pas prêts : les frontières sont tombées, les avions sillonnent le ciel d'un bout à l'autre de la terre, la société est devenue « de consommation », le capitalisme de créatif n'est plus que financier ; tout passe par la dématérialisation numérique ; les océans, dont nous sommes sortis il y a quelques millions d'années, voient surgir des continents de plastiques ... Et, le pire, probablement, le réchauffement climatique progresse inexorablement.

C'est cela le « nouveau monde », à l'aube de 2019 ?

Politiquement, les dirigeants de la planète, pour ne pas être en retard, dans une concurrence généralisée, prennent les mesures les plus drastiques qui soient, sans la moindre humanité, suscitant des combats que certains qualifieraient « d'arrière garde » (comme on le voit en France, toujours à la pointe de la révolte).

Les « gilets jaunes » sont, objectivement, des ringards qui contestent la technocratie. En même temps qu'ils ont parfaitement raison. Ils représentent, sociologiquement, une « gauche conservatrice », avec ses ambigüités.

Les accoucheurs du « nouveau monde », tout numérique, tous issus de la bourgeoisie, ne savent pas ce qu'est la précarité, les fins de mois au 15 de chaque mois, les loyers qui ne cessent de monter, comme les retraites fondantes ... Ils vivent dans leur bulle et pratiquent l'accouchement au forceps ou avec césarienne.

D'où la réflexion, mille fois entendue : « C'était mieux avant ». Et qui ne le comprendrait ?

Longtemps, en France, le gouvernement conçu par Emmanuel Macron, dès son élection, en 2017, a cru à une voie royale (au sens propre et au sens figuré). Il faut dire qu'il n'y a plus l'abbé Pierre pour fustiger l'arrogance du pouvoir. Même Coluche, ce lanceur d'alerte unique en son genre, ce saint laïque, n'a pas engendré de descendants capables d'humaniser le nouveau monde, d'apaiser la transition.

Restent, dès lors, les « gilets jaunes ». Mais, tiens, au fait, Michel Colucci, sous sa salopette rayée bleu-blanc ne portait'il pas déjà un t-shirt « jaune » ? Un prophète. Avec la même gouaille populaire que les protestataires actuels.

Allez, jouez-nous Dvorak et sa symphonie du « Nouveau Monde » pour oublier la douleur...de l'accouchement du nouveau monde.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 17 décembre 2018

Sauvez la loi de 1905!

Il peut paraître dérisoire, voire ridicule d'appeler à sauver la loi 1905, dont on ne parle pas sauf dans les cercles du pouvoir, quand le pays est encore en insurrection citoyenne contre les inégalités économiques et sociales voulues par un Exécutif dont le pêché originel, un pêché «capital » (au sens propre comme au sens figuré) est la suppression de l'impôt sur la fortune (ISF) auquel même les gouvernements de droite n'avaient pas osé s'attaquer. Dès lors, le slogan« le président des riches » a fait florès et collera à la peau d'un jeune chef de l'Etat qui avait suscité bien les espoirs dans la déliquescence des partis traditionnels. Même sa réforme au forceps de la SNCF était passée comme une lettre à la poste, avec le soutien tacite de l'opinion.

Aujourd'hui, il faut donc se méfier des coups qui se préparent dans l'ombre. Parmi ceux-ci, la réforme d'une loi historique pour intégrer l'islam en France. Comme si c'était à la France et aux Français de s'adapter à l'islam et non à l'islam de s'adapter à la France et aux Français, comme l'ont fait juifs, bouddhistes ... et sans religion.

L'islam est-il persécuté dans notre pays alors que fleurissent les provocations islamiques en tous genres ? Tête de femmes « empaquetées », refus de serrer la main aux femmes, refus de prendre un prénom français, discriminations dans les cantines scolaires, refus de l'enseignement de l'Histoire de France, prêches anticiviques, prières de rue (sans même aller jusqu'aux attentats dont les auteurs trouvent leurs bases arrières dans un terreau essentiellement musulman, jusqu'à fournir des recrues à DAECH ...)

Les naïfs, selon notre vieille tradition judéo-chrétienne, reprise par les gauches (socialistes et communistes) battent leur coulpe. Nous sommes forcément responsables, voire coupables. Même les trotskistes investissent des femmes voilées aux élections. Notre faute ? Les musulmans seraient discriminés. La preuve, beaucoup habitent les banlieues déshérités ... Comme si les précédents migrants portugais, espagnols, polonais, italiens ... n'avaient pas, à leur arrivée, logé dans les quartiers déshérités, sinon dans les taudis, au sein de bidonvilles que notre ami Chaban-Delmas, Premier Ministre, a fait « raser » en douceur. Ce qui était évidement plus facile car ils n'étaient pas barbus ...

Au-delà des convictions qui appartiennent à chacun (loi de 1905 oblige) il s'agit d'un fait culturel qui implique le refus d'intégration pour la plupart. Voyez le sort réservé aux non musulmans dans les pays sous leur règne. En Egypte, en Irak, en Algérie. Même le grand Malek Chebel l'a reconnu publiquement. « Il n'y a pas un pays où l'islam soit majoritaire où il y ait la démocratie ». Pendant des siècles d'immigration, les familles admises à s'installer en France ont-elles été discriminées ou favorisées ? Quelle que fut leur couleur, leur religion ... La République est laïque point barre, comme le traduit la loi 1905 actuellement remise en cause. Entendez-vous, même de nos jours, parler des Africains subsahariens, des Asiatiques, pas plus qu'auparavant des émigrés de religion juive ?

La révision de la loi de 1905 est donc un casus belli communautariste qui rompt avec la tradition d'accueil de ce pays et aboutira peut-être ensuite, comme en Grande Bretagne à ce que ce soit les imans qui règlent les questions d'ordre civil (mariage, divorces ...). Surtout n'épousez pas un non musulman ou musulmane ! C'est la loi islamique qui doit prévaloir au dessus de la loi démocratique et républicaine.

Résultat, l'extrême droite en fait ses choux gras et progresse dans un pays qui n'a surtout pas besoin de cela. On marche sur la tête. Ce n'est pas au gouvernement républicain d'organiser l'islam de France.

Les mauvais esprits ne manqueront pas de susurrer que c'est parce que la religion chrétienne rejette l'islam ... Tiens ? Cela voudrait donc dire que la majorité de nos concitoyens sont restés in petto des chrétiens cachés, des catacombes ? Des chrétiens « culturels » qui n'osent pas l'avouer ? Peut être parce que cette religion de nos ancêtres prône la paix, l'amour, la fraternité ... donc ce qui a provoqué chez nous la Révolution de 1789, puis de 1848.

