Editorial 

L'Edito du 17 juillet 2018

Coupe du monde : Panem et circenses ?

Nos cousins et colonisateurs, romains, gouvernaient leur empire avec talent. L'une des formules des empereurs était « panem et circenses » (donnez du pain et des jeux) pour contenir le peuple enclin à se révolter contre les injustices.

Par mimétisme, on serait tenter de reprendre l'adage, car il s'applique toujours, peu ou prou, au XXIe siècle. Ce serait cependant abusif, voire « mélanchonien » par facilité un tantinet démagogique.

Ce qui vient de se passer à Moscou, à l'occasion de la coupe du monde de football est heureusement d'une autre ampleur, d'une autre profondeur...

En premier lieu ce n'est pas le pouvoir en place qui l'a programmé, voulu, à des fins politiques intéressées.

En second lieu, il est la traduction vivante, humaine de la réussite de ce que le énième plan banlieue n'a jamais obtenu : fédérer les cœurs et les esprits quand les choix politiciens, eux, n'ont pas éradiqué pas les revendeurs de drogue, les prophètes de l'islam et les marchands de sommeil.

Donc, que l'on aime le sport, le football en particulier, importe peu au final ; qu'il agisse comme une sorte de drogue qui fait oublier la rigueur économique est secondaire puisqu'il est efficace pour la psychologie collective. Mais pour combien de temps ? Chassez la réalité, elle revient vite au galop.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 2 juillet 2018

Hommage à Simone Veil 

La nation française unanime a rendu à Simone Veil l'hommage qui lui était dû, et nulle voix discordante ne s'est faite entendre. C'était une grande dame qui méritait bien sa place au Panthéon pour sa qualité majeure : l'engagement dans la dignité. Mais l'on doit aussi connaître les autres aspects de sa personnalité, qui ne sont pas forcément au même niveau.

En effet, lorsque je l'ai rencontrée, chez elle, place Vauban, pour lui demander de s'engager aussi pour la conquête de nouveaux droits de l'Homme, à l'instar de centaines de personnalités du monde intellectuel, scientifique, artistique : droit à la paix, droits par rapport à la science, laïcité comme un droit, droit à vivre dans sa culture etc. selon notre proposition de loi portant titre II à la Déclaration, comme l'avaient voulu les députés, en 1789, dans un vote solennel, dit motion Mougins de Roquefort, Simone Veil n'a pas voulu, au prétexte que, si de nouveaux droits devaient être conquis (ce qu'elle ne contestait pas) ce devait être par la jurisprudence et non par le parlement élu par les Français. En quelque sorte, retour à avant 1789 lorsque le Droit était établi par les tribunaux.

Propos réactionnaire ? Maladie professionnelle puisqu'elle était magistrate ?

Nous en sommes restés là, pensant qu'avec la signature de 520 parlementaires de tous bords, notre projet de société traduit en termes de libertés, comme en 1789 et selon le vœu de nos ancêtres finirait par passer un jour.

J'ai cru ce jour arrivé lorsque Nicolas Sarkozy, devenu Président de la République, qui nous avait toujours adressé son soutien écrit, ès qualité de député, reprit l'idée puis, dans un discours solennel, en confia la réalisation ... à Simone Veil, qui accepta la mission.

Celle-ci était claire : recueillir tous les avis et aboutir à une synthèse avant le vote du Parlement.

Bien sûr, NDH, comme bien d'autres ne fut pas consulté. Mais, toutefois, notre organisation, qui avait pris le soin d'envoyer le fruit de son travail à Madame Veil fut la seule qu'elle mentionna dans son rapport au Président Sarkozy. Sa conclusion étant : « il est urgent de rien faire », comme elle me l'avait dit quelques années auparavant.

En conséquence, le projet de NDH, comme celui de Nicolas Sarkozy - le même sans doute - terminera dans les poubelles de l'Histoire, malgré le vœu des députés de 1789 et des députés de la fin du XXe siècle, prêts à décrire solennellement le projet de société du début du troisième millénaire.

François Mitterrand, Président, en comparant NDH à « l'obscure sixième bureau de l'Assemblée » de 1789 dont le texte de la Déclaration a prévalu sur tous les autres, n'avait pas tort. Sauf sur un point : « l'obscure sixième bureau » a réussi là où nous avons échoué ... à cause de Simone Veil.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 18 juin 2018

     Déserts médicaux :

                                La France de l'absurde  

                             

Depuis de nombreux mois, voire des années, nos concitoyens constatent l'avancée des déserts médicaux dans une France pourtant riche et scientifiquement en pointe ... Les élus locaux se battent comme de beaux diables pour recruter des médecins, en raison du départ à la retraite de nombre d'entre eux. Comme si c'était leur affaire et non pas, en priorité celle de l'Etat ...

A coup (à coût) de centaines de milliers d'Euros, les collectivités locales financent l'installation de médecins débutants ou venus de l'étranger à cause d'un numerus clausus dépassé depuis longtemps. On marche sur la tête au pays de Descartes !

Mais pourquoi ce phénomène est-il récent alors que le vieillissement du corps médical a toujours existé sans poser problème au pays.

Dans un monde où le principe de précaution est l'alpha et l'oméga (cf. la réduction de la vitesse à 80 km/h) pourquoi attend-on qu'il y ait des morts pour que les gouvernants réagissent dans la précipitation ? A ce moment là, ce sera l'effervescence médiatique, les justifications officielles et on réagira ... enfin.

Pour l'heure, nous vivons dans un monde français où des milliers de médecins étrangers compétents, reconnus, exercent dans nos hôpitaux pour un salaire ridicule, de l'ordre de 1200 €uros par mois, quand les déserts avancent lentement, inexorablement. Cherchez l'erreur ...

Juridiquement, légalement le contexte est le suivant : tout médecin formé dans l'Union Européenne, même s'il ne parle pas un mot de français peut ouvrir son cabinet en France. Par contre, s'il a suivi son cursus universitaire hors l'Union Européenne, dans « l'école française » de médecine, et parle couramment notre idiome n'a pas le droit d'exercer en libéral. 

Intelligent, non ? 

Pour exercer en France, le médecin étranger, en dehors de l'Union, ne peut soigner que dans un hôpital ou refaire tout son parcours universitaire (soit quatre à cinq ans) au préalable. Défense de rire. Il est hors de question de lui faire passer un examen de connaissances approfondi attestant de son expérience, de ses connaissances et de sa connaissance de la langue, alors que cela mettrait à disposition des déserts médicaux des centaines de médecins.

Il est urgent d'attendre, d'autant que si les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, restent passifs jusqu'à la catastrophe prévisible, l'Ordre des Médecins lui-même ne bouge pas le petit doigt. Tout le monde se réclame de l'idéologie économique libérale ... sauf pour ce domaine qui reste administratif, cadenassé, comme au bon temps de l'Etat français petainiste de Vichy. Pas de concurrence, pas d'ouverture. Il faut rester dans l'entre-soi, le tête à tête « Ordre des Médecins-Etat » Que personne ne s'en mêle, ne conteste. A fortiori parce que ni Jean Luc Mélenchon, ni Marine Le Pen ne vont se mêler de cette affaire.

Dès lors, il est urgent d'attendre le premier mort pour insuffisance médicale, les premiers pleurs hypocrites médiatiques ou gouvernementaux. Cela ne saurait tarder.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 29 mai 2018

Italia fara da se

C'était le slogan du grand Garibaldi, à la tête de ses « chemises rouges » « Italia fara da se » (l'Italie se fera par elle-même), ce qu'il réussit pleinement avant que de porter secours à la France attaquée par la Prusse, en 1870. Les liens, en effet, ont toujours été très étroits, depuis plus de deux mille ans, entre nos anciens colonisateurs romains, la France et l'Europe jusqu'à la signature du Traité de Rome, en 1957 qui permit à ces liens de s'institutionnaliser sur un pied d'égalité. Mais, hélas, un vent mauvais souffle sur l'Europe qui la mènera à la dislocation si l'on n'y prend garde, en raison d'une cause quasi unique : des migrations de populations non consenties qui font se replier chaque pays sur lui-même, lesquelles se rajoutent aux séquelles de la crise économico- financière de 2008.

La Grande Bretagne a déjà sonné le glas avec le Brexit ; l'Autriche, la Hongrie, la Pologne regimbent à leur tour ... Restaient, heureusement, les trois grands pays fondateurs : la France, l'Allemagne et l'Italie. Mais est-ce encore le cas aujourd'hui après les élections législatives dans la Botte, qui ont vu disparaître, après un grand Parti Communiste, les Démocrates chrétiens, puis les Socialistes au profit de la « Ligue du Nord » et du « Mouvement 5 étoîles » dont nul ne sait où ils conduiront le pays, sinon dans la contestation de l'Europe parce qu'elle n'a pas tenu ses engagements sur le partage du fardeau des migrants. Même Berlusconi, ce Trump avant l'heure, n'a plus le poids nécessaire pour maintenir la cohésion nationale.

Les alliés du moment, majorité opportuniste, s'est choisi un Premier Ministre (on dit « Président du Conseil » en Italie) Giuseppe Conte, professeur de Droit au curriculum vitae bourré de mensonges, qui a commencé sa mission par une provocation en voulant nommer un ministre de l'économie anti-Euro, ce qui était l'annonce d'une crise profonde avec les partenaires de Rome. Le président de la République, Sergio Mattarella, usant de ses faibles prérogatives, l'a refusé net et le gouvernement Conte est mort né. Il a alors désigné un nouveau Président du Conseil « pro-européen » Carlo Cottarelli avec un handicap cependant pour un pays en crise : il vient du Fonds Monétaire International (FMI), peu réputé auprès des peuples pour sa mansuétude.

On en est là pour l'instant, mais pour combien de temps ? L'Italie, et donc l'Europe, entrent dans un tunnel dont nul ne voit le bout. D'autant que les anciens partis, discrédités, ne vont pas renaître de leurs cendres, d'un coup de baguette magique, lors des prochaines élections.

Il faut, dès lors, dans ces circonstances dramatiques, faire un constat qui mérite réflexion chez nos distingués politologues. Nombre de démocraties parlementaires : la Belgique, l'Allemagne, la Grande Bretagne ... se sont, tour à tour, récemment trouvées dans une impasse, faute de majorité législative. Ces pays ont ainsi été privés de gouvernement pendant des mois ... comme si cela était possible, au XXIe siècle, ou bien comme si des pays modernes n'avaient nul besoin d'un gouvernement : « vive l'anarchie » ?