Si les organisations de gauche, laïcardes ont abdiqué, qu'elles se ressaisissent et « bouffent » de l'islamisme, comme autrefois elles « boufferaient » du curé. Cà n'avait pas nui à la France, après tout.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 19 novembre 2018

Gilets jaunes : un canard sans tête

La révolte spontanée des gilets jaunes a quelque chose de sympathique, de naturel puisque organisée en dehors de tout appui politique, syndical ou associatif. Il y a du 68 dans ce mouvement, quoique 68 ait été encadré par les syndicats puis, un tant soit peu, par les partis politiques. Mais il y a aussi un tantinet de jacquerie, voire de poujadisme dans cette soudaine poussée de fièvre en dehors des cadres de la démocratie établie. C'est pourquoi, en même temps qu'il faut entendre ce cri du cœur, il faut aussi le replacer dans le contexte politique et économique de ces dernières années. En effet, si se révolter contre le prix jugé excessif de l'essence se comprend, il faut non moins naturellement se demander si l'on veut, oui ou non, engager la transition énergétique au-delà des mots.

Certes les classes moyennes françaises ont été trompées par tous nos gouvernements, de droite comme de gauche qui les ont poussées vers le diesel à bas prix. Mais aujourd'hui, il faut enclencher la marche arrière, dans l'intérêt de tous, que cela plaise ou non. La révolution écologique doit se mettre " en marche " au plus tôt.

Chacun le sait, depuis toujours, les taxes sont injustes puisqu'elles frappent proportionnellement davantage le pauvre que le riche, à la différence des impôts directs. Toutefois, en matière de carburant, y a-t-il possibilité de faire autrement, sauf à indemniser, comme le gouvernement Philippe le propose, les utilisateurs d'un véhicule pour raisons professionnelles, qui résident là où il n'y a pas de transports en commun ?

En ce sens, la révolte des gilets jaunes aura été un succès et un modèle du genre, principalement dû aux réseaux sociaux. 
Au-delà de ce phénomène nouveau, qui risque de se reproduire pour toutes autres causes à l'avenir (et qu'il est intéressant d'analyser pour les années futures) il est également opportun de constater que cet accès de fièvre survient moins de deux ans après l'élection présidentielle, comme Emmanuel Macron a directement pu le constater lors de ses contacts directs avec la population durant sa tournée dans l'Est et le Nord à l'occasion des célébrations du 11 novembre.

Qui s'en étonnerait après qu'il ait lui-même déséquilibré la plate-forme sur laquelle il avait été élu ? Il se présentait, issu d'un gouvernement socialiste, " ni droite, ni gauche ". Or il a manœuvré le paquebot « France » à droite toute. Pardon "à tribord toute" ! Tout pour les plus riches, des miettes pour les plus pauvres. Les salaires des patrons du CAC 40 flambent quand les plus faibles revenus plafonnent jusqu'à être étranglés.

Même Dominique de Villepin, aucun Premier Ministre de droite le dit : " La suppression de l'impôt sur le fortune a été une erreur ". Plus psychologique, politique d'ailleurs que financière, fiscale.

Les gens de gauche, qui ont cru un temps à l'énergie, à la jeunesse réformiste du futur Président Macron en 2017 se sont sentis dupés. Et comme dans la fable du bon Jean de La Fontaine " Le corbeau et le renard " jurèrent, mais un peu tard, qu'on ne les y reprendrait plus. Jamais ils ne reviendront dans le giron d'un homme qui les a trompés et qui a trompé les classes populaires. Sa seule chance serait que, si les gilets jaunes sont un canard sans tête, à l'instar de la droite et de la gauche traditionnelles, par défaut, il puisse se maintenir avec un taux de participation électorale plus bas qu'il n'a jamais été dans une démocratie majeure.

En définitive, à l'issue de ce quinquennat il n'y aura eu qu'une victime : la République.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 12 novembre 2018

14 -18

Les célébrations commémoratives de la grande guerre s'achèvent avec le rassemblement de plus de 70 chefs d'Etat et de gouvernements à Paris à l'invitation du Président Macron. Ce fut l'occasion de rappeler à tous les Français, et surtout des plus jeunes, ce que fut le sacrifice de toute une génération sur l'autel de nos libertés. Il ne s'agissait donc pas seulement d'honorer la mémoire des morts mais aussi d'un acte pédagogique fort à destination de nos contemporains.

On comparera, d'un seul coup d'œil, l'écart qui sépare la grandeur de nos concitoyens de cette époque quand les « hussards noirs de la République » étaient écoutés et respectés avec les temps actuels où il n'y a plus de devoirs mais uniquement des droits ; où ce sont les jeunes qui interpellent leurs enseignants ; où la violence privée contre les pompiers, les médecins, les forces de l'ordre ... est banalisée.

La disparition du civisme, naturel au début du siècle dernier ; un civisme qui tend à être l'exception et non plus la règle, favorise la montée de la droite extrême, voire de l'extrême droite. Un appel à une certaine forme d'autoritarisme se fait dès lors sentir pour retrouver une société de paix.

Puissent les célébrations de la guerre 14-18 et des sacrifices qu'elle a engendrés, avoir réveillé les consciences un peu déboussolées du début de ce millénaire.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 15 octobre 2018

France Inter, Première radio gaucho-américaine 

 de France

A chaque grève nationale ou grève corporative, France Inter est la première radio de France à débrayer, soi-disant dans l'intérêt de ses auditeurs ... qui ne demandent que cela, probablement.

Question de tutelle abusive dans une radio de service public ? Question de salaires ? Difficile de le savoir tant les motifs sont obscurs. A la façon de la CGT, la seule chose que l'on sait, c'est que France Inter est « contre ». On frise le Woody Allen : « La réponse est non. Au fait quelle était la question ? »

Mais qui ne comprendrait ces malheureux salariés victimes d'un employeur

« réactionnaire », chez lequel le droit de grève est sans risque. Qui ne voit la différence avec d'autres medias de l'audiovisuel (RTL, Europe 1, TF1 ...) où la grève n'est pas prohibée bien qu'ils n'y recourent jamais, sans doute parce que leurs patrons « gauchistes » les rémunèrent grassement.

Qu'importe l'actualité, comme à la SNCF, et toujours dans l'intérêt des usagers (qui n'ont leur mot à dire) France Inter cesse le travail d'information qui est sa première mission à la première occasion. Un grave attentat, une catastrophe naturelle, un changement de gouvernement, un accident majeur ? Les camarades sont en grève. La mission à la fois d'information et de service public passe après. Ah, mais ...