La France, en revanche, elle, n'a pas connu ce genre de problème, grâce à la Constitution de la Ve République qui, depuis 1962, élit le chef de l'Etat. Lorsqu'il y a eu une majorité législative différente de la majorité présidentielle, le pays, au moyen de la cohabitation voulue par François Mitterrand, puis Jacques Chirac, a continué à être gouverné. Imagine t'on d'ailleurs, concrètement, la situation du pays, en 2017, s'il n'y avait pas eu, alors, un président élu par le peuple français et que les seules forces parlementaires en présence, au lendemain des législatives, n'auraient été, après la disparition du P.C., de l'UMP, du PS, constituées que par le Front national, les mélenchonistes « chavistes » (et quelques anciens frondeurs) ? Un rêve, ou plutôt un cauchemar, auquel nous avons échappé grâce à une constitution, si honnie et dont d'aucuns voudraient encore voir la suppression au profit d'une VIe République, parodie de la IVe République.

Dieu nous en garde ! En tous cas, soyons en conscient. La France est forte de ses institutions avant tout.

Garibaldi avait unifié l'Italie, les armes à la main, sans que ses héritiers donnent au pays des armes constitutionnelles. De ce fait, il en est mort une seconde fois. Attendons donc sa résurrection par la loi. « Dura lex, sed lex ». (La loi est dure mais c'est la loi). Et vive l'Italie !

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 21 mai 2018

Le pape François, en condamnant la finance 

sans foi ni loi, hésite entre la CGT et la CFDT...

N'écarquilleront les yeux que les naïfs ou les ignorants ... qui croient que les catholiques sont         «  la  Manif pour tous » et le pape une vieille idole coupée du monde.

En plus d'être à la tête du réseau diplomatique le plus étendu de la planète, il est, de ce fait, le mieux informé mais aussi le plus éthique qui soit. J'en veux pour preuve le dernier document publié par le Vatican sous le titre « Oeconomicae et pecuniarae questiones » (désolé, ce n'est pas en anglais) qui en appelle à des « considérations pour un discernement éthique sur certains aspects du système économique et financier actuel».

On croirait un extrait du discours de François Hollande avant son élection à la présidence (« Mon ennemi, c'est la finance ») ou le dernier rapport chiffré d'Oxfam qui met à nu l'enrichissement des actionnaires au détriment des salariés et de l'investissement dans les entreprises. De l'avis unanime des observateurs « non gauchistes » la finance se gave au détriment des plus pauvres, voire des classes moyennes.

Le journal Le Monde reprend l'essentiel de l'analyse du pape argentin, jésuite à la parole dure, plus proche du discours, un peu court de François Ruffin (« Merci, patron ») que de celui d'Emmanuel Macron, bien que tous deux issus du même collège des fils d'Ignace de Loyola.

Citons quelques passages de ce texte de moins de vingt pages, selon lequel « les marchés sont des machines à enrichir un petit nombre au détriment de tous les autres, à grand renfort de pratiques immorales, prédatrices, inacceptables ». Certains acteurs s'apparentent à des « associations de malfaiteurs» animés par un « égoïsme aveugle » en pratiquant un « cannibalisme économique ».

Le document romain dénonce « le regard apathique ou impuissant des Etats ». L'industrie financière ne domine pas l'économie réelle. Elle est un lieu où les égoïsmes et les abus ont une puissance de nuisance sans égal qui diffuse « une culture profondément amorale ».

Mais l'Eglise catholique, du haut de ses 2000 ans d'Histoire ne s'arrête pas là. Elle dénonce « l'évasion et l'optimisation fiscales, les paradis fiscaux ... » Selon ce texte fondamental à portée mondiale, « les leçons de la crise de 2008 n'ont pas été tirées », dénonçant les « aspects prédateurs et spéculatifs », des « critères obsolètes qui continuent pourtant à gouverner le monde », « un égoïsme aveugle qui prévaut, limité au court terme, faisant fi du bien commun».

Comme des socialistes à l'ancienne, les responsables de cette analyse cautionnée par le pape du tiers-monde en appellent aux Etats, « invités à réagir en reprenant la main, à coordonner leurs efforts en maîtrisant les produits financiers les plus risqués », décrits comme des « bombes à retardement », en encourageant à « alléger des dettes publiques manifestement insoutenables ».

L'article du Monde, signé par Cécile Chambraud, aurait, de toute évidence, mérité la « une » du quotidien et non les pages intérieures, sans risque, sauf d'être attaqué par Le Figaro car il est signé, très officiellement :

« Au cours d'une audience accordée au Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, sa sainteté le pape a approuvé ces considérations, adoptées par la session ordinaire de ce Dicastère et en a ordonné la publication ».

Un « imprimatur » en quelque sorte, sous la double signature de Luis Ladaria, archevêque titulaire de Thibica, préfet de la Congrégation et du cardinal Turkson, préfet du Dicastère pour le service du développement intégral. Pas un vulgaire tract donc.

A mettre dans toutes les mains, à commencer par celles du président de la République Emmanuel Macron, avant sa rencontre avec le pape, en juin prochain. Son prédécesseur à l'Elysée, Nicolas Sarkozy n'envisageait'il pas, lui, que le profit devait être partagé en trois : « un tiers pour les salariés, un tiers en investissement, un tiers pour les actionnaires » ? Mais que déjà, un résumé de ce programme moral fondamental soit diffusé par toutes les églises du monde puis repris par une Europe en quête d'âme (ce qui n'était pas, heureusement, le cas de ses fondateurs, dont Robert Schuman, sinon du général de Gaulle, par son ordonnance de 1967 sur la participation).

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 8 mai 2018

Trump ... la mort    

Devant l'assemblée des délégués de la NRA (National Rifle Association) - Association Nationale pour les Armes, Donald Trump a chanté les louanges du second amendement de la constitution américaine, qui autorise chacun à être armé, en même temps qu'il prenait à revers la jeunesse de son pays qui, en masse exige le « droit à la vie », après plusieurs massacres commis, ici et là, mais, le plus souvent, dans les universités dont la plus célèbre fut Colombine.

Le président américain, après le dernier carnage, déjà, n'avait rien trouvé de mieux que de proposer que les professeurs soient armés. Et pourquoi pas une arme en cadeau pour Noël, fête de la paix et de l'amour, pour chaque enfant, conjoint ou ami.

Aucun pays au monde n'a osé mettre le doigt dans un tel engrenage qui, bien avant, a abouti, à l'assassinat des frères Kennedy, de Martin Luther King, de Malcom X ...

Mais l'aveuglément de Trump ne s'arrête pas là. Encore devait-il, sans condamner les massacres internes aux Etats-Unis, donner des contre-exemples. Et ce fut, scandaleusement, en insultant la mémoire des victimes du Bataclan qui, selon lui, auraient échappé à la mort si elles avaient été armées, permettant ainsi leur auto-défense.

Du grand n'importe quoi que d'imaginer tous les spectateurs, venant armés dans toutes les salles de réunion. A la moindre étincelle ce serait l'embrasement et la mort multipliée par dix, voire par cent. Bref un remède pire que le mal.

Dès lors, ce sont, en l'occurrence les pays qui condamnent la violence (sauf pour se défendre) qui ont tout à redouter de cette politique absurde qui nous ramène au siècle passé, à sa violence quand il faut cultiver la paix et la démocratie.

Prenons donc date et préparons-nous à subir une longue transition.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 2 mai 2018

L'Iran et le modèle coréen

Des deux risques nucléaires dans le monde : le coréen et l'iranien, il semble que le premier soit en passe d'être éliminé du fait de la seule volonté du dictateur de Pyong-Yang, le jeune Kim Jong-un. A moins qu'un jour prochain, il ne retourne à nouveau sa vareuse « car tel serait son bon plaisir » de monarque communiste.

Reste alors potentiellement le cas d'une autre forme de dictature, la dictature religieuse de l'Iran des mollahs qui continue de rêver d'un armement nucléaire, malgré l'accord de Vienne de 2015.

Trump, le président américain veut déchirer cet accord bien qu'il ait la signature des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU, toutes puissances nucléaires. Un coup de bluff de sa part ? Nul ne le sait tant l'homme est imprévisible. En attendant, les autres signataires, à commencer par l'Iran lui-même, dénoncent ce manque à un engagement international majeur. Qui plus est, les mollahs, par la bouche du « guide suprême » Ali Khamenei menacent de reprendre l'enrichissement de l'uranium nécessaire à la préparation de l'arme nucléaire.

Nous sommes donc en présence d'un nœud gordien, qu'aucun Alexandre ne saurait trancher d'un coup d'épée étant donné la complexité du problème posé.

Le président français, Emmanuel Macron (comme les autres européens) propose de conserver l'accord de Vienne, mais, comme il ne donne pas satisfaction au nouveau président des Etats-Unis, de négocier une extension du gel du programme d'armement iranien, notamment aux missiles balistiques, qui ne sont pas inclus dans l'accord.

L'idée est intellectuellement séduisante mais ne saurait convenir à l'Iran et ses alliés, en particulier à la Russie de Poutine, allié et complice de l'Iran en Syrie.

Dans cette partie de bras de fer, qui l'emportera ? Probablement la volonté américaine car si Trump reprend et renforce les sanctions économiques contre Téhéran, l'Europe sera contrainte de suivre, à peine de sanctions, comme cela s'est déjà produit par le passé.

Il est avéré que le « retournement » de la Corée du Nord sur le nucléaire soit le fruit inavoué du boycott international. Kim a transformé sa défaite en posture de dirigeant généreux et pacifique. Pourrait-il en être de même pour l'équipe dictatoriale en Iran ? On peut en douter, même si la jeunesse iranienne ne pense qu'à cela : l'ouverture ... et se préparer à de nouveaux affrontements avec le régime répressif.

Dès lors, on doit s'attendre au scénario suivant. Trump va renier la signature d'Obama puis reprendre l'embargo qu'il imposera, volens nolens, aux Européens. D'où il résultera une régression économique en Iran dont, cette fois les barbus ne sortiront pas vainqueurs, sauf à pratiquer encore une répression massive. Car ce n'est pas la Russie, malgré les rodomontades de Poutine, avec un PIB pas plus élevé que celui l'Espagne ou de l'Italie, qui va compenser les sanctions américaines (et européennes en conséquence).

Une conférence sur l'avenir de la région semble donc plus nécessaire que jamais.

Non seulement sur la question nucléaire mais aussi, ne l'oublions pas, sur l'ingérence de l'Iran en Syrie, au Liban, au Yémen. Sinon ce mal récurrent qu'est l'impérialisme chiite resurgira, alors que pour une fois, les démocraties sont en position de force pour imposer leurs vues.

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 16 avril 2018

L'internationale chimique

On connaissait déjà Ali le chimique, collaborateur de Saddam Hussein. Le peuple kurde s'en souvient pour avoir goûté de sa potion magique avant qu'il ne fasse école ... à plus ou moins grande échelle, malgré les traités d'interdiction d'un tel armement, que l'Allemagne avait déjà utilisé pendant la première guerre mondiale. Le nom de Ypres est gravé dans toutes les mémoires occidentales.

Aujourd'hui ce fléau inhumain connait une nouvelle gloire grâce à Poutine et ses alliés.

A l'échelon individuel, il a fait empoisonner un ex-espion russe refugié en Grande-Bretagne : Segueï Skripal et sa fille Ioulia après que son ami Bachar El Assad eut fait, lui, un usage « industriel » de ce moyen, à plusieurs reprises contre son peuple, dont beaucoup de femmes et d'enfants, sans arme, qui ne s'opposaient même pas à sa dictature sanglante.

La dernière attaque syrienne en date s'est produite le 8 avril contre la poche de résistance de la Ghouta. Ce qui lui a valu une riposte ciblée et calibrée des Américains, Français et Anglais qui n'a fait volontairement aucun mort mais a détruit (du moins officiellement les usines de mort du tyran).

Il ne faut toutefois pas en rester là car ce serait un aveu d'abandon de la part des démocraties lesquelles, déjà, en 2013, parce que le faible Obama a hésité, n'a pas permis au président François Hollande d'engager la France dans une riposte qui aurait peut être dissuadé le bourreau de son propre peuple de réitérer ses exploits. Exactement comme en 1938, Daladier et Chamberlain en ne réagissant pas, ont laissé la voie ouverte à Hitler.

A tout le moins, la diplomatie doit reprendre son rôle si Poutine, contré en Ukraine, en Crimée est enfin capable de voir qu'il a atteint les limites de ses ambitions impériales après la chute de l'Union Soviétique. Sinon, les sanctions économiques devront être étendues car son pays avec un PIB équivalent à celui de l'Espagne et l'Italie est un colosse au pied d'argile.

Au-delà encore, les partisans du respect des droits de l'Homme s'étonneront que les démocraties n'aient pas encore avancé l'idée d'un futur procès de Bachar El Assad devant la Cour pénale internationale.

« Impossible à réaliser » diront les tenants d'une « real politik ». Sans doute tant qu'il est dans les mains des Russes et des Iraniens. Mais des juges pourraient au moins instruire le dossier publiquement, quitte à ce qu'il soit jugé par contumace, lui et ses sbires. Car ses crimes ne s'arrêtent pas au gazage des populations civiles. Il faut prendre en compte aussi les dizaines de milliers de victimes des tortures les plus atroces dans ses geôles. Ne l'oublions jamais. Ne les oublions jamais. Un silence persistant sur ce sujet, judiciairement parlant, serait une complicité avouée.

Pierre Bercis 

Président de NDH


L'Edito du 9 avril 2018

Femmes 2018 : le silence qui tue

                       96% d'hommes incarcérés. 4% de femmes

La presse française et internationale s'est récemment gargarisée avec la délinquance sexuelle. A juste titre. Mais elle n'en demeure pas moins myope pour autant. En effet, ce type de délinquance n'est qu'un épiphénomène qui exige plus d'investigations, de publicité et de réaction des gouvernants, en France comme dans le monde.

NDH, dans sa revue Arc en Ciel N°64 du quatrième trimestre 2011 avait titré « Pourquoi les pouvoirs publics cachent-ils les chiffres qui accusent ?». Délinquance Hommes 97% Femmes 3% ». Reprenons donc, sept ans après cet article puisque rien n'a changé et que les féministes patentées semblent ne pas en faire leur drapeau

Pierre Bercis

Président de NDH 


L'Edito du 23 mars 2018

Le fascislamisme ne passera pas

L'appel des cent intellectuels publié par Le Figaro du 20 mars 2018 a précédé de quelques jours l'attaque djihadiste de Trèbes, dans l'Aude. S'il n'a pas pour but l'antiterrorisme il en dénonce le terreau, le mal endémique qui aboutit à des agressions barbares récurrentes, depuis des années. Même s'il est de bon ton de répéter, comme un mantra : « Cela n'a rien avoir avec l'islam » les signataires de ce texte décrivent le phénomène d'apartheid en cours et de rejet de la République égalitaire et laïque sur des vastes territoires du pays. Issus de tous les milieux intellectuels, politiques (Pierre Nora, Bernard Kouchner, Pascal Bruckner, Luc Ferry, Paul Thibaud ...) leur mot d'ordre est « Non au séparatisme islamiste ».

Citons :

« Nous sommes des citoyens d'opinions différentes et très souvent opposées qui se sont trouvés d'accord pour exprimer, en dehors de toute actualité, leur inquiétude face à la montée de l'islamisme. Ce ne sont pas nos affinités qui nous réunissent, mais le sentiment qu'un danger menace la liberté en général et pas seulement la liberté de penser. Ce qui nous réunit aujourd'hui est plus fondamental que ce qui ne manquera pas de nous séparer demain.

Le nouveau totalitarisme islamiste cherche à gagner du terrain par tous les moyens et à passer pour une victime de l'intolérance. On a pu observer cette stratégie lorsque le syndicat d'enseignants SUD éducation 93 proposait, il y a quelques semaines, un stage de formation comportant des ateliers de réflexion sur le « racisme d'Etat » interdits aux « blanc.he.s ». Certains animateurs étaient membres ou sympathisants du Collectif contre l'islamophobie en France et du Parti des indigènes de la République. Les exemples de ce genre se sont multipliés dernièrement. Nous avons ainsi appris que la meilleure façon de combattre le racisme serait de séparer les « races ». Si cette idée nous heurte, c'est que nous sommes républicains.

Nous entendons aussi dire que, puisque les religions sont bafouées en France par la laïcité « instrumentalisée » il faut donner à celle qui est minoritaire, c'est-à-dire à l'islam, une place spéciale pour qu'elle cesse d'être humiliée.

La même idée se poursuit : il parait qu'en se couvrant d'un voile les femmes se protégeraient des hommes et que se mettre à part leur permettrait de s'affranchir.

Ce qu'on appelle l'universalisme républicain ne consiste pas à nier les sexes, les races ou les religions, mais à définir l'espace civique indépendamment d'eux pour que personne n'en soit exclu. Et comment ne pas voir que la laïcité protège aussi les religions minoritaires ? La mettre en péril nous expose au retour des guerres de religion.

A quoi peut donc servir ce ségrégationnisme nouvelle manière ? Doit-il seulement permettre aux soi-disant « dominés » de sauvegarder leur pureté en vivant entre eux ? N'a-t-il pas surtout pour but d'affirmer la sécession avec la communauté nationale, ses lois et ses mœurs ? N'est-il pas l'expression de la haine la plus caractérisée à l'égard de notre pays et de la démocratie ?

Que chacun vive dans la loi de sa communauté ou de sa caste et dans le mépris de celle des autres, que chacun ne soit jugé que par les siens, cela est contraire à l'esprit de la République.

Le nouveau séparatisme avance masqué. Il veut paraître bénin, mais il est en réalité l'arme de la conquête politique et culturelle de l'islamisme. L'islamisme veut être à part car rejette les autres ».

Il n'y a rien à ajouter à cet appel, sinon de se mobiliser, chacun sur son terrain pour ne pas se laisser intimider et appeler à la résistance : « Le fascislamisme ne passera pas ».

Pierre Bercis

Président de NDH


L'Edito du 24 février 2018

Au pays des fous ...

Après les massacres collectifs de Las Vegas, Newtown, Columbine, Sandy Hook, San Bernardino, Orlando, une fois de plus, les Etats-Unis d'Amérique viennent de vivre, en Floride, une tragédie.

Dix sept jeunes lycéens ont été abattus comme du gibier par un obsédé, de leur âge qui, baignant dans le bain culturel de ce pays de violence, a pu se procurer une arme, comme ses concitoyens, sans la moindre difficulté.

Aucun pays au monde, même le moins démocratique ne vit dans cette insécurité permanente pour les plus innocents, alors que la sécurité est le premier des droits de l'Homme, comme le droit à la paix, que NDH s'efforce de faire reconnaître depuis 40 ans.

Certes, cette situation ne concerne pas, heureusement, les autres pays. Sauf dans la mesure où tous les medias du monde (français en particulier) veulent nous imposer à travers leur propagande ce modèle par le biais de sa langue, ses films, sa publicité ... De gré ou de force, tous les peuples, de tous les continents, doivent s'imprégner de cette pseudo culture qui va à contre courant de l'évolution de la planète vers une civilisation plus pacifique, malgré quelques exceptions remarquables.

La France, hélas, n'est pas la dernière dans ce concours à l'imitation d'une soi-disant référence universelle. Nos artistes s'installent à New York ou en Californie, nous débitant ensuite à haute dose la « pensée » américaine comme la voie incontournable à suivre. Les esprits dès lors sont colonisés, sans le moindre reflexe de dignité et de respect. Pourtant rien ne leur est imposé. Inutile d'ailleurs : ils sont volontaires, comme les collabo des années 30 - 40 qui n'attendaient qu'un maître afin, en le suivant aveuglément, se retrouver dans le camp des plus forts, de l'élite ...

Regardez les programmes de TF1, de France 2 : un vrai manuel télévisé du savoir-vivre en Américains ; écoutez France Inter : que des chansons anglo-saxones. La musique brésilienne, africaine, italienne, argentine ? Leurs auteurs ne doivent pas payer assez les programmateurs ou assez valoriser leur égo « moderniste » ...

Mais faisons confiance à Trump. Il a trouvé la solution à la folie collective qui vise d'abord les écoles : armer les enseignants ! il suffisait d'y penser ...

Pierre Bercis

Président de NDH

L'Edito du 15 février 2018

L'affaire Audin resurgit... 

Merci Cédric Villani

La repentance est à la mode, depuis plusieurs années et NDH s'y associe pleinement, ayant, entre autre, été l'ami d'Ahmed Ben Bella, comme de Hocine Aït Ahmed, militant engagé dans nos rangs. Mais l'on ne saurait être hémiplégique pour autant. L'Histoire exige du recul. Un procès doit être instruit à charge et à décharge pour être objectif, honnête.

On ne saurait oublier, en effet, les méthodes du FLN, qui se sont, hélas, perpétuées dans l'Algérie indépendante et dont les témoins de l'époque se souviennent encore. Cette indépendance n'aurait-elle pas pu être conquise par des moyens pacifiques, comme en Inde avec Gandhi, ou comme l'émancipation du peuple africain, en Afrique du Sud, avec Nelson Mandela? Seule, alors, une infime minorité se serait vu proposer « la valise ou le cercueil », au lieu d'un million de « pieds noirs » rapatriés, exilés loin de leur terre natale. Autre question que pose la « repentance » : la colonisation... Peut-être faut-il sortir, là aussi, des poncifs officiels pour poser d'autres questions, que l'on glisse sous le tapis.