Vite, vite, que le CSA nomme Philippe Martinez à la tête de France Inter, ce sera plus simple et plus direct. Après on pourra supprimer d'excellentes émissions comme « La tête au carré « de Mathieu Vidard ou « La preuve par Z» de Jean-François Zygel, « Le téléphone sonne » qui vous font préférer, tout de même, le service public, bien que la publicité pour les chaussettes y envahissent les ondes vingt fois par jour.

N'exagérons pas cependant. France Inter n'est tout de même pas la radio CGT (façon SNCF) que les Français rejettent pour non respect d'une mission de service public dévoyée. Loin de là. France Inter compense largement en étant tout tourné vers son idéal culturel anglo-saxon, voire anglo-saxophone. C'est le rêve américain. Ecoutez à toute heure du jour et de la nuit, vous n'avez droit, selon ses programmateurs, qu'à des artistes américains ou anglais, ce qui est quand même plus valorisant, plus classe que les chanteurs, musiciens brésiliens, argentins, africains ou asiatiques. Il faut faire « jeune ». Quant aux chanteurs francophones, ils sont purement et simplement considérés comme ringards par cette gauche américaine. La nouvelle génération ne connaitra jamais Brassens, Trenet ...a fortiori Gilbert Becaud, Brel ... Oui, bon, un peu mais pas trop.

Pour nos programmateurs obnubilés par la grande Amérique, comme les pétainistes par l'Allemagne en 1940, courrons au devant de la victoire, on aura une place privilégiée après. Exit Carlos Gardel, Amalia Rodriguez, Chico Buarque ... Vive la mondialisation et la colonisation, camarades. D'ailleurs, pendant les grèves à répétition, c'est l'occasion ou jamais de tartiner en artistes anglo-saxons (paroles et musique).

Comme on comprend ces programmateurs, si peu intoxiqués, au point que les chanteurs italiens sont mis au rencart par avance. Idem pour les espagnols depuis la retraite de Julio Iglesias.

Pas d'inquiétude toutefois, à France Inter, nous reste entre deux grèves la publicité pour les chaussettes. Une grande victoire des forces prolétariennes très « bon chic, bon genre » puisqu'on ne cesse de se remercier, de se congratuler jusqu'à énumérer le nom du moindre technicien, voire, une fois, de la femme qui apportait les croissants. Il va falloir aussi chez Airbus afficher à chaque vol le nom des techniciens qui ont construit l'aéronef ou chez Peugeot, apposer une plaque sur chaque véhicule pour dire qui l'a conçu, telle ou telle année. Plus demago, tu meurs ! Nombril oblige ...

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 1 octobre 2018

L'Edito du 2 août 2021

Avec un enthousiasme modéré mais réel, la France a élu en 2017, un jeune Président de la République qui avait un boulevard devant lui. C'était le miracle français qui, à travers l'Histoire de Jeanne d'Arc à de Gaulle en passant par Clemenceau et le jeune Bonaparte se manifestait encore par surprise, toujours au moment opportun.

Tant qu'il s'est agi de remettre en cause les vieilles structures sclérosées, les vieux appareils comme la SNCF, les blocages automatiques du plus ancien syndicat salarié de France, nos concitoyens ont suivi en comptant les points. N'était-ce pas ce qu'ils attendent et qu'aucun des prédécesseurs du nouvel élu n'avaient pas pu ou osé faire ? Ils n'avaient pas grand'chose à redire au style, comme lorsque le Général, après 1958 a reformé « sabre au clair ». A chacun son style. « Le style c'est l'homme », on le sait.

En revanche, dès que nos chers Gaulois, qui ne détestent pas les réformes, ont commencé à comprendre que le char de l'Etat n'était conduit qu'à droite, que les cadeaux non pas aux entreprises mais aux plus riches, étaient accompagnés d'un prélèvement sur les plus âgés, retraités aux maigres ressources, la courbe de popularité d'Emmanuel Macron s'est affaissée plus rapidement que celle de ses prédécesseurs. Ce n'est pas la CGT, à défaut d'un Parti Socialiste exsangue, qui l'a fait chuter mais c'est lui-même, avec le concours inattendu du serpent Benalla, lové dans tous ses faits et gestes.

Sa chance est qu'à l'international, nos partenaires traditionnels soient eux-mêmes vilipendés : en Allemagne et en Italie, en Grande Bretagne et aux Etats-Unis, en Espagne et en Russie ...Mais le malheur des uns ne fait pas le bonheur des autres.

En France, malgré nos défauts congénitaux, nous avons des principes, fruits de notre longue et passionnante Histoire. L'égalité est le plus important d'entre eux et ce principe est mis à mal de mois en mois.

Si la classe politique, aujourd'hui au rencart, avait des défauts patents, qu'elle était suffisante, à tout le moins, elle n'était pas arrogante. Elle savait écouter, distiller, comprendre, hélas, sans avancer suffisamment.

Restent quatre années pour reprendre la main, ce qui est largement suffisant quand on compare au peu de temps qu'il a fallu à Mendès-France, de Gaulle ou Mitterrand pour mettre le pays dans la droite ligne de la réforme. Mais chacun d'entre eux, auparavant avait « blanchi sous le harnois ». Il est donc urgent d'attendre.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 17 septembre 2018

Un monde déstabilisé

Grand angle ou zoom, ce que l'on voit à travers le viseur, en France ou dans le monde, en cette rentrée 2018-2019 est partout identique, chaotique, déstabilisé.

L'évènement majeur, parfaitement identifiable désormais, est le dérèglement climatique qui donne à penser, au-delà de la folie de Trump, que quoi que fassent les autres dirigeants, il sera quasiment impossible de redresser la courbe des températures, à court ou moyen terme. D'aucuns diront que ce n'est pas la première fois que la planète est soumise à rude épreuve puisque, il y a bien longtemps, la Terre n'était qu'un vaste océan, puis une mer de glace d'où sont sortis les poissons, vite transformés en reptiles avant que n'apparaissent des animaux gigantesques, voire monstrueux qui ont tous disparu. Notre globe a survécu néanmoins. Et s'il en allait de même à notre époque ? Non pour réduire le projet mondial issu de la COP21, comme le veut le malade de la Maison blanche, mais pour relativiser la perspective catastrophique que certains pronostiquent, en prophètes de malheur.

Politiquement la situation planétaire n'est guère meilleure.

Dans le monde, Poutine reste indéboulonnable, au service des pires causes, comme son soutien au tyran Bachar El Assad, son ingérence en Ukraine, une répression intérieure « à l'ancienne », tandis qu'Erdogan en Turquie, assoit sa dictature islamique.