Certes, la France, en 1830, a conquis l'Algérie manu militari, dans l'esprit de l'expansion européenne du XIXème siècle, à l'instar de l'Angleterre, du Portugal... Mais sans attenter à sa culture, sans imposer une religion à la demande même des gouvernants français. En revanche, pourquoi est-il interdit de parler des colonisations précédentes de ce pays (turque, arabe) bien plus longues et qui ont imposé l'islam comme unique croyance, pratiquant les razzias en Méditerranée pour s'approvisionner en esclaves et en femmes pour les harems d'Alger ou d'Oran?

Battons notre coulpe, soit. Sans langue de bois toutefois.

Pierre Bercis

Président de NDH

L'Edito du 6 février 2018

La dérive corse

Comme un continent, la Corse dérive sur la pression d'individus au passé souvent sulfureux voire violent, récemment convertis par intérêt et non par conviction à la démocratie.

Jusqu'où ira cette dérive, qui peut se transformer à tout moment en dérapage sur la pression constante, les provocations savamment étudiées de certains élus, déguisés en faux bergers ? Il faut se poser la question avant que ne surviennent de tragiques évènements savamment préparés.

De ce point de vue, les « laboratoires » belges, britanniques, espagnols, tchécolovaques...ne peuvent nous éclairer car la Corse est une île, avec les spécificités de l'insularité.

Dans son hommage au préfet Erignac, à l'occasion du vingtième anniversaire de son lâche assassinat, le Président de la République Emmanuel Macron a fustigé les « faux-semblants » des politiques passées. Nous y voici donc, au commencement de son mandat.

La première question qui se pose et qui doit être posée est celle de la composition de ce que les nationalistes appellent le « peuple corse », bien que nul jusqu'à présent ne l'ait posée publiquement. En effet, plus de la moitié des Corses ne vivent pas sur l'île qui ne compte guère plus de 200000 habitants. Ceux qui résident sur le continent, où ailleurs, à l'étranger doivent-ils être exclus du débat et interdit d'expression? Ils n'ont pas la parole parce qu'ils sont fondus et confondus avec l'ensemble de la nation française. Dès lors, le monopole de l'expression revient à un noyau dur, qui pousse toujours plus outre ses revendications chauvines, directement issues de la violence clandestine passée. Le clanisme, contraire à la démocratie est son terreau de prédilection.

Certes, la classe politique traditionnelle a failli et elle a été balayée par les urnes fort justement. Mais la Corse ne saurait pour autant tomber de Caribde en Scylla.

L'heure est venue, en hommage au préfet Erignac d'ouvrir un dialogue franc, dont les bornes doivent être posées par avance. C'est ainsi que les responsables politiques devront tout en favorisant la culture (dont la langue est le vecteur principal) rappeler que le français est la pierre angulaire de l'ouverture de la Corse sur le monde-méditerranéen en particulier. Il faudra éviter qu'à l'exemple négatif de la Catalogne, où les nationalistes ont tissé leur toile en chassant l'espagnol, langue universelle des écoles et des bibliothèques, le français demeurent le moyen de communication essentiel, grâce auquel des centaines de milliers de personnes, touristes ou non, enrichissent l'économie locale.

On exclura aussi d'office, une législation « raciste » qui interdirait aux non résidents d'acquérir un bien immobilier en Corse, en violation des règles de droit internationales.

En revanche, la République sera enfin ferme, voire intransigeante, quant à la protection de l'environnement, et singulièrement de la protection des côtes et des paysages sans cependant transformer l'île en réserve ou en musée.

La démocratie ne se décrète pas, elle se vit par la volonté du peuple, en Corse comme partout au monde. La République en est la garante en libérant les consciences et la parole. La première mesure sera donc, grâce aux nouveaux modes d'expression et à la sécurité qu'elle se doit de restaurer, d'abolir la loi du silence qui contraint les plus humbles à passer, volens nolens sous les fourches caudines des séparatistes.

La peur, la terreur doit changer de camp pour une entrée véritable de la Corse dans le XXIème siècle, sans renier son passé et son apport à la culture française.

Pierre BERCIS                                                                        Clément SYLVESTRE

Président de NDH                                                                 Secrétaire Général de NDH


L'Edito du président

22 janvier 2018

Migrants : le brame de quelques intellectuels

La réaction de quelques intellectuels en quête de notoriété, contre la politique du président Macron, concernant les migrants, mérite réflexions, même si ces réflexions (divergentes) ne méritent plus, comme il y a trente ans, le moindre intérêt pour Le Monde ou Libération.

La première attaque de ces « happy fews » a été dirigée contre la circulaire du ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, lorsqu'il a, légitimement, décidé de recenser séparément les migrants politiques et les migrants économiques. Pourtant quoi de plus naturel pour un pays que de s'enquérir des motifs de l'immigration. Cela a toujours été le cas et on ne voit pas très bien en quoi les droits de l'Homme sont menacés par une répartition administrative.

La seconde attaque contre l'immigration est plus confuse, mais, son sens est, lui, parfaitement clair : contrôler les flux migratoires, ce qui est pourtant le B.A-BA en matière de souveraineté nationale. Où est en cela l'attaque contre les droits de l'Homme de la part de l'Etat ? A moins que l'Etat ne renonce officiellement, solennellement, à ses pouvoirs, donc à ses droits. Alors bienvenue à la planète entière...

Mieux vaut la clarté ; la franchise, la transparence. Le contraire de ce qu'a fait le président Valéry Giscard d'Estaing qui a, au début des années 70, fait entrer des dizaines de milliers d'émigrés maghrébins pour occuper des postes industriels vacants. Clandestinement, et dont on voit aujourd'hui l'absence totale d'intégration.

Nul, donc, ne saurait blâmer, sauf à vouloir prendre une posture, la politique claire d'Emmanuel Macron.

Mais avec lui, au moins, on sait à quoi s'en tenir. La France doit rester comme toujours, depuis des siècles, une terre d'accueil pour ceux qui veulent s'intégrer, ce qui fut le cas de centaines de milliers de Polonais, de Russes, d'Italiens, d'Espagnols ... fuyant les persécutions. En revanche, le jeune Ivoirien, le jeune Sénégalais qui ne fuit pas une tyrannie, son dossier doit être examiné cas par cas, à peine de vider leur pays d'origine de leur compétence.

Mais quid des Afghans, des Érythréens, des Irakiens ? A voir. Quand la France a été envahie par l'Allemagne, en 1914 puis en 1940, les Français sont-ils allés massivement en Suisse pour demander l'asile ? Non. Ils ont organisé la résistance, passive ou active. Parce qu'ils croyaient, eux-mêmes, personnellement à la démocratie. Ils se sont battus sur place, sans fuir.

Le bon pape François, lui, parle le langage évangélique, comme les organisations charitables catholiques ou protestantes. Il faut les saluer comme telles. Mais cela n'a rien à voir avec l'entrée de migrants dans un pays de 67 millions d'habitants qui compte 6,7 millions de chômeurs.

Si l'on parle, comme dans l'ancien Testament, en paraboles, cela ferait penser à ceux qui donnent tout aux pauvres, puis se retrouvent ensuite à faire la manche pour survivre. La politique est d'un autre ordre.

Quelques intellectuels français ont beau « bramer » pour leur publicité personnelle contre les choix du gouvernement Macron, l'opinion publique, elle (comme NDH qui a aidé des centaines de personnes de toutes origines : Latino-Américains, Polonais, Iraniens, Africains, Maghrébins etc.) sera vigilante. Ce n'est pas encore sur ce critère démagogique que le président de la République deviendra impopulaire dans son pays.

Pierre Bercis, 

Président de Nouveaux Droits de l'Homme


L'Edito du président

15 janvier 2018

France Gall, Michel Berger, Daniel Balavoine

Nos routes parallèles se sont croisées vers l'infini

La disparition de France Gall a réouvert nos plaies. Avec Michel Berger et Daniel Balavoine, ce trio introuvable avait apporté son soutien à NDH pour la conquête de nouveaux droits et durant nos 320 semaines de manifestations, chaque jeudi, contre la dictature argentine. Ils représentaient l'engagement d'une jeunesse convaincue que les droits de l'Homme étaient le cœur de la politique civique. L'avenir était alors infini pour nous tous.

Si l'on « croit aux forces de l'esprit » comme l'a exprimé avec force François Mitterrand lors de son dernier message aux Français, nos routes ne se seront pas croisées en vain. La voie reste ouverte pour édifier une nouvelle société selon le vote des députés de 1789, auteurs de la Déclaration.

Dire que nous ne les oublierons jamais est une évidence. Dire qu'ils nous aideront plus encore, là où ils sont, est une conviction que nous avons à traduire en actes dans les années qui viennent.

Nos routes étaient parallèles ? Elles se rejoindront donc à l'infini.

Pierre Bercis

Président de Nouveaux Droits de l'Homme


L'Edito du président

23 décembre 2017


Le XXème siècle s'est achevé en 2017

En revanche, 2017 a vu le commencement d'un grand chambardement avec l'accession de Trump au pouvoir, la table rase politique en France, la fin de l'ère Merkel en Allemagne, l'exacerbation des hostilités entre chiites et sunnites au Proche Orient, la prise de conscience universelle du réchauffement de notre bonne vieille terre, le Brexit, sans même parler de la défaite militaire de DAECH aux confins de la Syrie et de l'Irak.

Pascal Bruckner, auquel NDH avait auparavant attribué son 34ème Prix littéraire des droits de l'Homme pour son livre « Un racisme ordinaire, Islamophobie et culpabilité » dans son article publié par Le Monde (15 décembre) sous le titre « Le XXIème siècle ne sera pas américain » a parfaitement analysé la situation mondiale. Une page se tourne. Le vieux monde est derrière nous...

Seul bémol pour nous, la persistance de la colonisation des esprits par la langue « anglosaxophone » qui, elle, se poursuit avec la complicité des puissances d'argent. En France en

particulier : le commerce, la publicité, les grandes écoles, les médias jargonnent en anglais « pour se pousser du col » et paraître plus américains que les Etats-uniens. Pour ces prostitués de la culture, New York est encore La Mecque de leur vanité et du culte du dieu Mammon. Eux ne songent pas un seul instant aux bienfaits du pluralisme des langues, comme du pluralisme des espèces animales et végétales. La mondialisation, selon ces liquidateurs des langues, reste l'alignement servile derrière le seul maître du monde. Une chance inouïe pour la Chine, la Russie, l'Inde...si elles veulent faire bouger les lignes. Un crève-coeur pour nous qui devons choisir entre démocratie et rapports de force. On vous le dit : un monde nouveau est devant nous. Méditons à l'occasion du passage à 2018.