L'Europe, de son côté, continent où la raison prévalait depuis 1945, se délite à grande vitesse : Brexit chauvin à l'Ouest, montée des nationalismes à l'Est (Hongrie, Pologne ...) jusque dans la botte italienne où des toqués sont parvenus au pouvoir à cause de la crise migratoire que la naïveté des autres responsables, allemands ou français, n'ont pas su anticiper faute de vision ... et de carrure. De Gaulle aurait encore pu s'écrier, avec sa gouaille : « mort aux cons ».

Les peuples, tous les peuples, sont désabusés, aigris. Comme les grenouilles de la fable de La Fontaine, ils se cherchent donc un roi ...

Dans l'Hexagone, lassés de politiques de droite ou de gauche « petit bras », les Français ont cru, en 2017, s'être trouvé celui qui reprendrait le flambeau de la France historique. Hélas, les premiers résultats sont loin d'être à la hauteur de l'enjeu. Le président Macron a vu son aura se rétrécir comme peau de chagrin. Trop d'arrogance, de suffisance, de déséquilibres au profit des riches, voire des plus riches, comme dit François Hollande.

Certes, il n'est pas trop tard, mais son embardée à droite va nécessiter un coup de volant à gauche qui, même à 80 à l'heure, va faire tanguer le char de l'Etat.

Un seul espoir, sous toutes les latitudes : puisqu'après les nuages vient forcément, tôt ou tard le soleil, attendre ... pour « renouer la chaîne des temps » selon la formule de Louis XVIII.

Trump pas plus que Poutine n'est éternel ; l'Afrique saura, elle aussi, se débarrasser de dirigeants corrompus qui s'enrichissent tandis que leurs populations appauvries fuient vers le Nord au péril de leurs vies.

Lorsque l'on tombe du centième étage, on peut toujours crier en passant devant le cinquantième : « jusqu'ici tout va bien ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 2 septembre 2018

Hommage
        C'était Jean-Louis Frot ...

Jean-Louis Frot, ancien maire de Rochefort, Vice-président du Conseil départemental de la Charente Maritime nous a quittés. Il était le meilleur d'entre les meilleurs.

Membre de NDH depuis la première heure, en 1977, homme politique sans être politicien, il était l'incarnation du civisme actif, respecté de tous et d'abord de ses concitoyens parce que chacun était conscient de sa droiture et de ce qu'il lui devait.

Grand sportif, féru de cinéma (avant sa nièce la grande Catherine Frot) camarade de lycée du regretté Michel Crepeau, Jean Louis a toujours repoussé les honneurs, refusant d'être parlementaire pour se consacrer à sa tâche d'élu de terrain quand une voie royale lui était ouverte.

Si Rochefort est aujourd'hui une ville tant appréciée, voire recherchée, c'est grâce à cet homme qu'il est un privilège d'avoir connu dans son action comme dans ses œuvres. Car cette cité n'est pas que celle de Colbert, La Fayette et Pierre Loti. Même s'il est aussi leur continuation dans notre histoire.

De la demeure extraordinaire de Pierre Loti, il fit un musée à la gloire de cet écrivain hors du commun, que Stéphane Bern s'est récemment engagé à restaurer en présence du président de la République. Ce qui avait permis au jury de notre prix littéraire des droits de l'Homme, présidé alors par l'écrivaine Janine Alexandre-Debray, de s'y réunir solennellement après qu'avec nous, il y ait célébré le 25e anniversaire de Demoiselles de Rochefort en présence de Catherine Deneuve, Michel Legrand, Agnès Varda, Erick Orsenna...

Homme de culture, Jean-Louis Frot entreprit aussi la restauration de l'immense Corderie Royale que nos voisins allemands avaient détruite avant de partir en 1944. Et comme ce « diable » de Jean-Louis n'était jamais à cours d'idées, il lança, à côté, la reconstruction de l'Hermione, la frégate de La Fayette qui allait l'amener en Amérique pour aider Washington à se libérer du joug anglais, trouvant en Benedict Donnely, une véritable cheville ouvrière pendant toute la durée de la mise en œuvre.

D'autres, avec Dominique Bussereau, « patron » du département souligneront l'action de Jean-Louis Frot pour l'industrialisation de sa ville lorsque la marine se dégagea de ce qui fut le premier port militaire français de l'Atlantique (d'où partit Napoléon après Waterloo) ou lorsqu'il bloqua, avec d'autres rebelles, les voies de la gare de Surgères que la SNCF entendait supprimer.

Moi, maladie professionnelle oblige, je soulignerai de plus son activité durant la guerre de Yougoslavie, lorsqu'il s'appuya sur NDH pour aider des refugiés qu'il avait connus dans ses voyages afin de coopérer avec ce pays sur le plan des industries aéronautiques. Et, on peut le dire maintenant, ce fut de ses derniers personnels que vint l'essentiel de cette entraide.

Discret, toujours modeste, son départ, malgré ses 87 ans est une perte. Sauf si l'on a entendu le dernier message d'un autre illustre charentais, de Jarnac, lui : « Je crois aux forces de l'esprit. Là où je serai, je ne vous oublierai pas ». Message fort, d'abord destiné en premier lieu à Yvette, son épouse indispensable pendant 65 ans.

Elle aussi a bien mérité de la patrie.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 12 août 2018

Michelle Bachelet
        Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme

C'est avec surprise et plaisir que le monde a appris la proposition d'Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, de nommer Michelle Bachelet « haut commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme ». Une proposition aussitôt ratifiée par l'Assemblée générale, soit 193 Etats.

Les raisons de cette satisfaction sont multiples.

En premier lieu, Michelle Bachelet a été une présidente de Chili respectée, ce qui lui avait valu d'être élue deux fois à la tête d'un pays encore traumatisé par la dictature d'Augusto Pinochet, l'ami de Margaret Thatcher.

A ce titre, et pas seulement en tant que socialiste elle-même, elle a été la digne héritière de Salvador Allende, mort dans le palais de la Moneda, le 11 septembre 1973.

Michelle Bachelet est en outre une femme de caractère, convaincue, ouverte aux idées modernes (avortement, droits des homosexuels ...) sans provocation et dont la probité, à la différence des dirigeants des pays voisins du Chili : l'Argentine, le Brésil, la Bolivie ... n'a jamais été mise en cause.

NDH, très impliqué dans les drames du Cône sud, ne peut que saluer cette nomination qui devrait redorer le blason de la gestion des droits de l'Homme par les Nations unies au sein desquels des pays voyous comme l'Iran tenaient, encore récemment, un rôle totalement injustifié, qui discréditait l'institution.