Pierre Bercis

Président de Nouveaux Droits de l'Homme

L'Edito du président

7 décembre 2017


Noël : une curieuse laïcité

Les fêtes de fin d'année approchant, qui verront étrangement célébrer la naissance du Christ à Bethléem le 25 décembre et le 1er janvier. Comme si ces deux dates pour un même évènement ne pouvaient coïncider. Mais nul ne songe à remettre en cause une tradition bien établie ... par l'Occident. Domination oblige !

Cependant, sans jouer les trouble-fêtes, on s'étonnera que tout en restant dans ce cadre accepté par tous (ou presque tous) Noël soit la cause de disputes « byzantines », en France, entre laïcards archaïques et partisans de coutumes qui remontent en Europe bien au-delà du Moyen Age.

Ainsi, chez nous, on aurait le droit d'installer partout des arbres de Noël, qui comme leur nom l'indique, sont destinées à marquer un évènement unique, identique à celui des crèches de nos ancêtres : la venue au monde d'un « philosophe » laïque, qui affirmait « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». La laïcité passerait entre le sapin et la crèche, ce qui est pour le moins étonnant. Et que dire alors du père Noël, habillé de rouge avant-guerre par Coca Cola ?

La passion, la haine rend aveugle. C'est du même tonneau que ceux qui veulent débaptiser (peut-on écrire « débaptiser » ?) les rues et place Colbert, bouleverser notre langue par une écriture inclusive qui la rendra plus inaccessible aux étrangers ...

Dans le fond, pourquoi ne pas virer Napoléon des Invalides, puis le renvoyer dans sa Corse natale en mémoire de ses centaines de milliers de morts. Mais on peut toujours faire mieux en matière de stupidité « révisionniste ». On doit demander des comptes aux Romains, nos affreux colonisateurs et leur rendre leurs routes, aqueducs, théâtres ...

En Algérie, dernier péché de la France coloniale, cultivé par un F.L.N. inamovible, il faudra mettre sur la table la colonisation turque (qui a longtemps capturé des esclaves en Méditerranée, notamment pour peupler ses harems d'Alger), la conquête arabe qui a contraint des millions de Berbères à se convertir à l'islam (ce que la France n'a jamais fait lorsqu'elle a occupé l'autre rive de la mer) voire, là-bas aussi, stigmatiser l'occupation romaine et peut être détruire ses sublimes monuments, comme les islamistes ont fait avoir les Bouddhas de Bâmiyân ...

Bref, vivent les temps nouveaux ! où tout doit être remis en cause pour le seul plaisir vaniteux de se montrer soi-disant « progressiste » en jetant le bébé avec l'eau du bain. C'est cela la « libre pensée » ...

Pierre Bercis

Président de Nouveaux Droits de l'Homme


L'Edito du président

10 novembre 2017


Un pays dirigé par un fou ne peut plus diriger le monde

Les Etats-Unis, malgré la volonté de leur Président d'un repli à l'intérieur de leurs frontières, demeurent un pays dangereux pour le monde entier car la première puissance continue cependant d'être un modèle qui exerce une fascination de cobra sur nombre de dirigeants, de peuples, de cultures, de communicants...

Ces derniers (journalistes, publicitaires) relayent paresseusement un pseudo idéal américain constitué de musique, films, documentaires sur le mode de vie violent d'une population qui a porté au pouvoir un homme sans vision, sinon égoïste, tant pour lui-même que pour son pays.

C'est ainsi qu'en France tous les messages commerciaux, la publicité sont désormais directement en anglo-américain, que les radios, à commencer par les radios nationales, servilement, ne diffusent à longueur de journée que des chansons anglo-saxonnes.

Certes, Donald Trump n'est pas responsable du mode de vie des Américains basé sur la violence armée mais, malgré les crimes collectifs en série ( New York, Las Vegas...) il continue à prôner la vente libre des armes à feu.

Côté climat, il en va de même en dépit des dérèglements constatés sur tous les continents. Monsieur Trump et sa clique veulent sortir de l'accord de Paris qui avait fait l'unité planétaire sous l'égide de la France quand ce n'est pas, dans la vie quotidienne imposer commercialement des produits animaux ou végétaux biologiquement transformés.

La Chine, la Russie ne sont sans doute pas des paradis, démocratiquement parlant. Toutefois on peut s'interroger sur le véritable sens du bonheur des peuples. Car chez ces autres membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies, on ne constate pas ce genre de dérive, de fuite en avant vers la folie ; une folie dangereuse sur tous les plans : violence, environnement, culture ... qui serait un moindre mal si elle était cantonnée à l'intérieur des frontières américaines. Mais qui, du fait du culte de l'argent, de médias intellectuellement colonisés, se propage vers l'extérieur comme étant un modèle à suivre. Les fils de pub. se valorisent en singeant leurs maîtres à penser d'outre Atlantique.

Qui osera s'y opposer, endiguer ce tsunami, traduction de l'arrogance d'un peuple et de son mépris pour les autres cultures? On ne le voit pas bien encore. Seul un de Gaulle avait osé élever la voix, dénoncer l'hégémonisme, rééquilibrer les alliances par son discours de Pnom Pen, la reconnaissance de la Chine, la main tendue aux pays arabes...

Churchill disait « c'est contre le vent que s'envolent les cerfs-volants ». Guettons donc avec anxiété le moment où viendra un responsable politique qui saura dire « non » à la « politique du chien crevé au fil de l'eau » et saura faire prévaloir, au sein de la communauté des nations, l'intérêt général sur l'intérêt des Américains qui n'est, au final, que celui de l'argent, bien que Roosevelt ait eu cette phrase sublime : « il faut faire passer les droits de l'homme avant les droits de l'argent ». Ne reste qu'à l'appliquer.

Pierre Bercis

Président de Nouveaux Droits de l'Homme


L'Edito du président

23 octobre 2017


Le tsunami Weinstein

Après la tempête Strauss-Kahn, le cyclone Weinstein, arrive le tsunami qui renverse tous les barrages, submerge des pays entiers, dont la France.

En général, on redoute les effets de ces cataclysmes. Mais, en l'occurrence, faut-il s'en plaindre ?

D'aucuns commencent par pointer le risque de dénonciations calomnieuses, et ils ont raison. Mais est-ce un argument suffisant pour récuser ce phénomène inattendu et bénéfique pour des millions de femmes victimes de petits ou grands prédateurs sexuels, qui ne voient la moitié de l'humanité que comme une proie sur son terrain de chasse « génétique ».

Pour nous, non seulement le mouvement en cours est salubre, bien qu'inattendu et non déclenché par des vagues de manifestations, mais il est l'ouverture d'une porte vers l'avenir. Un avenir où femmes et hommes seront égaux dans un respect mutuel.

Reste que, lorsque l'on est juriste, respectueux des droits des personnes, en même temps que l'on aspire au développement du mouvement, qui porte une pédagogie pour les plus jeunes, on doit anticiper sur les droits de la défense, qui sont sacrés.

Certes, pouvoir être défendu quand on est accusé, ne suffira pas à effacer les traces de l'accusation infâme qui sera quasiment indélébile dans le futur. Mais, au moins, en ce cas, que les victimes des soi-disant victimes payent pour leurs accusations diffamatoires si celles-ci sont prouvées.

On entre avec plaisir dans une nouvelle ère. Mais comme dans l'entrée dans tout territoire nouveau : avec circonspection.

Pierre Bercis 

Président-fondateur de NDH

L'Edito du président
16 octobre 2017

Trump, l'éléphant dans un magasin de porcelaine

L'éléphant républicain américain traditionnel met à mal les équilibres planétaires et internes à son pays par ses excès.

Dans le même temps où il prend le contre-pied de son prédécesseur Barack Obama sur la sécurité sociale, l'opposition aux ventes d'arme, la protection commerciale ; où il annonce le repli des Etats-Unis dans leurs frontières traditionnelles, le rejet des accords de Paris sur le climat, Donald Trump, en contradiction avec ce retour à l'ancien isolationnisme, joue au cow boy dans un monde déjà fragilisé par la poussée islamo terroriste.

Certes, il n'a pas tort de s'attaquer à ces deux fauteurs de troubles que sont l'Iran et la Corée du nord, deux régimes totalitaires, chacun avec son idéologie dangereuse pour l'ensemble des nations. Mais pourquoi, alors, avoir annoncé le retrait des Etats-Unis du jeu politique mondial ?

On doit cependant nuancer cette appréciation globale car tout n'est pas équivalent.

Concernant la Corée de Kim, sa condamnation doit être sans limite ... mais avec doigté car le dictateur mégalomane est « à risque » et qu'une erreur peut déclencher une apocalypse.

C'est par une diplomatie active et musclée, en coopération avec la Chine et la Russie que les Etats voisins doivent être protégés, par la méthode qui a déjà été appliquée avec l'Iran pour le nucléaire militaire.

Car, contrairement à ce que prétend Donald Trump, cette méthode a été efficace après les révélations de la résistance iranienne (OMPI) sur la préparation par l'Iran d'un armement nucléaire. Les accords de Vienne de 2015 sont une réussite. Les Etats-Unis ne doivent pas les dénoncer, à peine de rebattre les cartes en dissociant leur position de celle de leurs alliés européens, de la Russie et de la Chine. Est-ce ce qu'il recherche, au risque d'isoler plus encore son pays autrefois le premier sur tous les plans ?

Les anti-américains s'en féliciteront.

En revanche, même s'il se contredit sur sa politique internationale (isolationniste ou interventionniste ?) il est utile, urgent qu'il continue à dénoncer l'ingérence de l'Iran dans tout le Proche-Orient : Iran, Syrie, Liban, Yemen ... et sa répression dans sa politique intérieure sanguinaire. Là, il doit être à l'avant-garde dans la dénonciation du fascislamisme, aux côtés de la Résistance, qui lutte depuis près de quarante ans contre les tortures, les exécutions sommaires, la répression des femmes iraniennes, l'exécution, en 1988, de 30.000 militantes et militants, assassinés, sans procès, avant d'être enterrés secrètement. Sans même parler d'une démocratie en carton-pâte, qu'encense Régis Debray, qui exècre les droits de l'Homme (cette idéologie de « petits bourgeois », bien qu'elle guide le monde depuis plus de deux siècles). Mais que vaut le monde par rapport à l'opinion du philosophe « grognon » qui n'a jamais rien eu à proposer, en ou hors philosophie ?

Ceci vaut, bien sûr, pour Emmanuel Macron, qui, s'il veut se rendre en Iran, à l'opposé de Donald Trump, ne devra surtout pas oublier d'amener dans ses bagages le sanglant dossier des droits de l'Homme, à défaut de celui de la démocratie.

Pierre Bercis

Président-fondateur de NDH

L'Edito du président

25 septembre 2017

L'étrange démocratie française


La rentrée a sonné dans l'hémisphère nord. En France en particulier

Les Français se sont largement exprimés avant les vacances d'été, après de longues campagnes électorales et avant campagnes, à l'occasion d'élections primaires ouvertes. On en connait le résultat : les deux principaux partis, à gauche et à droite, ont été balayés après soixante années d'occupation alternée du pouvoir, traduisant la volonté claire d'un peuple qui a fait la révolution pour être maître de son destin.

En lieux et places d'organisations qui s'étaient déjà par elles-mêmes divisées de l'intérieur par des querelles stériles, les citoyens ont promu une nouvelle génération de dirigeants, tant à la tête de l'Exécutif que du Parlement. Ensuite, un dialogue social approfondi a été mis en place afin d'engager les réformes sociales annoncées, dont la moralisation de la vie politique et la modification du Code du travail.

Rien de tel n'avait eu lieu dans les autres démocraties occidentales (Allemagne, Grande Bretagne, Italie, Etats-Unis ...) où la modernisation, sans se faire au canon, a été mise en place sans heurts durant la dernière décennie. Ce n'est qu'après que l'on s'est rendu compte des bouleversements qui étaient intervenus pour entrer dans une ère nouvelle (mondialisation, numérisation, changement climatique...)

En France, par contre, malgré l'expression populaire, tout orientée vers le remplacement des élites, la persistance des causes de la crise économique, imputée aux anciens dirigeants (qui a motivé la volonté de « sortir les sortants ») il n'en va pas de même. A peine commencée la politique de réformes, pourtant largement annoncée, la cote de popularité du président de la République est en chute libre, les démagogues en appellent à la rue et à la grève quand les deux anciens grands partis traditionnels (socialiste et de droite) eux, sont atones, déconstruits pour longtemps.

Jean-Luc Mélenchon, ce Chavez français jette de l'huile sur le feu, méprisant pour tout le monde, à commencer par ses alliés les plus proches, communistes et socialistes. Réussira-t-il, comme son modèle vénézuélien, à mettre à bas le pays, à dégrader la démocratie, ruiner davantage l'économie. Le « peuple », ce serait lui qui l'incarnerait, contre ceux que les Français ont majoritairement élus, récemment, dans un véritable raz-de-marée. Il serait, lui et lui seul, la légitimité qu'il oppose à la légalité républicaine. Bref, il serait le recours, le sauveur sorti de la rue et non des urnes qui ont rendu leur verdict.

Quand on parle du « modèle français » de quoi parle-t-on ?

D'un pays qui veut avancer tous freins serrés, d'un pays qui préfère la révolution à la réforme ou d'un pays qui a balayé démocratiquement sa classe politique sans se jeter dans les bras de l'extrême droite lepeniste ?

La France, et c'est ce qui la rend remarquable, a toujours été subtile dans ses votes. Elle s'est exprimée sans pour autant donner un blanc seing à une génération spontanée.

Espérons que la sagesse l'emportera, comme l'avait si bien incarné François Mitterrand qui n'a jamais confondu vitesse et précipitation.

Pierre Bercis

Président-fondateur de NDH

L'Edito du président

11 avril 2017

Arrêter François Fillon

François Fillon, en qui beaucoup croyaient à droite et avait toutes les chances de conquérir la présidence de la République, a été plombé, du jour au lendemain par les révélations du Canard Enchaîné puis du Journal du Dimanche.

Emplois fictifs, avec ou sans argent public, attribution d'une Légion d'honneur de complaisance, prêt non déclaré, costumes de luxe offerts etc. Même si la Justice ne l'a pas condamné ; qu'il bénéficie donc de la présomption d'innocence (pas si innocent que cela) ; et qu'il ne sera peut-être jamais condamné, les faits sont têtus, incontestables et incontestés y compris par l'intéressé en personne. Or qu'est-ce qui importe dans une élection politique démocratique qui se doit avant tout d'être transparente, sinon la probité, les faits, surtout établis, reconnus par tous ? C'est ce qui permet à chaque électeur de se forger un jugement objectif. Car si les dits faits avaient été portés à sa connaissance une fois l'élection passée, c'eût été une plus ample révolte encore contre le « système » qui « ment » et le discrédit de la fonction présidentielle.

François Fillon, par conséquent, ne nie aucunement ce qui a posé question et lui a valu le retrait de nombre de ses soutiens. Malgré tout, feuille de vigne, alors qu'il est nu, il proclame que l'objet du scandale est parfaitement légal (à défaut d'être légitime) après s'être auto-proclamé « candidat de la rigueur »...pour les autres. Comme si le comportement personnel d'un candidat à la magistrature suprême ne comptait pas et que seul son programme valait. Surtout après avoir déclaré afin d'abattre ses rivaux : «imagine t'on le général de Gaulle mis en examen ? » voire « si je suis mis en examen je me retirerai » puis s'être réfugié abusivement derrière les mânes du regretté Pierre Bérégovoy, à l'honnêteté non contestée avant, comble de la bassesse, de s'enferrer dans le mensonge en affirmant que la presse avait évoqué le suicide de son épouse Pénélope...

François Hollande en accusé

On pensait alors que François Fillon en resterait là pour se contenter enfin de développer son programme, bien que devenu inaudible, surtout chez ceux qui vivotent avec un revenu de misère (petits agriculteurs, smicards, chômeurs ...).

C'était sans compter avec une rancune bileuse. Après avoir multiplié les sous-entendus contre Nicolas Sarkozy (dont un appel à Jean-Pierre Jouyet à hâter des poursuites) contre Alain Juppé, s'être caché derrière le général de Gaulle et Pierre Bérégovoy, avoir mis en cause la Justice (dont il aurait pu être le garant) puis s'en prendre aux médias, ne lui restait dès lors qu'à attaquer le président de la République François Hollande comme preuve d'un complot généralisé contre lui. Même si celui-ci n'a jamais été impliqué dans le moindre scandale ni même soupçonné de délit par ses pires ennemis pourtant si nombreux.

Seul François Fillon, afin de tenter de détourner les regards de ses turpitudes, accuse le Président sortant d'avoir installé un « cabinet noir », a osé parler de « forfaiture » ( ce qui est un crime) dont il prétend avoir la preuve en se gardant bien de l'apporter... réclamant, à cor et à cri une commission d'enquête, sinon une saisine de la Justice. La même qu'il avait mise en cause .

Là, cette fois, derrière l'écran de fumée artificiel, la coupe déborde...Non que François Hollande, pas plus que ses prédécesseurs à l'Elysée soit au dessus des lois. Mais tout simplement parce qu'il ne peut se défendre contre la diffamation publique. Le candidat de la droite sait pertinemment que depuis longtemps, le chef de l'Etat, en France n'intente plus de procès à quiconque. Donc il joue gagnant-gagnant à tous les coups, surtout auprès du noyau dur, réactionnaire de son électorat que ses calomnies remobilisent. « Plus c'est gros, mieux çà passe » disait Goebbels. A fortiori parce que personne dans la majorité sortante comme dans l'opposition ne viendra au secours d'un Président déjà dissuadé de se représenter en raison de son impopularité conjoncturelle.

La Justice, montrée du doigt a réagi ; les médias, stigmatisés, ne s'en sont pas non plus laissé compter. Mais le président de la République, lui, est paralysé, contraint de subir les crachats d'un homme aux abois, avec interdiction de poursuivre leur auteur, candidat à sa succession, même frappé d'indignité par l'opinion.

On doit, dès lors, poser la question publiquement : Comment arrêter François Fillon dans sa dérive outrancière qui le déshonore encore un peu plus, qui fait de François Hollande le seul Français sans défense « juridique » de fait et, qui plus est, entache la République elle-même ? Par des concerts de casseroles comme font certains (avec une amende de 68 Euros) ? Ce n'est pas à la hauteur de l'enjeu. En revanche, puisque François Hollande est pieds et poings liés, il revient par devoir moral aux responsables de la droite et du centre de donner de la voix contre l'auteur de ces attaques ad hominem, indignes d'une démocratie respectueuse de tous. Ne serait-ce, en l'occurrence que pour préserver la fonction présidentielle dont nous sommes tous, individuellement et collectivement les garants en tant que républicains. Beaucoup d'entre eux se sont retirés par pudeur sur l'Aventin, certes, et ne veulent pas redescendre sur le champ de ruines de Monsieur Fillon après les révélations de la presse avant le 23 avril. Pourtant ce serait tout à leur honneur avant que celui-ci ne soit renvoyé avec son délire calculé à nouveau devant les magistrats instructeurs auxquels cette fois il devra répondre, sauf miracle.

Pierre Bercis

Président de Nouveaux Droits de l'Homme

www. ndh-France.org


L'Edito du Président

6 février 2017


François Fillon a menti puis démenti

Il ne faut jamais hurler avec les loups ni attaquer un homme à terre. On ne doit donc pas tirer sur François Fillon après les révélations soigneusement dissimulées par le Canard Enchainé. Souvenons-nous de nos amis Chaban-Delmas et Bérégovoy, deux hommes particulièrement honnêtes ‟ morts au champ d'honneur ″, l'un politiquement l'autre physiquement alors que tous deux avaient scrupuleusement respecté la loi. Rappelons-nous aussi le discours historique de François Mitterrand à Nevers lors des obsèques de Pierre, l'ancien ouvrier tourneur.

Cependant, même si le dossier ‟ Pénélope″ est dans les clous d'un point de vue légal, l'affaire doit cependant être examinée d'un autre point de vue, purement politique.

En effet, François Fillon n'est pas un citoyen ordinaire. Il postule à la magistrature suprême. Qui plus est, investi démocratiquement par son parti. Mais ce n'est pas tout. Son programme est fondé sur la rigueur. Donc en parfaite contradiction avec sa pratique et celle de sa famille. Même s'il n'y avait aucun problème légal, il y a, à l'évidence, un problème politique, moral, intellectuel puisqu'il a menti au moins par omission...