Il n'est inutile de rappeler enfin, même si ce n'est pas un mérite, que le père de Michelle Bachelet, le général Alberto Bachelet avait été jeté dans les geôles du sinistre Pinochet à la suite du Golpe de 1973, où il est mort, à l'âge de 50 ans, tandis que son épouse et sa fille, elles-même étaient arrêtées, torturées avant que d'être exilées, comme tant de nos amis auxquels nous rendons toujours hommage parce que ce sont eux qui ont ouvert le sillon vers la démocratie dans toute l'Amérique Latine.

Puissent les socialistes européens et français en particulier, à leur tour, s'en souvenir dans le marécage où ils se sont embourbés depuis quelques années du seul fait de l'oubli de leur idéal.

François Mitterrand, qui nous avait dit lors de ses derniers vœux à la nation, qu'ils « croyait aux forces de l'esprit », lui qui avait rendu visite au Président Allende avec Claude Estier, pourrait, peut-être, là où il est, mettre en œuvre les dites forces au service d'un retour mondial au progressisme démocratique.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 17 juillet 2018

Coupe du monde : Panem et circenses ?

Nos cousins et colonisateurs, romains, gouvernaient leur empire avec talent. L'une des formules des empereurs était « panem et circenses » (donnez du pain et des jeux) pour contenir le peuple enclin à se révolter contre les injustices.

Par mimétisme, on serait tenter de reprendre l'adage, car il s'applique toujours, peu ou prou, au XXIe siècle. Ce serait cependant abusif, voire « mélanchonien » par facilité un tantinet démagogique.

Ce qui vient de se passer à Moscou, à l'occasion de la coupe du monde de football est heureusement d'une autre ampleur, d'une autre profondeur...

En premier lieu ce n'est pas le pouvoir en place qui l'a programmé, voulu, à des fins politiques intéressées.

En second lieu, il est la traduction vivante, humaine de la réussite de ce que le énième plan banlieue n'a jamais obtenu : fédérer les cœurs et les esprits quand les choix politiciens, eux, n'ont pas éradiqué pas les revendeurs de drogue, les prophètes de l'islam et les marchands de sommeil.

Donc, que l'on aime le sport, le football en particulier, importe peu au final ; qu'il agisse comme une sorte de drogue qui fait oublier la rigueur économique est secondaire puisqu'il est efficace pour la psychologie collective. Mais pour combien de temps ? Chassez la réalité, elle revient vite au galop.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 2 juillet 2018

Hommage à Simone Veil 

La nation française unanime a rendu à Simone Veil l'hommage qui lui était dû, et nulle voix discordante ne s'est faite entendre. C'était une grande dame qui méritait bien sa place au Panthéon pour sa qualité majeure : l'engagement dans la dignité. Mais l'on doit aussi connaître les autres aspects de sa personnalité, qui ne sont pas forcément au même niveau.

En effet, lorsque je l'ai rencontrée, chez elle, place Vauban, pour lui demander de s'engager aussi pour la conquête de nouveaux droits de l'Homme, à l'instar de centaines de personnalités du monde intellectuel, scientifique, artistique : droit à la paix, droits par rapport à la science, laïcité comme un droit, droit à vivre dans sa culture etc. selon notre proposition de loi portant titre II à la Déclaration, comme l'avaient voulu les députés, en 1789, dans un vote solennel, dit motion Mougins de Roquefort, Simone Veil n'a pas voulu, au prétexte que, si de nouveaux droits devaient être conquis (ce qu'elle ne contestait pas) ce devait être par la jurisprudence et non par le parlement élu par les Français. En quelque sorte, retour à avant 1789 lorsque le Droit était établi par les tribunaux.

Propos réactionnaire ? Maladie professionnelle puisqu'elle était magistrate ?

Nous en sommes restés là, pensant qu'avec la signature de 520 parlementaires de tous bords, notre projet de société traduit en termes de libertés, comme en 1789 et selon le vœu de nos ancêtres finirait par passer un jour.

J'ai cru ce jour arrivé lorsque Nicolas Sarkozy, devenu Président de la République, qui nous avait toujours adressé son soutien écrit, ès qualité de député, reprit l'idée puis, dans un discours solennel, en confia la réalisation ... à Simone Veil, qui accepta la mission.

Celle-ci était claire : recueillir tous les avis et aboutir à une synthèse avant le vote du Parlement.

Bien sûr, NDH, comme bien d'autres ne fut pas consulté. Mais, toutefois, notre organisation, qui avait pris le soin d'envoyer le fruit de son travail à Madame Veil fut la seule qu'elle mentionna dans son rapport au Président Sarkozy. Sa conclusion étant : « il est urgent de rien faire », comme elle me l'avait dit quelques années auparavant.

En conséquence, le projet de NDH, comme celui de Nicolas Sarkozy - le même sans doute - terminera dans les poubelles de l'Histoire, malgré le vœu des députés de 1789 et des députés de la fin du XXe siècle, prêts à décrire solennellement le projet de société du début du troisième millénaire.

François Mitterrand, Président, en comparant NDH à « l'obscure sixième bureau de l'Assemblée » de 1789 dont le texte de la Déclaration a prévalu sur tous les autres, n'avait pas tort. Sauf sur un point : « l'obscure sixième bureau » a réussi là où nous avons échoué ... à cause de Simone Veil.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 18 juin 2018

     Déserts médicaux :

                                La France de l'absurde  

                             

Depuis de nombreux mois, voire des années, nos concitoyens constatent l'avancée des déserts médicaux dans une France pourtant riche et scientifiquement en pointe ... Les élus locaux se battent comme de beaux diables pour recruter des médecins, en raison du départ à la retraite de nombre d'entre eux. Comme si c'était leur affaire et non pas, en priorité celle de l'Etat ...

A coup (à coût) de centaines de milliers d'Euros, les collectivités locales financent l'installation de médecins débutants ou venus de l'étranger à cause d'un numerus clausus dépassé depuis longtemps. On marche sur la tête au pays de Descartes !

Mais pourquoi ce phénomène est-il récent alors que le vieillissement du corps médical a toujours existé sans poser problème au pays.

Dans un monde où le principe de précaution est l'alpha et l'oméga (cf. la réduction de la vitesse à 80 km/h) pourquoi attend-on qu'il y ait des morts pour que les gouvernants réagissent dans la précipitation ? A ce moment là, ce sera l'effervescence médiatique, les justifications officielles et on réagira ... enfin.

Pour l'heure, nous vivons dans un monde français où des milliers de médecins étrangers compétents, reconnus, exercent dans nos hôpitaux pour un salaire ridicule, de l'ordre de 1200 €uros par mois, quand les déserts avancent lentement, inexorablement. Cherchez l'erreur ...

Juridiquement, légalement le contexte est le suivant : tout médecin formé dans l'Union Européenne, même s'il ne parle pas un mot de français peut ouvrir son cabinet en France. Par contre, s'il a suivi son cursus universitaire hors l'Union Européenne, dans « l'école française » de médecine, et parle couramment notre idiome n'a pas le droit d'exercer en libéral. 

Intelligent, non ? 

Pour exercer en France, le médecin étranger, en dehors de l'Union, ne peut soigner que dans un hôpital ou refaire tout son parcours universitaire (soit quatre à cinq ans) au préalable. Défense de rire. Il est hors de question de lui faire passer un examen de connaissances approfondi attestant de son expérience, de ses connaissances et de sa connaissance de la langue, alors que cela mettrait à disposition des déserts médicaux des centaines de médecins.

Il est urgent d'attendre, d'autant que si les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, restent passifs jusqu'à la catastrophe prévisible, l'Ordre des Médecins lui-même ne bouge pas le petit doigt. Tout le monde se réclame de l'idéologie économique libérale ... sauf pour ce domaine qui reste administratif, cadenassé, comme au bon temps de l'Etat français petainiste de Vichy. Pas de concurrence, pas d'ouverture. Il faut rester dans l'entre-soi, le tête à tête « Ordre des Médecins-Etat » Que personne ne s'en mêle, ne conteste. A fortiori parce que ni Jean Luc Mélenchon, ni Marine Le Pen ne vont se mêler de cette affaire.

Dès lors, il est urgent d'attendre le premier mort pour insuffisance médicale, les premiers pleurs hypocrites médiatiques ou gouvernementaux. Cela ne saurait tarder.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 29 mai 2018

Italia fara da se

C'était le slogan du grand Garibaldi, à la tête de ses « chemises rouges » « Italia fara da se » (l'Italie se fera par elle-même), ce qu'il réussit pleinement avant que de porter secours à la France attaquée par la Prusse, en 1870. Les liens, en effet, ont toujours été très étroits, depuis plus de deux mille ans, entre nos anciens colonisateurs romains, la France et l'Europe jusqu'à la signature du Traité de Rome, en 1957 qui permit à ces liens de s'institutionnaliser sur un pied d'égalité. Mais, hélas, un vent mauvais souffle sur l'Europe qui la mènera à la dislocation si l'on n'y prend garde, en raison d'une cause quasi unique : des migrations de populations non consenties qui font se replier chaque pays sur lui-même, lesquelles se rajoutent aux séquelles de la crise économico- financière de 2008.

La Grande Bretagne a déjà sonné le glas avec le Brexit ; l'Autriche, la Hongrie, la Pologne regimbent à leur tour ... Restaient, heureusement, les trois grands pays fondateurs : la France, l'Allemagne et l'Italie. Mais est-ce encore le cas aujourd'hui après les élections législatives dans la Botte, qui ont vu disparaître, après un grand Parti Communiste, les Démocrates chrétiens, puis les Socialistes au profit de la « Ligue du Nord » et du « Mouvement 5 étoîles » dont nul ne sait où ils conduiront le pays, sinon dans la contestation de l'Europe parce qu'elle n'a pas tenu ses engagements sur le partage du fardeau des migrants. Même Berlusconi, ce Trump avant l'heure, n'a plus le poids nécessaire pour maintenir la cohésion nationale.

Les alliés du moment, majorité opportuniste, s'est choisi un Premier Ministre (on dit « Président du Conseil » en Italie) Giuseppe Conte, professeur de Droit au curriculum vitae bourré de mensonges, qui a commencé sa mission par une provocation en voulant nommer un ministre de l'économie anti-Euro, ce qui était l'annonce d'une crise profonde avec les partenaires de Rome. Le président de la République, Sergio Mattarella, usant de ses faibles prérogatives, l'a refusé net et le gouvernement Conte est mort né. Il a alors désigné un nouveau Président du Conseil « pro-européen » Carlo Cottarelli avec un handicap cependant pour un pays en crise : il vient du Fonds Monétaire International (FMI), peu réputé auprès des peuples pour sa mansuétude.

On en est là pour l'instant, mais pour combien de temps ? L'Italie, et donc l'Europe, entrent dans un tunnel dont nul ne voit le bout. D'autant que les anciens partis, discrédités, ne vont pas renaître de leurs cendres, d'un coup de baguette magique, lors des prochaines élections.

Il faut, dès lors, dans ces circonstances dramatiques, faire un constat qui mérite réflexion chez nos distingués politologues. Nombre de démocraties parlementaires : la Belgique, l'Allemagne, la Grande Bretagne ... se sont, tour à tour, récemment trouvées dans une impasse, faute de majorité législative. Ces pays ont ainsi été privés de gouvernement pendant des mois ... comme si cela était possible, au XXIe siècle, ou bien comme si des pays modernes n'avaient nul besoin d'un gouvernement : « vive l'anarchie » ?

La France, en revanche, elle, n'a pas connu ce genre de problème, grâce à la Constitution de la Ve République qui, depuis 1962, élit le chef de l'Etat. Lorsqu'il y a eu une majorité législative différente de la majorité présidentielle, le pays, au moyen de la cohabitation voulue par François Mitterrand, puis Jacques Chirac, a continué à être gouverné. Imagine t'on d'ailleurs, concrètement, la situation du pays, en 2017, s'il n'y avait pas eu, alors, un président élu par le peuple français et que les seules forces parlementaires en présence, au lendemain des législatives, n'auraient été, après la disparition du P.C., de l'UMP, du PS, constituées que par le Front national, les mélenchonistes « chavistes » (et quelques anciens frondeurs) ? Un rêve, ou plutôt un cauchemar, auquel nous avons échappé grâce à une constitution, si honnie et dont d'aucuns voudraient encore voir la suppression au profit d'une VIe République, parodie de la IVe République.

Dieu nous en garde ! En tous cas, soyons en conscient. La France est forte de ses institutions avant tout.

Garibaldi avait unifié l'Italie, les armes à la main, sans que ses héritiers donnent au pays des armes constitutionnelles. De ce fait, il en est mort une seconde fois. Attendons donc sa résurrection par la loi. « Dura lex, sed lex ». (La loi est dure mais c'est la loi). Et vive l'Italie !

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 21 mai 2018

Le pape François, en condamnant la finance 

sans foi ni loi, hésite entre la CGT et la CFDT...

N'écarquilleront les yeux que les naïfs ou les ignorants ... qui croient que les catholiques sont         «  la  Manif pour tous » et le pape une vieille idole coupée du monde.