A la veille de l'élection présidentielle, après avoir battu Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, ce n'est pas qu'aux Français que François Fillon pose question. C'est déjà à son parti. Car on imagine mal Sarkozy ou Juppé revenir dans la campagne électorale en remplacement d'un Fillon moralement exclu de la course à l'Elysée. D'ailleurs, comment seraient-ils désignés et pourquoi ?

Dans la Rome antique il y avait adage alors célèbre : ‟La roche tarpéienne est proche du Capitole″. Tous ceux qui aujourd'hui se précipitent pour être Vizir à la place au Vizir, à seule fin de publicité pour leur ego surdimensionné devraient s'en souvenir.

Pierre Bercis, Président de NDH


L'Edito du Président

9 janvier 2017

Êtes-vous candidat à la prochaine élection présidentielle ?

Les jours passent, la liste des candidats à l'élection présidentielle française de 2017 s'allonge. Pourquoi n'êtes-vous pas vous-même candidat ? Cela vous ferait de la pub et vous permettrait de montrer votre trombine partout, dans tous les médias ... Comme on le dit désormais ce serait l'occasion de satisfaire votre « ego ».

En effet, pourquoi des femmes et hommes politiques expérimentés comme Hubert Vedrine, Bertrand Delanoë, Christine Lagarde, Louis Gallois etc. ne sont-ils pas candidats quand tant de petits politiciens de série B ou C se portent aux avant-postes, voire que le président de la République sortant, par décence, ne postule pas à nouveau ?

Quel monde étrange après les de Gaulle, Mitterrand, Chirac, Jospin ... Tout le monde avait, auparavant, « blanchi sous le harnois ». Bref, fait ses preuves devant son peuple.

Place aux jeunes, dirait Emmanuel Macron, pressé d'arriver hors des partis traditionnels, ces vieux appareils sclérosés, à bout de souffle.

« Avant la recomposition, la décomposition doit aller jusqu'à son terme » disait Raymond Barre, pur produit de l'établissement lui-même.

Nous y sommes ... presque.

Les six mois qui viennent vont donc être le tamis à travers lequel les aspirants « Vizir à la place du Vizir » vont tenter de passer sans philosophie et sans projet. A seule fin d'être le premier d'entre nous.

Ceux qui ont fait leur preuve, eux, se taisent, sinon, peut être, du bout des lèvres. Ils n'aspirent pas à la notoriété, car ils l'ont déjà par leurs actes. Encore jeunes pour la plupart, ils pourraient eux-mêmes être candidat. Mais voilà, ils ont choisi une autre voie, loin de la vanité.

Si les deux derniers mandats présidentiels ont été des échecs, au moins en apparence, la France, elle, survit grâce à ses entrepreneurs, ses travailleurs qui étaient en masse pour le dernier adieu à François Chérèque. Elle survivra et surmontera ses épreuves, comme celle de l'islamisme qui nous gangrène. La France en a vécu d'autres en ce centenaire de Verdun. Alors, parlons vrai ; ne faisons pas les autruches. Ecoutons les discours dont on nous abreuve avec la distance qui s'impose. Soyons lucides et non défaitistes ...

Après la pluie vient le soleil.

Pierre Bercis, Président de NDH


L'Edito du Président

19 décembre 2016

Juger El Assad

On est criminel de père en fils dans la famille El Assad. Le père Hafez, après son coup d'Etat, avait régné en tyran absolu, étendant son règne sur le Liban voisin. Puis ce fut le fils, l'héritier, comme en Corée du Nord, avec les mêmes méthodes sadiques.

Bachar, sous des aspects modernes, avec une jeune femme moderne, sans obligation, elle, d'être voilée et bigote, est pire que son père, si tant qu'on puisse l'être ... car, au moins, Hafez El Assad, lui, n'a pas détruit son propre pays.

Jamais Assad père ne pourra payer pour ses crimes. En revanche, Bachar, lui le peut encore. Et c'est le devoir des nations civilisées, qu'elles soient unies ou non de s'en charger.

Certes, pour l'heure, il est encore intouchable, protégé par ceux qui l'ont maintenu de force au pouvoir contre son peuple : Russes et Iraniens, bien connus pour leur esprit démocratique. Mais cela ne durera pas éternellement. Un jour viendra où les alliés « naturels » auront évolué ; lui-même sera peut être renversé de l'intérieur. Dès lors, c'est immédiatement qu'il faut dresser l'acte d'accusation, en le réactualisant au fil des années.

La France peut et doit proposer aux gouvernements démocratiques qui l'accepteront de tenir une conférence internationale à Paris pour lister la totalité de ses crimes afin de les rendre publics solennellement, sans rien oublier.

Ce sont d'abord les emprisonnements arbitraires et les tortures dont il faut avoir le courage de n'omettre aucun détail ; cela doit être aussi l'usage d'armes chimiques contre des populations civiles ; ce sera en outre les bombardements massifs qui ont visé des femmes et des enfants sans arme ; le bombardement des hôpitaux en violation des conventions de Genève etc.

Au XXIe siècle, ce procès sans tribunal et sans l'accusé pourrait paraître dérisoire. Mais ce ne sera qu'une apparence d'inefficacité car cette somme exhaustive, rendue publique, à l'ère de la communication planétaire marquera les opinions publiques mondiales. Elle pourra être transmise à la Cour Pénale Internationale (dont les Américains ne font pas partie) afin d'y donner suite lorsque le « fauve » sera capturé, s'il l'est un jour par une chance de l'Histoire.

Mais, dira-t'on, « quid de ses complices et protecteurs, russes et iraniens ? »

Chacun des deux est différent. La Russie de Poutine n'est pas illégitime. En revanche la dictature islamique de Téhéran aura à répondre de ses crimes devant son propre peuple, le jour où elle sera renversée à son tour par une opposition démocratique. Et ce peut être demain.

Pour l'heure, les pays démocratiques sont impuissants, ce qui est une occasion pour certains de les moquer. Comme s'ils voulaient que les occidentaux interviennent militairement contre Bassar El Assad - ce que les mêmes auraient d'ailleurs contesté pareillement si tel avait été le cas. Instruire par avance le procès du tyran est donc la seule chose qu'il est possible en attendant. Dérisoire ? Pas tant que cela. On connait l'Histoire.

Dans le court terme, les dictateurs l'emportent toujours sur les démocraties car ils n'ont à rendre de compte à personne et peuvent commettre leurs forfaits au jour le jour. Par contre, si les démocraties mettent du temps à réagir, puisqu'elles doivent convaincre leur parlement et leur opinion, elles sont ensuite un rouleau compresseur que rien n'arrête. Le temps joue en leur faveur.

Bachar El Assad n'échappera pas à la règle. Rendre publics solennellement ses crimes ne changera peut-être rien dans l'immédiat. Mais cela peut tout de même contribuer à détacher de lui Vladimir Poutine dont on sent bien qu'au-delà de sa raideur apparente, il n'est pas insensible à tous les arguments. Ne nous faisons pas d'illusion, il ne livrera pas Bachar. Par contre, il peut très bien le lâcher. D'autant que désormais, il va falloir payer le relèvement des ruines de Syrie alors que la Russie n'en a pas les moyens. L'ogre de Damas peut se proclamer « vainqueur », sourire aux lèvres. Mais où est sa victoire ? On la cherchera en vain.

Pierre Bercis, Président de NDH


L'Edito du Président
5 décembre 2016

« La roche tarpéienne est proche du Capitole »

La roche tarpéienne, par François DUBOIS (1790-1871)

Le vieil adage romain, trop souvent oublié garde pourtant toute sa valeur ... Rappelons-en la signification à ceux qui croiraient que nous vivons des temps extraordinaires avec le brexit, l'élection de Trump, la « sortie de route » de Renzi, l'échec de Cécile Duflot, Nicolas Sarkozy puis celui d'Alain Juppé, voire celui potentiel de François Hollande ...

Il signifiait qu'au moment de leur gloire (au Capitole) la chute du haut de la roche tarpéienne, toute proche, pouvait survenir très rapidement pour les notables, dans le temps et par sa proximité. Et même si « Rome n'est plus dans Rome » autre dicton, l'Histoire se répète à travers les siècles sinon les millénaires. De quoi rendre les hommes politiques modestes, « hic et nunc », ici et maintenant quand, en France à gauche comme à droite tout le monde se précipite pour être le futur président de la République.

Les électeurs de France et d'ailleurs eux, par contre sont bien conscients de leur pouvoir et se plaisent à démentir les sondages aux prétentions scientifiques. Ils ne votent plus de manière grégaire, en bloc, à gauche comme à droite. Des gens de gauche vont voter à la primaire de droite comme des gens de droite iront voter à la primaire de gauche, sans compter les milieux populaires qui votaient communiste et n'hésitent plus désormais à voter Front National.

Les peuples sont lassés d'une certaine hypocrisie politicienne dont les soi-disant « centristes » devraient être les prochaines victimes.

En effet, que signifie être « centriste » lorsque l'on est toujours « collé » à la droite, depuis des décennies, sinon que l'on est, en fait, « de droite ».

François Mitterrand, déjà en son temps, (mais cette fois pour les socialistes) avait déjà stigmatisé ces mensonges de positionnement lorsqu'il avait dénoncé au congrès de Grenoble « ce curieux oiseau qu'était le parti socialiste, qui prétend n'avoir que des ailes gauche et donc ne peut que tourner en rond ».

L'année qui vient va donc être pleine de surprises tant en France qu'à l'étranger. Plus que jamais, « la roche tarpéienne sera proche du Capitole ». De quoi donner à réfléchir à tous ceux qui se précipitent pour, sans la moindre sincérité, entrer dans la gloire, comme s'ils prenaient un billet de loterie uniquement pour « paraître sans être ». Idem pour les médias qui depuis quelques décennies font preuve d'arrogance et auxquels les citoyens de bien des pays ne font plus la moindre confiance ...

Faut-il se réjouir de tous ces bouleversements qui rebattent les cartes pour l'avenir ? Sans doute mais peut être n'est-ce qu'un début car, comme le disait Raymond Barre, « Avant la recomposition, il faut que la décomposition aille jusqu'à son terme ». De quoi donner à réfléchir à tous ceux qui veulent être « Vizir à la place du Vizir » ...

Pierre Bercis, Président de NDH



L'Edito du Président
21 novembre 2016

Avec Obama, de Canossa à Berlin


Imagine-t-on le Président de Gaulle se rendre à Berlin à l'invitation d'un président des Etats-Unis qui veut faire ses adieux à l'Europe ? Imagine-t-on François Mitterrand lui-même accepter cet abaissement de la France devant un Président américain qui a laché in extremis notre pays au moment de bombarder la Syrie du tyran Bachar El Assad, bourreau de son propre peuple ?

Une telle réunion aurait pu se tenir à Paris ou à Bruxelles ... mais à Berlin, on hallucine.