En plus d'être à la tête du réseau diplomatique le plus étendu de la planète, il est, de ce fait, le mieux informé mais aussi le plus éthique qui soit. J'en veux pour preuve le dernier document publié par le Vatican sous le titre « Oeconomicae et pecuniarae questiones » (désolé, ce n'est pas en anglais) qui en appelle à des « considérations pour un discernement éthique sur certains aspects du système économique et financier actuel».

On croirait un extrait du discours de François Hollande avant son élection à la présidence (« Mon ennemi, c'est la finance ») ou le dernier rapport chiffré d'Oxfam qui met à nu l'enrichissement des actionnaires au détriment des salariés et de l'investissement dans les entreprises. De l'avis unanime des observateurs « non gauchistes » la finance se gave au détriment des plus pauvres, voire des classes moyennes.

Le journal Le Monde reprend l'essentiel de l'analyse du pape argentin, jésuite à la parole dure, plus proche du discours, un peu court de François Ruffin (« Merci, patron ») que de celui d'Emmanuel Macron, bien que tous deux issus du même collège des fils d'Ignace de Loyola.

Citons quelques passages de ce texte de moins de vingt pages, selon lequel « les marchés sont des machines à enrichir un petit nombre au détriment de tous les autres, à grand renfort de pratiques immorales, prédatrices, inacceptables ». Certains acteurs s'apparentent à des « associations de malfaiteurs» animés par un « égoïsme aveugle » en pratiquant un « cannibalisme économique ».

Le document romain dénonce « le regard apathique ou impuissant des Etats ». L'industrie financière ne domine pas l'économie réelle. Elle est un lieu où les égoïsmes et les abus ont une puissance de nuisance sans égal qui diffuse « une culture profondément amorale ».

Mais l'Eglise catholique, du haut de ses 2000 ans d'Histoire ne s'arrête pas là. Elle dénonce « l'évasion et l'optimisation fiscales, les paradis fiscaux ... » Selon ce texte fondamental à portée mondiale, « les leçons de la crise de 2008 n'ont pas été tirées », dénonçant les « aspects prédateurs et spéculatifs », des « critères obsolètes qui continuent pourtant à gouverner le monde », « un égoïsme aveugle qui prévaut, limité au court terme, faisant fi du bien commun».

Comme des socialistes à l'ancienne, les responsables de cette analyse cautionnée par le pape du tiers-monde en appellent aux Etats, « invités à réagir en reprenant la main, à coordonner leurs efforts en maîtrisant les produits financiers les plus risqués », décrits comme des « bombes à retardement », en encourageant à « alléger des dettes publiques manifestement insoutenables ».

L'article du Monde, signé par Cécile Chambraud, aurait, de toute évidence, mérité la « une » du quotidien et non les pages intérieures, sans risque, sauf d'être attaqué par Le Figaro car il est signé, très officiellement :

« Au cours d'une audience accordée au Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, sa sainteté le pape a approuvé ces considérations, adoptées par la session ordinaire de ce Dicastère et en a ordonné la publication ».

Un « imprimatur » en quelque sorte, sous la double signature de Luis Ladaria, archevêque titulaire de Thibica, préfet de la Congrégation et du cardinal Turkson, préfet du Dicastère pour le service du développement intégral. Pas un vulgaire tract donc.

A mettre dans toutes les mains, à commencer par celles du président de la République Emmanuel Macron, avant sa rencontre avec le pape, en juin prochain. Son prédécesseur à l'Elysée, Nicolas Sarkozy n'envisageait'il pas, lui, que le profit devait être partagé en trois : « un tiers pour les salariés, un tiers en investissement, un tiers pour les actionnaires » ? Mais que déjà, un résumé de ce programme moral fondamental soit diffusé par toutes les églises du monde puis repris par une Europe en quête d'âme (ce qui n'était pas, heureusement, le cas de ses fondateurs, dont Robert Schuman, sinon du général de Gaulle, par son ordonnance de 1967 sur la participation).

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 8 mai 2018

Trump ... la mort    

Devant l'assemblée des délégués de la NRA (National Rifle Association) - Association Nationale pour les Armes, Donald Trump a chanté les louanges du second amendement de la constitution américaine, qui autorise chacun à être armé, en même temps qu'il prenait à revers la jeunesse de son pays qui, en masse exige le « droit à la vie », après plusieurs massacres commis, ici et là, mais, le plus souvent, dans les universités dont la plus célèbre fut Colombine.

Le président américain, après le dernier carnage, déjà, n'avait rien trouvé de mieux que de proposer que les professeurs soient armés. Et pourquoi pas une arme en cadeau pour Noël, fête de la paix et de l'amour, pour chaque enfant, conjoint ou ami.

Aucun pays au monde n'a osé mettre le doigt dans un tel engrenage qui, bien avant, a abouti, à l'assassinat des frères Kennedy, de Martin Luther King, de Malcom X ...

Mais l'aveuglément de Trump ne s'arrête pas là. Encore devait-il, sans condamner les massacres internes aux Etats-Unis, donner des contre-exemples. Et ce fut, scandaleusement, en insultant la mémoire des victimes du Bataclan qui, selon lui, auraient échappé à la mort si elles avaient été armées, permettant ainsi leur auto-défense.

Du grand n'importe quoi que d'imaginer tous les spectateurs, venant armés dans toutes les salles de réunion. A la moindre étincelle ce serait l'embrasement et la mort multipliée par dix, voire par cent. Bref un remède pire que le mal.

Dès lors, ce sont, en l'occurrence les pays qui condamnent la violence (sauf pour se défendre) qui ont tout à redouter de cette politique absurde qui nous ramène au siècle passé, à sa violence quand il faut cultiver la paix et la démocratie.

Prenons donc date et préparons-nous à subir une longue transition.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 2 mai 2018

L'Iran et le modèle coréen

Des deux risques nucléaires dans le monde : le coréen et l'iranien, il semble que le premier soit en passe d'être éliminé du fait de la seule volonté du dictateur de Pyong-Yang, le jeune Kim Jong-un. A moins qu'un jour prochain, il ne retourne à nouveau sa vareuse « car tel serait son bon plaisir » de monarque communiste.

Reste alors potentiellement le cas d'une autre forme de dictature, la dictature religieuse de l'Iran des mollahs qui continue de rêver d'un armement nucléaire, malgré l'accord de Vienne de 2015.

Trump, le président américain veut déchirer cet accord bien qu'il ait la signature des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU, toutes puissances nucléaires. Un coup de bluff de sa part ? Nul ne le sait tant l'homme est imprévisible. En attendant, les autres signataires, à commencer par l'Iran lui-même, dénoncent ce manque à un engagement international majeur. Qui plus est, les mollahs, par la bouche du « guide suprême » Ali Khamenei menacent de reprendre l'enrichissement de l'uranium nécessaire à la préparation de l'arme nucléaire.

Nous sommes donc en présence d'un nœud gordien, qu'aucun Alexandre ne saurait trancher d'un coup d'épée étant donné la complexité du problème posé.

Le président français, Emmanuel Macron (comme les autres européens) propose de conserver l'accord de Vienne, mais, comme il ne donne pas satisfaction au nouveau président des Etats-Unis, de négocier une extension du gel du programme d'armement iranien, notamment aux missiles balistiques, qui ne sont pas inclus dans l'accord.

L'idée est intellectuellement séduisante mais ne saurait convenir à l'Iran et ses alliés, en particulier à la Russie de Poutine, allié et complice de l'Iran en Syrie.

Dans cette partie de bras de fer, qui l'emportera ? Probablement la volonté américaine car si Trump reprend et renforce les sanctions économiques contre Téhéran, l'Europe sera contrainte de suivre, à peine de sanctions, comme cela s'est déjà produit par le passé.

Il est avéré que le « retournement » de la Corée du Nord sur le nucléaire soit le fruit inavoué du boycott international. Kim a transformé sa défaite en posture de dirigeant généreux et pacifique. Pourrait-il en être de même pour l'équipe dictatoriale en Iran ? On peut en douter, même si la jeunesse iranienne ne pense qu'à cela : l'ouverture ... et se préparer à de nouveaux affrontements avec le régime répressif.

Dès lors, on doit s'attendre au scénario suivant. Trump va renier la signature d'Obama puis reprendre l'embargo qu'il imposera, volens nolens, aux Européens. D'où il résultera une régression économique en Iran dont, cette fois les barbus ne sortiront pas vainqueurs, sauf à pratiquer encore une répression massive. Car ce n'est pas la Russie, malgré les rodomontades de Poutine, avec un PIB pas plus élevé que celui l'Espagne ou de l'Italie, qui va compenser les sanctions américaines (et européennes en conséquence).

Une conférence sur l'avenir de la région semble donc plus nécessaire que jamais.

Non seulement sur la question nucléaire mais aussi, ne l'oublions pas, sur l'ingérence de l'Iran en Syrie, au Liban, au Yémen. Sinon ce mal récurrent qu'est l'impérialisme chiite resurgira, alors que pour une fois, les démocraties sont en position de force pour imposer leurs vues.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 16 avril 2018

L'internationale chimique

On connaissait déjà Ali le chimique, collaborateur de Saddam Hussein. Le peuple kurde s'en souvient pour avoir goûté de sa potion magique avant qu'il ne fasse école ... à plus ou moins grande échelle, malgré les traités d'interdiction d'un tel armement, que l'Allemagne avait déjà utilisé pendant la première guerre mondiale. Le nom de Ypres est gravé dans toutes les mémoires occidentales.

Aujourd'hui ce fléau inhumain connait une nouvelle gloire grâce à Poutine et ses alliés.

A l'échelon individuel, il a fait empoisonner un ex-espion russe refugié en Grande-Bretagne : Segueï Skripal et sa fille Ioulia après que son ami Bachar El Assad eut fait, lui, un usage « industriel » de ce moyen, à plusieurs reprises contre son peuple, dont beaucoup de femmes et d'enfants, sans arme, qui ne s'opposaient même pas à sa dictature sanglante.

La dernière attaque syrienne en date s'est produite le 8 avril contre la poche de résistance de la Ghouta. Ce qui lui a valu une riposte ciblée et calibrée des Américains, Français et Anglais qui n'a fait volontairement aucun mort mais a détruit (du moins officiellement les usines de mort du tyran).

Il ne faut toutefois pas en rester là car ce serait un aveu d'abandon de la part des démocraties lesquelles, déjà, en 2013, parce que le faible Obama a hésité, n'a pas permis au président François Hollande d'engager la France dans une riposte qui aurait peut être dissuadé le bourreau de son propre peuple de réitérer ses exploits. Exactement comme en 1938, Daladier et Chamberlain en ne réagissant pas, ont laissé la voie ouverte à Hitler.

A tout le moins, la diplomatie doit reprendre son rôle si Poutine, contré en Ukraine, en Crimée est enfin capable de voir qu'il a atteint les limites de ses ambitions impériales après la chute de l'Union Soviétique. Sinon, les sanctions économiques devront être étendues car son pays avec un PIB équivalent à celui de l'Espagne et l'Italie est un colosse au pied d'argile.

Au-delà encore, les partisans du respect des droits de l'Homme s'étonneront que les démocraties n'aient pas encore avancé l'idée d'un futur procès de Bachar El Assad devant la Cour pénale internationale.

« Impossible à réaliser » diront les tenants d'une « real politik ». Sans doute tant qu'il est dans les mains des Russes et des Iraniens. Mais des juges pourraient au moins instruire le dossier publiquement, quitte à ce qu'il soit jugé par contumace, lui et ses sbires. Car ses crimes ne s'arrêtent pas au gazage des populations civiles. Il faut prendre en compte aussi les dizaines de milliers de victimes des tortures les plus atroces dans ses geôles. Ne l'oublions jamais. Ne les oublions jamais. Un silence persistant sur ce sujet, judiciairement parlant, serait une complicité avouée.

Pierre Bercis 

Président de NDH


L'Edito du 9 avril 2018

Femmes 2018 : le silence qui tue

                       96% d'hommes incarcérés. 4% de femmes

La presse française et internationale s'est récemment gargarisée avec la délinquance sexuelle. A juste titre. Mais elle n'en demeure pas moins myope pour autant. En effet, ce type de délinquance n'est qu'un épiphénomène qui exige plus d'investigations, de publicité et de réaction des gouvernants, en France comme dans le monde.

NDH, dans sa revue Arc en Ciel N°64 du quatrième trimestre 2011 avait titré « Pourquoi les pouvoirs publics cachent-ils les chiffres qui accusent ?». Délinquance Hommes 97% Femmes 3% ». Reprenons donc, sept ans après cet article puisque rien n'a changé et que les féministes patentées semblent ne pas en faire leur drapeau

Pierre Bercis

Président de NDH 


L'Edito du 23 mars 2018

Le fascislamisme ne passera pas

L'appel des cent intellectuels publié par Le Figaro du 20 mars 2018 a précédé de quelques jours l'attaque djihadiste de Trèbes, dans l'Aude. S'il n'a pas pour but l'antiterrorisme il en dénonce le terreau, le mal endémique qui aboutit à des agressions barbares récurrentes, depuis des années. Même s'il est de bon ton de répéter, comme un mantra : « Cela n'a rien avoir avec l'islam » les signataires de ce texte décrivent le phénomène d'apartheid en cours et de re