C'est renforcer les propositions d'Angela Merkel à imposer à l'Union européenne une rigueur financière excessive, voire à diriger purement et simplement l'Europe dans le même temps où l'Allemagne ouvre à nouveau ses centrales à charbon qui polluent l'atmosphère au-delà de ses frontières sans la moindre protestation française.

Nombre de dirigeants européens (Italie, Espagne, Royaume Uni ...) ont cru, eux aussi, devoir accepter cette invitation qui établit une hiérarchie de facto entre l'Europe et les Etats-Unis, puis à l'intérieur de l'Europe. Une preuve qu'Obama est un naïf qui ne connait rien à l'Histoire du monde et de notre continent.

On comprend mieux, dès lors, la réaction des Américains qui ont préféré Trump à des démocrates loin des réalités. Le milliardaire est peut-être « à risque » mais il traduit, comme en France, un rejet de la classe politique dominante.

Jacques Chirac, Président, a prouvé aussi qu'il n'irait ni à Canossa ni à Berlin en contestant la politique hégémonique des USA en Irak, au mépris de la communauté internationale. Avec succès car seul Tony Blair, son « caniche » et Barroso, alors à la tête du Portugal étaient venus rencontrer Bush avant de déclencher une guerre illégale.

François Hollande, lui, n'a pas endossé le costume présidentiel de ses prédécesseurs. Il a laissé humilier la France. Car qu'aurait coûté à Obama de faire étape à Paris, Rome et Londres quand il a perdu des journées entières à soutenir Hillary Clinton et n'a plus à gouverner les Etats-Unis dans l'attente de la passation de pouvoir à Donald Trump ?

Il voulait rencontrer tous les dirigeants ensemble ? Soit. Mais alors pas à Berlin, au mépris de l'Histoire. Le général de Gaulle, même dans une situation précaire, avait su dire « non » à Roosevelt qui voulait le marginaliser au profit de Giraud, puis nommer en 1944 les préfets d'une France sous tutelle. Il n'avait pas non plus, hésité à rencontrer le criminel Staline pour maintenir les rapports de force quand, aujourd'hui, on « punit » Vladimir Poutine, seulement coupable de mégalomanie populiste, soucieux de restaurer le rang de la Russie.

Jadis, c'est l'empereur d'Allemagne qui s'est rendu à Canossa. De nos jours, c'est l'inverse : ce sont les sept nains qui se rendent en Allemagne chez Blanche neige Merkel, la favorite de Barack Obama. Autant dire que c'est elle qui porte la culotte ... de peau, bien sûr.

Pierre Bercis, Président de NDH


L'Edito du Président 

9 novembre 2016


Election de Donald Trump : Un avertissement pour la France

L'élection du 8 novembre aux Etats-Unis de Donald Trump constitue un avertissement pour les Français qui seraient tentés, en 2017, de soutenir Marine Le Pen. Après le Brexit en Grande Bretagne, ce vote d'un second pays démocratique pour un choix extrême doit nous alerter contre les risques de déstabilisation des institutions et des relations internationales.

On ne saurait cependant se cacher derrière son petit doigt. Il faut accepter l'évidence : il s'agit d'un rejet global, dans de nombreux pays de la classe politique nationale. Des classes politiques incapables de parler avec sincérité à leur peuple. Pas seulement outre-Manche, outre Atlantique mais aussi en Espagne, en Grèce, en Italie, en Hongrie etc.

La France n'échappera à ce tsunami car les six mois qui viennent ne suffiront pas au système à se réformer. L'autisme généralisé qui atteint la gouvernance du pays ira probablement jusqu'à son terme ultime.

Mais ce ne sera pas la première fois dans notre histoire : en 1958 déjà le peuple français avait balayé les élus sortants. Le Général de Gaulle avait récupéré un pouvoir incapable de diriger la France en raison de ses querelles intestines.

Un bémol toutefois : si Hillary Clinton a été battue, c'est plus par les règles constitutionnelles américaines que par le vote populaire. En effet, la candidate démocrate a obtenu davantage de voix que son rival. Une telle déformation du vote, heureusement, ne peut se produire en France. En cela notre pays est plus démocratique que les Etats-Unis.

Pierre Bercis, Président de NDH


L'Edito du Président 

  31 octobre 2016


Police - Justice : un nœud gordien

A l'heure où s'inverse la courbe du chômage, où la jungle de Calais est résorbée dans l'ordre et la dignité, la France est confrontée à une mobilisation de sa police inconnue dans notre histoire à ce jour.

Les esprits malveillants enchaîneront sur une mise en cause de François Hollande ... sauf que ce sera une erreur totale de leur part.

En effet, contre qui manifestent par milliers les policiers, adulés après les attentats, puis après par un Renaud ressuscité ? Pas contre le gouvernement : François Hollande, Manuel Valls ou leur ministre (de l'Intérieur) Bernard Cazeneuve, un des meilleurs du gouvernement.

Non, ils manifestent contre la Justice, laxiste selon eux ...

Les policiers, contre leurs propres syndicats qu'ils débordent spontanément, affirment haut et fort qu'ils sont las de faire la chasse aux voyous de tout poil que les juges relâchent ensuite, ce qui est une invite à la récidive peu après. Ces mêmes voyous narguent alors davantage les policiers, accusés de plus de violence alors que, comme les pompiers, les médecins ...ils sont victime de caillassage, tentative de meurtres, incendie de leurs véhicules...

Une expression caractérise leur révolte : « Ras le Bol ».

Alors, la justice est-elle intouchable, incontestable, au nom de son indépendance affirmée depuis Montesquieu et nos constitutions successives ?

Depuis 1968 et la révolution médiatico-numérique, tous les tabous sautent les uns après les autres (le premier ayant été contre l'Eglise avant 1905). Pourquoi pas celui de la Justice largement compromise sous Vichy ?

Observons : Nicolas Sarkozy a qualifié les juges de « petits pois ». François Hollande, lui après avoir respecté l'indépendance de la Justice s'est tiré une balle dans le pied en parlant de leur « lâcheté » ...

Donc les détenteur du pouvoir exécutif depuis deux mandats présidentiels, droite et gauche confondues, rejoignent la révolte policière contre une Justice, soi-disant au dessus de tout soupçon.

Serait-ce la fin du tabou qui, même après Vichy n'avait pas sauté ?

On peut le souhaiter. Mais alors il faut un consensus national. Assez de querelles politiciennes sinon ce sera l'échec.

Cela est possible. En premier lieu que les policiers, sans tomber dans les excès des policiers américains, aient les mêmes droits que les gendarmes quant à leur droit de riposter aux armes à feu.

Sommations d'usage et droit de riposte car les règles actuelles sont obsolètes face à une violence généralisée. Trop de policiers - à la différence des Etats-Unis - se retrouvent dans le box des accusés ...

Ensuite, les peines prononcées, trop faibles et, qui plus est, souvent inexécutées...

Il y a matière à dialoguer et consensus national sur le fonctionnement de la justice française. Mais de grâce, pas de querelles politiciennes stériles. Les policiers ne s'y sont pas trompés ... même s'ils sont stupidement accusés de jouer pour le Front National : leur engagement individuel par dizaine de milliers est de salubrité publique. Le gouvernement, qui n'est pas mis en cause, doit les entendre.

Pierre Bercis, Président de NDH


L'Edito du Président 

6 octobre 2016


Elections présidentielles à la godille

Curieusement, les candidatures sont pléthoriques au moment même où les Français rejettent la classe politique dans son ensemble. Mais ce paradoxe s'explique, comme en matière économique : l'inflation de prétentions à la magistrature suprême correspond à une dévaluation généralisée, ce qu'avait bien prévu François Mitterrand lorsqu'il disait qu'il serait probablement le dernier grand Président de la République.

Avec cette multiplication des candidatures on ne peut que constater également l'indigence, la banalité des programmes proposés. Cela va d'ailleurs de pair. Car imagine-t-on un programme hors du commun de la part de tous ces prétendants qui se bousculent sur la ligne de départ, à droite comme à gauche.

On connait l'adage économique et monétaire selon lequel « la mauvaise monnaie chasse la bonne ». Idem au plan politique. Les femmes et les hommes les plus capables en France fuient le forum présidentiel où le commun se précipite. Avec le risque pour notre pays de se retrouver avec un Président banal, gris, terne comme le disait François Mauriac de Joseph Laniel sous la IVème République : « une dictature à tête de bœuf ».

Chacun y va de ses « mesurettes » pour la galerie sans projet d'envergure, sans politique, sans aura.

Tout dans ces multiples programmes peut être contesté...et rien ne peut l'être en raison du flou qui prévaut, dans les propositions affichées.

Pour notre part, philosophiquement, idéologiquement, idéalement nous aurions préféré, comme NDH le répète, textes à l'appui, depuis 40 ans, que les prétendants à l'Elysée tracent comme en 1789 leur projet de société à moyen et long terme. Un projet qui montre la direction, l'horizon de demain. Et puisque qui n'avance recule, en même temps que l'on combat le terrorisme islamique, que chacun dise quels sont pour lui les grands axes vers lesquels il tendra, sans se perdre dans les méandres d'un programme.

Selon nous, avec constance depuis quatre décennies, le soutien de nombreuses personnalités et de parlementaires de tous bords, il s'agit d'acter dans le quinquennat qui vient :

  • Le droit à la paix (fondamental quoique jamais reconnu)
  • Le droit à un Etat laïque (qui garantit l'égalité entre tous les citoyens)
  • Le droit à l'intégrité physique, psychique et génétique face aux risques de la Sciences
  • Le droit des salariés à la participation (sous toutes ses formes)

Ces droits, mis bout à bout, comme dans la Déclaration de 1789, et en complément des droits historiques, s'ils sont adoptés, seront le fer lance de notre diplomatie, à nouveau porteuse d'inspiration dans le monde.

Pour l'heure, seule Nathalie Kosciusko-Morizet parle, comme Jacques Chaban Delmas en son temps, de « nouvelle société ». Chiche ! Qu'elle exige de ses concurrents la même chose afin d'éviter l'enlisement, une avancée à la godille sans ambition nationale. Mais n'est-ce pas tout d'abord au Président sortant, s'il se représente, de dégager ces lignes de force ?

De Gaulle avait raison lorsqu'il fustigeait les politiciens uniquement occupés « à faire leur petite cuisine dans leurs petite casseroles dans leur petit coin ». A quand le fond de la piscine pour être sûr de remonter ? Car comme disait Raymond Barre « avant la recomposition, il faut que la décomposition aille jusqu'à son terme ».

Pierre Bercis, Président de NDH